Entraînement à la contraction et à l’essai (EAF écrit, séries technologiques)

Entraînement au Bac de français. Séries technologiques : ST2S | STI2D | STL | STMG
Des sujets corrigés pour vous préparer aux épreuves du Bac.
Renforcez vos compétences afin d’être plus efficace au Bac ! Entraînez-vousi en profitant de corrigés détaillés, et boostez vos aptitudes !

Contraction de texte et Essai (sujet inédit)
Parcours : « Écrire et combattre pour l’égalité »

Texte de la contraction : discours d’Isabelle Lonvis-Rome* prononcé le 30 janvier 2023 : « présentation du Plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine : 2023-2026 » (extraits).

* Ministre déléguée auprès de la Première ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances.

Cette année, ils ont été un million deux cent mille à se taire.
Un million deux cent mille à subir des insultes, des discriminations, des actes racistes ou antisémites, et à ne pas déposer plainte. Un million deux cent mille, c’est la population du Val d’Oise.
Un million deux cent mille, ce sont autant de femmes, d’hommes et d’enfants qui sont marginalisés, exclus, empêchés, raillés, violentés en raison de leur couleur de peau, origine, religion.
Ce sont autant de femmes et d’hommes obligés de changer leurs enfants d’école, de déménager, avant d’en venir à douter de leur présence en France, leur pays, tant les intimidations, la crainte, les agressions sont devenues invivables.
C’est à elles, c’est à eux que ce plan s’adresse. C’est à toutes et tous que ce plan s’adresse.
Ce plan, vous venez de le découvrir. Il est une réponse concrète à ce qui fait la honte de notre Nation. C’est le geste rassurant d’une République qui leur dit qu’ils doivent garder la tête haute. C’est aussi, et surtout, un avertissement aux auteurs de ces actes nauséabonds : nous ne transigerons pas.
Ce que nous réaffirmons, avec ce plan ambitieux, c’est qu’ici, sur le territoire de la République, chacun jouit des mêmes droits. Quelles que soient son origine, sa culture, sa religion ou sa couleur de peau. Il nous faut le répéter pour que personne ne perde foi en la République, en notre destinée commune.
Car oui, nous avons une destinée commune, un contrat social à façonner et à respecter. C’est aussi cela, faire Nation.
Faire Nation, c’est prôner l’universalisme.
Un universalisme républicain, et donc humaniste.
Pas un universalisme dévoyé.
Pas l’universalisme conquérant, qui veut que chacun se ressemble, qui nie l’existence d’un monde pluriel.
[…] L’universalisme auquel il nous faut aspirer est celui qui offre à chacun la dignité qui lui revient. Une société où chacun est l’égal de l’autre, comme le prône la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Car c’est bien sur l’État de droit que repose cet universalisme. Il nous faut être les garants de cet État de droit, le plus solide rempart contre la haine. Garants, aussi, de la liberté d’expression qui ne doit jamais piétiner la dignité humaine. NON, jamais la liberté d’expression ne sera prétexte à la haine raciste, antitsigane et antisémite. Tolérance zéro. […] Personne, dans la mise en place de ce plan, ne devra se sentir laissé pour compte. J’y veillerai. Je resterai à l’appui des autorités locales qui auront à décliner ces mesures, et sillonnerai le pays pour le porter à leurs côtés.
La lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’antitsiganisme et les discriminations liées aux origines doit d’abord concerner notre jeunesse. En ouvrant des écoles, nous fermerons des prisons, pour paraphraser Victor Hugo. C’est en formant des citoyens conscients et responsables que nous nous débarrasserons de ce mal dont notre société souffre depuis trop longtemps. La transmission mémorielle en est la clé. C’est pourquoi, plusieurs mesures ciblent l’éducation de tous les enfants et adolescents, et la formation de ceux qui les encadrent. Parmi les mesures ambitieuses qui vous ont été présentées, la visite d’un lieu de mémoire à destination des plus jeunes est essentielle. C’est par la connaissance de l’Histoire que l’on évitera la répétition des heures les plus sombres de l’humanité. Pour lutter aussi contre les stéréotypes liés à l’antitsiganisme, un travail mémoriel sera élaboré autour de l’Histoire des populations Roms et des Gens du voyage.
L’Histoire alerte trop souvent le présent.
Rien n’est plus éloigné que le jour passé ; et rien n’est plus proche que le jour qui vient.
Il est aussi impératif de ne jamais céder à la banalisation du racisme de l’antisémitisme et de l’antitsiganisme. À ce propos, Charles Péguy écrivait « Il y a quelque chose de pire qu’une âme perverse, c’est une âme habituée ».
Les discours haineux que certains proclament fièrement sur des plateaux de télévision comme s’ils étaient respectables, dans des vidéos sur internet à plusieurs millions de vues, dans des livres à gros tirage ou pendant une campagne électorale ne doivent pas devenir une habitude, une sale habitude.
Nous ne pouvons être la nation qui a fait entrer Simone Veil au Panthéon, tout en banalisant de tels propos. La politique est un combat, la haine n’y a pas sa place.
[…]
Je l’ai dit, l’éducation est le premier outil à notre disposition pour éradiquer ces fléaux. Le second est le traitement judiciaire.
Nous devons renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de la République.
La Justice est une réponse clé au racisme, à l’antitsiganisme et à l’antisémitisme.
C’est pour cela que la prise de plainte sera améliorée, les forces de l’ordre seront outillés pour mieux qualifier les faits, les peines seront exécutées pour que les auteurs condamnés ne pensent plus pouvoir y échapper en fuyant à l’étranger. Le sentiment d’impunité doit cesser.
[…]
Les racistes, les antisémites, les antitsiganes, ceux qui distinguent les êtres selon ou en raison d’une couleur de peau, d’une religion, ou d’une nationalité, sont nos ennemis les plus redoutables. Ils sont les ennemis de la République.
Lorsque je pense à cet ennemi commun que nous avons, ce sont souvent les mots de Tahar Ben Jelloun, dans Le racisme expliqué à ma fille qui s’imposent à moi. « Très souvent, le raciste s’aime beaucoup. Il s’aime tellement qu’il n’a plus de place pour les autres, d’où son égoïsme ».
C’est ce qui fait que nous gagnerons cette bataille : nos cœurs républicains, eux, ne manqueront de place pour personne.
Je vous remercie.

[Discours d’Isabelle Lonvis-Rome : présentation du Plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine 2023-2026. Pour accéder à l’intégralité du discours, cliquez ici.]

Nombre de mots : 920 environ.

Activités d’écriture

CONTRACTION (10 points)
Vous résumerez ce texte en 230 mots. Une tolérance de +/– 10 % est admise : votre travail comptera au moins 205 mots et au plus 255 mots.

  • Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots.
  • Vous indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

ESSAI (10 points)
Dans son discours, Isabelle Lonvis-Rome affirme : « L’Histoire alerte trop souvent le présent ». Selon vous, en quoi les leçons du passé concernant les luttes pour l’égalité aident-elles à construire notre présent ? Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre du parcours « Ecrire et combattre pour l’égalité ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Présenter la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à l’oral de l’EAF : comment préparer et réussir l’entretien ?

Vous allez présenter la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à l’oral de l’EAF… Comment préparer et réussir l’entretien ?

Le choix de l’oeuvre d’Olympe de Gouges pour la deuxième partie de l’oral (entretien) peut s’avérer très intéressant : la Déclaration est en effet un texte bref, rédigé dans un style juridique et direct, ce qui en facilite la lecture. Chaque article énonce de manière explicite une revendication, que ce soit pour le droit de vote, l’égalité devant la loi, ou l’accès aux fonctions publiques et aux biens. Loin d’être théorique, le texte est également un appui à l’action politique et un appel au changement social : même si l’oeuvre se lit assez rapidement, la portée des revendications soulevées dans cette Déclaration est donc très importante puisque Olympe de Gouges défend des principes d’égalité et de justice sociale qui résonnent encore aujourd’hui.

Cela dit, votre présentation peut rapidement devenir maladroite si vous la préparez mal et si vous limitez votre réflexion à quelques textes déjà présentés pour l’exposé oral. N’oubliez pas que plus un livre est bref, plus la densité du texte demande donc une attention accrue pour saisir pleinement la portée des idées exprimées, ainsi que les subtilités et les nuances que l’œuvre cherche à transmettre.

Tout d’abord, soyez clair et structuré. Élaborez obligatoirement un plan pour que votre présentation soit logique et fluide le jour de l’examen. C’est d’autant plus important que votre présentation doit être très brève : 2 minutes 1/2 à 3 minutes maximum pour réaliser un exposé qui « impacte », vous devez donc être organisé. Le moyen le plus simple de faire une présentation bien construite est de mentionner clairement au brouillon chaque point que vous allez aborder au cours de votre exposé, et la façon dont vous allez l’aborder. Structurez votre intervention du début jusqu’à la fin de celle-ci.

Votre prestation orale doit être scénarisée, c’est-à-dire qu’elle doit obéir à un scénario. Le scénario, c’est l’itinéraire suivi dans l’exposé. Donc sur votre brouillon pensez à noter les grandes étapes qui doivent conduire votre démonstration : vous devez avoir devant vous les grandes lignes de votre exposé, accompagnées si possible de repères temporels (minutage par exemple), de mots clés, de notions ou de données importantes. Mettez-les en évidence sur votre feuille afin de les visualiser immédiatement : ainsi, vous éviterez les trous de mémoire qui sont particulièrement pénalisants à l’oral.

Avant l’oral, entraînez-vous à parler de l’œuvre, sans lire vos notes, afin de ne pas trop dépendre de votre feuille. Soignez également votre diction : prenez le temps de bien articuler et de justifier vos idées de manière concise.

Enfin, le plus important : n’oubliez pas que votre opinion personnelle est fondamentale. Vous devez obligatoirement apporter un éclairage personnel sur ce que vous ressentez ou comprenez dans l’œuvre. L’entretien en effet n’est pas un questionnaire de lecture mais bien plus un dialogue constructif permettant d’apprécier comment le candidat s’est approprié personnellement le texte et comment sa lecture prolonge les réflexions menées en classe sur l’œuvre intégrale et le parcours associé. Cette appropriation personnelle peut prendre plusieurs formes :

  • Réflexion critique : il ne faut surtout pas accepter passivement le contenu de l’œuvre, mais en discuter les implications, poser des questions voire même être en désaccord avec certains points.
  • Relation avec l’œuvre : vous devez montrer en quoi cette œuvre vous a touché ou comment elle résonne avec votre expérience personnelle, vos valeurs ou votre propre vécu.

