Publication des supports de cours en ligne… Calendrier prévisionnel

1S5 et 1ES4…

Les oraux blancs organisés ces derniers jours font apparaître pour un nombre non négligeable d’élèves des difficultés concernant :

1- La présentation du texte : vous ne situez pas (ou mal) le texte, alors que l’introduction est déterminante (contextualisation, problématisation).

2- La lecture est en général correcte, MAIS attention pour les textes poétiques : « Le Bateau ivre » de Rimbaud et « Fonction du poète » de Hugo sont souvent mal lus, dès lors que vous relâchez votre attention après deux ou trois strophes. Écoutez afin de vous en inspirer la lecture du « Bateau ivre » qu’a effectuée Gérard Philippe, et qui fait autorité. De même, attention aux octosyllabes dans « Fonction du poète » de Hugo et en particulier à :

  • la diérèse (séparation en deux syllabes de deux voyelles en contact) : « di-é-rèz » et non « dié-rèz » :

C’est lui qui, malgré les épines, (8 syllabes)
L’envie et la déri/si/on, (8 syllabes)
MarchE, courbé dans vos ruinEs, (8 syllabes)
Ramassant la tradi/ti/on. (8 syllabes)
De la tradi/ti/on féconde (8 syllabes)

  • De même, n’oubliez pas que dans les textes poétiques le « e », suivi d’une consonne, se prononce et compte pour une syllabe : « un seul ê/trE/ vous manqu/(e) et tout est dépeuplé » ; « MarchE courbé dans vos ruinEs/Ramassant… »

3- La structuration du plan ainsi que la progression du parcours démonstratif n’apparaissent pas toujours clairement, d’où une impression de confusion. Je vous conseille de relire les derniers conseils pour l’épreuve orale (nouvelle mise à jour : vendredi 19 juin 04:06).

4- Par ailleurs deux textes fonctionnent mal en lecture analytique :

  • « L’Esprit et l’eau » de Paul Claudel
  • Le chapitre 30 de Candide. Concernant ce texte, il semblerait que beaucoup d’élèves n’aient pas lu « sérieusement » le support de cours intitulé « Candide ou le combat des Lumières« . Sa lecture en est pourtant indispensable.

Quoi qu’il en soit, je publierai pour ces deux textes une aide complémentaire sur Internet entre le 20 et le 22 juin (délai maximal). Comme je l’ai indiqué lors des séances de soutien du mercredi 17 juin, les élèves ne disposant pas d’un accès à Internet pourront se procurer une version papier auprès de la vie scolaire le 22 juin, à l’issue de l’épreuve écrite. Attention : les textes ne seront déposés qu’à partir de 11h30.

Oral du Bac… Questions fréquemment posées…

Vous êtes nombreuses et nombreux à vous poser un certain nombre de questions quant à l’oral de l’Épreuve Anticipée de Français. Beaucoup de ces interrogations d’ailleurs sont davantage motivées par le stress, que par de réelles difficultés ! Je vais donc reprendre une à une ces questions et tenter d’y répondre simplement.

→ Voyez aussi le tutoriel EAF : « Tout sur l’Oral : exposé et entretien« 

FAQ… L’oral du Bac

 
Question. — Quels documents dois-je emporter avec moi le jour de l’oral ?
Réponse. — Vous emportez avec vous :
  1. votre convocation
  2. une pièce OFFICIELLE prouvant votre identité (CNI, Passeport, titre de séjour, etc.)
  3. votre LISTE D’ORAL
  4. les lectures analytiques présentées pour l’oral (qui figurent en annexe sur votre liste, et dont l’examinateur a une copie).
  5. les œuvres intégrales (Candide et L’Étranger)
  6. des stylos, des surligneurs, telephone.1244988302.jpgainsi qu’une MONTRE (ou un réveil, un minuteur, etc.). ATTENTION : vous n’avez PAS le droit de sortir votre téléphone portable même pour voir l’heure ! Pensez à l’éteindre complètement et à le ranger dans vos affaires dès que vous rentrez dans la salle d’examen. S’il venait à sonner ou à vibrer, cela pourrait être interprété comme une tentative de tricherie, et vous pénaliser lourdement.
Question. — J’ai oublié un document officiel (pièce d’identité, convocation, etc.)
Réponse. — Si vous êtes en avance, allez IMMÉDIATEMENT AU SECRÉTARIAT DU BAC afin de faire régulariser votre situation (on pourra être amené à vous demander de repasser dans la journée avec les documents manquants pour vérification). Si vous arrivez juste à temps pour l’épreuve, signalez le problème à l’examinateur : dans la plupart des cas, il vous fera passer l’oral et vous demandera de régulariser dans la journée votre situation auprès du secrétariat d’examen. Il pourra également vous demander de lui présenter en main propre vos justificatifs. Cela dit, je vous conseille de ne RIEN oublier : cela fait toujours mauvaise impression.
 
