Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Sixième livraison

UAEP_chateau_Ecosse_6_colorisé_web_6Illustration : Bruno Rigolt
(Photomontage et peinture numérique)

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la sixième et dernière livraison de la saison 6 d’« Un automne en Poésie ». Pour ce millésime 2014, plus de cinquante poèmes ont été publiés, souvent de très grande qualité. Vous pouvez retrouver tous les textes de la saison 6 en cliquant sur les liens suivants :

 

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Apollinaire sur le sommet de son âme

par Sarah G. et Chloé M.
Classe de Seconde 1

 

Dans le soir sans être vêtus d’une veste ivre d’amour et de chagrin heureux et soyeux
Les KYO ont chanté en chœur comme des fleurs mélancoliques dictateurs sans cœur
Dans le soir bleu oranger avec des papillons albinos comme un matin rose ivre
La vie est diversifiée tout en chantant dans la forêt
Tirée vers le haut dans le matin bleu
Vu que les poissons sont apparus et qu’ils pondaient des œufs
C’est l’œuf qui est apparu
Avant la poule avant le soir avant les KYO

Oeuf_poule« Vu que les poissons sont apparus et qu’ils pondaient des œufs
C’est l’œuf qui est apparu
Avant la poule avant le soir avant les KYO… »

Illustration : BR (Photomontage)

            

                  

B.O.N.H.E.U.R.M.A.L.H.E.U.R.E.U.X.
Il fait trop froid dehors pour que les anges puissent voler

par Anissa D.
Classe de Seconde 8

              

Lèvres blanches. Visage pâle. Expirant
Dans les flocons de neige. Poumons brûlés. Goût amer.
Lumière éteinte. Le jour prend fin.
Luttant pour PAYER LE LOYER.

Les longues nuits et les hommes étranges.

Ils disaient qu’elle faisait partie des meilleures.
Coincée dans les drogues dures : BANG BANG BANG
Et dans ses rêves éveillés.
Mais dernièrement son visage semblait
DOUCEMENT SOMBRER.

Et ils criaient que les pires choses de la vie
Viennent crier librement à nous
Parce qu’elle était en dessous de ceux qui DIRIGENT.

Elle perdait le contrôle juste pour quelques
GRAMMES.

ELLE NE VEUT PAS SORTIR CE SOIR
En un rien de temps elle volait vers le PARADIS
Ou vendre de l’amour à un autre
HOMME.

Il fait trop froid dehors pour que les anges puissent voler
Gants déchirés. Manteau sur le dos.
Essayer de nager. Ne pas sombrer.
Vêtements trempés.
Pièces de monnaie. Billet de banque : UN.

Des yeux fatigués. Gorge sèche. Call girl sans téléphone.
Un ange va mourir. Espérer une vie meilleure.
AUCUNE ILLUSION.
Le feu passe au vert.

Bonheur_malheueux_uaep_2014_10« Lumière éteinte. Le jour prend fin… »

Illustration : Bruno Rigolt
Ombre au sol créée à partir d’une sculpture suspendue de Louise Bourgeois « L’Arc de l’hystérie » (1993)

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Chaque seconde qui passe

par Maxence H.
Classe de Seconde 1

                  

Esprit nouveau sur la terre ancienne
Que de choses nouvelles soulèvent
Le temps qui coule
Les voiles sont levées
Chaque seconde qui passe est un voyage
D’âge en âge
Un bateau prend le large répandant des soleils
Quand d’autres font naufrage
Sous l’horizon des océans perdus

barques_Bretagne_1« Un bateau prend le large répandant des soleils
Quand d’autres font naufrage
Sous l’horizon des océans perdus
… »

Illustration : © Bruno Rigolt janvier 2015

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La Solitude

par Aleyna F.
Classe de Seconde 8

                  

C’est comme si tu criais et que personne ne pouvait t’entendre
Tu te sens presque coupable que quelqu’un puisse être si important
Et que sans lui tu te sens vide
Légèrement vêtue de solitude.

Personne, personne ne comprend à quel point ça fait mal
Tu te sens désespérée
Et rien ne peut te sauver
Pas même les ombres des grands soleils endormis sur la mer.

Et quand c’est terminé, quand tout est fini
Quand le jour s’évapore
Tu souhaites presque que toutes ces mauvaises choses reviennent
Pour que lui aussi…

Harrison« Pas même les ombres des grands soleils endormis sur la mer… »

Illustration : Alexander Harrison (1853-1930), « Marée basse en Bretagne »
Huile sur toile (détail). c. 1890 (coll. privée)

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De l’aube au crépuscule

par Marie P.
Classe de Seconde 8

                 

Sous la lumière de la pleine lune qui borde la nuit
Je ferme les paupières et me laisse bercer par le bruit pâle
De la pluie et je pars vers des rêves merveilleux.
Mais au réveil, le bonheur se fissure, il faut partir

Cartable en main dans la brume transparente
Du matin : la vraie vie reprend son chemin de larmes
Et d’encre rouge où le respect de chacun n’existe
Point. La journée terminée, je prends un peu de liberté :

Dans le creux de ma main je pose une fleur couleur
Du jour qui s’envole, une fleur couleur de l’été
Et je m’évade sur les chemins de la terre
Comme lorsque j’étais petite.

La nuit revient me chercher : elle m’emmène
Dans un profond sommeil répandant de grands soleils
Sur le rivage de mes yeux. Plus rien ne m’atteint,
Quel bonheur de ne pas penser à demain !

Nature-morte-aux-roses-et-vase-de-Clichy_2« Dans le creux de ma main je pose une fleur couleur
Du jour qui s’envole, une fleur couleur de l’été… »

Illustration : Bruno Rigolt
(photographie aquarellée et retouchée numériquement)

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J’ai gardé en moi

par Lou C.
Classe de Seconde 8

                      

j’ai gardé en moi
ce mensonge cristallin
qui m’aveuglait
lorsque le crépuscule sculptait
les feuilles de mon âme

Arbre_Lou_5« Crépuscule »

Illustration : Lou C.

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L’Ombre blanche

par Émile T.
Classe de Seconde 1

                      

Je regarde ce mur sombre mais éclairci
Dans mon cœur d’une fleur qui vibre de vivre
Sans l’ombre d’un doute je peux vous décrire
Cette silhouette blanche aperçue
Encore hier : mon passé si beau, si joyeux
Le présent si sombre, si désert parfois
Et demain ? Quelle sera la couleur de mon âme ?
Rouge, je l’espère, comme une fleur
Pourpre d’éclore.

rose_pourpre« Et demain ? Quelle sera la couleur de mon âme ?
Rouge, je l’espère, comme une fleur
Pourpre d’éclore
… »

Illustration : BR

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La forêt

par Gabriel F.
Classe de Seconde 8

La forêt est grande comme l’horizon
Elle palpite de secrets et de brumes écloses
Ou de mystères fanés.
On a envie d’y rester jusqu’à la fin des jours
Mû par les présages d’obscurs chemins,
Libéré de notre poids de solitude
Au plus profond de notre âme
Qui semble un regard bleu du ciel
Vers d’immenses contrées…

potémont_forêt_détail« Mû par les présages d’obscurs chemins… »

Illustration : Martial Potémont, « Paysage de forêt tropicale (gouache), détail.
Saint-Denis de La Réunion), Musée Léon Dierx.

                       

                   

L.O.V.E.

par Annik L.
Classe de Seconde 8

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De haut en bas
À droite sur le milieu jusqu’à gauche
Dans tous les sens
Des trucs pas possibles :
Des visions bizarres et

Des pensées comme les vagues de la mer
Ou les chemins du vent.

Les souffles des genoux
Les cœurs vivants chuchotent dans le vin
Du chocolat tranchant
L’ordinateur tire les nuages du ciel
Des personnes raniment leur corps avec

Des pensées comme les vagues de la mer
De faible chair.

Tout ça, ce sont les pensées
Des cerveaux
Dans le sol
Comme une abeille qui mange
Les cerf-volants carnivores

Et les vagues de la mer
Pour écrire  dans le ciel : « LOVE »

Annik_2014Illustration : © Annik L. 2014

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Doux regrets devant l’immensité

par Lucie B.
Classe de Seconde 8

                 

Le sable me rappelle tristement
Les souvenirs d’un amour enflammé.
Je tourbillonne dans le néant,
Rien ne consolera mon âme éplorée.

Immobile et impuissante devant la mer,
Je suis bercée par une brise légère.
Cette vaste étendue de paillettes dorées
Encercle mon corps et mon esprit tourmenté.

Je me perds, je me noie et je meurs !
Reviens à moi espoir que j’ai abandonné,
Tu m’aideras à retrouver joie et sérénité.
Ainsi la passion renaîtra dans mon cœur.

