Lancement de l’exposition « Fin’Amor Expo » Edition 2019-2020

Découvrez bientôt l’exposition de la classe de Seconde 10 :

« Fin’Amor Expo »

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose (BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères…
Chaque jour, découvrez un nouveau poème jusqu’en janvier 2020 !

Lancement de l’expo : lundi 9 décembre 2019

Concours AMOPA 2019… Publication des textes primés…

Trois élèves de mes classes se sont brillamment distingué·e·s lors de deux concours organisés cette année par l’AMOPA (Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques) :

  1. Alicia Thébaud : premier Prix d’expression écrite du concours « Défense et Illustration de la langue française » (Catégorie Lycée). Pour voir le règlement du concours, cliquez ici. Pour voir le palmarès complet, cliquez ici. Durée de l’épreuve : 3h00.
  2. Marion Saulnier : premier Prix du concours « Jeune Poésie » (Catégorie Seconde). Pour voir le palmarès complet, cliquez ici.
  3. Ron Sharony ; premier accessit du concours « Jeune Poésie » (Catégorie Seconde).

Voici les textes primés. Bravo également à tou·te·s les élèves pour leur participation enthousiaste et le haut niveau des productions écrites.


Prix « Défense et Illustration de la langue française » (prix d’expression écrite) : Alicia Thébaud, Premier prix

Ce prix rend hommage au grand poète de la Renaissance Joachim du Bellay (1522 ?-1560) qui avec Pierre de Ronsard (1524-1585) et d’autres poètes du groupe de la Pléiade, se donnèrent pour mission de valoriser les richesses de notre langue en publiant en 1549 une célèbre Défense et illustration de la langue française.

Sujet de composition française : « Je suis indéfiniment capable d’émerveillement » disait le cinéaste Federico Fellini (1920-1993). Quelles sont,pour vous les sources de l’émerveillement ? Évoquez-les.

 

u’est-ce que l’émerveillement ?

Cela peut se traduire par le fait de ressentir de l’admiration face à quelque chose, de l’ébahissement ou même une sorte d’enchantement. Cette exubérance est proprement merveilleuse : vous êtes tout à coup subjugué par ce que l’un de vos cinq sens vous retransmet au point de ne plus pouvoir réfléchir convenablement à ce qu’il se passe, tant vos sentiments prennent le dessus sur toute chose.

A ce titre, Federico Fellini disait « Je suis indéfiniment capable d’émerveillement ». Le cinéaste italien le montre d’ailleurs parfaitement par la mélancolie de ses films et un néoréalisme personnel propres à susciter l’imaginaire. Tantôt naïfs, pittoresques, extravagants voire exubérants, les personnages de ses films sont l’illustration de l’émerveillement qui nous saisit face au septième art.

La sensation d’émerveillement dépend de la personne, et peut varier selon chacun. Certains en effet seront émerveillés devant un simple champ de lavande, d’autres par un tour d’illusionnisme, une symphonie de Mozart, un film de Steven Spielberg ou Georges Lucas, ou enfin par un jeu vidéo d’un réalisme saisissant.

Alors pourquoi l’émerveillement est-il aussi diversifié ? D’où vient-il et qu’est-il réellement pour nous ? Pour répondre à ces questionnements, je vais montrer dans une première partie ce qu’est précisément pour moi l’émerveillement, puis dans une deuxième partie je réfléchirai à l’origine du phénomène de l’émerveillement.

C’était un été comme un autre dans le village de Sant Martí d’Empúries, en Catalogne, j’étais en vacances non loin du village avec ma famille. Un village assez banal en soi, dont vous feriez facilement le tour en trente minutes, si ce n’est un peu moins. Le village était assez calme ce jour-là : la grande majorité des touristes préférait se retrouver à Empúries même, où les activités étaient nombreuses par rapport au village. Et pourtant. Je préférais nettement me sentir ici ! J’étais complètement enchantée par cet endroit.

