Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Leny Escudero

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui, jeudi 10 août : Leny Escudero (fin de l’exposition 2017)
Hier, mercredi 9 août : Cœur de Pirate 

Leny Escudero :
« Vivre pour des idées »

(1973)

Paroles : Leny Escudero ; musique : Thierry Fervant (Mauley, dit)
Album : Vivre pour des isées, 1973
Label : Malypense

Site Web : http://www.lenyescudero.fr

 

était à Teruel et à Guadalajara,
Madrid aussi le vit
Au fond du Guadarrama.
Qui a gagné ? Qui a perdu ?
Nul ne le sait, nul ne l’a su,
Qui s’en souvient encore ?
Faudrait le demander aux morts.

J’étais pas gros, je vous le dis
Les yeux encore ensommeillés,
Mon père sur une chaise assis
Les pieds et les mains attachés,
Et j’avais peur, et j’avais froid,
Un homme m’a dit : « Calme-toi ! »
Un homme qui était différent
Sans arme mais il portait des gants,
Une cravache qui lui donnait un air…
Un peu de sang coulait sur la joue de mon père.

Et j’avais peur et j’avais froid,
L’homme m’a dit : « Ecoute-moi,
Je vais te poser une question
La vie de ton père en répond.
Dis-moi quelle est la capitale,
Voyons… de l’Australie Australe ? »
Je n’risquais pas de me tromper
On ne m’avait jamais parlé
Des grandes villes qui ont des noms si fiers,
Une larme coulait sur la joue de mon père.

Et j’avais peur et j’avais froid,
J’ai dû pleurer aussi je crois,
Mais l’homme a eu comme un sourire
Et puis je l’ai entendu dire :
« C’est un brave homme, coupez ses liens !
Ton enfant tu l’éduques bien,
Car tu as le sens du devoir,
Chacun son dû et son savoir »
Ils sont partis au petit matin clair,
J’ai couru me blottir dans les bras de mon père.

Il m’a serré fort contre lui
« J’ai honte tu sais mon petit,
Je me demandais, cette guerre
Pour quelle raison j’irais la faire ?
Mais maintenant je puis le dire :
Pour que tu saches lire et écrire. »
J’aurais voulu le retenir,
Alors mon père m’a dit : « Mourir
Pour des idées, ça n’est qu’un accident. »
Je sais lire et écrire et mon père est vivant.

Il était à Teruel et à Guadalajara
Madrid aussi le vit
Au fond du Guadarrama…

Copyright © 1973, Leny Escudro ; Thierry Fervant / Malypense
e Records_
 Crédit iconographique (lettrine) : Bruno Rigolt, d’après un détail de Guernica (Picasso, 1937, huile sur toile).
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Cœur de Pirate

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui, mercredi 9 août :
Cœur de Pirate (Béatrice Martin, dite). Canada (Québec)

Hier, mardi 8 août : Dick Annegarn
Demain,  jeudi 10 août (fin de l’exposition) : Lény Escudéro

Cœur de Pirate :
« Crier tout bas »

(2015)

Paroles et musique : Cœur de Pirate (Béatrice Martin)
Album : Roses, 2015
Labels : Dare To Care Records (Canada) ; Universal Music (Division Barclay)

Site Web : http://www.coeurdepirate.com

 

 

t’ai vu tracer le long du paysage
Une ligne des aimées qui détruisent ton langage
Et quand tu chantais plus fort dans ton silence
Je voyais les larmes couler toujours à contresens

Mais quand les saisons attendront ton retour
Ce s’ra le vent qui portera secours

Et si la terre est sombre et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble
Et si le jour n’vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas
Crier tout bas

J’ai voulu calmer ton souffle qui s’étouffait
Des courses vers le vide ton rire qui soupirait
Si tu mets le cap vers des eaux restant troubles
Je s’rai le phare qui te guidera toujours

Mais quand les saisons attendront ton retour
Ce s’ra le vent qui portera secours

Et si la terre est sombre et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble
Et si le jour n’vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas
Crier tout bas

Je t’ai vu tracer le long du paysage
Une ligne des aimées qui détruisent ton langage
Et quand tu chantais plus fort dans ton silence
Je voyais les larmes couler toujours à contresens

Et si la terre est sombre et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble
Et si le jour n’vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas

Et si la terre est sombre et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble
Et si le jour n’vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas
Crier tout bas

Copyright © 2015, Cœur de Pirate (Béatrice Martin) / Dare To Care Records /Barclay
Dare To Care Records_
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Dick Annegarn

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui, mardi 8 août : Dick Annegarn
Hier, lundi 7 août : Rose
Demain,  mercredi 9 août : Cœur de Pirate

Dick Annegarn :
« Bruxelles »

(1972, 1974¹)

Paroles et musique : Dick Annegarn
Album : Sacré géranium, 1974
Label : Polydor

 

ruxelles, ma belle,
Je te rejoins bientôt,
Aussitôt que Paris me trahit
Et je sens que son amour est gris, et puis
Elle me soupçonne d’être avec toi le soir
Je reconnais c’est vrai
Tous les soirs dans ma tête
C’est la fête des anciens combattants
D’une guerre qui est toujours à faire

Bruxelles, attends moi j’arrive
Bientôt je prends la dérive

Michel, te rappelles-tu
De la détresse de la kermesse
De la gare du Midi ?
Te rappelles-tu de ta Sophie
Qui ne t’avait même pas reconnu ?
Les néons, les Léon, les nom de djeu²
Sublime décadence, la danse des panses,
Ministère de la bière, artère vers l’enfer,
Place de Brouckère.

Bruxelles, attends-moi j’arrive
Bientôt je prends la dérive

Cruel duel celui qui oppose
Paris névrose et Bruxelles abrutie
Qui se dit que bientôt
Ce sera fini
L’ennui de l’ennui
Tu vas me revoir Mademoiselle Bruxelles
Mais je ne serai plus tel que tu m’as connu
Je serai abattu courbatu combattu
Mais je serai venu.

Bruxelles, attends-moi j’arrive
Bientôt je prends la dérive

Paris je te laisse mon lit…

Copyright © 1974, Dick Annegarn / Columbia / Warner Chappell Music France
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  1. Chanson composée en 1972, au moment où Dick Annegarn, chanteur néerlandais d’expression essentiellement française (La Haye, Pays-Bas, 1952 – ), après avoir passé une douzaine d’années en Belgique, s’installe dans la Ville Lumière.  La chanson sort en 1974 dans le premier album de Dick Annegarn : Sacré Géranium (Polydor).
  2. Nom de djeu ou Nomdedjeu : Nom de Dieu (juron populaire)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Rose

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui, lundi 7 août : Røse (Keren Meloul, dite)
Hier, dimanche 6 août : Pierre Perret
Demain,  mardi 8 août : Dick Annegarn

Røse :
« Aux éclats je ris »

(2013)

Paroles et musique : Rose (Keren Meloul)
Album : Et puis juin, 2013
Label : Columbia

Site web : http://www.rose-lesite.fr/
Blog : http://www.rose-leblog.fr/

 

soir j’ai pas l’moral, c’est comme ça qu’on dit
Quand tout nous fait mal, mais ça pourrait êt’ pire.
On a la vie qui va, ça s’fait pas de l’ouvrir
Ça s’fait vraiment pas.

Ce soir j’ai pas l’sourire, c’est comme ça qu’on dit
Quand on s’ennuie à mourir, mais ça pourrait êt’ pire.
On a la vie jolie, ça s’fait pas de l’ouvrir,
C’est vraiment pas poli.

Mais parfois, oh ! comme je crève
De ce corps, de cette vie,
Je me mords les rêves
Et me tords les envies
C’est pas la mort, je me lève
Et aux éclats je ris.

Ce soir j’ai pas le cœur, c’est comme ça qu’on dit
Quand on rêve d’ailleurs et ça pourrait êt’ pire.
On a la vie qu’on peut, ça s’fait pas de l’ouvrir
C’est vraiment pas sérieux.

Mais parfois, oh ! comme je crève
De ce corps, de cette vie,
Je me mords les rêves
Et me tords les envies
C’est pas la mort, je me lève
Et aux éclats je ris.

Mais parfois, oh ! comme je crève
De ce corps, de cette vie,
Je me mords les rêves
Et me tords les envies
C’est pas la mort, je me lève
Et aux éclats je ris.

On a la vie qu’on a, à quoi ça sert de l’ouvrir ?
À quoi ça servira ?
À quoi ça servira ?
À quoi ça servira ?

