Un Automne en Poésie Saison 10 : 2020-2021… Cinquième livraison

Fin de l’exposition « Un Automne en Poésie »
— Saison 10 —

Maquette graphique : © Bruno Rigolt, novembre 2020

Une invitation au voyage…

Les élèves de Seconde 14 et de Première 8 sont fiers de vous présenter l’édition 2020-2021 d’Un automne en poésie. La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire la métamorphose et l’imaginaire. À travers ces « poésies dérivantes », partez en voyage : voyage extraordinaire, voyage proche ou voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Voici la cinquième et dernière livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif.

Dernière livraison

  

Vie

par Priscilla D.
Classe de Seconde 14

              

Perdue dans cette immense école
Où les mots sont aussi tranchants qu’un couteau,
Assise dans ce coin de couloir,
Elle repense à ces joyaux du monde
Ensevelis sous les vagues.

Les genoux repliés contre sa poitrine,
Elle songe à ces hauteurs alpines
Où les étoiles sont pareilles à des hémisphères
Qu’effleurent les perles du secret.

Tenter de tourner le dos aux ombres…
Elle s’évade dans un autre monde :
Tout y est délicat et apaisant,
Tel le bleu d’azur de l’océan.

À travers le miroir elle observe
L’encre tachant les roses de son imaginaire,
Les gouttes d’or caressant son esprit.
Elle ouvre alors le dictionnaire,
Et trébuche sur le mot « vie ».

« À travers le miroir elle observe
L’encre tachant les roses de son imaginaire,
Les gouttes d’or caressant son esprit…
»

Illustration : © 2020, Priscilla D.

 

 

Un soir, là-bas

par Caroline M.
Classe de Première Générale 8

Un soir, là-bas,
Les arbres pleuraient de désespoir,
Les nuages versaient des gouttes de joie :
La haut il faisait beau, ici il fait froid.

Au petit matin,
L’orchestre noir de mon âme
Résonne de tristesse.
Au fond de mon cerveau,
Une incessante horloge tic-taque¹
Quand mon cerveau pense à toi.
Là-haut il faisait beau, ici il fait froid.

Par tes fenêtres
Je peux apercevoir
Ton âme qui fleurit le printemps.
Arrive l’heure où tu pleures,
Là-bas le tic-tac cesse,
S’arrêtent les aiguilles du temps,
Le tonnerre inonde tes pensées.

S’effacent les beaux souvenirs.
La pluie de tes yeux
S’acharne sur la terre.
Et puis, plus rien, le vide.
Là-haut il faisait beau, ici il fait froid.

Un jour les échos de l’orchestre
Noir de mon âme disparaîtront.
Les rires éteindront la douleur,
Allumeront peut-être,
Un jour ou jamais,

Les aurores boréales de la vie.
Un jour ou jamais,
Les larmes s’évaporent pour former les nuages
Qui verseront sur mon cerveau des gouttes de joie.

Un jour peut-être le beau temps…

1. Tic-taque : néologisme verbal à partir de l’onomatopée « tic-tac ». Le verbe exprime ici l’écoulement  régulier des jours, comme celui d’un mouvement uniformément répété (NDLR).

« Les larmes s’évaporent pour former les nuages
Qui verseront sur mon cerveau des gouttes de joie…
 »

Illustration : © 2020, Caroline M.

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Le beau mensonge

par Émilie J.
Classe de Seconde 14

 

Une petite fille se cache dans la ruelle
« Marre, marre de toute cette cruauté
Marre, marre de ces combats et de la guerre »
Elle n’avait qu’une seule envie,
Pouvoir enfin rentrer chez elle

Mais sa maison était vide
Donnant un peu un aspect de génocide
Des murs de ronces, un plafond délabré…
Montant les marches une à une
L’enfant prit sa peluche magique

Qui lui permettait de s’enfuir dans le pays des songes
Loin de la guerre et des bombes.
Elle lâcha un pauvre sourire
« Oui je suis heureuse ! »
Devant elle, se trouvait un manoir

Peuplé de tous les amis de la petite :
La joie et les sourires y régnaient
« Ne plus jamais revenir, ne plus jamais rentrer
Rester pour toujours
Loin des batailles et de la peur »

Elle s’aventura dans cette demeure
Qui ressemblait étrangement au ciel
Bleue comme la mer, comme l’océan
Les vagues étaient des larmes d’amour
Les larmes des vagues à l’âme.