Exemple de présentation (dans cet exemple, la durée de l’exposé est d’environ 2 minutes ½)

« L’œuvre que j’ai choisi de vous présenter est la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Il s’agit d’un texte publié le 14 août 1791 par Olympe de Gouges, femme des Lumières et militante abolitionniste, en réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Dans ce texte fondateur de la cause féministe, Olympe de Gouges revendique l’égalité des sexes en matière de droits civils et politiques. Rédigée pendant la Révolution française, La Déclaration d’Olympe de Gouges condamne l’exclusion des femmes des droits proclamés en 1789 et défend leur participation à la vie publique.

Plusieurs points de cette Déclaration m’ont paru particulièrement importants.

En premier lieu, l’égalité hommes-femmes : Olympe de Gouges estime que les femmes doivent avoir les mêmes droits que les hommes, notamment le droit de vote, le droit d’accéder aux fonctions publiques et de participer à l’élaboration des lois. De plus, Olympe de Gouges aborde la question des libertés fondamentales : elle montre que la liberté, la propriété, la sécurité et la résistance à l’oppression doivent être garanties pour tous, indépendamment du genre. En prolongement de cette réflexion, l’autrice pose la question de la responsabilité des femmes : elle souligne que les femmes, tout comme les hommes, doivent assumer leurs devoirs civiques et légaux. Enfin, la réflexion autour du mariage et de l’égalité est un aspect important de cette œuvre. Olympe de Gouges s’en pred souvent au mariage, qu’elle dénonce comme un instrument d’inégalité : à la place, elle n’hésite pas à proposer  un « contrat social » garantissant l’équité entre conjoints.

Mal accueillie à son époque, cette Déclaration est aujourd’hui reconnue comme un texte pionnier du féminisme, affirmant des idées novatrices pour l’égalité des genres. Depuis 2016, un buste est même installé à l’Assemblée nationale pour honorer le rôle d’Olympe de Gouges dans l’histoire des droits des femmes et de la Révolution française. J’ai choisi de lire et de présenter ce livre pour le Baccalauréat car il m’a permis, en tant qu’adolescent, de réfléchir à mon rôle dans la société et à mes propres convictions. Ce texte m’a amené par exemple à me poser de nombreuses questions : pourquoi des droits qui semblent évidents de nos jours ne l’étaient pas à son époque ? Comment cette oeuvre met-elle en lumière plusieurs inégalités qui perdurent de nos jours, comme l’écart salarial ou les violences faites aux femmes ? C’est donc une œuvre qui encourage une réflexion critique sur les discriminations encore présentes dans le monde moderne. Il est important de se rappeler par exemple que les droits ne sont jamais acquis sans effort et qu’ils doivent être défendus. Toutes ces questions éclairent des débats comme l’accès des femmes à des postes de pouvoir, ou encore l’éducation des filles dans le monde.

Enfin, j’ai choisi l’œuvre d’Olympe de Gouges car je pense qu’elle peut susciter l’engagement et la réflexion citoyenne. Ainsi, Olympe de Gouges incarne le courage et l’action politique : elle a osé s’attaquer aux stéréotypes de genre et défier les préjugés obscurantistes de son époque pour défendre des convictions, au péril de sa vie. Cette lecture m’a donc montré combien il était important de défendre ses idées et de s’investir dans des causes importantes, comme l’égalité ou les droits humains. Bien que rédigée en 1791, cette Déclaration résonne encore au XXIème siècle : comme je l’évoquais, de nombreuses inégalités subsistent dans plusieurs domaines. Lire ce texte m’a donc aidé à comprendre qu’être féministe ou défendre l’égalité est un acte universel et intemporel, et pas seulement réservé aux femmes. D’ailleurs, Olympe de Gouges dépasse la question des femmes dans son texte, en posant la question de la dignité et des droits de tous.

Quelques questions (parmi tant d’autres…) que l’examinateur pourrait vous poser (il s’agit bien sûr de suggestions… Mais plus vous vous entraînerez, et plus vous serez préparé le jour J).

Examinateur : Êtes-vous rentré·e facilement dans l’œuvre ou vous a-t-elle déstabilisé ?
Candidat : Personnellement, je suis entré assez facilement dans ce texte. J’ai apprécié en particulier la structure claire inspirée de la Déclaration des Droits de l’homme. Le texte suit en effet une logique simple et reconnaissable, avec un préambule, un postambule et 17 articles numérotés, ce qui facilite la circulation dans le livre. J’ai également apprécié la forme de l’argumentation directe grâce à un langage percutant qui permet à chacun de faire des liens avec son propre vécu. Certains passages m’ont malgré tout déstabilisé lors de ma lecture : Olympe de Gouges consacre par exemple une partie importante à ce qu’elle appelle « Forme du contrat social de l’homme et de la femme ». Ce contrat s’inscrit avant tout dans le cadre du droit privé et aborde des questions liées au mariage, à la filiation et à la justice dans les relations conjugales. C’est une partie parfois très juridique, et j’ai eu davantage de mal à entrer dans le texte.

Examinateur : Justement, pouvez-vous m’en dire davantage sur ce « contrat social » ?
Candidat : J’ai été très intéressé par le contenu et les enjeux de ce contrat conjugal, à commencer par l’égalité dans le mariage : Olympe de Gouges n’hésite pas à aborder la question de l’indépendance économique et juridique des femmes : elle évoque des principes qui rappellent les débats modernes sur le régime matrimonial, en demandant par exemple que la femme conserve une autonomie financière et des droits égaux dans la gestion des biens du couple. De même, en proposant un contrat basé sur l’équité, elle anticipe des notions modernes comme le divorce équitable ou la répartition juste des responsabilités parentales en cas de séparation.
Enfin, le « contrat » que propose Olympe de Gouges inclut des dispositions sur la filiation, comme le devoir des parents de reconnaître leurs enfants, qu’ils soient légitimes ou non : Olympe de Gouges estime ainsi que les femmes doivent pouvoir forcer un père inconstant « à tenir ses engagements » envers un enfant naturel. Cette vision novatrice remet en question les discriminations envers les enfants nés hors mariage. Ce « contrat » est donc très novateur car il préfigure les évolutions du droit matrimonial moderne, comme la reconnaissance de l’égalité entre époux, la protection des enfants nés hors mariage ou l’accès au divorce.

Examinateur : Vous êtes-vous renseigné sur la vie de l’autrice ? Y a-t-il par exemple des aspects de sa vie personnelle qui se retrouvent dans le texte ?
Candidat : Oui en effet, la vie d’Olympe de Gouges est étroitement liée aux idées qu’elle défend dans sa Déclaration. D’abord, c’est une femme d’origine modeste et autodidacte : Olympe de Gouges (née Marie Gouze) est issue d’une famille de Montauban. Mariée à 17 ans contre sa volonté, elle devient veuve très tôt et décide de ne jamais se remarier. Cette expérience traumatisante explique sa critique virulente du mariage, qu’elle considère comme une institution oppressive pour les femmes ainsi que sa défense de l’union libre. Par exemple, sa proposition d’un « contrat social » dans le mariage repose sur son rejet du modèle patriarcal, fondé sur la soumission des femmes, qu’elle a elle-même subie très jeune. Par ailleurs, dans la vie d’Olympe de Gouges, l’affirmation d’une indépendance financière et intellectuelle sont fondamentales : ainsi, après avoir quitté Montauban, Olympe de Gouges s’installe à Paris, où elle s’engage dans la littérature et la politique. Elle devient une femme de lettres indépendante, vivant de ses écrits, ce qui était très rare à son époque. Cette indépendance se reflète dans son appel à une égalité économique et juridique dans le couple. Elle défend la capacité des femmes à être autonomes et à participer pleinement à la vie publique. Olympe de Gouges a également milité pour les opprimés : elle s’est toujours battue pour les droits des minorités et des exclus. Elle a même milité contre l’esclavage dans sa pièce Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage et s’est battue pour l’égalité des droits, qu’il s’agisse des femmes ou des enfants illégitimes. Tous ces combats se retrouvent dans la Déclaration : elle insiste en particulier sur la reconnaissance des enfants nés hors mariage. Enfin, Olympe de Gouges a osé tenir tête aux autorités de son temps : elle s’est notamment opposée frontalement à Robespierre, ce qui a conduit à son arrestation et à son exécution en 1793. Dans le texte, son ton provocateur et direct, notamment envers les hommes et les autorités, reflète son caractère intrépide. Elle interpelle directement ses contemporains, les poussant à repenser la place des femmes dans la société. 

Examinateur : Connaissez-vous un autre livre d’Olympe de Gouges que vous pourriez recommander ?
Candidat : Deux textes m’ont personnellement intéressé : tout d’abord Zamore et Mirza ou l’Heureux Naufrage (1784) : l’action de cette pièce de théâtre se déroule dans une colonie et met en scène Zamore et Mirza, deux esclaves amoureux qui tentent d’échapper à leur condition. Par le biais de cette intrigue, Olympe de Gouges plaide pour l’abolition de l’esclavage : elle aborde par exemple une question morale audacieuse et profondément polémique pour son époque : celle du pardon accordé à un esclave vertueux pour avoir commis un crime, en réaction à l’injustice d’un maître corrompu. Au XVIIIème siècle, c’était un véritable affront : la société coloniale de l’époque reposait en effet sur une hiérarchie stricte où les esclaves étaient considérés comme des biens, dépourvus de toute moralité ou légitimité juridique face à leurs maîtres. En pardonnant le crime d’un esclave, Olympe de Gouges renverse cette hiérarchie : elle humanise l’esclave en lui attribuant des vertus comme la justice et la dignité morale, tout en dénonçant la corruption et la cruauté des esclavagistes. J’ai eu l’occasion de regarder l’exposition « Notre matrimoine »  réalisée par Clara magazine en partenariat avec l’association « Femmes Solidaires » au CDI de mon lycée : une femme m’a beaucoup touché et m’a permis de réfléchir différemment à la pièce Zamore et Mirza : il s’agit de « Solitude », née Rosalie en Guadeloupe vers 1772 et morte le 29 novembre 1802 : Solitude était une femme noire, née esclave en Guadeloupe, à une époque où l’esclavage était légalement pratiqué dans les colonies françaises. Elle a vécu sous l’oppression de l’esclavage, mais son nom reste gravé dans l’histoire pour sa résistance et son courage. Solitude a participé à la révolte de 1802, menée contre les troupes françaises de Napoléon, qui cherchaient à rétablir l’esclavage en Guadeloupe après son abolition par la Première République. Après la défaite de l’armée insurgée et la répression violente de la révolte, Solitude a été capturée et condamnée à la peine de mort. 