Pourquoi ? Peut-être à cause de ce sentiment de calme et de plénitude que l’on ressentait à l’intérieur du petit village, de ces quelques vestiges d’Histoire qui trônaient là : cette église d’un style simple et qui pourtant s’accordait parfaitement avec l’austérité du paysage, et enfin cette plage comme on en retrouve sans doute partout ailleurs en Méditerranée, mais elle me paraissait à moi bien différente de toutes celles que j’avais connues jusqu’alors. 

« Comme une excellente surprise qu’on ne voyait pas venir… »

Voilà quel est pour moi l’émerveillement : une sorte d’enchantement face à un lieu dont à la base vous ne vous attendez à rien d’autre qu’un simple petit village avec peut-être deux ou trois ruines. L’émerveillement est ainsi un ébahissement devant quelque chose dont on n’attendait rien, qui n’avait alors jusqu’ici aucune valeur sentimentale ou autre et qui devient tout à coup chargé de valeur au point de provoquer un éveil des sens incomparable. Comme une excellente surprise qu’on ne voyait pas venir.

Je pense également que l’émerveillement ne tient pas seulement à la surprise des choses mais à la symbolique dont il est porteur. Cette symbolique dépend bien souvent de la personne, de son ressenti face à cet « objet » d’émerveillement. Généralement, les personnes le voient comme une sorte d’Eden qu’elles auraient longuement cherché, un petit coin de paradis qu’elles auraient enfin atteint après maintes tentatives pour y arriver. Cet émerveillement est alors vu comme le fruit d’un long travail : dur et laborieux. Un rêve qui vient de se concrétiser.

« Un rêve qui devient alors réalité… »

Je me rappellerai toujours d’une femme que je connaissais dont le souhait le plus cher était de devenir mère. A plusieurs reprises, elle avait tenté d’avoir un enfant, mais sans cesse sa grossesse se finissait par une fausse couche. Plus le temps passait, et plus ce rêve lui paraissait lointain. Elle finit même par abandonner l’idée, jusqu’au jour où elle se trouva de plus en plus de rondeurs. Ainsi, au terme de ces neuf mois, ce qu’elle avait tant espéré depuis des années prit corps : elle avait enfin un enfant et elle ressentit comme une sensation d’éblouissement devant ce petit être qu’elle tenait, mêlée à une joie immense et à de la fierté.

L’émerveillement vient donc soit d’un rêve qui devient alors réalité, soit d’une surprise totale face à un événement inattendu, Mais l’émerveillement tire plus fondamentalement son origine de quelque chose de plus profond, en nous-même, qui nous permet, en allant au-delà des apparences, de transcender la réalité.

Cette sensation d’ébahissement, d’admiration ou d’étonnement n’est en effet pas seulement rattachée à la concrétisation d’un fantasme ou d’un rêve inaccessible, mais surtout à notre personnalité : de fait, notre « moi-profond » influe en très grande partie sur l’émerveillement. Ainsi, nous nous émerveillons devant quelque chose qui pourra paraître aux autres totalement banal, ordinaire et peut-être indigne de susciter le moindre intérêt.

A ce titre, je pense que la sensation d’émerveillement est aussi rattachée à l’éducation que nous avons reçue de nos parents. Un enfant sera plus sensible aux charmes de la nature, si un de ses parents les lui aura inculqués ou si d’un naturel solitaire, il a l’habitude d’aller se ressourcer dehors, contrairement à un autre qui n’y trouvera aucun intérêt si un de ses parents lui aura répété sans cesse qu’il n’y pas d’utilité à s’intéresser à la nature.

S’émerveiller, c’est « savoir s’ouvrir aux chemins de la connaissance… »

En outre, notre vision du monde et la manière dont nous voyons les choses influencent  la source de notre émerveillement. Ainsi l’émerveillement n’est pas obligatoirement quelque chose de complètement incroyable et hors du commun, mais surtout quelque chose que nous affectionnons particulièrement ou qui modifie notre perception du monde. Plus nous sommes intéressés et passionnés par certaines choses, plus grand est l’enchantement.

