Exposition de poésies… 1ère ES2 : Dis-moi un « poaime ». Aujourd’hui, la contribution d’Aymmy

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EPC Dis-moi_un_poaime GABARIT-2016_1La classe de Première ES2 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter une exposition exceptionnelle : « Dis-moi un Po-aime »… Plusieurs fois par semaine, les élèves vous inviteront à partager l’une de leurs créations poétiques…
Bonne lecture !

frise_1

Aujourd’hui, dimanche 8 mai, la contribution d’Aymmy H.
Vendredi 6 mai : Aymeric ; Mardi 10 mai : Ninon V.-N. et Alyssa G.

« O2, Sphère bleue »

par Aymmy H.
Classe de Première ES2

Comme tous les matins, j’ai posé mon cahier
Sur le pupitre et je me dirige
Vers ce voyage inévitable qu’on appelle
La vie. Je vole à la découverte de mon destin
Qui s’écrit sur un cahier d’écolier,
Portée par l’espoir de fuir,
Fuir parmi les mots, parmi les lignes.

Je tourne les pages et m’éveille au Nord-Sud
De la leçon du jour, là où le temps semble infini
Flottant sur l’O2 indispensable : là où  le crépuscule,
—Pression de la plume sur le papier des songes—
Me rattache à l’horizon.
La solitude bleue du royaume des dieux
Aujourd’hui est ma destination…

O2_b_Aymmy_2016_modifié-1Illustration : © mai 2016 Bruno Rigolt

Le point de vue de l’auteure…

Ce poème répond à une double inspiration : d’une part, il est fortement inspiré par le symbolisme, notamment avec la création d’un univers onirique où les rêves participent du domaine du possible. Cette vision symbolique du monde, qui métamorphose le réel m’a également été inspirée par Rimbaud, et la définition de la poésie qu’il propose dans la « Lettre du voyant », comme « immense et raisonné dérèglement de tous les sens ». En outre, l’écriture automatique, telle que la conçoivent les surréalistes (en particulier André Breton dans son Manifeste du surréalisme, 1924) m’a permis d’entreprendre un travail sur la libération du Verbe, ou le monde du visible O3-Aymmy_2016_BR3(l’univers référentiel, celui des sciences expérimentales) côtoie celui de l’invisible et de l’inconscient des songes.

Ce poème est donc un voyage métaphysique visant à idéaliser le réel. Je suis ainsi partie de mon quotidien de lycéenne (notez le champ lexical de l’école : « pupitre »,  « mon cahier d’écolier », « la leçon du jour ») symbolisant le présent et la répétition quelque peu monotone des activités : en tant qu’étudiante, chaque jour se ressemble, la vie devient vite une routine entre la maison et l’école. Mais à ce spleen, répond une forte quête de l’idéal : s’enfuir de cette routine, n’est-ce pas donner à la poésie son sens ? C’est, au sens fort du terme, « être dans les nuages », un peu comme Baudelaire a pu l’évoquer dans « l’Étranger ». « O2, sphère bleue » apparaît ainsi comme une poésie de l’évasion vers de plus larges horizons : « portée par l’espoir de fuir,/Fuir parmi les mots, parmi les lignes ».

J’ai souhaité enfin faire ressentir au lecteur ce voyage métaphysique qui s’écrivait sur le papier blanc. Mais dans mon texte, le voyage n’est pas maritime comme dans nombre des œuvres symbolistes (que l’on songe à Baudelaire ou Mallarmé) : le voyage se passe au contraire dans les cieux, il s’agit d’un voyage presque stellaire. Passionnée d’aviation (j’aimerais devenir plus tard pilote d’hélicoptère dans l’armée de l’air), j’ai souhaité situer le poème à la fois dans le champ vocationnel (« je vole à la découverte de mon destin ») et privilégier la thématique du voyage, à la fois réel et métaphorique : on y voit notamment le champ lexical du ciel « O2 », « horizon », « crépuscule », « Nord-Sud », « vole », « flottant »…

Sans doute, est-ce cela le sens profond de la poésie, se sentir en apesanteur… L’écriture devient ainsi un moment de flottement, un lieu d’expérimentation du langage, un univers appréhendé par les mots et par la sensibilité artistique. Voici pourquoi, dans mon poème, je suis partie de la chimie car elle me semblait donner une clé importante pour déchiffrer l’art poétique et les mécanismes créatifs qui s’en dégagent, évoquant des espaces abstraits à partir de situations expérimentales tout à fait concrètes.

© Aymmy H., classe de Première ES2 (promotion 2015-2016), mai 2016.
Espace Pédagogique Contributif


Exposition de poésies… 1ère ES2 : Dis-moi un « poaime ». Aujourd’hui, la contribution d’Aymeric

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EPC Dis-moi_un_poaime_Rigolt_2016La classe de Première ES2 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter une exposition exceptionnelle : « Dis-moi un Po-aime »… Plusieurs fois par semaine, les élèves vous inviteront à partager l’une de leurs créations poétiques…
Bonne lecture !

frise_1

Aujourd’hui, vendredi 6 mai, la contribution d’Aymeric V.
Dimanche 8 mai : Aymmy H.

« GHETTO »

par Aymeric V.
Classe de Première ES2

Imagine cette fleur deux minutes avant
Cette fleur qui vient du ghetto
Elle a grandi dans le froid silence
De Detroit ou Soweto

6h27 elle se lève
Réveillée par le bruit des sirènes
Des types cagoulés casqués
Déboulent à toute allure

Cette fleur c’est la colombe poignardée
Encerclée entre ces centaines de murs
Entre les armes parmi le sang qui tombe
Comme les larmes

Elle voulait amener la lumière
Aux cœurs les plus sombres
Elle est tombée dans la poussière du monde
Au total la scène a duré moins de deux minutes

Ghetto_copyright_Bruno Rigolt_2016Illustration : © avril 2014, mai 2016 Bruno Rigolt
Peinture numérique et Photomontage à partir de : Bansky, « Balloon debate » (2005) Barrière de séparation israélienne en Cisjordanie

Le point de vue de l’auteur…

Tout d’abord, ce texte m’a été inspiré par le quotidien : le trafic de drogue dans les ghettos. Ainsi Soweto situé dans la banlieue de Johannesbourg en Afrique du Sud ou Detroit aux États-Unis, sont des lieux de sinistre mémoire qui amènent à s’interroger sur le fait social de la marginalité. À ce titre, le registre réaliste ainsi que la concision de la syntaxe cherchent à produire sur le lecteur un effet de réel et d’immédiateté : des expressions comme « 6h27 », « bruit des sirènes », « types cagoulés casqués », amènent en effet à rendre compte de la réalité sans l’embellir.

J’ai en outre choisi de dénoncer la violence dans les ghettos en privilégiant le style journalistique, afin de plonger le lecteur directement dans l’univers référentiel, comme si c’était un fait divers provenant d’un quotidien qui était raconté. La fin du texte est à ce titre caractéristique : « au total la scène a duré moins de deux minutes » : l’accompli du passé et la brièveté du temps confèrent à la scène un caractère anecdotique et dérisoire. C’est également la raison pour laquelle j’ai privilégié souvent l’utilisation du présent de narration afin d’accentuer la tension du récit et le caractère objectivant des informations.

À ce registre réaliste, se mêle le lyrisme apte à transmettre une profonde émotion : la disparition tragique d’une adolescente, métaphorisée dans le texte par la suppression de la ponctuation et le recours à l’image de la fleur : image qui s’insère naturellement dans le réseau imaginaire du rêve et de l’innocence. De même, l’allusion explicite à Apollinaire au vers 9, accentuée par le présent de vérité générale (« c’est la colombe poignardée »), inscrit la poésie à la fois dans la tradition lyrique et dans le paysage urbain contemporain comme a pu le faire par exemple Apollinaire dans le poème « Zone ».

© Aymeric V., classe de Première ES2 (promotion 2015-2016), mai 2016.
Espace Pédagogique Contributif


Exposition de poésies… 1ère ES2 : Dis-moi un "poaime". Aujourd'hui, la contribution d'Aymeric

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EPC Dis-moi_un_poaime_Rigolt_2016La classe de Première ES2 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter une exposition exceptionnelle : « Dis-moi un Po-aime »… Plusieurs fois par semaine, les élèves vous inviteront à partager l’une de leurs créations poétiques…
Bonne lecture !

frise_1

Aujourd’hui, vendredi 6 mai, la contribution d’Aymeric V.
Dimanche 8 mai : Aymmy H.

« GHETTO »

par Aymeric V.
Classe de Première ES2

Imagine cette fleur deux minutes avant
Cette fleur qui vient du ghetto
Elle a grandi dans le froid silence
De Detroit ou Soweto

6h27 elle se lève
Réveillée par le bruit des sirènes
Des types cagoulés casqués
Déboulent à toute allure

Cette fleur c’est la colombe poignardée
Encerclée entre ces centaines de murs
Entre les armes parmi le sang qui tombe
Comme les larmes

Elle voulait amener la lumière
Aux cœurs les plus sombres
Elle est tombée dans la poussière du monde
Au total la scène a duré moins de deux minutes

Ghetto_copyright_Bruno Rigolt_2016Illustration : © avril 2014, mai 2016 Bruno Rigolt
Peinture numérique et Photomontage à partir de : Bansky, « Balloon debate » (2005) Barrière de séparation israélienne en Cisjordanie

Le point de vue de l’auteur…

Tout d’abord, ce texte m’a été inspiré par le quotidien : le trafic de drogue dans les ghettos. Ainsi Soweto situé dans la banlieue de Johannesbourg en Afrique du Sud ou Detroit aux États-Unis, sont des lieux de sinistre mémoire qui amènent à s’interroger sur le fait social de la marginalité. À ce titre, le registre réaliste ainsi que la concision de la syntaxe cherchent à produire sur le lecteur un effet de réel et d’immédiateté : des expressions comme « 6h27 », « bruit des sirènes », « types cagoulés casqués », amènent en effet à rendre compte de la réalité sans l’embellir.

J’ai en outre choisi de dénoncer la violence dans les ghettos en privilégiant le style journalistique, afin de plonger le lecteur directement dans l’univers référentiel, comme si c’était un fait divers provenant d’un quotidien qui était raconté. La fin du texte est à ce titre caractéristique : « au total la scène a duré moins de deux minutes » : l’accompli du passé et la brièveté du temps confèrent à la scène un caractère anecdotique et dérisoire. C’est également la raison pour laquelle j’ai privilégié souvent l’utilisation du présent de narration afin d’accentuer la tension du récit et le caractère objectivant des informations.

À ce registre réaliste, se mêle le lyrisme apte à transmettre une profonde émotion : la disparition tragique d’une adolescente, métaphorisée dans le texte par la suppression de la ponctuation et le recours à l’image de la fleur : image qui s’insère naturellement dans le réseau imaginaire du rêve et de l’innocence. De même, l’allusion explicite à Apollinaire au vers 9, accentuée par le présent de vérité générale (« c’est la colombe poignardée »), inscrit la poésie à la fois dans la tradition lyrique et dans le paysage urbain contemporain comme a pu le faire par exemple Apollinaire dans le poème « Zone ».

© Aymeric V., classe de Première ES2 (promotion 2015-2016), mai 2016.
Espace Pédagogique Contributif


Un Automne en Poésie, Saison 7 Troisième livraison

UAEP_2016_forêt_6

Les élèves de Seconde 4 sont fiers de vous présenter l’édition 2015-2016 d’Un automne en poésie, manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne. Plus de trente textes, tous inédits, sont en cours de publication. Ces poèmes, souvent d’une grande densité intellectuelle, chantent avant tout la nostalgie de l’Idéal et du Spirituel. Proclamant la quête du sens et le pouvoir de l’art sur les désillusions de la vie, de la subjectivité sur la contingence, de l’imaginaire sur le réel, ils s’inscrivent dans la tradition symboliste qui a pour but d’exprimer l’inexprimable du mot.