Examinateur : Vous me parliez d’une autre oeuvre d’Olympe de Gouges que vous connaissez…
Candidat : Oui, il s’agit de l’affiche intitulée « Les Trois Urnes, ou le Salut de la Patrie ». Olympe de Gouges fait imprimer cette affiche le 20 juillet 1793 : elle propose en particulier un référendum national permettant aux citoyens français de choisir le régime politique qui guidera la nation : monarchie, fédéralisme ou République. Ce texte, très novateur pour son époque, est une démonstration de son engagement pour la souveraineté populaire et la démocratie directe. À une époque où les luttes de pouvoir entre factions révolutionnaires dominent la scène politique, Olympe de Gouges place sa confiance dans le peuple. Elle estime que les citoyens eux-mêmes doivent décider du régime qui les gouvernera, plutôt que de laisser cette décision entre les mains des élites ou des factions politiques. En prônant un choix pacifique par voie de référendum, Olympe de Gouges s’oppose aux violences révolutionnaires et aux luttes fratricides qui divisent la France. Son affiche m’a beaucoup marqué car elle reflète une volonté de réconciliation entre les différentes visions politiques. Mais En pleine Terreur, alors que les Jacobins dominent la Convention nationale, toute critique de la République ou des révolutionnaires était perçue comme une trahison. En proposant la monarchie comme l’une des options des urnes, Olympe a donc pris un risque considérable : Cette affiche, perçue comme un acte contre-révolutionnaire par les Jacobins, a contribué à son arrestation et à sa condamnation à mort.

Examinateur : Y a-t-il un passage que vous avez particulièrement apprécié dans la Déclaration?
Candidat : il s’agit de l’article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune […] ». Ce que j’ai partoiculièrement apprécié dans cet article, c’est le fait qu’Olympe de Gouges affirme que chaque individu, homme ou femme, a le droit d’exprimer ses idées sans crainte de persécution, même lorsque ces idées remettent en question des principes établis. Personnellement, le passage de cette citation qui m’a le plus interpellé est celui-ci : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune » : Olympe de Gouges pointe une contradiction flagrante : si les femmes sont jugées égales aux hommes lorsqu’il s’agit de subir des punitions (comme la peine de mort), elles doivent l’être aussi pour exercer des droits politiques et accéder aux responsabilités publiques. Cette phrase souligne l’hypocrisie d’une société qui reconnaît l’égalité dans la condamnation, mais pas dans les droits. La mort tragique d’Olympe de Gouges donne à cette citation une résonance particulièrement forte. Monter à la tribune symbolise donc l’accès à la parole publique et au pouvoir politique. Cette citation est donc selon moi emblématique de la pensée d’Olympe de Gouges : elle revendique non seulement l’égalité entre les sexes, mais aussi une société plus juste, où chacun peut s’exprimer et participer librement.

Examinateur : Par quels aspects cette phrase que vous venez de commener peut-elle être mise en relation avec l’article 9 de la Déclaration qui stipule : « Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la loi » ? Comment comprenez-vous cette phrase ?
Candidat : Je pense que cette phrase dénonce une application plus sévère de la justice à l’égard des femmes, souvent sans égard pour les circonstances ou les causes profondes des actes. Olympe de Gouges a d’ailleurs souvent déploré les discriminations auxquelles les femmes étaient confrontées dans tous les aspects de la société, y compris dans la justice. Cette phrase est donc un appel à l’égalité devant la loi. En insistant sur l’idée que la loi doit être appliquée de manière équitable, sans tenir compte du sexe, Olympe de Gouges appelle à une réforme du système juridique, dans lequel les femmes, tout comme les hommes, devraient être jugées en fonction de leurs acre.

Examinateur : Vous avez situé Olympe de Gouges par rapport au contexte culturel des Lumières… Pouvez-vous étayer cet aspect ?
Candidat : La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges s’inscrit pleinement dans l’héritage des Lumières à travers la défense des droits humains, la critique des inégalités et l’engagement en faveur de la raison et du progrès social. Ce texte réinterprète et étend les principes des Lumières, souvent pensés exclusivement pour les hommes, afin d’y inclure les femmes. Par exemple, dans le Postambule de la Déclaration, Olympe de Gouges n’hésite pas à faire de la lutte pour l’émancipation des femmes un élément essentiel de la raison et du progrès : « Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation ». Olympe de Gouges s’appuie ainsi sur la raison pour remettre en question l’obscurantisme. Elle montre que les inégalités entre hommes et femmes ne sont pas naturelles, mais le produit de préjugés, et qu’elles peuvent donc être déconstruites par la connaissance et l’accès au savoir. Elle demande que les femmes aient accès à l’éducation, condition nécessaire pour leur pleine participation à la vie publique, ce qui rejoint les idées de Condorcet sur l’éducation des femmes. Enfin, j’ai particulièrement apprécié l’appel fait aux femmes de sortir de leur pssivité pour revendiquer leur place dans la société, en particulier dans ces propos célèbres du Postambule : « Femme, réveille-toi ». Cette phrase m’a rappelé qu’Olympe de Gouges partage avec Emmanuel Kant une vision commune sur l’importance de penser par soi-même. En associant les idées d’Olympe de Gouges à la célèbre notion de « minorité » et de « majorité » développée par Kant dans son texte Qu’est-ce que les Lumières ? (1784), on peut comprendre comment leurs pensées se rejoignent et se complètent dans une quête commune pour la liberté et l’autonomie intellectuelle. Pour Kant, l’état de minorité désigne une condition dans laquelle l’individu ne pense pas par lui-même et dépend d’autrui pour guider sa conduite. Pareillement, Olympe de Gouges a bien montré qu’une femme qui ne pense pas par elle-même ne peut pas accéder à sa « majorité », ni se libèrer de la tutelle des hommes pour exercer son propre jugement.

Examinateur : Comment comprenez-vous l’aticle 15 de la Déclaration : « La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public, de son administration » ?
Candidat : Je pense que cet article met l’accent sur le droit des femmes à participer à la vie politique et à exiger des comptes de ceux qui détiennent le pouvoir public. En disant que la « masse des femmes est coalisée pour la contribution », Olympe de Gouges reconnaît et revendique la contribution économique, sociale et politique des femmes à la société, qui est souvent ignorée ou minimisée. De même, L’expression « droit de demander compte » fait référence à la responsabilité des représentants publics envers les citoyens. Olympe de Gouges revendique ainsi le droit pour les femmes de contrôler les actions de l’État. Elle soutient que les autorités publiques doivent rendre des comptes de leurs actions et décisions, notamment en ce qui concerne la gestion des affaires publiques, la distribution des ressources, et l’organisation sociale. L’article 15 n’est pas seulement un appel à la transparence gouvernementale, mais aussi une revendication pour l’égalité politique. Olympe de Gouges affirme que les femmes, en tant que citoyennes, doivent avoir le même droit que les hommes de participer au contrôle des affaires publiques.

Examinateur : Si vous deviez inventer la couverture du livre, que feriez-vous ?
Candidat : Je pense que je choisirais une mise en page qui reflète à la fois l’audace intellectuelle d’Olympe de Gouges, son engagement pour l’égalité, et le contexte historique de l’œuvre. Concernant le fond et les couleurs, je privilégierais une palette de rouge, blanc et noir : le rouge car c’est une couleur emblématique de la Révolution : elle évoque l’engagement, le courage, et la justice. Le blanc, pour représenter la pureté de ses idéaux et la quête d’une société plus juste. Enfin, le noir, en écho à la tragédie de son exécution. Pour l’image centrale, je m’inspirerais d’un Portrait d’Olympe de Gouges : peut-être le Portrait d’Olympe réalisé par Alexandre Kucharski (voir ci-contre) qui est reproduit dans mon livre, mais j’aimerais le moderniser : par exemple en faisant un portrait numérique afin d’insister sur la modernité de son œuvre. En arrière-plan, je représenterais une image de la tribune et de l’échafaud, deux éléments symboliques rappelant l’article 10 que j’évoquais précédemment. La tribune pourrait être représentée par une silhouette féminine, debout, prête à s’exprimer. L’échafaud, en arrière-plan, serait plus abstrait : forme sombre, presque floue, pour évoquer l’idée du sacrifice et de la répression.

Examinateur : Est-ce que ce livre a influencé certains jugements que vous portez sur le monde ?
Candidat : Ce qui m’a le plus marqué dans la Déclaration des droits de la femme d’Olympe de Gouges concerne les questions d’égalité, de justice sociale, et de droits humains. Bien que le texte ait été écrit en 1791, ses principes sont encore actuels et résonnent dans de nombreux aspects des sociétés contemporaines. Cette oeuvre m’a poussé à adopter un regard critique sur les systèmes en place et à défendre des principes d’égalité et de liberté qui sont plus que jamais nécessaires dans le monde actuel. Olympe de Gouges a été une des premières femmes à défendre l’égalité des droits entre les femmes et les hommes dans un contexte où la soumission des femmes était profondément enracinée dans les sociétés européennes.  Cette influence se retrouve dans les débats modernes sur la parité, la lutte contre les violences faites aux femmes. Cet ouvrage m’a donc aidé à comprendre que l’égalité n’est pas simplement un principe abstrait, mais un droit fondamental à garantir dans chaque sphère de la société. Cette idée d’une justice égalitaire et universelle trouve également un écho dans les luttes pour les droits humains dans le monde, qu’il s’agisse des droits des réfugiés, des populations précaires, ou des droits à l’éducation et à la santé.

© Bruno Rigolt, janvier 2025.