On ne peut nier le fait que nous sommes en admiration devant les peintures de Michel-Ange ou Léonard de Vinci, parce que pour bon nombre d’entre nous avons appris à aimer les peintures de la Renaissance, notamment pour leurs détails brillants de réalisme. Ou encore le fait qu’une personne puisse trouver de l’émerveillement en lisant un simple livre, sans bouger de chez elle. Le tout est d’être curieux et de savoir s’ouvrir aux chemins de la connaissance.

L’émerveillement découle donc de plusieurs sources : de notre caractère et de notre éducation qui dirigeront nos centres d’intérêts ; de notre vision du monde, mais aussi de la surprise créée par la confrontation avec l’inattendu.

« L’émerveillement revient à prouver que la magie existe en chaque être humain… »

omme j’ai essayé de le montrer, chacun de nous perçoit différemment l’émerveillement et le définit personnellement et subjectivement : selon moi, l’émerveillement revient à prouver que la magie existe en chaque être humain.

La source de ce sentiment d’admiration vient simplement et seulement de nous, c’est-à-dire de notre capacité à apprécier chaque chose, peu importe ce qu’elle est du moment que nous savons en percevoir le mystère derrière l’apparence.

Un peu à la manière de l’homme émerveillé devant les nuages dans « L’étranger » de Baudelaire, il ne tient qu’à nous de s’émerveiller devant les choses les plus simples de la vie, devant les « merveilleux nuages »…

© Alicia Thébaud, mars 2019.
Juin 2019 pour la présente version (mise en forme légèrement modifiée par rapport à la version originale).

Bord de mer à Sant Martí d’Empúries (Espagne, Catalogne)
© BR 2019 (cliché modifié numériquement)

Prix de la Jeune poésie 2019 :

  • Marion Saulnier, Premier prix
  • Ron Sharony, Premier accessit

« Aurore »

par Marion Saulnier
Classe de Seconde 11


Voilà la journée entrer avec prudence
C’est la curiosité qui l’attrape
Elle finit par tomber
Sur cette énigme entremêlant
L’annonce des falaises,
L’incertitude d’un sourire…

Le rêve-veille du jour sonne
Me coupant du voyage prévu
Le rapide coup d’œil est lancé
Et je souffle, je souffle
Au vent qui murmure
Que le jour s’est déjà levé.

© Marion Saulnier, mars 2019.


Illustration : © Bruno Rigolt, Juin 2019 (Photomontage et peinture numérique)

« Omniscient je deviens ! »

par Ron Sharony
Classe de Seconde 11

Dans la boucle éternelle,
Les jours se linéarisent
Mes temps éphémères
Ne servent plus à rien :
Mais arrive l’obscur lacté parfumé
De lumières aveuglantes
Que rend rêveuses mes âmes
Haineuses des mortels ignorants.

Ô Ronces humaines lacérant mes esprits !
L’unique parmi tous enfin règne
Submergé d’épines du souvenir.
S’enfoncèrent et ruissellent
Mes bontés protectrices,
Mes courroux ravageurs,
Mes infinités pensives,
Mes projets illusoires,

Et je subis l’inconnu,
J’ordonne les Galaxies !
Les dimensions me connaissent :
Omniscient je deviens !

© Ron Sharony, mars 2019

 

Illustration : © Bruno Rigolt, juin 2019, "L’œil omniscient" 
Photomontage, peinture numérique

Prix AMOPA 2019 le Lycée en Forêt double champion de France

PRIX D’EXPRESSION ÉCRITE DE LA LANGUE FRANÇAISE

L’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques (AMOPA) vient de décerner le premier Prix du concours « Défense et Illustration de la langue française » (Section Lycée) à l’une de mes élèves de Première S2 (promotion 2018-2019) : Alicia Thébaud, pour sa brillante dissertation qui portait sur le thème de l’émerveillement.

Le sujet de composition française, particulièrement ardu, était le suivant :

Je suis indéfiniment capable d’émerveillement
disait le cinéaste Federico Fellini (1920-1993). Quelles sont
pour vous les sources de l’émerveillement ? Évoquez-les.

Voir le palmarès complet sur le site de l’AMOPA.