Thématique de l’exposition :
« Des mots égarés, une écriture du silence »

Les élèves ont travaillé sur une nouvelle dense et forte de Marguerite Duras, « Le Coupeur d’eau » (La Vie matérielle, P.O.L. 1987). Ce texte nous a amenés à interroger le style si particulier de cette écrivaine : dans Écrire, voici comment Duras présente sa propre conception de l’écriture : « Il y aurait une écriture du non-écrit. Un jour ça arrivera. Une écriture brève, sans grammaire, une écriture de mots seuls. Des mots sans grammaire de soutien. Égarés. Là, écrits. Et quittés aussitôt ». Cette expression de « mots égarés » a suscité l’intérêt des « jeunes écrivains » qui ont souhaité créer des poèmes dont la langue, très épurée, est comme une réponse au vœu de l’auteure…

Voici la troisième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 31 janvier 2016 (dernière livraison).

Prochaine livraison : dimanche 31 janvier 2016

________________

                       

  

Rivière

par Pauline D.
Classe de Seconde 4



Rivière
__Au bord du chemin
Les paupières closes
__________Le goût du destin
____________Les regrets
_______Son écharpe bleue usée
____________________Sa jeunesse envolée

rivière_pauline_1« Le goût du destin… Les regrets… »

Illustration : Pauline (cliché personnel)

 

 

Comme l’oiseau survolant l’infini

par Maïssara M.
Classe de Seconde 4

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Au bord de la mer aux teintes orangées,
Une tâche d’écume écrasée à ses pieds
Elle marche parmi le sable fin du soir,
Ses longs cheveux volant au gré de la brise

L’horizon rose éclaire la grande étendue de la mer
Berçant les flots rouges avec le soir en fleur.
Le chant des vagues imprègne l’enfant
Et remplit son cœur de bonheur.

Elle s’évade dans le labyrinthe silencieux
Des songes, et rêve de lendemains et de pureté
Elle vole vers son avenir
Comme l’oiseau survolant l’infini.

oiseaux-nuit_2013_a1
« Elle vole vers son avenir
Comme l’oiseau survolant l’infini
…
 »

Crédit iconographique : BR

            

                  

Senbonzakura

par Clémentine B.
Classe de Seconde 4

              

Le voyage…
Un long travail
Le Japon
coloré
et industriel
illumine
mon souffle
de jours en fleurs…

Le Japon,
Paysages éphémères
d’Éternité ajourée
mille détours à mes yeux
d’amour
accroché
à tes lèvres
aux toits de dune

Je déguste
Avec toi mille et
Une merveilles
soupirs de brumes
de printemps
luminescents
de passion
et de voyage
____________Hiroshige_Yui on the Tokaido« Le Japon,
Paysages éphémères
d’Éternité ajourée… »

Utagawa Hiroshige (1797-1858), « Yui-shuku » (ukiyo-e, c. 1830), Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō

        

     

Voyage au cœur de nos pensées

par Elisa M.
Classe de Seconde 4

                  

L’embrun de ta pensée
Est un aérosol marin
Qui bouleverse les événements
De ce mouvement charmant
Enlevé par le vent
À la crête des vagues.

L’embrun de ta pensée
Parmi les sables de l’océan
Me rappelle la pluie fine du passé
Et m’amène à sculpter
Un futur blanc
Sans penser au présent.

C’est à la périphérie de mon cœur
Que s’écrit notre histoire
Sans s’occuper des ravages
Que causent les murmures qu’on appelle rumeurs
En préservant les ressources
De notre jardin où fleurissait le vent…

hokusai.1245584901.jpg« L’embrun de ta pensée
Parmi les sables de l’océan
Me rappelle la pluie fine du passé
… »

Katsushika Hokusai (1760-1849), « La Grande Vague de Kanagawa » (ukiyo-e, 1831. Détail)

                       

                   

Vif  Serment

par Clémentine T.
Classe de Seconde 4

                 

Ses pensées déambulant au centre de mon cœur
Coïncidant avec mon agile prouesse.

Seules ses paroles permettent de raisonner
Cette obscure clarté de mon âme.

Encore la sensation éphémère éprouvée
À l’aube d’un été désert.

De nouveau, des parcelles de mots dénonçant
Les rouages de tes paroles.

profil_rouages_a1« De nouveau, des parcelles de mots dénonçant
Les rouages de tes paroles… »

Crédit iconographique : BR

 

              

Dernière larme

par Sarah J.
Classe de Seconde 4

                 

Nombreuses ont-elles crié au nom de ma déchéance,
Rares ont-elles été aussi fatidiques que celle-ci…
S. J.

Cette larme était ma trêve,
Elle a chanté à nu
De sa sourde nativité
À son éthique fin.

Tout le long de ma vie,
elle arrosa ma toile ;
sans freiner sa cadence,
elle arrosera mes ruines.

Arrivée au tournant de sa chute,
la vive au loin gémit ;
silencieuse depuis toujours,
aujourd’hui elle m’appelle.

Ma larme comme un mécanisme
s’en est allée dans l’autre monde ;
et moi, silencieuse,
j’attends sa facture meurtrière…

dernière_larme_sarahJ

« Elle a chanté à nu
De sa sourde nativité
À son éthique fin… »

Crédit iconographique : composition d’après Roy Lichtenstein, « Drowning Girl », 1963

 

              

Parler de la paix

par Marion G.-H.
Classe de Seconde 4

                      

Je rêvais d’une beauté parfaite
D’une joie impossible à trouver
D’un homme charmant
Du chemin vers l’infini

La victoire court à la solitude,
Attirée par la tempête
Le premier héros est tombé
Vivre dans la douleur

Le livre de mon cœur est à présent ouvert :
Un paquet d’endroits secrets
Même parler de la paix
Est une force pour moi

Chanter pour défendre nos idées
Image pleine d’aventure
Ma main brise le verre
La maladie meurt à jamais

Paysage_bleu_Chagall_a« Je rêvais d’une beauté parfaite
D’une joie impossible à trouver
… »

Marc Chagall, « Le Paysage bleu » 1949. Gouache sur papier, Wuppertal, Von der Heydt Museum.

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Univérité

par Gwendal M.
Classe de Seconde 4

              

« Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ? »
Alphonse de Lamartine,
« Le désespoir » (Méditations poétiques, 1820)

gwendal_m

L’humanité n’a plus
La gratuité des vies
Créée par des aventuriers,
Érigée entre mythe et réalité
Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ?

La caricature d’un monde
Classifiée dans vos livres
Ivres de bêtises
Mais l’Homme détruit des vies
Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ?

En croyant être nés
Au-dessus des Lumières
Une multitude d’ombres
Amène à la mort programmée
Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ?

Étourdie par le reflet
D’une planète au cœur brisé
L’humanité n’a plus
Qu’une attente à combler
Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ?

Ainsi le vol
Dans lequel l’homme s’écrase
Dirige l’éloge
D’un affligeant constat.
Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître ?
gwendal_m_4« L’humanité n’a plus

La gratuité des vies
Créée par des aventuriers.
.. »

Illustration : Gwendal M.

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Matelot

par Charles H.
Classe de Seconde 4

                      

De la neige à perte de jours
De la glace sur mon radeau
Un brouillard de sanglots
À perte de toi, à perte de flots

La peur nous faisait rougir
Comme un embrasement de menhir
À perte de soirs, à perte de nuits
Empiétant sur mon navire

Un hiver meurtrier qui me fait espérer
Tel un enchantement envoûté
Une solitude noyée
À perte de vue, à perte de vie

barques_Bretagne_1« Un brouillard de sanglots
À perte de toi, à perte de flots… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

La numérisation de la troisième livraison  de textes est terminée.
Dernière publication de textes : dimanche 31 janvier 2016…

 

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

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Un Automne en Poésie, Saison 7 Deuxième livraison

automne1S_final

Les élèves de Seconde 4 sont fiers de vous présenter l’édition 2015-2016 d’Un automne en poésie, manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne. Plus de trente textes, tous inédits, sont en cours de publication. Ces poèmes, souvent d’une grande densité intellectuelle, chantent avant tout la nostalgie de l’Idéal et du Spirituel. Proclamant la quête du sens et le pouvoir de l’art sur les désillusions de la vie, de la subjectivité sur la contingence, de l’imaginaire sur le réel, ils s’inscrivent dans la tradition symboliste qui a pour but d’exprimer l’inexprimable du mot.

Thématique de l’exposition :
« Des mots égarés, une écriture du silence »

Les élèves ont travaillé sur une nouvelle dense et forte de Marguerite Duras, « Le Coupeur d’eau » (La Vie matérielle, P.O.L. 1987). Ce texte nous a amenés à interroger le style si particulier de cette écrivaine : dans Écrire, voici comment Duras présente sa propre conception de l’écriture : « Il y aurait une écriture du non-écrit. Un jour ça arrivera. Une écriture brève, sans grammaire, une écriture de mots seuls. Des mots sans grammaire de soutien. Égarés. Là, écrits. Et quittés aussitôt ». Cette expression de « mots égarés » a suscité l’intérêt des « jeunes écrivains » qui ont souhaité créer des poèmes dont la langue, très épurée, est comme une réponse au vœu de l’auteure…

Voici la deuxième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 24 janvier 2016 (dernière livraison).

Prochaine livraison : mardi 12 janvier 2016

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Dans ce Gris devenu Soir

par Christiane C.
Classe de Seconde 4



Indécise perdue parmi ces deux corps célestes
Douceur de l’un, mais prisonnière de l’autre
Peine à recevoir son état aussi blanc que nuages

Ciel devenu aussi gris que son désespoir
La pluie ruisselle sur ses douces joues
Son indécision… Trouble comme l’eau.

Ces deux corps l’abandonnent,
Seule, seule dans son choix,
Seule sans lumière dans ce gris devenu Soir.

banc_étang« Son indécision… Trouble comme l’eau… »

Illustration : BR

 

 

Quand le silence s’empare des mots

par Laëtitia T. et Olivia D.
Classe de Seconde 4

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Tel un voyageur égaré du droit chemin
Un mystérieux silence s’empare des mots perdus
Silence enchaîné en moi, silence ému
Seul cherchant à dissiper les illusions du soir en vain

Je chancelle et serpente comme ces mots muselés
J’observe la lune noire, cette réalité abstraite
Mots éclos comme le voyageur cherchant à se libérer
Du soir. Ensemble, ils cherchent la voie de la liberté muette

Ce voyageur vide de mots échoue son destin
Même les mots égarés de ses lèvres silencent les pensées d’espoir
Regrettant eux-mêmes cet élan venu de rien
Ainsi s’achève sa parole ; et reste le silence silencieux du soir

mots_egares_3«Mots éclos comme le voyageur cherchant à se libérer
Du soir. Ensemble, ils cherchent la voie de la liberté muette…
 »

Crédit iconographique : BR

            

                  

Violents murmures

par Théo H.
Classe de Seconde 4

              

ROUGE comme  l’horizon
Comme l’emprise de l’arbre
Dans le ciel

VOICI LE POÈME :

Vocifération
____________nacrée de SILENCE
______________au parfum d’été

VOLATILE

_____________________Comme ces nuées de pages
_________noircies de mots
_________noircies de cris pourtant

INAUDIBLES

mais PRÉSENTS
(à la vue, au toucher)
CONSCIENTS

DE LEUR IMPACT
DE LEUR PUISSANCE
DE LEUR RIEN

décembre  2015

theo_xfly_2« ROUGE comme  l’horizon
Comme l’emprise de l’arbre
Dans le ciel… »

Crédit iconographique :  © Théo H., 2015

        

     

L’œil vif

par Jeanne V.
Classe de Seconde 4

                  

Le bruit se perd dans l’ignorance
S’accomplissant au-delà de l’inexcusable

L’immensité de l’esprit
Vide de grandeur.
Là, instinctives murailles
Fenêtres demeurent fermées,
Voilant la lumière,
Effaçant toute beauté.

Souffle d’idées noires
Propagées,
Terrant les pensées et les corps meurtris.
Inévitable chute

Jeanne_V_oeilvif_3

Terrible paradoxal
L’oiseau dévale le ciel de ses ailes dorées
Perce les nuages saupoudrés de soleil
Il se pose sur la branche fleurie,
Paisible.