Vous pourriez également être intéressé·e par les articles suivants : 

Entraînement au Bac de français (séries technologiques) : contraction + essai CORRIGÉS

Entraînement au Bac de français. Séries technologiques : ST2S | STI2D | STL | STMG

CONTRACTION DE TEXTE ET ESSAI : CORRIGÉS

  • Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
  • Parcours : « Ecrire et combattre pour l’égalité »

Méthodologie des exercices (contraction + essai) : cliquez ici.

Texte de la contraction : Hubertine Auclert, « Discours prononcé au Congrès ouvrier socialiste de Marseille », 1879.

Journaliste, écrivaine et militante féministe française, Hubertine Auclert (1848-1914) est une figure majeure dans l’histoire du mouvement féministe. Elle s’est battue toute sa vie en faveur de l’égalité des femmes et de leur droit de vote. En 1879, le parti socialiste français organise plusieurs congrès ouvriers afin de mener une lutte pour l’amélioration des conditions économiques et sociales du prolétariat. Hubertine Auclert y participe et tient les propos suivants devant plusieurs centaines d’auditrices et d’auditeurs…

Ah ! nous vivons sous une façon de République qui prouve que les mots les plus sublimes deviennent de vains titres qui s’étalent aux regards, quand dans les sociétés les principes qu’ils représentent ne sont pas intégralement appliqués. Une République qui maintiendra les femmes dans une condition d’infériorité ne pourra pas faire les hommes égaux. Avant que vous, hommes, vous conquerriez le droit de vous élever jusqu’à vos maîtres1, il vous est imposé le devoir d’élever vos esclaves, les femmes, jusqu’à vous.
Beaucoup n’ont jamais réfléchi à cela. Aussi bien, si dans cette imposante assemblée, je posais cette question : Êtes-vous partisans de l’égalité humaine ? Tous me répondraient : Oui. Car ils entendent en grande majorité, par égalité humaine, l’égalité des hommes entre eux. Mais si je changeais de thème, si pressant les deux termes — homme et femme — sous lesquels l’humanité se manifeste, je vous disais : Êtes-vous partisans de l’égalité de l’homme et de la femme ? Beaucoup me répondraient : Non. Alors que parlez-vous d’égalité, vous qui étant vous-mêmes sous le joug2, voulez garder des êtres au-dessous de vous. Que vous plaignez-vous des classes dirigeantes, puisque vous faites, vous dirigés, la même œuvre à l’égard des femmes que les classes dirigeantes ?
[…] On trouve bon de faire des recherches scientifiques sur tout. Chaque jour, on découvre aux animaux et aux végétaux des qualités nouvelles. On multiplie les expériences tendant à tirer des bêtes tout l’utile, des plantes tout le salutaire3. Mais jamais encore on n’a songé à mettre la femme dans une situation identique à celle de l’homme, de façon à ce qu’elle puisse se mesurer avec lui et prouver l’équivalence de ses facultés.
[…] Jamais on n’a essayé d’expérimenter avec impartialité la valeur de la femme et de l’homme. Jamais on n’a essayé de prendre un nombre déterminé d’enfants des deux sexes, de les soumettre à la même méthode d’éducation, aux mêmes conditions d’existence. […] Qu’on renverse les conditions, […] qu’on mette les garçons de 12 à 16 ans à la cuisine, à la couture et qu’on laisse les jeunes filles dans les écoles industrielles ; qu’on les fasse entrer en possession de tous les droits qui ont été jusqu’ici le lot exclusif des hommes ; qu’on enserre les jeunes gens dans l’étiquette et les préjugés à l’aide desquels on a garrotté4 les femmes ; bientôt les rapports entre la valeur des deux sexes seront totalement renversés.
Vous ne voulez pas faire cette expérience ? Savez-vous bien alors que vous nous permettez de croire, à nous femmes, que vous avez moins le doute que la crainte de notre égalité. En continuant à nous laisser dans une vie atrophiante, vous imitez, vous hommes civilisés, les barbares, possesseurs d’esclaves, qui exploitent avec grand profit la prétendue infériorité de leurs semblables.
[…]
Sachez-le, citoyens, ce n’est que sur l’égalité de tous les êtres que vous pouvez vous appuyer pour être fondés à réclamer votre avènement à la liberté. Si vous n’asseyez pas vos revendications sur la justice et le droit naturel, si vous, prolétaires5, vous voulez aussi conserver des privilèges, les privilèges de sexe, je vous le demande, quelle autorité avez-vous pour protester contre les privilèges des classes ? Que pouvez-vous reprocher aux gouvernants qui vous dominent, qui vous exploitent, si vous êtes partisans de laisser subsister dans l’espèce humaine des catégories de supérieurs et d’inférieurs ?
[…]
Finissez-en avec ces questions d’orgueil et d’égoïsme. Le droit de la femme ne vous ôte pas votre droit. Mettez donc franchement le droit […] à la place de l’autorité : car, si, en vertu de l’autorité, l’homme opprime la femme, par le fait de cette même autorité, l’homme opprime l’homme.
J’ai parlé pour le plus grand nombre. Je m’adresse maintenant à ceux qui se déclarent partisans de l’égalité de l’homme et de la femme, mais dont le mot d’ordre est Chut !… Ne perdons pas notre temps à nous occuper de ce détail. Un détail ! l’exploitation d’une moitié de l’humanité par l’autre moitié ! […]
Il y a trop longtemps qu’on fait espérer aux femmes une condition sociale égale à celle de l’homme. Quand en 1789 Olympe de Gouges présenta aux États-généraux au nom des femmes, son cahier de doléances et de réclamations, il lui fut répondu qu’il était inutile d’examiner la condition de la femme, attendu qu’un changement complet devant se faire dans la société, les femmes seraient affranchies6 comme l’homme.
La Révolution éclate : On proclame les droits de l’homme ; les femmes restent serves7. Ces femmes qui avaient travaillé à la Révolution croyaient naïvement avoir conquis leur part de liberté. Quand elles se virent tenues à l’écart de tout, elles réclamèrent. Alors, elles furent ridiculisées, bafouées, insultées […]. Et, en même temps que ces révolutionnaires autocrates8 décrétaient l’inégalité de la femme, ils faisaient entendre jusqu’au bout du monde les mots sonores d’Égalité, de Liberté !

Hubertine Auclert, « Discours prononcé au Congrès ouvrier socialiste de Marseille », 1879.

Nombre de mots : 800

NOTES

1. Les « maîres » désignent ici les bourgeois.
2. « être sous le joug » : être soumis, être dans l’asservissement moral ou social.
3. « tout le salutaire » : tous les bienfaits.
4. « garrotter » : au sens figuré, « Mettre dans l’impossibilité d’agir librement, priver de toute liberté d’action » (CNRTL)
5. « prolétaire » : travailleur appartenant au prolétariat, c’est-à-dire à la classe ouvrière.
6. « affranchies » : libérées.
7. « serves » : soumises.
8. « autocrate » : dont l’autorité est comparable à celle d’un monarque absolu.

Corrigé des activités d’écriture

1) Contraction

Vous résumerez ce texte en 200 mots. Une tolérance de +/– 10 % est admise : votre travail comptera au moins 180 mots et au plus 220 mots. Vous placerez un repère oblique (/) dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

Corrigé de la contraction

___Pour avoir du sens, une République doit être animée par les plus vertueux principes. Aussi est-il vain de prôner l’égalité dans une République maintenant les femmes dans la servitude.
___Comment trouvez-vous légitime, messieurs les prolétaires, de vous révolter contre les bourgeois et illégitime que les femmes veuillent [50] s’affranchir de l’oppression masculine ?
___Pour vous convaincre, tentons l’expérience suivante : inversons le modèle patriarcal au profit des femmes : dès l’école, que les petites filles soient éduquées comme des garçons, et inversement : en modifiant les rapports de force, pareille expérience permettrait de renverser les stéréotypes [100] sexistes.
___Hommes, si vous refusez une telle expérience, c’est que vous en craignez les résultats. Tout civilisés que vous prétendez être, en maintenant les femmes sous le joug de la servitude, vous n’êtes que des barbares.
___Pire, comment prétendez-vous vous prévaloir de principes universels comme l’égalité, et dans [150] le même temps, être en contradiction avec le droit naturel en refusant aux femmes l’égalité ? Pareille attitude décrédibilise votre lutte pour l’égalité sociale.
___En opprimant la femme, l’homme s’opprime lui-même ! On nous a trop longtemps fait croire que les droits de l’Homme servaient également [200] les droits des femmes. Funeste erreur dont Olympe de Gouges et tant d’autres femmes ont injustement payé le prix.

Nombre de mots : 220

Comptage des mots :

  • Les l’, n’, s’, etc. comptent pour 2 mots : « l’homme » : 2 mots ; « s’affranchir » : 2 mots ; « l’homme s’opprime » : 4 mots.
  • Les mots composés comptent pour 2 mots à partir du moment où chacun des mots pris séparément a un sens : « est-il » : 2 mots ; « lui-même » : 2 mots ; mais « a-t-il » : 2 mots (Le t euphonique ne compte pas car il n’a pas de signification propre. Il est « euphonique », c’est-à-dire qu’il n’est utilisé que pour améliorer la sonorité de la langue).
  • Conseil : afin de compter rapidement les mots de votre contraction, écrivez au brouillon 10 mots par ligne dans un tableau :
Pour avoir du sens, une République doit être animée par 10
les plus vertueux principes. Aussi est- il vain de prôner 20

2) Essai

Hubertine Auclert écrit : « ce n’est que sur l’égalité de tous les êtres que vous pouvez vous appuyer pour être fondés à réclamer votre avènement à la liberté. » En quoi l’égalité de tous les êtres est-elle une juste condition d’accès à la liberté ? Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre du parcours : « Ecrire et combattre pour l’égalité ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Corrigé de l’essai

___Dans la lignée d’Olympe de Gouges, de Flora Tristan1 ou de Louise Michel2, Hubertine Auclert est une figure majeure du féminisme de la IIIème République. En octobre 1879, au Congrès ouvrier de Marseille, elle prend la parole pour réclamer que les femmes, au même titre que les hommes, fassent entendre leur voix. Dans un plaidoyer célèbre pour l’égalité, elle soutient que la revendication d’une vraie République ne peut se faire qu’au prix du suffrage féminin : « ce n’est que sur l’égalité de tous les êtres que vous pouvez vous appuyer pour être fondés à réclamer votre avènement à la liberté ». En quoi l’égalité de tous les êtres, comme l’affirme Hubertine Auclert, est-elle une juste condition d’accès à la liberté ? La problématique de cet essai questionnera l’importance de l’égalité comme fondement nécessaire afin de garantir la liberté pour tous. Après avoir exposé dans les deux premiers axes comment l’articulation entre la liberté et l’égalité est à la base d’une société démocratique fondée sur la sauvegarde des droits de l’humain, nous terminerons notre réflexion en montrant qu’il ne saurait y avoir de liberté sans fraternité.