Les vagues se rapprochent et me charment,
L’humidité de l’océan vient troubler mes rêveries.
Alors, mes yeux remplis de larmes
Guident mon regard perdu, vers l’infini…

« Regarde-moi » Photomontage d'après Man Ray "Tears", 1933
Photomontage d’après Man Ray, « Tears », 1933

« Alors, mes yeux remplis de larmes
Guident mon regard perdu, vers l’infini… »

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Vie d’un enfant évidence

par Anaïs P.
Classe de Seconde 1

                 

Les extrémités strictement graduées
De la vie d’un enfant évidence
Jouant dans un jeu précédent
La vie, la misère, la délinquance

Un ensemble contraire à des solutions
De sa vie adaptées aux valeurs éclatantes
Des extrémités strictement graduées
De cette vie fragile, fragile

Les affirmations existentielles
Du cœur de cet enfant évidence
Torturé par une probabilité
De ne pas vivre l’Enfance

Expliquée par une équation contraire
À la vie, au bonheur : la pauvreté, la guerre
Évidemment ce cœur joue un rôle déterminé
Pourquoi ? Pourquoi ?

coeur-volant.1285865387.jpg« Les affirmations existentielles du cœur de cet enfant évidence
Torturé par une probabilité de ne pas vivre l’Enfance… »

La numérisation de la sixième livraison de textes est presque terminée.
Prochain rendez-vous « Un Automne en Poésie » : octobre 2015 (saison 7)

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

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Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Cinquième livraison

UAEP2015_new6Illustration : BR

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la cinquième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif jusqu’au 29 décembre 2014 (dernière livraison).

Dernière livraison : lundi 29 décembre 2014

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Envolés comme le ciel

par Bastien S.
Classe de Seconde 1

 

J’admire cette nuit indienne
En regardant les nuances de soir
Qui marchent le long de mon corps.

Je vois ces plaines
Écrites le long de la mer
Qui se sépare en un chemin interdit.

Je fixe au loin une femme :
Avec son âme
Elle me donne les raisons de l’aimer.

L’embouchure de son corps est une frontière
Puis je perçois ses yeux,
envolés comme le ciel…

femme_soir_BR_3« Puis je perçois ses yeux,
envolés comme le ciel… »

Illustration : © Bruno Rigolt, décembre 2014
(Photomontage et peinture numérique)

            

                  

Bouquet de voyage

par Anissa D.
Classe de Seconde 8

              

Lève l’ancre pour le dahlia
Et la rose lointaine

Pour des fleurs à pétales bien rangés
La nuit, le jour.

Dans l’obscurité, à demi transportée
Et ne plus revenir
Et m’envoler

Pour un bouquet de voyage.

henri-matisse-roses« … Et m’envoler pour un bouquet de voyage… »

Henri Matisse, « Roses devant une fenêtre » 
(coll. privée), 1925

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Bruyante vérité de la vie

par Sinatou B.-R.
Classe de Seconde 1

                  

Le rôle obscur de la vie
Éclaire la céleste pensée :
Dans le silence, la tristesse s’illumine
Le film de l’espoir se dessine.

La joie quant à elle s’endort.
Des jugements raisonnent
Au milieu de l’obscurité,
La douleur se construit.

Dans la sombre lumière,
Le désespoir colore le noir
Assourdissant de silence.
La conquête de la saison s’innove

Et voici que l’immensité du soir s’agrandit :
La bruyante vérité de la vie retentit d’un peut-être
La riche morosité s’appauvrit  à presque l’infini !
La dépression négocie le bien-être.

Picasso_femme_bras_croisés_détail« Dans la sombre lumière,
Le désespoir colore le noir
Assourdissant de silence… »

Illustration choisie par Sinatou : 
Pablo Picasso, « Femme aux bras croisés » (c. 1901-1902)
Huile sur toile (détail), collection privée

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Je me souviens de l’été

par Nikita S. – J.
Classe de Seconde 8

                  

La porte entre-ouverte de mon esprit
Laisse passer la brume de nos souvenirs :
Immense danger ou  simple bonheur,
Je me laisse emporter au passage de l’été.

Soudain, la porte de mon cœur se referme
Comme mes yeux ! Là sans comprendre
S’ouvre le cadenas de mes regrets
Comme la plaie de tes émotions épanchées.

Je sais ta souffrance couleur d’ombre
Et je laisse couler des larmes
Comme la clef de ton silence
Qui s’effeuille entre mes doigts.

Dans la serrure, je distingue
Ton visage au ciel changeant
La poignée tourne tout doucement,
Je me souviens de l’été.

mer_onirique_11« La poignée tourne tout doucement,
Je me souviens de l’été… »

Composition originale : Bruno Rigolt

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Rosée du matin

par Maxence H.
Classe de Seconde 1

                 

Dans la lumière du soir arrivaient la nuit
Et l’obscurité d’un silence étoilé de brouillard

Et les nuages transparents
Qui surplombaient la lune
Qui éclairaient ces moments sombres de la vie

Qui n’attendaient que la nuit effacée
Et la rosée du matin

lumière_du_soir« Et les nuages transparents
Qui surplombaient la lune
… »

Illustration : BR

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Quand une étoile monte sur terre

par Annik L.
Classe de Seconde 8

                      

Quand une étoile monte sur terre
C’est pour beaucoup de personnes
Le moment où les désirs étaient vrais.

Quand une étoile monte sur terre
C’est pour un peu d’adolescents
Le moment où s’est arrêté le temps.

Quand une étoile monte sur terre
C’est pour tous les enfants
Le moment de partir en voyage et se taire.

Quand une étoile monte sur terre
C’est pour moi le moment où le ciel s’enfonce
Dans un jeu de couleurs

Un jeu de douleurs. C’est une fragmentation
De la vie. Un petit soleil vermeil
Que le désir de vivre abandonne.

Delvaux_Solitude_1956_1

« Quand une étoile monte sur terre
C’est pour tous les enfants
Le moment de partir en voyage et se taire…. »

Illustration : Paul Delvaux, « Solitude » (huile sur panneau de bois, 1955)
Mons,
 Musée des Beaux Arts

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Joie éphémère

par Idriss B.
Classe de Seconde 1

                      

Au fur et à mesure du temps,
La frise chronologique se dirige vers
Le monde déterminé par le bruit des téléphones :

Les civils heurtés sans cesse au vent des SMS
Si loin de la vieille âme des lettres
Qui ne servent plus à rien, juste à se remémorer
Dans les manuels le temps des guerres.

Le nouveau tourbillon de circonstances familières
Montre toujours le monde qui court :
Textos abandonnés au vent des douleurs,
Trente glorieuses qui jonchent le sol

De souvenirs futiles
Le vent du loisir ne touchant plus notre peau
S’adapte à la solitude.

SMS_UAEP2014_5_BR« Les civils heurtés sans cesse au vent des SMS
Si loin de la vieille âme des lettres
… »

Illustration : BR

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Suivre le vent

par Théo R. et Patrick S.
Classe de Seconde 8

La vie est comme une feuille blanche
Que l’on efface, réécrit, efface encore.
Les mots de notre enfance
Se fanent comme cette eau de silence
Qui s’écoule de mes yeux.

Mon cœur risque de s’éclipser comme cette feuille blanche
Risque de se briser comme l’horloge
Tictaque lointaine.
La nature est aveugle et méchante
Les âmes deviendront blanches dans la tombe.

Comme cette feuille blanche inexorablement
Que je remplis avec des larmes de joie, des sourires,
Et puis le crépuscule de tes yeux.
Suivre le vent est une ambition
De feuille morte…

secretdumonde_1« Comme cette feuille blanche inexorablement
Que je remplis avec des larmes de joie, des sourires,
Et puis le crépuscule de tes yeux… 
»

Illustration : © Bruno Rigolt

                       

                   

Words of Silence
(Haïkus contemporains rédigés en langue anglaise)

par Murielle N. et Louise L.
Classe de Seconde 1

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The arch of my mind pierces the desert of my eyes
As when the wind
drawing the night

frise fleurs horizontale_couleur_modifié-2

Sharks slept on the surface of paradise
Awaiting the down of the peace
on weeping willow trees

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Tous mes secrets pour toi

par Aymie K.
Classe de Seconde 8

Ton regard de couleur suprême
Étincelle l’ombre de ma peine.
Mon cœur enduit de soir se fracture
Le souffle du vent m’emporte vers toi
Et à ce moment même les larmes d’argent
De mon cœur s’enflamment dans l’oubli de ma peine
Comme l’azur se fissure dans le miroir de la mer…

oiseau_mer_azur_3« Comme l’azur se fissure dans le miroir de la mer… »

Illustration : © Bruno Rigolt

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La numérisation de la cinquième livraison  de textes est terminée.
Sixième et dernière publication de textes : lundi 29 décembre 2014…

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

 

Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Quatrième livraison

Poursuite de l’exposition « Un Automne en Poésie »

Les élèves de Seconde 8 et moi-même souhaitons dédier
cette édition d’« Un Automne en Poésie » à Sarah L. (†).

affiche_uaep_2014_4_gIllustration : Bruno Rigolt

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la quatrième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif jusqu’au 21 décembre 2014 (dernière livraison).

Prochaine livraison : dimanche 14 décembre 2014

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L’homme aux marguerites

par Noémie G.
Classe de Seconde 8

 

L’homme aux marguerites
Fumait la pipe.
Par sa fenêtre il voyait tout Paris
Et Paris regardait la Seine

Transparente de solitude.

