Les règles importantes de la synthèse lors de l’épreuve de BTS

L’objet de ce support de cours est de rappeler quelques règles importantes de la synthèse lors de l’épreuve de Culture générale et Expression…

Même si l’exercice au BTS possède sa spécificité, il est évidemment utile de lire d’autres ouvrages de référence. De fait, plus vous consulterez les méthodologies, et mieux vous comprendrez l’esprit de l’épreuve, les attentes des jurys ainsi que les qualités recherchées lors de la correction. Par exemple :

Les règles importantes de la synthèse
lors de l’épreuve de BTS

Comme le rappelle Claudia de Oliveira Gomes dans un ouvrage très complet1 « Synthesis signifie en grec « poser ensemble ». La synthèse de textes ou de documents consiste à résumer de façon organisée et problématisée les informations et opinions fondamentales contenues dans un dossier de plusieurs documents et à les présenter de manière impersonnelle ». Comme vous le voyez, la synthèse « exige un travail d’analyse, de classement, de jonction entre des documents qui à première vue n’ont que le sujet comme point commun »2.

1. Claudia de Oliveira Gomes, Réussir la note de synthèse, Studyrama 2010, page 15  Google-livres
2. Michel Deyra, La Note de synthèse, 10e édition, Gualino éditions, 2008, page 13.

Trois obstacles majeurs à éviter

  • Une trop grande implication personnelle. La synthèse n’est ni une dissertation sur une problématique, ni une succession de résumés mis bout à bout, encore moins un commentaire de textes : alors que dans un commentaire par exemple, le candidat se doit d’éclairer les documents par des éléments d’information connus de lui, et qui amènent forcément à une interprétation, dans la synthèse au contraire, la nécessité de l’objectivité est impérative.
    Si toute restitution de document comporte une part d’inévitable jugement, celui-ci doit être le plus possible limité : attention en particulier au risque de « déviation subjective », fréquent lorsqu’on aborde un document lui-même partisan ou polémique, comme certains supports journalistiques ou certains essais dont la réponse personnelle à un problème donné est souvent partiale. Vous ne devez donc pas vous impliquer émotionnellement ou affectivement. Il vous faut  au contraire objectiver votre devoir, c’est-à-dire le rendre objectif par une expression neutre et sobre, qui tient compte de la situation de communication imposée :
    – rédaction à la troisième personne du singulier (pas de « je » dans la synthèse), et au présent de généralité,
    – tournures impersonnelles,
    – pas de phrases exclamatives,  trop liées à la dimension affective du langage et à l’expression des émotions.
    – évitez les affirmations trop catégoriques : l’usage du conditionnel est important pour nuancer une prise de position, de même que les tournures interro-négatives (« comme le suggère X dans le document Y, ne conviendrait-il pas de se demander si… ») ou les tournures concessives (« certes… mais » ; « si… en revanche… »).

  • La tendance à la généralisation. Elle touche un certain nombre de candidats (parfois de valeur) qui éprouvent des difficultés à se départir de considérations extérieures au corpus, partisanes ou personnelles : leur synthèse s’apparente ainsi à une sorte de note critique dans laquelle ils prennent position, donnent un avis personnel, ou font état d’informations qui ne figurent pas dans les documents. Au lieu de proposer une réflexion organisée mettant en valeur l’exploitation du corpus à la lumière de leurs connaissances personnelles, ils se mettent à commenter les documents proposés. Leur synthèse ressemble ainsi à une sorte d’exposé ou de discours très général sur la problématique du corpus.

    Autre cas de figure : vous vous trouvez devant un sujet ressemblant à une problématique déjà traitée dans une autre synthèse, et vous cherchez à réutiliser vos connaissances… Le risque est de tomber dans les généralités en oubliant la prise en compte minutieuse du corpus spécifique qui vous est soumis. Rappelez-vous qu’il est exclu d’apporter des informations supplémentaires afin de valoriser sa propre connaissance du sujet : c’est le rôle de l’écriture personnelle et non de la synthèse.

  • La paraphrase. On fait de la paraphrase quand on développe ce qui est déjà dit dans le texte en modifiant chacun des termes par un synonyme, sans tenir compte des nécessités conjointes de l’analyse et de la maîtrise du résumé. C’est un obstacle majeur puisqu’elle conduit à délayer le contenu au lieu de l’expliquer.  Or la synthèse n’est ni une paraphrase ni une reformulation du passage : il faut au contraire joindre la précision de l’analyse à la concision. Dans le même ordre d’idées, il faut restreindre les citations à quelques brèves expressions permettant de faire ressortir les éléments constitutifs d’un document.

    Du point de vue de la méthode, il est rappelé que la reprise des formulations du texte, sauf si elle se justifie (mots porteurs de sens, dont la suppression empêcherait la compréhension du message), contrevient aux principes de l’exercice. L’effort de reformulation est donc indispensable.

N’oubliez jamais que votre but est de rendre compte dans une langue qui doit rester toujours distanciée et objective du contenu d’un corpus de documents et de mettre en perspective autour d’idées ou d’axes de lecture les liens qui les unissent.