___Pour commencer, l’égalité de tous les êtres est le thème central d’une pensée qui cherche à lutter contre la servitude et l’obscurantisme. De fait, comment parler d’égalité lorsque certaines personnes ou catégories sociales sont discriminées ou juridiquement défavorisées ? Comment parler d’égalité devant la loi quand les libertés individuelles sont menacées par les abus de pouvoir ? Comment se prétendre libre si on n’est pas un sujet égal, émancipé du despotisme ? C’est ainsi que dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges pose d’emblée les bases de l’égalitarisme en vertu de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose3 que « la loi doit être la même pour tous » : puisque les hommes ont réussi à s’affranchir des erreurs du passé, pourquoi les femmes ne bénéficieraient-elles pas aussi des progrès des Lumières ? Le postambule de la Déclaration est très clair à ce propos : « Femme, réveille-toi ! Le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits ». L’égalité est donc la condition de la liberté. Comme l’affirme encore Olympe de Gouges dans l’article premier de la Déclaration, « la Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ». En rappelant le caractère naturel de l’égalité en droits des femmes et des hommes, Olympe de Gouges légitime donc les revendications des femmes à l’égalité. Reprenant l’article 4 de la Déclaration de 1789 qui stipule que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », Olympe de Gouges reformule avec subtilité l’argument en affirmant : « l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison. » Comme on le voit, l’égalité est la condition de la liberté puisque personne ne peut imposer à autrui une contrainte à laquelle il échapperait lui-même. 

___En outre, il est nécessaire de rappeler que tous les êtres humains possèdent un droit égal à la liberté : le respect de ce droit devrait être la norme qui fonde les sociétés. Dans De l’esprit des lois, et plus particulièrement dans l’avertissement au lecteur, Montesquieu affirme : « ce que j’appelle la vertu dans la république est l’amour de la patrie, c’est-à-dire l’amour de l’égalité ». Pour Montesquieu, la question de l’égalité est donc à mettre en relation avec la liberté politique : en prônant la séparation des pouvoirs, les philosophes du siècle des Lumières ont cherché à promouvoir l’équilibre, favorisant ainsi la liberté. Mais une telle conception de la liberté n’est possible que si elle permet à tous les êtres humains, sans exception, d’être égaux. Que l’on songe à cet avertissement de Condorcet dans ses Réflexions sur l’esclavage des Nègres4 (1781) : « Réduire un homme à l’esclavage, l’acheter, le vendre, le retenir dans la servitude, ce sont de véritables crimes, et des crimes pires que le vol ». Pour Condorcet en effet, l’esclavage est le pire crime qui soit car il dépouille l’humain du droit naturel de propriété, y compris sur lui-même. Nous pourrions également rappeler cette phrase essentielle d’Olympe de Gouges dans ses Réflexions sur les hommes nègres où l’on peut lire : « L’homme partout est égal. Les rois justes ne veulent point d’esclaves […] ». Comment pourrait-on se prétendre libre si l’on fonde sa liberté sur l’infériorité de son semblable ? Nous pourrions évoquer dans le même ordre d’idées les thèses anti-esclavagistes développées au 18ème siècle par Voltaire, dans le conte philosophique Candide. Au chapitre 19, l’auteur nous amène à nous mettre à la place d’un esclave et à imaginer les souffrances que le malheureux endure. Comme on le voit, en suscitant l’empathie, la littérature d’idées secoue notre bonne conscience et nous oblige à développer notre sens critique afin de vouloir changer les choses pour vivre dans un monde plus juste.

___Enfin, si Hubertine Auclert a parfaitement raison d’affirmer que « l’égalité de tous les êtres est une juste condition d’accès à la liberté », nous pourrions ajouter qu’il n’y pas de véritable liberté sans fraternité. De fait, égalité ne veut pas dire similitude : une véritable égalité doit prendre en compte les différences dans un esprit de tolérance et d’équité. C’est ce que démontre Étienne de La Boétie en réfutant toute tentative de justification de la servitude et en mettant l’accent sur la nécessité de la fraternité comme condition de la liberté : « la nature, ministre de Dieu et gouvernante des hommes, nous a tous faits de même forme, et comme il semble, selon un même moule, afin que nous nous reconnaissions tous comme compagnons ou plutôt comme frères ». De fait, Étienne de La Boétie a été le premier auteur, dans son Discours sur la servitude volontaire, à avoir exprimé une formule semblable à la devise républicaine en montrant que la fraternité est, par l’égalité qu’elle reconnaît et institue, la condition même de la liberté. Comme on le voit, la liberté individuelle est mieux préservée au sein d’une société où les membres se traitent les uns les autres avec humanisme. Cette notion reflète l’idéal républicain selon lequel la liberté ne peut être pleinement réalisée que dans un contexte de solidarité entre les citoyens : le principe d’une démocratie reposant sur l’idée de « contrat social », c’est-à-dire l’obéissance à des valeurs communes. L’adhésion de l’individu au groupe doit donc être source de cohésion, voire de communion. De nos jours, de nombreux projets participatifs et inclusifs permettent à chacun d’exercer son sens critique tout en se conformant à un même idéal social humaniste : égalité des genres, fraternité, solidarité. Ainsi, l’échange participatif basé sur l’obligation sociale réciproque est une composante essentielle de nos démocraties modernes : réseaux sociaux, dispositifs solidaires d’échange, Web participatif, etc.

_

___Comme nous avons essayé de le montrer tout au long de notre réflexion, l’égalité mais aussi la fraternité sont des conditions essentielles de toute société démocratique. Particulièrement à notre époque, où l’on accuse souvent le monde moderne d’isoler les individus ou de détruire le lien social, de nombreux projets communautaires, associatifs et participatifs voient pourtant le jour et permettent de repenser notre modernité et nos modèles civilisationnels dans l’espoir d’un nouveau « vivre ensemble », plus égalitaire et fraternel…

© février 2024, Bruno Rigolt

NOTES

1. Flora Tristan (1803-1844) est une écrivaine et militante française. Socialiste engagée, elle est connue pour ses plaidoyers en faveur des droits des femmes et des travailleurs. Citation célèbre (à mettre en relation avec la citation de Louise Michel) : « L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire même ». (L’Union ouvrière, 1843).
2. Militante anarchiste, écrivaine et institutrice, Louise Michel (1830-1905) est une figure emblématique de la Commune de Paris en 1871, où elle s’était engagée activement. Toute sa vie durant, elle a lutté pour l’égalité des sexes, la justice sociale et la liberté des opprimé·e·s. Citation célèbre : « Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme du prolétaire» (Louise Michel, Mémoires, 1886).
3. En droit, le verbe « disposer » signifie décider, décréter, édicter. On dit qu’une loi ou qu’un article de droit « dispose que… »  Par exemple, l’article 6 de la Constitution française dispose que le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.
4. À l’époque de Condorcet, le terme « nègre » désignait simplement les caractéristiques physiques propres à la race noire. Si le mot « nègre » n’a donc rien de péjoratif sous la plume de Condorcet, il a pris depuis dans la langue courante un sens fortement dépréciatif, voire raciste. Ainsi, dans votre essai, si vous citez Condorcet, vous ne changerez pas le terme « nègre » utilisé par l’auteur. En revanche, vous n’emploierez pas ce terme dans votre argumentaire.

Un Automne en Poésie… Saison 13… Aujourd’hui le poème d’Elsa C.

Déclarations
6 décembre 2023 – 30 décembre 2023

maquette graphique : Bruno Rigolt, © novembre 2023

Déclarations…

Il existe beaucoup de manières de déclarer : déclaration de revenus, déclarations d’intention, déclarations d’amour, Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges, Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948, Déclaration des Droits de l’enfant du 20 novembre 1959, déclarations d’amitié… On peut déclarer sa flamme ou déclarer la guerre…

Considérant que la poésie est l’une des formes les plus anciennes et les plus belles de proclamer les droits humains, de partager des émotions, d’affirmer la nécessité d’une universalité à contruire, les élèves de 1ère STMG4 ont choisi à travers cette treizième édition de déclarer leurs émotions, de dire leurs rêves, leurs espoirs, leurs effrois… Au « rien à déclarer », au vide de sens, ils opposent le « tout à déclarer », et reconnaisent à la poésie la capacité d’émouvoir par le langage pour transformer le monde…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 30 décembre 2023.

Découvrez aujourd’hui le poème d’Elsa C. (Classe de 1ère STMG4)
Prochaine publication, mercredi 20 décembre : Chloé J.

  

Ce rêve, c’est la paix

par Elsa C.
Classe de Première STMG4

 

Je voudrais prendre la mer dans tes bras
Avec comme seule doctrine la paix.
Cette idylle dans tes yeux je m’y vois
Je regarde le vent,
Ce mistral qui répète inlassablement :
« Les hommes et les femmes naissent libres et égaux en droits
Sous les lumières d’une même étoile,
Sans distinction sociale ».

Je voudrais prendre la mer dans tes bras
Faisant bagages pour ce jardin
Celui où les hommes et les femmes
Naissent et demeurent égaux en droit.
Je voudrais balayer les souvenir d’un monde obscur
Qui me laisse m’étouffer de douleur
Sous le ciel silencieux face à la guerre,
Une cité dont personne ne revient.

Je voudrais prendre la mer dans tes bras
En mémoire de ce même vin qui coule dans nos veines.
La mer, comme des centaines de perles
Guidées par ce même mistral.
Comme un chant qui ne cesse de me porter,
Comme un tournoi d’oiseaux,
Sous les lumières d’une même étoile,
Sans distinction sociale.

