Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Antonin E.-B.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Antonin E.-B. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 23 novembre : Marwa A. (Classe de 1ère STMG3)
Vendredi 25 novembre : Léane B.-E. (Classe de 1ère G7)

  

Passage vers l’au-delà

par Antonin E.-B.
Classe de Première G7

              

Le Piéton est semblable au messager de l’au-delà
Qui s’envole en quête de paroles nouvelles.
Et le passage piéton est l’intermédiaire albe ;
L’escalier bâti par les mains de Dieu.

Tel un messie je distingue une lueur au loin
Qui m’appelle, au bout de ce passage,
L’Ange, vert de confiance me fait signe d’avancer.
Je me mets à piétiner ces dalles nuageuses…

Pendant mon ascension je regarde avec mépris
Le spectacle assourdissant des créatures noires
Lançant des cris de haine
Devant la flamme qui les éblouit tant.

Je rejoins enfin la terre des anciens,
Prêts à m’accueillir comme leur enfant.
Sous les nuages, l’ange effrayé s’envole
Et fait place à son frère déchu.

« Le Piéton est semblable au messager de l’au-delà
Qui s’envole en quête de paroles nouvelles… »

Illustration : © Antonin E.-B. novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Lola B.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Lola B. (Classe de 1ère STMG3)
Dimanche 20 novembre : Alice D. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 23 novembre : Marwa A. (Classe de 1ère STMG3)

  

Tes yeux le soir…

par Lola B.
Classe de Première STMG3

              

Tes yeux le soir me donnent accès à l’espérance
Je sens ton âme qui chavire sur cette route
À la lueur du vent. Je marche
Sous des battements de larmes ;

La nuit en longs vêtements d’étoiles
Chevauche les multitudes lointaines,
Déclare les bruits des pluies de l’été
Du haut du ciel illuminé par ta véritable identité.

Tes pupilles tachées de bleu
Nageant dans les tourments du vent
Éclairent l’espoir des cieux
Où les ombres me regardent innocemment.

Face au miroir ruisselant
De la lune bleue de tes yeux,
Ta voix me parvient sous la lumière du réverbère
Et ma voix rêve d’un voile qui scintille dans la nuit…

« Ta voix me parvient sous la lumière du réverbère
Et ma voix rêve d’un voile qui scintille dans la nuit…
»

Illustration : © Lola B., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Alice D.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Alice D. (Classe de 1ère G7)
Vendredi 18 novembre : Timëa D. (Classe de 1ère G7)
Mardi 22 novembre : Lola B. (Classe de 1ère STMG3)

  

Voici la mer

par Alice D.
Classe de Première G7

              

Bouillonnant de mystère, le ciel d’écume
Brille dans le soir.
Des multitudes d’étoiles traversées par la vie
Semblent s’émouvoir.

Et soudain, dans le silence assourdissant,
Un murmure.
Cette voix nocturne qui m’appelle,
Enchantant mon âme en ses profondeurs :

Voici la mer.

Le temps s’évanouit,
parsemé de gouttes de sable…
Laissant tressaillir le monde par ce charme,
Comblant le silence de l’âme.

La nuit calme les déchirures,
Dessine mélodieusement un passage
Dans le velours des vagues,
Invitant mon cœur à y séjourner…

« Le temps s’évanouit,
parsemé de gouttes de sable…
»

Illustration : © Alice D., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Timëa D.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Timëa D. (Classe de 1ère G7)
Hier, 17 novembre : Chloé A. (Classe de 1ère STMG3)
Dimanche 20 novembre : Alice D. (Classe de 1ère G7)

  

Bourrasques enflammées

par Timëa D.
Classe de Première G7

              

Le peuple des feuilles tombe
Tel le roulement des vagues maritimes
Étésien pourtant, le ciel automnal devient agressif, électrique,
Un souffle de chaleur et de rancœur : la plage s’attriste
Elle n’aura plus les souvenirs qui la faisaient vibrer,
Effacés par une simple bourrasque…

Le coquillage me fait entendre la forêt enflammée.
Les oiseaux enneigés repartent
Pour une virée sableuse et voyageuse.
Errant sans but, divaguant, attendant,
L’hiver viendra et l’été s’oubliera
Je ne veux pas les laisser partir, je ne peux pas.

Me voilà, dansant dans les tornades envoûtantes,
Ces pétales de couleurs, par milliers s’envolent
Orange, rouge et jaune deviennent l’hymne du vent.
Bercée par cette capacité onirique et nostalgique,
Ma perception s’embrouille de cette volupté
Et se laisse emporter dans ce puits de beauté.

« Me voilà, dansant dans les tornades envoûtantes,
Ces pétales de couleurs, par milliers s’envolent
Orange, rouge et jaune deviennent l’hymne du vent…
»

Illustration : © Timëa D., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Chloé A.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Chloé A. (Classe de 1ère STMG3)
Hier, 16 novembre : Esra C. (Classe de 1ère STMG3)
Demain,18 novembre : Timëa D. (Classe de 1ère G7)

  

Je viens sentir le soir

par Chloé A.
Classe de Première STMG3

              

Sur la voiture qu’éblouissent les enfers,
Mon regard s’est tourné vers le sud :
Sublime attention loin de cette société
Qui dérobe les vérités cachées.

Sur les vitres, je viens sentir le soir
Les tôles d’acier ne connaissent en rien la douceur
De cet idéal coucher de soleil,
Libre pour l’éternité.

Cette société condamne la beauté de la nature
Cauchemars mécaniques, cauchemars robotiques
Désastre de l’homme, terreurs fantastiques,
Qu’il faut entretenir.

Lève ton regard vers le ciel ; vois ces couleurs pastel
Ces soupirs d’éternité et ces éclats de soleil
Qui montrent ce monde de merveilles…
Qui se mêlent au monde des ténèbres.

« Sur les vitres, je viens sentir le soir
Les tôles d’acier ne connaissent en rien la douceur
De cet idéal coucher de soleil…
»

Illustration : © Chloé A, novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Esra C.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Esra C. (Classe de 1ère STMG3)
Hier, 15 novembre : Mathéo F. (Classe de 1ère G7)
Demain, 17 novembre : Chloé A. (Classe de 1ère STMG3)

  

Je les ai vus mourir dans le sable

par Esra C.
Classe de Première STMG3

              

Les cheveux ensoleillés des hirondelles,
Je les ai vus mourir dans le sable.
Mes yeux d’or brisé
Sous la lumière qui se mourait si calme.

Ma vie est telle une multitude d’étoiles
Je ne désire plus que tu me sois ouvert,
Ta beauté trompeuse, tes paroles sans lèvres
Je les ai vues mourir dans le sable.

Les chansons semblent amoureuses
Mon amour est nu comme la Terre
Les oiseaux volent sans m’entendre
Je les ai vus mourir dans le sable.

La lune cache ma souffrance
Tâchée de larmes dans mes mains endormies.
Ma vie sans toi est telle une tornade
Je l’ai vue mourir dans le sable.

« Les oiseaux volent sans m’entendre
Je les ai vus mourir dans le sable…
»

Illustrations : © Bruno Rigolt, 2016.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Matéo F.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Matéo F. (Classe de 1ère G7)
Hier, 14 novembre : Clara K. (Classe de 1ère STMG3)
Demain, 16 novembre : Esra C. (Classe de 1ère STMG3)

  

J’ai cherché le chant des oiseaux

par Matéo F.
Classe de Première G7

              

J’ai marché parmi les Poutres, le Gravier et le Bitume
Et j’ai cherché le chant des oiseaux
Dans le bruit des machines.
Se perdait le désespoir voluptueux causé par de grands ciels silencieux

J’ai vu dans le fer et l’acier, des souvenirs lointains de la terre
J’ai vu des vagues et des vents ainsi que la grêle
Où pleure jusqu’au fond des rêves
La nature qui n’est plus qu’usine rugissante.

J’ai marché parmi les Poutres, le Gravier et le Bitume
Et j’ai cherché le bruit de la mer
Dans les hydrocarbures.
Se perdait le vent parfumé d’un ciel nébuleux de lampadaires

J’ai marché parmi les Poutres, le Gravier et le Bitume
Sous la foudre froide des lumières urbaines
Et j’ai écrit la couleur du vent
Sur ces sols remplis d’encre et de béton.

J’ai marché parmi les Poutres, le Gravier et le Bitume
Et j’ai cherché l’étoile furtive de la mélancolie
Parmi les forêts de cendres de la Révolution industrielle.
Se perdait entre ces murs une clarté rassurante

D’aube furtive qui attend l’hiver.
J’ai oublié l’usine, douleur meurtrière,
Et j’ai enfin trouvé dans le bitume rose
Des astres chatoyants, emportés par le vent…

« Et j’ai enfin trouvé dans le bitume rose
Des astres chatoyants, emportés par le vent…
»

Illustrations : © novembre 2022, Mathéo F.

 

Bientôt « Un Automne en Poésie », saison 12…

 

Un Automne en Poésie revient bientôt avec…

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous annoncer la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation
ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

à suivre à partir du lundi 14 novembre 2022.

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Émile Verhaeren

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Émile Verhaeren
(1855, Saint-Amand, Belgique — Rouen, France, 1916, ) 
Belgique

Avec ce poème s’achève l’édition 2022 d’Un été en poésie…

Vaguement

Voir une fleur là-bas, fragile et nonchalante,
En cadence dormir au bout d’un rameau clair,
En cadence, le soir, fragile et nonchalante,
Dormir ; — et tout à coup voir luire au clair de l’air,
Luire, comme une pierre, un insecte qui danse,
Instant de nacre en fuite au long d’un rayon d’or ;
— Et voir à l’horizon un navire qui danse
Sur ses ancres et qui s’enfle et tente l’essor,
Un navire lointain vers les grèves lointaines,
Et les îles et les hâvres et les départs
Et les adieux ; — et puis, à ces choses lointaines,
A ces choses du soir confier les hasards :
Craindre si la fleur tombe ou si l’insecte passe
Ou s’il part le navire à travers vents, là-bas,
Vers la tempête et vers l’écume et vers l’espace
Danser, parmi la houle énorme, au son des glas…
Ton souvenir ! — et le mêler à ces présages,
À ce navire, à cet insecte, à cette fleur,
Ton souvenir qui plane, ainsi que des nuages,
Au couchant d’ombre et d’or de ma douleur.

(1886)

Émile Verhaeren, Poèmes, Les Bords de la route (1882-1894), « Décors tristes »
Paris, Mercure de France, 1895, p. 15-16. 

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« Ton souvenir qui plane, ainsi que des nuages,
Au couchant d’ombre et d’or de ma douleur 
»…

Illustration : Bruno Rigolt, « Barque au couchant »
peinture numérique
© août 2022, Bruno Rigolt

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui May Ziadé

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… May Ziadé
(1884, Nazareth, Israël — 1941, Le Caire, Égypte) Liban

vendredi 12 août : Émile Verhaeren

Une petite histoire

Ce n’est pas le récit du navire novice
Qui n’avait de sa vie encore navigué ;
À la lire on y trouve un… un presque délice,
C’est un délassement pour l’esprit fatigué.
Aussi n’est-elle ni longue, ni languissante,
N’a rien d’impénétrable ou de mystérieux ;
Elle est très, très courte et, peut-être, intéressante !
Prêtez-moi pour l’entendre un intérêt sérieux.

Avis :

Mon histoire est un peu géographique.