PRIX DE LA JEUNE POÉSIE

Par ailleurs, deux autres de mes élèves de la classe de Seconde 11 ont été primés au niveau national pour le prix de la jeune poésie :

  1. Marion Saulnier, Premier Prix national
  2. Ron Sharony, Premier Accessit

Voir le palmarès complet sur le site de l’AMOPA.

Bravo enfin à tous les élèves de Seconde 11 et de Première S2 (promotion 2018-2019) pour leur remarquable implication.

Les productions écrites des lauréat·e·s viennent d’être mises en ligne sur cet Espace Pédagogique Contributif (cliquez ici pour les découvrir).

Exposition « Un Automne en Poésie » Saison 9 Cinquième et dernière livraison

Exposition « Un Automne en Poésie » cinquième livraison
— Saison 9 —
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Maquette graphique : © Bruno Rigolt, janvier 2019 (Photomontage et peinture numérique)

Les élèves de Seconde 11 sont fiers de vous présenter l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Voici la dernière livraison de textes.

  

Aurore

par Marion S.
Classe de Seconde 11

(Ce poème a obtenu le Premier Prix
du Concours « Jeune poésie 2019 » organisé par l’AMOPA)


Voilà la journée entrer avec prudence
C’est la curiosité qui l’attrape
Elle finit par tomber
Sur cette énigme entremêlant
L’annonce des falaises,
L’incertitude d’un sourire…

Le rêve-veille du jour sonne
Me coupant du voyage prévu
Le rapide coup d’œil est lancé
Et je souffle, je souffle
À cet aigle qui murmure
Que le jour s’est déjà levé.

« Voilà la journée entrer avec prudence... »

 Frederic Edwin Church (1826-1900), « Cross in the Wilderness » (détail), 1857
Madrid, musée Thyssen-Bornemisza

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Haïkus contemporains

par Kathleen R.
Classe de Seconde 11


Fin de la journée

Manteau rouge de lunes
Vers le port de la colline
Et la bicyclette s’envole

D'après Charles-Édouard Crespy Le Prince (1784-1850),  © Montmorency, musée Jean-Jacques Rousseau
© Direction des musées de France, 2007 Crédit photographique © Robin Laurence  

Début de la nuit

La lune attendant la nuit
Pierre blanche de rêve
Pour repousser le soleil

Félix Vallotton, « Clair de lune », vers 1895 (huile sur toile). Paris, musée d’Orsay

Le lever du jour

L’heure où l’horizon se dévoile,
Mort des mots
Arrache les pétales de mon cœur

Le point de vue de l’auteure

Le premier haïku que j’ai créé m’a été inspiré par une photographie trouvée dans un manuel. On distinguait un cycliste sous la lune si je me rappelle bien… Mais très vite l’imaginaire a pris le dessus : j’imaginais un enfant rentrant de l’école ; un enfant rêvant de s’envoler au pays des rêves pour échapper enfin à l’échéance de la vie… Les autres poèmes sont comme une suite. Le début de la nuit ouvre à tous les possibles, à tous les voyages jusqu’au lever du jour, qui est le retour à la réalité. Face à la nuit qui est comme le triomphe de l’imagination créatrice, l’aube ramène au contexte d’une journée ordinaire. Le lever du jour est peut-être le pire moment, où on ne peut plus rêver…

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Harcèlement

par Hugo C.
Classe de Seconde 11

              

Au cœur d’un Royaume sombre,
Esprit nourri de chagrin
Secrets immortels
Dormirent dans la tombe

Plus douloureux qu’une larme
Plus fréquent qu’un crime
Nombreux sont touchés
Nombreux en ont désiré la mort

Le point de vue de l’auteur

Le thème que j’ai choisi pour ce poème est celui du harcèlement qui touche beaucoup de jeunes. Je pense notamment au harcèlement scolaires dont sont victimes de nombreux enfants. Rares sont ceux qui osent se confier, prisonniers de ce « royaume sombre », sans d’autre issue parfois que le suicide. Alors, réagissons tous !