Je voudrais prendre la mer dans tes bras
La mer, miroir de la richesse de ton âme,
La mer, aussi bleue que la paix, aussi bleue que le vent.
Je regarde notre insignifiante existence
Guidée par des désirs de liberté incandescente
Je voudrais dans tes yeux pouvoir poser mon cœur
Ecorché par la guerre. C’est un rêve vers lequel je cours essoufflée
Par mes désirs, par mes larmes

Ce rêve c’est la paix.

« Je voudrais prendre la mer dans tes bras
Avec comme seule doctrine la paix…
 »

Illustration : © décembre 2023, BR (Peinture numérique, certaines parties d’image ont été générées par IA)

Un Automne en Poésie… Saison 13… Aujourd’hui le poème de Clara D.

Déclarations
6 décembre 2023 – 30 décembre 2023

maquette graphique : Bruno Rigolt, © novembre 2023

Déclarations…

Il existe beaucoup de manières de déclarer : déclaration des revenus, déclarations d’intention, déclarations d’amour, Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges, Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948, Déclaration des Droits de l’enfant du 20 novembre 1959, déclarations d’amitié… On peut déclarer sa flamme ou déclarer la guerre…

Considérant que la poésie est l’une des formes les plus anciennes et les plus belles de proclamer les droits humains, de partager des émotions, d’affirmer la nécessité d’une universalité à contruire, les élèves de 1ère STMG4 ont choisi à travers cette treizième édition de déclarer leurs émotions, de dire leurs rêves, leurs espoirs, leurs effrois… Au « rien à déclarer », au vide de sens, ils opposent le « tout à déclarer », et reconnaisent à la poésie la capacité d’émouvoir par le langage pour transformer le monde…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 30 décembre 2023.

Découvrez aujourd’hui le poème de Clara D. (Classe de 1ère STMG4)
Prochaine publication, lundi 18 décembre : Elsa C.

  

Passé désassemblé

par Clara D.
Classe de Première STMG4

 

Quand j’pense à ces gens qui m’ont rabaissée
À comment j’aurais dû me relever pour
Peut-être faire face et m’y opposer
Dans le ciel noirci de mes regrets
J’ai mordu la poussière avec mes mots :
Résilience, vulgarité et vérité

J’étais sous cette pression qui m’empêchait d’avancer
Face blême, en détention
Dans la prison de mes années
Et au final j’me dis que le monde m’a quand même bien bais…
J’ai trébuché sur des étoiles
À chaque interaction j’étais en stress

Sur les murs je taguais ma détresse
Face à la méchanceté des hommes qui me poignardaient
Ça sortait du feuillage de mes tresses
Des « T’as pas de droits », mais j’ai crié : « Résilience, vulgarité et vérité »
Je suffoquais dans l’obscurité de mes paroles
Je tremblais face à la société et ses rôles

J’avoue : c’que j’dis c’est violent vu sous cet angle droit
Mais n’oublie pas : c’est pas incohérent
C’est infini comme chaque grain de sable du monde
C’est la force de mes mots qui te choque ?
Ou les vulgarités qui font « toc » dans ton esprit ?
J’dis ce que j’ai sur le cœur

C’est enfoui dans la prison de mes années
Des rêves sortent de mon cœur
Et mes larmes viennent s’échouer sur les trottoirs du soir
J’cache mes pleurs et mes putains d’crises
Dans le fond de mes poches :
C’est ici que commencent les revendications, les manifestations, les révolutions.

« Sur les murs je taguais ma détresse
Face à la méchanceté des hommes qui me poignardaient…
 »

Illustration : BR, 2023 (dans le style de Banksy)

Un Automne en Poésie… Saison 13… Aujourd’hui le poème de Dieynaba S., Emilie Q. et Lucille M.

Déclarations
6 décembre 2023 – 30 décembre 2023

maquette graphique : Bruno Rigolt, © novembre 2023

Déclarations…

Il existe beaucoup de manières de déclarer : déclaration des revenus, déclarations d’intention, déclarations d’amour, Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges, Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948, Déclaration des Droits de l’enfant du 20 novembre 1959, déclarations d’amitié… On peut déclarer sa flamme ou déclarer la guerre…

Considérant que la poésie est l’une des formes les plus anciennes et les plus belles de proclamer les droits humains, de partager des émotions, d’affirmer la nécessité d’une universalité à contruire, les élèves de 1ère STMG4 ont choisi à travers cette treizième édition de déclarer leurs émotions, de dire leurs rêves, leurs espoirs, leurs effrois… Au « rien à déclarer », au vide de sens, ils opposent le « tout à déclarer », et reconnaisent à la poésie la capacité d’émouvoir par le langage pour transformer le monde…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 30 décembre 2023.

Découvrez aujourd’hui le poème de Dieynaba S., Emilie Q. et Lucille M. (Classe de 1ère STMG4)
Prochaine publication, lundi 11 décembre : Yanis, Muslum et Youssef

  

Souffle de vie

par Dieynaba S., Emilie Q. et Lucille M.
Classe de Première STMG4

 

Les ombres naissent et demeurent libres et égales à la mémoire du monde
Là-bas, les vents d’automne résonnent
La géographie m’oriente sur le monde
Là-bas, les colombes d’hiver fredonnent
Une chanson d’enfants tombés dans le soir.

Les bombes naissent et demeurent libres et égales à la terreur du monde
Là-bas, les guerres s’élèvent au loin
Le destin est vide comme les larmes
Mon cœur est froid comme un vent d’hiver
Mes sentiments brûlent comme les flammes d’un feu ardent

Les blessures naissent et demeurent libres et égales aux douleurs du monde
Même nos sourires ont l’air malheureux
La réalité est un beau mensonge
La vérité est une souffrance à accepter
Une lueur d’espoir m’éclaire comme une étoile

Les vagues naissent et demeurent libres et égales à la beauté du monde
La mer est un long poème
La mer est grise comme un jour de pluie
Le soleil rend la mer étincelante
Une bougie peut illuminer la nuit

« Les ombres naissent et demeurent libres et égales à la mémoire du monde
Là-bas, les vents d’automne résonnent
La géographie m’oriente sur le monde…
 »

Illustration : © 2023, BR (Peinture numérique. Le visage et certaines parties de l’image ont été générés par IA)

Un Automne en Poésie… Saison 13… Aujourd’hui le poème de Jessica D. S.

Déclarations
6 décembre 2023 – 30 décembre 2023

maquette graphique : Bruno Rigolt, © novembre 2023

Déclarations…

Il existe beaucoup de manières de déclarer : déclaration des revenus, déclarations d’intention, déclarations d’amour, Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges, Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948, Déclaration des Droits de l’enfant du 20 novembre 1959, déclarations d’amitié… On peut déclarer sa flamme ou déclarer la guerre…

Considérant que la poésie est l’une des formes les plus anciennes et les plus belles de proclamer les droits humains, de partager des émotions, d’affirmer la nécessité d’une universalité à contruire, les élèves de 1ère STMG4 ont choisi à travers cette treizième édition de déclarer leurs émotions, de dire leurs rêves, leurs espoirs, leurs effrois… Au « rien à déclarer », au vide de sens, ils opposent le « tout à déclarer », et reconnaisent à la poésie la capacité d’émouvoir par le langage pour transformer le monde…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 30 décembre 2023.

Découvrez aujourd’hui le poème de Jessica D. S. (Classe de 1ère STMG4)
Prochaine publication, vendredi 8 décembre : Dieynaba, Emilie et Lucille.

  

Sous le ciel d’azur, le Portugal s’éveille

par Jessica D. A.
Classe de Première STMG4

 

Je ne désire plus que le Portugal
Sous ton soleil tout s’épanouit, sous ta face profonde
Je m’allonge dans un rêve
Sous tes plages dorées, l’Atlantique applaudit.

Je lève mon regard au ciel et voici que Lisbonne se dévoile
Avec une grâce infinie,
Ses ruelles pavées chantent une mélodie de mer et de vent
Qui emporte mon âme dans le soir.

Ô Portugal, pays d’histoire et de culture
Qui jamais ne me lasse,
Je prends la mer dans tes bras
Je revois les collines de l’Algarve, les oliviers en cascade

Et le vin de Porto, doux nectar sur nos lèvres,
Coule dans mon verre en multitude d’étoiles
Comme des battements de larmes.
Ô Portugal, tu es un trésor, un pays que l’on rêve.

Sous le ciel d’azur, le Portugal s’éveille,
Estrela scintillante, douce merveille.
Sur ses plages dorées, l’Atlantique s’étend,
La saudade murmure, un écho émouvant.

Dans les ruelles de Lisbonne, une danse légère,
L’Estrela veille, témoin solennel de la mer.
Le fado, mélancolie aux doux accents,
Traverse les collines, s’épanche en sentiments…

« Sous le ciel d’azur, le Portugal s’éveille,
Estrela scintillante, douce merveille…
 »

Illustration : Lisbonne en été, un soir.
© 2023, BR (photographie modifiée umériquement)

Un Automne en Poésie revient bientôt !

Bientôt… “Un Automne en Poésie”
Saison 13

Les élèves de 1ère STMG4 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous annoncer l’édition 2023-2024 d’ “Un Automne en Poésie”, manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Près de 20 textes, tous inédits, seront publiés pour cette treizième édition intitulée :
Déclarations »

Lancement de l’exposition : mercredi 6 décembre 2023

“Déclarations”. Maquette graphique : Bruno Rigolt, © novembre 2023

 

Entraînement à l’épreuve de Culture générale et expression du BTS. Sujet type : Imaginaires portuaires. CORRIGÉS

BTS 2023-2024 « Invitation au voyage… »
Entraînement n°2 : synthèse + écriture personnelle
→ CORRIGÉS

Pour accéder au corpus, cliquez ici.


① La synthèse

Plan proposé

I) Les ports industriels sont des lieux qui attirent
a) Ils inspirent la création artistique
b) Même les ports les moins attrayants sont fascinants
II) Les ports sont une invitation au voyage
a) Ce sont des espaces à la fois clos et ouverts
b) Ils donnent envie de s’évader et de tout quitter
III) Les ports invitent à un déchiffrement symbolique
a) Il y a une forte dimension spirituelle dans les ports
b) Port et ressourcement personnel : le voyage comme révélation à soi-même.