Méprisé du regard
Par l’être hideux,
Plein de haine.

Jeanne_V_oeilvif_1« L’oiseau dévale le ciel de ses ailes dorées
Perce les nuages saupoudrés de soleil
… »

Crédit iconographique : © Jeanne V., 2015

                       

                   

Une âme frêle n’a pu être sauvée

par Clémence M.
Classe de Seconde 4

                 

Seule dans l’épicentre de la cruauté,
Une âme frêle n’a pu être sauvée
Son écorce de papier
Est tâchée de sang
Noir à la lumière distribuant la mort

et qui au fond n’est qu’un brouillard…
Effroyable utopie : jamais l’homme ne comprendra
Le sens de la vie
Aveugle et sourd
Bruyant mais ignorant

Cauchemar
Peur ininterrompue
Vagues s’écrasant contre la vie
Sans écume
Et sans crainte…

guerre_enfant_1« Une âme frêle n’a pu être sauvée
Son écorce de papier
Est tâchée de sang … »

Crédit iconographique : BR

 

              

Un jour, des rêves

par Raphaël C., Jordan P., Adam T.
Classe de Seconde 4

                 

Au lever du soir tout s’estompe,
__Cette Lumière qui obscurcit notre vue
____Qui nous fait penser parmi les yeux du ciel

_______Pendant que les nuits nous lunent
___Et nous dévoilent les vraies couleurs
De la vie avec les histoires du soir

_____________À travers un croissant omniscient

motsegares11.1285529786.jpg

« Pendant que les nuits nous lunent
Et nous dévoilent les vraies couleurs
De la vie… »

 

Crédit iconographique : BR

 

              

La Perfection

par Tessa W.
Classe de Seconde 4

                      

Devrais-je utiliser l’écriture comme moyen de hurlement sans voix, sans parole, afin de dénoncer les injustices ?
De qui devrais-je me plaindre à travers ce poème sinon de moi-même ?
La pensée de flotter sur les vagues d’un monde parfaitement inexistant me berce : la mer a refermé ses lèvres arides sur le simulacre des mots.
Le passé imparfait se perfectionne avec le temps jusqu’à l’afflux du futur, mais jamais n’atteindra la perfection.
Je porte mes priorités sur ce reflet qui à l’aube se lève, afin de m’observer : voici les cris, voici les larmes, voici la guerre ;
Voici le jour. Je veillerai personnellement à ce que sa personnalité soit changée.

regard1_a« … Je porte mes priorités sur ce reflet qui à l’aube se lève, afin de m’observer :
voici les cris, voici les larmes, voici la guerre ;
Voici le jour… »

Illustration : BR (peinture numérique)

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Solitude

par Clémentine B.
Classe de Seconde 4


La solitude est noire comme de la braise
Consumée par les flammes de l’ennui.
La solitude est grise comme d’un piano,
Les touches dièse : pourquoi je fuis ?

La solitude est blanche comme un mur
Floutée par les sables de ma conscience
Faut que j’arrête de fuir,
Ça c’est sûr

Solitude bleu-nuit irriguée de larmes
Un jour, finir dans un linceul
Au toit de givre, au toit de vent
Tout cela rime avec pluie…

clem2« La solitude… floutée par les sables de ma conscience… »

Crédit iconographique : © Clémentine B., « Orage d’hiver » (gouache noire et blanche, détail), 2013.

_

_

Silence de l’univers

par Tiffanie H. et Lucie B.
Classe de Seconde 4

              

Il y a d’innombrables pièces dans l’univers
Parmi elles, certaines sont égarées
Vides de toute émotion

Un avenir aveuglé de comètes et de maux éternels

Puis dans la tempête des mensonges du monde
L’encre s’écoulait parmi les étoiles

La déraison des mots traverse
Le silence pénétrable

Des âmes en perdition voguent à travers
Un horizon brumeux
Dans les sables du ciel

Dans cette immensité, un sourire est venu
Percer le satellite de mon esprit.

silence_univers_porte3« Il y a d’innombrables pièces dans l’univers
Parmi elles, certaines sont égarées… »

Illustration : BR (d’après Magritte, « Le poison« , 1939)

–

La numérisation de la deuxième livraison  de textes est terminée.
Deuxième publication de textes : mardi 12 janvier 2016…

 

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

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Un Automne en Poésie, Saison 7 Première livraison

Lancement de l’exposition « Un Automne en Poésie »
— Saison 7 —
UAEP2016_accroche TourEiffel_CopyrightBrunoRigolt2015Photographie et maquette graphique : © Bruno Rigolt, novembre 2015

Les élèves de Seconde 4 sont fiers de vous présenter l’édition 2015-2016 d’Un automne en poésie, manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne. Plus de trente textes, tous inédits, sont en cours de publication. Ces poèmes, souvent d’une grande densité intellectuelle, chantent avant tout la nostalgie de l’Idéal et du Spirituel. Proclamant la quête du sens et le pouvoir de l’art sur les désillusions de la vie, de la subjectivité sur la contingence, de l’imaginaire sur le réel, ils s’inscrivent dans la tradition symboliste qui a pour but d’exprimer l’inexprimable du mot.

Voici la première livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 24 janvier 2016 (dernière livraison).

Prochaine livraison : jeudi 31 décembre 2015

________________

                       

  

Une certaine quintessence

par Anaïs M.
Classe de Seconde 4



Et c’est donc sur ce lieu
Avec la poudre ici-bas
Que le poème donne l’illusion de la scène
Et de tous les autres mots
Ces mots impossibles, silencieux,
Eux, trouvent-ils leur son ?

Mais ils restent muets, impassibles,
Indifférents, insonores, partageant néanmoins
Leur espérance
D’un avenir plus charmant
De quelque chose de
Semblable, d’utopique

Ainsi les mots créent une
Certaine quintessence
De silence, de solitude. Leur cri
N’obtient sa chaleur que
Lorsque celui-ci
Est perçu

Ainsi l’illusion tombe
Et devient concrète
Ainsi la poudre se consume
Et devient magie
Puis elle monte, dévoilant
Son plus beau plumage.

Hartung_2« Ainsi la poudre se consume / Et devient magie
Puis elle monte, dévoilant / Son plus beau plumage..
. »

Illustration : Hans Hartung (sans titre, circa 1956), encre de chine sur papier 

 

 

Une ballade au coucher du soleil

par Maïssara M.
Classe de Seconde 4

–

Un chant s’élève brisant le silence effrayé
Du paysage sombre de la vie.
Un rêve éveillé,
Un rire étouffé :

C’est le chant des feuilles bruissant au gré de la brise,
Souffle léger animant les arbres
De la grande forêt silencieuse.
Est-ce vraiment un hasard ?

Les brindilles hurlent sous mes pas
Tel le loup que j’entends au loin.
Un rêve éveillé,
Un rire étouffé :

Les animaux s’animent silencieusement
Sous la cime du grand chêne,
Se préparant pour la saison prochaine.
C’est le langage muet de l’automne…

Forêt automne_Loing_cerf_BR2« Souffle léger animant les arbres
De la grande forêt silencieuse…
 »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt
(« Soir d’automne au bord du Loing ». Photographie retouchée numériquement)

            

                  

Cinq millions de larmes…

par Tessa W.
Classe de Seconde 4

              

Ce pouvoir d’absorption sentimental
Allié à la force motrice des vents
Déplace les eaux de surface,
Absorbe une grande partie des cœurs
Emprisonnés entre mille cristaux de neige

Cinq millions de larmes piégées au sein de la roche
Étendent leur influence à travers des souffles de vie
Comme des bulles d’air emprisonnées
Entre ladite terre désarmée
Et la Méditerranée.

Octobre 2015

Impression« Ce pouvoir d’absorption sentimentale
Allié à la force motrice des vents
Déplace les eaux de surface »

Crédit iconographique : BR

        

     

Mon cœur est une fleur d’aubépine

par Clémentine B.
Classe de Seconde 4

              

Mon cœur est une fleur d’aubépine
Le bonheur flûté qui m’envahissait
n’était que mirages,
mon éternité, éternelle comme l’océan.
N’en as-tu pas assez de me faire échouer sur le rivage,
Ô toi mon illusion ?

mer fleur1« N’en as-tu pas assez de me faire échouer sur le rivage,
Ô toi mon illusion ? »

Illustration : BR

–

–

Expérience

par Antoine F., Raphaël C., Hugo A., Adam T.
Classe de Seconde 4

                  

NB : pour cette expérience, on pourra utiliser le rêve et le bleu de méthylène qui colore la plupart des sentiments et permettra donc de les distinguer et les reconnaître.
Les auteurs

Prendre un peu de rêve
Saupoudré délicatement d’amour
Et mélanger pour obtenir un ensemble homogène.

Déposer sur une larme
La diversité limpide des sentiments
Réactivés de façon espacée.

Puis recouvrir d’une goutte
De bleu de méthylène
Et observer l’infini de la solution.

coeur_bleu1« … recouvrir d’une goutte
De bleu de méthylène
Et observer l’infini de la solution… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt (Composition originale créée à partir d’un tableau de Raoul Dufy (1877-1953) : « La plage à sainte-Adresse ». Nice, musée des Beaux-Arts Jules Chéret).

                       

                   

Rose blanche

par Morgane J. et Tiffanie H.
Classe de Seconde 4

                 

Un soir de lumière
Quelques rayons de couleur
Pour illuminer ta joie
Et l’incompréhension de ton sourire

Rose blanche
Dans un ciel d’été
Dans les sables de neige
Irrigués de clarté

Une seule goutte d’acide
A traversé le chemin du paradis
Une nuance de blanc
Au bout de la vie

Nature morte aux roses et vase de Clichy_7

« Un soir de lumière
Quelques rayons de couleur
Pour illuminer ta joie… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

 

              

Sensation fugitive

par Naomi G. et Clémentine T.
Classe de Seconde 4

ImpressionMaquette graphique : Clémentine T. et Naomi G.

 

              

L’arc-en-ciel

par Ambre M., Marion G.-H., Morgane J., Laura Q.-C.
Classe de Seconde 4

                      

Heureux était le temps des couleurs
mille arcs-en-ciel dans les champs
Avec l’oiseau en fleurs au bord du ciel

mon visage à nouveau fleuri
souffre de la solitude
Et à ce jour, il explosa en lendemains bleus

Comme un arbre blanc surgit du lac
Le soir a fermé ses paupières
l’homme sérieux souffrait de la mort éternelle

mon cœur bat à présent
mes yeux remplis d’espoir
vers l’azur où voyageait le vent…

Oiseau océan_rainbow« … mes yeux remplis d’espoir
vers l’azur où voyageait le vent… »

Illustration : Bruno Rigolt (peinture numérique)

–

–

Cette femme vêtue de givre

par Rémi Z. et Thibaut B.
Classe de Seconde 4



Cette femme
Vêtue de givre
Fleur ardente
De joie inapparente
Lumière du tonnerre
Étincelant dans l’infini,
Obscure et fraîche des premières clartés
De la rosée du matin

Splendide aurore boréale
Éblouissante d’obscurité.
Quant à lui l’homme
Dépendant de son parfum
Jusqu’à l’irréparable
Enchaîné à son cœur
Comme au chant des sirènes
Amadouant leurs proies

Sirène« Cette femme / Vêtue de givre…
De la rosée du matin..
. »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt, d’après Elihu Vedder (1836-1923), « Head of a Young Woman » (1900)

_

_

La Marche du Silence

par Sarah J.
Classe de Seconde 4



Le silence d’une nation
oppose nos destins,
gravite dans mon esprit,
tyrannie démentielle de la vie.

Horde impérialiste,
cavalant,
conspuée par  l’inaudible liberté,
déploie ton flambeau tout-puissant
sur nous,
chiourme cristalline,
conspirateurs innocents.

Le changer, ce néant criminel !
Le changer, ce puits d’oubliés !