J’étais en pension.
_______________La ville nostalgique
Que baigne l’Océan vous tous la connaissez ;
Ses sables sont toujours par les flots caressés…
Et c’est Beyrouth… Beyrouth la porte de Syrie,
Dont l’azur est riant et la rive fleurie.

Et c’était l’examen qu’on dit semestriel.
Notre examinateur, un excellent mortel,
Avait mis de côté tout intérêt de science
Et n’agissait qu’avec une extrême indulgence ;
Devant lui l’élève à l’autre se succédait,
Écoutait tous ses mots, pensait, y répondait.

Arrivait le beau tour d’une enfant. Fort à l’aise
En face d’un dessin de la terre Française,
Elle attendait un geste, un mot, une question.
« Où sont les Alpes ? » dit-il d’un aimable ton.
Le doigt fier, esquissant un fort immense geste,
D’une voix qui voudrait être toute céleste
Elle répondit . . . . . . . . . . . .
« Les Alpes sont dans la mer Méditerranée ! »

May Ziadé, Fleurs de rêve*, Le Caire, Boehme et Anderer, 1911.
Ouvrage publié sous le pseudonyme d’Isis Copia**.
*Ouvrage rédigé en français et dédié au poète Alphonse de Lamartine.
** Isis Copia : pseudonyme choisi en référence à la déesse égyptienne Isis, sœur et épouse d’Osiris, protectrice de l’enfance. Quant au nom Copia, il désigne en latin l’abondance et la richesse.
   __

« D’une voix qui voudrait être toute céleste
Elle répondit . . . . . . . . . . . .
« Les Alpes sont dans la mer Méditerranée !
»…

Illustration : Bruno Rigolt, août 2022
photomontage et peinture numérique

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Jules Supervielle

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Jules Supervielle
(1884, Montevideo, Uruguay — 1960, Paris) France

jeudi11 août : May Ziadé

Paquebot

L’Atlantique est là qui, de toutes parts, s’est généralisé depuis quinze jours,
avec son sel et son odeur vieille comme le monde,
qui couve, marque les choses du bord, s’allonge dans la chambre de chauffe, rôde dans la soute au charbon,
enveloppe ce bruit de forge, s’annexe sa flamme si terrestre,
entre dans toutes les cabines,
monte au fumoir, se mêlant aux jeux de cartes,
se faufilant entre chaque carte,
si bien que tout le navire, et même les lettres qui sont dans les enveloppes cinq fois cachetées de rouge au fond des sacs postaux,
tout baigne dans une buée, dans une confirmation marine,
comme ce petit oiseau des îles dans sa cage des îles.

La voici la face de l’Atlantique dans cette grande pièce carrée si fière de ses angles en pleine mer,
ce salon où tout feint l’aplomb et l’air solidement attaché
de graves meubles sur le continent,
mais souffre d’un tremblement maritime
ou d’une quiétude suspecte,
même la lourde cheminée avec ses fausses bûches éclairées à l’électricité
qui joue la cheminée de château assise en terre depuis des siècles.

Que prétend ce calendrier, fixé, encadré, et qui sévèrement annonce samedi 17 juillet,
ce journal acheté à la dernière escale et qui donne des nouvelles des peuples,
ce vieux billet de tramway retrouvé dans ma poche et qui me propose de renouer avec la Ville?

Que témoignent toutes ces têtes autour de moi,
tous ces agglomérés humains, qui vont et viennent sur le pont de bois mouvant entre ciel et vagues,
promenant leur bilan mortel,
leurs chansons qui font ici des couacs aigrelets,
et prétendent qu’il faudrait à cette mer qui prend toujours et se refuse,
quelques cubes en pierre de taille avec fenêtres et pots de géranium,
un coteau dominé par la gare d’un funiculaire et un drapeau
tandis que sur le côté,
des recrues marcheraient une, deux, une, deux,
sur un terrain de manœuvre.

Mais sait-elle même qu’il existe l’homme qui fume ces cigares
accoudé au bastingage,
le sait-elle, la mer, cette aveugle de naissance,
qui n’a pas compris encore ce que c’est qu’un noyé
et le tourne et le retourne sous ses interrogations ?

Jules Supervielle, Débarcadères, 1922.
Poésie/Gallimard : Gravitations précédé de Débarcadères, Préface de Marcel Arland, 1966, 2017.
   __

Bruno_Rigolt_Copyright 2016_En_Voyage_2

« L’Atlantique est là qui, de toutes parts, s’est généralisé depuis quinze jours »…

Illustration : Bruno Rigolt, © juillet 2016, « En Voyage »
photomontage et peinture numérique

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Joyce Mansour

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Joyce Mansour (née Joyce Patricia Adès) *
(1928, Boyden, Royaume-Uni — 1986, Paris) Égypte

mercredi 10 août : Jules Supervielle

* Poétesse égyptienne d’expression française, Joyce Mansour est  l’une des grandes représentantes du mouvement surréaliste.

Le grand jamais1

à H. M.2

La roue cesse de tourner
Tourne encore
Rires perpétuels des faiseurs de pluie
Le noir centrifuge éclate sur le papier
Telle l’ombre venue de la forêt
L’image peureuse amorce un pas dans la clairière
Signe visible de la grenouille
Dans le vide vécu
L’écorce fond l’après-midi
L’aile du voyageur vogue à la dérive
Voilà l’eau de l’aquarelle
L’itinéraire du rêve dirigé au crayon
Labyrinthes de marbre
Silhouettes instables
Plages de silence flottantes comme une chandelle
Celui qui voit éclaire.

Joyce Mansour, première publication : La Quinzaine Littéraire du 16 janvier 1973.
Publié dans Faire signe au machiniste (couverture et illustrations de Jorge Camacho)
Paris, Le Soleil noir, 1977.
1. Lettre sous forme de poème de Joyce Mansour à Henri Michaux, début des années soixante-dix, archives Micheline Phankim-Koupernik.
2. Henri Michaux.
   __

« Labyrinthes de marbre
Silhouettes instables
 »…

Henri Michaux (1899-1984), composition sans titre (Rythmes), c. 1960 |source|
Crédit photographique : © Galerie La Pochade (Paris)

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Cécile Sauvage

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Cécile Sauvage
(1883, La-Roche-sur-Yon — 1927, Paris) France

Mardi 9 août : Joyce Mansour

Le merisier
sous le brouillard…

Le merisier sous le brouillard
Aura sa rouge chevelure
Pleine d’oiseaux dont le départ
Est annoncé par la froidure,
Et ce merisier émouvant
Comme une personne inconnue
Se dressera pour ma venue
Avec sa chevelure au vent.

Cécile Sauvage, « Mélancolie », Le Vallon, Paris, Mercure de France, 1913, p. 167.
   __

« Le merisier sous le brouillard
Aura sa rouge chevelure
Pleine d’oiseaux
 »…

Photographie : Bruno Rigolt, « Arbre dans le vent » (photographie retouchée numériquement)
© août 2022, Bruno Rigolt

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Louis Aragon

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Louis Aragon
(1897, Paris — 1982, Paris) France

Lundi 8 août : Cécile Sauvage

Que la vie en vaut la peine

C’est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d’incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit
D’autres viennent. Ils ont le cœur que j’ai moi-même
Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s’éteignent des voix

D’autres qui referont comme moi le voyage
D’autres qui souriront d’un enfant rencontré
Qui se retourneront pour leur nom murmuré
D’autres qui lèveront les yeux vers les nuages

II y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l’aube première
II y aura toujours l’eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n’est le passant

C’est une chose au fond, que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n’était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre

Oui je sais cela peut sembler court un moment
Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine
Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine
Et la mer à nos soifs n’est qu’un commencement

[…]
Louis Aragon, « Que la vie en vaut la peine » (extrait)
in : Les Yeux et la mémoire, « Chant II », Paris, Gallimard 1954.
   __

« Et la mer à nos soifs n’est qu’un commencement »…

Illustration : © août 2022, Bruno Rigolt

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Léopold Sédar Senghor

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Léopold Sédar Senghor
(1906, Joal, Sénégal — 2001, Verson, France) Sénégal

Dimanche 7 août : Louis Aragon

Joal1

Joal !
Je me rappelle.
Je me rappelle les signares2 à l’ombre verte des vérandas
Les signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur la grève.

Je me rappelle les fastes du Couchant
Où Koumba N´Dofène3 voulait faire tailler son manteau royal.

Je me rappelle les festins funèbres fumant du sang des troupeaux égorgés

Du bruit des querelles, des rhapsodies des griots.
Je me rappelle les voix païennes rythmant le Tantum Ergo4
Et les processions et les palmes et les arcs de triomphe.

Je me rappelle la danse des filles nubiles
Les chœurs de lutte – oh ! la danse finale des jeunes hommes, buste

Penché élancé, et le pur cri d´amour des femmes – Kor Siga5 !

Je me rappelle, je me rappelle…
Ma tête rythmant
Quelle marche lasse le long des jours d´Europe où parfois
Apparaît un jazz orphelin qui sanglote, sanglote, sanglote.

Léopold Sédar Senghor, Chants d’ombre (1945), in Poèmes, Seuil, 1964, p. 15.
   __
1. Joal : lieu de naissance de Senghor, Joal est un village du Sénégal, au sud-est de Dakar.
2. Signares (de senhoras, les dames, en portugais) : femmes noires ou métisses qui vivaient avec des Français dans les comptoirs puis les villes coloniales.
3. Koumba N´Dofène : ancien roi du Sine, royaume pré-colonial le long de la rive nord du delta du Saloum dans l’actuel Sénégal.
4. Tantum Ergo : célébration du salut du Saint-Sacrement.
5. « Kor Siga ! » : cri d’encouragement qu’on adresse aux lutteurs (la lutte est un art ancestral au Sénégal).

« Je me rappelle, je me rappelle »…

Illustration : © août 2022, Bruno Rigolt

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Alda Merini

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Alda Merini
(1931, Milan — 2009, Milan) Italie

Jeudi 4 août : Léopold Sédar Senghor

La carne e il sospiro

a Sergio Bagnoli

Io sono la tua carne,
la carne eletta del tuo spirito.
Non potrai mai visitarmi nel giorno
prima che il puro lavacro del sogno
mi abbia incenerita
per restituirmi a te in pagine di poesia,
in sospiri di lunga attesa.
Temo per il mio dolore,
come se la tua dolcezza
potesse farlo morire
e privarmi così di quel paesaggio misterioso
che sono i ricordi.
Sono piena di riti
e della logica dei ricordi
che viene dopo, quando si affaccia alla mia vita
il rendiconto della verità giornaliera,
il sogno affogato nell’acqua.
Sono misteriosa come tutti,
ogni mio movimento è un miracolo
e tu lo sai,
ma il grande passo
che io possa fare è quello di venire da te
(un viaggio infinito senza ristoro,
forse un viaggio che mi porterebbe a morire
perchè io sono il canto e la lunga strada).

Il canto muore, va a morire
nelle viscere della terra
perchè io sono la misura
del tuo grande spettacolo di uomo;
sono lo spettatore vivo
delle tue rimembranze ma anche l’insetto,
l’animale che sogna e che divora.

Prima della poesia viene la pace,
un lago sempiterno e pieno
sopra il quale non passa nulla,
neanche un veliero;
prima della poesia viene la morte,
qualche cosa che balza e rimbalza
sopra le acque; il lungo cammino
di una folla di genio e di malizia
che porta lontano.