Ce qui compte est le relevé des idées et leur problématisation : vous devez toujours aller vers la compréhension globale, en sélectionnant les informations principales nécessaires à la restitution du sens et en éliminant les redondances, les arguments secondaires, les exemples n’améliorant pas la compréhension du document.

La présentation de la copie

Particulièrement dans le cadre d’un examen à finalité professionnelle, la copie nécessite un soin particulier. Privilégiez les phrases courtes et veillez aux règles de ponctuation. Évitez absolument les parenthèses qui alourdissent la syntaxe et rompent le rythme de la lecture. Attention aux copies « brouillon », avec des ratures ou des astérisques renvoyant à des ajouts disgracieux de texte. Bannissez également le style « télégraphique ». N’oubliez pas que les abréviations sont considérées comme des fautes de français. Votre texte sera donc entièrement rédigé.

Veillez par ailleurs à la présentation du devoir, qui doit répondre aux exigences des épreuves de rédaction en Français. Les mots de liaison (connecteurs logiques) sont essentiels afin de guider le lecteur dans votre parcours analytique : le plan doit être VISIBLE grâce aux alinéas et aux connecteurs qui énumèrent  (« tout d’abord », « en outre », « enfin »…) et aux « mots charnières » qui annoncent une conséquence (« à cet effet », « ainsi », etc.).

Les alinéas ainsi que les sauts de ligne ne servent pas seulement à aérer la copie. Plus fondamentalement, ils soulignent l’apparence visuelle et la cohérence du plan donc les articulations du raisonnement. Comme tout texte argumentatif, la synthèse de documents obéit en effet à une visée clairement didactique : ainsi, la disposition typographique est-elle fondamentale. C’est ce qu’observe en premier lieu le correcteur AVANT de lire votre devoir. En revanche, faites attention à ne pas fragmenter arbitrairement votre devoir : certains candidats vont à la ligne dès qu’ils ont fini d’exprimer une idée. Cette façon de faire est à proscrireTout découpage doit en effet obéir à une signification logique.

Attention enfin à l’orthographe. Ce sont les accords (genre, nombre, participes passés, etc.) qui constituent les fautes les plus fréquemment commises : ne vous attendez à aucune indulgence dans ce cas-là. C’est inadmissible. Une maîtrise du discours écrit est donc un pré-requis minimal pour qui se destine à passer l’examen. J’ai relevé parfois, rien qu’au niveau de la présentation de la copie, des énormités stupéfiantes, qu’un élève de Sixième, plus habitué « à faire attention » n’oserait même pas imaginer : absence de majuscules, de ponctuation, d’alinéas, relâchement total de l’écriture, etc.

Sachez-le : les copies qui ont une écriture, un style et une présentation laissant à désirer sont presque toujours de mauvaises copies, donnant trop souvent l’impression d’une rédaction au fil de la plume, relâchée et confuse qui transforme le travail de correction en véritable calvaire. Il ne s’agit évidemment pas de sanctionner systématiquement la moindre erreur d’orthographe ou de syntaxe, mais de pénaliser la répétition de défaillances graves manifestant à l’évidence d’inadmissibles lacunes dans la maîtrise de la langue.

La gestion du temps pendant l’épreuve

La gestion de votre temps est fondamentale. C’est elle qui conditionne en grande partie la réussite de l’épreuve. Vous disposez de quatre heures : vous devez donc être structuré par ces quatre heures. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail.

Ce tableau est évidemment donné à titre indicatif. Adaptez-le selon votre convenance !

Un conseil : La restitution fidèle des documents exige une lecture attentive et objective. Veillez cependant à lire rapidement les textes et à ne  pas vous perdre dans des questionnements indéfinis si vous n’avez pas compris un terme ou une expression. Attention aussi à une lecture trop approfondie qui risquerait de vous amener à faire une sorte de commentaire. Allez au contraire à l’essentiel en adoptant une lecture rapide, qui se doit d’être sélective : l’organisation en paragraphes et la formulation des liens logiques entre les différents moments du texte doivent être l’objet de toute votre attention lors du travail de préparation : soulignez les mots clés, entourez les mots de liaison (articulations logiques qui marquent l’enchaînement des parties ou des paragraphes) afin de dégager les articulations du passage, ainsi que les étapes successives du raisonnement de l’auteur. Mettez en évidence un ordre logique et argumentatif dans chacun des textes, ce qui implique à la fois une bonne perception de la cohérence globale du passage et la compréhension la plus exacte possible du fondement de chaque argument.

Le premier avantage de la lecture rapide est évidemment le gain de temps : moins vous mettrez de temps pour lire le corpus, plus vous pourrez structurer le plan de votre synthèse et améliorer les qualités rédactionnelles de vos travaux. Mais la lecture rapide vous apportera également le recul nécessaire pour traiter l’information en sélectionnant l’essentiel de l’accessoire : lors de ce travail de préparation, éliminez les redondances, les arguments secondaires ou les exemples n’améliorant pas la compréhension d’un document. Privilégiez toujours une information communiquée de façon abstraite.