____Terres d’accueil ou lieux d’embarquement vers des destinations lointaines, les ports ont toujours suscité l’envie de voyager. Telle est l’inspiration de ce dossier composé de quatre documents parus entre la fin du XIXème siècle et nos jours.
____Le premier document est un tableau célèbre de Claude Monet intitulé « Impressions, soleil levant » (1872). Par son travail sur les couleurs et les effets de lumière, le peintre nous fait imaginer le port industriel du Havre, un matin d’hiver. Largement dominé par l’idéalisation du réel, le document 2 est un poème intitulé « Le port de Palerme » publié en 1913 par Anna de Noailles dans le recueil Les Vivants et les morts. Quant au document 3, il reprend de larges extraits d’un article de fond, « Le port, un seuil pour l’imaginaire : la perception des espaces portuaires » publié en 1992 dans le n°55-56 des Annales de la recherche urbaine. L’architecte Aude Mathé réfléchit en particulier aux interactions entre le port, la ville et la mer et la perception des espaces portuaires par les artistes. Le dernier document est extrait d’un récit de voyage intitulé Le Goût du large (2016). Le journaliste Nicolas Delesalle y relate son voyage d’Anvers à Istanbul à bord d’un cargo porte-conteneurs. Le passage présenté décrit les sensations éprouvées au moment où le navire quitte le port d’Anvers.
____Nous étudierons à travers ces documents la fascination qu’exercent les ports industriels : non seulement ce sont des lieux qui attirent et inspirent la création artistique, mais ils sont également une invitation au voyage. Nous terminerons notre étude en montrant que le port, tel qu’il est perçu par les auteurs de ce corpus, devient matière à déchiffrement symbolique.

____En premier lieu, il ressort de ce corpus que le thème du port, particulièrement à partir de la Révolution industrielle, a constitué une puissante source d’attraction, notamment chez les artistes.
____Comme le note Aude Mathé, la peinture et la poésie nous rendent sensibles à ce qui, d’ordinaire, nous laisse indifférents : de fait, tous les ports évoqués dans ce dossier sont des lieux industriels. Ainsi, la célèbre toile de Claude Monet, « Impression, soleil levant » nous décrit le paysage portuaire du Havre. Représentation artistique d’un monde bouleversé par la société industrielle, le tableau met l’accent sur la face laborieuse du Havre : les grues, les docks et les cheminées d’usines. Cette impression se retrouve également dans le poème d’Anna de Noailles : femme de la haute aristocratie, l’autrice s’attache pourtant à retranscrire l’atmosphère populaire et industrieuse du port de Palerme. Comme dans le tableau de Monet, ce parti-pris très réaliste et assez inhabituel en poésie s’oppose aux stéréotypes de l’art qui utilise généralement un cadre plus idyllique.
____De plus, même les ports les plus inhospitaliers deviennent attirants car ils font surgir une multitude d’émotions et de sentiments. Anna de Noailles se plaît à décrire le vieux port « goudronné » dans toute sa pauvreté : l’autrice évoque ainsi son attirance pour la « rade noire et sa pauvre marine ». De même, Nicolas Delesalle décrit son départ du port d’Anvers à bord d’un cargo, loin du confort des croisières : au contraire, le journaliste ancre sa description dans une topographie maritime et portuaire, comme pour mieux percevoir des sensations nouvelles : les nombreux effets de réel renforcent le sentiment de dépaysement qui assaille le journaliste. Comme le fait remarquer Aude Mathé, si les ports attirent tant, c’est qu’ils parlent aux sens et à l’imaginaire. Nous retrouvons tout à fait cette impression dans le poème d’Anna de Noailles ou dans le tableau de Claude Monet qui fait surgir, au-delà du ciel pollué par l’activité industrielle et par la marine marchande, un lieu qui semble sortir de la réalité : les lignes de fuite du tableau nous plongent en effet en pleine rêverie.

____Le deuxième aspect qui ressort de ce corpus est que les ports sont une invitation au voyage.
____Selon Aude Mathé, le port a la particularité d’être un lieu d’échange entre ville et mer, espace à la fois clos et ouvert sur l’infini, protecteur et propice au dépaysement. Selon l’autrice, c’est ce mélange de clôture et d’expansion qui fait toute la valeur symbolique du port. Le tableau de Monet illustre parfaitement cette analyse : le peintre a accentué la vue sur le bassin du port du Havre, mais en même temps par touches impressionnistes, il nous invite au dépaysement : toute la toile baigne en effet dans une douce harmonie où se mêlent le gris-bleuté, l’oranger, le rose pâle créant un monde apaisé, propice à l’évasion. Pareillement, si à première vue le poème d’Anna de Noailles est une sorte de carte postale pittoresque centrée sur les activités manufacturières et marchandes quotidiennes, progressivement, le texte nous invite vers un au-delà de la réalité concrète : le réalisme laisse place au thème du voyage. Il n’est guère étonnant également que tous les termes techniques qui jalonnent le récit de Nicolas Delesalle nous fassent progressivement basculer du côté du dépaysement et de l’ailleurs.
____Comme le montre très bien le dossier, la particularité du port, c’est qu’il est en soi déjà voyage : sorte de passeport pour le rêve, le port donne envie de tout quitter sans forcément bouger. Ce paradoxe est longuement analysé par Aude Mathé : selon elle, on peut s’évader en imagination rien qu’en regardant les activités portuaires ou en admirant les bateaux dont les noms évoquent des destinations lointaines. Cette impression se retrouve dans le poème d’Anna de Noailles qui se laisse aller à l’évocation des « vaisseaux délabrés » : c’est en effet à travers leur contemplation que commence l’évasion vers l’imaginaire. Le port apparaît ainsi comme une sorte de voyage immobile. Aude Mathé explique cette attirance des artistes par un besoin d’idéalisation du réel. Qu’il s’agisse du Havre, de Palerme ou d’Anvers, le réel cède sa place à un ailleurs virtuel et fantasmé, porteur de rêves et d’aventure : la description des bateaux, des bâtiments et des quais est comme une invitation au voyage selon un axe allant du concret à l’immatériel.

____Enfin, les ports industriels invitent à un voyage qui est surtout un voyage spirituel.
____Tout d’abord, ainsi que le remarque Aude Mathé à partir d’une citation de Joseph Conrad, le port témoigne d’une forte dimension symbolique qui apparaît comme une métaphore de la quête de la pureté. Prélude à une sorte de ressourcement spirituel, le voyage entrepris par Nicolas Delesalle apparaît ainsi comme une échappatoire au monde consumériste pour rechercher seulement « l’océan, le silence et le vent… l’horizon infini ». Pareillement, il ne faut pas regarder le tableau de Claude Monet comme une simple peinture d’un lieu industriel : toute l’organisation de la toile invite à la transfiguration du réel et l’idéalisation du banal. Cette impression est plus nette encore dans le poème d’Anna de Noailles où de simples citernes deviennent des « citernes du rêve » : par cet oxymore, l’autrice passe de la dimension réaliste à la dimension onirique, sorte d’alchimie poétique qui transfigure l’univers le plus matériel en univers spirituel.
____En outre, tous les textes mettent l’accent sur le voyage comme révélation à soi-même. Aude Mathé note le déchiffrement spirituel qui est à la base de la symbolique portuaire. De même, chez Anna de Noailles, le port invite à une forte dimension de ressourcement intime. Plus qu’un lieu, c’est un moment de départ et d’accomplissement « ineffable » permettant de goûter une plénitude intérieure. La description réaliste du port de Palerme, par une idéalisation et une allégorie du concret, s’est donc transformée peu à peu en un univers imaginaire, qui est celui du rêve, mais plus fondamentalement, en une quête existentielle. Nicolas Delesalle évoque également son besoin de renaissance à travers une expression frappante : « je vais bientôt naître à la mer », qui signifie tout à la fois le ressourcement spirituel et la célébration d’une quête du sens. La description du port s’élargit ainsi à la construction d’un paysage métaphysique qui doit amener à une nouvelle naissance grâce à la mer.

____Pour conclure, le corpus que nous avons synthétisé invite à interroger à travers la symbolique du port le sens du voyage dans le monde moderne. Entre réel, imaginaire et symbolique, les ports apparaissent bien comme des lieux de passage de l’espace urbain vers des horizons lointains. En définitive, comme le suggère Aude Mathé, le voyage imaginaire que l’on rêve en regardant les bateaux dans le port ne serait-il pas supérieur au voyage que l’on pourrait faire réellement ?

© Bruno Rigolt, février 2023.

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Clémence G.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Clémence G. (Classe de 1ère G7)
Lundi 5 décembre : Manoa T. (Classe de 1ère G7)

  

Martinique

par Clémence G.
Classe de Première G7

              

De mes doigts de sable, je dessine le calme
De ton paysage mêlé à l’horizon.
Ici, là-bas, les libres frégates flottent dans les nuages.

La clarté du crépuscule jaillit des cieux éblouissants
De tes yeux ; les dernières étincelles de l’étoile enflammée
Ont colorié les nuées. Je viens toucher le soir de mes mains.

Martinique, je ne peux m’empêcher de penser à toi
Ô, éternel paysage des îles comme autant de voyages gravés dans mon cœur
Tous ces instants passés échoués dans le bleu de mes larmes…

« Martinique, je ne peux m’empêcher de penser à toi
Ô, éternel paysage des îles comme autant de voyages gravés dans mon cœur… »

Illustration : © Clémence G., décembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Manoa T.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Manoa T. (Classe de 1ère G7)
Dimanche 4 décembre : Voldie N. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 7 décembre : Clémence G. (Classe de 1ère G7)

  

Lumière acquise avec le temps

par Manoa T.
Classe de Première G7

              

Un vieil arbre seul, sa face livide voyant le soir
Rêvant des jours glorieux qu’il vivait…
Un vieil arbre seul parmi les graviers et la pierraille,
Ses branches noueuses, les rides de son écorce
Cachant l’âge des mauvaises herbes pures.

Un vieil homme seul, porteur de savoir et d’expérience
Abandonné aux profondeurs du soir…
Un vieil homme seul débordant de la sagesse du temps,
Ses mains noueuses touchant la pierre,
Ses mains qui saignent.