Ma io e te siamo soli
come se fossimo stati creati
primi e per la prima volta;
io e te siamo riemersi dal fango della folla
e giornalmente tentiamo di rimanere soli
in questa risma di carte
che è il grande spettacolo dei vivi.
Io e te siamo esangui,
senza voglia di finire questo incantesimo.
Incolori e indomiti, siamo soli
nel limbo del nostro piacere
perchè io e te
siamo pieni di amore carnale,
Io e Te.

Alda Merini. La volpe e il sipario, Poesie d’amore Nuova edizione accresciuta A cura di Benedetta Centovalli © 1997 Girardi Editore © 2004 RCS Libri S.p.A., Milano
   

La chair et le souffle

Je suis ta chair,
la chair élue de ton esprit.
Tu ne pourras me voir
Que le jour où le pur baptême du rêve
m’aura consumée
pour me donner à toi en pages de poésie,
en souffles de longue attente.
J’ai peur pour mon chagrin,
comme si ta douceur
pouvait le faire mourir
et me priver ainsi de ce mystérieux paysage
que sont les souvenirs.
Je suis pleine de rituels et de leur logique mémorielle,
quand le récit de la vérité quotidienne
entre dans ma vie, tel un rêve qui s’est noyé dans l’eau.
Comme n’importe qui, je suis un mystère
et tu le sais,
chacun de mes gestes est un miracle
mais le plus grand pas
que je peux faire est de venir vers toi
(un voyage sans fin sans repos,
peut-être un voyage qui me rapprocherait de la mort
car je suis la chanson et la longue route).

La chanson meurt, elle va mourir
dans les entrailles de la terre
car c’est moi qui juge
ton grand spectacle d’homme ;
je suis le spectateur vivant
de tes souvenirs mais aussi l’insecte,
l’animal qui rêve et qui dévore.

Avant la poésie était la paix,
un lac éternel et plein
sur lequel rien ne passe,
pas même un voilier ;
Avant la poésie était la mort,
quelque chose qui bondit et rebondit
sur les eaux ; la longue marche
qui mène loin
tout un peuple de génie et de malice.

Mais toi et moi sommes seuls
comme si nous avions été créés
d’abord et pour la première fois ;
Toi et moi avons émergé de la multitude boueuse
Et chaque jour nous essayons d’exister
dans ce jeu de rôles
qui est la grande comédie des vivants.
Toi et moi sommes exsangues,
sans désir aucun de mettre fin à cet enchantement,
Transparents et indomptables, seuls
dans les limbes de notre bonheur
parce que toi et moi
sommes pleins d’amour charnel
Toi et moi.

Traduction française : Bruno Rigolt. Dernière révision : août 2022.

« mais toi et moi sommes seuls
comme si nous avions été créés
d’abord et pour la première fois »…

Illustration : © Bruno Rigolt, 2009, 2022

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Jean-Jacques Goldman

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Jean-Jacques Goldman
(1951, Paris  —    )France

Mercredi 3 août : Alda Merini

On ira

On partira de nuit, l’heure où l’on doute

Que demain revienne encore
Loin des villes soumises, on suivra l’autoroute
Ensuite on perdra tous les Nords

On laissera nos clés, nos cartes et nos codes,
Prisons pour nous retenir
Tous ces gens qu’on voit vivre comme s’ils ignorent
Qu’un jour il faudra mourir

Et qui se font surprendre au soir
Oh belle, on ira
On partira toi et moi, où ? Je sais pas
Y’a que les routes qui sont belles
Et peu importe où elles nous mènent
Oh belle, on ira
On suivra les étoiles et les chercheurs d’or
Si on en trouve, on cherchera encore

On n’échappe à rien, pas même à ses fuites
Quand on se pose on est mort
Oh j’ai tant obéi, si peu choisi petite
Et le temps perdu me dévore

On prendra les froids, les brûlures en face
On interdira les tiédeurs
Des fumées, des alcools et des calmants cuirasses
Qui nous ont volé nos douleurs

La vérité nous fera plus peur
Oh belle, on ira
On partira toi et moi, où ? Je sais pas
Y’a que des routes qui tremblent
Les destinations se ressemblent
Oh belle, tu verras
On suivra les étoiles et les chercheurs d’or
On s’arrêtera jamais dans les ports, jamais

Oh belle, on ira
Et l’ombre ne nous rattrapera peut-être pas
On ne changera pas le monde
Mais il ne nous changera pas
Oh ma belle, tiens mon bras
On sera des milliers dans ce cas, tu verras
Et même si tout est joué d’avance,
On ira, on ira

Même si tout est joué d’avance
À côté de moi
Tu sais y’a que les routes qui sont belles
Et crois-moi, on partira, tu verras
Si tu me crois, belle
Si tu me crois, belle
Un jour on partira
Si tu me crois, belle
Un jour…

© Jean-Jacques Goldman, Album En passant, 1997.

Clip réalisé par Gérard Namiand (comédienne : Élodie Navarre)

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Alfonsina Storni

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Alfonsina Storni
(1892, Capriasca, canton suisse du Tessin  — 1938, Mar del Plata, Argentine) Argentine

Lundi 1er août : Jean-Jacques Goldman

Yo en el fondo del mar

En el fondo del mar
hay una casa
de cristal.

A una avenida
de madréporas
da.

Un gran pez de oro,
a las cinco,
me viene a saludar.

Me trae
un rojo ramo
de flores de coral.

Duermo en una cama
un poco más azul
que el mar.

Un pulpo
me hace guiños
a través del cristal.

En el bosque verde
que me circunda
—din don… din dan—
se balancean y cantan
las sirenas
de nácar verdemar.

Y sobre mi cabeza
arden, en el crepúsculo,
las erizadas puntas del mar.

Alfonsina Storni, ​Mundo de siete pozos​, 1935.
Antología mayor,Jesús Munárriz (éd.), Jorge Rodríguez Padrón (Introduction), Madrid, Hiperión, 2005.
   __

Moi au fond de la mer

Au fond de la mer
Il y a une maison
de verre.

Elle donne
sur une avenue
de madrépores¹.

Un grand poisson d’or,
à cinq heures,
vient me saluer.

Il m’apporte
un bouquet rouge
de fleurs de corail.

Je dors dans un lit
un peu plus bleu
que la mer.

Un poulpe
me fait un clin d’œil
À travers la vitre.

Dans la forêt verte
qui m’entoure
—ding dong… ding dang—
se balancent et chantent
les sirènes
de nacre vert de mer

Et au-dessus de ma tête
brûlent, dans le crépuscule,
les pointes hérissées de la mer.

1. madrépore : variété de corail très ramifié que l’on trouve dans les mers chaudes.

Traduction française : BR

« Un grand poisson d’or,
à cinq heures,
vient me saluer
 »…

Illustration : BR

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Michel Butor

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Michel Butor
(1926, Mons-en-Barœul — 2016, Contamine-sur-Arve) France

Dimanche 31 juillet : Alfonsina Storni

Bienvenue au Rhode Island

_________Cinq heures à
MIDDLETOWN.
[…]
La mer,
_________tout ce qu’elle cache,
rejette,
_________imbibe,
transforme,
_________reprend.
L’étang de Chapman, « Hello, Steve ! »
_________MIDDLETOWN, CONN.¹
JAMESTOWN, comté de Newport.
La mer,
_________tous ceux qu’elle tente,
poursuit,
_________séduit,
emporte,
_________change.
[…]
Esso, – les étangs Watchaug et Worden.
HARRISVILLE, co. de Providence, R.I.²
[…]
La mer,
_________milliers de griffes,
milliers de crocs,
_________milliers de langues,
milliers de ventouses,
_________milliers de suçoirs.
Un vieux camion rouge conduit par un jeune Noir maigre très noir à chemise blanche, qui dépasse largement la vitesse autorisée, double une Nash ananas conduite par une jeune Blanche mince très rose en robe grise, dont la radio hurle « Bugle Call Rag », « il faut aller à droite », – les réservoirs de Quidnick, Coventry et de la Rivière-Plate.
WARREN, Bristol.
La mer,
_________milliers de suaires³,
de corridors mouvants,
_________de salles de soie,
d’étouffements,
_________d’épaves.
[…]
Les réservoirs de Scituate et Westconnaug, – quand le soleil se couche à
NEWPORT,
Michel Butor, Mobile, Étude pour une représentation des États-Unis
Gallimard NRF 1962, p. 187-188.
1. Conn. : Connecticut
2. co. de Providence, R.I. : Comté de Providence, Rhode Island
3. suaire : linceul dans lequel on ensevelit un mort.

« La mer,
milliers de suaires,
de corridors mouvants
 »…

Illustration : Bruno Rigolt, « Au bout du monde » (2012, 2022)
Photographie modifiée numériquement

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Marguerite Yourcenar

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Marguerite Yourcenar *
(1903, Bruxelles — 1987, Bar Harbor, États-Unis) États-Unis

* femme de lettres française naturalisée américaine en 1947.

Vendredi 29 juillet : Michel Butor

Gares d’émigrants :
Italie du sud

Fanal rouge, œil sanglant des gares ;

Entre les ballots mis en tas,
Longs hélements, sanglots, bagarres ;
Emigrants, fuyards, apostats,
Sans patrie entre les états ;
Rails qui se brouillent et s’égarent.

Buffet : trop cher pour y manger ;
Brume sale sur la portière ;
Attendre, obéir, se ranger ;
Douaniers ; à quoi sert la frontière ?
Chaque riche a la terre entière ;
Tout misérable est étranger.

Masques salis que les pleurs lavent,
Trop las pour être révoltés ;
Etirement des faces hâves ;
Le travail pèse ; ils sont bâtés ;
Le vent disperse ; ils sont jetés.
Ce soir la cendre. À quand les laves ?

Tantôt l’hiver, tantôt l’été ;
Froid, soleil, double violence ;
L’accablé, l’amer, l’hébété ;
Ici plainte et plus loin silence ;
Les deux plateaux d’une balance.
Et pour fléau la pauvreté.

Express, lourds, sectionnant l’espace,
Le fer, le feu, l’eau, les charbons
Traînent dans la nuit des wagons
Des dormeurs de première classe.
Ils bondissent, les vagabonds.
Peur, stupeur ; le rapide passe.

Bétail fourbu, corps épuisés,
Blocs somnolents que la mort rase,
Ils se signent, terrorisés.
Cri, juron, œil fou qui s’embrase ;
Ils redoutent qu’on les écrase,
Eux, les éternels écrasés.

Marguerite Yourcenar, 1934. Les Charités d’Alcippe, Gallimard NRF, 1956, 1984. 

« L’accablé, l’amer, l’hébété ;
Ici plainte et plus loin silence
 »…

Illustration : Angelo Tommasi (1858-1923), « Gli emigranti » (1896).
Rome, Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Fernando Pessoa

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Fernando Pessoa
(1888
, Lisbonne — 1935, Lisbonne) Portugal

Mercredi 27 juillet : Marguerite Yourcenar

Sou um evadido

Sou um evadido.
Logo que nasci
Fecharam-me em mim,
Ah, mas eu fugi.

Se a gente se cansa
Do mesmo lugar,
Do mesmo ser
Por que não se cansar?

Minha alma procura-me
Mas eu ando a monte,
Oxalá que ela
Nunca me encontre.

Ser um é cadeia,
Ser eu não é ser.
Viverei fugindo
Mas vivo a valer.

Fernando Pessoa, Poesias Inéditas (1930-1935), Lisboa, Ática, 1955 (imp. 1990), p. 44.

Je suis un évadé

Je suis un évadé.
Dès que je suis né
Ils m’ont enfermé en moi,
Ah ! Mais je me suis enfui.

Comme l’on se lasse
Du même lieu,
Comment ne pas se lasser
D’être soi-même ?