Question. — Est-il vrai que je dois avoir en double exemplaire l’ensemble de mes textes ?
Réponse. — Oui. Pour les groupements, vous n’avez pas à vous inquiéter : l’examinateur aura déjà un exemplaire des textes que vous présentez puisqu’ils sont joints à sa liste d’oral. Concernant les œuvres intégrales, essayez si vous le pouvez de vous arranger avec un(e) camarade afin d’avoir deux livres avec vous. Si ce n’est pas possible, dites-le simplement et poliment à l’examinateur (vous ne pouvez PAS être pénalisé(e) de toute façon dans le cas où vous n’auriez pas un double de l’œuvre avec vous).
 
Question. — Mes textes comportent des annotations. Que dois-je faire ?
Réponse. — Vous devez dans la mesure du possible les effacer. Mais tout dépend de la nature de ces annotations. Souligner un mot dans un texte, noter le sens d’un terme ou d’une expression difficile est tout à fait toléré (les manuels et les œuvres intégrales le font bien) mais de là à rédiger une lecture analytique sur la page… Dans le doute, le mieux est de montrer votre texte à l’examinateur AVANT de commencer la préparation afin d’éviter tout malentendu.
 
Question. — Ai-je le droit de conserver avec moi pendant les 30 minutes de préparation et pendant l’épreuve mon descriptif ?
Réponse. — Oui bien entendu. N’hésitez pas au contraire à vous en servir, afin de montrer à l’examinateur que vous pratiquez avec aisance l’intertextualité.
 
Question. — Suis-je tenu(e) d’emporter avec moi mes lectures cursives ?
Réponse. — Uniquement si vous le souhaitez ; mais vous n’avez PAS à en disposer matériellement le jour de l’épreuve.
Question. — Concernant les œuvres intégrales, peut-on m’interroger sur un passage qui n’a pas été étudié en lecture analytique ?
Réponse. — Tout à fait : c’est la différence avec les groupements de textes. Mais dans ce cas, l’examinateur n’aura pas les mêmes attentes, et il sera sans doute plus compréhensif.
 