La Seine, la Seine…
Très loin des bords du monde
Partie sur une île
Trouver l’amour…

Signac« La Seine, partie sur une île
Trouver l’amour… »

Paul Signac (Paris 1863-1935), « L’Île de la Cité », 1912
Essen (Allemagne), Museum Folkwang

            

                  

Distance

par Quentin C.
Classe de Seconde 1

              

Toujours dans les nuages ton nom
Comme une carte avec des points
Qui représente à mes yeux une profonde
Déchirure.

L’espace amplifie ce vide interminable
La tristesse augmente l’impossible rêve
Et cette rupture représente à mes yeux
Les variations de ton cœur.

La distance est un désert interminable :
Larmes sans toi, givrure sans toi
Sans pouvoir avancer. La clarté du soleil
Porte l’éclat de ta peau.

Quand pourrai-je enfin franchir ce vide
Pour raviver la flamme évanescente :
Relancer notre amour et pouvoir enfin te dire
Ces mots trouvés dans la poussière du rêve…

Paysage_bleu_Chagall_a« … et pouvoir enfin te dire
Ces mots trouvés dans la poussière du rêve…
 »

Marc Chagall, « Le Paysage bleu » 1949
(Gouache sur papier, Wuppertal, Von der Heydt Museum)

        

Piano romantique

par Basile L.
Classe de Seconde 1

                  

Ce jour-là, tu brillais de mille feux
En notes égrenées d’instants merveilleux
A cappella tu chantais d’une voix si pure
Un demi-soupir clôturait la mesure

L’heure de refaire les gammes sonna
Mais le vent t’emmena si loin de moi
Le cœur du métronome ne battait plus
Il comprenait que l’octave était trop aiguë

Reprendre encore cette valse en si mineur
D’en haut tu me regardes et je sais la valeur
De ton silence. Perdu dans mes rêves tragiques,
Je fredonne ce doux bercement de musique

piano_romantique« L’heure de refaire les gammes sonna
Mais le vent t’emmena si loin de moi… »

Illustration : Bruno Rigolt

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Soleil de Barcelone

par Mélissa G.
Classe de Seconde 8

                  

Le soleil de Barcelone est un anneau d’or
Qui caresse les douces vagues.
J’écoute la voix bleue de la mer :
C’est une fleur au bord du ciel.

La mer est nue quand le soir
A fermé ses paupières dans l’obscurité.
La mer est nue quand on se lasse du ciel d’été
Quand le temps n’a plus d’importance…

Degouve de Nuncques_2« J’écoute la voix bleue de la mer : c’est une fleur au bord du ciel... »

William Degouve de Nuncques (1867-1935)
« Côte aux Baléares » (Majorque, Cala San Vicente)

Collection privée

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Éternité fluctuante

par Paul R.
Classe de Seconde 1

                 

Enchaîné mon cœur ne peut plus t’enlacer.
Et les gardiens de mon âme éternisent
Le soleil triste de mon esprit.

Ma vie sans toi est comme une éternité fluctuante.
L’onde lumineuse traverse éperdument mon corps
Qu’elle ne cesse de dis-fractionner.

L’amour est plus fort que jamais
Et je cherche, distillant mes émotions une à une
La solution à ta présence estompée.

Fernand_Léger_Joconde_aux_clés« Et je cherche, distillant mes émotions une à une
La solution à ta présence estompée
… »

Fernand Léger, « La Joconde aux clés » (huile sur toile), 1930
Biot (Alpes-Maritimes), Musée national Fernand Léger

© ADAGP, Paris 2014 © cliché RMN Gérard Blot |source|

 

              

Pauvre petite Alison

par Zina Z.
Classe de Seconde 1

                      

Ceci n’est pas un film. C’est la petite Alison qui court
Essayant d’appeler au secours
Sous les pavés les cris : sans réponse
Qui pouvait l’entendre ? Personne.
Et comme sa voix est faible
Et comme personne ne peut l’aider
Un jour il finira par la tuer
Cette pauvre petite Alison.

Il s’approche
Dans les rayons du soleil déclinant
Ce père de plus en plus proche
Elle essaye malgré tout de s’échapper
N’importe où les escaliers, un porche
Elle est là au sol.
Elle entend les cris de la mère
Les pleurs des sœurs

Mais à quoi servent les cris ?
C’est trop tard. Son père savait
Donner le coup fatal. Il faut tourner la page
Sans un baiser. Sans un adieu.
Alison s’approche de la fin car sa voix est faible.
Car personne ne peut l’aider.
Mais elle sait que c’est le début
Du bonheur sans fin.

Alison_7

« … car sa voix est faible. Car personne ne peut l’aider.
Mais elle sait que c’est le début
Du bonheur sans fin
… »

Illustration : © Bruno Rigolt (Photomontage et peinture numérique)

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Silence de l’automne

par Thomas G. et Nicolas B.
Classe de Seconde 8

                      

Le vent argenté chante doucement
L’horlogerie de la solitude
En faisant tomber les feuilles
Sur le sol ensanglanté de l’automne.

Saison naissante, saison mourante
Dans la brume du soir sans fin
Les temps se fanent et la lumière se brise
Laissant couler l’ombre

Parmi les nuées assombries par les malheurs
De l’aube. Demain reviendra la nuit
Aux yeux de triste jour

Jusqu’à ce que la mort et la vie
S’allient heurtant leurs ombres claires
D’un feuillage de poème

Charnay Soirée d'aautomne sur la terrasse« Dans la brume du soir sans fin
Les temps se fanent et la lumière se brise
… »

Illustration : Armand Charnay (1844-1915), « Soirée d’automne sur la terrasse » (détail)
Fin 19e, premier quart du 20e siècle. Charlieu, musée Hospitalier. Crédit photographique : Emma Artige

 

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Dans le ciel obscur

par João M.
Classe de Seconde 1

Dans le soir de lumière déclinante
Là où s’épanouit la lumineuse lune,
Les étoiles aux yeux de soleil
Enflamment le grand ciel.

Mais les édifices des hommes affadissent
Ce paysage. Leurs routes vibrant de rage
Et de métal déchiqueté
Ont pour seul refuge l’amertume.

La nuit est comme la nostalgie du penseur :
Farouchement marginale, éprise de liberté.
Auront-ils encore un germe de sourire
Dans ce monde au toit d’acier dénaturé ?

cite_nuit_3« Leurs routes vibrant de rage et de métal déchiqueté… »

Illustration : © Bruno Rigolt

                       

                   

La seule ombre au tableau
(Haïku)

par Lucie B.
Classe de Seconde 8

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En cette nuit glacée,
Une ombre transparente,
Seule et abandonnée,
Tristement arpente,
Le doux sol argenté.

Composition d’après Caspar David Friedrich : pinceau et sépia sur dessin au crayon (détail, 1826) Hamburger Kunsthalle, Hambourg        
   

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La numérisation de la quatrième livraison  de textes est terminée.
Cinquième publication de textes : dimanche 14 décembre 2014…

 

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

 

Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Troisième livraison

Poursuite de l’exposition « Un Automne en Poésie »

Les élèves de Seconde 8 et moi-même souhaitons dédier
cette édition d’« Un Automne en Poésie » à Sarah L. (†).

uaep_2015Illustration : Bruno Rigolt. D’après Eugène Delacroix, « La Liberté guidant le peuple » (Musée du Louvre-Lens)

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la troisième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif jusqu’au 21 décembre 2014 (dernière livraison).

Prochaine livraison : dimanche 7 décembre 2014

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Très loin d’ici

par Gwénaëlle B.
Classe de Seconde 8

 

Le temps est là
Il passe nonchalant
Comme le parfum d’une fleur
Je le regarde se faner
Dans le miroir de la vie.

Voici enfin le moment attendu
Où le soleil s’achève.
Je me sens attirée
Par un courant invisible qui m’entraîne
Vers les premières roses…

Ophelia_web_1John Everett Millais, Ophelia, Huile sur toile, 1851 (détail)
Londres, Tate Britain

            

                  

Des jours, la neige…

par Maïlys R.
Classe de Seconde 8

              

J’avance dans la forêt lointaine
Un ciel de neige rose a déchiré
Le souffle de mes larmes.

La montagne d’émeraude a recouvert
La peine  de mes yeux
D’un silence oublié.

Dans l’ombre qui tombe
Un oiseau s’est posé sur mon cœur
Pour y rester à jamais…

oiseau_coeur« Dans l’ombre qui tombe
Un oiseau s’est posé sur mon cœur…
 »

Crédit photographique : Bruno Rigolt

        

     

La Nuit, l’ombre du jour…

par Thibault G.
Classe de Seconde 1

                  

Le coucher du soleil me laisse entrevoir la nuit,
Si 
envoûtante là où le jour s’arrête, si belle, si mystérieuse.
La nuit nous aveugle jusqu’au matin,
La nuit chargée d’étoiles et d’encore et de toujours.

Elle nous fait apercevoir la lune ronde,
Pleine, rouge, quand s’éteignent les lumières,
Cette lune à l’ombre du soleil chargée de sanglots
Qui nous éclaire sur le mystère du monde.