La sourde résistance d’une patrie,
croulant sous son imperceptible désespoir,
et le mien,
perdu,
noyé dans un silence primitif,
tressaillant d’une émancipation vengeresse !

uaep_2015« La sourde résistance d’une patrie,
croulant sous son imperceptible désespoir,
et le mien… tressaillant d’une émancipation vengeresse !
 »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt, d’après Eugène Delacroix, « La Liberté guidant le peuple » (Paris, Musée du Louvre).

La numérisation de la première livraison  de textes est terminée.
Deuxième publication de textes : jeudi 31 décembre 2015…

 

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Un Automne en Poésie… Bientôt l’édition 2015-2016…

La classe de Seconde 4 du Lycée en Forêt est fière de vous annoncer…

la saison 7 d’Un Automne en Poésie
UAEP_accroche_2016_hAutomne-Hiver 2015-2016
Exposition à partir du dimanche 20 décembre 2015

La classe de Seconde 4 dont j’ai la charge cette année est fière de vous présenter l’édition 2015-2016 d’Un automne en poésie, manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire au Lycée en Forêt. Plus de trente textes, tous inédits, sont en cours de publication. Ces poèmes, souvent d’une grande densité intellectuelle, chantent avant tout la nostalgie de l’Idéal et du Spirituel. Proclamant la quête du sens et le pouvoir de l’art sur les désillusions de la vie, de la subjectivité sur la contingence, de l’imaginaire sur le réel, ils s’inscrivent dans la tradition symboliste qui a pour but d’exprimer l’inexprimable du mot.

Thématique de l’exposition :
« Des mots égarés, une écriture du silence »

Les élèves ont travaillé sur une nouvelle dense et forte de Marguerite Duras, « Le Coupeur d’eau » (La Vie matérielle, P.O.L. 1987). Ce texte nous a amenés à interroger le style si particulier de cette écrivaine : dans Écrire, voici comment Duras présente sa propre conception de l’écriture : « Il y aurait une écriture du non-écrit. Un jour ça arrivera. Une écriture brève, sans grammaire, une écriture de mots seuls. Des mots sans grammaire de soutien. Égarés. Là, écrits. Et quittés aussitôt ». Cette expression de « mots égarés » a suscité l’intérêt des « jeunes écrivains » qui ont souhaité créer des poèmes dont la langue, très épurée, est comme une réponse au vœu de l’auteure…

Découvrez bientôt les premiers textes publiés à partir du dimanche 20 décembre 2015…

Un Automne en Poésie… Bientôt l'édition 2015-2016…

La classe de Seconde 4 du Lycée en Forêt est fière de vous annoncer…

la saison 7 d’Un Automne en Poésie
UAEP_accroche_2016_hAutomne-Hiver 2015-2016
Exposition à partir du dimanche 20 décembre 2015

La classe de Seconde 4 dont j’ai la charge cette année est fière de vous présenter l’édition 2015-2016 d’Un automne en poésie, manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire au Lycée en Forêt. Plus de trente textes, tous inédits, sont en cours de publication. Ces poèmes, souvent d’une grande densité intellectuelle, chantent avant tout la nostalgie de l’Idéal et du Spirituel. Proclamant la quête du sens et le pouvoir de l’art sur les désillusions de la vie, de la subjectivité sur la contingence, de l’imaginaire sur le réel, ils s’inscrivent dans la tradition symboliste qui a pour but d’exprimer l’inexprimable du mot.

Thématique de l’exposition :
« Des mots égarés, une écriture du silence »

Les élèves ont travaillé sur une nouvelle dense et forte de Marguerite Duras, « Le Coupeur d’eau » (La Vie matérielle, P.O.L. 1987). Ce texte nous a amenés à interroger le style si particulier de cette écrivaine : dans Écrire, voici comment Duras présente sa propre conception de l’écriture : « Il y aurait une écriture du non-écrit. Un jour ça arrivera. Une écriture brève, sans grammaire, une écriture de mots seuls. Des mots sans grammaire de soutien. Égarés. Là, écrits. Et quittés aussitôt ». Cette expression de « mots égarés » a suscité l’intérêt des « jeunes écrivains » qui ont souhaité créer des poèmes dont la langue, très épurée, est comme une réponse au vœu de l’auteure…

Découvrez bientôt les premiers textes publiés à partir du dimanche 20 décembre 2015…

Concours « Ecriture en Forêt » Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd’hui : Bénédicte R. Coup de cœur lycéen

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4)

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Bénédicte R.
(Première S4, promotion 2014-2015), coup de cœur lycéen :

_

« Pour un rebut »

par Bénédicte R.
Classe de Première S4
Coup de cœur lycéen


De septembre à février
Les perdrix ont grandi dans la forêt
Lâchées comme des soldats adverses
Pour être tuées dans les bruyères.
Les derniers faisans se réfugient là où la paix réside
Parmi le soir, parmi le givre.

Les lapins qui auparavant
Avaient une vie paisible
Sont devenus chair à canon
Car ils ne plaisent plus à ceux qui tuent
Voilà la cause de ces soldats chasseurs
Même parmi le soir, même parmi le givre.

L’un tente de sauver sa vie
Jusqu’à son dernier faux pas
L’autre avec un silence pesant derrière lui
Est froidement abattu
Pour amuser dans un repas d’amis et finir au rebut
Parmi le soir, parmi le givre.

nuit d'hiver chasse_4« L’autre avec un silence pesant derrière lui
Est froidement abattu…
Parmi le soir, parmi le givre.
 »

Illustration : © Bruno Rigolt

_

NOTE D’INTENTION

En participant au concours « Ecriture en forêt », l’idée de parler des animaux m’est venu presque spontanément..

J’ai privilégié comme sujet d’évocation mon engagement contre la chasse. Ce combat pour la cause animale me tient particulièrement à cœur car la chasse, notamment le braconnage, constitue selon moi une profonde violence qui va à l’encontre du droit animal.

En rédigeant cet écrit d’invention, je me suis rappelée mes promenades dans les forêts ou les bois qui m’entourent, lorsque j’étais enfant, et pendant lesquelles je voyais toujours des animaux, alors qu’il me semble que de nos jours plus aucun animal n’est visible dans nos forêts, bois et champs.

Plusieurs vers résultent des ces évocations et d’autres souvenirs de mon enfance passée dans une maison accueillante pour tous les animaux.

En opposition à cette vision paisible et nostalgique, la chasse est associée dans mon poème à la guerre : dans la première strophe par exemple, j’utilise la comparaison avec le thème de la bataille : « lâchées comme des soldats adverses ». Cette dimension émotionnelle renforce la problématique de ce poème.

J’ai voulu également faire ressentir tout le pathétique de la chasse par des contrastes stylistiques : « Pour amuser dans un repas d’amis et finir au rebut/Parmi le soir, parmi le givre »… Faisant alterner le réalisme le plus froid et un profond lyrisme, ces contrastes ont en effet pour but de toucher le lecteur, et l’inviter à prendre part à la cause que je défends.

© 2015, Bénédicte R.

Concours "Ecriture en Forêt" Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd'hui : Bénédicte R. Coup de cœur lycéen

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4)

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Bénédicte R.
(Première S4, promotion 2014-2015), coup de cœur lycéen :

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« Pour un rebut »

par Bénédicte R.
Classe de Première S4
Coup de cœur lycéen


De septembre à février
Les perdrix ont grandi dans la forêt
Lâchées comme des soldats adverses
Pour être tuées dans les bruyères.
Les derniers faisans se réfugient là où la paix réside
Parmi le soir, parmi le givre.

Les lapins qui auparavant
Avaient une vie paisible
Sont devenus chair à canon
Car ils ne plaisent plus à ceux qui tuent
Voilà la cause de ces soldats chasseurs
Même parmi le soir, même parmi le givre.

L’un tente de sauver sa vie
Jusqu’à son dernier faux pas
L’autre avec un silence pesant derrière lui
Est froidement abattu
Pour amuser dans un repas d’amis et finir au rebut
Parmi le soir, parmi le givre.

nuit d'hiver chasse_4« L’autre avec un silence pesant derrière lui
Est froidement abattu…
Parmi le soir, parmi le givre.
 »

Illustration : © Bruno Rigolt

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NOTE D’INTENTION

En participant au concours « Ecriture en forêt », l’idée de parler des animaux m’est venu presque spontanément..

J’ai privilégié comme sujet d’évocation mon engagement contre la chasse. Ce combat pour la cause animale me tient particulièrement à cœur car la chasse, notamment le braconnage, constitue selon moi une profonde violence qui va à l’encontre du droit animal.

En rédigeant cet écrit d’invention, je me suis rappelée mes promenades dans les forêts ou les bois qui m’entourent, lorsque j’étais enfant, et pendant lesquelles je voyais toujours des animaux, alors qu’il me semble que de nos jours plus aucun animal n’est visible dans nos forêts, bois et champs.

Plusieurs vers résultent des ces évocations et d’autres souvenirs de mon enfance passée dans une maison accueillante pour tous les animaux.

En opposition à cette vision paisible et nostalgique, la chasse est associée dans mon poème à la guerre : dans la première strophe par exemple, j’utilise la comparaison avec le thème de la bataille : « lâchées comme des soldats adverses ». Cette dimension émotionnelle renforce la problématique de ce poème.

J’ai voulu également faire ressentir tout le pathétique de la chasse par des contrastes stylistiques : « Pour amuser dans un repas d’amis et finir au rebut/Parmi le soir, parmi le givre »… Faisant alterner le réalisme le plus froid et un profond lyrisme, ces contrastes ont en effet pour but de toucher le lecteur, et l’inviter à prendre part à la cause que je défends.

© 2015, Bénédicte R.

Concours « Ecriture en Forêt » Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd’hui : Wendy M. Deuxième accessit

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4)
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Wendy M.
(Première S4, promotion 2014-2015), deuxième accessit :

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« Rêve d’espérance et de paix »

par Wendy M.
Classe de Première S4
Deuxième accessit


À l’aube d’un jour nouveau, la magie recommence
Dans mon refuge secret, la forêt se transforme
Au souffle de mes pensées, l’imagination fleurit en liberté

Le soleil s’infiltre là où se tient le vent :
Entre les feuilles, entre les branches.
De sa lumière étincelante de pureté

Il éclaire chaque jour d’immenses allées de solitude
Où saules, bouleaux, sapins et charmes,
Strient de leurs cernes les sentiers de mon âme

Murmure silencieux du vent dans les fourrés,
Mélodie somptueuse d’un rêve oublié d’espérance et de paix
Comme ces oiseaux qui s’effeuillent dans les feuillages…

forêt_magique_2« Mélodie somptueuse d’un rêve oublié d’espérance et de paix
Comme ces oiseaux qui s’effeuillent dans les feuillages… »

Illustration : © Bruno Rigolt, août 2015

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NOTE D’INTENTION

J’ai souhaité participer au concours proposé par notre lycée car, je dois l’avouer, j’ai rarement écrit de poésies et j’ai souhaité ainsi m’essayer à cet exercice difficile. De plus, le thème de la forêt m’inspirait d’autant plus que j’habite moi-même à côté de la forêt de Montargis depuis toute petite. La forêt est pour moi un refuge, un ressourcement des émotions. Quand je rentrais de l’école ou maintenant du Lycée, les arbres inspirent à celui qui sait les contempler une profonde source d’inspiration. C’est ce que j’ai voulu expliquer en choisissant comme tire : « Rêve d’espérance et de paix ».

Comme vous le voyez, mon poème est donc une description méliorative de la forêt. J’ai souhaité en effet montrer la forêt comme un lieu d’idéalisation du réel. Pour cela, j’ai privilégié certaines figures de style, comme la métaphore. Lorsque je dis par exemple que la forêt est un lieu où « l’imagination fleurit en liberté », j’ai souhaité par cette image amener à l’idée que la forêt est non seulement une source d’inspiration mais aussi un lieu de dépaysement. De même, les « immenses allées de solitude » et le mot « paix » rappellent le côté calme et paisible des arbres, prompt à la méditation lyrique.