Question. — Est-ce l’examinateur qui doit me demander de lire ?
Réponse. — Normalement non ! Vous devez y penser. Dans le cas d’un oubli, l’examinateur vous le rappellera très certainement (mais il n’y est pas obligé cependant). Le mieux est donc d’y penser. Le plus simple est de procéder à la lecture après l’introduction.
Question. — Comment se déroule l’épreuve ?
Réponse. — En principe, vous connaissez parfaitement le déroulement de l’épreuve. Cela a été largement commenté en classe (en outre, un article avait été consacré à la question). Pour relire les conseils sur la préparation de l’épreuve, le déroulement de l’exposé, l’entretien, cliquez sur les liens hypertexte. Vous pouvez également consulter un exemple de barème d’évaluation afin de mieux comprendre de quelle façon vous allez être noté(e).
Question. — Mon exposé dure moins de 10 minutes. Est-ce grave ?
Réponse. — Un exposé de 8 à 9 minutes est acceptable. En revanche, s’il ne devait durer que 4 ou 5 minutes, vous seriez fortement pénalisé(e) et vous n’obtiendriez pas la moyenne pour cette première partie de l’épreuve. Bien souvent, un élève qui a appris son cours mais qui termine trop vite lit ses notes à toute vitesse, oublie de développer, de citer le texte, de commenter les citations, etc. Pensez à marquer des pauses, à justifier vos remarques en vous référant au texte, ou à d’autres passages (ou d’autres œuvres). Exploitez l’intertextualité afin d’approfondir vos remarques, rappelez les définitions importantes, etc. Attention : l’examinateur n’est PAS tenu de prolonger un exposé qui n’aurait duré que 3 ou 4 minutes. Si vous restez court et que vous n’avez plus rien à dire, il peut très bien passer directement à l’entretien… Donc utilisez si possible la totalité du temps de parole qui vous est accordé.
Question. — J’ai fait l’impasse sur un texte et j’ai l’impression de n’avoir rien à dire…
Réponse. — La pire des choses est de paniquer ou de s’avouer vaincu(e). Essayez au contraire de voir ce qui dans vos connaissances peut être utilisé pour aborder intelligemment le texte. Dans le cas d’une œuvre intégrale par exemple, vous gagnerez à exploiter votre culture sur l’auteur et sur d’autres passsages de l’œuvre et à les mettre en perspective avec l’extrait que vous devez analyser. Cela ne présente pas de grande difficulté (à la condition d’avoir lu l’ouvrage certes). Concernant un texte issu d’un groupement, essayez de situer le passage par rapport à un cadre connu (un mouvement littéraire par exemple, un groupe d’écrivains, un genre, un registre, etc.). Vous devez aussi essayer de confronter le texte avec d’autres extraits que vous connaissez mieux. Le tout est de savoir mobiliser vos connaissances et de valoriser votre culture générale auprès de l’examinateur.
Question. — Le plan est-il très important à l’oral ?
Réponse. — Oui le plan est déterminant. Un problème qui se pose souvent aux candidat(e)s tient à l’organisation de l’exposé oral.  Avec le stress, et en cherchant à « ne pas réciter son cours », on fait moins attention à structurer le plan, de là certains exposés qui partent dans tous les sens, sans suivre une logique de progression. Dès qu’on vous aura indiqué votre problématique, si vous hésitez sur la marche à suivre, je vous conseille de vous poser les questions suivantes : “Qu’est-ce que je veux prouver exactement ?”, “D’où est-ce que je vais partir… Pour parvenir où ?” Veillez à structurer votre parcours analytique ou argumentatif : oral ne veut pas dire désordre, bien au contraire ! Choisissez une idée directrice en fonction de la problématique posée, c’est-à-dire le thème central à partir duquel vous organiserez votre démonstration. Evitez de trop multiplier les questionnements, qui risquent de faire perdre de vue le principe d’organisation logique de votre exposé et la question qu’on vous aura posée. Pensez par ailleurs aux transitions quand vous enchaînez les idées ou les axes entre eux. Concernant les citations, elles sont toujours utiles dans un exposé, à la condition de les choisir à bon escient et de ne pas les multiplier, afin d’éviter la lourdeur encyclopédique.
 
