Aujourd’hui… L’hommage d’Hélène P. (Seconde 18) au Futurisme !
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Vous avez été nombreux à découvrir sur ce site la poésie futuriste. Beaucoup d’élèves de Seconde ont souhaité aller plus loin et proposer à leur tour un poème futuriste.
Chaque jour… un nouveau poème !
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Demain, découvrez un nouveau poème avec Léo (Seconde 18) !
par la classe de Première S3
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Voici le deuxième volet de l’exposition « De mots, de rimes et de sables »
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Dorian
La douce lumière du matin entre dans la pièce
Mais la journée que je vis n’est que redite et répétition d’ennui,
Me levant seul dans la poussière et la sombrité
D’une maison vide…
Partir pour vivre de nouvelles clartés et d’autres soleils !
Mon cœur se perdra dans les brumes océaniques.
Des esprits sauvages opportuns me sauveront de la noyade.
Mon corps se trouvera plongé dans des matins
Au sourire de voyage…
Maeva, Alexia
La lumière exagérée de mes pensées
Fait battre mon cœur :
Une envie de tuer telle une évasion de couleurs
Dans un je agressif
Permet le devoir assassiné tel une perle de galère
Dans un espoir noir
Qui danse une envie d’ailleurs :
Douceur des nuages embrassés,
Amour dans tes yeux de rêve :
C’est l’élément de piqûre ennuyé,
C’est le bâton de souffrance
C’est le souvenir de cette passion au ciel envolé
La cause de ce jour de beauté.
Un morceau de chaîne rouge, rouge
Qui dans la douce mer bouge
Entraîne au loin la crise du malheur
Mêlé de vivante humanité…
Et ma poésie qui mourait d’espérance
Faisait naître la négation de cadavres malchanceux envolés de vent
Et la tendresse du pont de nos bras adoucis
Finissant en rêve,
Par une nuit alanguie
D’or et de soir…
Arnaud
Précises phrases racontant mieux et tendrement
Les oiseaux de lumière marchant sous les ciels
Comme s’évaporent les choses.
Enfin maintenant étouffant les voix filtrantes,
La langue d’Ésope, doux poème percevant la plume,
Précises phrases racontant les oiseaux de lumière…
Reconnaître l’espoir d’un amour tombant
Par des mots nouveaux conduisant à un sentiment inconnu :
Bouleversement dramatique, étrange fleur soluble.
Maëlise
L’amour naissant, la haine s’évapore doucement :
La rose rouge de la passion se prête à rêver,
La colère se fane…
Le fleuve de paix colore les soirs d’été :
Sérénité, calme et silence de la nuit !
Tout bruit cesse, seule au milieu de nulle part,
Je me pose dans mes pensées…
Pauline
Bercée par cette folle envie fâcheuse d’anéantir la triste rosée froide des herbes noires de ces nuits inachevées des matins de novembre…
Ce mois résonne tel un cataclysme me disant que la chaleur s’est envolée, comme ces colombes sédentaires fuyant arbres et continents.
Les matins secs et lourds ont donné place aux manteaux de velours :
C’est la controverse des nuits d’ivresse au feu de bois.
Je vends des miracles ineffables, et d’hivernales paroles :
Je ne dois pas oublier de vous parler de cette terre blanche qui se fait attendre peu à peu.
Le sommeil est triste, un brin cassant ; les journées courtes comme un livre inachevé
Laissant des cicatrices…

Adeline
La terre est constituée d’îles et d’archipels sortis des mers :
Les vagues font un voyage au centre de la terre.
Les déplacements et affrontements des plaques
Se forment sous les mers, des tsunamis s’en vont et viennent
Naufrageant des terres promises.
La Belle au bois dormant croise des arbres flottants
Au gré des continents
Où s’envolent des hommes en voyage…
Camille
Je m’enfonce dans ce mystère comme dans le rouge
Blanchâtre d’une mousse d’amour.
L’envie de ta peau se répand sur mes lèvres
Mais la mémoire inconnue du temps qui passe
Me fait oublier les feuilles de vieillesse de l’arbre familial.
Je pense à nous en contemplant nos racines communes,
Prête à m’envoler
Vers tous les océans de ta beauté perpétuée !
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Angélique, Marine
Vie est vernis de soleil,
Dore et illumine
Le ciel de mon avenir
Et puis comme fleur
Mon bonheur se fane :
Le rire des enfants
Exilés, irisés
S’est envolé dans le vent.
Et la brise traversa
Mes songes vertigineux.
par Sofia
La fille à la solitude rouge, dans le Noir des champs de l’amour amer…
Que devient la rencontre de là-bas où l’hier s’inquiétait de l’impossible ?
Sans l’argent du soleil, où irait cet être ? Qui embellira le sang de ce cœur naufragé ?
Cette colombe reviendra peut-être pour un désir de l’ailleurs ?
Rarement le parfum de cet être qui dans le vent se réveilla
D’une tentation, d’un cauchemar, parvint jusqu’à la mer…
La mer, la mer : un symbole de rivage où le temps ne serait que sable
De l’écume de nos cœurs qui ne faisaient plus qu’Un…
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Camille
Je me lève cette nuit avec ton image dans la tête
À moitié endormie, je regarde par la fenêtre :
Le vent coule en larmes-prunes aux pieds de la lune…
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par la classe de Première S3
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Voici le deuxième volet de l’exposition « De mots, de rimes et de sables »
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Dorian
La douce lumière du matin entre dans la pièce
Mais la journée que je vis n’est que redite et répétition d’ennui,
Me levant seul dans la poussière et la sombrité
D’une maison vide…
Partir pour vivre de nouvelles clartés et d’autres soleils !
Mon cœur se perdra dans les brumes océaniques.
Des esprits sauvages opportuns me sauveront de la noyade.
Mon corps se trouvera plongé dans des matins
Au sourire de voyage…
Maeva, Alexia
La lumière exagérée de mes pensées
Fait battre mon cœur :
Une envie de tuer telle une évasion de couleurs
Dans un je agressif
Permet le devoir assassiné tel une perle de galère
Dans un espoir noir
Qui danse une envie d’ailleurs :
Douceur des nuages embrassés,
Amour dans tes yeux de rêve :
C’est l’élément de piqûre ennuyé,
C’est le bâton de souffrance
C’est le souvenir de cette passion au ciel envolé
La cause de ce jour de beauté.
Un morceau de chaîne rouge, rouge
Qui dans la douce mer bouge
Entraîne au loin la crise du malheur
Mêlé de vivante humanité…
Et ma poésie qui mourait d’espérance
Faisait naître la négation de cadavres malchanceux envolés de vent
Et la tendresse du pont de nos bras adoucis
Finissant en rêve,
Par une nuit alanguie
D’or et de soir…
Arnaud
Précises phrases racontant mieux et tendrement
Les oiseaux de lumière marchant sous les ciels
Comme s’évaporent les choses.
Enfin maintenant étouffant les voix filtrantes,
La langue d’Ésope, doux poème percevant la plume,
Précises phrases racontant les oiseaux de lumière…
Reconnaître l’espoir d’un amour tombant
Par des mots nouveaux conduisant à un sentiment inconnu :
Bouleversement dramatique, étrange fleur soluble.
Maëlise
L’amour naissant, la haine s’évapore doucement :
La rose rouge de la passion se prête à rêver,
La colère se fane…
Le fleuve de paix colore les soirs d’été :
Sérénité, calme et silence de la nuit !
Tout bruit cesse, seule au milieu de nulle part,
Je me pose dans mes pensées…
Pauline
Bercée par cette folle envie fâcheuse d’anéantir la triste rosée froide des herbes noires de ces nuits inachevées des matins de novembre…
Ce mois résonne tel un cataclysme me disant que la chaleur s’est envolée, comme ces colombes sédentaires fuyant arbres et continents.
Les matins secs et lourds ont donné place aux manteaux de velours :
C’est la controverse des nuits d’ivresse au feu de bois.