Copyright © 2013, Røse (Keren Meloul) / Columbia
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Crédit iconographique (lettrine) : © août 2017, Bruno Rigolt (photomontage, peinture numérique)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Pierre Perret

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui dimanche 6 août : Pierre Perret
Hier, samedi 5  août : Sapho
Demain,  lundi 7 août : Rose

Pierre Perret :
« Femmes battues »

(2010)

Paroles et musique : Pierre Perret
Album : La Femme grillagée, 2010
Label : Naïve Records /Éditions Adèle

Site web : http://pierreperret.fr/

abassée à mort par amour
Paraît qu’ c’est courant de nos jours
Le métier d’épouse n’est pas sûr
Quand on est la femme d’un vrai dur
Mais celle qu’il appelle sa traînée
D’infidélité soupçonnée
A pourtant aimé ce débris
Qui la frappe à bras raccourcis

Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson

Au commissariat du quartier
La femme tuméfiée et l’époux
Sont debout devant l’brigadier
Qui soupire et dit encore vous
Vot’ mari présent chère madame
Prétend qu’ vous l’avez bien cherché
Pourquoi faire alors tout un drame
Vous n’êt’s pas tell’ment amochée

Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson

Il prétend qu’ vous êtes économe
Du tissu qui cache vos rondeurs
En vous corrigeant c’est en somme
Qu’il apaise un peu sa rancœur
Rentrez tous les deux vous coucher
Ça va s’ régler sur l’oreiller
Les voisins n’ vont pas protester
En d’vinant pourquoi vous criez

Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson

Tant qu’ les voies de fait sont bénignes
Des blessures ouvertes ou des bleus
Pour nous policiers la consigne
C’est de n’ pas sévir pour si peu
S’il vous étouffait sous la couette
S’il vous étranglait de ses mains
Nous pourrions ouvrir une enquête
Vous n’ seriez pas morte pour rien

Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson

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Copyright © 2010, Pierre Perret / Naïve Records / Éditions Adèle
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Crédit iconographique (lettrine) : © août 2017, Bruno Rigolt (photomontage, peinture numérique)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Sapho

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 5 août : Sapho (Danielle Ebguy). France/Maroc
Hier, vendredi 4 août : Raphael
Demain,  dimanche 6 août : Pierre Perret

Sapho :
« Petite fille veut le monde »

(2009)

Paroles et musique : Sapho (Danielle Ebguy)
Album : El Sol y la Luna, 2009
Label : EPM Musique

Site web : http://www.sapho.org/

 

 

a petite fille veut le monde
Mais son avenir est tout tracé.
On prépare un mari pour elle
Une maison pour l’encercler.
Lui il ira voir les filles
Et puis il boira du mescal.
Elle préparera les quésadilles
Et puis ce qu’il mange en général.

Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

 

Ça, les filles elles sont très libres
Mais on les regarde de travers.
Elles ont que leurs fesses pour vivre,
Elles n’ont plus ni père ni mère.
Leurs familles ne veulent plus d’elles,
Elles rient des hommes dans les bars,
Mais personne personne qui les aime.
C’est une autre misère noire.

Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

La petite fille veut le monde
Mais son avenir est tout tracé.
Sa mère va faire des ménages
C’est chez des touristes français.
Elle revient avec de la viande
Et des récits très luxueux.
La Señora est un peu folle,
Elle fait rien, elle dessine un peu.

Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

La petite fille veut le monde
Elle regarde la Señora.
Elle qui a l’air de l’avoir, le monde,
Elle est née ailleurs c’est pour ça.
La petite fille veut le monde
Son avenir est-il tout tracé ?
On prépare une maison pour elle,
Son temps sera encerclé.

Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

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Copyright © 2009, Sapho (Danielle Ebguy) / EPM Musique
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Crédit iconographique (lettrine) : © août 2017, Bruno Rigolt

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Raphael

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui vendredi 4 août : Raphael (Raphaël Haroche)
Hier, jeudi 3 août : La Grand Sophie
Demain,  samedi 5 août : Sapho

Raphael :
« Si jamais je nais demain »

(2015)

Paroles et musique  : Raphaël Haroche
Album : Somnambules, 2015
Label : Warner Music

Site web : https://www.raphael.fm

si jamais jamais je nais demain
Pas de nom, pas de jour 
Encore rien regardé 
Même pas appris à pleurer.
Si je voulais revenir en arrière,
Refermer un instant les paupières,
Si je n’avais jamais eu de mère,
Juste un peu de boue et de terre. 

Et si jamais jamais jamais je nais demain
Les plantes, les oiseaux et les jardins
Les hommes un cartable sur le dos
S’en vont en chantant jusqu’au tombeau.
De la pluie qui coule sur leurs dos
Sept jours sur la terre le royaume du mensonge
Les cœurs que l’amour ronge
Que l’amour ronge

Et si jamais jamais jamais je nais demain
Que je change d’avis en chemin
Dans la ruche, merveilleux, fragile comme des œufs
Comme une lumière s’éteint.
Sans pleurs et sans chagrin,
Les ailes des oiseaux nous pousseront dans le dos
Si jamais jamais je nais demain
Faites que je retrouve le chemin

Si jamais je meurs demain
Faites que je retrouve le chemin.

Pourquoi ? Pourquoi ne suis-je pas en 1837 ?
Les forêts de Paris
Pourquoi n’ai-je pas un arbre dans ma famille ?
On s’offrirait des fleurs,
On s’offrirait des fleurs…

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Copyright © 2015, Raphaël Haroche / Warner Music
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : La Grande Sophie

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 3 août : La Grande Sophie (Sophie Huriaux, dite)
Hier, mercredi 2 août : Georges Brassens
Demain,  vendredi 4 août : Raphaël

La Grande Sophie :
« Suzanne »

(2012)

Paroles et musique  : Sophie Huriaux
Album : La Place du fantôme, 2012
Label : Polydor Records

Site web : http://www.lagrandesophie.com.fr

egarde-moi, j’ai bien changé Suzanne,
J’ai viré de l’autre côté de mon nid,
Le volcan ne s’éteint pas Suzanne,
La mer est haute, rien n’est tranquille.

Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’attend ?
Qu’est-ce qui m’a pris ? Et quand j’y pense
Comment te dire ce que j’entends ?
Venu de nulle part, un autre vertige.

Qu’as-tu fait de mes étoiles, Suzanne ?
Au fond de mes yeux, les deux locataires.
Qu’as-tu vu dans la spirale, Suzanne ?
Le long de mes côtes, le bord de la terre.

Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’attend ?
Qu’est-ce qui m’a pris ? Et quand j’y pense 
Comment te dire ce que j’entends ?
Venu de nulle part, un autre vertige.

Je sais, tu n’existes pas Suzanne
Pourtant je te parle, pourtant je te parle,
Ton oreille, un coquillage Suzanne
Où j’entends la mer.

Quand je suis en ville,
Quand je suis en vie,
Réponds-moi Suzanne,
Réponds-moi Suzanne…

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Copyright © 2012, Sophie Huriaux / Polydor Records
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Georges Brassens

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 2 août : Georges Brassens
Hier, mardi 1er août : Emily Loizeau
Demain,  jeudi 3 août : La Grande Sophie

Georges Brassens :
« Les amoureux des bancs publics »

(1947, 1953¹)

Paroles et musique  : Georges Brassens
Album : Le Vent, 1953
Label : Polydor

es gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu’on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c’est une absurdité
Car à la vérité,
Ils sont là c’est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d’azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher.
Ils se voient déjà doucement
Ell’ cousant, lui fumant
Dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Quand la saint’ famill’ Machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell’ leur décoche hardiment des propos venimeux
N’empêch’ que tout’ la famille
Le pèr’, la mèr’, la fille
Le fils, le Saint-Esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s’conduir’ comme eux.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s’apercevront, émus,
Qu’ c’est au hasard des rues
Sur un d’ces fameux bancs
Qu’ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour.
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Copyright © 1953, Georges Brassens / Polydor
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1. Chanson composée en 1947 (titre original : « Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics »), enregistrée le 1er octobre 1953 avec pour titre définitif : « Les amoureux des bancs publics ».
 –

Crédit iconographique : Lettrine inédite créée à partir d’un dessin de Raymond Peynet (1908-1999).

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Emily Loizeau

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mardi 1er août : Emily Loizeau
Hier, lundi 31 juillet : Claude Nougaro
Demain,  mercredi 2 août : Georges Brassens

Emily Loizeau :
« Eaux sombres »

(2016)

Paroles et musique  : Emily Loizeau
Album : Mona, 2016
Label : Universal Music France (Division Polydor)

site web : http://www.emilyloizeau.fr

oi l’eau qui tombe
Qui coule sur ma fenêtre 
Qu’as-tu vu du monde ?
Qu’as-tu vu de la fête, cette fois ?
Elles défilaient les secondes
Dans ce manège de bois

Il y a des gens qui tombent
Et d’autres qui ont froid, je crois.
L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 

Love will take some, somewhere someday
Someday we’ll try¹

J’ai vu dans la rivière
Couler des galets plats 

Des pierres toutes rondes
Et même la terre parfois se noie.

