Texte support : cours sur le Symbolisme.
Réaliser une fiche de synthèse...
Les dangers d’un cours appris « mot à mot »
Nombreux sont les étudiants qui estiment que « prendre un cours » relève de la simplicité : il suffirait de « recopier le tableau » et d’en apprendre tel quel le contenu. Une pareille conception est fréquemment source d’échecs. D’une part parce que beaucoup de professeurs (moi le premier) ne notent bien souvent au tableau que quelques points de détail qui ne correspondent pas forcément aux informations clés, ou à la structure du cours ; et d’autre part, parce qu’il est impossible de tout retenir.
Prenez le cas d’un élève de Première qui présenterait à l’oral du Baccalauréat 16 textes. Chaque lecture suivie occupe une copie double environ, soit plus de 60 pages rien que pour l’oral ! Il est évident que si le candidat ne constitue pas de fiches de synthèse il lui sera impossible d’affronter l’examen dans de bonnes conditions, pour la simple raison que personne ne peut apprendre correctement un tel volume de pages : l’esprit se perd dans le détail, on n’a pas de vision nette des notions, on commet des confusions nombreuses, on n’est pas capable de distinguer ce qui a de l’importance du détail inutile : vous devez donc veiller à discerner l’essentiel de l’accessoire afin de restituer avec exactitude une leçon…

_
Privilégiez la pensée globale…
À l’opposé, si vous vous réappropriez le cours en le synthétisant, vous l’apprendrez beaucoup plus facilement et rapidement. Le but, c’est d’être capable de partir du sens global et de reconstituer mentalement les points de détail à partir des mots clés qu’on a notés. La pensée est ainsi plus synthétique : au lieu de se noyer dans les faits, elle privilégie l’abstraction et l’idée, c’est-à-dire le sens.
Le principe d’une fiche de synthèse…
Tout d’abord, il faut lire attentivement le texte (en le prononçant à voix basse si vous le pouvez) en surlignant les mots ou groupes de mots qui correspondent aux informations principales, ou qui présentent un intérêt particulier, car le texte est inexploitable tel quel !
Attention : ne surlignez que l’essentiel, surtout pas de phrases ou de parties de phrases entières. Trop surligner revient en fait à ne rien noter du tout !
Étape 2 : l‘exploitation des notes
Il ne faut jamais apprendre à partir du texte surligné. Les notes doivent être retravaillées afin de mieux mémoriser le cours : vous devez donc les ordonner puis les compléter.◊ Pensez en premier lieu à rechercher le sens des mots inconnus ou difficiles, ou ce que vous ne comprenez pas bien (au crayon de papier sur votre feuille de cours, pensez aussi à noter dans la marge les questions ou remarques qui vous viennent à l’esprit afin de les évoquer au début du cours suivant…).
◊ Il faut ensuite reporter les informations importantes (qui sont surlignées) en reformulant, en regroupant les idées et en évitant les inutiles présentations (« Le Symbolisme est un mouvement littéraire et culturel… »).
Le nouveau texte comporte 35 mots seulement (contre 170 pour le texte d’origine, soit 5 fois moins environ).
Alors que dans le cours écrit, la structure des phrases, volontairement « littéraire », permettait d’enrichir l’énoncé, dans les notes au contraire, il est impératif de reformuler et de supprimer les redondances (répétitions sous une autre forme), les adverbes, les propositions, certains exemples, etc.
◊ Au moment de reporter les informations importantes, il faut donc penser à :
- Synthétiser. Posez-vous toujours ces questions évidentes, mais pourtant essentielles : de quoi est-il question dans le cours ? Quels en sont les axes directeurs ? Sur quoi faut-il que j’insiste avant tout ?
- Hiérarchiser : dans l’exemple ci-dessus, le titre (« Symbolisme »), les repères historiques (« 1885-1895 ») ainsi que la définition (« Révolution spirituelle et idéaliste contre le Réalisme et le Naturalisme ») sont bien mis en évidence. Obligez-vous ensuite, à l’oral, à formuler des phrases rédigées à partir de vos notes afin de vous entraîner à la maîtrise du discours.
- Regrouper les idées : dans le texte d’origine, certaines expressions ou mots importants étaient parfois répétés afin d’aider le lecteur à cerner l’idée directrice (« réaction idéaliste » ligne 3 ; « nostalgie de l’idéal » ligne 8 ; « idéalisation du réel » dernière ligne) : dans votre fiche, il faut évidemment regrouper les informations : tout ce qui est redondant, mais aussi accessoire ou secondaire doit être supprimé.
Etape 3 : l’apprentissage actif du cours
Apprenez toujours le cours à partir de vos fiches de synthèse (et jamais comme je le rappelais plus haut, à partir du cours lui-même). Pensez à relire régulièrement vos fiches en privilégiant à la fois la compréhension du sens global et le « par cœur » pour ce qui concerne la mémorisation des notions, du vocabulaire, des définitions, des citations…
Entraînez-vous par ailleurs aux évaluations en vous posant des « colles » : l’entraînement joue en effet un rôle essentiel afin de vérifier que les notions à étudier sont bien acquises. Le mieux est de vous imposer une « interro surprise » : posez-vous une question d’ensemble et donnez-vous 10 à 15 minutes pour y répondre, pas plus.
Stimuler la mémoire auditive : apprendre avec un smartphone : cliquez ici pour accéder à l’article dans lequel j’explique en détail la méthode).
L’intérêt de la mémoire auditive
Après une journée de travail, la mémoire visuelle est souvent défaillante, surtout si l’on veille tard le soir : fatigue oculaire, difficultés de concentration, troubles de la vision… De plus, votre cerveau est un peu comme un disque dur d’ordinateur : après plusieurs heures de cours sur des matières complètement différentes, une fois rentré chez vous, l’ordinateur, la télévision, les jeux vidéo sollicitent de nouveau votre cerveau. À un certain moment, il ne parvient plus à gérer cette multiplication de signes : le « disque dur » de votre cerveau est littéralement « fragmenté », impossible pour lui de restituer convenablement les connaissances, de là de nombreuses confusions, souvent très lourdes de conséquences en situation d’évaluation.
© Bruno Rigolt (Lycée en Forêt, Montargis, France) dernière révision : 26 octobre 2011 à 09:26


Publié par