Je vends des miracles ineffables, et d’hivernales paroles :
Je ne dois pas oublier de vous parler de cette terre blanche qui se fait attendre peu à peu.
Le sommeil est triste, un brin cassant ; les journées courtes comme un livre inachevé
Laissant des cicatrices…

Adeline
La terre est constituée d’îles et d’archipels sortis des mers :
Les vagues font un voyage au centre de la terre.
Les déplacements et affrontements des plaques
Se forment sous les mers, des tsunamis s’en vont et viennent
Naufrageant des terres promises.
La Belle au bois dormant croise des arbres flottants
Au gré des continents
Où s’envolent des hommes en voyage…
Camille
Je m’enfonce dans ce mystère comme dans le rouge
Blanchâtre d’une mousse d’amour.
L’envie de ta peau se répand sur mes lèvres
Mais la mémoire inconnue du temps qui passe
Me fait oublier les feuilles de vieillesse de l’arbre familial.
Je pense à nous en contemplant nos racines communes,
Prête à m’envoler
Vers tous les océans de ta beauté perpétuée !
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Angélique, Marine
Vie est vernis de soleil,
Dore et illumine
Le ciel de mon avenir
Et puis comme fleur
Mon bonheur se fane :
Le rire des enfants
Exilés, irisés
S’est envolé dans le vent.
Et la brise traversa
Mes songes vertigineux.
par Sofia
La fille à la solitude rouge, dans le Noir des champs de l’amour amer…
Que devient la rencontre de là-bas où l’hier s’inquiétait de l’impossible ?
Sans l’argent du soleil, où irait cet être ? Qui embellira le sang de ce cœur naufragé ?
Cette colombe reviendra peut-être pour un désir de l’ailleurs ?
Rarement le parfum de cet être qui dans le vent se réveilla
D’une tentation, d’un cauchemar, parvint jusqu’à la mer…
La mer, la mer : un symbole de rivage où le temps ne serait que sable
De l’écume de nos cœurs qui ne faisaient plus qu’Un…
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Camille
Je me lève cette nuit avec ton image dans la tête
À moitié endormie, je regarde par la fenêtre :
Le vent coule en larmes-prunes aux pieds de la lune…
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Écrire pour ne pas être une parole qui s’envole mais un écrit qui reste, écrire pour ne pas être perdue, écrire pour le plaisir d’écrire, dévoiler sa vie comme une opération à cœur ouvert. Nous : spectateurs d’un moment présent qui ne sera que le futur de notre passé. Vivre pour écrire, écrire pour être en vie, voyager pour trouver l’inspiration, écrire pour être le roi de son propre cœur, pour être éternel quand la vie n’est bientôt que le passé amer.
Écrire pour donner vie à ce qui n’est plus, écrire le silence monotone pour ne créer qu’un courant d’air qui réchauffait les cœurs. Donner l’impression de ne pas redevenir poussière aux yeux des gens, mais un rayon de soleil, qui se brise avec le soir. Écrire sa douleur que l’on n’ose pas avouer en la cachant derrière un sourire triste, écrire pour montrer que malgré une maturité prématurée je peux être un enfant, écrire intemporellement pour que le monde comprenne au fil des siècles…
N’oubliez pas les deux bouts de bois et le métal, la plume et le vent, et mon univers d’enfant… N’oubliez pas cette main qui écrit, ce stylo qui se vide, cette feuille qui se remplit de mots et de larmes…
Certains écrivent pour agir. Moi ce serait plutôt partir, et ne plus penser, découvrir un monde romancé et pouvoir explorer des univers sans limites. Il y a tant de voyages à faire : de lettres en lettres, de lignes en lignes je franchis les frontières, je m’embarque pour des destinations inconnues, j’emprunte un vol direct pour « ailleurs », sans escale, je plonge dans des océans de lettres où naviguent les mots. La mer est une étoffe soyeuse… C’est peut-être s’exiler qu’écrire. Exil du quotidien, qui est devenu soudainement inutile, qui ne sert plus à rien…
J’ai toujours aimé écrire, c’est un travail de couturier : les mots brodent les idées et j’aime embellir les miennes. Ma plume est l’aiguille, la page est la toile, les lignes sont comme un fil qui explore des motifs aussi joyeux que tristes, sur des étoffes plus ou moins précieuses, qui vont du synthétique superficiel à la soie naturelle. Mon travail parfois se déchire, se froisse, s’abime. Quelquefois je l’oublie au fond d’un tiroir et quand l’envie reprend, on défroisse, on retouche la faille, on recoud le trou pour le combler de sentiments…
Alors les mailles s’entrelacent de mots doux, rêches, satinés… De mots qui nous donnent envie d’y toucher délicatement, sans abimer les détails… Si bien qu’à la fin, on se retrouve avec une vraie étoffe, brodée de mots et d’arabesques qu’on effleure du bout de la plume. Nos travaux à tous, écrivains d’un jour, c’est de broder ce tissu d’idées : toutes ces lettres déposées sur le papier arrivent par je ne sais quel moyen, à se rendre réelles et bien plus concrètes qu’auparavant. Écrire c’est comme « poser les points sur les i », cela me permet d’y voir plus clair : avec l’étoffe des mots, je peux réaliser tant d’ouvrages !
C’est avec l’écriture que le jeu commence : si jouer, pour les enfants, leur permet de grandir, mon jeu à moi m’aide à gagner en maturité et en sagesse. L’écriture, qui au départ était un plaisir égoïste d’écrivain, me permet d’ouvrir les portes de mon jardin secret à ces gens assez fous qu’on appelle des lecteurs. Peut-être lisent-ils mes puériles élucubrations parce qu’ils veulent s’évader, tout comme moi, du monde réel, ce monde du conforme, cette fourmilière où chaque fourmi a un rôle prédéfini.
Il m’arrive parfois d’écrire pour le seul plaisir de voir une feuille blanche se noircir sous ma main. Ces signes que je suis la seule à pouvoir déchiffrer, me font voyager à travers une autre dimension, ils contribuent à mon évasion totale du monde réel. Après un point final, le retour à la réalité est toujours difficile : c’est ce qui me pousse à ne jamais m’arrêter d’écrire…
Écrire, c’est une histoire entre la feuille et l’écrivain. Elle le laisse libre d’exprimer ce qu’il veut. Il se dévoile à la lumière des mots, se découvre dans la nudité de son être. C’est le fruit de sa pensée qui prend forme avec elle : au moment où l’extrémité de la plume touche le papier, un grand voyage commence. Et le plus étrange, c’est que ce voyage se passe à l’intérieur de nous-mêmes : c’est une expérience unique et différente pour chacun de nous.
Nous avons besoin d’écrire pour exprimer nos émotions mais plus encore pour nous libérer de nous-mêmes : écrire, c’est laisser quelque chose de soi sur la feuille, et c’est aussi s’exiler : en relisant, on est étonné de soi, et plus encore de la force dont les mots font preuve ; et du message qu’inconsciemment peut-être, on a voulu faire passer. Écrire, ça sert à ça : à se dénoncer soi-même, à se retranscrire « à vif » sur le papier…
Aussi loin que je me souvienne, je ne me suis jamais posé la question : l’écriture s’est toujours imposée à moi comme une évidence. J’aime inventer des mots et des phrases, des personnages, des intrigues. Quand j’écris, je me sens libre : je ne suis plus Damien, 55 rue … J’échappe à l’état civil, l’écriture me porte vers d’autres adresses, vers l’imaginaire. Ce sentiment de liberté et de puissance, seule le permet l’écriture.
Mais outre ce bonheur personnel, il faut plaire au lecteur et répondre à ses attentes : c’est là toute la difficulté. Ai-je choisi les mots qui convenaient ? Mon personnage est-il attachant ou suffisamment retors ? L’intrigue est-elle bien menée ? Combien de fois ai-je regardé la page blanche, devenue soudain hostile devant moi. Voilà pourquoi je pense qu’écrire relève d’une dualité : plaisir et souffrance sonnent comme un défi qu’il faut relever. C’est une école d’humilité, une remise en question perpétuelle.