Je nage dans une eau sombre
Où il y a longtemps déjà 

Ont coulé les décombres
D’un vieux navire de bois.
L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 

L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 
Love will take some somewhere someday
Someday we’ll try¹…
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Copyright © 2016, Emily Loizeau / Universal Music France (Polydor)
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1. L’amour prendra certains, quelque part un jour, un jour on essaiera

Crédit photographique : lettrine créée à partir d’une photographie d’Emily Loizeau (© Micky Clément). Source : Universal Music France.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Claude Nougaro

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui lundi 31 juillet : Claude Nougaro
Hier, dimanche 30 juillet : Christine and the Queens
Demain,  mardi 1er août : Emily Loizeau

Claude Nougaro :
« Toulouse »

(1967)

Paroles : Claude Nougaro.
Musique : C. Nougaro et Christian Chevallier.

45 T: « Toulouse », 1967
Label : Philips

 _
u’il est loin mon pays, qu’il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L’eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
_

Ô mon païs¹, ô Toulouse, ô Toulouse…

Je reprends l’avenue vers l’école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne

Ô mon païs, ô Toulouse…

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu’on se traite
Il y a de l’orage dans l’air et pourtant
_
L’église Saint-Sernin illumine le soir
D’une fleur de corail que le soleil arrose
C’est peut être pour ça malgré ton rouge et noir
C’est peut être pour ça qu’on te dit Ville Rose
_
Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?
_
Voici le Capitole, j’y arrête mes pas
Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J’entends encore l’écho de la voix de papa
C’était en ce temps-là mon seul chanteur de blues…
_
Aujourd’hui tes buildings grimpent haut
À Blagnac tes avions sont plus beaux²
Si l’un me ramène sur cette ville
Pourrais-je encore y revoir ma pincée de tuiles ?
_
Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse !
_
Copyright © 1967 Claude Nougaro, Christian Chevallier / Philips
_
_

1. païs : pays (en Occitan)
2 Variante : « À Blagnac tes avions ronflent gros ». C. Nougaro sur scène avait pris l’habitude de cette variante. Les dernières versions publiées de la chanson entérinent d’ailleurs cette variante. Cf. C. Nougaro, Nougaro sur paroles, Paris Flammarion, 1997, 2004.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Christine and the Queens

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui dimanche 30 juillet : Christine and the Queens
(Héloïse Letissier, dite)

Hier, samedi 29 juillet : Jean Ferrat
Demain, lundi 31 juillet : Claude Nougaro

Christine and the Queens :
« Christine »

(2014)

Paroles, musique, arrangements : Héloïse Letissier
Album : « Chaleur humaine », 2014
Label : Because Music

Site web : http://www.christineandthequeens.com/home/

 _
commence les livres par la fin 
Et j’ai le menton haut pour un rien 
Mon œil qui pleure c’est à cause du vent 
Mes absences c’est du sentiment
 –
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Ça ne tient pas debout 
Sous mes pieds le ciel revient
 –
Ils sourient rouge et me parlent gris 
Je fais semblant d’avoir tout compris 
Et il y a un type qui pleure dehors 
Sur mon visage de la poudre d’or
 –
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Ça ne tient pas debout 
Sous mes pieds le ciel revient
 –
Nous et la man on est de sortie
Pire qu’une simple moitié on compte à demi-demi
Pile sur un des bas côtés comme des origamis
Le bras tendu paraît cassé
Tout n’est qu’épis et éclis
Ces enfants bizarres
Crachés dehors comme par hasard
Cachant l’effort dans le griffoir
Et une creepy song en étendard qui fait :
« J’fais tout mon make-up au mercurochrome
Contre les pop-ups qui m’assurent le trône
J’fais tout mon make-up au mercurochrome
Contre les pop-ups qui m’assurent le trône »
 –
Je ne tiens pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Je ne tiens pas debout
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Je ne tiens pas debout
Sous mes pieds le ciel revient…
_
Copyright © 2014 Héloïse Letissier / Because Music
_

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Jean Ferrat

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 29 juillet : Jean Ferrat (Jean Tenenbaum, dit)
Hier, vendredi 28 juillet : Loane
Demain, dimanche 30 juillet : Christine and the Queens

Jean Ferrat :
« La femme est l’avenir de l’homme* »

(1975)

Paroles et musique : Jean Ferrat 
Album : « La femme est l’avenir de l’homme », 1975
Label : Teney / Barclay

 _
e poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Entre l’ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D’autres décrètent par la Bible
_
Le poète a toujours raison
Qui détruit l’ancienne oraison
L’image d’Ève et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du Moyen âge
Vos siècles d’infini servage
Pèsent encor** lourd sur la terre
_
Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D’autres amours en son royaume
Remet à l’endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D’une manière irréversible
_
Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Copyright © 1975, Jean Ferrat / Teney / Barclay
_
 _
* Dans Le Fou d’Elsa (Paris Gallimard, 1963), Aragon (1897-1982) écrit (dans le poème « Zadjal de l’avenir ») :
L’avenir de l’homme est la femme
Elle est la couleur de son âme
Elle est sa rumeur et son bruit
Et sans elle il n’est qu’un blasphème
Il n’est qu’un noyau sans le fruit
Sa bouche souffle un vent sauvage
Sa vie appartient aux ravages
Et sa propre main le détruit
_
Je vous dis que l’homme est né pour
la femme et né pour l’amour
Tout du monde ancien va changer
D’abord la vie et puis la mort
Et toutes choses partagées
Le pain blanc les baisers qui saignent
On verra le couple et son règne
Neiger comme les orangers.
** Encor : licence poétique pour encore. L’adverbe encore est en effet suivi d’une consonne, ce qui porterait atteinte à la régularité des octosyllabes.

_

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Loane

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui vendredi 28 juillet : Loane (Loane Rathier, dite)
Hier, jeudi 27 juillet : Jacques Brel
Demain, samedi 29 juillet : Jean Ferrat

Loane :
« Les trains de nuit »

(2011)

Paroles et musique : Loane (Loane Rathier)
Album : « Le lendemain », 2011
Label : EMI Music France

rêvé d’un autre voyage,
Par la fenêtre le soleil
Sous les nuages faisait tomber le ciel.
Sous les draps mon cœur transpirait,
Il fallait ne dire à personne
Qu’il était tard et que tu revenais.
 –
Confidentiels, rêves intimes
Des aveux nocturnes…
Les trains de nuit prenaient les sens interdits,
Tes yeux éclairaient le ciel.
Les trains de nuit nous plongeaient dans l’infini
Des souvenirs passionnels.

J’ai rêvé d’un autre aujourd’hui,
Troublante arrivée d’un orage
Quand les visages reviennent sans bruit.
À côté de moi mon amour
Dormait sans craindre ton retour
Mais tes oiseaux ont traversé la nuit.

Confidentiels, rêves intimes
Des aveux nocturnes…
Les trains de nuit retombaient dans la folie,
Tes yeux éclairaient le ciel.
En train de nuit, je m’endormais en sursis
Sous les couteaux passionnels.
Et je remonte éblouie
Dans les wagons en sommeil.
Tous les oiseaux endormis
Ont traversé le tunnel
Brûlant mes larmes au soleil
Des remontées passionnelles.
Les trains de nuit
Retombaient dans l’infini
De tes yeux couleur du ciel.
Les trains de nuit
Nous plongeaient dans l’infini
Des souvenirs passionnels…

Copyright © 2011, Loane / EMI Music France

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Jacques Brel

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 27 juillet : Jacques Brel (Belgique)
Hier, mercredi 26 juillet : Juliette
Demain, vendredi 28 juillet : Loane

Jacques Brel :
« Le plat pays »

(1962)

Paroles et musique : Jacques Brel
Album : « Bijoux & Babioles », 2008
Éditions : S.E.M.I. et Pouchenel.

vec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l’est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu
Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité
Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu
Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s’écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien
Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien

Copyright © 1962, S.E.M.I. et Pouchenel.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Juliette

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 26 juillet : Juliette (Juliette Noureddine)
Hier, mardi 25 juillet : Serge Gainsbourg
Demain, jeudi 27 juillet : Jacques Brel

 

Juliette :
« Aller sans retour »

(2008)

Paroles et musique : Juliette Noureddine
Album : « Bijoux & Babioles », 2008
Label : Polydor

e que j’oublierai c’est ma vie entière,
La rue sous la pluie, le quartier désert,
La maison qui dort, mon père et ma mère
Et les gens autour, noyés de misère…
En partant d’ici
Pour quel paradis 
Ou pour quel enfer ?
J’oublierai mon nom, j’oublierai ma ville,
J’oublierai même que je pars pour l’exil.
_
Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée.
Au fond de la poche, un peu d’argent pour
Un ticket de train aller sans retour,
Aller sans retour.
J’oublierai cette heure où je crois mourir
Tous autour de moi se forcent à sourire
L’ami qui plaisante, celui qui soupire,
J’oublierai que je ne sais pas mentir.
Au bout du couloir,
J’oublierai de croire
Que je vais revenir.
J’oublierai même si ce n’est pas facile
D’oublier la porte qui donne sur l’exil.
_
Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée.
Au fond de la poche un peu d’argent pour
Un ticket de train aller sans retour,
Aller sans retour.
_
Ce que j’oublierais… si j’étais l’un d’eux
Mais cette chanson n’est qu’un triste jeu
Et quand je les vois passer dans nos rues
Étranges étrangers, humanité nue,
Quoi qu’ils aient fui
La faim le fusil,
Quoi qu’ils aient vendu…
Je ne pense qu’à ce bout de couloir,
Une valise posée en guise de mémoire.