Une image à laquelle je tiens particulièrement est celle-ci : « Strient de leurs cernes les sentiers de mon âme » qui entraîne une réflexion, une implication et une identification personnelle grâce à la personnification. J’ai voulu embellir l’image qu’on peut en avoir car, pour moi, la forêt a quelque chose qui relève de la « magie » : c’est un lieu qu’on ne contrôle pas et qui reste de ce fait extraordinaire. J’ai souhaité montrer qu’elle peut apporter du réconfort à ceux qui souffrent de « solitude » avec l’idée du « refuge », comme un foyer accueillant. J’ai également essayé de jouer avec les sonorités, d’abord avec les rimes pour renforcer le sens de mon poème, telles que :

Murmure silencieux du vent dans les fourrés,
Mélodie somptueuse d’un rêve oublié d’espérance et de paix

J’ai également tenu à parler du « Murmure silencieux du vent » représentant une « mélodie somptueuse » : comme si le vent à lui seul pouvait constituer un chant presque mystique, qu’on ne pourrait se lasser d’écouter, une voix qui ne s’entendrait pas pour quelqu’un qui considérerait la forêt seulement comme un environnement, mais qui deviendrait sublime pour celui qui, sachant prendre le temps de s’arrêter et d’écouter, est à même de considérer la forêt comme quelque chose de plus sensible, de plus humanisé qu’un simple paysage.

Enfin, j’ai voulu finir par une comparaison de cette mélodie avec le bruit des « oiseaux qui s’effeuillent dans les feuillages », pour rappeler que si le vent seul peut former une mélodie, la forêt tout entière et ceux qui l’habitent peuvent également en être une. Comme le lecteur peut le constater, ce poème m’a surtout été inspiré par le courant du romantisme et par le symbolisme. Je souhaite que les personnes qui le lisent soient sensibles à une image moins préconçue de la forêt. Comme je le suggérais précédemment, certains sont en effet fixés sur des préjugés désignant la forêt seulement comme environnement, un lieu géographique sans intérêts particulier, et j’ai voulu lui conférer une identité en communion avec l’identité de l’Homme.

C’est pourquoi j’en ai conçu une version idéalisée qui parle plus à mon cœur, car elle est invisible au visiteur de passage. Pour comprendre la forêt, il faut la ressentir intimement. Ce déchiffrement, le lecteur l’aura compris, puise son inspiration dans le Symbolisme. La forêt est certes un refuge, un lieu de réflexion sur la vie mais aussi un lieu allégorique : un endroit personnel, on pourrait ici parler de forêt de sentiments qui mène à l’idéal. Marcel Aymé a dit : « La forêt, c’est encore un peu du paradis perdu. » : lieu fascinant, singulier et à jamais paisible… Un paradis pour chaque personne qui veut bien accomplir le chemin. Aller dans la forêt est, de fait, un parcours symbolique, prompt à une infinie réflexion…

© 2015, Wendy M.

Concours "Ecriture en Forêt" Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd'hui : Wendy M. Deuxième accessit

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4)
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Wendy M.
(Première S4, promotion 2014-2015), deuxième accessit :

_

« Rêve d’espérance et de paix »

par Wendy M.
Classe de Première S4
Deuxième accessit


À l’aube d’un jour nouveau, la magie recommence
Dans mon refuge secret, la forêt se transforme
Au souffle de mes pensées, l’imagination fleurit en liberté

Le soleil s’infiltre là où se tient le vent :
Entre les feuilles, entre les branches.
De sa lumière étincelante de pureté

Il éclaire chaque jour d’immenses allées de solitude
Où saules, bouleaux, sapins et charmes,
Strient de leurs cernes les sentiers de mon âme

Murmure silencieux du vent dans les fourrés,
Mélodie somptueuse d’un rêve oublié d’espérance et de paix
Comme ces oiseaux qui s’effeuillent dans les feuillages…

forêt_magique_2« Mélodie somptueuse d’un rêve oublié d’espérance et de paix
Comme ces oiseaux qui s’effeuillent dans les feuillages… »

Illustration : © Bruno Rigolt, août 2015

_

NOTE D’INTENTION

J’ai souhaité participer au concours proposé par notre lycée car, je dois l’avouer, j’ai rarement écrit de poésies et j’ai souhaité ainsi m’essayer à cet exercice difficile. De plus, le thème de la forêt m’inspirait d’autant plus que j’habite moi-même à côté de la forêt de Montargis depuis toute petite. La forêt est pour moi un refuge, un ressourcement des émotions. Quand je rentrais de l’école ou maintenant du Lycée, les arbres inspirent à celui qui sait les contempler une profonde source d’inspiration. C’est ce que j’ai voulu expliquer en choisissant comme tire : « Rêve d’espérance et de paix ».

Comme vous le voyez, mon poème est donc une description méliorative de la forêt. J’ai souhaité en effet montrer la forêt comme un lieu d’idéalisation du réel. Pour cela, j’ai privilégié certaines figures de style, comme la métaphore. Lorsque je dis par exemple que la forêt est un lieu où « l’imagination fleurit en liberté », j’ai souhaité par cette image amener à l’idée que la forêt est non seulement une source d’inspiration mais aussi un lieu de dépaysement. De même, les « immenses allées de solitude » et le mot « paix » rappellent le côté calme et paisible des arbres, prompt à la méditation lyrique.

Une image à laquelle je tiens particulièrement est celle-ci : « Strient de leurs cernes les sentiers de mon âme » qui entraîne une réflexion, une implication et une identification personnelle grâce à la personnification. J’ai voulu embellir l’image qu’on peut en avoir car, pour moi, la forêt a quelque chose qui relève de la « magie » : c’est un lieu qu’on ne contrôle pas et qui reste de ce fait extraordinaire. J’ai souhaité montrer qu’elle peut apporter du réconfort à ceux qui souffrent de « solitude » avec l’idée du « refuge », comme un foyer accueillant. J’ai également essayé de jouer avec les sonorités, d’abord avec les rimes pour renforcer le sens de mon poème, telles que :

Murmure silencieux du vent dans les fourrés,
Mélodie somptueuse d’un rêve oublié d’espérance et de paix

J’ai également tenu à parler du « Murmure silencieux du vent » représentant une « mélodie somptueuse » : comme si le vent à lui seul pouvait constituer un chant presque mystique, qu’on ne pourrait se lasser d’écouter, une voix qui ne s’entendrait pas pour quelqu’un qui considérerait la forêt seulement comme un environnement, mais qui deviendrait sublime pour celui qui, sachant prendre le temps de s’arrêter et d’écouter, est à même de considérer la forêt comme quelque chose de plus sensible, de plus humanisé qu’un simple paysage.

Enfin, j’ai voulu finir par une comparaison de cette mélodie avec le bruit des « oiseaux qui s’effeuillent dans les feuillages », pour rappeler que si le vent seul peut former une mélodie, la forêt tout entière et ceux qui l’habitent peuvent également en être une. Comme le lecteur peut le constater, ce poème m’a surtout été inspiré par le courant du romantisme et par le symbolisme. Je souhaite que les personnes qui le lisent soient sensibles à une image moins préconçue de la forêt. Comme je le suggérais précédemment, certains sont en effet fixés sur des préjugés désignant la forêt seulement comme environnement, un lieu géographique sans intérêts particulier, et j’ai voulu lui conférer une identité en communion avec l’identité de l’Homme.

C’est pourquoi j’en ai conçu une version idéalisée qui parle plus à mon cœur, car elle est invisible au visiteur de passage. Pour comprendre la forêt, il faut la ressentir intimement. Ce déchiffrement, le lecteur l’aura compris, puise son inspiration dans le Symbolisme. La forêt est certes un refuge, un lieu de réflexion sur la vie mais aussi un lieu allégorique : un endroit personnel, on pourrait ici parler de forêt de sentiments qui mène à l’idéal. Marcel Aymé a dit : « La forêt, c’est encore un peu du paradis perdu. » : lieu fascinant, singulier et à jamais paisible… Un paradis pour chaque personne qui veut bien accomplir le chemin. Aller dans la forêt est, de fait, un parcours symbolique, prompt à une infinie réflexion…

© 2015, Wendy M.

Concours « Ecriture en Forêt » Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd’hui : Mélanie J. Premier accessit

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4)
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Mélina J.
(Première S4, promotion 2014-2015), premier accessit :

_

« Mélodie forestière »

par Mélanie J.
Classe de Première S4
Premier accessit


Je suis là, ne m’entends-tu pas ?
Penche-toi, écoute dans le vent
Ce doux chant mélodieux,
Parti d’un simple oiseau, d’un simple aveu
Il passe entre pins et bouleaux.
Moi, aujourd’hui feuille de papier
Je peux te raconter,
Car du chêne majestueux
Grand chef d’orchestre de cette forêt je suis née.

La forêt s’organise, cuivres, vents et cordes
Trouvent leurs échos. Les bruits de pas sourds
Annoncent le début d’une nouvelle mélodie.
Les animaux battent la mesure,
Les feuilles glissent dans le vent, volent dans l’azur
Les troncs, magnifiques caisses de résonance
Amplifient les cris des écureuils.
Les fougères se mêlent à la danse.
Entraînées par le chant des grenouilles et des insectes.

Toute cette cacophonie organisée
Crée un chant magique.
Maintenant, l’entends­-tu ?
Prends ta partition, écris les feuilles, écris la pluie :
Mais ce ne sera jamais la même
Car seules mes sœurs et moi portons le secret
De cette chanson unique,
Quelques notes de musique,
Cette ode à l’enchantement.

 

mélodie_forestière_2015_a« Prends ta partition, écris les feuilles, écris la pluie… »

Illustration : © Bruno Rigolt

_

NOTE D’INTENTION

Dans ce texte, j’ai voulu évoquer la forêt en la comparant à un orchestre.L’idée m’est venue alors que je cherchais une problématique pour le concours. Ne trouvant pas, j’ai décidé avant de rentrer chez­ moi de me promener dans la forêt : peut être trouverais­-je l’inspiration ?

L’air était doux en ce milieu d’automne et de nombreuses feuilles tombaient des arbres, je les entendais crisser sous mes pas. Le soleil était déjà bas dans le ciel et renforçait les couleurs rouge-orangé de la forêt. J’étais émerveillée de voir combien les arbres se transformaient et se paraient de couleurs tour à tour éclatantes, estompées, ensorceleuses…

C’est alors que je me suis arrêtée un instant pour écouter. Près de moi il m’a semblé qu’un oiseau chantait ; je l’ai cherché sans le trouver au début, puis je me suis laissée guider par son chant et j’ai remarqué que l’oiseau était posé sur l’une des branches d’un grand chêne qui se trouvait juste devant mes yeux. Je me suis avancée pour aller m’asseoir au pied de l’arbre, et j’ai entendu les bruits de pas des animaux, le coassement des grenouilles, le bruit du vent dans les branchages et les chants plus ténus des insectes.

Couronnée de brume, la forêt semblait un écrin tombé du ciel automnal, et toutes ces frondaisons flamboyantes paraissaient autant de joyaux. De retour chez ­moi, je me suis assise au piano. C’est de là qu’est partie l’idée de la musique puis de l’orchestre. Mes doigts glissaient sur le clavier, tantôt pour reproduire la mélodie dissonante du vent que j’avais entendue, tantôt pour retrouver l’harmonie de cet après­-midi d’automne.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai choisi d’écrire un poème se rattachant au mouvement romantique. Celui­ci met en avant le rêve et la communion avec la nature, ce sont, me semble-t-­il, deux aspects essentiels de mon poème. Vous comprendrez aussi pourquoi les différentes figures de style que j’ai utilisées sont si importantes à mes yeux : l’oxymore « cacophonie organisée » (v.19) traduit par exemple les grandes bourrasques du vent. De même, la métaphore du « chêne majestueux » comparé à un « grand chef d’orchestre » (v.9) exprime cette musicalité de la forêt.

Celle­-ci m’a permis de renforcer l’atmosphère de mystère que je voulais créer et m’a aidée à opérer des comparaisons plus légères, en harmonie avec l’atmosphère du tableau automnal que j’avais encore en mémoire, et qui était pour moi autant une profonde symphonie qu’une merveilleuse « méditation poétique ».