Ce matin, sur mon bureau, une question ; simple, laconique, quelques mots : « Pourquoi écrivez-vous ? » Derrière la simplicité apparente, une question difficile, qui n’appelle peut-être pas de réponse concrète… Pour commencer, je dois avouer quelque chose : l’école ne m’a jamais donné envie d’écrire ; la littérature me semblait si décalée de la vie réelle…
Il est bientôt midi, et je reviens à la fameuse question : « Pourquoi écrivez-vous ? » En fait, ça m’est soudainement revenu : je me rappelle la première fois où j’ai commencé consciemment à écrire : j’avais trop pleuré. Si je n’avais pas trop pleuré, je n’aurais pas écrit. Si je n’avais pas trop pleuré, les mots me seraient restés étrangers. Il me fallait dire, crier ce que je ressentais.
Alors, le « pourquoi » de l’écriture ? Ne parlons pas de vocation : simplement quelques mots écrits au hasard des larmes. Écrire a été un moyen de m’exprimer sur tout : sensibilité, perception, regard sur le monde, toucher du monde… L’écriture ne prévient pas, elle surgit sans qu’on s’y attende.
Honnêtement, on ne peut pas se lever le matin et se dire : « Tiens, si j’écrivais ? » Non, écrire c’est quelque chose de plus complexe que ça. Pour écrire, « vraiment » écrire, il faut connaître les mots, savoir les modeler, les manipuler, en sculpter le sens. Un écrivain qui écrit dans l’ignorance n’est pas un écrivain : il doit connaître le poids des mots qu’il écrit, parce que les mots sont ses amis. L’écrivain ne doit donc pas écrire pour le seul plaisir mais pour donner du sens à la fiction.
Parce que l’écrivain, quand il écrit, est quelqu’un de solitaire, plongé dans cet autre univers qui lui insuffle des arabesques qui deviendront des mots et du sens. C’est par sa maîtrise de ces mots que l’écrivain est quelqu’un d’unique. Alors la question posée à l’écrivain : « Écrire, ça sert à quoi ? » Surtout pas de réponse. Juste la question, sinon les mots n’auraient plus de secrets pour lui. Et que dire de tous ces mots inconnus, ceux que l’écrivain n’a jamais abordés… Voilà pourquoi il ne faut pas répondre à la question, parce qu’alors les mots perdraient leur sens et l’écrivain n’aurait plus de raison d’écrire.
C’est un miroir, un reflet, une image de soi-même. Voilà ce qu’est écrire : une sorte de contemplation personnelle. L’écrivain se regarde toujours écrire ; il croit voir en lui comme à travers de l’eau limpide les secrets même inavoués de lui-même… Mais aussi clair soit-il, ce miroir présente des tâches, des défauts, des marques qui souillent l’écriture. Or ces salissures apparentes font la matière même de l’écrit. Il n’y a pas d’écriture « lisse » : ce sont bien les défauts qui valorisent le texte.
Quand j’écris, je m’arme d’encre et je plonge dans le papier. Je ne m’en échappe que pour reprendre mon souffle ; je ne regagne la rive que lorsque j’ai appris quelque chose sur moi. Je prends mon temps (je n’ai rien à perdre) : je me découvre et me baigne dans cet océan de bonheur limpide que je suis en train d’écrire…
Je souris quand j’entends tous ces gens sérieux qui ne jurent que par l’engagement et l’invoquent comme la suprématie de l’écriture : selon eux, on ne peut écrire que pour cela. « L’art pour l’art » n’aurait plus sa place parmi nous. Un soupçon pèse sur le style et l’imaginaire. Pourtant le rêve n’est-il pas aussi important que l’engagement ? Tout est permis dans la littérature, toutes les émotions, tous les états d’esprit. Pendant que certains interpellent le lecteur, d’autres le font imaginer…
Dans une société où tout est à dénoncer, pourquoi ne pas inventer un monde (son monde) parfait ? Il pourrait être rempli de fées, de dragons, de pouvoirs magiques en tout genre pour certains. Pour d’autres, l’écriture serait une immense plaine verte, où le crime n’a pas sa place. Qu’importe ! L’essentiel est de faire vivre le lecteur, de le faire vibrer à travers les mots. On n’écrit pas par nécessité ; on écrit par envie : peu importe l’histoire pourvu qu’il y ait le plaisir de celui qui écrit et de celui qui lit.
Voilà ma recette de l’écriture : des phrases pleines de « caractères » pleins de « caractère » : tracer, former des lettres, des caractères. Puis mélanger, assembler ces mots en fonction de son caractère. Et puis des phrases qui marqueront à jamais notre caractère. Écrire parfois ne sert à rien, mais il sert à tout : avec des lettres, on écrit le monde.
D’abord écrire, c’est « coucher » sur le papier une part de soi : chacun écrit de manière originale, unique, transcendante. Pour s’en convaincre, il n’est que de lire les réponses à cette question : aucune n’est jamais la même. Personnellement, je dirai que l’écrivain est un peu un cuisinier, un faiseur de nourritures. Les livres nourrissent l’esprit, ils nourrissent la mémoire et le cœur des hommes, comme la nourriture nourrit l’estomac.
À ce repas, tout le monde est convié. Les connaissances et le savoir sont protégés dans le livre pour les rendre accessibles aux autres. Le livre devient ainsi un partage, comme le repas est partagé. Contrairement aux hommes, les écrits perdurent à travers les âges, ils suivent le cours des siècles, voire des millénaires. Jamais le voyage ne s’arrête…
Quand j’écris, mon but premier est de faire entrer le lecteur dans l’histoire : je ne veux pas qu’il soit une simple personne assise dans un fauteuil, je voudrais qu’il vive dans et par le livre, j’aimerais qu’il ait peur en même temps que mon héros a peur, qu’il rie avec lui, qu’il partage ses larmes : c’est cela lire. Mais en dehors du fil rouge de mon histoire, des questions sont posées : il est possible que le lecteur ne se soit pas rendu compte qu’elles étaient là, cachées entre les mots. Pourtant, inconsciemment il y a déjà réfléchi, il a essayé de trouver des réponses à ces questions qu’ils ne soupçonnaient pas. Et si les réponses ne sont pas dans le livre, qu’importe : elles seront dans ce livre qui n’a pas encore été écrit, ce livre à venir. Écrire, c’est ainsi créer un monde dans lequel on a caché des questions…
Quand j’ai eu douze ans, j’ai commencé à écrire un journal intime. C’était une volonté de revenir sur mon passé, de laisser une trace de ce que j’avais vécu en détaillant par écrit tous mes jours, et mes heures. J’ai appris aussi à mieux me connaître : l’écriture d’un journal intime me permettait de voir après coup mes réactions, de redécouvrir mes sentiments en les transcrivant sur le papier.
Mais je pense que l’écriture répond aussi à une volonté d’inventer : en se libérant d’un poids qu’on ne peut raconter à personne, on s’invente un monde conforme à sa volonté du moment, on imagine des personnages qui nous ressemblent. L’écriture est ainsi une amie, une confidente : elle apprend à inventer et à s’inventer.