Copyright © 2008, Juliette/ Polydor.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Serge Gainsbourg

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mardi 25 juillet : Serge Gainsbourg (Lucien Ginsburg, dit)
Hier, lundi 24 juillet : Axelle Red
Demain, mercredi 26 juillet : Juliette

 

Serge Gainsbourg :
« La chanson de Prévert »*

(1960)

Paroles et musique : Serge Gainsbourg (Lucien Ginsburg, dit).
Album : « L’Étonnant Serge Gainsbourg », 1961
Label : Mercury

Je voudrais tant que tu te souviennes »
Cette chanson était la tienne
C’était ta préférée
Je crois
Qu’elle est de Prévert
Et Kosma.
Et chaque fois « Les feuilles mortes »
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour, les amours mortes
N’en finissent pas de mourir.
Avec d’autres bien sûr je m’abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m’indiffère
À cela il n’est rien à faire
_
 Car chaque fois « Les feuilles mortes »
Te rappellent à mon souvenir.
Jour après jour, les amours mortes
N’en finissent pas de mourir.
 –
Peut-on jamais savoir par où commence
Et quand finit l’indifférence ?
Passe l’automne vienne l’hiver
Et que la chanson de Prévert
Cette chanson, « Les feuilles mortes »,
S’efface de mon souvenir
Et ce jour-là, mes amours mortes
En auront fini de mourir.
Et ce jour-là, mes amours mortes
En auront fini de mourir…

Copyright © 1960, Serge Gainsbourg / 1961 Mercury.

 * Jacques Prévert rédige en 1945 le texte « Les Feuilles mortes » en s’inspirant d’une musique de Joseph Kosma. À l’origine, cette chanson devait constituer le générique d’un film de Maurice Carné : Les Portes de la nuit. Finalement, seules quelques bribes de la chanson sont fredonnées dans le film qui est un échec commercial. Mais en quelques années à peine, la chanson fera le tour du monde…

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Axelle Red

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui lundi 24 juillet : Axelle Red (Belgique)
Hier, dimanche 23 juillet : Guy Béart
Demain, mardi 25 juillet : Serge Gainsbourg

Axelle Red :
« Rester femme »

(1996)

Paroles et musique : Axelle Red (Fabienne Demal, dite).
Album : « À tâtons », 1996
Label : EMI

aisse-moi rester femme
Laisse-moi rester femme
Je ferai tout pour t’encourager,
Ne pas t’étouffer,
Pour que tu m’aimes.
J’te donnerai tout le temps qu’il faudra,
Je porterai plus que mes bas noirs,
Je n’te demanderai plus de m’appeler
Quand tu rentres tard,
Et même, si je voulais savoir
Où tu es et qui tu vois, qui te sépare de moi,
Je ferai semblant de croire tes mensonges
Et j’aime autant fuir les gens que ça dérange.
Mais laisse-moi rester femme
 
Ne fût-ce qu’en larmes…
 
J’abandonnerai mes séries à savon
Je ne te comparerai plus
Aux héros de mes pulp fictions
Oh non, non
Mes discours de sécurité
Appartiennent au passé.
Et même si je voulais savoir
Où tu es et qui tu vois, qui te sépare de moi,
Je ferai semblant de croire tes mensonges
Et j’aime autant fuir les gens que ça dérange.
Mais laisse-moi, rester femme !
Laisse-moi rester femme !
 
Sans arme
Sans flamme, sans charme, en larmes*…
 
Rester, rester femme, femme, femme…
 
Laisse-moi rester femme
Laisse-moi rester femme
Je ferai tout pour t’encourager,
Ne pas t’étouffer,
Pour que tu m’aimes.
Pour que tu m’aimes.
Pour que tu m’aimes…
 
* Ajout de texte dans la très belle version acoustique : album The Songs (Acoustic), 2015 (Warner Music _Benelux).
_À écouter par exemple sur Deezer.

Copyright © 1996, Axelle Red / EMI.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Guy Béart

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui dimanche 23 juillet : Guy Béart
Hier, samedi 22 juillet : Brigitte Fontaine
Demain, lundi 24 juillet : Axelle Red

Guy Béart :
« Les couleurs du temps »

(1957, 1973)

Paroles et musique : Guy Béart (1957).
Initialement composée en 1957, la chanson a été reprise en 1973 où elle rencontra un succès immédiat.
Album : « Les Couleurs du temps », 1973
Labels : Espace Éditions, 1957. Disques Temporel/RCA, 1973.

a mer est en bleu entre deux rochers bruns,
Je l’aurais aimée en orange
Ou même en arc-en-ciel comme les embruns
Étranges.

Je voudrais changer les couleurs du temps,
Changer les couleurs du monde,
Le soleil levant, la rose des vents,
Le sens où tournera ma ronde.
Et l’eau d’une larme, et tout l’océan
Qui gronde.

J’ai brossé les rues et les bancs,
Paré les villes de rubans,
Peint la Tour Eiffel rose chair,
Marié le métro à la mer.

Le ciel est de fer entre deux cheminées,
Je l’aurais aimé violine.
Ou même en arc-en-ciel comme les fumées
De Chine.

Je voudrais changer les couleurs du temps,
Changer les couleurs du monde,
Le soleil levant, la rose des vents,
Le sens où tournera ma ronde.
Et l’eau d’une larme, et tout l’océan
Qui gronde…

Je suis de toutes les couleurs,
Et surtout de celles qui pleurent.
La couleur que je porte c’est
Surtout celle qu’on veut effacer.

Et tes cheveux noirs étouffés par la nuit,
Je les voudrais multicolores
Comme un arc-en-ciel qui enflamme la pluie
D’aurore.

Je voudrais changer les couleurs du temps, 
Changer les couleurs du monde,
Les mots que j’entends seront éclatants 
Et nous danserons une ronde,
Une ronde brune, rouge et safran
Et blonde.

Copyright © 1957, Guy Béart / 1957, Espace Éditions  / 1973, Disques Temporel/RCA.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Brigitte Fontaine

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 22 juillet : Brigitte Fontaine
Hier, vendredi 21 juillet : Stromae
Demain, dimanche 23 juillet : Guy Béart

 

Brigitte Fontaine :
« La femme à barbe »

(1995)

Texte : Brigitte Fontaine ; musique : Jacques Higelin ; arrangements : Aresky Belgacem
Album : « Genre humain », 1995
Label : Virgin

a nuit est une femme à barbe
La nuit d’lspahan ou de Tarbes
La nuit est une femme à barbe
La nuit…

Le matin est l’épée de Dieu
Lancée pour nous crever les yeux
Le soleil est un fauve en rut
Qui ne manque jamais son but

La terre est un os disparu
Dont rêvent les chiens dans les rues
Les astres sont les bijoux d’or
Oubliés par la Castafiore

Les buildings sont des petits cons
Pleins de croutons et de lardons
Et les magasins sont des forges
Tenues par Saint Jean et Saint Georges

La nuit est une femme à barbe
Venue d’lspahan ou de Tarbes
La nuit est une femme à barbe
La nuit…

Les rochers sont les réfectoires
Où les loups vont manger et boire
La mer est un repas de noces
Servi par des vierges féroces

Les arbres sont des messagers
Venus d’un royaume étranger
Et les nuages sont les songes
Des octopus et des éponges

Le ciel est un orchestre blanc
Aux vacarmes assourdissants
Le ciel est un orchestre noir
Allumant les amours d’un soir

La nuit est une femme à barbe
Venue d’lspahan ou de Tarbes
La nuit est une femme à barbe
La nuit…

Nous sommes des nids de poussière
De lune et d’étoile polaire
Nous sommes les fils du Phénix
Égarés dans la série X

Copyright © Virgin (1995)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Stromae

 

Auteurs  et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui vendredi 21 juillet : Stromae (Paul van Haver, dit)
Hier, jeudi 20 juillet : Anne Sylvestre
Demain, samedi 22 juillet : Brigitte Fontaine

Stromae :
« Alors on danse »

(2009)

Paroles et musique : Stromae (Paul Van Haver), Belgique
Album : « Cheese », 2010
Édition : Because Éditions, Kilomaître Productions, Mosaert
Label : Universal  / Mercury

lors on danse,
Alors on danse,
Alors on danse

Qui dit études dit travail
Qui dit taf te dit les thunes
Qui dit argent dit dépenses
Et qui dit crédit dit créance
Qui dit dette te dit huissier
Et lui dit assis dans la merde
Qui dit amour dit les gosses
Dit toujours et dit divorce