Pour en savoir plus sur le harcèlement, rendez-vous sur education.gouv.fr

« Tous mobilisés contre le harcèlement à l’école »
Crédit iconographique : Affiche contre le harcèlement. Principauté de Monaco © – DR

L’étrange Dictionnaire du Poète (2/2)

par Agathe P.
Classe de Seconde 11

Lois : règles ou ensemble de règles obligatoires
où l’art dessine des mots magiques.
Loi du vent, loi du ciel et des oiseaux…

Papillon : subst. masc.
Insecte lépidoptère, diurne ou nocturne
qui se pose sur les pages du livre,
ou sur les lèvres du jour.

Le point de vue de l’auteure
J’ai écrit ces poèmes de telle manière qu’ils évoquent à la première lecture un dictionnaire : définitions, phrases brèves… Mais très vite ce dictionnaire fait entrer le lecteur dans l’onirique : les définitions se dérèglent, les mots prennent des sens différents. Telle est la définition de la poésie : provoquer un écart entre ce qui est attendu, prévisible et l’imaginaire des mots…

Abandon

par Dorian L. B.
Classe de Seconde 11

                      

Plongé dans un désert obscur,
Observant la tristesse du deuil,
Je m’effondre de larmes qui ne coulent plus.
Sur ces rêves inimaginables
Je me contente d’une couronne mélancolique
Échoué sur mon bateau,
Naviguant sur l’eau de la vie
À la recherche d’un mot :
Mon indicible tourment

Le point de vue de l’auteur

Dans ce poème, j’ai voulu représenter la tristesse qui nous envahit parfois, lorsque nous sommes prisonniers de souvenirs. Ces souvenirs nous paralysent au point de nous faire changer notre vision du monde. Ainsi, cette poésie évoque-t-elle l’histoire d’une personne seule qui recherche quelque chose dans ses souvenirs. L’absence de rimes peut s’interpréter comme l’absence de ce qui est rassurant et attendu. Son monde est fait de contradictions. D’où les tournures oxymoriques : « désert obscur », « larmes qui ne coulent plus ». J’ai voulu aussi représenter la solitude à travers la métaphore filée du voyage : la vie est ainsi cette quête, si difficile, de quelque chose : « recherche d’un mot »… Comment le dire ? Comment l’écrire ? L’adolescence est ainsi cette période où nous recherchons une indicible vérité…

« Échoué sur mon bateau,
Naviguant sur l’eau de la vie
À la recherche d’un mot…
 »

Illustration : Bruno Rigolt (peinture numérique)
© Bruno Rigolt, 2018

            

                  

Volcan éternel

par Nathan B.
Classe de Seconde 11

              

Les droites aux bords courbés
Sur les plaines remplies de bosses
Comme un pique qui sort du sol
Et les braises de ce cratère fumant

Mais éteint, ce n’est plus qu’un
Pique de glace lorsque la saison froide arrive.
Des plaques blanches apparaissent
Et recouvrent ces cônes de pierres.

« Des plaques blanches apparaissent
Et recouvrent ces cônes de pierres.
… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Haïkus contemporains

par Tommy G.
Classe de Seconde 11

Le maigre matin
Endort le soleil,
Ignorant la nuit
Aux mystérieuses brûlures

Dansent les flammes
Dans l’insert de la cheminée :
La chaleur au cœur de l’hiver

Bourdonnement de l’abeille…
Les fleurs du printemps
Savent une mystérieuse histoire,
Complice de la nature

       

                              

Moi, mon moi et moi-même 

par Ron S.
Classe de Seconde 11

              

Moi, qui me suis lâchement fait duper,
Que m’est-il arrivé ?
Moi qui, obstinément, me croyais,
Immortel, tristement j’espérais
Que ce moi resterait éternel à jamais

Je me suis enfin rendu compte,
Qu’irréel, j’étais, sans moi,
Chaque nuit silencieuse, je me taisais,
Méditant mes mécomptes
Je me suis longuement forgé

Désormais, dépourvu de moi-même,
Mais seul face à soi-même,
Je n’ai d’autres choix que de rudement
Fondre ces faux-comptes faussés
Pour me libérer, en m’unissant à mon être

Pour me communier, avec mon moi-être,
Qui aujourd’hui est
Ce que je m’appelle
Et ce qui me représente,
Ma figure corporelle

Et c’est à l’aube du soir fatigué,
Au crépuscule du matin éveillé,
Hors du temps et de la vulnérabilité
Que moi, mon moi et moi-même
Peux continuellement prospérer.