Eh bien pour commencer, je dirais que j’écris (parfois sans réfléchir) comme un être de chair et de sang, de matière organique, d’os et d’organes. J’écris pour cet autre qui lui aussi est fait de matière organique, de sang et d’os mais qui réfléchit, pense à son passé parfois noyé, à son présent souvent instantané ou à son futur trop proche. Entre lui et moi, un mystérieux dialogue silencieux s’établit. Alors, le sens de l’écriture ? C’est peut-être le sens que l’on donne à sa vie : une feuille de papier est infiniment respectable : elle doit entendre et voir les mots, ces mots écrits qui nous touchent, qui sortent du cœur… Oui, pour moi écrire c’est le cœur ; le cœur et la pensée : ils plaident tous deux pour l’écriture et sont les principaux dépositaires de la parole au sens premier du terme : la parole sort de la bouche…
Écrire pour ce qui me paraît l’un des aspects les plus importants : il faut savoir d’où l’on vient pour pouvoir avancer… Donc écrire pour ne pas oublier. Ne pas oublier ce qui fut dit, ce qui fut fait. Si la parole est un trésor, elle est parfois un trésor perdu, oublié ou déformé. Tandis que l’écrit est un peu le trésor retrouvé : cela fait sourire lorsqu’on retrouve enfoui au fond d’un tiroir ces souvenirs qu’on croyait oubliés et qu’on savoure de nouveau en les lisant : la mémoire est importante car elle forme notre personnalité. Et c’est ce qui fait la force et la richesse de l’écriture. En écrivant, on donne un sens au monde et à nous-mêmes : le partage.
Je comparerais l’écriture à un tableau car chaque personnalité peut la regarder et l’interpréter différemment : on peut écrire pour le seul plaisir de mettre des couleurs sur la toile des mots, mais on peut vouloir donner du sens au choix des couleurs, des nuances et à leur assemblage. Voilà, j’imagine que je suis un peintre des mots et j’écris pour voir ma toile prendre forme : alors je donne vie à des personnages et à des paysages grâce à ma plume devenue pinceau.
Comme le peintre pose sur la toile blanche des couleurs, l’écrivain dépose sur la page blanche des caractères. Ils donnent tous deux vie à quelque chose à venir : le peintre donne vie tantôt à des personnages ou à un paysage grâce à sa palette de couleurs, et l’écrivain donne aussi la vie par les mots. La vie est une histoire, qui elle-même est un tableau. Un tableau changeant : parfois sombre ou parfois gai… Et si le lecteur prête quelque attention à ce que j’ai écrit, s’il prend de la hauteur et du recul par rapport au tableau, il verra un tout autre dessin se former et il pourra réinventer l’histoire.
Pour moi, écrire permet de me libérer : je me sens libre après avoir rédigé quelques lignes : j’y raconte ma vie, je me pose d’incessantes questions et j’essaie d’y trouver des réponses. Quelquefois, à travers les mots, on trouve les réponses que l’on cherchait depuis si longtemps… Les vieilles rancœurs s’estompent : alors on essaie de trouver le pardon et de pardonner à un autre. Oui, écrire c’est « pardonner » et peut-être « se pardonner » : en allégeant son âme et ses pensées, on peut se créer un monde parallèle, celui où l’on recherchera en soi-même ces éléments épars qui forment notre joie, notre plaisir, nos larmes ou notre bonheur…
Écrire est un droit. Un droit inaliénable. Écrire, c’est être le porte-parole de ceux qui ne peuvent parler. C’est une manière non violente de s’exprimer, de militer et surtout d’EXISTER. « Je pense, donc j’écris » : laisser sa trace dans le patrimoine : c’est ça, exister. Et même si vous écrivez, ne serait-ce que pour une seule personne, vous pourrez lui transmettre votre engagement.
Mais il n’y a pas que l’engagement social ou politique… Faut-il ramener toujours l’écriture au militantisme des mots comme le faisait Sartre par exemple ? Je ne crois pas. Pour moi, la fonction première de l’écrit est de faire rêver le lecteur, de le faire s’évader « à travers mots ». Parfois, l’écrivain lui-même s’évade en laissant libre cours à son imagination.
Je n’ai jamais vraiment écrit, autrement que pour mes devoirs. Les seules et rares fois où j’écris, c’est pour moi-même, pour me confier. Certes, il m’arrive d’écrire pour d’autres : je leur fais passer un message, banal parfois. Ou alors j’aime écrire pour ceux qui me sont proches, mais alors je raconte, je leur parle d’un monde sans guerres et sans violence, d’un monde où le bonheur est possible. Je pourrais écrire ces histoires, je pourrai ainsi les lire plus tard à mes enfants. Oui vraiment, pour moi, c’est ça écrire : donner accès à l’imaginaire.
Il est 10h39, heure peut-être trop matinale pour décrire ce qu’est à mes yeux l’écriture. À cette question, chacun a sa réponse. Pour moi, écrire c’est marquer, toucher : on n’imagine pas à quel point le poids des mots est lourd : certains sont plus violents que les coups. Pourquoi certaines phrases vous glacent le sang alors que d’autres vous réchauffent le cœur ?
Quand on écrit, seule la mort peut vous arrêter : vous êtes libre d’écrire. Et dans ce monde où l’on ne peut faire confiance à personne, le papier, lui, ne vous trahira pas : vous pouvez lui confier vos peines, lui raconter vos joies sans crainte d’être jugé : l’écriture, c’est le cri du silence. C’est la parole cachée, c’est l’alignement des mots pour former une réponse. Bien sûr, il ne s’agit là que de ma propre vision : chacun a en lui sa propre opinion. En fait, peut-être que la vraie force de l’écriture réside précisément dans cette diversité.

Durant mes premières lectures, l’écriture d’un auteur ne m’inspirait rien. Ce n’est que plus tard, en réfléchissant, que j’ai compris combien chaque œuvre avait son propre message : l’écriture n’est pas seulement un art, elle peut être une arme pour dénoncer, mais aussi un refuge : l’écriture c’est la vie, et sans l’écriture il n’y a plus rien. C’est dans ce refuge des mots qu’un monde nouveau s’ouvre à nous. Et c’est aussi l’heure des choix : on est libre de dire, de partir à l’aventure, ou de chercher la vérité sur le monde qui nous entoure. Cette vérité peut être cachée par des ratures, des mots rayés qui tuent parfois la vérité de l’homme…
« Pourquoi écrivez-vous ? » J’ai tenté moi-même de répondre à cette fameuse question, posée à tant d’auteurs. Et ma réponse fut nette : j’écris pour moi. Pour me découvrir et me redécouvrir moi-même. Par nos écrits, nous nous voyons vraiment tels que nous sommes, et pas tels que nous aimerions paraître. Pas de tabous, pas de limites ; si l’écriture est une liberté, elle révèle aussi la face cachée de l’être. Écrire, c’est dérouler son inconscient sur un morceau de papier blanc.
Voilà la véritable écriture, celle qui n’a peur de rien… sinon d’être lue, puisque c’est une partie de nous-mêmes que nous livrons. On n’écrit jamais pour rien. Chaque texte a sa spécificité certes, mais tous ont un socle commun : la défense, fût-elle implicite ou inconsciente, d’un idéal. Mon écriture est ainsi une recherche de ce qui constitue la personne que je suis : écrire pour mettre au jour ma vision du monde, et donc me découvrir, par la force de mes convictions…
Nina Bouraoui disait : « L’écriture, c’est mon vrai pays, le seul dans lequel je vis vraiment, la seule terre que je maîtrise ». Si l’écriture est un pays, je crois aussi qu’elle est un voyage, un départ du monde actuel. L’écriture serait donc dans un premier temps une échappatoire où l’on contrôle tout ; sans se soucier du monde extérieur. On écrit alors pour soi, pour se soulager, se libérer. Mais on écrit aussi pour les autres, pour ceux qui ne le peuvent pas, qui n’ont pas droit à la parole. Écrire sert donc à témoigner pour eux : entre l’auteur et le lecteur s’établit un dialogue invisible…
Les mots sont les seules personnes qui ne jugent pas mon apparence, qui ne se moquent pas de moi. Avec les mots, pas besoin de faire semblant de rire ou de faire des choses dans le but de plaire à des inconnus : en présence des mots, je me sens belle, intelligente, bien dans ma peau : peut-être parce qu’ils parlent à travers moi. L’écriture est un moyen d’échapper à la solitude, l’écriture est moi.
De plus, ces mots qui sont liés les uns aux autres forment une fraternité, une paix inconnue à notre monde. De toute façon, nous irons finir notre vie dans une malheureuse tombe, seule et isolée… Alors que l’écriture sera toujours présente jusqu’à la fin du monde : les mots seront toujours liés ensemble quoi qu’il arrive : ils ne changeront pas, ne vieilliront pas, ne mourront pas : ils sont immortels.