Qui dit proches te dit deuils
Car les problèmes ne viennent pas seuls
Qui dit crise te dit monde,
Dit famine et dit tiers-monde
Et qui dit fatigue dit réveil
Encore sourd de la veille

Alors on sort pour oublier tous les problèmes
Alors on danse

Et là tu t’dis que c’est fini
Car pire que ça ce serait la mort
Quand tu crois enfin que tu t’en sors
Quand y’en a plus eh ben y’en a encore
Ecstasy dit problèmes,
Les problèmes ou bien la musique
Ça t’prend les tripes
Ça t’ prend la tête
Et puis tu pries pour que ça s’arrête
Mais c’est ton corps c’est pas le ciel
Alors tu t’bouches plus les oreilles
Et là tu cries encore plus fort et ça persiste
Alors on chante
Lalalalalala, Lalalalalala
Alors on chante
Lalalalalala, Lalalalalala

Alors on chante, alors on chante
Et puis seulement quand c’est fini
Alors on danse, alors on danse
Alors on danse, alors on danse
Alors on danse, alors on danse
Alors on danse, alors on danse
Eh ben y’en a encore,
Eh ben y’en a encore
Eh ben y’en a encore

Copyright © Stromae / Universal / Mercury (2009)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Anne Sylvestre

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 20 juillet : Anne Sylvestre
Hier, mercredi 19 juillet : Léo Ferré
Demain, vendredi 21 juillet : Stromae

Anne Sylvestre :
« Berceuse de Bagdad * »

(2003)

Paroles et musique : Anne Sylvestre (Anne-Marie Beugras)
Album : « Les Chemins du vent », 2003
Label : EPM Musique

* Allusion aux femmes irakiennes qui ont accouché avant terme par césarienne juste avant les bombardements américains du 20 mars 2003, qui ont marqué les débuts de la guerre du Golfe.

on petit, le monde brûle
Et dans ta vie minuscule
Tu te croyais à l’abri.
Tu ne l’es plus aujourd’hui.
Pardon de t’avoir fait naître
Mais je voulais te connaître
Avant la foudre et le feu.
Est-ce donc que d’être deux
Nous rendra moins vulnérables
Sous le déluge implacable ?
Nous pourrons nous tenir chaud
Quand la mort viendra d’en haut.

Tu bois la peur avec mon lait,
J’aurais voulu, mon agnelet,
Te donner des prairies
Pour qu’un jour tu souries.

Mon petit, mon espérance,
Voici qu’on t’a fait violence
Et qu’on t’a sorti de moi
Sans attendre tes neuf mois.
Je te vois dans ta couveuse
Et au lieu d’en être heureuse
J’espère, le cœur tremblant,
Que tu vives assez longtemps
Pour me reprocher ce geste.
Et si tout en moi proteste
Je voulais te faire beau
Tant qu’il nous reste de l’eau.

Tu bois la peur avec mon lait,
J’aurais voulu, mon agnelet,
Te donner des prairies
Pour qu’un jour tu souries.

Mon petit, quel est ce monde
Où des sirènes répondent
Aux premiers cris d’un enfant
Étonné d’être vivant ?
Déjà sur ta peau si tendre
Je vois se poser des cendres
Qui demain nous couvriront.
Qui sait même où nous serons ?
Si à la mort je t’arrache
Il faudra que tu le saches
Qu’on se soucie peu de nous
Et que les hommes sont fous.

Tu bois la peur avec mon lait,
J’aurais voulu, mon agnelet,
Te donner des prairies
Pour qu’un jour tu souries.

Copyright © Anne Sylvestre / EPM Musique (2003)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Léo Ferré

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 19 juillet : Léo Ferré
Hier, mardi 18 juillet : Camille
Demain, jeudi 20 juillet : Anne Sylvestre

Léo Ferré :
« À Saint-germain des Prés »

(1950)

Paroles et musique : Léo Ferré (1950)
Album : « Chansons de Léo Ferré interprétées par Léo Ferré », 1954.
Label : Le Chant du Monde

‘habite à Saint-Germain-des-Prés
Et chaque soir j’ai rendez-vous
Avec Verlaine
Ce vieux Pierrot n’a pas changé
Et pour courir le guilledou
Près de la Seine

Souvent on est flanqué
D’Apollinaire
Qui s’en vient musarder
Chez nos misères
C’est bête, on voulait s’amuser,
Mais c’est raté
On était trop fauchés

Regardez-les tous ces voyous
Tous ces poètes de deux sous
Et leur teint blême
Regardez-les tous ces fauchés
Qui font semblant de ne jamais
Finir la s’maine

Ils sont riches à crever
D’ailleurs ils crèvent,
Tous ces rimeurs fauchés
Font bien des rêves.

Quand même,
Ils parlent le latin
Et n’ont plus faim
À Saint-Germain-des-Prés

Si vous passez rue de l’Abbaye
Rue Saint-Benoît, rue Visconti
Près de la Seine
Regardez l’monsieur qui sourit
C’est Jean Racine ou Valéry
Peut-êtr’ Verlaine

Alors vous comprendrez,
Gens de passage,
Pourquoi ces grands fauchés
Font du tapage.

C’est bête,
Il fallait y penser,
Saluons-les.
À Saint-Germain-des-Prés…

Copyright © Léo Ferré (1950), Le Chant du Monde (1954)

Robert Doisneau, La place Saint-Germain-des-Prés, de la terrasse d’un café. Vers 1950. Explorez l’univers artistique de Robert Doisneau

 

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Camille

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mardi 18 juillet : Camille
Hier, lundi 17 juillet : MC Solaar
Demain, mercredi 19 juillet : Léo Ferré

Camille
« Fontaine de lait »
(2017)

Paroles et musique : Camille (Camille Dalmais)
Album : « OUÏ »*, 2017. Éditeur : Because Music

* « Je voulais faire un disque protestataire, je voulais dire « non ». Et voilà que je dis « OUÏ ». Dans OUÏ, il y a tout : la rondeur du O, l’ouverture du U, la droiture du Ï. Tout ce que je souhaite dire, être et devenir. Aucun obstacle au chant des voyelles, au battement du cœur, du OU au Ï, de l’obscurité à la lumière, du grave à l’aïgu, de la terre aux nues, du tambour à la voix, de lui à moi. Et au bout du labeur : le Ï tout OUÏ, et ses deux poings levés vers le ciel. » (Camille)

_

ù va l’eau ? Où va l’âme ?
Et la sève, et les larmes
Évanouies ?
Aller où ? Aller là
Alléluia
Aller où il est où oui lui

Et voilà que je fais
Une fontaine de lui
Et voilà que je suis
Une fontaine de lait

Et l’avale éblouie
Sous les arbres du lit
L’oiseau jouit
À l’aval, Oh ! L’envie !
Lave pâle eau de vie !
Opale ! Oh ! Oui !

Et voilà que je fais
Une fontaine de lui
Et voilà que je suis
Une fontaine de lait…

Copyright © Camille / Because Music 2017

NB : la chanson étant très récente, veuillez noter que la transcription des paroles peut contenir des erreurs.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Véronique Sanson

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui dimanche 16 juillet : Véronique Sanson
Hier, samedi 15 juillet : Robert Charlebois
Demain, lundi 17 juillet : MC Solaar

 

Véronique Sanson
« Amoureuse »
(1971)

Paroles et musique : Véronique Sanson
Album : « Amoureuse », 1972. Éditeur : Piano Blanc (Société Des Editions Musicales)

_

ne nuit je m’endors avec lui,
Mais je sais qu’on nous l’interdit,
Et je sens la fièvre qui me mord
Sans que j’aie l’ombre d’un remords.

Et l’aurore m’apporte le sommeil,
Je ne veux pas qu’arrive le soleil,
Quand je prends sa tête entre mes mains
Je vous jure que j’ai du chagrin.

Et je me demande
Si cet amour aura un lendemain,
Quand je suis loin de lui,
Quand je suis loin de lui,
Je n’ai plus vraiment toute ma tête,
Et je ne suis plus d’ici,
Non ! Je ne suis plus d’ici :
Je ressens la pluie d’autres planètes,
D’une autre planète.

Quand il me serre tout contre lui,
Quand je sens que j’entre dans sa vie,
Je prie pour que le destin m’en sorte,
Je prie pour que le diable m’emporte.