© 2015, Mélanie J.

Concours "Ecriture en Forêt" Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd'hui : Mélanie J. Premier accessit

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4)
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Mélina J.
(Première S4, promotion 2014-2015), premier accessit :

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« Mélodie forestière »

par Mélanie J.
Classe de Première S4
Premier accessit


Je suis là, ne m’entends-tu pas ?
Penche-toi, écoute dans le vent
Ce doux chant mélodieux,
Parti d’un simple oiseau, d’un simple aveu
Il passe entre pins et bouleaux.
Moi, aujourd’hui feuille de papier
Je peux te raconter,
Car du chêne majestueux
Grand chef d’orchestre de cette forêt je suis née.

La forêt s’organise, cuivres, vents et cordes
Trouvent leurs échos. Les bruits de pas sourds
Annoncent le début d’une nouvelle mélodie.
Les animaux battent la mesure,
Les feuilles glissent dans le vent, volent dans l’azur
Les troncs, magnifiques caisses de résonance
Amplifient les cris des écureuils.
Les fougères se mêlent à la danse.
Entraînées par le chant des grenouilles et des insectes.

Toute cette cacophonie organisée
Crée un chant magique.
Maintenant, l’entends­-tu ?
Prends ta partition, écris les feuilles, écris la pluie :
Mais ce ne sera jamais la même
Car seules mes sœurs et moi portons le secret
De cette chanson unique,
Quelques notes de musique,
Cette ode à l’enchantement.

 

mélodie_forestière_2015_a« Prends ta partition, écris les feuilles, écris la pluie… »

Illustration : © Bruno Rigolt

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NOTE D’INTENTION

Dans ce texte, j’ai voulu évoquer la forêt en la comparant à un orchestre.L’idée m’est venue alors que je cherchais une problématique pour le concours. Ne trouvant pas, j’ai décidé avant de rentrer chez­ moi de me promener dans la forêt : peut être trouverais­-je l’inspiration ?

L’air était doux en ce milieu d’automne et de nombreuses feuilles tombaient des arbres, je les entendais crisser sous mes pas. Le soleil était déjà bas dans le ciel et renforçait les couleurs rouge-orangé de la forêt. J’étais émerveillée de voir combien les arbres se transformaient et se paraient de couleurs tour à tour éclatantes, estompées, ensorceleuses…

C’est alors que je me suis arrêtée un instant pour écouter. Près de moi il m’a semblé qu’un oiseau chantait ; je l’ai cherché sans le trouver au début, puis je me suis laissée guider par son chant et j’ai remarqué que l’oiseau était posé sur l’une des branches d’un grand chêne qui se trouvait juste devant mes yeux. Je me suis avancée pour aller m’asseoir au pied de l’arbre, et j’ai entendu les bruits de pas des animaux, le coassement des grenouilles, le bruit du vent dans les branchages et les chants plus ténus des insectes.

Couronnée de brume, la forêt semblait un écrin tombé du ciel automnal, et toutes ces frondaisons flamboyantes paraissaient autant de joyaux. De retour chez ­moi, je me suis assise au piano. C’est de là qu’est partie l’idée de la musique puis de l’orchestre. Mes doigts glissaient sur le clavier, tantôt pour reproduire la mélodie dissonante du vent que j’avais entendue, tantôt pour retrouver l’harmonie de cet après­-midi d’automne.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai choisi d’écrire un poème se rattachant au mouvement romantique. Celui­ci met en avant le rêve et la communion avec la nature, ce sont, me semble-t-­il, deux aspects essentiels de mon poème. Vous comprendrez aussi pourquoi les différentes figures de style que j’ai utilisées sont si importantes à mes yeux : l’oxymore « cacophonie organisée » (v.19) traduit par exemple les grandes bourrasques du vent. De même, la métaphore du « chêne majestueux » comparé à un « grand chef d’orchestre » (v.9) exprime cette musicalité de la forêt.

Celle­-ci m’a permis de renforcer l’atmosphère de mystère que je voulais créer et m’a aidée à opérer des comparaisons plus légères, en harmonie avec l’atmosphère du tableau automnal que j’avais encore en mémoire, et qui était pour moi autant une profonde symphonie qu’une merveilleuse « méditation poétique ».

© 2015, Mélanie J.

Concours « Ecriture en Forêt » Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd’hui : Mélissa L. Troisième Prix

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4)
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Mélissa L.
(Première S4, promotion 2014-2015), troisième prix :

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« Exaltation des sens »

par Mélissa L.
Classe de Première S4
Troisième prix


Quand je ferme les yeux,
J’entends cette pluie ardente
Battant ton sol avec force.
Singes hurleurs et oiseaux siffleurs
M’envahissent et me perdent.

J’ouvre les yeux,
L’immense bois-cathédrale et ses lianes envahissantes
Impose ta force et ta puissance.
Parmi eux se cache une douce et blanche orchidée
Liée au rouge vif du balisier.

Lorsque je respire l’air,
Dans cette chaleur humide et étouffante,
Des fragrances enivrantes
De fleurs et de fruits exotiques
M’emportent dans ta passion et ta folie.

Je m’aventure dans la jungle,
Les bras blessés par les épines d’awara.
Mes pieds s’entremêlent dans les racines,
Je m’enfonce dans ta végétation luxuriante
Et disparais tel un papillon éphémère.

Forêt tropicale_5« Je m’enfonce dans ta végétation luxuriante
Et disparais tel un papillon éphémère… »

Illustration : © Bruno Rigolt

_

NOTE D’INTENTION

« Exaltation des sens » est un poème en prose. Pour l’écrire, je me suis tout d’abord inspirée de ma terre natale, la Guyane, et particulièrement de la forêt amazonienne. Comme l’indique le titre, le texte est une exaltation des différentes émotions du corps humain : l’ouïe, la vue, l’odorat et le toucher. Pour moi, la forêt renvoie à une perception profonde et sensuelle de la beauté. Par exemple, pour montrer que la forêt est vivante, j’ai utilisé différents contrastes : force /douceur ; fraîcheur / humidité.

Cette musique des sens m’a été également inspirée par le romantisme : comment ne pas vouloir entrer en communion avec la nature et s’abandonner au grand lyrisme de la forêt ? Cette idée d’une communion de l’homme avec le « grand tout », qui est un aspect clef du primitivisme romantique, est essentielle dans le texte :

« J’ouvre les yeux,
L’immense Bois-cathédrale et ses lianes envahissantes
Impose ta force et ta puissance. »

Avec l’assonance du phonème |ᾶ|, et l’allitération en |s|, je mets l’accent sur l’emprise, la grandeur et la puissance de la forêt.

Comme on le voit, au-delà du dépaysement exotique, la recherche de l’immensité et d’un certain panthéisme se retrouvent à la lecture du texte.Voilà ce que j’ai voulu exprimer : l’amour pour ma Guyane natale, et surtout faire de mon poème un voyage vers l’ailleurs, vers un autre horizon, si cher à mon cœur…

© 2015, Mélissa L.

Concours "Ecriture en Forêt" Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd'hui : Mélissa L. Troisième Prix

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4)
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Mélissa L.
(Première S4, promotion 2014-2015), troisième prix :

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« Exaltation des sens »

par Mélissa L.
Classe de Première S4
Troisième prix


Quand je ferme les yeux,
J’entends cette pluie ardente
Battant ton sol avec force.
Singes hurleurs et oiseaux siffleurs
M’envahissent et me perdent.

J’ouvre les yeux,
L’immense bois-cathédrale et ses lianes envahissantes
Impose ta force et ta puissance.
Parmi eux se cache une douce et blanche orchidée
Liée au rouge vif du balisier.

Lorsque je respire l’air,
Dans cette chaleur humide et étouffante,
Des fragrances enivrantes
De fleurs et de fruits exotiques
M’emportent dans ta passion et ta folie.

Je m’aventure dans la jungle,
Les bras blessés par les épines d’awara.
Mes pieds s’entremêlent dans les racines,
Je m’enfonce dans ta végétation luxuriante
Et disparais tel un papillon éphémère.

Forêt tropicale_5« Je m’enfonce dans ta végétation luxuriante
Et disparais tel un papillon éphémère… »

Illustration : © Bruno Rigolt

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NOTE D’INTENTION

« Exaltation des sens » est un poème en prose. Pour l’écrire, je me suis tout d’abord inspirée de ma terre natale, la Guyane, et particulièrement de la forêt amazonienne. Comme l’indique le titre, le texte est une exaltation des différentes émotions du corps humain : l’ouïe, la vue, l’odorat et le toucher. Pour moi, la forêt renvoie à une perception profonde et sensuelle de la beauté. Par exemple, pour montrer que la forêt est vivante, j’ai utilisé différents contrastes : force /douceur ; fraîcheur / humidité.

Cette musique des sens m’a été également inspirée par le romantisme : comment ne pas vouloir entrer en communion avec la nature et s’abandonner au grand lyrisme de la forêt ? Cette idée d’une communion de l’homme avec le « grand tout », qui est un aspect clef du primitivisme romantique, est essentielle dans le texte :

« J’ouvre les yeux,
L’immense Bois-cathédrale et ses lianes envahissantes
Impose ta force et ta puissance. »

Avec l’assonance du phonème |ᾶ|, et l’allitération en |s|, je mets l’accent sur l’emprise, la grandeur et la puissance de la forêt.

Comme on le voit, au-delà du dépaysement exotique, la recherche de l’immensité et d’un certain panthéisme se retrouvent à la lecture du texte.Voilà ce que j’ai voulu exprimer : l’amour pour ma Guyane natale, et surtout faire de mon poème un voyage vers l’ailleurs, vers un autre horizon, si cher à mon cœur…

© 2015, Mélissa L.

Concours « Ecriture en Forêt » Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd’hui : Maud C. Deuxième Prix

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1)
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Maud C.
(Première S1, promotion 2014-2015), deuxième prix :

_

« Profondeur des bois »

par Maud C.
Classe de Première S1
Deuxième prix


Un chemin volatile s’enfonce, sinueux, invisible, traverse futile
D’une rive à un port. Un homme marche, son corps, accord
Frissonnant des feuilles mortes sous ses pas fébriles.

Un chemin volubile s’efface ; revient à la vie, souvenir putride
De l’autre monde, la complainte des morts,
Rouet sans fin sur cette terre humide
Qui si vite sous ses charmes enfouit le cadavre, le spectre et le corps.

Toi qui lui as donné la vie, oh combien tu sais comme elle est courte et dure,
Maîtresse forêt, qui dans tes branches, enfantant des fleurs, le protège et l’accueille
Lui offrant florilège de douceurs, sachant que cela ne dure
Tu comptes les heures, glorifiant son cercueil.

Des moisissures vermeilles enserrent ses chairs incises
Véritables griffes d’aigle, elles le rongent, le déchirent
L’entraînant par delà des latitudes exquises
Où les flammes mordantes jusqu’aux feuilles font rougir

Et toi, forêt, tu joues, offrant et prenant la vie
Baignant d’une trompeuse lumière bleutée les meurtres commis
Tu composes un être en ton sein
Sachant déjà son funeste lendemain

La proie des oiseaux charognards, vermine boueuse des coléoptères,
Aux couleurs fanées et à l’odeur infâme, n’était plus qu’un rêve,
Souvenir vibrant d’une note éphémère
Dans le silence, lorsque la symphonie s’achève.

Et de linceul à voile l’obscurité changea
Et sous l’humus fertile, insolent,
Un arbrisseau lança, élégant
Une petite branche innocente dans la tiédeur du soir.

Lueur d’espoir, cycle infini de sa main sur nos vies, elle compose
Au fil de l’air, de l’eau, du vent, elle décompose
Insectes parmi les feuilles, poussières dans le lointain.

foret_magique_1.1300625982.jpg« Au fil de l’air, de l’eau, du vent, elle décompose
Insectes parmi les feuilles, poussières dans le lointain… »

Illustration : © Bruno Rigolt

_

NOTE D’INTENTION

Il était presque dix-huit heures, cet hiver. La nuit commençait à tomber. Il pleuvait. De grosses gouttes s’écrasaient sur ma terrasse, formant un clapotis régulier dans le silence alentour. Personne à la maison, personne dans la rue, aucun bruit, à peine celui d’une voiture roulant dans les flaques du bas coté, formant des gerbes d’eau sur son passage. L’herbe du jardin était trempée, couverte d’un tapis de feuilles mortes, d’un brun sale, presque noir, à moitié pourri.