« Mais seul face à soi-même… »

Illustration : René Magritte, « La reproduction interdite » (1937), Rotterdam, Museum Boijmans Van Beuningen

Balade du temps

par Mathéo C.
Classe de Seconde 11

                 

Je me noyais dans cet océan
Je  revoyais des images
D’ombre et de lumière ; de foule et de néant
Je me battais pour avancer, pour remonter

Dans mes souvenirs
La moindre étincelle d’une étoile
La grande roue de l’univers
La nuit profonde dans mon âme

Mais toutes les senteurs me ramènent vers toi
Quand nous nous retrouvons dans chaque page
De ce livre du temps
Et chaque morceau d’heures passées

Me ramènera dans tes bras pour enlacer
Les couleurs de mon enfance
Les horloges de ma peur et toutes les minutes de tes yeux
Enfin reviendront à la surface et nous pourrons avancer.

« Et chaque morceau d’heures passées
Me ramènera dans tes bras pour enlacer
Les couleurs de mon enfance »

© janvier 2019, Bruno Rigolt, peinture numérique

                      

La numérisation de la cinquième livraison de textes est terminée.

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).
Crédit iconographique : Bruno Rigolt (sauf mention contraire).

Exposition « Un Automne en Poésie » Saison 9 Deuxième livraison

Exposition « Un Automne en Poésie » deuxième livraison
— Saison 9 —
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Maquette graphique : © Bruno Rigolt, décembre 2018 (Peinture numérique)

Les élèves de Seconde 11 sont fiers de vous présenter l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Voici la deuxième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 30 décembre 2018 (dernière livraison).

Prochaine livraison : mercredi 19 décembre
Cliquez ici pour voir les premiers textes publiés.

  

Vivre, c’est partir

par Gwendoline L.
Classe de Seconde 11


Dans la ville il y a un parc ;
Un parc d’enfants,
Un endroit rempli de joie.

Des petites étincelles scintillantes
Clignent dans leurs yeux.
On pourrait croire qu’elles volent
Volent vers l’incompris.

Personne ne peut les voir
Elles continuent leur chemin
Peut-être sont-elles parties dans une autre vie ?

« Dans la ville il y a un parc ;
Un parc d’enfants..
. »

 Illustration : Georges Lacombe (1868-1916), « Marine bleue, effet de vagues » (vers 1893)
Peinture à l’œuf sur toile. Rennes, Musée des Beaux-Arts 

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Les nuages sont des larmes…

par Meïssane M.
Classe de Seconde 11

              

Les nuages sont des larmes qui obscurcissent l’azur
Et nous emportent vers des terres d’ailleurs.
Là-bas, le vent chante et danse,

Au sommet des montagnes :
Poudre de coton
Qui réchauffe les cœurs

Et s’endort à travers les sommets.
Des diamants apparaissent dans le soir :
Ils illuminent le ciel de claire noirté.

« Des diamants apparaissent dans le soir.
Ils illuminent le ciel de claire noirté… »

Illustration : Bruno Rigolt, décembre 2018

Couleurs promenantes

par Mattéo S.
Classe de Seconde 11

L’autre jour, je me promenais
Sur la plage jaune-orangée…
À ma droite, des hôtels-restaurants,
À ma gauche une énorme masse bleue
Avec au-dessus d’elle
Des couleurs coucher de soleil
Qui se promenaient dans le ciel.