J’avance vers vous, dans la lumière acquise avec le vent
Ma marche sera complète lorsque j’aurai touché vos rides
Elles portent l’histoire du monde, de la Terre et du Ciel !
Et ma jeunesse a fait de vous des génies vivants.
J’avance vers vous dans la lumière acquise avec le temps…

« Un vieil arbre seul, sa face livide voyant le soir
Rêvant des jours glorieux qu’il vivait… »

Illustration : © Bruno Rigolt, décembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Voldie N.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Voldie N. (Classe de 1ère G7)
Samedi 3 décembre : Loïs O.-N. (Classe de 1ère STMG3)
Lundi 5 décembre : Manoa T. (Classe de 1ère G7)

  

Mon chemin c’est la mer

par Voldie N.
Classe de Première G7

              

Quand au matin apparaît l’aube
L’espoir renaît autour du globe
Comme érigé par le vent
Il nous a toujours mené vers l’avant.

J’ai fait le rêve d’un monde meilleur
Où la tristesse tombe
Et se noie au fond des océans
Emportant avec elle nos peines et nos douleurs.

Le vent rude qui souffle sur l’azur
Nous apporte le calme et nous rassure
Souffle et balaie les nuages obscurs
Et ne perdure que la lumière qu’il nous procure.

Non, mon chemin n’est pas un simple chemin
Je m’y dirige comme tirée par la main
Mon chemin c’est la mer
J’aime la mer. La mer comme une mémoire de voyage…

« Mon chemin c’est la mer
J’aime la mer. La mer comme une mémoire de voyage… »

Illustration : Voldie N., 2022

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Loïs O.-N.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Loïs O.-N. (Classe de 1ère STMG3)
Vendredi 2 décembre : Enzo R. (Classe de 1ère STMG3)
Dimanche 4 décembre : Voldie N. (Classe de 1ère G7)

  

Crépuscule

par Loïs O.-N.
Classe de Première STMG3

              

Viennent les ténèbres
Et avec elles, le crépuscule vient
Armé de sa faux, mettre fin à mes jours d’été.
L’astre de ma vie, englouti par l’horizon,
Provoque autour de moi folie et chaos.

Pourquoi le chagrin s’empare-t-il de ceux
Qui voient les dernières lueurs de leur vie
Disparaitre derrière l’horizon infini ?
Ils pleurent, ils hurlent,
Comme des loups à la Lune, leur mort inévitable.

Dans le champ de blé infini de la vie,
Au lieu de courir, de sauter et de rire,
Ils se lamentent sur leur triste existence.
Ainsi, seulement quand la Lune apparait,
Ils trouvent enfin la Paix.

« Viennent les ténèbres
Et avec elles, le crépuscule vient
Armé de sa faux, mettre fin à mes jours d’été… »

Illustration : 

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Enzo R.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Enzo R. (Classe de 1ère STMG3)
Jeudi 1er décembre : Michelle T. (Classe de 1ère G7)
Samedi 3 décembre : Loïs O.-N. (Classe de 1ère STMG3)

  

Dans le crépuscule pâle

par Enzo R.
Classe de Première STMG3

              

Sorti de nulle part,
Le bus s’est arrêté comme à chaque disparition de lune
Chose banale
De tous les jours, comme d’habitude
Dans le crépuscule pâle
C’est étrange : silence intérieur, ni mots ni sons,
Seul le bruit des pneus qui crissent sur l’asphalte.
J’ai vu les stations défiler.
Je voulais voir la fin, mais la foule me retenait.
(Sont-ils aussi vides que moi ?)
L’habitude est ma muse,
J’ai sorti mon stylo, mais il était comme mon cœur : vide
En un long cauchemar la page reste blanche,
Rien n’est sorti, le stylo était sec,
Comme en un cauchemar la page reste blanche,
J’étais paralysé, les mains gelées dans mes manches…
Le terminus arrive.

« Comme en un cauchemar la page reste blanche,
J’étais paralysé, les mains gelées dans mes manches…
Le terminus arrive… »

Illustration choisie par Enzo.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Michelle T.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Michelle T. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 30 novembre : Luca M. (Classe de 1ère STMG3)
Vendredi 2 décembre : Enzo R. (Classe de 1ère STMG3)

  

Douloureuse existence

par Michelle T.
Classe de Première G7

              

Tellement libre en apparence
Mon paysage renferme un triste sourire
Rempli de désespoir et d’angoisse
Qui guide mes pas vers la lumière.

Périlleux parcours pour mener une vie de rêve
Parfois la tornade en emporte certains
Les entraîne vers le fond
Agrandit ma peine

Jusqu’au coucher du soleil
Une profonde douleur me déchire le coeur
Face à la tristesse quotidienne
Qui hante mes nuits.

Douces larmes tranchantes comme des lames
Qui laissent de profondes blessures
Tue notre sommeil, éveille notre stress
La nuit n’est plus qu’insomnie

Seule entre quatre murs étroits
Je rêve de nuages éclairés
Que le masque peut enfin tomber
Face à personne pour me juger.

« Seule entre quatre murs étroits
Je rêve de nuages éclairés… »

Illustration : Bruno Rigolt, d’après Man Ray « Tears », 1933.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Luca M.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Luca M. (Classe de 1ère STMG3)
Mardi 29 novembre : Mona S. (Classe de 1ère G7)
Jeudi 1er décembre : Michelle T. (Classe de 1ère G7)

  

Triste sphère de plastique

par Luca M.
Classe de Première STMG3

              

Triste sphère de plastique
Échouée quelque part dans la boue.
Et voici qu’émerge
Cette rancœur, telle une parole
De clarté tardive :
« Je m’en vais ! » Déclare-t-elle.

Aussitôt, ce ballon rond
Qui rêvait de victoires
D’argent et d’or
Traversa le fleuve sale
Pollué de malice.
Frontière dépassée,

Environnement si triste.
Ballon fatigué, épuisé ;
Le courant le mène vers un lieu
Où le temps est beau
Et le bonheur permis :
Verdure et joie, plaisir et infini…

« Triste sphère de plastique
Échouée quelque part dans la boue… »

Illustration : © Luca M., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Mona S.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Mona S. (Classe de 1ère G7)
Lundi 28 novembre : Mélissa J. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 30 novembre : Luca M. (Classe de 1ère STMG3)

  

Cet oiseau

par Mona S.
Classe de Première G7

              

Sous les foudre froides qui vont vers l’aube
Sous l’écume des vagues, sur le sable
J’ai vu un majestueux oiseau
Les ailes au vent, le plumage éclatant

Ses yeux étaient aussi foudroyants que l’orage
Sous des vagues de larmes, je vis la sienne
Envahie d’un tourbillon de sensations
Dans mon ventre, j’ai senti des bouquets de papillons

L’oiseau s’envola sans m’attendre
D’un œil triste je continuais à le chercher
Dans la pluie claire, seule dans mon monde
Je pleurais de désespoir de le revoir

« Sous l’écume des vagues, sur le sable
J’ai vu un majestueux oiseau
Les ailes au vent, le plumage éclatant… »

Illustration : © Bruno RIGOLT

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Emma D.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Emma D. (Classe de 1ère STMG3)
Samedi 26 novembre : Stacy L. (Classe de 1ère G7)
Lundi 28 novembre : Mélissa J. (Classe de 1ère G7)

  

J’ai fait le rêve d’un monde…

par Emma D.
Classe de Première STMG3

              

Au sein de la terre, l’aube se couche,
Elle se mourrait si calme.
Le seuil du soir se creuse au-dessus du vent
Enchantant mon âme dans la solitude

Le soir brille en paix dans une mélancolie de silence.
Le ciel aussi s’est taché de rêve,
Libre comme un feu, le soleil se couche
Derrière les rues de la ville mêlées à l’horizon.

Tombant comme le soir, la ville s’assoupit
À la lumières des âmes lointaines.
Le soleil de la nuit grandira libre,
La blessure de la vie s’épanouira

Sous la lumière du vent,
Le long des remparts du soir.
J’ai fait le rêve d’un monde qui scintille
Parmi les plaines désertes de la vie…

« J’ai fait le rêve d’un monde qui scintille
Parmi les plaines désertes de la vie… »

Illustration : © Emma D., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Stacy L.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Stacy L. (Classe de 1ère G7)
Vendredi 25 novembre : Léane B.-E. (Classe de 1ère G7)
Dimanche 27 novembre : Emma D. (Classe de 1ère STMG3)

  

Ma plume sur le papier

par Stacy L.
Classe de Première G7

              

Nous avons passé dix jours ténébreux
À nous dévisager, silencieux.
La clarté de ma lampe éclaire jusqu’à l’aube
Ton teint pâle cerné d’encre bleue.

Le brouillard s’emparant de mon être, transforme
Mon inspiration en une chose lointaine ;
Et bien que toute gracieuse,
Ma plume sur le papier reste silencieuse.

Depuis dix soirées brumeuses
J’endure les tourments enragés
Que me cause cette infinie traînée
Aussi livide que le bleu nocturne de mon âme.

Ces dix nuits de calme désespérant
Ont endormi la flamme de mon cœur ;
Mais mon Être, têtu et persévérant ,
Trouvera l’inspiration, dans l’idéal ou le néant.

« La clarté de ma lampe éclaire jusqu’à l’aube
Ton teint pâle cerné d’encre bleue… »

Illustration : © Stacy L., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Léane B.-E.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Léane B.-E. (Classe de 1ère G7)
Jeudi 24 novembre : Antonin E.-B. (Classe de 1ère G7)
Samedi 26 novembre : Stacy L. (Classe de 1ère G7)

  

Enfance perdue
Mon cœur est un voyage de souvenirs

par Léane B.-E.
Classe de Première G7

              

Cette image d’enfant
Chantant sous la lumière de la lune verte,
Libre comme un feu, aussi pur qu’un ange,
Me revient sans cesse.

Nous avons tant à perdre en perdant l’enfance,
Et tant l’ont déjà perdue en arrachant leurs racines.
Revenir à cette époque pleine de merveilles
Est un rêve sortant de mon cœur.

Contre ma fenêtre, le long des remparts du vent,
Mon corps tremble à travers des battements de larmes,
Un profond chagrin parvient à moi,
Sous une mélancolie de silence.

Mon cœur est un voyage de souvenirs
Quand je pense à l’enfant parmi les rires à vous serrer le cœur,
Ce n’est pas le regret qui s’impose mais un sentiment plus mortel.
Je ferai en sorte de ne jamais l’oublier.

« Contre ma fenêtre, le long des remparts du vent,
Mon corps tremble à travers des battements de larmes… »

Illustration : © Léane B.-E., novembre 2022.