Vous connaissez le proverbe : « Toute bonne chose a une fin ». L’écriture nous montre cela : elle commence par une majuscule, par une naissance, et se termine par un point : c’est un peu comme la mort de la phrase, diront certains. Mais contrairement à nous, elle se ressuscite. Même après ma mort, les mots vivront, toujours les mêmes, et renaîtront, toujours nouveaux…
Je n’écris pas forcément pour convaincre, mais pour faire réagir. Être lue, c’est accepter le débat, c’est forcer ceux qui vous lisent à se poser des questions, c’est les obliger à prendre des décisions, à faire des choix. Ainsi, l’écriture est forcément une provocation : on « provoque » l’autre, on suscite une réaction, un sentiment chez lui ; joie, émotion, colère… Si vous lisez mes écrits (*), je ne souhaite pas que vous les appréciiez, j’ai juste besoin de me dire : « j’ai fait réagir ». Rendre le lecteur furieux, c’est presque le comble pour un écrivain : l’écriture n’est plus alors un simple divertissement, elle est une interpellation. C’est pour cela qu’à la question « Écrire, ça sert à quoi ? » il me semble juste de répondre qu’écrire sert à déranger : il n’y a pas de « lecture confortable ». Il faut déranger les opinions, les idées préfabriquées, l’écrivain doit remettre en cause les fondations…
Au commencement de l’écriture, quelques lettres assemblées formant des signes, éparpillés au hasard sur une feuille dite « brouillon ».
Écrire est le seul moyen de laisser une trace de sa vie : un papier et un crayon suffisent pour s’évader dans un monde, son monde, dans lequel l’imagination a le droit de divaguer. Une imagination hors piste, hors-la-loi parfois : on passe de la réalité à l’imaginaire, aux rêves d’enfants qui sont les rêves du monde. Balayées l’orthographe ou la syntaxe… De temps en temps une relecture s’impose : parfois ce qu’on avait écrit n’a aucune signification, l’imagination a divagué : elle a quitté la route. Alors on rature ces mots…
Mots oubliés, rayés. Sentiments écrits puis détruits.
Pourtant ces mots sont nés, ils existaient, puis la plume qui les a fait naître les a tués.
Pourtant ils ont existé, ils vivaient parmi tant d’autres.
Et puis ces mots sont morts.
Voilà pour moi la fonction de l’écriture :
Faire vivre et faire renaître les mots. Écrire, pour achever une histoire sans aucun sens pour autrui, pour en commencer une autre, pour se découvrir de nouveau, pour avoir un nouveau goût de la liberté, pour s’évader dans le monde et s’inventer cette vie dont on avait toujours rêvé, pour réaliser des projets irréalisables, pour bâtir le possible de l’impossible. Écrire, c’est plus qu’écrire, c’est parler sans être interrompu…
Pour beaucoup de personnes, écrire est forcément lié à une notion d’engagement… Mais la beauté des mots dans tout ça ? On les utilise certes pour « frapper », « viser juste »… Mais on ne cherche pas assez de profondeur. Tout rime alors avec débats, idées à défendre, parti à prendre, avis à scander… Ce n’est pas ainsi que je définirais l’écriture. Écrire pour moi, c’est un moment que l’on partage avec soi-même d’abord, un moment de vérité pure. Comme un aveu. On se dénude, on se met en accord avec soi. Moment de plénitude totale où l’on va transcrire, parfois inconsciemment, nos sentiments, nos pensées les plus secrètes.
Mais écrire, c’est aussi transmettre un magnifique héritage, une sensibilité qui doit vivre malgré le temps. L’écrivain est alors comme un pianiste : quand il commence à « jouer », il recherche les notes les plus justes, celles qui vont témoigner du sentiment profond qui envahit son être : détresse, joie, solitude déception… Et lorsque son doigt effleure enfin la touche ultime de sa mélodie, vient alors le soulagement d’avoir pu faire couler dans un courant fluide de notes ce qu’il ressentait secrètement. Et il aura envie de faire partager ce rendez-vous qu’il a eu avec lui-même, de raconter un peu de son vécu aux autres. Il recherche alors le mot convenant le mieux pour évoquer le ressenti, le mot approprié, le mot juste pour décrire l’authentique.
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par la classe de Première S3
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La classe de Première S3 a mené un important travail de création poétique, mêlant à l’inspiration littéraire le graphisme, le dessin ou la peinture : de fait, tous les poèmes ont été illustrés par les élèves. À cette heure, l’ensemble des textes a été numérisé… Mais les élèves terminent les illustrations. Donc seuls les poèmes finalisés sont exposés. Les autres textes seront mis en ligne au fur et à mesure de l’achèvement des dessins…
Voici le premier volet de l’exposition.
Charlotte S.
Maeva, Alexia
Sarah L.
Maïlys T.
Morgane L.
Les tombeaux de la beauté épousent les étoiles
D’une jeunesse douloureuse et troublée
Par les mouvements métaphoriques qui bornent nos dures racines tendres.
J’ai pensé à cette nuit bleue d’une voie rouge et lactée
De nuages frais couvrant mes rêves les plus désespérés.
Le soleil s’est levé sur Paris : j’ai pensé à nous,
A nos sourires ébréchés. L’astre sombre
A ouvert mes paupières légères.
Fanny M. et Charlotte S.
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Sarah L.
Fébrilement accrochée à la branche de survie,
Une feuille frémit puis lâche prise,
S’envole maladroitement comme le premier vol d’un oiseau
Tombe parmi les cadavres fanés.
Sa peau est marmoréenne
Son sang qui,
Coagulant dans ses veines, se fige et se cristallise
L’homme éphémère s’endort dans un éternel sommeil
L’homme n’est que feuille qui se fane
Et s’achève dans l’oubli.
Son dernier souffle…
Maëlise R.
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Sarah L.
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Morgane L.
Le tique-taquement interne de l’écriture,
Le rouge passionné de l’écharpe chaude
Le fait de gravir les escaliers du désir
Rafraichissent la curieuse envie de bonheur gâché.
L’océan de printemps surligne l’hyperbole
Et les marges trop larges de l’angoisse
Effacent tous vieux jardins perdus :
Conduire le désir vers l’impossible est faisable !
L’humain vert tord l’ordre du métabolisme photographique :
Océaniques pensées surlignées de rage !
J’atteignis ainsi tous les vieux jardins perdus
Du désir horrible de cette peur joyeuse.
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Caroline T.
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par la classe de Première S3
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La classe de Première S3 a mené un important travail de création poétique, mêlant à l’inspiration littéraire le graphisme, le dessin ou la peinture : de fait, tous les poèmes ont été illustrés par les élèves. À cette heure, l’ensemble des textes a été numérisé… Mais les élèves terminent les illustrations. Donc seuls les poèmes finalisés sont exposés. Les autres textes seront mis en ligne au fur et à mesure de l’achèvement des dessins…
Voici le premier volet de l’exposition.
Charlotte S.
Maeva, Alexia
Sarah L.
Maïlys T.
Morgane L.
Les tombeaux de la beauté épousent les étoiles
D’une jeunesse douloureuse et troublée
Par les mouvements métaphoriques qui bornent nos dures racines tendres.
J’ai pensé à cette nuit bleue d’une voie rouge et lactée
De nuages frais couvrant mes rêves les plus désespérés.
Le soleil s’est levé sur Paris : j’ai pensé à nous,
A nos sourires ébréchés. L’astre sombre
A ouvert mes paupières légères.
Fanny M. et Charlotte S.
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Sarah L.
Fébrilement accrochée à la branche de survie,
Une feuille frémit puis lâche prise,
S’envole maladroitement comme le premier vol d’un oiseau
Tombe parmi les cadavres fanés.