Il se mit à pleuvoir de gros flocons
(On avait annoncé un bombardement sur la ville)
La petite nageait dans une mer de neige rose
Puis la neige se mit à fondre
Elle ouvrit les yeux et vit les lumières de l’été.

« Les vagues étaient des larmes d’amour
Les larmes des vagues à l’âme…
 »

Illustration : © 2020, Émilie J.

Quelques mots de l’auteure…

J’ai choisi de sensibiliser les lecteurs au thème de la guerre, et plus particulièrement aux conséquences de celle-ci sur les populations les plus jeunes, et donc les plus fragiles et les plus vulnérables¹. Les conséquences de la guerre et de la brutalité sont terribles et entraînent des traumatismes psychosociaux dont nous n’avons pas idée en Occident. J’ai voulu évoquer dans mon texte la manière dont les violences guerrières détruisent à jamais les enfants qui ne comprennent pas ce qui leur arrive.

J’avais en mémoire des témoignages bouleversants de l’UNICEF concernant les enfants victimes de la guerre en Afghanistan : on ne saurait imaginer les traumatismes provoqués par les combats et les millions d’obus et de grenades, de mines et de bombes qui ont détruit à jamais la vie d’enfants mêlés malgré eux à l’atrocité des guerres.

La petite fille dont il est question dans le texte est à l’image de ces enfants abandonnés, qui perdent peu à peu leur famille et tombent dans le désespoir. Les sociétés développées ne parlent pas assez de ce qui se passe dans ces pays.

Je voudrais enfin évoquer le sacrifice de nos soldats, qui vont dans ces zones reculées au péril de leur vie pour protéger des idéaux, des valeurs et la liberté des peuples.

Émilie

1. Voir à ce sujet l’article de Margot Desmas dans Le Monde du 19 février 2018 : « Du Moyen-Orient à l’Amérique centrale, près de 8 % des enfants du monde vivent aujourd’hui en zones de guerre. Dans son rapport annuel « La Guerre faite aux enfants », publié le 15 février, l’ONG Save the Children alerte sur le sort des mineurs dans les pays en guerre, qui seraient au nombre de 16 millions.

 

 

Seul, sur le navire de mon esprit

par Alexandre P.
Classe de Première Générale 8

 

Les aventures commencent toujours dans le bonheur
En entendant le doux chant des oiseaux comme un signe venu d’ailleurs.
Par vents et marées, le bateau tangue sur la mer
Voyageant dans l’incompris. Seul sur le navire

De mon esprit, au large dans la nuit,
Dans mon triste bonheur, l’échec n’est qu’ironie.
Voir à l’horizon de simples nuages aux parfums de voyage.
Nulle avarie ne me fera tourner la page.

Emmené par le doux bruit des vagues
Vers un flou total comme celui de mon ombre dans la nuit,
Homme vertueux, attendant des réponses à ses questions,
Marchant triste et seul, vers l’au-delà du Temps..

« Voir à l’horizon de simples nuages aux parfums de voyage… »

Illustration : © 2020, Alexandre P. (NDLR : image modifiée numériquement)

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Toi

par Zaina A.
Classe de Seconde 14

              

C’était lui, c’était moi
Suspendus au milieu du ciel
La lune coulait sa lumière froide sur la Terre
Son nez levé vers la nuit qui étendait son immense couverture au-dessus de ce coin du monde
Il me rappelle le flou entre l’obscurité et la lumière,
Une frontière entre l’espace du chaos et ce que nous savons, en tant que vie.