Et l’angoisse me montre son visage,
Elle me force à parler son langage,
Mais quand je prends sa tête entre mes mains,
Je vous jure que j’ai du chagrin

Et je me demande
Si cet amour aura un lendemain.
Quand je suis loin de lui,
Quand je suis loin de lui,
Je n’ai plus vraiment toute ma tête.
Et je ne suis plus d’ici,
Non ! Je ne suis plus d’ici :
Je ressens la pluie d’autres planètes,
D’une autre planète…

Copyright © Véronique Sanson 1971 ; Piano Blanc 1972

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Robert Charlebois

Auteurs  et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 15 juillet : Robert Charlebois (Québec, Canada)
Hier, vendredi 14 juillet : Jeanne Cherhal
Demain, dimanche 16 juillet : Véronique Sanson

Robert Charlebois, Daniel Thibon
« Je reviendrai à Montréal »
(1976)

Paroles : Daniel Thibon ; musique : Robert Charlebois
Album : « Longue distance ». Éditeur : RCA

_

e reviendrai à Montréal
Dans un grand Boeing bleu de mer
J’ai besoin de revoir l’hiver
Et ses aurores boréales

J’ai besoin de cette lumière
Descendue droit du Labrador
Et qui fait neiger sur l’hiver
Des roses bleues, des roses d’or

Dans le silence de l’hiver
Je veux revoir ce lac étrange
Entre le cristal et le verre
Où viennent se poser des anges

Je reviendrai à Montréal
Écouter le vent de la mer
Se briser comme un grand cheval
Sur les remparts blancs de l’hiver

Je veux revoir le long désert
Des rues qui n’en finissent pas
Qui vont jusqu’au bout de l’hiver
Sans qu’il y ait trace de pas

J’ai besoin de sentir le froid
Mourir au fond de chaque pierre
Et rejaillir au bord des toits
Comme des glaçons de bonbons clairs

Je reviendrai à Montréal
Dans un grand Boeing bleu de mer
Je reviendrai à Montréal
Me marier avec l’hiver

Me marier avec l’hiver

Copyright © RCA, 1976

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Charles Trenet

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 13 juillet : Charles Trenet
Hier, mercredi 12 juillet : Barbara
Demain, vendredi 14 juillet : Jeanne Cherhal

Charles Trenet
« L’âme des poètes »
(1951)

Paroles et musique : Charles Trenet.
Éditeur: Raoul Breton

_

ongtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom de l’auteur
Sans savoir pour qui battait son coeur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d’idées
On fait la la la la la li
__________________La la la la la li

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
Un jour peut-être, bien après moi
Un jour on chantera
Cet air pour bercer un chagrin
Ou quelque heureux destin
Fera-t-il vivre un vieux mendiant
Ou dormir un enfant ?
Ou quelque part au bord de l’eau
Au printemps, tournera-t-il sur un phono ?

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leur âme légère court encore dans les rues.
Leur âme légère, c’est leurs chansons
Qui rendent gais, qui rendent tristes
Filles et garçons
Bourgeois, artistes
Ou vagabonds.
Longtemps, longtemps, longtemps.
La la la la la la…

Copyright © Raoul Breton, 1951.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd'hui : Barbara

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 12 juillet : Barbara (Monique Andrée Serf, dite)
Demain, jeudi 13 juillet : Charles Trenet

Barbara
« Une petite cantate »
(1965)

Paroles et musique : Barbara.
Label : Warner Chappell Music France

Chanson dédiée à Liliane Benelli (1935-1965), pianiste attitrée du Cabaret L’Écluse à Paris.

_

ne petite cantate
Du bout des doigts,
Obsédante et maladroite
Monte vers toi
Une petite cantate
Que nous jouions autrefois
Seule je la joue maladroite
Si, mi, la, ré, sol, do, fa

Cette petite cantate
fa, sol, do, fa
N’était pas si maladroite
Quand c’était toi
Les notes couraient faciles
Heureuses au bout de tes doigts
Moi j’étais là malhabile
Si, mi, la, ré, sol, do, fa

Mais tu es partie, fragile
Vers l’au-delà
Et je reste malhabile
Fa, sol, do, fa
Je te revois souriante
Assise à ce piano-là
Disant « Bon je joue, toi chante,
Chante, chante-la pour moi »

Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa
Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa
Ô mon amie
Ô ma douce
Ô ma si petite à moi
Mon Dieu qu’elle est difficile
Cette cantate sans toi

Une petite prière, la, la, la, la
Avec mon cœur pour la faire
Et mes dix doigts
Une petite prière
Mais sans un signe de croix
Quelle offense Dieu le Père
Il me le pardonnera

Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa
Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa
Les anges avec leur trompette
La joueront, joueront pour toi
Cette petite cantate
Que nous jouions autrefois
Les anges avec leur trompette
La joueront joueront pour toi
Cette petite cantate qui monte vers toi
Cette petite cantate qui monte vers toi

Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa

Copyright © Warner Chappell Music France, 1965.

 

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Barbara

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 12 juillet : Barbara (Monique Andrée Serf, dite)
Demain, jeudi 13 juillet : Charles Trenet

Barbara
« Une petite cantate »
(1965)

Paroles et musique : Barbara.
Label : Warner Chappell Music France

Chanson dédiée à Liliane Benelli (1935-1965), pianiste attitrée du Cabaret L’Écluse à Paris.

_

ne petite cantate
Du bout des doigts,
Obsédante et maladroite
Monte vers toi
Une petite cantate
Que nous jouions autrefois
Seule je la joue maladroite
Si, mi, la, ré, sol, do, fa

Cette petite cantate
fa, sol, do, fa
N’était pas si maladroite
Quand c’était toi
Les notes couraient faciles
Heureuses au bout de tes doigts
Moi j’étais là malhabile
Si, mi, la, ré, sol, do, fa

Mais tu es partie, fragile
Vers l’au-delà
Et je reste malhabile
Fa, sol, do, fa
Je te revois souriante
Assise à ce piano-là
Disant « Bon je joue, toi chante,
Chante, chante-la pour moi »

Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa
Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa
Ô mon amie
Ô ma douce
Ô ma si petite à moi
Mon Dieu qu’elle est difficile
Cette cantate sans toi

Une petite prière, la, la, la, la
Avec mon cœur pour la faire
Et mes dix doigts
Une petite prière
Mais sans un signe de croix
Quelle offense Dieu le Père
Il me le pardonnera

Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa
Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa
Les anges avec leur trompette
La joueront, joueront pour toi
Cette petite cantate
Que nous jouions autrefois
Les anges avec leur trompette
La joueront joueront pour toi
Cette petite cantate qui monte vers toi
Cette petite cantate qui monte vers toi

Si, mi, la, ré, si, mi, la, ré, si, sol, do, fa

Copyright © Warner Chappell Music France, 1965.

 

Le Romantisme dans "Asturias" d'Isaac Albéniz par Roman R.

 

Pendant le mois de mai et le mois de juin seront mis en ligne une série d’articles de recherche préparés par les élèves de Seconde 1 et de Seconde 12 du Lycée en Forêt dans le cadre de la grande exposition : « Le Romantisme en France et en Europe ». Chaque semaine, un ou plusieurs exposés seront publiés…

Voici le premier exposé de notre cycle d’étude consacré au Romantisme. Roman, élève de Seconde 1 (promotion 2011-2012) lui-même guitariste averti, a travaillé sur « Asturias » d’Isaac Albéniz…

Un exposé remarquable, fruit de recherches approfondies, que je vous laisse découvrir…


Présentation du travail

Cet exposé sur la musique espagnole pour guitare porte sur une œuvre romantique célèbre d’Isaac Albéniz (1860-1909), Asturias, retranscrite par Francisco Tárrega, non moins illustre virtuose de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle (1852-1909). J’ai souhaité centrer mes recherches sur la problématique suivante : en quoi cette composition jouée à la guitare peut-elle s’inscrire dans le romantisme ? Ce questionnement m’est venu alors que je travaillais sur la partition originale : la mélodie véloce d’Asturias, faite de notes piquées et répétées typiques du flamenco d’Andalousie, préfigure déjà la matière sonore du morceau retranscrit par Francisco Tárrega : Albéniz avait-il donc déjà l’idée de retranscrire le morceau à la guitare ? Tel a été le point de départ de mon analyse. Pour aborder au mieux cette étude, je vous conseille d’écouter le morceau original et sa transcription… Bonne lecture.

Roman (Classe de Seconde 1, mai 2012)

http://www.deezer.com/embed/player?pid=74315841&ap=0&ln=fr&sl=1
Sommaire

Introduction

Conclusion

Notes et bibliographie

Annexes (publication ultérieure)

  • Asturias et la publicité
  • Biographie de Francisco Tárrega
  • Biographie d’Isaac Albéniz
  • Isaac Albéniz et Francisco Tárrega : une même passion pour la musique

Introduction

Existe-t-il un romantisme espagnol ? Cette question, maintes fois débatue (1), a été le point de départ de cette recherche. À ce titre, il m’a paru intéressant de travailler sur la musique d’Isaac Albéniz, et plus particulièrement sur « Asturias ». Retranscrit pour guitare par Francisco Tárrega, « Asturias » est également connu sous le nom de « Leyenda » (légende), pièce inquiète, passionnée et mélancolique. Cette grande page pianistique, romantique par excellence, appartient à la première Suite Espagnole composée par Albéniz en 1886 avec ses Souvenirs de Voyage (Recuerdos de viage). Asturias constituera également le « Prélude » des Chants d’Espagne composés en 1893. Tout l’enjeu de notre travail sera de démontrer la facture typiquement romantique de ce célèbre morceau. J’aborderai ce questionnement selon une triple perspective :

  1. Asturias, ou la passion lyrique du flamenco
  2. L’imaginaire de la fuite et le thème du voyage dans Asturias
  3. L’importance de la musique pour les romantiques : l’art musical d’Asturias

 
1.  Asturias, ou la passion lyrique du flamenco

Plus encore que la musique folklorique des Asturies, « Leyenda » évoque d’abord le flamenco (voyez à ce sujet l’ouvrage de Luis López Ruiz, Guide du flamenco, paru chez L’Harmattan en 2010). De fait, comment ne pas se laisser emporter, en écoutant Asturias, par les couleurs de l’Espagne et la sensualité de sa musique ? Non seulement, la rythmique entraînante exalte l’affectif et le lyrisme, mais les ornements musicaux semblent nous ensorceler dans une sorte de cante primitif, intense et passionnel.