Mon âme me recherche
Mais je suis en liberté,
Puisse-t-elle
Jamais me trouver.

Être un c’est s’enchaîner,
Être moi c’est ne pas être.
Je vivrai en fugitif
Mais vivant pour de vrai.

(Traduction française : Bruno Rigolt)

« Être un c’est s’enchaîner,
Être moi c’est ne pas être.
 »…

Illustration : Edvard Munch (1863-1944), « Le Cri » (« Skrik », 1893, détail).
Oslo, Nasjonalgalleriet

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Anna de Noailles

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Anna de Noailles
(1876
, Paris — 1933, Paris) France

Lundi 25 juillet : Fernando Pessoa

Les voyages

Un train siffle et s’en va, bousculant l’air, les routes,
L’espace, la nuit bleue et l’odeur des chemins,
Alors ivre, hagard, il tombera demain
Au cœur d’un beau pays, en sifflant sous les voûtes…

Tant de rêves, brûlant aux chaleurs des charbons
Tandis que le train va, par saccades pressées,
Éparpillant les champs, les villes dépassées,
Cinglant le vent sans force et déchirant les ponts !

— Le confiant espoir, l’allégresse naïve,
De croire que plus loin d’autres cieux, d’autres mains,
Donneront de meilleurs et plus chers lendemains
Et que le bonheur est aux lieux où l’on arrive…

Ah ! la claire arrivée, au lever du matin !
Les gares, leur odeur de soleil et d’orange,
Tout ce qui sur les quais s’emmêle et se dérange.
Ce merveilleux effort d’instable et de lointain.

[…]

Je porte tout cela dans mon cœur élancé,
Aujourd’hui où debout sur la colline verte,
J’écoute haleter vers les routes ouvertes
Le beau train violent, si rude et si pressé.

Il siffle, quel appel, vers quelle heureuse Asie
Ah ! ce sifflet strident, crieur des beaux départs !
Moi aussi, m’en aller vers d’autres quelque part,
Ô maître de l’ardente et sourde frénésie ! …

Anna de Noailles, L’Ombre des jours, Paris, Calmann-Lévy, 1902, p. 41 et s..

« Ah ! ce sifflet strident, crieur des beaux départs !
Moi aussi, m’en aller vers d’autres quelque part
 »…

Illustration : © Bruno Rigolt (« Orient Express », juillet 2022)
(Photomontage et peinture numérique)

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Lucien Fabre

« Un été en Poésie »… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Lucien Fabre
(1889
, Pampelonne [Tarn, France] — 1952, Paris) France

Samedi 23 juillet : Anna de Noailles

Le Poëte¹ à l’île dormant

L’âme claire veloute aux vapeurs d’un nuage
Le délice moelleux du songe et les rinceaux
Du lieu surnaturel surgi parmi les eaux ;
Que nos mots soient trop vieux pour des songes nouveaux

Et trop dense la nue, et l’étoile des mages
Lointaine, puisque l’île a des soleils si beaux
Qu’importe ! Et la langueur des antiques berceaux
Et des vieux mots usés par la grâce des âges…

Qu’importe ! si je cueille au vent de ses roseaux
La parole inouïe… Ah ! son vague visage
Varie au vol rêvant sur le voile de l’eau

Et vers les voluptés, arrivés au mirage,
Les souffles favoris de l’image volage
Font virer vainement l’azur de quelque oiseau.

Or, dévidé le songe où s’effile un délice,
Cette parole, issue au cœur de son azur,
Pour fixer l’éphémère et cet instant si pur
Que figure un oiseau tremblant sur un calice,

Palpite insaisissable aux roseaux du futur.
Ah ! Cette aile mobile… et cette fleur qui glisse,
Ces songes… Mais, les traits de ton visage obscur,
Qui les pénétrera, ô parole propice ?

Tant de fois pressentie aux vagues du sommeil,
Mais non ravie à l’âme amollie, évasive,
D’être enfin délivrée espérant et craintive

Des noirs roseaux, piège mouvant près de ta rive,
La parole ineffable épie un beau réveil…
La saisir ! se risquer hors l’île et le soleil ?…

Lucien Fabre, Vanikoro, poëmes1 (Paris, Éditions de la NRF), 1923.

1. Poëme, poëte : variante orthographique de poème, poète en usage avant la réforme de l’orthographe française de 1878 (septième édition du Dictionnaire de l’Académie française).

« Tant de fois pressentie aux vagues du sommeil,
Mais non ravie à l’âme amollie, évasive,
D’être enfin délivrée espérant et craintive
 »…

Crédit iconographique : Madeleine Mirbeau, « Le songe du poète » (détail), 1980
(huile sur toile, collection particulière)

Un été en Poésie… 20 juillet-12 août 2022… Aujourd’hui Renée Vivien

« Un été en Poésie » revient… du mercredi 20 juillet 2022 au vendredi 12 août inclus.

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe… L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie…

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195

Aujourd’hui… Renée Vivien (Pauline Mary Tarn)
(1877, Londres — 1909, Paris) Grande-Bretagne

[Renée Vivien est une poétesse britannique de langue française]

Jeudi 21 juillet : Lucien Fabre

Aurore sur la mer

Je te méprise enfin, souffrance passagère !
J’ai relevé le front. J’ai fini de pleurer.
Mon âme est affranchie, et ta forme légère
Dans les nuits sans repos ne vient plus l’effleurer.

Aujourd’hui je souris à l’Amour qui me blesse.
Ô vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs,
D’une âcre odeur de sel ranimes ma faiblesse,
Ô vent du large ! emporte à jamais les douleurs !

Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile,
Afin que le bonheur éclate, triomphal,
Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle,
Tournés vers le soleil, les chants et l’idéal !

Renée Vivien, Études et Préludes, Alphonse Lemerre, 1901, p. 31-32.

« Ô vent du large ! emporte à jamais les douleurs !
Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile »…

Illustration : Bruno Rigolt, « Sur les ailes de l’aurore » (peinture numérique), 2022
© juillet 2022, Bruno Rigolt

Bientôt… Un été en poésie… 20 juillet – 12 août 2022

Thématique de l’exposition 2022 :

Un été en Poésie :
Invitation au Voyage

Sur les chemins du voyage…

Cette année, « Un été en Poésie » a pour thème le voyage : voyages réels ou voyages extraordinaires qui laissent la porte ouverte à l’imaginaire, au fantasme ou au mythe…

L’écriture poétique, parce qu’elle est une terre d’exploration, permet de prendre le large, s’ouvrir au monde et « faire l’expérience de soi-même face aux autres, face à l’inconnu »¹. Comme l’écrivait justement le philosophe Vladimir Jankélévitch, « l’aventure n’est pas sans l’ouverture »² : la lecture d’un poème est d’abord un voyage : voyage à travers soi et à travers l’autre… 

Entre errances et partances, frontières et rencontres, dépaysement et quête d’humanité, le voyage, parce qu’il défie la vision figée de l’existence, débouche dans l’océan infini de la vie… 

Rendez-vous le 20 juillet 2022

Crédit iconographique : Bruno Rigolt
Photographie et peinture numérique. © juillet 2022, Bruno Rigolt

1. Thème concernant l’enseignement de culture générale et expression en deuxième année de BTS, session 2023 « Invitation au voyage » : https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo7/ESRS2201905N.htm
2. Vladimir Jankélévitch, L’Aventure, l’ennui, le sérieux, Flammarion, Champs Essais, 2019, p. 195.

Un Automne en Poésie Saison 11 : 2021-2022… Troisième livraison

« Un Automne en Poésie »
— Saison 11 —

Poésies du Rêve et d’AilleursMaquette graphique : © Bruno Rigolt, décembre 2021

Une invitation au voyage…

Les élèves de Seconde 13 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous inviter à l’exposition 2021-2022 « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à l’évasion : « Poésies du Rêve et d’ailleurs »… Manière d’évoquer la nature profonde du fait poétique, qui est d’être dans le monde pour se faire signe d’un autre monde… Comme une porte qui s’ouvre à la réalité de l’infini.

Voici la deuxième livraison de textes : découvrez les contributions de Madisson, Aurore, Léna, Matthyeu, Agathe, Iris, Meryem.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 28 décembre 2021 (dernière livraison).

Pour accéder à la première livraison de textes, cliquez ici.
Pour accéder à la deuxième livraison de textes, cliquez ici.

 

Prochaine livraison : mardi 28 décembre.

  

Sous l’abri bleu du ciel

par Madisson-Esther S.-N. 
Classe de Seconde 13

 

Sous l’abri bleu du ciel,
Le vent émet un bruit silencieux.
Aussi courte ma vitalité soit-elle,
Mon désir de vivre, comme la mer, est infini.

Beauté illusoire,
Illustration au-delà de mes rêves,
La mer dissimule peu à peu les larmes du ciel.
La rage brûlante de sa colère,
Le maintien de son sang hivernal,
Ou encore le foudroiement des dieux.

La vie m’a tout l’air signifiante,
Elle m’a l’air d’un passage
S’ouvrant sur des douceurs noires et grises,
Qui se lèvent vers le paradis perdu de surface.

« La vie m’a tout l’air signifiante,
Elle m’a l’air d’un passage
… »

Illustration : Vincent Van Gogh, « La mer aux Saintes-Maries », 1888.
Moscou, Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine.

_

_

Le temps d’un songe

par Aurore T.
Classe de Seconde 13

a beauté de mon île reste gravée dans ma vie,
Te regarder t’éloigner de moi à travers le hublot
Me fend le cœur comme un vieux rafiot brisé des vagues,
Saint Denis m’a accueilli et Sainte Rose m’a élevée
Paris m’a souri après mon départ
Le 27 au soir, je suis partie
De ma belle île: la Réunion.

L’avion que j’ai emprunté ne peut m’emmener
dans la paix guerrière que j’ai créée.
Le jour de mon départ, je pensais te dire au revoir
Mais tu es restée là, figée comme une peinture vivante.
Tel un chapeau de paille et devant moi tu t’éloignes.

Dans cette baignoire remplie de mon désespoir
Mon désir s’éclaire d’une lumière sombre
Tel le souvenir de te voir partir
La tristesse châtain de mes yeux
Devient ce large champ amer
Et la mer à perte de vue, à perte de vie…

Je me réveille soudain: serait ce un songe ?
Me rappelant ainsi de l’océan indien
J’ai ressenti une douce nostalgie,
Une odeur blanche chrysanthème me parvint alors.
Soudain en moi fleurit,
La fleur de l’envie..

« Le jour de mon départ, je pensais te dire au revoir
Mais tu es restée là, figée comme une peinture vivante.
Tel un chapeau de paille et devant moi tu t’éloignes
…»

Illustration : © décembre 2021, Bruno Rigolt (photomontage et peinture numérique).

Un voyage bleu de nuit

par Léna B.
Classe de Seconde 13

Arrivera t-il,
Devant les dunes infinies du soir ?
Reviendra-t-il, le jaune du soleil
Après cette pluie de larmes ?

Après cette neige rose comme le coucher du soleil
Tu remets ton masque
Comme si la pandémie avait toujours été là…

Tournent les aiguilles
Mais le temps ne change toujours pas
Le soleil d’été s’éteint
C’est un voyage bleu de nuit, un voyage sans fin.

Le jour a remis son manteau de neige
Laissant place au froid de l’hiver
Devant les vagues sombres
Tu remets ton masque
Comme si la pandémie avait toujours été là.

Tournent les aiguilles
Comme des étoiles jetées au hasard
Dans l’infini de la nuit.