Et puis la nuit s’achève, la vie recommence au fil du vent…

Felix_Valloton_Clair_de_lune_1« Mon chagrin s’étend comme les nuits étoilées
À des années-lumières, à l’infini.
.. »

Félix Vallotton, « Clair de Lune » (détail), vers 1895
Paris, Musée d’Orsay

–

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Voyage parmi le dernier soir

par Guillaume B.
Classe de Seconde 8

                  

L’oiseau a décidé de vivre en volant, solitaire
Comme deux parallèles.
Mon cœur a décidé de mourir, si le tien monte au ciel
L’horloge du temps nous a séparés
Comme les mers d’autrefois.

L’automne est un grand voyage qui revêt les arbres de couleurs
J’ai vu changer les paysages mais tu vis dans mon cœur
Comme vivent les feuilles à l’aube des vents,
Comme le crépuscule aime l’océan
Au toit de sel et d’azur.

Le sphinx enneigé qui ne peut vivre que la nuit
M’a conduit à l’espérance d’un voyage
Les vents changeants ont rempli d’amour les saisons
À quoi bon vouloir la vie éternelle quand la mort nous appelle
Pour un dernier voyage vêtu de voiles bleus ?

magritte_le_retour« J’ai vu changer les paysages mais tu vis dans mon cœur
Comme vivent les feuilles à l’aube des vents… »

René Magritte, « Le Retour » (détail), 1940
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

                       

                   

Les plumes qui portent la charge du monde

par Annik L.
Classe de Seconde 8

                 

Les plumes qui portent la charge du monde,
Les animaux malades
Les douleurs des enfants
Les souvenirs des garçons et
Les peines perdues des filles

Les plumes qui portent la charge du monde

Elles sont les objets magiques
Qui lavent les peintures des pensées.
Elles font ces services pour la reine du soleil
Bientôt le monde deviendra aveugle
Des rayons du bonheur.

Les plumes qui portent la charge du monde

Les pensées qui calment les personnes
Pour qu’elles se sentent moins seules
Les pensées qui guérissent les cœurs
Les pensées remplacent véritablement les plumes.

Les pensées qui portent la charge du monde…

Hartung_2« Les pensées remplacent véritablement les plumes.
Les pensées qui portent la charge du monde… »

Hans Hartung (sans titre, vers 1956)
encre de chine sur papier

 

              

Mélancolie

par Éric D. et Alexis B.
Classe de Seconde 8

                      

À l’horizon de mon cœur se trouve
La pureté blanche de l’ancien temps.
Je suis transporté dans un passé lointain

Couvert de trésors. La lumière bleutée de la mer
Me projette dans un cercle de couleurs
Aux reflets de bonheur infini :

Voici la beauté de tes yeux vêtus de ciel
Tes yeux qui se reflètent dans cet océan si profond
Devenu le jour et la nuit, et l’éternité.

Mais à la veille des temps modernes,
L’air et le vent sont devenus gris :
Voici la mélancolie, celle de ma vie.

Much_Mélancolie« L’air et le vent sont devenus gris :
Voici la mélancolie, celle de ma vie
… »

Edvard Munch, « Mélancolie », 1891 (huile sur toile)
Bergen (Norvège), Musée des beaux-arts

 

              

Combat d’un impossible amour

par Alexandre S.
Classe de Seconde 1

                      

Lorsque le jour éclot s’éclipse l’amour
Dans les décombres de mon esprit.
Mon cœur anéanti, brisé en mille sanglots
Se souvient de toi, quand tu murmurais à mon absence.

Ma vie sans toi est pleine de froid,
Un champ de bataille où j’ai déposé les armes.
À l’aube, tristement je m’assieds
En contemplant ton visage dans l’arrière-pays des cieux.

Bruno Rigolt Soir et la Mer_Digital Painting-2013 Copyright« Mon cœur anéanti, brisé en mille sanglots
Se souvient de toi, quand tu murmurais à mon absence
… »

Illustration : © Bruno Rigolt, août 2013 (Peinture numérique et photomontage)
Sources : Gustave Le Gray, « La grande vague » (1857) ; Aivazovsky, « Calme sur la mer Méditerranée » (1892) ; Modigliani, « Jeanne Hébuterne au chapeau » (1917)

–

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Haïku contemporain

par Lou C.
Classe de Seconde 8

photographie_Lou_C_2014« Cet arbre vieilli, dénudé tel une femme… »

Illustration : © Lou C. (2014)

                       

                   

En ouvrant mon armoire

par Charlotte C.
Classe de Seconde 8

                 

Rentrée chez moi, j’ai ouvert mon armoire
Et tout au fond j’ai trouvé cette petite boîte,
Elle contenait le bonheur de l’enfance

Et des fleurs d’azur séchées par le temps.
J’ai soufflé sur le sable enfermé dans mon esprit :
Tout le passé s’est envolé…

La poussière provoqua dans mes yeux
Un spectacle de nuages. La lumière devint alors
Une colombe vers l’azur !

oiseaux-nuit_2013_a1« la lumière devint alors une colombe vers l’azur… »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt

La numérisation de la troisième livraison  de textes est terminée.
Quatrième publication de textes : dimanche 7 décembre 2014…

 

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Deuxième livraison

Poursuite de l’exposition « Un Automne en Poésie »

Les élèves de Seconde 8 et moi-même souhaitons dédier
cette édition d' »Un Automne en Poésie » à Sarah L. (†).
Tu seras toujours dans nos cœurs Sarah. 

UAEP_2014_6_2Illustration : Bruno Rigolt

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la deuxième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif jusqu’au 21 décembre 2014 (dernière livraison).

Prochaine livraison : vendredi 28 novembre 2014

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Le Labyrinthe dispersé

par Sarah G.
Classe de Seconde 1

 

La pluie turquoise
Dessine le portrait
De l’érable perdu,
Le miroir du monde tremble,

Il exécute la valse fantôme
Comme une expérience dépassée
Quand le lendemain piétine le présent
Tel un rythme solitaire.

La science condamne les alliances,
L’attente demeure pesante…
Le labyrinthe se disperse
À travers la forêt d’émeraude brûlée.

Rafal-Olbinski« Le labyrinthe se disperse
À travers la forêt d’émeraude brûlée
… »

Crédit iconographique : Rafal Olbinski (1943-)

            

                  

Lorsque la ville au loin se lève

par Marion D.
Classe de Seconde 1

              

Regarde le ciel bleu parmi tant de tristesse :
Le va-et-vient de la mer m’emporte avec elle.
Mon cœur meurt à chaque instant de la vie
Et l’odeur du vent me transporte
À l’autre bout du soir.

La douce chaleur de l’amour berce mon âme
Ce mot me torture jusqu’au centre de mon ventre.
Elle portait du coton en signe de pureté,
Elle est absente, disparue ; depuis cet instant
Je meurs à chaque soupir du temps.

Le regard vide mais plein de larmes, j’avance.
Je bois les paroles de la nuit avec une profonde douleur
Et tous les matins, depuis le jour où elle est partie,
Après le chant du soleil, lorsque la ville au loin se lève,
Je ne peux résister à l’appel de la mort.

soir_mer_BR_1« Mon cœur meurt à chaque instant de la vie
Et l’odeur du vent me transporte
À l’autre bout du soir »

Crédit photographique : Bruno Rigolt

        

     

Coule une perle…

par Chloé M.
Classe de Seconde 1

                  

Sur ma joue,
Sur cette colline au crépuscule,
Coule une perle de rosée minuscule,
In my dreams and my nightmares*,

Ô Lune ! Prends ma vie et mon paysage ;
En échange,
Je veux retrouver son visage
In my dreams and my nightmares.

Mon cœur blanc de pureté s’est terni
Mon chagrin s’étend comme les nuits étoilées
À des années-lumières, à l’infini,
In my dreams and my nightmares…

* In my dreams and my nightmares (angl.) : dans mes rêves et mes cauchemars

Paysage orientaliste_Copyright_Bruno_Rigolt_2014« Mon chagrin s’étend comme les nuits étoilées
À des années-lumières, à l’infini.
.. »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt, novembre 2014
(photographie aquarellée et retouchée numériquement, digital painting)

–

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Expédition astrale

par Samy D.
Classe de Seconde 1

                  

Ce soir-là je me suis assoupi
Au bord de la Seine
Que le soleil gorgeait de vie.
Alors que mes paupières se fermaient

Le son de l’eau m’a bercé,
Ce flot de couteaux bleus
Qui traversait Paris,
Ville rongée par la vie.

Bientôt mon âme s’échappait
Loin des rues souillées,
S’aventurait dans une
Forêt de nuages

Les étoiles furent
Ma prochaine destination :
Miroirs de l’univers
Rayons d’espoir des hommes.

Frank Myers Boggs« Bientôt mon âme s’échappait loin des rues souillées,
S’aventurait dans une forêt de nuages… »

Frank Myers Boggs, 1855 (Springfield, Ohio) — 1926 (Meudon, France)
« Vue de Notre-Dame au clair de lune », 1898
Huile sur toile. Coll. privée

                       

                   

Lointaine inscription

par Mélina M.-P.
Classe de Seconde 1

                 

La peinture de mes sentiments m’attire
Vers l’arôme de tes pensées
Ainsi que vers la précision
De tes adroites mains.
Je viens te chercher :
Voilà des mois que j’attends
Des nouvelles de tes yeux.