Trois grands champs de compétences sont évalués le jour de l’examen :

  1. La compréhension synthétique des documents : dégager les idées principales d’un texte et les reformuler en étant fiable et fidèle à l’information. Attention aux problématiques trop partielles ou au contraire trop vastes ;
  2. La visée démonstrative du raisonnement par confrontation des documents (en établissant entre eux des liens d’analogie, de complémentarité ou de divergence), qui doit permettre une compréhension en profondeur d’un problème. Beaucoup de synthèses ont tendance à se contenter d’une approche strictement accumulative, sans confrontation des documents, ou en utilisant des liens chronologiques et non logiques (« tel auteur dit que… ensuite tel autre dit que… puis il dit que…. »).
  3. Les qualités d’expression, de style, qui doivent vous amener à « privilégier la densité sur la quantité » [Michelle Fayet, Jean-Denis Commeignes, Faites une synthèse!, Dunod, Paris 2012, page 42]. 

Comme vous le voyez, la lecture des documents se doit d’abord d’être fidèle et synthétique : allez toujours vers l’interprétation textuelle globale. Un point de détail n’est intéressant à remarquer que s’il conduit vers une interprétation d’ensemble (consistant toujours à mettre en évidence la problématique du corpus). Attention aussi à ne pas oublier de document ! Vous devez faire une référence explicite à tous les documents du corpus (ce qui n’implique évidemment pas un traitement égal pour tous les documents) : toute omission est lourdement sanctionnée.

Les règles d’organisation et de présentation de la synthèse
Votre travail doit être construit autour d’une introduction, d’un développement et d’une conclusion.

1. L’introduction : elle doit être brève et structurée. Vous devez amener précisément le thème du dossier par une phrase d’accroche, le sujet ainsi que la problématique qui doit en découler (attention aux problématiques trop partielles ou au contraire trop vastes) et présenter les documents en les caractérisant brièvement. Enfin, vous devez annoncer le plan de la synthèse en vous en tenant aux grands axes.

Au niveau de l’organisation de la synthèse, attention aux plans « linéaires », se contentant de juxtaposer de façon mécanique et non réfléchie les analyses de documents sans logique thématique ou démonstrative : cela amène inévitablement à faire de la paraphrase de textes au détriment d’une confrontation critique. N’oubliez pas que cela entraîne presque toujours un refus de la moyenne. Vous devez adopter au contraire un plan « dynamique » vous amenant à mettre en perspective les documents entre eux.

2. Le développement : 2 à 3 axes maximum structurés en sous-axes (2 à 3 par partie). Le plan doit être APPARENT, et organisé sur la base d’une démonstration ; mais vous ne devez EN AUCUN CAS faire apparaître de titre ou de numérotation.
Attention : la question du découpage est souvent oubliée dans de nombreux devoirs dont les parties sont en fait constituées d’un seul paragraphe qui met typographiquement toutes les idées sur le même plan. C’est évidemment lourdement pénalisant. Les instructions rappellent à ce titre qu’on attend un parcours argumentatif : la synthèse dans son ensemble et dans chacune de ses parties doit donc être construite sur une progression d’idées (hiérarchisation des arguments dans chaque partie, et hiérarchisation des parties entre elles).

3. La conclusion : à titre personnel (et ça n’engage évidemment que moi), j’estime que si le raisonnement a été correctement mené, la dernière partie est souvent conclusive et ne justifie pas de conclusion. Cependant, il est évidemment souhaitable de faire une conclusion le jour de l’examen : elle se doit cependant d’être brève et synthétique. Il ne s’agit donc pas de rappeler les étapes du raisonnement, ce qui vous amènerait à d’inévitables redites, mais les résultats auxquels vous êtes parvenu au terme de votre démonstration. Les étudiants doivent manipuler des formules conclusives (« Telles sont donc les trois prises de position qui… », « On retient donc que… », « Au terme de ce travail, interrogeons-nous : certes, comme nous l’avons vu… cependant… », etc.).

Élargissement ou non ? Il est rappelé dans les instructions que la « conclusion personnelle », qui clôturait la production du candidat dans l’ancienne formule de l’examen, est rendue inutile par la présence d’une « écriture personnelle » évaluée séparément. Certes, il est possible d’ouvrir une perspective, mais en restant dans les limites de la problématique posée, au risque de laisser le correcteur sur une impression pénalisante. Attention aux prétendues « ouvertures », tellement larges et vagues, qu’elles se noient bien souvent dans des considérations dépourvues d’intérêt. Dans le doute, n’élargissez pas.

© Bruno Rigolt, janvier 2013, 2022
Espace Pédagogique Contributif / Lycée en Forêt (Montargis, France)

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Publié par

brunorigolt

- Agrégé de Lettres modernes - Docteur ès Lettres et Sciences Humaines (Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris) - Diplômé d’Etudes approfondies en Littérature française - Diplômé d’Etudes approfondies en Sociologie - Maître de Sciences Politiques