C’était le silence sous les étoiles
La nuit poudrée d’or striée par les traînées lumineuses
Qui mouraient à l’autre bout du monde.
La nuit ressemblait à une broderie orientale
« Tout ce que j’ai toujours voulu, c’est tendre la main et toucher un autre être humain non seulement avec mes mains mais avec mon cœur », a-t-il dit.
Ils se sont embrassés et pendant un instant, rien d’autre n’a compté.
Un astéroïde aurait pu frapper la terre et elle ne s’en serait même pas souciée.

Ensemble, ils regarderaient tout ce qui était si soigneusement planifié s’effondrer,
Et ils souriraient à la beauté de la destruction.

« La nuit poudrée d’or, striée par les traînées lumineuses qui mouraient à l’autre bout du monde… »

Illustration : © 2020, Zaina A.

Étoiles inconnues

par Aymeric D.
Classe de Première Générale 8

Je me rappelle étant plus jeune,
Avoir feuilleté Poussières d’étoiles
D’Hubert Reeves. Entre les systèmes et les rêves
Séjournaient des êtres démentiels

Dans le ciel rougeoyant voyageaient des astres bleus
J’imaginais au détour des pages
Des lumières violettes perdurant
Perdues quelque part dans les ténèbres des novas.

L’Homme a parcouru les noirs plaisirs
De l’éternité, la volupté de l’espace inatteignable
Du monde des vivants pour y trouver
Des galaxies indicibles et d’ineffables songes.

Je ne dirais pas que je suis perdu,
Mais où en est-on finalement ?
Dans ces constellations très, très lointaines
J’entrevois des réalités altérées par nos visions

À sa disparition, par diffraction,
La lumière solaire illumine les êtres célestes.
Le Soleil, une boule de gaz éblouissante, incandescente,
Une parmi tant d’autres dans la Voie Lactée.

« Le Soleil, une boule de gaz incandescente, éblouissante,
Une parmi tant d’autre dans la Voie Lactée…
»

Quelques mots de l’auteur…

Pour écrire ce poème je me suis inspiré d’une magnifique nuit étoilée sans la présence de la Lune, On pouvait très bien voir la Voie Lactée dans le ciel. Ce spectacle m’a fait réfléchir : Copernic et Galilée ont découvert la nature de notre galaxie. Ils ont entrevu d’autres galaxies, d’autres étoiles bien plus grandes que le soleil.

Il y a sans aucun doute un nombre astronomique de galaxies et d’endroits inconnus, inexplorés. Dans Poussières d’étoiles, un ouvrage qui m’a fasciné, l’astrophysicien Hubert Reeves affirme  » Ce livre voudrait être une ode à l’Univers. J’ai tenté de rendre hommage à sa splendeur et son intelligibilité, d’exprimer à la fois sa créativité et sa richesse. J’ai voulu donner à contempler et à comprendre ».

Très modestement, je dirais que mon poème s’inscrit dans cette démarche critique. Nous sommes à l’aube d’avancées technologiques sans précédent qui pourraient potentiellement nourrir d’incommensurables rêves. Mais à quel prix ? Nous faisons partie d’un univers dont nous ne connaissons qu’une infime représentation. Est-ce là la vérité ? Que sommes-nous parmi une infinité de mondes ?

Aymeric

L’éclat de cet orage

par Hanna T.
Classe de Première Générale 8

Tu m’as touchée et ce fut un foudroiement
J’aimerais te l’avouer, tu m’as éclairée, électrisée
L’éclat de cet orage m’a transpercée
Dès lors, tu hantes mes pensées,
Ton charme m’a ensorcelée

Le cœur envoûté, possédé j’ai fini par sombrer
La marée est montée, et mon cœur s’est déchiré
Tel un bateau de papier qui part en voguant.
L’amour est un voyage aux confins de soi-même,
Un voyage agité aux diverses destinations

A cause de toi, j’ai toujours les idées sombres
Ma noirceur a perdu toute lumière
Ma plume voyageant de cœur en cœur
N’a toujours pas trouvé sa propre couleur
Juste un long récit qui se finit sur cette excursion

« Je t’aperçois au loin, fondant le bitume comme une fusée en vol
Qui t’amène sur le podium des grands champions !
 »

Crédit iconographique : © 2020, Hanna T. 