J’ai froid, l’atmosphère est sinistre, grise. Je n’ai pas les clés. Je suis à la porte. Rien à faire, j’attends. Je m’assois sous la marquise de l’entrée, avec mon sac de cours. Je respire l’air humide, le parfum si caractéristique des arbres l’hiver me parvient. Je sens, j’observe, les mots se bousculent dans ma tête, farandole de noms et d’adjectifs, de verbes puissants, trop forts. Mon énervement transparaît, je n’aime pas ce temps. Je suis seule.

Je sors une feuille de mon sac, écris tout les mots qui me passent devant les yeux : « lac, cycle, pluie, amers, tapis, attendre, humus, finitude, pourriture, néant, refuge, ardu, erreur, mensonge, grisâtre, fumée, volatil, assassin, meurtre, spectre, pente, chaleur, enseveli, putride, plume, détruire… » Alors je commence à écrire, j’ai les doigts gelés mais j’écris le premier vers, sans savoir où je vais. Je n’ai rien à perdre, rien d’autre à faire. Ainsi, mes pensées se canalisent et j’évite de me torturer la tête avec mes problèmes quotidiens, bien futiles pour certains : histoires d’enfant, d’amis, d’amours…

J’écris un chemin, j’écris sa naïveté. Et puis les phrases affluent et apparaissent d’elles-mêmes, des vers, des rimes, une structure prend forme, toute seule. Les minutes passent. Personne n’arrive. J’ai de plus en plus froid, alors j’écris : j’écris la décomposition sous mes yeux, j’écris la haine qu’elle m’inspire. Les mots sont trop forts, sanglants, infâmes. Je me laisse emporter, ça n’a pas de sens. Je les changerai par la suite pour quelque chose de plus sale et de moins fort, quand je déciderai de mon but. Dans un premier temps, j’ai écrit, sans réel objectif, tout simplement.

Une voiture. Maman, enfin ! Je rentre chez moi, me sèche. Et puis je réalise le sujet de ce concours… Pourquoi pas ? Je reprends ce que j’ai écrit et je vois enfin le fil, je le suis, dans ma tête, puis écris la suite sur le papier.

Le soir même, je suis conduite à mon cours de piano. Dans la voiture, je n’arrive pas à m’arrêter, il n’était plus qu’un rêve, souvenir vibrant d’une note, lorsque la symphonie s’achève. Certes, il faudrait que je cesse d’écrire, que je me concentre sur la musique que je vais devoir interpréter dans quelques minutes. Trouver une issue, me libérer de ces mots trompeurs. Qu’est ce que m’évoque la forêt, simplement la décomposition ? Non c’est également la renaissance, le printemps quand poussent les fleurs et les arbres, un tapis de feuilles bienveillant. Je termine les derniers vers, tant pis, je serai en retard, j’ai trop peur d’oublier. Un cycle, un espoir, la vie. Les vers de Victor Hugo me reviennent, ils sont doux, la forêt est un grand réseau de vie, et non pas une meurtrière.

Je ne demande pas autre chose aux forêts
Que de faire silence autour des antres frais
Et de ne pas troubler la chanson des fauvettes.
Je veux entendre aller et venir les navettes
De Pan, noir tisserand que nous entrevoyons
Et qui file, en tordant l’eau, le vent, les rayons,
Ce grand réseau, la vie, immense et sombre toile
Où brille et tremble en bas la fleur, en haut l’étoile.

Je termine : « Elle compose… décompose /Insectes parmi les feuilles, poussières dans le lointain. » Après mon cours de piano, je relis à haute voix mon poème, je m’écoute trop, c’est trop ma voix. Je supprime des mots, les remplace, lis autrement et ressens le poème d’une autre manière, moins morbide.

Quarante vers. Mon poème est trop long. Comment vais-je faire ? Il faut que je supprime un quart de ce que j’ai écrit. Je n’y arrive pas. Quelle torture de devoir sélectionner, élaguer. J’ai du mal, je réfléchis beaucoup. Peut être ne vais-je finalement rien présenter au concours ? Il faut que j’écrive autre chose, mais je n’ai pas le temps et puis je me répète et n’ai plus le contexte satisfaisant. Je commence à écrire et le poème prend une autre tournure, parle d’autre chose, s’égare, et je n’ai pas le cœur de le changer, je le termine, le laisse tel que, il est hors sujet. Je me résigne et reviens à mon poème de départ, coupe et colle, fais des assemblages, perd le fil conducteur puis finalement le retrouve. Je réussis à supprimer deux quatrains. Il y a encore deux vers de trop. Tant pis, je romps avec la forme choisie au départ. Je ne sais pas si cela est important, ou encore une fois futile. Je n’arrive pas à faire autrement.

Le résultat me déçoit. Certain vers sont seuls, isolés, presque nus sans leurs compagnons de strophes. Mais il faut bien respecter la forme imposée. Et puis, j’ai toujours la version première pour moi, celle que je garderai…

© 2015, Maud C.

Concours "Ecriture en Forêt" Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd'hui : Maud C. Deuxième Prix

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4)  → Lire en ligne
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1)
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Maud C.
(Première S1, promotion 2014-2015), deuxième prix :

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« Profondeur des bois »

par Maud C.
Classe de Première S1
Deuxième prix


Un chemin volatile s’enfonce, sinueux, invisible, traverse futile
D’une rive à un port. Un homme marche, son corps, accord
Frissonnant des feuilles mortes sous ses pas fébriles.

Un chemin volubile s’efface ; revient à la vie, souvenir putride
De l’autre monde, la complainte des morts,
Rouet sans fin sur cette terre humide
Qui si vite sous ses charmes enfouit le cadavre, le spectre et le corps.

Toi qui lui as donné la vie, oh combien tu sais comme elle est courte et dure,
Maîtresse forêt, qui dans tes branches, enfantant des fleurs, le protège et l’accueille
Lui offrant florilège de douceurs, sachant que cela ne dure
Tu comptes les heures, glorifiant son cercueil.

Des moisissures vermeilles enserrent ses chairs incises
Véritables griffes d’aigle, elles le rongent, le déchirent
L’entraînant par delà des latitudes exquises
Où les flammes mordantes jusqu’aux feuilles font rougir

Et toi, forêt, tu joues, offrant et prenant la vie
Baignant d’une trompeuse lumière bleutée les meurtres commis
Tu composes un être en ton sein
Sachant déjà son funeste lendemain

La proie des oiseaux charognards, vermine boueuse des coléoptères,
Aux couleurs fanées et à l’odeur infâme, n’était plus qu’un rêve,
Souvenir vibrant d’une note éphémère
Dans le silence, lorsque la symphonie s’achève.

Et de linceul à voile l’obscurité changea
Et sous l’humus fertile, insolent,
Un arbrisseau lança, élégant
Une petite branche innocente dans la tiédeur du soir.

Lueur d’espoir, cycle infini de sa main sur nos vies, elle compose
Au fil de l’air, de l’eau, du vent, elle décompose
Insectes parmi les feuilles, poussières dans le lointain.

foret_magique_1.1300625982.jpg« Au fil de l’air, de l’eau, du vent, elle décompose
Insectes parmi les feuilles, poussières dans le lointain… »

Illustration : © Bruno Rigolt

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NOTE D’INTENTION

Il était presque dix-huit heures, cet hiver. La nuit commençait à tomber. Il pleuvait. De grosses gouttes s’écrasaient sur ma terrasse, formant un clapotis régulier dans le silence alentour. Personne à la maison, personne dans la rue, aucun bruit, à peine celui d’une voiture roulant dans les flaques du bas coté, formant des gerbes d’eau sur son passage. L’herbe du jardin était trempée, couverte d’un tapis de feuilles mortes, d’un brun sale, presque noir, à moitié pourri.

J’ai froid, l’atmosphère est sinistre, grise. Je n’ai pas les clés. Je suis à la porte. Rien à faire, j’attends. Je m’assois sous la marquise de l’entrée, avec mon sac de cours. Je respire l’air humide, le parfum si caractéristique des arbres l’hiver me parvient. Je sens, j’observe, les mots se bousculent dans ma tête, farandole de noms et d’adjectifs, de verbes puissants, trop forts. Mon énervement transparaît, je n’aime pas ce temps. Je suis seule.

Je sors une feuille de mon sac, écris tout les mots qui me passent devant les yeux : « lac, cycle, pluie, amers, tapis, attendre, humus, finitude, pourriture, néant, refuge, ardu, erreur, mensonge, grisâtre, fumée, volatil, assassin, meurtre, spectre, pente, chaleur, enseveli, putride, plume, détruire… » Alors je commence à écrire, j’ai les doigts gelés mais j’écris le premier vers, sans savoir où je vais. Je n’ai rien à perdre, rien d’autre à faire. Ainsi, mes pensées se canalisent et j’évite de me torturer la tête avec mes problèmes quotidiens, bien futiles pour certains : histoires d’enfant, d’amis, d’amours…

J’écris un chemin, j’écris sa naïveté. Et puis les phrases affluent et apparaissent d’elles-mêmes, des vers, des rimes, une structure prend forme, toute seule. Les minutes passent. Personne n’arrive. J’ai de plus en plus froid, alors j’écris : j’écris la décomposition sous mes yeux, j’écris la haine qu’elle m’inspire. Les mots sont trop forts, sanglants, infâmes. Je me laisse emporter, ça n’a pas de sens. Je les changerai par la suite pour quelque chose de plus sale et de moins fort, quand je déciderai de mon but. Dans un premier temps, j’ai écrit, sans réel objectif, tout simplement.

Une voiture. Maman, enfin ! Je rentre chez moi, me sèche. Et puis je réalise le sujet de ce concours… Pourquoi pas ? Je reprends ce que j’ai écrit et je vois enfin le fil, je le suis, dans ma tête, puis écris la suite sur le papier.

Le soir même, je suis conduite à mon cours de piano. Dans la voiture, je n’arrive pas à m’arrêter, il n’était plus qu’un rêve, souvenir vibrant d’une note, lorsque la symphonie s’achève. Certes, il faudrait que je cesse d’écrire, que je me concentre sur la musique que je vais devoir interpréter dans quelques minutes. Trouver une issue, me libérer de ces mots trompeurs. Qu’est ce que m’évoque la forêt, simplement la décomposition ? Non c’est également la renaissance, le printemps quand poussent les fleurs et les arbres, un tapis de feuilles bienveillant. Je termine les derniers vers, tant pis, je serai en retard, j’ai trop peur d’oublier. Un cycle, un espoir, la vie. Les vers de Victor Hugo me reviennent, ils sont doux, la forêt est un grand réseau de vie, et non pas une meurtrière.

Je ne demande pas autre chose aux forêts
Que de faire silence autour des antres frais
Et de ne pas troubler la chanson des fauvettes.
Je veux entendre aller et venir les navettes
De Pan, noir tisserand que nous entrevoyons
Et qui file, en tordant l’eau, le vent, les rayons,
Ce grand réseau, la vie, immense et sombre toile
Où brille et tremble en bas la fleur, en haut l’étoile.

Je termine : « Elle compose… décompose /Insectes parmi les feuilles, poussières dans le lointain. » Après mon cours de piano, je relis à haute voix mon poème, je m’écoute trop, c’est trop ma voix. Je supprime des mots, les remplace, lis autrement et ressens le poème d’une autre manière, moins morbide.