Question. — Comnent introduire mon exposé ?
Réponse. — Tout d’abord, n’oubliez pas que dans un exposé de 8 à 10 minutes, la première minute est déterminante. Dès votre introduction (qui doit être brève : 1 minute maximum), soignez l’amorce : beaucoup de candidats arrivent devant l’examinateur en soupirant et commencent par des mots qui en disent long sur leur motivation : « Bon alors, je vais vous parler de… ». C’est non seulement maladroit syntaxiquement, mais peu engageant. Si vous hésitez, privilégiez une approche neutre et courtoise : « Le texte que je vais vous présenter est un(e) [précisez le genre et le type : par exemple, « un poème argumentatif »] intitulé [titre, sous-titre] rédigé en… [pensez à contextualiser le texte en le situant par rapport à votre groupement ou à l’œuvre intégrale, et bien sûr relativement à un contexte : historique, culturel, social] par [présentez de manière très succincte l’auteur en mettant en valeur UNIQUEMENT ce qui permet, dans sa biographie ou sa bibliographie, de comprendre le passage]. Enfin problématisez l’extrait en veillant à rattacher l’idée générale du texte au questionnement choisi par l’examinateur et annoncez votre PLAN le plus clairement possible. Cliquez ici pour obtenir davantage d’informations sur l’introduction.
Question. — L’absence de conclusion est-elle pénalisante ?
Réponse. — C’est certain. D’expérience, j’ai constaté que de nombreux candidats avaient tendance à bâcler leur conclusion, sans doute par stress, émotion ou désir d’en finir ? Toujours est-il que c’est le meilleur moyen d’abaisser votre note. La conclusion se prépare dès l’élaboration du plan : elle ne consiste surtout pas à résumer le développement, ni à reproduire le plan annoncé : essayez de reformuler les idées en mettant en valeur l’évolution de votre pensée, et en élargissant si possible à un questionnement plus général privilégiant l’intertextualité.
Question. — Lors de l’entretien, l’examinateur me pose une question dont je ne comprends pas bien le sens. Que dois-je faire ?
Réponse. — Vous pouvez prier poliment l’examinateur de reformuler sa question. Mais attention cependant : il ne le fera en général qu’une ou deux fois, et cela vous desservirait évidemment si vous abusiez de cette bienveillance.
Question. — Je stresse beaucoup à l’approche de l’oral. Y a-t-il des solutions ?
Réponse. — Entraînez-vous avec… une glace et un MP3 ! Voici un excellent exercice à faire chez vous qui vous permettra de vérifier que vous maîtrisez votre voix et votre respiration lors de la prise de parole : L’exercice que je vous propose consiste à vous entraîner sur un sujet (avec une problématique) pendant 30 minutes comme à l’oral du Bac. Si vous n’avez pas trop de connaissances sur votre cours, aidez-vous de vos notes : à ce stade, ce n’est pas grave. Puis, essayez en vous regardant obligatoirement devant une glace de faire votre exposé en parlant à voix haute come si vous étiez devant l’examinateur (donc en regardant le moins possible votre support et en vous fixant le plus possible dans la glace). Si vous le pouvez, enregistrez-vous avec un MP3 et écoutez ce que ça donne afin de corriger les petits problèmes (placement de la voix par exemple, répétitions de « euh », « alors », « voilà », « donc », etc.). 
Mon conseil…
Dans chacune des séquences, arrangez-vous pour maîtriser particulièrement bien un texte, ou un aspect important d’une œuvre, d’une thématique, d’un mouvement littéraire, afin de pouvoir orienter l’entretien (qui est toujours ouvert et dialogué) vers des aspects que vous connaissez parfaitement et qui sont de nature à influencer positivement l’examinateur dans l’appréciation qu’il portera sur votre culture générale. Rien n’est pire qu’entendre un candidat à qui l’on demande quel texte ou quel auteur il a préféré dans l’année et pourquoi, répondre par des banalités, ou de la paraphrase. Montrez au contraire votre curiosité intellectuelle. N’hésitez pas à dépasser si vous le pouvez le cadre de la liste d’oral en faisant état de recherches personnelles : c’est toujours très apprécié.
 
→ Voyez aussi le tutoriel EAF : « Tout sur l’Oral : exposé et entretien« 

Liste d’oral 2009…

J’informe les élèves de Première ES4 et de Première S5 qu’une version électronique de la liste d’oral 2009 (*) est disponible en cliquant ici, ou directement à partir de la page d’accueil de votre classe. Jusqu’aux épreuves orales, je mettrai en ligne un grand nombre de ressources destinées à vous aider dans votre travail de préparation à l’exposé et à l’entretien :

  • accès à l’intégralité des textes présentés dans le cadre d’un groupement
  • consultation des documents complémentaires
  • indications pour la lecture analytique
  • problématiques d’exposés, questions pour l’entretien
  • liens vers d’autres sites utiles, etc.

Ces ressources seront accessibles en cliquant sur les liens hypertexte de cette liste d’oral.

(*) Cette version en ligne est purement indicative et n’a donc aucune valeur réglementaire. Seule la liste d’oral « papier » signée et tamponnée par l’établissement a un caractère officiel.

Liste d'oral 2009…

J’informe les élèves de Première ES4 et de Première S5 qu’une version électronique de la liste d’oral 2009 (*) est disponible en cliquant ici, ou directement à partir de la page d’accueil de votre classe. Jusqu’aux épreuves orales, je mettrai en ligne un grand nombre de ressources destinées à vous aider dans votre travail de préparation à l’exposé et à l’entretien :

  • accès à l’intégralité des textes présentés dans le cadre d’un groupement
  • consultation des documents complémentaires
  • indications pour la lecture analytique
  • problématiques d’exposés, questions pour l’entretien
  • liens vers d’autres sites utiles, etc.

Ces ressources seront accessibles en cliquant sur les liens hypertexte de cette liste d’oral.

(*) Cette version en ligne est purement indicative et n’a donc aucune valeur réglementaire. Seule la liste d’oral « papier » signée et tamponnée par l’établissement a un caractère officiel.

Jeu test… Découvrez votre profil romantique !

Découvrez votre profil romantique !

en 11 questions…

  • Comment procéder ?