Reviendront-ils, les mots
Après cette page blanche ?
Les mots tout tremblants, vides de sentiments ?

La mélancolie arrive
Et tu attends son appel
Tu remets ton pull
Mettant avec lui un sentiment de joie
Tu te sens seul, entouré d’une foule
Comme un coquillage échoué sur la plage.

Tu songes à un voyage sans fin, un voyage bleu de nuit.

« Tu songes à un voyage sans fin, un voyage bleu de nuit… »

Claude Monet, « Le Port du Havre, effet de nuit », 1873 (coll. privée)
Crédit iconographique : akg-images

Rêveur solitaire

par Matthyeu R.
Classe de Seconde 13

uand je ferme les yeux,
Me voilà transporté dans mes pensées :
Nuit douce éclairée, étoiles cristal…
Me voici sur un lac étoilé
La lune est le lampadaire de la Nuit
Qui illumine le soir de couleurs et de fruits

J’ai suivi l’étoile qui me guide
Perdu dans mes pensées,
Parmi le sol de cette Terre,
Le long d’un ruisseau…
Et je vois le ciel
Recouvert de blancheur nuagée.

L’odeur sinistre de la solitude
Est mon guide, Elle me mène
Vers le bout de mon rêve
J’ai vu les meilleures choses partir,
Laissant mes sentiments dans ce lieu de désirs.
Voici que j’ouvre les yeux et tout s’envole.

« Nuit douce éclairée, étoiles cristal… »

Vincent Van Gogh, « La nuit étoilée sur le Rhône » (huile sur toile), 1888.
Paris, Musée d’Orsay

Au-delà des brumes

par Agathe W.
Classe de Seconde 13

À chaque pluie d’été remplie de souffrance,
Tu me perdais dans un sombre bonheur,
Je devenais la mer et le vent,
Tourmentée comme tes promesses d’exodes.

Tu menaçais notre paradis de s’effondrer,
Plafonnée à des idées que seule moi pouvais confronter,
Ne plus sentir ton espoir lorsque je suis partie pour mon odyssée,
Ne m’a pas manqué quand je t’ai quitté.

Pourtant mes voyages prennent une nouvelle tournure,
J’aperçois au-delà des brumes,
Les îles respirant les joies de la solitude,
Mes sens fleurissent à la vue de cet azur.

Les couchers de soleil fragmentés d’aube rosée,
Me remémorent la nostalgie de nos douloureux moments,
Mais au-delà de l’écume de mes larmes
J’entends enfin le chant des blés d’or…

« J’aperçois au-delà des brumes,
Les îles respirant les joie de la solitude
..
 »

Caspar David Friedrich, « Falaises de craie sur l’île de Rügen », 1818.
Crédit iconographique : Winterthour (Suisse), Museum Oskar Reinhart am Stadtgarten.

Histoire et Conscience

par Iris M.- G.
Classe de Seconde 13

Vague réminiscence
La lune versa son pâle enchantement :
Des historiettes racontées en chemin
Des histoires d’horreur,
Des histoires enfantines, surnaturelles
Accompagnées de quelques frissons de douceur bleus

Vague réminiscence
Un plaisir romanesque,
Où règne l’admiration éternelle,
Ou la puissance de la mer,
Amère et salée
Régnait en nous

Vague réminiscence
Raison et Pouvoir
Histoire et Conscience…
Un groupe solidaire à la guerre
Un groupe qui partait à la mer
Se voyait mourir en enfer

« Un groupe solidaire à la guerre
Un groupe qui partait à la mer
Se voyait mourir en enfer… 
»

Illustration: BR (photomontage et peinture numérique).
D’après « Débarquement du 6 juin 1944 en Normandie » (Photo : US Army Coll. Archives Larousse)

Toi, mon âme
(Je veux t’écrire)

par Meryem Y.
Classe de Seconde 13

Sur mes cahiers jamais utilisés
Sur mon pupitre et les arbres écorchés
Sur le sable froid, la neige chaude
Je veux t’écrire
Sur toutes les pages où personne n’osait,
Sur toutes les pages où l’artiste peint
Pierre, feuille, oiseau ou les cendres des flammes,
Sur les tableaux dorés, admirés,
Je veux t’écrire
Sur le sang des victimes et des innocents,
Sur la couronne que portent les êtres
Sur la jungle et le désert parcourus
Je dessine les saisons,
J’écris les oiseaux
Sur les crises de mon adolescence.
Sur les mille nuits où les contes sont contés,
Sur le pain perdu du tiers-monde s’écrit ma vie
Et sur les saisons déréglées,
J’écris le ciel bleu.
Sur la soie enfin chiffonnée,
Sur le soleil et la lune mariés,
Sur le lac des cygnes où l’on danse
Sur les champs où j’ai planté ton amour
Sur chaque regard jeté
Sur la mer où les oiseaux naviguent,
Sur les montagnes des aigles
Sur les nuages
J’aimerais t’écrire,
J’aimerais t’aimer
Sur les foudres qui bâtissent notre monde,
Sur les étoiles qu’on essaye de pêcher
Sur la vérité de notre âme
Et sur la raison
Du chemin à prendre
Je veux t’écrire,
Sur les routes dessinées a la main,
Sur la terre coupée en parts inégales,
Sur les immenses lits de nos matins,
Sur les envies devant les océans,
Je veux t’écrire.

« Sur la vérité de notre âme / Et sur la raison
Du chemin à prendre / Je veux t’écrire… 
»

Philippe de Champaigne, « Paysage ». Lille, Palais des Beaux Arts.
Crédits : © RMN-Grand Palais 

La numérisation de la troisième livraison de textes est terminée.
Troisième mise en ligne de textes :  mardi 28 décembre 2021.

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Un Automne en Poésie Saison 11 : 2021-2022… Deuxième livraison

« Un Automne en Poésie »
— Saison 11 —

Poésies du Rêve et d’AilleursMaquette graphique : © Bruno Rigolt, décembre 2021

Une invitation au voyage…

Les élèves de Seconde 13 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous inviter à l’exposition 2021-2022 « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à l’évasion : « Poésies du Rêve et d’ailleurs »… Manière d’évoquer la nature profonde du fait poétique, qui est d’être dans le monde pour se faire signe d’un autre monde… Comme une porte qui s’ouvre à la réalité de l’infini.

Voici la deuxième livraison de textes : découvrez les contributions de Constance, Arno, Lilly, Bénie-Laël, Dylan, Kylian, Élise.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 28 décembre 2021 (dernière livraison).

Pour accéder à la première livraison de textes, cliquez ici.
Pour accéder à la troisième livraison de textes, cliquez ici.

Prochaine livraison : mardi 21 décembre.

  

Courant vers l’ensommeillé soleil

par Constance H.
Classe de Seconde 13

ans ce monstre de fer courant vers l’ensommeillé soleil,
Assise seule dans le rouge wagon,
J’observais d’un œil distrait sur le répétitif gazon
Quelques eaux tristes, en deuil.
Soudain, le doux murmure d’un cliquetis de chaussures
Attira mon attention.
Je te vis t’asseoir face à moi.

Dans ce monstre de fer courant vers l’ensommeillé soleil,
Tu as sorti de ton encombrant bagage un croquis,
Puis, tu me demandas d’esquisser un sourire.
Je ne pus résister à ton regard azuré.
Ton corps voleta pour me dessiner.
L’œuvre terminée, je m’assis à un centimètre abyssal de toi.

Dans ce monstre de fer courant vers l’ensommeillé soleil,
Tu as pris ma main tressaillante
Et nos lèvres se rencontrèrent

Dans ce monstre de fer courant vers l’ensommeillé soleil,
Assises toutes les deux dans le rouge wagon,
Tout en te replaçant une mèche vanillée,
J’observais d’un œil attentif sous le corps aventureux du soir
Notre relation interdite
Aux parfums de voyage, de secret et d’intrigue.
Et nos lèvres se mélangèrent

Dans ce monstre de fer courant vers l’ensommeillé soleil.

« J’observais d’un œil attentif sous le corps aventureux du soir
Notre relation interdite
Aux parfums de voyage, de secret et d’intrigue….
 »

Illustration : © 2021, Marianne H.

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Le gardien des étoiles

par Arno V.
Classe de Seconde 13

Il fut un temps où j’étais
Le gardien des étoiles
Qui la nuit illuminent mes pensées,
De leurs yeux clairs et solitaires.

Le passé charmant épanouissant du ciel dormant,
Toujours m’émerveille
Tel le soir dénaturé
D’une lune vermeille.

Mes souvenirs de cette étendue d’or végétale
Ont disparu, laissant place à de banals édifices,
Dans un monde bientôt saccagé,
Fatigué de ne pas respirer,

Et je me demande quand la folie des hommes
Sera raisonnée. Enfermées dans cette cage d’acier,
Mes pensées divaguent
Dans la douce mélancolie d’un crépuscule matinal.

« Mes souvenirs de cette étendue d’or végétale
Ont disparu, laissant place à de banals édifices,
Dans un monde bientôt saccagé
…»

Illustration : © Yann Arthus-Bertrand : http://www.yannarthusbertrand2.org/collection/japan/ 

À ma fleur d’oranger

par Lilly R.
Classe de Seconde 13

Pour ma maman, la reine de mon cœur

Quand j’ai peur, je prends ta main
Quand j’ai mal, tu prends mes larmes
Et dans mon cœur entre ta lumière
Tel un rayon de soleil
Pénétrant les verres d’une fenêtre

Mon soleil, mon tout
Rien n’égale l’amour de ma mère
A mon égard

Toi ma jolie maman
Ma mère au grand cœur
Aussi doux qu’un beignet
A la fleur d’oranger
Aussi bon qu’une friandise pour enfants

Cette femme dans la solitude envolée
Vient nous border chaque fois
Que la nuit s’empare du ciel…

« Ma mère au grand cœur
Aussi doux qu’un beignet
A la fleur d’oranger
..
 »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt (photomontage et peinture numérique). Décembre 2021.

Dans un bain vanille de liberté

par Bénie-Laël K.
Classe de Seconde 13

Une lourdeur que je ne peux supporter
Ce fardeau lourd à porter plus inévitable qu’hier
Comme une fleur je me fane
Mon rôle s’est achevé avant l’aurore.

N’est-il pas un jour, une semaine
Où l’on pourrait nous laisser baigner
Dans un bain vanille de liberté
Et sans aucune plume d’angoisse ?

Écrire m’emporte dans un tourbillon
Auquel je ne peux échapper : tout se confond,
Et telle une éclipse, la couleur du jour se fond dans l’air.
Je suis à mon apogée, tout s’est affaibli.

N’est-il pas une heure, une minute
Une seconde pour me bercer ?
Comme une enfant, je suis inconsciente
Vivant dans un rêve bleu de l’océan paisible,

Qui m’emmène Insouciante,
Loin, très loin dans un bain vanille de liberté.

« Loin, très loin dans un bain vanille de liberté… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt (photomontage et peinture numérique). Décembre 2021.