Quelques mots de l’auteure…

Ce poème parle de l’amour, et plus particulièrement du voyage de l’amour : c’est un voyage compliqué, mouvementé, avec des hauts et des bas, des aléas. On croit être arrivée, et puis on se rend compte que la route est longue. Mais c’est justement  ce qui fait le prix de ce voyage : partir pour ne pas arriver, espérer transformer le rêve en réalité : n’est-ce pas ce que nous espérons tous ?

Hanna

Chemin vers le rêve

par David C.
Classe de Première Générale 8

Le crépuscule commence à tomber,
La lune se lève ; les astres brillent
Et je me couche à l’horizon des rêves.
Je sens que je dérive peu à peu :

Plus je glisse sur mon imagination,
Plus je monte vers le ciel libérateur
Pour arriver à l’étendue des rêves :
L’espoir y est doré comme cette mer !

À bord de ma voile je la traverse,
Quand je nage sur cette étendue de liberté,
Je suis un oiseau voguant dans le ciel
À travers l’océan de la vie.

Et je dois fuir, fuir la réalité cruelle :
Que le soleil ne se réveille pas !
Que je ne me lève pas ! Je suis un oiseau
Volant dans les chemins du ciel…

« Je suis un oiseau voguant dans le ciel
À travers l’océan de la vie
 »

Crédit iconographique : © 2020, David C.
(NDLR : photographie modifiée numériquement)

Une vie rêvée

par Romane L.
Classe de Première Générale 8

Alors à quoi sert de vivre,
De devenir ivre
De ma propre imagination ?
Nos rêves ne sont qu’illusion
D’une vie que nous espérons…

Alors j’aurais préféré partir
Seulement pour croire et vivre
Que ce rêve est vraiment réalité
Et que je pouvais tout espérer,
L’esprit plein de merveilles…

Alors le vent m’emporte
Dans un profond sommeil
Parmi la nuit. Je me sens pleine de pensées
Comme un enfant qui s’émerveille,
Enfin libre de pouvoir penser.

« Le Soleil, une boule de gaz incandescente, éblouissante,
Une parmi tant d’autre dans la Voie Lactée…
»

Illustration à venir

Quelques mots de l’auteure…

J’ai choisi d’écrire un poème sur ce thème car l’imagination et le rêve sont les seules choses qui permettent de s’évader hors de la réalité et de pouvoir croire en la réalité de ce que nous espérons. Mon poème évoque ainsi le contraste entre le monde réel, souvent déceptif et le monde imaginaire. En rupture avec une conception trop rationaliste du comportement humain, le rêve nous plonge dans le possible : « Enfin libre de pouvoir penser ». Pour moi, ce monde de liberté et de création est propre à l’enfance : tout semble utopique et idéal. Nos pensées et nos rêves deviennent réalisables…

Romane

Tombe l’hiver

par Laurelle R.
Classe de Seconde 14

L’Arbre marche et s’ancre dans la noirceur du vent,
Un cristal gelé, puis deux, puis trois inondent la nuit blanche d’un parterre scintillant.
L’heure se déforme, la nature ternie est en attente d’une renaissance florissante.
Le miroir d’eau reflète le vide où se balade, seule, une perle d’espoir, elle est si petite.
L’horizon se voile d’un drap de brume bleue où baignent les pleurs des arbres,
L’aube dorée rattrape la nuit, s’étire en harmonie et vient troubler la paix qui se meurtrit.
L’Arbre perd sa dernière feuille, le dernier fragment d’une nervure vidée, et,
Dans un dernier souffle, il s’emplit soudain d’une sérénité vagabonde.
Une vague d’adieu submerge sa silhouette dénudée
Et la plonge dans le froid sommeil d’un désert brillant…