Je vois en toi le rythme de l’horloge
Comme la tension de mon âme
Pourtant une lueur obscure éclaire
de murmures de rosée
La vie que je porte en moi :
Voilà des mois que j’attends
Des nouvelles de tes yeux.

La beauté du monde
Me pousse à chercher un idéal
Voilà des mois que j’attends
Des nouvelles de tes yeux.
Depuis, mon cœur est rempli
D’un désarroi introuvable :
Une lointaine inscription.

coeur_atomes_1« La peinture de mes sentiments m’attire
Vers l’arôme de tes pensées… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

 

              

Molécule minérale

par Claire D.
Classe de Seconde 1

                      

Molécule minérale dans toute l’immensité
Je regardais le ciel d’encre noir
Où voyageaient d’innombrables étoiles

Organismes infinis qui semblaient me parler
Dans le néant dissident. La majestueuse lune
Scintillait de son éclat lacté arrogant

Tous les astres de la nuit passée
Timidement s’étaient éclipsés vers l’azur
Voilés par les nuages de l’aube naissante.

Van Gogh La_nuit_étoilée« Je regardais le ciel d’encre noir
Où voyageaient d’innombrables étoiles
… »

Vincent Van Gogh, « La nuit étoilée », 1889
New York, Museum of Modern Art

 

              

Des colombes s’envolent

par Camille A.
Classe de Seconde 1

                      

De fins éclairs de soir en fleur
Scintillent dans mes yeux. D’inévitables pensées
D’exotique nature frissonnent au gré de l’irréparable :
Les orages finissent en naufrages.
La mer desséchée s’immobilise
Au songe froid de la nostalgie.
Ce refus peut-il nous déchirer ?
Là-bas, le désert d’azur rempli d’amour
Envole des colombes
À la recherche de nouveaux paysages…

oiseau_nuit« De fins éclairs de soir en fleur
Scintillent dans mes yeux. D’inévitables pensées
D’exotique nature frissonnent au gré de l’irréparable… »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt

–

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Ce lieu magique…

par Victor B.
Classe de Seconde 1




Je ne peux te définir par aucun nombre
Car tu es douce comme le vent qui respire,
Tu es le lieu magique parallèle à mes pensées

Le monde en fleurs parmi ces vastes plaines
Tu es le strict maximum de ma vie
La rosée du soleil ne cesse de t’illuminer

Tu es en accord avec mon cœur
Tu es l’amour possible, le ciel qui se tient debout
Aux murmures d’étoiles, aux battements de pluie !


« Car tu es douce comme le vent qui respire,
Tu es le lieu magique parallèle à mes pensées
… »

Illustration : Kay Sage (1898, New York — 1963, Woodbury)
« Le Passage » (autoportrait), 1956
(collection particulière)

La numérisation de la deuxième livraison  de textes est terminée.
Troisième publication de textes : vendredi 28 novembre 2014…

 

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Première livraison

Lancement de l’exposition «Un Automne en Poésie »

UAEP 2014-2015_accrocheIllustration : Bruno Rigolt
Composition originale d’après Yohan Jacob Bennetter (1822-1904), « L’appareillage » (détail)

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la première livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif jusqu’au 21 décembre 2014 (dernière livraison).

Prochaine livraison : vendredi 14 novembre 2014

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Un morceau de rêve se dessine

par Candyce P.
Classe de Seconde 8

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La nuit argentée médite
Sur l’Art que reflète la mer
Le visage passionné par le lieu
Scintille de nuances d’exil…

Un charme divin souffle sur l’horizon
L’arc-en-ciel disparaît comme un voyage
Le calme du ciel rouge
Nourrit l’illusion du rivage :

Tout là-bas, un morceau de rêve se dessine
Dans les yeux étoilés du soir.
C’est le regard donné
Par la bohème !

Nuit_Irlande_2_Bruno_Rigolt« Tout là-bas, un morceau de rêve se dessine
Dans les yeux étoilés du soir… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

            

                  

Pour une rose délaissée

par Claire D.
Classe de Seconde 1

              

Pauvres restes d’un lendemain qui s’envole,
La vie a quitté son corps épuisé et las
L’ange a fermé ses paupières à jamais
Laissant la place à la sagesse éternelle.

Tout avait changé : aucun filet ne la retenait
Comme incomprise : manque de charité,
Derniers soupirs d’une frêle apparition,
Message de paix pour une rose délaissée.

Lourde crainte empreinte d’un sourd dépit,
Allongée dans le vide, elle contemple les images
Des moments purs que la mort a brisés
Bizarrement, aucune larme ; elle était résignée.

Octobre 2014

« L’ange a fermé ses paupières à jamais
Laissant la place à la sagesse éternelle… »

Louis Janmot (1814–1892), Le Poème de l’âme, « Le Vol de l’âme » (détail)
(Lyon, Musée des Beaux-Arts)

        

     

Tu es mon exil

par Lou C.
Classe de Seconde 8

                  

Tu es mon exil où je me perds, tel un pétale
Emporté par les vents : j’ai trouvé dans tes baisers
La douceur d’une plume argentée.

Tu es mon exil et les étoiles sont les éclatements de rire
Des nuits sombres : je retrouve dans tes mots
La chaleur des crépuscules d’été.

Tu es mon exil ; j’ai pêché ton amour dans un lac
Scintillant de bonheur. Ton sourire était semblable
Aux lumières nacrées de l’aube hivernale…


« Ton sourire était semblable
Aux lumières nacrées de l’aube hivernale… »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt

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« C’est l’hiver ! »

par Camille A.
Classe de Seconde 1

                  

Voici que l’herbe magnétique révèle en moi un amour de jeunesse :
Dans ma mémoire, la floraison de ton cœur
Arrache la rivière de mes yeux verts en un parfum d’ombre de la nuit.
Je somnole tandis que tu hantes toutes mes pensées.
Le long des maisons, les oiseaux chantent la joie que j’ai
De te retrouver. Je regarde le miroir du ruisseau
Là où notre promenade de décembre fut si étrange.
Te souviens-tu du bleu fouillis
Des claires étoiles sur les fleuves blancs ?
La neige de Volga s’est penchée au-dehors et a dit :
« C’est l’hiver ! »

UAEP-2014_a_Bruno_Rigolt_Paysage d'hiver_bords_du_Loing « … Je regarde le miroir du ruisseau
Là où notre promenade de décembre fut si étrange… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

                       

                   

Vers le lullaby* de mes pensées

par Louise L.
Classe de Seconde 1

                 

La mer me guide vers la remarquable solution :
La courbe des vagues crée un énigmatique équilibre,
Plus belles sont les marguerites coupées du monde.
Le son énergique de l’eau contre les rochers
A décivilisé le rivage.
Tendre est le vent lorsqu’il envahit le granit.
Mon cœur est emporté par la barque
Vers le lullaby* de mes pensées.

* Lullaby (ˈlʌl.ə.ˌbaɪ) : berceuse (en anglais).

Paysage de dunes_Bruno Rigolt_Copyright« Le son énergique de l’eau contre les rochers
A décivilisé le rivage… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

 

              

Genèse d’un amour

par Thyfanie L. et Alexandre G.
Classe de Seconde 1

                      

La vérité vient de mon âme
Et de l’Encyclopédie de mon cœur
Si près je te désarme
Pour ne pas trouver le chagrin.

Oublie les cris et les larmes
Pour laisser place au contexte rêveur.
Le tableau de ma pensée
A laissé paraître un dégradé d’émotions

Qui s’en va et s’en vient
Au gré des nuances de notre coup de foudre :
Amour alchimique, passion abondante,
Complicité enfantine, nuit pénétrante.

Sur cette plage de lumière,
J’ai écrit ton nom pour que s’illumine
Le soir dansant comme l’onde entrouverte
D’un rivage oublié…

Lacombe_1« Sur cette plage de lumière,
J’ai écrit ton nom pour que s’illumine
Le soir dansant comme l’onde entrouverte… »

Georges Lacombe (1868-1916) , « Baie de Saint-Jean-de-Luz », (Côte de Sainte-Barbe), vers 1904
Huile sur toile, collection particulière. Photo : © Musée Maurice Denis

 

              

Mélancolie

par Éric D. et Alexis B.
Classe de Seconde 8

                      

À la veille des temps modernes,
L’air et le vent sont devenus gris :
Voici la mélancolie, celle de ma vie.

Mais à l’horizon de mon cœur
Se trouve la beauté de tes yeux.
Elle se reflète dans un cercle de couleur

Aux reflets de bonheur infini.
Voici l’océan si profond, là où se trouve
Un peu de pureté blanche de l’ancien temps…

Odilon Redon_Béatrice_2« Voici l’océan si profond, là où se trouve
Un peu de pureté blanche de l’ancien temps… »

Odilon Redon, « Béatrice », 1885 (pastel, coll. privée).

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À un chagrin à vol d’oiseau de toi
(Damas)

par Murielle N. et Marine P.
Classe de Seconde 1




Le message du soir déclare l’espoir :
Ta présence crée en moi
Une curieuse sensation de délivrance

J’ai rêvé de passion à travers une larme
En manque de tendresse ;
Je suis à un chagrin à vol d’oiseau de toi

Envie d’aimer
Sur un nuage libéré par l’enfance
Sur la page anéantie d’un passé interdit

Des sirènes hurlent. Mon amour est aveuglé
Par une lumière de peur
Et tout près de moi, la douce mélodie de la guerre.