Si Albéniz fut « l’un des grands poètes du piano » (2), la transcription de son Leyenda pour la guitare flamenca par Francisco Tárrega fait magnifiquement ressentir le chant et la mélodie de l’Espagne, c’est-à-dire l’atmosphère, le timbre, le rythme gravés à jamais dans le cœur d’Isaac Albéniz. Par ses effets sonores caractéristiques, c’est bien la guitare qui semble d’ailleurs s’imposer sur le piano, ce qui amènerait le non connaisseur à supposer qu’il s’agit de morceaux de guitare retranscrits pour piano alors qu’à l’origine c’est bien l’inverse.

À n’en pas douter, Asturias est la pièce qui nous fait le plus ressentir cette voix passionnée de la guitare. Comme il a été justement dit, Albéniz « a su admirablement assimiler et traduire un floklore incompris en son temps. […] C’est toute l’Andalousie avec ses paysages, ses couleurs, sa mélancolie barbare, son flamenco où se mêlent des sensations auditives, olfactives, visuelles […] » (3).

Cette sensualité harmonique, ce chant de l’âme, le danseur de flamenco asturien l’exprime très bien grâce aux claquettes et castagnettes. La danse, par moments polyrythmique, mélange allégresse et lenteur, excitation et calme, et semble presque envoûter aussi bien le guitariste exécutant le morceau que les danseurs. Moments indicibles, ineffables, aptes à exprimer une atmosphère et des images sublimant le réel référentiel pour s’épanouir dans un imaginaire impressionniste.

Si vous écoutez la première partie d’Asturias, (la partie rapide d’une virtuosité remarquable), vous aurez l’impression qu’Albéniz nous raconte une histoire… Imaginons un danseur de flamenco qui tente de faire la cour à une danseuse avec grâce et personnalité : il se lance à la conquête de celle-ci. Pendant toutes les variations qui combinent magnifiquement le mouvoir et l’émouvoir, celle-ci semble jouer avec lui, avec ses sentiments, sa passion, tournoyant dans une danse enflammée. Puis, dans la deuxième partie, plus lente, la danseuse use de son charme tout en repoussant le danseur. Il insiste, il est en proie au doute, il la prend dans ses bras, danse auprès d’elle, mais elle joue l’indifférente tout en le défiant dans une attitude posturale conquérante.

Alors, les motifs musicaux de la première partie reprennent avec autant d’excitation et de frénésie qu’au début. À chaque nouvelle vibration, le danseur, tel un héros tragique, met tout son cœur, il ne veut pas abandonner. Enfin, suit une dernière partie, mêlant le début du deuxième thème légèrement modifié et le début du premier thème, le tout exécuté avec plus de lenteur, comme si le danseur était fatigué, désespéré, à jamais vaincu : écoutez le lyrisme sentimental de ces notes répétées, si douloureuses et pathétiques… La danseuse a disparu, seul reste le danseur, être voué à la souffrance et à la solitude, à la recherche de cet amour inatteignable.

2.  L’imaginaire de la fuite et le thème du voyage dans Asturias

Asturias a été incorporé dans la Suite espagnole n°1 op. 47 qui est l’un des plus grands succès d’Albéniz. Éditée en 1886, elle contient des pièces composées souvent antérieurement. D’ailleurs Albéniz a eu l’idée de leur donner des noms de villes ou de provinces, de fêtes ou de danses de son pays. L’inspiration de ces morceaux a donc une très forte connotation espagnole. Nous retrouvons par exemple le style flamenco dans Granada, Sevilla, Càdiz, de même qu’Asturias ; la jota d’Aragon ; la seguidilla de Castillà ; la sardane de Cataluña, hommage à sa province natale… Ainsi, ce spicilège de huit morceaux constitue-t-il une incroyable conscience régionale, un voyage extraordinaire à travers l’Espagne, en utilisant les danses —jota, flamenco, seguidilla— les rythmes et mélodies caractéristiques du patrimoine ibérique.

Asturias : une allégorie des étapes de la vie

Isaac Albéniz à dix ans

La première partie du morceau, dont nous avons commenté précédemment la mise en ordre narrative, évoquerait presque ici l’ascension difficile et risquée d’une montagne des Asturies. On pourrait aussi noter la dimension très autobiographique du passage : cette ascension, ce pourrait être celle d’Isaac Albéniz lui-même, enfant solitaire à la recherche de son devenir identitaire. Leyenda, appartenant aux Souvenirs de voyage, pourrait à ce titre évoquer les nombreuses fugues du jeune Isaac Albéniz pour échapper à son père. Les documents biographiques que j’ai consultés montrent incontestablement la répulsion et l’ennui qu’Isaac trouve à sa vie alors qu’il n’a pas encore dix ans.

Depuis le début, son père l’utilise en effet afin d’aider pécuniairement sa famille ainsi que par orgueil. Mais, lorsqu’il atteint ses dix ans, il ressent le besoin de tout quitter, de conquérir le monde, de jouer de la musique suivant son humeur. Ainsi, son côté romantique, indépendant, voyageur et fougueux se révèle. De là cette importance du voyage pour Isaac Albéniz ainsi que la découverte des multiples paysages dont il s’est imprégné pour composer sa musique. Le nom Leyenda fait à cet égard penser à ce qu’on pourrait appeler « la légende d’Isaac Albéniz ». Il est donc possible d’imaginer, dans la première partie, Isaac fuyant son père et la société, rencontrant de nombreuses complications : la syntaxe sonore n’évoque-t-elle pas ces multiples références à l’enfance : la difficulté pour un enfant si jeune de lutter et de s’exprimer dans le monde des adultes, mais aussi cette révolte de l’adolescent, solitaire et incompris, qui pense ne plus avoir sa place dans un monde auquel il ne s’identifie plus…

Cliquez ici pour accéder à la remarquable biographie d’Albéniz établie par Yves Duchâteau

Dans la deuxième partie, l’enfant est en haut de la montagne devant un paysage fabuleux, fantastique, spectaculaire et inoubliable, qui apparaît comme une prise de conscience identitaire : plaisir transgressif de la liberté, de l’inconnu et du dépaysement total. Presque un autre monde… Isaac observe le paysage dans ses moindres détails afin de le graver dans sa mémoire. Il est indécis, il a toujours cette soif de découvrir cette région à la beauté infinie, soif d’aller plus loin, plus haut, il s’inspire de l’énergie de ce paysage afin de nourrir sa musique, appelée à rendre vie au récit mythique. Le premier thème reprend encore plus fort, plus vite : l’enfant continue son chemin à travers les montagnes abruptes, sous la chaleur suffocante ; des accords résonnent dans sa tête, l’Espagne et sa beauté absolue pénètrent en lui. Sa décision est prise, il fera connaître au monde entier par sa musique le cœur de l’Espagne : à travers cette allégorie psychologique qu’est Asturias, il y a comme une conscience musicale nationale et universelle qui apparaît ici : identité ibérique d’abord.

Un voyage dans le principaut des Asturies…

Si Asturias peut nous rappeler les danseurs de flamenco comme nous l’avons vu précédemment, il peut être aussi perçu comme un hommage à cette province septentrionale de l’Espagne (4). La région des Asturies est à cet égard très montagneuse et possède de magnifiques panoramas, aptes à faire ressentir le caractère authentique de l’Espagne. Entouré à l’ouest par la Galice, à l’est par la Cantabrie, et au sud par la Castille y León, le territoire asturien occupe dans l’histoire de l’Espagne une place à part, et la musique d’Albéniz hérite symboliquement de ce passé, propre aux traditions orales locales et apte à affecter celles-ci d’une identité collective propre.

Somiedo, dans les Asturies

La troisième partie du morceau, ample et solennelle,  est comme une méditation : au sentiment de la fuite du temps, de la vie éphémère de l’homme, le musicien romantique semble opposer les vastes mouvements de l’histoire. Un peu comme si Albéniz s’émerveillait devant des paysages de plus en plus éblouissants, dans cette vaste région aux couleurs de l’Espagne, il recherche le paysage idéal, paradisiaque qui touche à l’universalisme : les longues lignes musicales sinueuses suggèrent que la mélodie pourrait durer à l’infini, tant il y a de merveilles à découvrir dans cette région.