Sa peau est marmoréenne
Son sang qui,
Coagulant dans ses veines, se fige et se cristallise
L’homme éphémère s’endort dans un éternel sommeil
L’homme n’est que feuille qui se fane
Et s’achève dans l’oubli.
Son dernier souffle…
Maëlise R.
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Sarah L.
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Morgane L.
Le tique-taquement interne de l’écriture,
Le rouge passionné de l’écharpe chaude
Le fait de gravir les escaliers du désir
Rafraichissent la curieuse envie de bonheur gâché.
L’océan de printemps surligne l’hyperbole
Et les marges trop larges de l’angoisse
Effacent tous vieux jardins perdus :
Conduire le désir vers l’impossible est faisable !
L’humain vert tord l’ordre du métabolisme photographique :
Océaniques pensées surlignées de rage !
J’atteignis ainsi tous les vieux jardins perdus
Du désir horrible de cette peur joyeuse.
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Caroline T.
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Ce cours de Culture Générale a pour but de présenter aux étudiant(e)s un mouvement poétique et artistique peu ou mal connu : le Futurisme.
La poésie futuriste
Les mots à la « sauce italienne »
–
Filippo Tommaso Marinetti, Irredentismo, 1914
(collage, Lugano, coll. privée) © Tous droits réservés.
vingtième siècle est le siècle des avant-gardes artistiques et littéraires : Art nouveau, Cubisme, Expressionnisme, Surréalisme, Futurisme, Théâtres de l’Absurde, Existentialisme, Nouveau Roman… Autant de mouvances culturelles qui ont profondément remis en question l’ordre établi ainsi que les structures sociales et politiques. Comme le Surréalisme dont il est assez proche par certains aspects, le Futurisme affichera un goût prononcé pour
l’expérimentation de tout ce qui est nouveau : Changer le monde, faire table rase du passé.
Filippo Tommaso Marinetti,
« Analogie dessinée », (Zang Tumb Tumb), 1914
Comme le dit Noëmi Blumenkranz-Onimus, avec le Futurisme, « la subversion de l’écriture, l’éclatement du langage deviennent alors un fait littéraire »¹. Mais jamais à la différence d’autres courants artistiques, le futurisme ne deviendra un mouvement structuré : c’est plutôt une sensibilité artistique, faite d’abord de provocation et d’illogisme.
Filippo Tommaso Marinetti :
“ la Caffeina dell’Europa ”
La figure centrale du Futurisme est le poète italien Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944). Celui qui se surnommera lui-même « la caféine de l’Europe » est à la fois un anarchiste réfractaire à toute forme de morale et un fervent nationaliste (assez populiste au demeurant), qui revendique haut et fort son italianisme. Le 20 février 1909 il choisit pourtant Le Figaro pour publier le Manifeste du futurisme, texte provocateur qui fit scandale : Marinetti y faisait entre autres l’apologie de la violence, de la guerre et entendait faire table rase du passé : l’auteur prônait ainsi la destruction des musées et des académies. Au-delà des excès et de son exubérance verbale, ce texte a profondément marqué l’histoire des idées au vingtième siècle.
nous voulons exalter le mouvement agressif, l’insomnie fiévreuse, le pas gymnastique, le saut périlleux, la gifle et le coup de poing ![]()
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Filippo Tommaso Marinetti |
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Pour lire le texte complet, cliquez ici. |
De fait, en tant que mouvement d’avant-garde, le Futurisme apparaît à une époque de profonds bouleversements idéologiques dans la culture européenne. Le culte du progrès et du scientisme, largement célébré dans la poésie futuriste, débouche donc sur l’affirmation d’un renouvellement des idées dans la ligne de l’héritage révolutionnaire et idéaliste du Risorgimento italien. La thématique des poèmes mêle à la fois l’expérience de la “voyance” (le poète est « inspiré », cf. Rimbaud), et une apologie de la violence, de la vitesse et de la machine.
Témoin ces vers extraits d’un poème d’Enrico Cavacchioli : « Sia maledetta la luna » (« Que soit maudite la lune ») :
Si tu veux vivre, crée un beau cœur mécanique […]
Tu dois faire de la vie un rêve automatique
tourmenté de leviers, de contacts et de fils […]
l’homme sera demain le roi de la machine brute,
dominateur de toutes les choses finies et infinies !
Que soit maudite la lune !
Cette réflexion esthétique et l’expérience de la guerre va pousser les Futuristes à élaborer un vaste programme théorique. En 1912 Marinetti rédigera le Manifeste technique de la littérature futuriste, texte très intéressant d’un point de vue artistique et sociologique, suivi d’un long supplément quelques mois plus tard. Son auteur y joint un poème (”Bataille Poids + Odeur”) écrit avec la “technique des Mots en Liberté”. Très révolutionnaires tant du point de vue de la forme que des idées, les poèmes de Marinetti se proposent de créer des analogies dessinées, sortes de métaphores visuelles qui vont profondément transformer les règles de l’écriture poétique. Sa théorie des Mots en Liberté est basée d’abord sur la destruction de la syntaxe : à commencer par l’abolition de la ponctuation et de la structure grammaticale (déjà mise en pratique par des poètes français comme Mallarmé).
—
“Les mots en liberté” ou l’art de libérer le langage
Pour délivrer le langage de ses règles, Marinetti va forger l’expression de “Mots en liberté” : il s’agit pour lui d’« intégrer à la poésie les récentes conquêtes de la peinture futuriste : la simultanéité et le dynamisme »². D’un point de vue typographique, ces “tableaux-poèmes” sont particulièrement intéressants à étudier. Regardez par exemple ce poème au très long titre : “Le soir, couchée sur son lit, elle relit la lettre de son artilleur” (Les Mots en Liberté futuriste, 1919).
Ici la surcharge graphique ou au contraire les “blancs” ménagés avec art, l’utilisation des signes, des symboles, des onomatopées, les tailles des polices de caractère, les disproportions typographiques, etc. concourent à créer pour le lecteur une nouvelle expérience de la lecture de poème.
Jean Weisgerber parle à ce titre d’« une redynamisation de la peinture en tant qu’écriture et de l’écriture en tant que peinture »³. Cette révolution typographique amène à une sorte de transformation du langage lui-même : l’importance des onomatopées, les déformations de mots ont pour but d’offrir au lecteur une perception globale et synthétique, à la différence de la lecture “linéaire”. Assez proches de certains collages cubistes, les poèmes de Marinetti sont donc intéressants à découvrir et constituent une approche originale des mouvements artistiques avant-gardistes de la première moitié du vingtième siècle.
Crise et déclin du mouvement
Le mouvement initié par Marinetti ne survivra pas à la formation du Dadaïsme et surtout du Surréalisme en France. De plus, le Futurisme va s’orienter à partir des années Vingt vers des solutions radicales (les dérives fascistes en particulier) qui vont l’affaiblir puis le discréditer. Reste une initiative originale et novatrice d’un point de vue littéraire et artistique, qui préfigure la poésie visuelle contemporaine ou certains mouvements de Contreculture comme le Ready made ou le Pop’art, mouvements qui ont revendiqué à leur tour cette fonction contestataire du signe iconique ou linguistique.
En désacralisant le mot et « la signification langagière traditionnelle des gestes d’écriture et de graphisme »⁴, et en les libérant du culte de la tradition, le Futurisme a du même coup transformé l’acte de lecture du texte : ce n’est plus la lecture linéaire qui importe mais une lecture “spatiale” dominée par la simultanéité : lecture beaucoup plus suggestive et « plurielle » qui permet une multitude d’approches du fait qu’elle renferme une richesse sémantique et symbolique inouïe.
_______________
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Ce qu’il faut retenir… |
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Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944), Dunes 1914.
Source : Johanna Drucker, The Visible Word : Experimental Typography and Modern Art, 1909-1923. University of Chicago Press, 1994.
Umberto Boccioli (1882-1916), Primavera, poème édité par Zeno Birolli in Umberto Boccioni, 1972 (Umberto Boccioni, Altri inediti e apparati critici. A cura di Zeno Birolli, 1972).