Optimisme du V16 Métaphysique

par Dylan K.
Classe de Seconde 13

Comme un danseur dans sa suite
Tout en extase je suis
Sous cette imposante Calandre
me laissant sur les pistons.
Symphonie bombardante
Digne d’une coupe transversale
d’un Aphrodite moteur V16.
Un sublissime moteur à combustion
Pour honorer les curieux V-twin
Des Antiques Harley-Davidson
Avec un système de couvercle de culasse
Convenant à cette noblesse artistique

brabus-geneva (4)«Tout en extase je suis
Sous cette imposante Calandre
 »

Moteur Barbus rocket 900 de 900 chevaux.
Crédit iconographique : © Mercedes (https://mercedesblog.com/geneva-live-ballistic-brabus-gle-63-suv-and-rocket-900-coupe/). Copyright : toutes les marques citées sont déposées. Les publicités et les différents éléments qui les composent (logos, messages linguistiques et iconiques) sont la propriété de leurs détenteurs respectifs. Merci à eux d’en permettre l’exploitation à des fins artistiques.

Le tribunal étoilé de la nuit

par Kylian S.
Classe de Seconde 13

J’impose par la loi de mes désirs
Le soir, la mer, le vent
Et la raison ivre de sentiments.
Mon coeur se remplit de plaisirs
Lorsque je vois le tribunal étoilé de la nuit
Qui pareille à une autorité
Soumet sa juridiction
Au si doux horizon,
Comme un début d’éternité
Au soleil couchant.

« Comme un début d’éternité
Au soleil couchant
..
 »

Georges Lacombe (1868-1916) , « Baie de Saint-Jean-de-Luz », (Côte de Sainte-Barbe), vers 1904
Huile sur toile, collection particulière. Photo : © Musée Maurice Denis

Au-delà des mers et des montagnes

par Élise W.
Classe de Seconde 13

Il y a le vent qui te fait la bise
Et les vagues qui te sautent dans les bras,
Il y a les nuages avec toi
Et la lune déjà partie.

Il y a le soleil très haut dans l’étendue bleue
Et la mer dont le doux bruit me berce
Fait la bise à mes mocassins.
Il y a le sable qui se déplace au rythme de mes pas.

Il y a le mistral qui soupoudre de sucre la montagne
Et l’océan, aux chemins d’écume et de marées
Et puis il y a ceux qui ne sont plus là
Ceux qui sont loin sans toi

Et qui dorment déjà…

« Et puis il y a ceux qui ne sont plus là
Ceux qui sont loin sans toi
Et qui dorment déjà… »

Crédit iconographique : René Magritte, « La Mémoire » (1948). Musée d’Ixelles, Bruxelles

La numérisation de la deuxième livraison de textes est terminée.
Troisième mise en ligne de textes : mardi 21 décembre 2021.

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Un Automne en Poésie Saison 11 : 2021-2022… Première livraison

Lancement de l’exposition « Un Automne en Poésie »
— Saison 11 —

Poésies du Rêve et d’AilleursMaquette graphique : © Bruno Rigolt, décembre 2021

Une invitation au voyage…

Les élèves de Seconde 13 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous inviter à l’exposition 2021-2022 « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à l’évasion : « Poésies du Rêve et d’ailleurs »… Manière d’évoquer la nature profonde du fait poétique, qui est d’être dans le monde pour se faire signe d’un autre monde… Comme une porte qui s’ouvre à la réalité de l’infini.

Voici la première livraison de textes : découvrez les contributions d’Argann, Soane, Monica, Alexandre, Camille, Dora, Lise-Marie.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 28 décembre 2021 (dernière livraison).

Pour accéder à la deuxième livraison de textes, cliquez ici.
Pour accéder à la troisième livraison de textes, cliquez ici.

Prochaine livraison : dimanche 12 décembre.

  

Le narrateur de la nuit

par Argann D.
Classe de Seconde 13

e soir tombe devant moi, l’univers est infini,
Ma plume est l’épée.
Je marche comme dans un roman policier.
L’âme est blanche comme un ange,
L’amour est fragile comme le quartz rose.
Je suis le narrateur de la nuit.

L’univers est infini, la nuit est bleue
Comme un feu follet, et je marche
Dans l’immense plaine de la solitude.
Devant moi, le chagrin est un lac
S’étendant dans la vallée des larmes,
La colère, un trou noir dévorant l’âme.

L’univers est infini, pareil au vent,
Je vois les étoiles et leur œil omniscient,
Brillant d’un éclat de diamant,
Béni par la fleur du feu :
La fleur aux parfums de soleil couchant…
Je suis le narrateur de la nuit.

« L’univers est infini, pareil au vent
Je vois les étoiles et leur œil omniscient…
 »

Illustration : Vincent Van Gogh, « La Nuit étoilée », 1889. New York, Museum of Modern Art.

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Sous la brume rose de ce cerisier

par Soane B.
Classe de Seconde 13

outes ces nuits blanches où tu m’as tant fais rêver,
Sous la brume rose de ce cerisier, et maintenant, te voici.
Ton agréable parfum s’imprègne des pétales du vent,
La chaleur de tes douces paroles rayonne dans l’obscurité.
Doucement, je me suis logée dans l’amnésie de tes pensées.
Si plaisantes… Je les laisse me guider jusqu’à toi.

Toi qui es prisonnière de ce cœur mortifié,
J’en suis désormais le sentiment clé.
Je sens ton regard étoilé se poser sur moi, mais je ne te vois plus.
Me voici enfin arrivée dans le mirage rose de ce cerisier.
Tu m’as ancrée dans le tableau peint de ton imagination.
Te laissant disparaitre derrière l’horizon…

« Tu m’as ancrée dans le tableau peint de ton imagination.
Te laissant disparaitre derrière l’horizon
…»

Illustration : © 2021, Soane B.

Structure bleutée de la mer

par Monica D.
Classe de Seconde 13

L’Horloge file à toute allure
Comme la mer qui s’étend sur ta liberté :
Longues vagues d’un bleu azur
Éclairées sur le papier.

L’Horloge file à toute allure
Et tu écris de bleu sur le papier
La mer crée une structure
Dans laquelle tout est mesuré.

L’Horloge file à toute allure
Dépêche-toi de descendre les escaliers :
Le stylo veut écrire de tristesse
Et commence à sombrer sur le papier.

L’Horloge file à toute allure
Et je veux te tenir sans limites.
Ton souvenir est l’égal de cette structure bleu azur
Et j’y repense à la fin de chaque soir.

« Ton souvenir est l’égal de cette structure bleu azur
Et j’y repense à la fin de chaque soir
 »

Crédit iconographique : Dalí (1904-1989), « La Persistance de la mémoire » (détail), 1931
THE MUSEUM OF MODERN ART, NEW YORK. © 2008 SALVADOR DALÍ, FUNDACIÓ GALA-SALVADOR DALÍ / ARTISTS RIGHTS SOCIETY (ARS), NEW YORK

Billet retour vers la liberté

par Alexandre R.
Classe de Seconde 13

Un court message griffonné
Au dos d’un avion de papier
Beaucoup de fautes embarquées
Dans ce billet retour vers la liberté…

Ces mots brisés prennent leur envol
Chargés d’espoir dans cette course folle…
Virage au sud, les phrases décollent
Un seul mot d’ordre : suivre la boussole

C’est cette nuit que je les ai écrits
Lui à qui on a coupé les ailes
Écrasé trop loin de son nid
Lance son appel vers le ciel

Première escale dans des lieux
Où personne ne s’installe
Première escale où l’espoir malchanceux
Attends un nouveau décollage

Une nuit puis deux bloquées au sol
Une nuit puis deux l’espoir s’envole
La pluie l’efface, les ailes se froissent
Mais dans le ciel un ange passe

Trois, six, dix appareils planent
Petits cerfs-volants sans ficelle.
Prêt à défier les éléments,
Je pars vers le soleil couchant.

« Prêt à défier les éléments,
Je pars vers le soleil couchant…
 »

Crédit iconographique : photomontage et peinture numérique ; d’après une illustration de Michal Reinis.

La Valse de la Vie

par Camille D.
Classe de Seconde 13

Dans la poche de mon jean, le rêve et l’amour cohabitent,
Et le regret s’échappe avec l’aiguille de l’horloge.
L’imagination me fait penser à toi,
L’avion nous embarque dans le voyage :

Une évasion temporaire vers l’inconnu.
Oubliant le noir et le gris,
Une bulle de savon m’envahit,
Entourée de la vie qui nous regarde.

Dans la poche de mon jean, le rêve et l’amour cohabitent,
Mes sentiments me donnent le tournis
Comme la valse de la vie,
Et le regret s’échappe avec l’aiguille de l’horloge.

Très loin de toi, mon cœur s’immerge de larmes
Éclairées par les étoiles qui dansent.
Ma joie s’est recouverte d’un brouillard d’eau salée,
Envahi de riches secrets qui réchauffent mes larmes.

«Très loin de toi, mon cœur s’immerge de larmes
Éclairées par les étoiles qui dansent
 »


Crédit iconographique : D’après Caspar David Friedrich, « Homme et femme contemplant la lune ». Vers 1824 (Berlin (Allemagne), Alte Nationalgalerie).
Détail. Image modifiée numériquement.

Une ballade en joie…

par Dora S.
Classe de Seconde 13

Je m’évade dans le ciel noir
Aussi libre qu’une vague
Une ballade en joie
Un voyage d’émotion
Les nuages passionnés me survolent

La nuit ensoleillée me comble de bonheur
La liberté appelle le temps
Mon cœur s’envole en courant
Le romantisme et ses désillusions
Ne sont qu’éphémères lumières

Et la méditation semblable à ma solitude
Trace un long chemin
Droit dans mon cœur
Une ballade en joie
Un voyage d’émotion

« Aussi libre qu’une vague
Une ballade en joie
Un voyage d’émotion
 »

Crédit iconographique : Hokusai, « La Grande Vague de Kanagawa », c. 1830.

Voici la mer

par Lise-Marie J.
Classe de Seconde 13

oici la mer,
Tapis d’eau bleu azur qui reflète le ciel
Je me suis perdue dans l’océan aussi grand que l’infini
Tous les grains d’or qui glissent sur mes pieds
Étincellent, ils brillent sous le soleil

Voici la nuit qui tombe
Et le tapis d’eau bleu se transforme en tornade noire
Les cailloux blancs dans le ciel font de l’ombre sur ma peau dorée
Et les piques d’eau me transpercent le cœur
Comme le doux regard de la nuit

Voici mon cœur aussi noir que l’obsidienne*
Aussi fragile que le cristal
Mes idées obscures me suivent
À travers l’œuvre de la vie
C’est une réflexion véritable sur notre destin

Et puis voici l’aube
Les douces passions violentes foudroient la terre
Le bout du monde s’est perdu du désert à la mer
Et mon sourire, entre deux univers.
Le feu d’écailles et d’éclairs se mélange…

* obsidienne : roche volcanique vitreuse d’origine éruptive de couleur foncée.

« Et puis voici l’aube
Les douces passions violentes foudroient la terre
Le bout du monde s’est perdu du désert à la mer
 »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt (décembre 2021). Photographie et peinture numérique.

La numérisation de la première livraison  de textes est terminée.
Deuxième mise en ligne de textes : dimanche 12 décembre 2021.

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Découvrez bientôt l’édition 2021-2022 d’ « Un Automne en Poésie »…

Bientôt… « Un Automne en Poésie »

Saison 11

Les élèves de Seconde 13 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous annoncer l’édition 2021-2022 d’ « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne. Près de 30 textes, tous inédits, seront publiés pour cette onzième édition intitulée : « Poésies du Rêve et d’Ailleurs« .

Lancement de l’exposition : lundi 6 décembre 2021

 

Poésies du Rêve et d’Ailleurs
Crédit iconographique : © Bruno Rigolt, décembre 2021
« Poésies du rêve et d’ailleurs » : titre d’exposition sur une idée des élèves de Seconde 13.