Mur-et-ciel_Photomontage_Bruno-Rigolt_1« Envie d’aimer
Sur un nuage libéré par l’enfance
Sur la page anéantie d’un passé interdit… »

Photomontage : Bruno Rigolt

La numérisation de la première livraison  de textes est terminée.
Deuxième publication de textes : vendredi 14 novembre 2014…

 

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Bientôt sur ce site : Un Automne en Poésie… Saison 6

Dans quelques jours, découvrez sur ce site une exposition exceptionnelle…

UAEP 2014-2015_accrocheIllustration : Bruno Rigolt
Composition originale d’après Yohan Jacob Bennetter (1822-1904), « L’appareillage » (détail)

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Première livraison des textes : mardi 28 octobre 2014
Chaque semaine, une dizaine de textes environ seront publiés dans cet Espace pédagogique jusqu’au 21 décembre 2014 (dernière livraison).

Netiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : André Suarès (fin de l'exposition 2014)


UAEP 2014 accroche
Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 
Aujourd’hui…  André Suarès ♂
Paris, 1936 — Paris, 1995 FRANCE

Hier, jeudi 21 août : Amrita Pritam… INDE
Avec ce poème d’André Suarès s’achève l’édition 2014 d’Un été en poésie…

     

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___Seul absolument seul.
___Tous, ils dorment. Je veille. Je suis responsable du navire et de la marche. Je sors de la bourrasque ; j’échappe à la gueule du cataclysme : derrière moi encore, le ciel et la mer se mordent jusqu’aux dents, l’émail vole, et en leur rage le fou haineux, le vent, les excite. Tel j’ai été dans la tempête qu’au plein mol¹ des grands calmes : Seul, irréparablement seul.
___À présent, je vais dans le vent. Je me laisse porter, au point mort du cyclone.
___Je ne vois que devant moi. Je laisse le brouillard à l’horizon qui ceinture la poupe, et de tous bords les mornes flottes du passé. Mais je sens ma trace battre, comme si la mer était mon flanc : un sillage de temps ! L’éternité est un sillage, et le voyage, et la pensée.

___Seul. Absolument seul.
___Le cercle du monde est pour moi ce qu’il est : c’est un zéro de nuit, en vain je suis au centre. Il marche avec moi qui crois marcher. Une lueur brûle au contour : le coucher de la lune, ou le premier regard de telle étoile, ou l’aube quand l’éternel devoir la réveille insupportablement.
___N’étais-je pas un voyageur comme tous, que j’ai, ici, ce souci de la route et de l’équipage ?
___Seul. Absolument seul.

1. mol : caractère de ce qui est mou. Ici, allusion à la mer étale et tranquille.

André Suarès (1868-1948), 1906*
Bouclier du zodiaque, éd. Bibliothèque de l’Occident, Paris 1907.

* Ce poème est souvent daté de 1907, mais avant de paraître dans Bouclier du zodiaque, signalons qu’il a été publié en 1906 dans la revue trimestrielle de littérature Vers et Prose, tome VII (septembre-novembre 1906), pages 102–103.

Georges_Rouault_Miserere« Tel j’ai été dans la tempête qu’au plein mol des grands calmes :
Seul, irréparablement seul
… »

Georges Rouault (1871-1958), « Qui ne se grime pas ?» (aquatinte), 1922
Planche VIII du Miserere

–

Georges_Rouault_paysage_3« … un sillage de temps !
L’éternité est un sillage, et le voyage, et la pensée…. »

Georges Rouault, « Paysage biblique» (huile sur toile, détail), 1935
Saint-Tropez, musée de l’Annonciade © ADAGP, Paris 2009

–

Georges_Rouault_paysage_modifié-1« Le cercle du monde est pour moi ce qu’il est :
c’est un zéro de nuit, en vain je suis au centre… »

Georges Rouault, « Paysage » (huile sur toile, coll. partic.)

–

Georges_Rouault_portrait_Suares« N’étais-je pas un voyageur comme tous…
Seul. Absolument seul. »

Georges Rouault, « Portrait intime d’André Suarès» (lithographie), 1926

frise_1

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : André Suarès (fin de l’exposition 2014)


Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui…  André Suarès ♂
Paris, 1936 — Paris, 1995 FRANCE

Hier, jeudi 21 août : Amrita Pritam… INDE

Avec ce poème d’André Suarès s’achève l’édition 2014 d’Un été en poésie…

     

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___Seul absolument seul.
___Tous, ils dorment. Je veille. Je suis responsable du navire et de la marche. Je sors de la bourrasque ; j’échappe à la gueule du cataclysme : derrière moi encore, le ciel et la mer se mordent jusqu’aux dents, l’émail vole, et en leur rage le fou haineux, le vent, les excite. Tel j’ai été dans la tempête qu’au plein mol¹ des grands calmes : Seul, irréparablement seul.
___À présent, je vais dans le vent. Je me laisse porter, au point mort du cyclone.
___Je ne vois que devant moi. Je laisse le brouillard à l’horizon qui ceinture la poupe, et de tous bords les mornes flottes du passé. Mais je sens ma trace battre, comme si la mer était mon flanc : un sillage de temps ! L’éternité est un sillage, et le voyage, et la pensée.

___Seul. Absolument seul.
___Le cercle du monde est pour moi ce qu’il est : c’est un zéro de nuit, en vain je suis au centre. Il marche avec moi qui crois marcher. Une lueur brûle au contour : le coucher de la lune, ou le premier regard de telle étoile, ou l’aube quand l’éternel devoir la réveille insupportablement.
___N’étais-je pas un voyageur comme tous, que j’ai, ici, ce souci de la route et de l’équipage ?
___Seul. Absolument seul.

1. mol : caractère de ce qui est mou. Ici, allusion à la mer étale et tranquille.

André Suarès (1868-1948), 1906*
Bouclier du zodiaque, éd. Bibliothèque de l’Occident, Paris 1907.

* Ce poème est souvent daté de 1907, mais avant de paraître dans Bouclier du zodiaque, signalons qu’il a été publié en 1906 dans la revue trimestrielle de littérature Vers et Prose, tome VII (septembre-novembre 1906), pages 102–103.

Georges_Rouault_Miserere« Tel j’ai été dans la tempête qu’au plein mol des grands calmes :
Seul, irréparablement seul
… »

Georges Rouault (1871-1958), « Qui ne se grime pas ?» (aquatinte), 1922
Planche VIII du Miserere

–

Georges_Rouault_paysage_3« … un sillage de temps !
L’éternité est un sillage, et le voyage, et la pensée…. »

Georges Rouault, « Paysage biblique» (huile sur toile, détail), 1935
Saint-Tropez, musée de l’Annonciade © ADAGP, Paris 2009

–

Georges_Rouault_paysage_modifié-1« Le cercle du monde est pour moi ce qu’il est :
c’est un zéro de nuit, en vain je suis au centre… »

Georges Rouault, « Paysage » (huile sur toile, coll. partic.)

–

Georges_Rouault_portrait_Suares« N’étais-je pas un voyageur comme tous…
Seul. Absolument seul. »

Georges Rouault, « Portrait intime d’André Suarès» (lithographie), 1926

frise_1

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Amrita Pritam


UAEP 2014 accroche
Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui… Amrita Pritam ♀
Gujranwala (Pakistan), 1919 — Delhi (Inde), 2005 INDE

Hier, mercredi 20 août : André Laude… FRANCE
Demain, vendredi 22 août : André Suarès… FRANCE

–

Une ville…

Une ville
Le grain semé par les étoiles
Est revendu au marché noir ;
Je secoue un sac de nuages,
Le marché ce soir va fermer.
La lune est un veau affamé
Qui tète des tétons taris.
Liée à un pieu la terre-mère
Lèche la mangeoire du ciel.

À la porte de l’hôpital
Combien de mots gisent malades,
Tels vérité, justice, foi,
— toute la foule de valeurs.
Quelqu’un peut-être prescrira
Un médicament salutaire,
Mais il semble pour le moment
Que le terme ait été atteint.

En cette ville il est des lieux
Où vivent des sans-feu-ni-lieu.
Ils sont tout à fait démunis
et leur vie doucement s’en va.
La première nuit de vieillesse
Est venue leur dire à l’oreille
Qu’en cette ville leur jeunesse
Éternelle a été volée.

La nuit a été froide, à l’aube on a trouvé
Dans la rue un corps non identifié.
Le feu du bûcher brûle et personne ne pleure.
Un philosophe est mort, un poète, un mendiant.

Dans les bras d’un homme une fille
A crié, s’est mordue au sang :
Au poste de police on rit,
Dans les cafés on se goberge ;
Des camelots dans les rues passent
Vendant un païsa¹ les nouvelles
Et mettant son corps en lambeaux.

Sous un gulamohar² des gens
Se rencontrent et rient et chantent.
Ils voudraient cacher qu’ils sont morts.
Chacun porte une pierre blanche,
Chacun veille sur son cadavre.