C’est très simple : pour réaliser ce test, vous devez prendre une feuille et répondre dans l’ordre aux 11 questions de cette page. Pour chaque question, reportez sur votre feuille la lettre (A, B, C ou D) correspondant à votre réponse. À la fin du test, comptez le nombre de A, de B, de C ou de D obtenus : la lettre qui obtient le score le plus élevé correspond à votre profil principal (mais vous pouvez obtenir le même nombre de points pour deux lettres par exemple, cela veut dire que votre personnalité romantique est dominée par plusieurs tendances fortes).

 

Question 1. Un tableau qui vous ressemble…

       A         B         C          D

 

Question 2. Vous pourriez en faire votre citation préférée…

C. « Je est un autre » (Rimbaud)
B. « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » (Lamartine)
D. « Peuples, écoutez le poète ! » (Hugo)
A. « Fuir, là-bas fuir… » (Mallarmé)

 

Question 3. Votre signe de ponctuation préféré :

C. « ? »
D. « ! »
B. « … »
A. « .« 
 

Question 4.  Partir…

C. dans mon âme
A. Toujours plus haut
D. au combat
B. Ailleurs

 

Question 5. Votre cri de ralliement…

B. « Pour toi… »
A. « Moi je ! »
C. « Moi « jeu »
D. « Pour eux ! »

 

6) Un moment que vous aimez…

A. L’aube
B. Le soir
C. La nuit
D. Le jour

 

7) On vous fait un procès pour…

A. Avoir fui le monde afin d’être libre
B. Avoir aimé malgré un interdit
D. Avoir défendu vos idées.
C. Vous être moqué·e de la loi ou de la morale.

 

8) Le livre que vous pourriez lire (ou relire) :

C. Les Fleurs du mal (Baudelaire)
A. Les Rêveries du promeneur solitaire (Rousseau)
B. Les Méditations poétiques (Lamartine)
D. Le Dernier jour d’un condamné (Hugo)

 

9) La vie c’est comme…

C. Un cri de révolte
D. Une bataille
A. Un départ
B. Un voyage

 

10) Vous vous réveillez…

A. « Super, je hisse la grand voile ! »
C. « Quoi ? Il est déjà midi ? »
B. « Je vais peut-être le/la voir ! »
D. « J’ai quelque chose à dire. »

 

11) Être libre, c’est…

D. Laisser éclater sa révolte.
B. Voyager au pays des mots…
A. Aller toujours plus haut !
C. A quoi bon répondre ? Personne ne peut me comprendre.
 

        

Et maintenant, les résultats du test…

Pour connaître votre profil, comptez soigneusement le nombre de A, de B, de C ou de D obtenus. Votre sensibilité dominante est représentée par la lettre qui obtient le meilleur score.

 

            

 

Licence Creative CommonsNetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, cet article est protégé par copyright. Ils est mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le nom de l’auteur ainsi ainsi que la référence complète de l’article cité (URL de la page).

 


© Bruno Rigolt, EPC juin 2009____

 

La citation de la semaine… Jack Kerouac…

« On continua de rouler. Au milieu de l’immense plaine nocturne s’étendait la première ville du Texas… »

On continua de rouler. Au milieu de l’immense plaine nocturne s’étendait la première ville du Texas, Dalhart (¹), que j’avais traversée en 1947. Elle miroitait sur le plancher obscur de la terre, à cinquante milles de là. Ce n’était au clair de lune qu’une étendue de bouteloue et de désert. La lune était à l’horizon. Elle prit de l’embonpoint, elle devint immense et couleur de rouille, elle mûrit et gravita, jusqu’au moment où l’étoile du matin entra en lice et où la rosée souffla par les portières ; et nous roulions toujours. Après Dalhart – boîte de biscuits vide – on déboula sur Amarillo qu’on atteignit dans la matinée, parmi les herbages balayés par les vents, qui, seulement quelques années auparavant, ondoyaient autour d’un campement de tentes de bisons. Maintenant il y avait des stations d’essence et des juke-boxes 1950 dernier cri […] À Childress, sous le soleil brûlant, on mit le cap directement au Sud en bifurquant sur une route secondaire et on s’élança à travers des déserts abyssaux en direction de Paducah, Guthrie et Abilene (Texas). La vieille bagnole chauffait et dansait le bop et s’accrochait opiniâtrement au terrain. De grands tourbillons de sable soufflaient sur nous du fond des espaces miroitants. Stan roulait droit devant lui en parlant de Monte-Carlo et de Cagnes-sur-Mer et de paysages azurés près de Menton où des gens au visage basané erraient entre des murs blancs…

Jack Kerouac, Sur la route (On the road)
© Gallimard 1960, « Folio » Gallimard 2008, 2022 (trad. Jacques Houbart), p. 381-382.