« Des couleurs coucher de soleil
Qui se promenaient dans le ciel…
 »

Raoul Dufy(1877-1953), « Vue de la terrasse de Sainte-Adresse, soleil couchant », vers 1925
Huile sur toile. Nancy, Musée des beaux-arts. © Nancy, musée des Beaux-Arts / C. Philippot, © ADAGP, Paris, 2017

            

                  

Inatteignables nuages

par Sirikit B.
Classe de Seconde 11

              

Allongé indéfiniment
Sur d’inatteignables nuages
Le bruit illumine les cristaux.
Du haut du ciel tombaient des oiseaux.
Harmonie de l’aurore
Qui dissipe la nuit
Emportant la tristesse du soir.


« Harmonie de l’aurore
Qui dissipe la nuit
Emportant la tristesse du soir… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Voyage avec le ciel

par Eva L. C.
Classe de Seconde 11

              

Sur la place du voyage où défilent les trains siffleurs
Passent les gens, passent les heures
Pressées par mes aiguilles impitoyables du temps.
Agitation, animation, bruit :
Rien ne semble m’éloigner de cette cacophonie.

Je rêve de m’envoler, quitter cette réalité
Rejoindre l’éternel voyageur bleu,
Porter avec lui ses valises
De nuages étourdis pour écouter avec les oiseaux
Les secrets murmures du vent.

« … Rejoindre l’éternel voyageur bleu,
Porter avec lui ses valises
De nuages étourdis… »

Illustration : Bruno Catalano, « Voyageurs » (bronze)

Haïkus contemporains

par Lilibeth J.
Classe de Seconde 11

Ce paysage apparaît devant moi comme la peinture sur la toile :
montagnes cristallisées par le froid, conifères épineux comme ardents…

Le chant du colibri égayant la vallée remplie de cristaux
me rappelle l’améthyste de tes yeux
L’onde d’un torrent apparaît peu à peu comme les traits de ton visage.

L’aube miroitait dans la rosée du matin, parti sur les pétales d’une fleur

Photomontage à partir d’une aquarelle de Pierre-Joseph Redouté (« Les roses« )

       

                              

Omniscient je deviens !

par Ron S.
Classe de Seconde 11

                 

Dans la boucle éternelle,
Les jours se linéarisent
Mes temps éphémères
Ne servent plus à rien :
Mais arrive l’obscur lacté parfumé
De lumières aveuglantes
Que rend rêveuses mes âmes
Haineuses des mortels ignorants.

Ô Ronces humaines lacérant mes esprits !
L’unique parmi tous enfin règne
Submergé d’épines du souvenir.
S’enfoncèrent et ruissellent
Mes bontés protectrices,
Mes courroux ravageurs,
Mes infinités pensives,
Mes projets illusoires,

Et je subis l’inconnu,
J’ordonne les Galaxies !
Les dimensions me connaissent :
Omniscient je deviens !

« Les dimensions me connaissent :
Omniscient je deviens ! »

Odilon Redon (1840-1916), « L’œil, comme un ballon se dirige vers l’INFINI » (lithographie, 1882)
Texte : E.-A. Poe, Crédit iconographique :  BnF

Le point de vue de l’auteur…

Ce texte est clairement symboliste. J’ai voulu montrer que le quotidien (la « boucle éternelle ») est quelque chose de lassant et qui ruine la courte vie de l’être humain : « Mes temps éphémères », « Ne servent plus à rien »… Autant d’expressions qui évoquent le réalisme dans tout ce qu’il a de passager et de superficiel : le quotidien gâche ainsi la vie humaine car les journées «linéarisent » la vie. Par ce néologisme, j’ai souhaité suggérer, dans le sillage de Mallarmé, le bal et le quotidien.

La suite du texte joue au contraire sur les contrastes comme le suggère le cinquième vers : « Mais arrive l’obscur lacté ». Par cet oxymore, on comprend que pendant la nuit si belle et calme, la passion réveille l’esprit, en lutte contre les âmes rageuses de l’ignorance humaine. Tout un réseau lexical se met en place : les « ronces humaines » ici font référence aux mensonges, propagandes qui manipulent, « lacèrent » l’avis du peuple.