Illustration reproduite par Noëmi Blumenkranz-Onimus, La Poésie Futuriste italienne, éd. Klincksieck, Paris 1984, page 41.

Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944), “Montage + Vallate + Strade x Joffre”, 1915
Francesco Cangiullo (1884-1977) Poesia Pentagrammata (couverture), 1923
Cliquez sur l’image pour feuilleter les pages du livre.
(Giovanni Lista, Marinetti et le Futurisme, éd. L’Âge d’Homme, Paris 1977)
Ce cours de Culture Générale a pour but de présenter aux étudiant(e)s un mouvement poétique et artistique peu ou mal connu : le Futurisme.
La poésie futuriste
Les mots à la « sauce italienne »
–
Filippo Tommaso Marinetti, Irredentismo, 1914
(collage, Lugano, coll. privée) © Tous droits réservés.
vingtième siècle est le siècle des avant-gardes artistiques et littéraires : Art nouveau, Cubisme, Expressionnisme, Surréalisme, Futurisme, Théâtres de l’Absurde, Existentialisme, Nouveau Roman… Autant de mouvances culturelles qui ont profondément remis en question l’ordre établi ainsi que les structures sociales et politiques. Comme le Surréalisme dont il est assez proche par certains aspects, le Futurisme affichera un goût prononcé pour
l’expérimentation de tout ce qui est nouveau : Changer le monde, faire table rase du passé.
Filippo Tommaso Marinetti,
« Analogie dessinée », (Zang Tumb Tumb), 1914
Comme le dit Noëmi Blumenkranz-Onimus, avec le Futurisme, « la subversion de l’écriture, l’éclatement du langage deviennent alors un fait littéraire »¹. Mais jamais à la différence d’autres courants artistiques, le futurisme ne deviendra un mouvement structuré : c’est plutôt une sensibilité artistique, faite d’abord de provocation et d’illogisme.
Filippo Tommaso Marinetti :
“ la Caffeina dell’Europa ”
La figure centrale du Futurisme est le poète italien Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944). Celui qui se surnommera lui-même « la caféine de l’Europe » est à la fois un anarchiste réfractaire à toute forme de morale et un fervent nationaliste (assez populiste au demeurant), qui revendique haut et fort son italianisme. Le 20 février 1909 il choisit pourtant Le Figaro pour publier le Manifeste du futurisme, texte provocateur qui fit scandale : Marinetti y faisait entre autres l’apologie de la violence, de la guerre et entendait faire table rase du passé : l’auteur prônait ainsi la destruction des musées et des académies. Au-delà des excès et de son exubérance verbale, ce texte a profondément marqué l’histoire des idées au vingtième siècle.
nous voulons exalter le mouvement agressif, l’insomnie fiévreuse, le pas gymnastique, le saut périlleux, la gifle et le coup de poing ![]()
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Filippo Tommaso Marinetti |
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Pour lire le texte complet, cliquez ici. |
De fait, en tant que mouvement d’avant-garde, le Futurisme apparaît à une époque de profonds bouleversements idéologiques dans la culture européenne. Le culte du progrès et du scientisme, largement célébré dans la poésie futuriste, débouche donc sur l’affirmation d’un renouvellement des idées dans la ligne de l’héritage révolutionnaire et idéaliste du Risorgimento italien. La thématique des poèmes mêle à la fois l’expérience de la “voyance” (le poète est « inspiré », cf. Rimbaud), et une apologie de la violence, de la vitesse et de la machine.
Témoin ces vers extraits d’un poème d’Enrico Cavacchioli : « Sia maledetta la luna » (« Que soit maudite la lune ») :
Si tu veux vivre, crée un beau cœur mécanique […]
Tu dois faire de la vie un rêve automatique
tourmenté de leviers, de contacts et de fils […]
l’homme sera demain le roi de la machine brute,
dominateur de toutes les choses finies et infinies !
Que soit maudite la lune !
Cette réflexion esthétique et l’expérience de la guerre va pousser les Futuristes à élaborer un vaste programme théorique. En 1912 Marinetti rédigera le Manifeste technique de la littérature futuriste, texte très intéressant d’un point de vue artistique et sociologique, suivi d’un long supplément quelques mois plus tard. Son auteur y joint un poème (”Bataille Poids + Odeur”) écrit avec la “technique des Mots en Liberté”. Très révolutionnaires tant du point de vue de la forme que des idées, les poèmes de Marinetti se proposent de créer des analogies dessinées, sortes de métaphores visuelles qui vont profondément transformer les règles de l’écriture poétique. Sa théorie des Mots en Liberté est basée d’abord sur la destruction de la syntaxe : à commencer par l’abolition de la ponctuation et de la structure grammaticale (déjà mise en pratique par des poètes français comme Mallarmé).
—
“Les mots en liberté” ou l’art de libérer le langage
Pour délivrer le langage de ses règles, Marinetti va forger l’expression de “Mots en liberté” : il s’agit pour lui d’« intégrer à la poésie les récentes conquêtes de la peinture futuriste : la simultanéité et le dynamisme »². D’un point de vue typographique, ces “tableaux-poèmes” sont particulièrement intéressants à étudier. Regardez par exemple ce poème au très long titre : “Le soir, couchée sur son lit, elle relit la lettre de son artilleur” (Les Mots en Liberté futuriste, 1919).
Ici la surcharge graphique ou au contraire les “blancs” ménagés avec art, l’utilisation des signes, des symboles, des onomatopées, les tailles des polices de caractère, les disproportions typographiques, etc. concourent à créer pour le lecteur une nouvelle expérience de la lecture de poème.
Jean Weisgerber parle à ce titre d’« une redynamisation de la peinture en tant qu’écriture et de l’écriture en tant que peinture »³. Cette révolution typographique amène à une sorte de transformation du langage lui-même : l’importance des onomatopées, les déformations de mots ont pour but d’offrir au lecteur une perception globale et synthétique, à la différence de la lecture “linéaire”. Assez proches de certains collages cubistes, les poèmes de Marinetti sont donc intéressants à découvrir et constituent une approche originale des mouvements artistiques avant-gardistes de la première moitié du vingtième siècle.
Crise et déclin du mouvement
Le mouvement initié par Marinetti ne survivra pas à la formation du Dadaïsme et surtout du Surréalisme en France. De plus, le Futurisme va s’orienter à partir des années Vingt vers des solutions radicales (les dérives fascistes en particulier) qui vont l’affaiblir puis le discréditer. Reste une initiative originale et novatrice d’un point de vue littéraire et artistique, qui préfigure la poésie visuelle contemporaine ou certains mouvements de Contreculture comme le Ready made ou le Pop’art, mouvements qui ont revendiqué à leur tour cette fonction contestataire du signe iconique ou linguistique.
En désacralisant le mot et « la signification langagière traditionnelle des gestes d’écriture et de graphisme »⁴, et en les libérant du culte de la tradition, le Futurisme a du même coup transformé l’acte de lecture du texte : ce n’est plus la lecture linéaire qui importe mais une lecture “spatiale” dominée par la simultanéité : lecture beaucoup plus suggestive et « plurielle » qui permet une multitude d’approches du fait qu’elle renferme une richesse sémantique et symbolique inouïe.
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Ce qu’il faut retenir… |
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Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944), Dunes 1914.
Source : Johanna Drucker, The Visible Word : Experimental Typography and Modern Art, 1909-1923. University of Chicago Press, 1994.
Umberto Boccioli (1882-1916), Primavera, poème édité par Zeno Birolli in Umberto Boccioni, 1972 (Umberto Boccioni, Altri inediti e apparati critici. A cura di Zeno Birolli, 1972).
Illustration reproduite par Noëmi Blumenkranz-Onimus, La Poésie Futuriste italienne, éd. Klincksieck, Paris 1984, page 41.

Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944), “Montage + Vallate + Strade x Joffre”, 1915
Francesco Cangiullo (1884-1977) Poesia Pentagrammata (couverture), 1923
Cliquez sur l’image pour feuilleter les pages du livre.