We drove on. Across the immense plain of night lay the first Texas town, Dalhart, which I’d crossed in 1947. It lay glimmering on the dark floor of the earth fifty miles away. The land by moonlight was all mesquite and wastes. On the horizon was the moon. She fattened, she grew huge and rusty, she mellowed and rolled, till the morning-star contended and dews began to blow in our windows—and still we rolled. After Dalhart -empty crackerbox town- we bowled for Amarillo, and reached it in the morning among windy panhandle grasses that only a few years ago, (1910) waved around a collection of buffalo tents. Now there were of course gas stations and new 1950 jukeboxes […]. At Childress in the hot sun we turned directly south on a lesser road and continued across abysmal wastes to Paducah, Guthrie and Abilene Texas. Now Neal had to sleep and Frank and I sat in the front seat and drove. The old car burned and bopped and struggled on. Great clouds of gritty wind blew at us from shimmering spaces. Frank rolled right along with stories about Monte Carlo and Cagnes-sur-Mer and the blue places near Menton where darkfaced people wandered among white walls…

Chef de file de la « Beat Generation » (²), Jack Kerouac (1922-1969) est un écrivain américain d’origine canadienne-française. Très représentative de la Contreculture et largement controversée de son vivant, son œuvre est anticonformiste et annonce la période de contestation sociale qui bouleversera la fin des années Soixante aux États-Unis. Sur la route (rédigé en 1951 mais publié en 1957) se présente à ce titre comme une ode audacieuse à la liberté.

L’impression qui ressort à la lecture de cette immense fresque, partagée entre les paysages uniques de l’Amérique et les dérives de toute sorte, est le don poétique de Kerouac, apte à nous faire ressentir, à travers l’exil des routes, l’immensité même du « paysage humain ». De fait ce roman, largement autobiographique, se lit un peu comme un road movie : la route elle-même devient intrigue et le voyage cheminement spirituel, moyen de s’emparer, en le parcourant, du monde qui nous entoure. « La route est pure. La route rattache l’homme des villes aux grandes forces de la nature » aimait à répéter Kerouac et sans doute il est vrai que ce roman est non seulement une passionnante introduction à la civilisation américaine de la fin des années 50, mais aussi une très belle épopée dont le style spontané n’a cessé d’inspirer les créations romanesques contemporaines.

______________________

(¹) Il est écrit à deux reprises dans l’édition française (Folio, Gallimard 2008, p. 381) « Dalhars » mais il s’agit sans doute d’une coquille : la ville mentionnée est bien Dalhart, située au nord de l’État du Texas.
(²) Regardez également cette vidéo dans laquelle Jack Kerouac explique (en Français) comment et pourquoi  il a créé l’expression de « Beat Generation ». En particulier, retenez les remarques sur l’étymologie du terme « beat » (rapproché du mot français « béatitude »). Un document passionnant ! 

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Quel Romantique êtes-vous ? Bientôt un grand jeu « test » avec les Seconde 12 !

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(*) Dès le 2 juin, faites le test en ligne ! La classe de Seconde 12 du Lycée en Forêt vous invite à un grand jeu culturel inédit pour découvrir votre « profil romantique » ! Onze questions exactement pour vous aider à déchiffrer vos goûts artistiques, musicaux et littéraires : à quels écrivains européens ressemblez-vous le plus au niveau de votre caractère ? Si vous aviez été un(e) artiste, comment auriez-vous écrit, et pourquoi ? Vous sentez-vous « engagé(e) » ? Rebel(le) ? Ou au contraire à la recherche de l’idéal, du grand Amour, de l’ailleurs et du rêve ?

Bref, embarquement le 2 juin pour une aventure ludique et culturelle jusqu’au bout du monde !

Quel Romantique êtes-vous ? Bientôt un grand jeu "test" avec les Seconde 12 !

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(*) Dès le 2 juin, faites le test en ligne ! La classe de Seconde 12 du Lycée en Forêt vous invite à un grand jeu culturel inédit pour découvrir votre « profil romantique » ! Onze questions exactement pour vous aider à déchiffrer vos goûts artistiques, musicaux et littéraires : à quels écrivains européens ressemblez-vous le plus au niveau de votre caractère ? Si vous aviez été un(e) artiste, comment auriez-vous écrit, et pourquoi ? Vous sentez-vous « engagé(e) » ? Rebel(le) ? Ou au contraire à la recherche de l’idéal, du grand Amour, de l’ailleurs et du rêve ?