On entend le bruit des machines.
La ville est une imprimerie
Et chaque homme un mot isolé,
Chaque prophète un typographe
Qui veut les faire aller ensemble,
Mais jamais ne naît une phrase.

Cette ville a pour nom Delhi,
Mais ce pourrait en être une autre :
Quelle importance un nom a-t-il ?

Dans les draps sales du présent
La nuit l’on rêve d’avenir,
Ou bien l’on veille, on imagine,
Avant de prendre un somnifère.

Amrita Pritam (1919-2005)
Traduit du panjabi par Denis Matringe.
Revue Europe, « Littératures de l’Inde », (n° 864, avril 2001). Pour voir la présentation de cette parution, cliquez ici.

Poème cité  par Fabienne Shanti Desjardins, « Amrita Pritam, l’un des plus grands écrivains  indiens du XXe siècle », in : La nouvelle Revue de l’Inde, n°2, septembre 2009, « numéro spécial : femmes indiennes », Paris L’Harmattan page 69.
–

NOTES

1. païsa (païse au pluriel) : centième de roupie indienne (1 roupie = 100 païse).
2. gulamohar (ou gulmohar ) : arbre ornemental à floraison rouge spectaculaire plus connu sous le nom de flamboyant (delonix regia). Au Népal, en Inde et au Pakistan, le flamboyant prend le nom de gulmohar (plus rarement orthographié comme ici gulamohar).

Hema Upadhyay_Dream a wish, wish a dream_2006« Dans les draps sales du présent/La nuit l’on rêve d’avenir… »

Hema Upadhyay (artiste indienne), « Dream a wish, wish a dream » (2006)
Maquette de bidonville réalisée à partir de matériaux de récupération
(cartons, plaques d’aluminium, morceaux de bois, bouts de tuyaux, châssis de voitures…) 

source de l’image : © chemould prescott road – contemporary art gallery

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : André Laude


UAEP 2014 accroche
Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui…  André Laude ♂
Paris, 1936 — Paris, 1995 FRANCE

Hier, mardi 19 août : Jeanne Dortzal… FRANCE
Demain, jeudi 21 août : Amrita Pritam… INDE

     

Le mot n’est pas l’amour…

Le mot n’est pas l’amour
l’amour n’est pas la rue quotidienne
avec ses poissons crevés Ses rats squelettiques
la rue n’est pas le delta des gestes fiévreux
Les gestes fiévreux ne sont pas
le matin du monde
et l’aube des femmes des hommes des vieillards et des enfants
n’est pas cette flaque d’urine au bas du mur de l’usine
l’usine n’est pas la forêt
la forêt n’est pas l’oiseau
qui chante malgré sa gorge rouge
le chant du sang n’est pas la sève d’avril
Un jour peut-être
nous ferons en sorte tous unis
de donner des ailes
au pauvre langage des habitants des limbes.

André Laude (1936-1995)
Poème cité dans C’était hier et c’est demain : anthologie.
Le Printemps des poètes/Seghers « Poésie d’abord », Paris 2004, page 126.

Picasso_Le visage de la Paix« … nous ferons en sorte tous unis
de donner des ailes
au pauvre langage des habitants des limbes
… »

Pablo Picasso, « Le visage de la paix», crayon graphite sur papier, 1951
Paris, Musée national Picasso

Crédit photographique : © Succession Picasso 2008 ; © Réunion des musées nationaux
Source de l’image

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Jeanne Dortzal


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Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
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Aujourd’hui… Jeanne Dortzal (pseudonyme de Jeanne-Françoise Thomasset) ♀
Djemaa el Ghazaouet (Algérie), 1878 — (lieu inconnu) 1943 FRANCE

Hier, lundi 18 août : René Char… FRANCE
Demain, mercredi 20 août : André Laude… FRANCE

–

Le large

J’ai vécu sous un ciel si jeune et si vorace,
La lumière du Sud eut un tel déploiement,
Qu’il me semble avoir bu aux sources de l’espace,
Comme ces condamnés qui marchent dans le vent.

Ma bouche fut la pulpe où l’été qui chavire
Retrouva sa chaleur. Notre sang virginal
Fut le pollen qui danse et féconde et respire,
La terre s’est faite homme et fut l’amant pascal.

Nous avons chevauché dans l’humus et la flore,
Les parfums souterrains charriant des soleils,
Et sous nos pieds géants, entraînés vers l’aurore,
S’accrochait la toison des pays sans pareils.

Rêve apocalyptique où la pensée appelle,
Spasme vers l’inconnu qui vous couche vivant
Dans ce ciel qu’on emporte et qui vous écartèle,
Avec sa croix de sable et son oubli mouvant.

J’ai tenu sous mes poings, la saison démontée,
La lumière qui saoule a jailli sur mes flancs;
Mon vin à moi, celui qui verse, par bolée,
Le jour-dieu qui vendange et saigne au fond des temps.

Corps sculpté par l’absence et dont la ligne fière
N’est qu’un prolongement du désert parcouru.
Ô chair en solitude, ayant fait sa litière
Dans l’azur qui fuyait et que j’ai maintenu.

Ô large, sois ma proie et que tes ailes claquent!
Je t’ai voulu semblable à ce que j’ai rêvé,
Musical et profond comme une nuit de Pâques,
Dans la toute-puissance où l’esprit s’est lavé.

Je t’offre, pour rançon, mes plus riches minutes,
Ma soif émerveillée et mon accouplement
Avec l’herbe, le feu, les sables où je bute,
Et ma cabane d’ange où j’endormais le vent.

Jeanne Dortzal (1878-1943)
La Croix de sable, Aux Éditeurs Associés, Paris 1927, pages 31-32.
Pour accéder au recueil, cliquez ici (ressource proposée par poetesses.fr)

Nuit dans le désert du Sahara_Bruno Rigolt_e« La lumière du Sud eut un tel déploiement,
Qu’il me semble avoir bu aux sources de l’espace
… »

Bruno Rigolt, « Nuit dans le désert au Sahara »
Composition graphique originale
Photographie panoramique retouchée. © Bruno Rigolt, 2014

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : René Char


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Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui… René Char ♂
L’Isle-sur-la-Sorgue, 1907 — Paris, 1988 FRANCE

Hier, dimanche 17 août : Marie Rouanet… FRANCE
Demain, mardi 19 août : Jeanne Dortzal… FRANCE

     

XXX

Le poème est l’amour réalisé du désir démesuré désir.
–

XLII

Être poète, c’est avoir de l’appétit pour un malaise dont la consommation, parmi les tourbillons de la totalité des choses existantes et pressenties, provoque, au moment de se clore, la félicité.
–

XLIII

Le poème donne et reçoit de sa multitude l’entière démarche du poète s’expatriant de son huis clos. Derrière cette persienne de sang brûle le cri d’une force qui se détruira elle seule parce qu’elle a horreur de la force, sa sœur subjective et stérile.
–

XLIV

Le poète tourmente à l’aide d’injaugeables secrets la forme et la voix de ses fontaines.
–

XLV

Le poète est la genèse d’un être qui projette et d’un être qui retient. À l’amant il emprunte le vide, à la bien aimée, la lumière. Ce couple formel, cette double sentinelle lui donnent pathétiquement sa voix.
–

René Char (1907-1988)
Partage formel in : Fureur et mystère (1948), Paris NRF Gallimard, 1967.
Page 73 (fragment XXX), page 77 (fragments XLII à XLV)

Madeleine_Mirbeau_Gaïa_2013_2« Le poète tourmente à l’aide d’injaugeables secrets
la forme et la voix de ses fontaines
… »

Madeleine Mirbeau, « Gaïa », huile sur toile, 2013
Collection privée

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Marie Rouanet


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Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui… Marie Rouanet ♀
Béziers, 1936 — … FRANCE

Hier, samedi 16 août : Boris Vian… FRANCE
Demain, lundi 18 août : René Char… FRANCE

–

La poudre de papillon

Recueillir dans une boîte la poudre qui tapisse les ailes des papillons, celle qui reste sur les doigts quand on les attrape. Lorsque vous en aurez assez, enduisez-vous le corps de cette poudre.

Vous volerez.

C’est une quête à long terme. Car on n’attrape pas beaucoup de papillons et chacun donne très peu de poudre — même pas une pincée.

Il n’y a qu’à voir ce qu’il reste au bout des doigts lorsqu’on en capture un.

Peut-être est-ce au terme de la vie, sur l’autre seuil, inverse de la naissance, que l’on pourra s’enduire tout le corps.

Alors, oui, on s’envolera.

Marie Rouanet (1936-…)
Trésors d’enfance, Paris Albin Michel 2009, pages 100-101.