(Giovanni Lista, Marinetti et le Futurisme, éd. L’Âge d’Homme, Paris 1977)

La classe de Première S3 a mené un important travail de création poétique, mêlant à l’inspiration littéraire le graphisme, le dessin ou la peinture : de fait, tous les poèmes ont été illustrés par les élèves. Pour accéder à cette exposition, cliquez ici ou allez à la rubrique « Les classes exposent » (colonne latérale à gauche) et cliquez sur la classe de Première S3. À cette heure, l’ensemble des textes a été numérisé… Mais les élèves terminent les illustrations. Donc seuls les poèmes finalisés sont exposés. Les autres textes seront mis en ligne au fur et à mesure de l’achèvement des dessins (de décembre 2009 à janvier 2010).
Et découvrez ci-dessous une création collective conçue à partir des titres des poèmes de l’exposition !

La classe de Première S3 a mené un important travail de création poétique, mêlant à l’inspiration littéraire le graphisme, le dessin ou la peinture : de fait, tous les poèmes ont été illustrés par les élèves. Pour accéder à cette exposition, cliquez ici ou allez à la rubrique « Les classes exposent » (colonne latérale à gauche) et cliquez sur la classe de Première S3. À cette heure, l’ensemble des textes a été numérisé… Mais les élèves terminent les illustrations. Donc seuls les poèmes finalisés sont exposés. Les autres textes seront mis en ligne au fur et à mesure de l’achèvement des dessins (de décembre 2009 à janvier 2010).
Et découvrez ci-dessous une création collective conçue à partir des titres des poèmes de l’exposition !
Les poèmes seront publiés au fur et à mesure de leur achèvement. Bonne lecture !

par Luiza M. (Seconde 18)
Expliquer ses larmes,
Larmes postées sans sens
Écrire au loin des mots parallèles
effacer la mort
Avoir une dernière chance
Sortir du fleuve brûlé
Incendié de souvenirs…
La mer est voilée de chiffres
Qui s’additionnent, se multiplient,
Mais sans être mouillés…
La mer a traversé mes yeux
J’ai écrit une feuille sans eau
Au matin de la pluie…
La vie ?
par Rayan D. (Seconde 18)
L’amour on peut en rire,
Boire sodas et manger gâteaux,
Il faut savoir séduire,
Pleurer si pas assez beau.
Venir en manteau et bas,
Un collier et son chat,
regarder un nuage,
Remplir des pages,
Montrer son journal intime,
Être consolé par une fille,
Humilié par un garçon qui rit,
Faire des poèmes à mauvaises rimes.
Routine de la vie et du temps
par Leïla G. (Seconde 7)
La vie est comme le jour :
Un lever de soleil pour te donner l’amour en un cri
Comme un sourire, un « Je t’aime »
La vie est comme la pluie qui tombe
Comme ces coups bas de l’existence
Comme pour affronter une mort, une séparation.
Puis vint le coucher du soleil :
La mort d’une personne
Qui regarde le soleil par l’adieu de la lumière
Laissera place au ciel noir
Où les étoiles et la lune brilleront,
Comme pour rendre hommage à ceux
Ayant vécu la routine de la vie et du temps…
Qui n’ose étinceler
par Pauline C. (Seconde 18)
L’exceptionnel infini, ostentatoire pour l’horizon,
Orgueilleux pour l’océan qui n’ose étinceler,
(Pauvre instrument du voyage…)
N’accentuait aucune émotion.
Les vagues, les vagues…
Futiles espoirs égarés,
Renouvelaient vagabonds et naufragés
Ailleurs, en exil…
À l’heure du silence…
par Léo R. (Seconde 18)
Découverte d’une tentation nouvelle :
Le souvenir d’une mélodie égarée
À l’heure du silence,
La beauté étoilée du Noir au Soir,
L’émerveillement d’une nuit d’été hésitante
(profondeur d’un regard
Dans la lumière obscure de la vie)
Infinité inconnue,
Regret d’un changement lointain
Et la raison d’une fascination :
Ce désespoir d’une femme à mes côtés
Quelques larmes, une infinité inconnue…
par Mélisa A. et Thulaciga Y. (Seconde 18)
Rose soir soleil arc-en-ciel
Mer plage et les arbres
Lumière de la nature
Famille couleurs
Sirène retentit, guerre arrive
Enfants soldats apeurés
Partout douleur et malheur
Femmes battues partout,
Hommes, enfants battus
Partout soleil couché,
partout nuit noire
Loin d’eux rester
Écrire dessiner sans eux
Source de la mort courage
Courir voler vers la lumière
Du paradis timide…
par Victor E. (Seconde 7)
Dans sa tristesse remplie de joie,
L’eau a touché le vent :
Couleur sombre devenue claire !
Libérée, emprisonnée,
Touchera la mort la vie
Et l’esprit quittera le corps.
Colline regardant montagne
Dans l’obscurité d’une toile blanche,
L’eau a touché le vent…
par Ksénia C. (Seconde 18)
Trouver sans fin des carreaux
Découvrir un sourire vide, infantile, décoloré
Partir vers des pointes symétriques.
Ouvrir une montre hermétique,
Arrêter le temps
Des lacets grisés par personne
Noués autour de tes pieds.
Une crêpe sur le sol
Encore chaude, colorée
Au revoir est écrit à l’envers
Coloré par des larmes sans compter
Une soif rare, linéaire
Plaquée sur toi…
par Hélène P. (Seconde 18)
Tombe la nuit en installant le silence
Aussi froide et sombre
Le souffle de mon cœur
Ébréché par un amour perdu…
Je ris d’une promesse brisée
Souffre de la tristesse de la pluie
Mon corps dénué de rire
Les signes nourissent les plis de ma pensée…

par Arthur S. (Seconde 18)
Crayon bleu
Arbre de Noël
Ville de maisons
La pluie sur le feu
Le clair de lune, de terre et de force
La télé regardant le canapé
Une bouche vit la voiture courir
La fin de la vie
Contact dans mon téléphone
Le soir de la barrière
Une main dans le vent…
par Charlotte G. (Seconde 18)
Amis perdus, solitude partagée
Savoir aimer, peur de haïr
Amour Haine
Tous deux très proches
Sentir des parfums libertaires
Oublier la lumière
Ouvrir les portes de la mer…
Découvrir l’infini, croire au bonheur
Complicité entre sœurs
Superficielle : l’amour est réel
Un jeu de hasard :
Océan de laine ?
Poisson de porcelaine ?
Infinie tristesse…
par Florent de W. (Seconde 18)
Amour vivant sa vie
Sonnerie, Guerre et la pluie
Hiver, rage, vent
Forêt rouge de têtes
Seules, meurent et pleurent
Cœur de pierre blanc
Peur magique du képi
Couloir crevé de sang
Meurent les cœurs noirs au matin
En direction de l’été
Monument généalogique du souvenir
Retentit Sonnerie du passé
Mais l’amour a perdu la vie,
Sonnerie, guerre et la pluie…
par Marion D. (Seconde 7)
Mon cœur battait de vie
Quand tu es arrivé.
De sentiments, il battait :
Tes yeux m’ont touchée.
Mon cœur bat de silence :
Je ne t’ai jamais parlé…
par Laurie C. (Seconde 18)
Hommes aux cœurs égarés
[Solitude de leurs sourires]
Bruits qui se répètent
PEUR
Hurlements silencieux
GOMMER LE MONDE
L’horloge ronde tourne
Tic-tac, Tic-tac des coups de feu
Courir jusqu’au fond
Trouver la porte
Quitter le monde
[Tic-tac, Tic-tac]
C’est fini.
Maxime C. (Seconde 7)
Le temps sillonne à travers les étoiles :
Sablier qui s’écoule
Destructeur et fatal.
Plus je m’avance et plus je vieillis
Je m’approche de la cascade finale :
Pierre qui roule
Vers le silence…
(Voir les autres parutions de textes)
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