« Une vague d’adieu submerge sa silhouette dénudée
Et la plonge dans le froid sommeil d’un désert brillant
 »

Crédit iconographique :© 2020, Laurelle R. (NDLR : image modifiée numériquement)

Quelques mots de l’auteure…

J’ai choisi pour mon poème de travailler sur le thème de l’hiver. Le fait d’évoquer les saisons était important pour moi car je trouve que c’est quelque chose de très beau à décrire et à raconter. Dans mon travail, j’ai employé diverses figures de style telles que l’anaphore, la métaphore ou encore la personnification en évoquant un arbre qui marche, qui vit. Le choix d’écrire en vers libres s’est imposé naturellement afin de me libérer des contraintes de la rime. De fait, mon texte est plutôt surréaliste et a un aspect envoûtant, il défie le temps qui semble être ralenti…

Pour illustrer mon poème, j’ai choisi une photographie d’un arbre à contre-jour pour représenter cette silhouette qui « s’ancre dans la noirceur ». Le ciel aux tons bleus violets évoque la brume bleue dans laquelle pleure l’arbre. 

Laurelle

Comme l’enfant cherchant son destin

par Agathe S.
Classe de Seconde 14

Comme l’enfant cherchant son destin,
Au bord du ruisseau elle dansa.
Son âme par la folie se dispersa
Par un brouillard sentimental…
La mer partie en exil,
Elle trouva l’inspiration.
Sa conscience soumise à la tyrannie
Dans d’étranges circonstances.
Un homme s’avance et lui fait face
Vêtu d’un costume de mort
La grandeur de cette belle disproportion
Fait de ce personnage son inspiration.
Les coupures sur ses lèvres
Causées par l’épée ;
Ce charmant mélange de ciel et de magie…
Elle se résolut à baisser les armes

« Les coupures sur ses lèvres
Causées par l’épée »

Crédit iconographique : © 2020, Agathe S.

Quelques mots de l’auteure…

J’ai choisi d’écrire ce poème en atelier d’écriture, il évoque symboliquement le passage douloureux du monde de l’enfance au monde adulte par l’intermédiaire d’une agression : celle d’un homme (dans le poème « Vêtu d’un costume de mort » signifiant bien par ce costume l’acte sur le point de se passer) sur une fille (« l’enfant cherchant son destin »). C’est bien précisé donc : que la victime est une enfant. J’ai voulu évoquer ce thème douloureux car les abus sexuels touchent un nombre important d’enfants, particulièrement de filles avant l’adolescence.

Dans la dernière strophe, « les coupures sur ses lèvres » font référence aux blessures causées par l’homme, qui abuse de sa situation pour séduire sa victime. Tout ceci montre bien qu’il y a eu une agression, peut-être un viol. Je n’avais pas pensé à cette hypothèse en écrivant le poème, les phrases sont venues seules.

Agathe

Le voyage féérique

par Emma Q.
Classe de Première Générale 8

Ce rêve merveilleux qui semble paisible
Illumine d’une lumière intense
Le bleu accessible.
Au loin sur le rivage, le bleu va et revient
Comme une caresse.

Ce bleu est semblable au ciel
Sur lequel vogue un navire.
Derrière ce navire une aurore se dessine,
J’aperçois l’équipage du bateau marcher
Jusqu’à la lune.

Ce navire est devant une terre recouverte d’un souffle Angélique.
Cette terre semble imaginaire,
Enveloppée d’une lumière douce et chaude.
Sur la plage la lune avec ses longs cheveux
Ressemble à une fée.

La maison flottante semble vouloir atteindre
Ces îles bondées de magie féerique.
La lune belle attend les passagers pour leur faire découvrir
Le monde de l’imaginaire
Aux rimes de vent et de voyage.