En écrivant « L’unique parmi tous enfin règne », je parle bien sûr de la Vérité, c’est-à-dire le Verbe qu’on s’est forgé soi-même, malgré les mensonges et propagandes. Cet esprit-là qui règne nous permet de rêver et d’oublier les malheurs du passé, car les « épines » sont celles des ronces, qui désormais appartiennent au passé.

Les épines s’enfoncent vers l’oubli, et font ruisseler le rêve qui semble idéaliser le réel et constituer une voie d’accès à la conscience véritable. Dans ce poème, le rêve que j’ai voulu évoquer est ainsi celui qui me permet d’avoir mon monde à moi, celui que je contrôle, avec ma bonté, mes courroux, mes projets. C’est ce rêve qui nous permet de savoir et de connaître véritablement, de devenir « omniscient » ! De même que Rimbaud affirmant « Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir », la poésie me permet de m’inventer un monde parfait.
R. S.

           

                            

Infiniment petit

par Mathéo C.
Classe de Seconde 11

                      

Là où le monde  a commencé
Où les cinq sens ne servent à rien
Le silence de mon cri
Hurle l’aveuglement de mes yeux :

Millions de paillettes dans ce noir si ténébreux !
Ce vide de mon âme met mon excitation
À son paroxysme. Grondement de l’infini,
Ce cœur ardent qui veille sur ma vie,

Ce cœur froid qui égaye mes absences
Dans le désert noir des âmes en fuite.
Au croisement de l’invisible et du visible
J’atteins cette lueur et je m’éteins à jamais.

« Au croisement de l’invisible et du visible
J’atteins cette lueur et je m’éteins à jamais
.
.. »

Illustration : © Bruno Rigolt

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Ciel bleu et sombre bonheur

par Nathan B. et Hugo C.
Classe de Seconde 11

                  

Le doux son de la nuit m »apaise
D’une profonde tristesse
Les oiseaux s’envolent dans la pluie
Un nuage d’acier flotte dans l’eau

Ciel bleu et sombre bonheur
Disparaît le vide dans le néant
L’or du matin rouille à la chaleur
Les fleurs au parfum amer.

La glace détruira les ténèbres joyeuses
Je vois des étoiles aspirées par l’infini
La ville noire et sa fantastique faiblesse
Et des voitures qui s’envolent vers la voie lactée…

« … La ville noire et sa fantastique faiblesse
Et des voitures qui s’envolent vers la voie lactée
 »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt, décembre 2018

           

                            

LUNE

par Kathleen R.
Classe de Seconde 11

                      

Devant le reflet de sa brillance éternelle
À l’écoute du fantôme de son miroir,
La lune
Jouant de sa beauté immortelle
Dans le ciel, entre les portes de son sourire

La lune de son puissant voile de lumière
Éclaire de sa peau Blanche-Neige
Le ciel
Tandis que ses yeux ténébreux plongent
Dans les profondeurs du néant.

« Devant le reflet de sa brillance éternelle
À l’écoute du fantôme de son miroir,
La lune
.
.. »

Illustration : Crédit iconographique : Bruno Rigolt, d’après Caspar David Friedrich « Meeresufer im Mondschein »
(« Rivage au clair de lune »), 1835-36, Kunsthalle, Hambourg (Allemagne)

                 

La numérisation de la deuxième livraison  de textes est terminée.
Troisième mise en ligne de textes : mercredi 19 décembre 2018…

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Bientôt « Un automne en Poésie », saison 9 !

La classe de Seconde 11 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter…

la saison 9 d’Un Automne en Poésie
jeudi 29 novembre — dimanche 30 décembre 2018

C’est la classe de Seconde 11 dont j’ai la charge cette année, qui travaille à l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. Pour la neuvième année, cette manifestation d’art entend marquer de son empreinte la création littéraire au Lycée en Forêt : plus de quarantaine textes, tous inédits, sont en cours de finalisation et seront progressivement mis en ligne jusqu’à la fin du mois de décembre.

La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Thématique de l’édition 2018-2019 :

Architextures poétiques
des Mots et Merveilles

bruno_rigolt_joconde_2016_web2Rendez-vous à partir du jeudi 29 novembre 2018 !