Papillons_modifié-1« C’est une quête à long terme. Car on n’attrape pas beaucoup de papillons… »

Bruno Rigolt, « Nature morte aux papillons »
Photomontage, peinture numérique © Bruno Rigolt, 2010, 2014

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Boris Vian


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« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui… Boris Vian ♂
Ville-d’Avray, 1920 — Paris, 1959 FRANCE

Hier, vendredi 15 août : Alice de Chambrier… SUISSE
Demain, dimanche 17 août : Marie Rouanet… FRANCE

–

Y a du soleil dans la rue

Y a du soleil dans la rue
J’aime le soleil mais j’aime pas la rue
Alors je reste chez moi
En attendant que le monde vienne
Avec ses tours dorées
Et ses cascades blanches
Avec ses voix de larmes
Et les chansons des gens qui sont gais
Ou qui sont payés pour chanter
Et le soir il vient un moment
Où la rue devient autre chose
Et disparaît sous le plumage
De la nuit pleine de peut-être
Et des rêves de ceux qui sont morts
Alors je descends dans la rue
Elle s’étend là-bas jusqu’à l’aube
Une fumée s’étire tout près
Et je marche au milieu de l’eau sèche
De l’eau rêche de la nuit fraîche
Le soleil reviendra bientôt.

Boris Vian (1920-1959)
Je voudrais pas crever, Le Livre de Poche 1997, page 29.

Vincent Van Gogh  la rue Lepic vue de l'appartement« Alors je descends dans la rue
Elle s’étend là-bas jusqu’à l’aube… »

Vincent Van Gogh, « La rue Lepic vue de l’appartement », 1887
crayon et lavis d’encre sépia sur papier

Amsterdam, Van Gogh Museum

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Alice de Chambrier


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Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
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Aujourd’hui… Alice de Chambrier ♀
Bevaix (Canton de Neuchâtel, Suisse), 1861 — 1882*… SUISSE
*Alice de Chambrier est morte à vingt-et-un ans d’un coma diabétique.

Hier, jeudi 14 août : Michel Butor… FRANCE
Demain, samedi 16 août : Boris Vian… FRANCE

–

Soir au village

Le village s’endort en son nid de verdure,
Une vague fumée encor monte des toits.
Un indicible calme envahit la nature
Et gagne lentement la campagne et les bois.

Un grand nuage rouge égaré dans l’espace
Jette de longs reflets sur les cieux assombris,
Puis, insensiblement il se fond et s’efface
Dans le vague brouillard des crépuscules gris.

Tous les vieux paysans, assis devant leur porte,
Devisent sur leurs champs, sur le temps qu’il fera :
Le raisin claire un peu, la récolte est très forte ;
On aura de l’argent lorsque l’hiver viendra.

Les jeunes filles vont promener sous les saules,
Marchant toutes de front en se donnant la main,
Tandis que les beaux gars aux robustes épaules
Malicieusement leur barrent le chemin.

Chacun voudrait pouvoir retenir sa chacune :
Ce sont de gais assauts qui n’en finissent pas,
De longs éclats de voix, des rires, et la lune
Qui passe dans le ciel sourit à ces ébats.

Et les bœufs tachetés, couchés dans l’écurie,
Ruminent lentement leur provende du soir,
Pendant que leurs grands yeux tout pleins de rêverie
Errent dans l’ombre épaisse, et regardent sans voir.

Alice de Chambrier (1861-1882)
Texte cité dans : Anthologie des poètes français du XIXème siècle (collectif), Alphonse Lemerre éditeur Paris 1888
Volume 3 : 1852-1866, page 414. Pour accéder au texte numérisé (Wikisource),
cliquez ici.

Village dans les Alpes_3« Un indicible calme envahit la nature
Et gagne lentement la campagne et les bois
… »

Bruno Rigolt, « Un soir dans les Alpes », aquarelle et encre  de Chine
© Bruno Rigolt, 2014

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Michel Butor


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Aujourd’hui… Michel Butor ♂
Mons-en-Barœul, 1926 — … FRANCE

Hier, mercredi 13 août : Sybil O’Santry (pseudonyme d’Elsa Kœberlé)… FRANCE
Demain, vendredi 15 août : Alice de Chambrier… SUISSE

–

Au seuil de la ruche de survie

Pour Graziella Borghesi

Quel miel cherches-tu
reposant tes ailes
entre les rayons
devant le portail
abeille aux yeux noirs ?

Celui du désert
dans les alvéoles
entre les écailles
des fûts de colonnes
ou troncs de palmiers

La suie devient sable
dans les alentours
de la basilique
métamorphosée
en une oasis

Je cherche le temps
de l’autre côté
du bourdonnement
le pollen des morts
et l’or du silence

Lucinges, le 27 janvier 1992.

Michel Butor (1926-…)
Cité dans Recueil, revue trimestrielle de littérature, n°27 mai 1993, Champ Vallon, page 12.

Bruno_Rigolt_Nature_morte_aux_citrons_5

« Je cherche le temps/de l’autre côté/du bourdonnement
le pollen des morts/et l’or du silence
… »

Illustration : Bruno Rigolt
« Nature morte aux citrons » (photomontage et peinture numérique), août 2014
Citrons d’après Giovanna Garzoni, « Natura morta con scodella di limoni » (1640)

Bruno_Rigolt_Nature_morte_aux_citrons_2014_5

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Sybil O’Santry


UAEP 2014 accroche
Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui… Sybil O’Santry (pseudonyme d’Elsa Kœberlé) ♀
Strasbourg, 1881 — Avignon, 1950… FRANCE

Hier, mardi 12 août : Charles Péguy… FRANCE
Demain, jeudi 14 août : Michel Butor… FRANCE

–

Sur l’eau morte…

Sur l’eau morte, où les pieds de la forêt baignaient,
Sur ce pays d’étangs, de vergers, de hêtraies,
La brume du printemps flottait comme une écharpe.

Tout était morne et doux. Vers la lisière bleue
Des bois, un vieux pêcheur relevait ses verveux,
Et dans l’ombre luisait le bond preste des carpes.

Ô villages ! blottis au creux des vallons roux !
Je songe à Fiesole, située comme vous,
Mais qui est un bouquet entre des seins de femme…

Sybil O’Santry (1881-1950)
Petits poèmes in La Guirlande des jours, Mercure de France, 1902
Texte cité par Adolphe van Bever, Les Poètes du terroir du XVe siècle au XXe siècle […], Paris Delagrave 1909, volume I, page 27. Pour accéder au texte numérisé (Université de Toronto), cliquez ici.

Barque sur le Loing_Copyright Bruno Rigolt_web« Sur l’eau morte, où les pieds de la forêt baignaient… »

Illustration : Bruno Rigolt, « La barque du pêcheur » (2012)
Photographie aquarellée et retouchée numériquement
© Bruno Rigolt, 2012, 2014

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Sybil O'Santry


UAEP 2014 accroche
Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 
Aujourd’hui… Sybil O’Santry (pseudonyme d’Elsa Kœberlé) ♀
Strasbourg, 1881 — Avignon, 1950… FRANCE

Hier, mardi 12 août : Charles Péguy… FRANCE
Demain, jeudi 14 août : Michel Butor… FRANCE

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Sur l’eau morte…

Sur l’eau morte, où les pieds de la forêt baignaient,
Sur ce pays d’étangs, de vergers, de hêtraies,
La brume du printemps flottait comme une écharpe.

Tout était morne et doux. Vers la lisière bleue
Des bois, un vieux pêcheur relevait ses verveux,
Et dans l’ombre luisait le bond preste des carpes.

Ô villages ! blottis au creux des vallons roux !
Je songe à Fiesole, située comme vous,
Mais qui est un bouquet entre des seins de femme…

Sybil O’Santry (1881-1950)
Petits poèmes in La Guirlande des jours, Mercure de France, 1902
Texte cité par Adolphe van Bever, Les Poètes du terroir du XVe siècle au XXe siècle […], Paris Delagrave 1909, volume I, page 27. Pour accéder au texte numérisé (Université de Toronto), cliquez ici.

Barque sur le Loing_Copyright Bruno Rigolt_web« Sur l’eau morte, où les pieds de la forêt baignaient… »

Illustration : Bruno Rigolt, « La barque du pêcheur » (2012)
Photographie aquarellée et retouchée numériquement
© Bruno Rigolt, 2012, 2014

Un été en Poésie (saison 2) 22 juillet-22 août 2014… Aujourd’hui : Charles Péguy


UAEP 2014 accroche
Pour la deuxième année consécutive, du mardi 22 juillet 2014 au vendredi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite :
« Un été en poésie »…

Chaque jour, un poème sera publié. Cette année, quinze pays seront représentés dans ce tour du monde poétique, mêlant écriture et arts visuels. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui… Charles Péguy ♂
Orléans, 1873 — Villeroy, 1914… FRANCE

Hier, lundi 11 août : Maria Luisa Spaziani… ITALIE
Demain, mercredi 13 août : Sybil O’Santry (pseudonyme d’Elsa Kœberlé)… FRANCE

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Présentation de la Beauce
à Notre-Dame de Chartres
(extrait)

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape

Et voici votre voix sur cette lourde plaine
Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés,
Voici le long de nous nos poings désassemblés
Et notre lassitude et notre force pleine.

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules,
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

[…]

Charles Péguy (1873-1914)
La Tapisserie de Notre-Dame, 1913
(pour lire la suite du texte, cliquez ici)

Champs de blé dans la Beauce_Chartres-a_modifié-2« Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison
… »

Illustration : Bruno Rigolt
« Champs de blé dans la Beauce » (photographie retouchée et aquarellée numériquement)
© Bruno Rigolt, 2014