Auteurs et compositeurs francophones
Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.
Aujourd’hui dimanche 6 août : Pierre Perret
Hier, samedi 5 août : Sapho
Demain, lundi 7 août : Rose
Pierre Perret :
« Femmes battues »
(2010)
Paroles et musique : Pierre Perret
Album : La Femme grillagée, 2010
Label : Naïve Records /Éditions Adèle
Site web : http://pierreperret.fr/
abassée à mort par amour
Paraît qu’ c’est courant de nos jours
Le métier d’épouse n’est pas sûr
Quand on est la femme d’un vrai dur
Mais celle qu’il appelle sa traînée
D’infidélité soupçonnée
A pourtant aimé ce débris
Qui la frappe à bras raccourcis
Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson
Au commissariat du quartier
La femme tuméfiée et l’époux
Sont debout devant l’brigadier
Qui soupire et dit encore vous
Vot’ mari présent chère madame
Prétend qu’ vous l’avez bien cherché
Pourquoi faire alors tout un drame
Vous n’êt’s pas tell’ment amochée
Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson
Il prétend qu’ vous êtes économe
Du tissu qui cache vos rondeurs
En vous corrigeant c’est en somme
Qu’il apaise un peu sa rancœur
Rentrez tous les deux vous coucher
Ça va s’ régler sur l’oreiller
Les voisins n’ vont pas protester
En d’vinant pourquoi vous criez
Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson
Tant qu’ les voies de fait sont bénignes
Des blessures ouvertes ou des bleus
Pour nous policiers la consigne
C’est de n’ pas sévir pour si peu
S’il vous étouffait sous la couette
S’il vous étranglait de ses mains
Nous pourrions ouvrir une enquête
Vous n’ seriez pas morte pour rien
Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson
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Crédit iconographique (lettrine) : © août 2017, Bruno Rigolt (photomontage, peinture numérique)
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