Un Automne en Poésie Saison 10 : 2020-2021… Cinquième livraison

Fin de l’exposition « Un Automne en Poésie »
— Saison 10 —

Maquette graphique : © Bruno Rigolt, novembre 2020

Une invitation au voyage…

Les élèves de Seconde 14 et de Première 8 sont fiers de vous présenter l’édition 2020-2021 d’Un automne en poésie. La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire la métamorphose et l’imaginaire. À travers ces « poésies dérivantes », partez en voyage : voyage extraordinaire, voyage proche ou voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Voici la cinquième et dernière livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif.

Dernière livraison

  

Vie

par Priscilla D.
Classe de Seconde 14

              

Perdue dans cette immense école
Où les mots sont aussi tranchants qu’un couteau,
Assise dans ce coin de couloir,
Elle repense à ces joyaux du monde
Ensevelis sous les vagues.

Les genoux repliés contre sa poitrine,
Elle songe à ces hauteurs alpines
Où les étoiles sont pareilles à des hémisphères
Qu’effleurent les perles du secret.

Tenter de tourner le dos aux ombres…
Elle s’évade dans un autre monde :
Tout y est délicat et apaisant,
Tel le bleu d’azur de l’océan.

À travers le miroir elle observe
L’encre tachant les roses de son imaginaire,
Les gouttes d’or caressant son esprit.
Elle ouvre alors le dictionnaire,
Et trébuche sur le mot « vie ».

« À travers le miroir elle observe
L’encre tachant les roses de son imaginaire,
Les gouttes d’or caressant son esprit…
»

Illustration : © 2020, Priscilla D.

 

 

Un soir, là-bas

par Caroline M.
Classe de Première Générale 8

Un soir, là-bas,
Les arbres pleuraient de désespoir,
Les nuages versaient des gouttes de joie :
La haut il faisait beau, ici il fait froid.

Au petit matin,
L’orchestre noir de mon âme
Résonne de tristesse.
Au fond de mon cerveau,
Une incessante horloge tic-taque¹
Quand mon cerveau pense à toi.
Là-haut il faisait beau, ici il fait froid.

Par tes fenêtres
Je peux apercevoir
Ton âme qui fleurit le printemps.
Arrive l’heure où tu pleures,
Là-bas le tic-tac cesse,
S’arrêtent les aiguilles du temps,
Le tonnerre inonde tes pensées.

S’effacent les beaux souvenirs.
La pluie de tes yeux
S’acharne sur la terre.
Et puis, plus rien, le vide.
Là-haut il faisait beau, ici il fait froid.

Un jour les échos de l’orchestre
Noir de mon âme disparaîtront.
Les rires éteindront la douleur,
Allumeront peut-être,
Un jour ou jamais,

Les aurores boréales de la vie.
Un jour ou jamais,
Les larmes s’évaporent pour former les nuages
Qui verseront sur mon cerveau des gouttes de joie.

Un jour peut-être le beau temps…

1. Tic-taque : néologisme verbal à partir de l’onomatopée « tic-tac ». Le verbe exprime ici l’écoulement  régulier des jours, comme celui d’un mouvement uniformément répété (NDLR).

« Les larmes s’évaporent pour former les nuages
Qui verseront sur mon cerveau des gouttes de joie…
 »

Illustration : © 2020, Caroline M.

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Le beau mensonge

par Émilie J.
Classe de Seconde 14

 

Une petite fille se cache dans la ruelle
« Marre, marre de toute cette cruauté
Marre, marre de ces combats et de la guerre »
Elle n’avait qu’une seule envie,
Pouvoir enfin rentrer chez elle

Mais sa maison était vide
Donnant un peu un aspect de génocide
Des murs de ronces, un plafond délabré…
Montant les marches une à une
L’enfant prit sa peluche magique

Qui lui permettait de s’enfuir dans le pays des songes
Loin de la guerre et des bombes.
Elle lâcha un pauvre sourire
« Oui je suis heureuse ! »
Devant elle, se trouvait un manoir

Peuplé de tous les amis de la petite :
La joie et les sourires y régnaient
« Ne plus jamais revenir, ne plus jamais rentrer
Rester pour toujours
Loin des batailles et de la peur »

Elle s’aventura dans cette demeure
Qui ressemblait étrangement au ciel
Bleue comme la mer, comme l’océan
Les vagues étaient des larmes d’amour
Les larmes des vagues à l’âme.

Il se mit à pleuvoir de gros flocons
(On avait annoncé un bombardement sur la ville)
La petite nageait dans une mer de neige rose
Puis la neige se mit à fondre
Elle ouvrit les yeux et vit les lumières de l’été.

« Les vagues étaient des larmes d’amour
Les larmes des vagues à l’âme…
 »

Illustration : © 2020, Émilie J.

Quelques mots de l’auteure…

J’ai choisi de sensibiliser les lecteurs au thème de la guerre, et plus particulièrement aux conséquences de celle-ci sur les populations les plus jeunes, et donc les plus fragiles et les plus vulnérables¹. Les conséquences de la guerre et de la brutalité sont terribles et entraînent des traumatismes psychosociaux dont nous n’avons pas idée en Occident. J’ai voulu évoquer dans mon texte la manière dont les violences guerrières détruisent à jamais les enfants qui ne comprennent pas ce qui leur arrive.

J’avais en mémoire des témoignages bouleversants de l’UNICEF concernant les enfants victimes de la guerre en Afghanistan : on ne saurait imaginer les traumatismes provoqués par les combats et les millions d’obus et de grenades, de mines et de bombes qui ont détruit à jamais la vie d’enfants mêlés malgré eux à l’atrocité des guerres.

La petite fille dont il est question dans le texte est à l’image de ces enfants abandonnés, qui perdent peu à peu leur famille et tombent dans le désespoir. Les sociétés développées ne parlent pas assez de ce qui se passe dans ces pays.

Je voudrais enfin évoquer le sacrifice de nos soldats, qui vont dans ces zones reculées au péril de leur vie pour protéger des idéaux, des valeurs et la liberté des peuples.

Émilie

1. Voir à ce sujet l’article de Margot Desmas dans Le Monde du 19 février 2018 : « Du Moyen-Orient à l’Amérique centrale, près de 8 % des enfants du monde vivent aujourd’hui en zones de guerre. Dans son rapport annuel « La Guerre faite aux enfants », publié le 15 février, l’ONG Save the Children alerte sur le sort des mineurs dans les pays en guerre, qui seraient au nombre de 16 millions.

 

 

Seul, sur le navire de mon esprit

par Alexandre P.
Classe de Première Générale 8

 

Les aventures commencent toujours dans le bonheur
En entendant le doux chant des oiseaux comme un signe venu d’ailleurs.
Par vents et marées, le bateau tangue sur la mer
Voyageant dans l’incompris. Seul sur le navire

De mon esprit, au large dans la nuit,
Dans mon triste bonheur, l’échec n’est qu’ironie.
Voir à l’horizon de simples nuages aux parfums de voyage.
Nulle avarie ne me fera tourner la page.

Emmené par le doux bruit des vagues
Vers un flou total comme celui de mon ombre dans la nuit,
Homme vertueux, attendant des réponses à ses questions,
Marchant triste et seul, vers l’au-delà du Temps..

« Voir à l’horizon de simples nuages aux parfums de voyage… »

Illustration : © 2020, Alexandre P. (NDLR : image modifiée numériquement)

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Toi

par Zaina A.
Classe de Seconde 14

              

C’était lui, c’était moi
Suspendus au milieu du ciel
La lune coulait sa lumière froide sur la Terre
Son nez levé vers la nuit qui étendait son immense couverture au-dessus de ce coin du monde
Il me rappelle le flou entre l’obscurité et la lumière,
Une frontière entre l’espace du chaos et ce que nous savons, en tant que vie.

C’était le silence sous les étoiles
La nuit poudrée d’or striée par les traînées lumineuses
Qui mouraient à l’autre bout du monde.
La nuit ressemblait à une broderie orientale
« Tout ce que j’ai toujours voulu, c’est tendre la main et toucher un autre être humain non seulement avec mes mains mais avec mon cœur », a-t-il dit.
Ils se sont embrassés et pendant un instant, rien d’autre n’a compté.
Un astéroïde aurait pu frapper la terre et elle ne s’en serait même pas souciée.

Ensemble, ils regarderaient tout ce qui était si soigneusement planifié s’effondrer,
Et ils souriraient à la beauté de la destruction.

« La nuit poudrée d’or, striée par les traînées lumineuses qui mouraient à l’autre bout du monde… »

Illustration : © 2020, Zaina A.

Étoiles inconnues

par Aymeric D.
Classe de Première Générale 8

Je me rappelle étant plus jeune,
Avoir feuilleté Poussières d’étoiles
D’Hubert Reeves. Entre les systèmes et les rêves
Séjournaient des êtres démentiels

Dans le ciel rougeoyant voyageaient des astres bleus
J’imaginais au détour des pages
Des lumières violettes perdurant
Perdues quelque part dans les ténèbres des novas.

L’Homme a parcouru les noirs plaisirs
De l’éternité, la volupté de l’espace inatteignable
Du monde des vivants pour y trouver
Des galaxies indicibles et d’ineffables songes.

Je ne dirais pas que je suis perdu,
Mais où en est-on finalement ?
Dans ces constellations très, très lointaines
J’entrevois des réalités altérées par nos visions

À sa disparition, par diffraction,
La lumière solaire illumine les êtres célestes.
Le Soleil, une boule de gaz éblouissante, incandescente,
Une parmi tant d’autres dans la Voie Lactée.

« Le Soleil, une boule de gaz incandescente, éblouissante,
Une parmi tant d’autre dans la Voie Lactée…
»

Quelques mots de l’auteur…

Pour écrire ce poème je me suis inspiré d’une magnifique nuit étoilée sans la présence de la Lune, On pouvait très bien voir la Voie Lactée dans le ciel. Ce spectacle m’a fait réfléchir : Copernic et Galilée ont découvert la nature de notre galaxie. Ils ont entrevu d’autres galaxies, d’autres étoiles bien plus grandes que le soleil.

Il y a sans aucun doute un nombre astronomique de galaxies et d’endroits inconnus, inexplorés. Dans Poussières d’étoiles, un ouvrage qui m’a fasciné, l’astrophysicien Hubert Reeves affirme  » Ce livre voudrait être une ode à l’Univers. J’ai tenté de rendre hommage à sa splendeur et son intelligibilité, d’exprimer à la fois sa créativité et sa richesse. J’ai voulu donner à contempler et à comprendre ».

Très modestement, je dirais que mon poème s’inscrit dans cette démarche critique. Nous sommes à l’aube d’avancées technologiques sans précédent qui pourraient potentiellement nourrir d’incommensurables rêves. Mais à quel prix ? Nous faisons partie d’un univers dont nous ne connaissons qu’une infime représentation. Est-ce là la vérité ? Que sommes-nous parmi une infinité de mondes ?

Aymeric

L’éclat de cet orage

par Hanna T.
Classe de Première Générale 8

Tu m’as touchée et ce fut un foudroiement
J’aimerais te l’avouer, tu m’as éclairée, électrisée
L’éclat de cet orage m’a transpercée
Dès lors, tu hantes mes pensées,
Ton charme m’a ensorcelée

Le cœur envoûté, possédé j’ai fini par sombrer
La marée est montée, et mon cœur s’est déchiré
Tel un bateau de papier qui part en voguant.
L’amour est un voyage aux confins de soi-même,
Un voyage agité aux diverses destinations

A cause de toi, j’ai toujours les idées sombres
Ma noirceur a perdu toute lumière
Ma plume voyageant de cœur en cœur
N’a toujours pas trouvé sa propre couleur
Juste un long récit qui se finit sur cette excursion

« Je t’aperçois au loin, fondant le bitume comme une fusée en vol
Qui t’amène sur le podium des grands champions !
 »

Crédit iconographique : © 2020, Hanna T. 