Mais Isaac doute et a peur que son père le rattrape. De fait, le premier thème reprend. Isaac trace sa route : le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay… Le final, toujours en suspens, montre qu’Isaac n’a de cesse de fuir, et le morceau semble continuer jusqu’à l’extrême du possible. Si la troisième partie peut faire penser qu’Isaac est retrouvé par son père, il n’abandonne pas son projet de voir le monde entier et de fuguer de nouveau. Il s’agit donc d’un éternel recommencement.

La mythologie romantique d’Asturias : Leyenda ou la légende d’Isaac Albéniz

Comme nous le comprenons, Asturias connote d’abord l’imaginaire. « Leyenda » signifiant légende peut ainsi évoquer dans la mythologie romantique un imaginaire total, dans un autre monde loin du réel, fait d’allégories et de symboles. Il existe d’ailleurs une importante mythologie asturienne, qui se prête à de nouvelles interprétations : Leyenda peut ainsi raconter une légende nous transportant dans un monde magique, fantastique, mystique qui donne à voir l’unité primordiale où la société n’a pas sa place. La contemplation de la nature se confond avec l’appréhension du divin : seuls les dieux et autres créatures, comme le Cuélebre (mi-dragon, mi-serpent : gardien des trésors cachés) et le Ñuberu (dieu des nuages et des orages), sont présents. La première partie peut donc raconter une aventure où un homme, seul, fuit ces personnages mythologiques sous un violent orage…

Puis, dans la deuxième partie, ayant réussi à leur échapper, il se repose et prend le temps de regarder, d’observer et de découvrir le paysage extraordinaire, merveilleux et irréel qui l’entoure. Il respire de nouveaux parfums qui le plongent dans une ivresse presque immatérielle. Il aperçoit des couleurs inédites, des formes originales. Une aura de flou l’enveloppe tel un rêve. Soudain, près d’une cascade surgit des xanas : nymphes aux cheveux blonds, vêtues de tuniques de lin blanc. Elles essaient de le captiver de leur voix mélodieuse, pour l’attirer et le noyer. Néanmoins, il reste vigilant car l’aventure et l’inconnu sont remplis de dangers. Il est dans une nature primitive, sauvage… Le premier thème revient, l’homme est retrouvé par les personnages mythologiques, et la poursuite reprend. La dernière partie, en suspens, montre ici que cet homme sera pour toujours condamné à fuir dans ce monde imaginaire : mais c’est une marginalité assumée car  il possède la chance d’être le seul à pouvoir l’explorer.

3.  L’importance de la musique pour les romantiques : l’art musical d’Asturias

Intéressons-nous pour terminer au but de l’art musical selon Albéniz. Comme nous l’avons vu, de multiples interprétations d’Asturias sont possibles, il y en a même une infinité correspondant aux états d’âme de chacun. La musique laisse donc libre cours à l’imagination. Si la musique est à ce point importante pour les romantiques, c’est qu’elle exprime d’abord leurs sentiments profonds, leurs émotions, leur malaise, leur insatisfaction. Le musicien romantique, tout comme le poète, nous fait aussi partager ses états d’âmes en utilisant un langage codé nourri par des notes, des nuances (crescendo, forte, piano,…), des mouvements lents ou rapides, des notes liées ou détachées (piquées) comme c’est le cas dans Asturias.

De surcroît, certains instruments comme le piano et peut-être plus encore la guitare peuvent modifier leur sonorité en enrichissant le travail sur le matériau musical : suivant l’endroit où le guitariste pince ses cordes par exemple, le son paraît tantôt neutre, langoureux, ou au contraire, métallique, passionné. Hugo disait de la forme qu’elle est « le fond rendu visible », et sans doute cette appréciation s’applique-t-elle très bien aux effets de style complexes d’ Asturias : ampleur dramatique, sentimentalité, nostalgie infinie… Comme nous l’avons vu en étudiant les aspects autobiographiques, la musique pour les romantiques est presque un psychodrame, tant elle investit le cœur et l’âme par l’expression de toutes ses nuances.

C’est bien ses états d’âme qu’Albéniz nous fait ressentir dans sa musique. Et sans doute il est vrai que le Romantisme, plus que tout autre art musical, plonge chaque personne dans l’idéal du compositeur. À ce titre, comme pour la poésie, la participation du récepteur est un élément essentiel de cette « psychologie de l’effet » (5) apte à procurer à celui qui sait écouter bonheur, mélancolie, joie ou tristesse. Le but de l’art est bien d’éveiller l’âme au plaisir musical : la musique est donc un intense moment de partage et de communion. Le musicien peut exprimer ses sentiments avec une tout autre voix, beaucoup plus mélodieuse, qui peut faire pleurer les plus sensibles et faire vibrer l’âme des spectateurs si le morceau est bien ressenti.

De cette communion spirituelle, Asturias nous semble un parfait exemple, tant le morceau par ses multiples reprises s’apparente à une sorte de quête de l’idéal. La musique semble alors un art d’extase et de ravissement, sublime, insaisissable, avec une dimension spirituelle et mystique proche du Sacré. Elle permet, comme dans les poèmes romantiques, d’échapper et d’oublier la vie pour partir à la conquête d’un idéal, inaccessible aux lois de l’ordonnance humaine. « Dérèglement de tous les sens » aurait dit Rimbaud, qui nous fait perdre la notion même du réel et du temps… Si la musique nous libère de toutes les obligations sociales, c’est qu’elle est d’abord, dans sa conception profonde, un art du déchiffrement. Ainsi, en filigrane de l’Espagne et de son folklore, apparaît dans Asturias un langage inédit, purifié, universel. À travers lui, le Romantique exprime sa sensibilité. Il en cherche les symboles…

Conclusion

Au terme de ce travail, interrogeons-nous une dernière fois : comme nous l’avons compris, l’Art Musical pour les romantiques et en particulier pour Isaac Albéniz, emprunte son matériel poétique à l’imaginaire. Si tout le monde n’a pas la chance de pratiquer un instrument, il est cependant donné à tous de l’écouter : c’est en ce sens que la musique, parce qu’elle fait appel à l’imaginaire, utilise le pouvoir allégorique des notes pour nous plonger, à travers un voyage spirituel, vers l’infini : Asturias est ainsi une quête de l’idéal, un langage sonore qui vise à reconstruire l’unité perdue. Gabriel Fauré écrivait de la musique qu’elle « consiste à nous élever le plus loin possible au-dessus de ce qui est. » Par sa force oratoire et spirituelle, Asturias nous paraît répondre parfaitement à cette définition.

© Roman R. Classe de Seconde 1 (promotion 2011-2012)
Notes
(1) Jean-René Aymes, Voir, Comparer, Comprendre : Regards Sur L’Espagne Des XVIIIe Et XIXe Siècles, Presses Sorbonne Nouvelle, Université de Paris  III. Voyez en particulier les pages 215 et s.
(2) Louis Aguettant, La Musique de piano : des origines à Ravel, © Albin Michel, Paris 1954. Présente édition : L’Harmattan « Les introuvables », Paris 1999,  page 356.
(3)  Madeleine Kahn, Lorenzo & L, La Compagnie Littéraire, Paris 2006,  page 62.
(4) Pour en savoir davantage sur les Asturies, consultez cet ouvrage : Henri Boyer, Christian Lagarde, L’Espagne et ses langues : un modèle écolinguistique ?  et plus particulièrement la partie consacrée à l’identité asturienne (page 151 et s.).
(5) J’emprunte l’expression à Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, Écrits sur la Musique, L’Âge d’Homme, Lausanne (Suisse) 1985, page 13.
Sites consultés
http://www.terresceltes.net/Hevia.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Asturies
http://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Alb%C3%A9niz
http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_T%C3%A1rrega
http://www.8notes.com/biographies/tarrega.asp

http://cvc.cervantes.es/actcult/albeniz/
http://www.gaudiallgaudi.com/FM005albeniz.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Isaac_Alb%C3%A9niz
http://www.pianobleu.com/albeniz.html
http://hervebillaut.blogspot.com/2005/01/albniz-selon-herv-billaut.html

http://www.albeniz.cat/files/Alb%C3%A9niz%20%20%C3%A9preuve%20guitarist%20classic.pdf
http://teosanz.blogspot.com/2009/04/le-romantiques-francais-et-la-musique.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chants_d%27Espagne

http://le-coin-des-envies.over-blog.com/article-mythologie-asturienne-el-culebre-37707679.html
http://le-coin-des-envies.over-blog.com/article-35497513.html

Merci aux musiciens, à mon professeur de guitare, et à toutes les autres personnes m’ayant donné leur avis et leurs idées afin de réaliser cet exposé sur la musique romantique à travers la guitare, l’Espagne et le morceau « Asturias ».
Roman R.

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