« Au loin sur le rivage, le bleu va et revient
Comme une caresse.
Ce bleu est semblable au ciel
Sur lequel vogue un navire
 »

Crédit iconographique : © 2020, Emma Q. (NDLR : image modifiée numériquement)

Quelques mots de l’auteure…

Ce poème est en vers libres : les lois de la versification ne sont pas respectées mais il comporte de nombreux parallélismes sonores. Il parle d’un voyage imaginaire qui serait incroyable car c’est un rêve et des événements surréalistes s’y produisent.

La première strophe évoque d’emblée la possibilité du rêve : la mer est atteignable et devient « ce bleu accessible ». Au large, les vagues vont et reviennent calmement.

Dans la deuxième strophe, on retrouve la métonymie de la mer désignée par « ce bleu semblable au ciel ». La réalité se déconstruit progressivement : l’équipage du navire marche sur l’aurore pour aller jusqu’à la lune. La dimension surréaliste du texte invite en effet à une déconstruction de la réalité : la « terre recouverte d’un souffle Angélique » donne un aspect de magie. Cette terre semble ne pas exister et se confond avec la mer.

Dans la troisième strophe, la personnification de la lune aux « longs cheveux » métaphorise le réel. Le bateau est évoqué par le biais d’une périphrase : « la maison flottante » : comme si la Terre et la Mer se confondaient en lui. On a l’impression que la lune attend l’équipage du bateau comme une personne : « la lune belle attend les passagers pour leur faire découvrir / Le monde de l’imaginaire ».

Cette dimension allégorique est essentielle car elle débouche dans la dernière strophe sur une réflexion sur la poésie. Acte libérateur, la création poétique pourrait même favoriser une délivrance venue d’un ailleurs insondable : ce « monde de l’imaginaire aux rimes de vent et de voyage », c’est bien sûr la Poésie, envisagée dans son essence spirituelle : véritable langage de l’âme.

Emma

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Le voyage, un secret bien caché

par Gaëlle H.
Classe de Première Générale 8

Une tulipe poussant devant la Lune cache son sourire,
Le soleil effleure l’horizon
Qui dessine au loin la mer en buée.
L’odeur de la chaleur efface nos malheurs,
Le fruit du bonheur est de partager nos douceurs.

Les guirlandes de muguet ont des parfums de voyage
Ton visage parmi le paysage
Permet le reflet des étoiles qui me paraissent banales.
Là-haut dans les cieux se trouvent de jolis yeux
Le paradis est une fête, la générosité y est invitée.

Au loin les colombes laissent une traînée
Difficilement visible a cause d’une nuée de confettis.
À travers le hublot, un spectacle s’offre a nous,
Le monde marin nous partage son quotidien.
Le rêve est la clé pour sublimer la réalité.

« Le soleil effleure l’horizon
Qui dessine au loin la mer en buée
 »

Crédit iconographique : © 2020, Gaëlle H. (NDLR : image modifiée numériquement)

L’inconnue

par Hugo M.
Classe de Première Générale 8

Au cours de mon dernier voyage,
J’ai rencontré une inconnue.
Elle est telle la circonférence
Du cercle mystérieux du théorème

Comme la variable du programme,
Le degré de ma pensée est exponentiel
Et la probabilité que je la revoie est nulle.
Mon but est de déterminer la solution de cette équation.

Il y a tant de réels mais seulement une unité
Et j’ai tant de mal à déduire un ensemble
De son cœur hyperbolé

Mon évolution dans cet exercice est vaine
Je ne trouve toujours pas la solution
Serait-ce une inéquation ?

« Il y a tant de réels mais seulement une unité
Et j’ai tant de mal à déduire un ensemble
De son cœur hyperbolé
 »

Crédit iconographique : © 2020, Hugo M. (photomontage et peinture numérique)

 

        

La numérisation de la cinquième livraison de textes est terminée.
Quelques poèmes seront rajoutés ultérieurement.

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Publié par

brunorigolt

Bruno Rigolt Docteur ès Lettres et Sciences Humaines, Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris. Diplômé d'Etudes approfondies en Littérature française et en Sociologie ; Maître de Sciences Politiques ; Professeur de Lettres Modernes et de Culture générale au Lycée en Forêt (Montargis, France).