Quelques mots de l’auteure…

Ce poème parle de l’amour, et plus particulièrement du voyage de l’amour : c’est un voyage compliqué, mouvementé, avec des hauts et des bas, des aléas. On croit être arrivée, et puis on se rend compte que la route est longue. Mais c’est justement  ce qui fait le prix de ce voyage : partir pour ne pas arriver, espérer transformer le rêve en réalité : n’est-ce pas ce que nous espérons tous ?

Hanna

Chemin vers le rêve

par David C.
Classe de Première Générale 8

Le crépuscule commence à tomber,
La lune se lève ; les astres brillent
Et je me couche à l’horizon des rêves.
Je sens que je dérive peu à peu :

Plus je glisse sur mon imagination,
Plus je monte vers le ciel libérateur
Pour arriver à l’étendue des rêves :
L’espoir y est doré comme cette mer !

À bord de ma voile je la traverse,
Quand je nage sur cette étendue de liberté,
Je suis un oiseau voguant dans le ciel
À travers l’océan de la vie.

Et je dois fuir, fuir la réalité cruelle :
Que le soleil ne se réveille pas !
Que je ne me lève pas ! Je suis un oiseau
Volant dans les chemins du ciel…

« Je suis un oiseau voguant dans le ciel
À travers l’océan de la vie
 »

Crédit iconographique : © 2020, David C.
(NDLR : photographie modifiée numériquement)

Une vie rêvée

par Romane L.
Classe de Première Générale 8

Alors à quoi sert de vivre,
De devenir ivre
De ma propre imagination ?
Nos rêves ne sont qu’illusion
D’une vie que nous espérons…

Alors j’aurais préféré partir
Seulement pour croire et vivre
Que ce rêve est vraiment réalité
Et que je pouvais tout espérer,
L’esprit plein de merveilles…

Alors le vent m’emporte
Dans un profond sommeil
Parmi la nuit. Je me sens pleine de pensées
Comme un enfant qui s’émerveille,
Enfin libre de pouvoir penser.

« Le Soleil, une boule de gaz incandescente, éblouissante,
Une parmi tant d’autre dans la Voie Lactée…
»

Illustration à venir

Quelques mots de l’auteure…

J’ai choisi d’écrire un poème sur ce thème car l’imagination et le rêve sont les seules choses qui permettent de s’évader hors de la réalité et de pouvoir croire en la réalité de ce que nous espérons. Mon poème évoque ainsi le contraste entre le monde réel, souvent déceptif et le monde imaginaire. En rupture avec une conception trop rationaliste du comportement humain, le rêve nous plonge dans le possible : « Enfin libre de pouvoir penser ». Pour moi, ce monde de liberté et de création est propre à l’enfance : tout semble utopique et idéal. Nos pensées et nos rêves deviennent réalisables…

Romane

Tombe l’hiver

par Laurelle R.
Classe de Seconde 14

L’Arbre marche et s’ancre dans la noirceur du vent,
Un cristal gelé, puis deux, puis trois inondent la nuit blanche d’un parterre scintillant.
L’heure se déforme, la nature ternie est en attente d’une renaissance florissante.
Le miroir d’eau reflète le vide où se balade, seule, une perle d’espoir, elle est si petite.
L’horizon se voile d’un drap de brume bleue où baignent les pleurs des arbres,
L’aube dorée rattrape la nuit, s’étire en harmonie et vient troubler la paix qui se meurtrit.
L’Arbre perd sa dernière feuille, le dernier fragment d’une nervure vidée, et,
Dans un dernier souffle, il s’emplit soudain d’une sérénité vagabonde.
Une vague d’adieu submerge sa silhouette dénudée
Et la plonge dans le froid sommeil d’un désert brillant…

« Une vague d’adieu submerge sa silhouette dénudée
Et la plonge dans le froid sommeil d’un désert brillant
 »

Crédit iconographique :© 2020, Laurelle R. (NDLR : image modifiée numériquement)

Quelques mots de l’auteure…

J’ai choisi pour mon poème de travailler sur le thème de l’hiver. Le fait d’évoquer les saisons était important pour moi car je trouve que c’est quelque chose de très beau à décrire et à raconter. Dans mon travail, j’ai employé diverses figures de style telles que l’anaphore, la métaphore ou encore la personnification en évoquant un arbre qui marche, qui vit. Le choix d’écrire en vers libres s’est imposé naturellement afin de me libérer des contraintes de la rime. De fait, mon texte est plutôt surréaliste et a un aspect envoûtant, il défie le temps qui semble être ralenti…

Pour illustrer mon poème, j’ai choisi une photographie d’un arbre à contre-jour pour représenter cette silhouette qui « s’ancre dans la noirceur ». Le ciel aux tons bleus violets évoque la brume bleue dans laquelle pleure l’arbre. 

Laurelle

Comme l’enfant cherchant son destin

par Agathe S.
Classe de Seconde 14

Comme l’enfant cherchant son destin,
Au bord du ruisseau elle dansa.
Son âme par la folie se dispersa
Par un brouillard sentimental…
La mer partie en exil,
Elle trouva l’inspiration.
Sa conscience soumise à la tyrannie
Dans d’étranges circonstances.
Un homme s’avance et lui fait face
Vêtu d’un costume de mort
La grandeur de cette belle disproportion
Fait de ce personnage son inspiration.
Les coupures sur ses lèvres
Causées par l’épée ;
Ce charmant mélange de ciel et de magie…
Elle se résolut à baisser les armes

« Les coupures sur ses lèvres
Causées par l’épée »

Crédit iconographique : © 2020, Agathe S.

Quelques mots de l’auteure…

J’ai choisi d’écrire ce poème en atelier d’écriture, il évoque symboliquement le passage douloureux du monde de l’enfance au monde adulte par l’intermédiaire d’une agression : celle d’un homme (dans le poème « Vêtu d’un costume de mort » signifiant bien par ce costume l’acte sur le point de se passer) sur une fille (« l’enfant cherchant son destin »). C’est bien précisé donc : que la victime est une enfant. J’ai voulu évoquer ce thème douloureux car les abus sexuels touchent un nombre important d’enfants, particulièrement de filles avant l’adolescence.

Dans la dernière strophe, « les coupures sur ses lèvres » font référence aux blessures causées par l’homme, qui abuse de sa situation pour séduire sa victime. Tout ceci montre bien qu’il y a eu une agression, peut-être un viol. Je n’avais pas pensé à cette hypothèse en écrivant le poème, les phrases sont venues seules.

Agathe

Le voyage féérique

par Emma Q.
Classe de Première Générale 8

Ce rêve merveilleux qui semble paisible
Illumine d’une lumière intense
Le bleu accessible.
Au loin sur le rivage, le bleu va et revient
Comme une caresse.

Ce bleu est semblable au ciel
Sur lequel vogue un navire.
Derrière ce navire une aurore se dessine,
J’aperçois l’équipage du bateau marcher
Jusqu’à la lune.

Ce navire est devant une terre recouverte d’un souffle Angélique.
Cette terre semble imaginaire,
Enveloppée d’une lumière douce et chaude.
Sur la plage la lune avec ses longs cheveux
Ressemble à une fée.

La maison flottante semble vouloir atteindre
Ces îles bondées de magie féerique.
La lune belle attend les passagers pour leur faire découvrir
Le monde de l’imaginaire
Aux rimes de vent et de voyage.

« Au loin sur le rivage, le bleu va et revient
Comme une caresse.
Ce bleu est semblable au ciel
Sur lequel vogue un navire
 »

Crédit iconographique : © 2020, Emma Q. (NDLR : image modifiée numériquement)

Quelques mots de l’auteure…

Ce poème est en vers libres : les lois de la versification ne sont pas respectées mais il comporte de nombreux parallélismes sonores. Il parle d’un voyage imaginaire qui serait incroyable car c’est un rêve et des événements surréalistes s’y produisent.

La première strophe évoque d’emblée la possibilité du rêve : la mer est atteignable et devient « ce bleu accessible ». Au large, les vagues vont et reviennent calmement.

Dans la deuxième strophe, on retrouve la métonymie de la mer désignée par « ce bleu semblable au ciel ». La réalité se déconstruit progressivement : l’équipage du navire marche sur l’aurore pour aller jusqu’à la lune. La dimension surréaliste du texte invite en effet à une déconstruction de la réalité : la « terre recouverte d’un souffle Angélique » donne un aspect de magie. Cette terre semble ne pas exister et se confond avec la mer.

Dans la troisième strophe, la personnification de la lune aux « longs cheveux » métaphorise le réel. Le bateau est évoqué par le biais d’une périphrase : « la maison flottante » : comme si la Terre et la Mer se confondaient en lui. On a l’impression que la lune attend l’équipage du bateau comme une personne : « la lune belle attend les passagers pour leur faire découvrir / Le monde de l’imaginaire ».

Cette dimension allégorique est essentielle car elle débouche dans la dernière strophe sur une réflexion sur la poésie. Acte libérateur, la création poétique pourrait même favoriser une délivrance venue d’un ailleurs insondable : ce « monde de l’imaginaire aux rimes de vent et de voyage », c’est bien sûr la Poésie, envisagée dans son essence spirituelle : véritable langage de l’âme.

Emma

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Le voyage, un secret bien caché

par Gaëlle H.
Classe de Première Générale 8

Une tulipe poussant devant la Lune cache son sourire,
Le soleil effleure l’horizon
Qui dessine au loin la mer en buée.
L’odeur de la chaleur efface nos malheurs,
Le fruit du bonheur est de partager nos douceurs.

Les guirlandes de muguet ont des parfums de voyage
Ton visage parmi le paysage
Permet le reflet des étoiles qui me paraissent banales.
Là-haut dans les cieux se trouvent de jolis yeux
Le paradis est une fête, la générosité y est invitée.

Au loin les colombes laissent une traînée
Difficilement visible a cause d’une nuée de confettis.
À travers le hublot, un spectacle s’offre a nous,
Le monde marin nous partage son quotidien.
Le rêve est la clé pour sublimer la réalité.

« Le soleil effleure l’horizon
Qui dessine au loin la mer en buée
 »

Crédit iconographique : © 2020, Gaëlle H. (NDLR : image modifiée numériquement)

L’inconnue

par Hugo M.
Classe de Première Générale 8

Au cours de mon dernier voyage,
J’ai rencontré une inconnue.
Elle est telle la circonférence
Du cercle mystérieux du théorème

Comme la variable du programme,
Le degré de ma pensée est exponentiel
Et la probabilité que je la revoie est nulle.
Mon but est de déterminer la solution de cette équation.

Il y a tant de réels mais seulement une unité
Et j’ai tant de mal à déduire un ensemble
De son cœur hyperbolé

Mon évolution dans cet exercice est vaine
Je ne trouve toujours pas la solution
Serait-ce une inéquation ?

« Il y a tant de réels mais seulement une unité
Et j’ai tant de mal à déduire un ensemble
De son cœur hyperbolé
 »

Crédit iconographique : © 2020, Hugo M. (photomontage et peinture numérique)

 

        

La numérisation de la cinquième livraison de textes est terminée.
Quelques poèmes seront rajoutés ultérieurement.

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