Quarante vers. Mon poème est trop long. Comment vais-je faire ? Il faut que je supprime un quart de ce que j’ai écrit. Je n’y arrive pas. Quelle torture de devoir sélectionner, élaguer. J’ai du mal, je réfléchis beaucoup. Peut être ne vais-je finalement rien présenter au concours ? Il faut que j’écrive autre chose, mais je n’ai pas le temps et puis je me répète et n’ai plus le contexte satisfaisant. Je commence à écrire et le poème prend une autre tournure, parle d’autre chose, s’égare, et je n’ai pas le cœur de le changer, je le termine, le laisse tel que, il est hors sujet. Je me résigne et reviens à mon poème de départ, coupe et colle, fais des assemblages, perd le fil conducteur puis finalement le retrouve. Je réussis à supprimer deux quatrains. Il y a encore deux vers de trop. Tant pis, je romps avec la forme choisie au départ. Je ne sais pas si cela est important, ou encore une fois futile. Je n’arrive pas à faire autrement.

Le résultat me déçoit. Certain vers sont seuls, isolés, presque nus sans leurs compagnons de strophes. Mais il faut bien respecter la forme imposée. Et puis, j’ai toujours la version première pour moi, celle que je garderai…

© 2015, Maud C.

Concours « Ecriture en Forêt » Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd’hui : Léa R. Premier Prix

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4) 
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Léa R.
(Première S4, promotion 2014-2015), premier prix :

_

« Complainte
d’une feuille hivernale »

par Léa R.
Classe de Première S4
Premier prix


Au pied de ce chêne, je suis mélancolique.
Passe le temps, m’assourdit le calme
Gicle la lumière des branches dénudées
Et vient m’aveugler la voix du vent criant mon nom.
Plongée dans l’hiver, l’écorce brune de la forêt
M’emporte au large, vers l’arrière pays du ciel.

Alors que le jour a fermé ses paupières ; je me sens si seule
Dans cet océan où voyageaient d’autres feuilles.
Elles aussi allaient vers d’autres matins.
Mon corps aride frémit de son inapparence,
Je me sens prisonnière de sa blessure
Je vis au jour le jour, au soir le soir,

Les saisons sont ma parure, les années ma beauté désertée.
Ô qu’un instant, le temps s’arrête : je serais reine de cette forêt
De cette nature couleur de brume et de chagrin,
Reine de ce matin au toit de neige,
De ce temps inexorable comme l’hiver et l’été
Reine de ce monde qui n’est à présent, plus le mien.

Arbres sur le Loing_Bruno Rigolt« Plongée dans l’hiver, l’écorce brune de la forêt
M’emporte au large, vers l’arrière pays du ciel… »

Illustration : © Bruno Rigolt
Au bord du Loing, en hiver, un soir

_

NOTE D’INTENTION

L’idée de ce poème m’est venue en regardant par ma fenêtre, alors que je cherchais l’inspiration: c’est alors que j’ai aperçu cet amas de feuilles auprès de mon arbre. Cela m’a donné l’idée de faire d’une feuille la narratrice de mon poème. N’est-il pas vrai d’ailleurs que celle-ci suit l’arbre tout au long des saisons et lui donne sa beauté ? J’ai donc intitulé ce poème « Complainte d’une feuille hivernale », car je voulais transmettre par ce titre les émotions que je peux éprouver durant l’hiver à travers un élément infiniment petit de la forêt : une simple feuille d’arbre. De même, le choix du mot « complainte » n’est pas un hasard. J’apprécie particulièrement les complaintes : leur registre élégiaque me plonge dans une tristesse indéfinie teintée d’indicible nostalgie.

De fait, comme vous l’avez sans doute compris en lisant le texte, mon poème repose sur une double énonciation: si le narrateur est la feuille au pied de l’arbre, on devine également que derrière cette apparence parfois, c’est l’auteure qui s’exprime. Comme par exemple dans ce passage c’est bien moi qui parle à travers la feuille :

« Au pied de ce chêne, je suis mélancolique.
Passe le temps, m’assourdit le calme
Gicle la lumière des branche dénudées
Et vient m’aveugler la voix du vent criant mon nom ».

En second lieu, je définirai mon poème comme un voyage poétique et métaphorique. La forêt, à elle seule, est une frontière, un voyage. Partir en forêt, c’est se dire : « Est-ce que je vais revenir ? Et si je me perdais ? Si je dérivais? » J’ai voulu faire sentir ces impressions en écrivant par exemple:

« M’emporte au large, vers l’arrière-pays du ciel »

Ou encore:

« Dans cet océan où voyageaient d’autres feuilles.
Elles aussi allaient vers d’autres matins. »

Quoi qu’on puisse penser, les forêts ne se ressemblent jamais, elles sont autant de cheminements à jamais recommencés et réinventés. Les saisons participent à cet infini voyage, qui nous emporte ailleurs. J’ai à ce titre privilégié la métaphore car cette figure de style est à même de nous faire passer d’une réalité à une autre réalité :

« De cette nature couleur de brume et de chagrin
Reine de ce matin au toit de neige… »

La métaphore apporte ici une sensibilité que je trouve intéressant d’exploiter car elle métamorphose le réel.

Enfin, l’an passé, j’avais étudié le mouvement romantique et je dois avouer que je me suis reconnue dans cette expression des sentiments. J’ai voulu rendre hommage à tous ces auteurs qui, de Lamartine à Mallarmé, ont chanté la nostalgie de l’idéal et du spirituel : derrière les arbres de la forêt, il y a en effet le cœur de celui qui la regarde: comme je le disais au début, les arbres, les branches, les fleurs ou comme ici la feuille tombée au sol sont ainsi l’expression de ses sentiments. La forêt est pour ma part, une succession d’émotions, couleurs du temps, couleurs des saisons, de mon humeur… Une forêt couleur de mes larmes, couleur de mes joies… Bref, une forêt qui laisse libre cours aux émotions et à l’imagination et c’est cela qui la rend si spéciale, si précieuse dans un monde où elle est tellement en voie de disparition.

© 2015, Léa R.

Concours "Ecriture en Forêt" Palmarès 2015 et publication des textes primés : catégorie Poésie (classes de Première). Aujourd'hui : Léa R. Premier Prix

concours_eef_2014_logo-1Le Lycée en Forêt a lancé depuis la rentrée 2013 un original concours d’écriture à destination des classes de Seconde et de Première  ayant pour intitulé : « Écritures en Forêt ».

Pour les classes de Première, le sujet portait sur l’écriture d’un poème ayant obligatoirement pour thème la forêt, ainsi que la rédaction d’une note d’intention expliquant la démarche du projet d’écriture ainsi que les particularités stylistiques mises en œuvre. 

Félicitation aux très nombreux participants, particulièrement à mes élèves de Première S4 (promotion 2014-2015), qui se sont remarquablement investis dans le dispositif, et bien sûr Bravo aux lauréats de l’édition 2015 :

  • Premier prix : Léa R. (Première S4) 
  • Deuxième prix : Maud C. (Première S1) → Lire en ligne
  • Troisième prix : Mélissa L. (Première S4) → Lire en ligne
  • Premier accessit : Mélanie J. (Premièe S4) → Lire en ligne
  • Deuxième accessit : Wendy M. (Première S4) → Lire en ligne
  • Troisième accessit : Camille H. (Première L2)
  • Quatrième accessit : Hugo T. (Première L2)
  • Coup de cœur Lycéen : Bénédicte R. (Première S4) → Lire en ligne

Une cérémonie récompensant les élèves primés a eu lieu le mercredi 10 juin 2015 au Lycée en Forêt, sous la présidence de Madame Condracq, Proviseure.
Merci encore au Lycée qui a pu débloquer des fonds importants pour récompenser les lauréats.

frise fleurs horizontale

Découvrez aujourd’hui le poème de Léa R.
(Première S4, promotion 2014-2015), premier prix :

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« Complainte
d’une feuille hivernale »

par Léa R.
Classe de Première S4
Premier prix


Au pied de ce chêne, je suis mélancolique.
Passe le temps, m’assourdit le calme
Gicle la lumière des branches dénudées
Et vient m’aveugler la voix du vent criant mon nom.
Plongée dans l’hiver, l’écorce brune de la forêt
M’emporte au large, vers l’arrière pays du ciel.

Alors que le jour a fermé ses paupières ; je me sens si seule
Dans cet océan où voyageaient d’autres feuilles.
Elles aussi allaient vers d’autres matins.
Mon corps aride frémit de son inapparence,
Je me sens prisonnière de sa blessure
Je vis au jour le jour, au soir le soir,

Les saisons sont ma parure, les années ma beauté désertée.
Ô qu’un instant, le temps s’arrête : je serais reine de cette forêt
De cette nature couleur de brume et de chagrin,
Reine de ce matin au toit de neige,
De ce temps inexorable comme l’hiver et l’été
Reine de ce monde qui n’est à présent, plus le mien.

Arbres sur le Loing_Bruno Rigolt« Plongée dans l’hiver, l’écorce brune de la forêt
M’emporte au large, vers l’arrière pays du ciel… »

Illustration : © Bruno Rigolt
Au bord du Loing, en hiver, un soir

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NOTE D’INTENTION

L’idée de ce poème m’est venue en regardant par ma fenêtre, alors que je cherchais l’inspiration: c’est alors que j’ai aperçu cet amas de feuilles auprès de mon arbre. Cela m’a donné l’idée de faire d’une feuille la narratrice de mon poème. N’est-il pas vrai d’ailleurs que celle-ci suit l’arbre tout au long des saisons et lui donne sa beauté ? J’ai donc intitulé ce poème « Complainte d’une feuille hivernale », car je voulais transmettre par ce titre les émotions que je peux éprouver durant l’hiver à travers un élément infiniment petit de la forêt : une simple feuille d’arbre. De même, le choix du mot « complainte » n’est pas un hasard. J’apprécie particulièrement les complaintes : leur registre élégiaque me plonge dans une tristesse indéfinie teintée d’indicible nostalgie.

De fait, comme vous l’avez sans doute compris en lisant le texte, mon poème repose sur une double énonciation: si le narrateur est la feuille au pied de l’arbre, on devine également que derrière cette apparence parfois, c’est l’auteure qui s’exprime. Comme par exemple dans ce passage c’est bien moi qui parle à travers la feuille :

« Au pied de ce chêne, je suis mélancolique.
Passe le temps, m’assourdit le calme
Gicle la lumière des branche dénudées
Et vient m’aveugler la voix du vent criant mon nom ».

En second lieu, je définirai mon poème comme un voyage poétique et métaphorique. La forêt, à elle seule, est une frontière, un voyage. Partir en forêt, c’est se dire : « Est-ce que je vais revenir ? Et si je me perdais ? Si je dérivais? » J’ai voulu faire sentir ces impressions en écrivant par exemple:

« M’emporte au large, vers l’arrière-pays du ciel »

Ou encore:

« Dans cet océan où voyageaient d’autres feuilles.
Elles aussi allaient vers d’autres matins. »

Quoi qu’on puisse penser, les forêts ne se ressemblent jamais, elles sont autant de cheminements à jamais recommencés et réinventés. Les saisons participent à cet infini voyage, qui nous emporte ailleurs. J’ai à ce titre privilégié la métaphore car cette figure de style est à même de nous faire passer d’une réalité à une autre réalité :

« De cette nature couleur de brume et de chagrin
Reine de ce matin au toit de neige… »

La métaphore apporte ici une sensibilité que je trouve intéressant d’exploiter car elle métamorphose le réel.

Enfin, l’an passé, j’avais étudié le mouvement romantique et je dois avouer que je me suis reconnue dans cette expression des sentiments. J’ai voulu rendre hommage à tous ces auteurs qui, de Lamartine à Mallarmé, ont chanté la nostalgie de l’idéal et du spirituel : derrière les arbres de la forêt, il y a en effet le cœur de celui qui la regarde: comme je le disais au début, les arbres, les branches, les fleurs ou comme ici la feuille tombée au sol sont ainsi l’expression de ses sentiments. La forêt est pour ma part, une succession d’émotions, couleurs du temps, couleurs des saisons, de mon humeur… Une forêt couleur de mes larmes, couleur de mes joies… Bref, une forêt qui laisse libre cours aux émotions et à l’imagination et c’est cela qui la rend si spéciale, si précieuse dans un monde où elle est tellement en voie de disparition.

© 2015, Léa R.