Bref, embarquement le 2 juin pour une aventure ludique et culturelle jusqu’au bout du monde !

La citation de la semaine… Les élèves de Seconde 12… et de Seconde 8… 2/2

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Le succès rencontré la semaine précédente par les « cadavres exquis » créés par les élèves de Seconde 12 et de Seconde 8 en atelier d’écriture (pour lire les premières contributions, cliquez ici) est tout à fait mérité. Leurs productions s’inscrivent en effet très bien dans la démarche surréaliste qui mène à la « libération du verbe ». C’est dans ce chaos d’images neuves, qui consiste à déjouer les clichés en jouant avec les automatismes, que les élèves ont puisé la source de leur inspiration, sur fond de métaphores autant imprévues qu’irréelles. De fait, le seul dénominateur commun qui existe entre tous les textes est le pouvoir des mots, qui prend évidemment le contrepied de la poésie traditionnelle. Pourtant, il ne faudrait pas voir seulement dans ces créations une gratuité : au-delà du rire, du farfelu ou de l’exubérant transparaît souvent un profond message humain…
Je vous laisse découvrir quelques uns de ces nouveaux poèmes qui viennent enrichir la rubrique des citations (pour en savoir un peu plus sur les « cadavres exquis », reportez-vous à la présentation des précédentes contributions en cliquant ici.).

« Scoop ! »

par Marina et Manon (classe de Seconde 12)

« Lors d’un repas à Marseille

des grands-parents

Qui pondaient de belles paroles

se sont mis à chanter du Rock

CAR les poules avaient des dents.

C’est à se demander

Quel est le rapport de causalité ! »

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Clin d’œil à René Magritte (*) Voyez en particulier ce tableau : « La Trahison des images« 

   

« Coup de sifflet » 

par Nuriyé et Seren (classes de Seonde 12)

« Sur le quai de la gare

Au moment du coup de sifflet,

Un petit caillou

qui semblait tout ramolli

Empêchait les humains

de traverser les voies

pour pleurer au départ… »

   

« Jungle birmane »

par Loïc et François, classe de Seconde 8

« Dans la jungle

à l’heure du déjeuner

un cosmonaute qui cueillait

des étoiles en fleurs

Plantait des femmes

en longs sillons réguliers

Qui comptaient des grains de riz

À perte de larmes… »

      

« À l’aube du jour crucial… »

par Charline et Audrey, Seconde 12

« À l’aube du jour crucial

Un lascar de la vie

Caresse des merveilles

En chantant des balades étoilées

Dans un temple gris

Au sud

de l’autoroute. »

   

« Grippe A »

par Marina et Manon, classe de Seconde 12

« Du côté de l’amour

À l’heure du coucher

Un oiseau voyageur

Qui passait par là

Attrapa la grippe A

En dansant sur la route

À la recherche du bonheur… »

   

(nouvelle livraison de textes prochainement)
_______________
(*) Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Le BTS 2009… Premiers éléments d'analyse…

C’est donc la question du détour qui a été posée à la session 2009 du BTS, et ce choix constitue sans nul doute le plus grand démenti qu’on puisse opposer aux rumeurs qui voulaient que l’épreuve ne porte systématiquement que sur le thème reconduit…
Vous avez été un très grand nombre à vous connecter sur ce site les 13 et 14 mai (4968 connexions en deux jours !), et j’espère de tout cœur que vous aurez eu la sagesse de relire les articles que j’ai consacrés tout au long de l’année au détour, d’autant plus que dans deux supports de cours (le hasard faisant bien les choses), j’avais abordé explicitement deux textes du corpus (Balandier et Brisseau). Pour les autres, plus malchanceux, quelles que soient vos appréhensions, ne vous découragez surtout pas et donnez le meilleur de vous-même pour les épreuves orales qui sont évidemment déterminantes.
Je profite de cet article pour adresser un remerciement très chaleureux à toutes mes étudiantes de deuxième année : que de chemin parcouru ensemble ! Que soient également remerciés les très nombreux visiteurs qui m’ont adressé des messages de sympathie pour le travail accompli dans ce blog.

ligne4.1242598732.jpg

arrow.1242450507.jpg Analyse du corpus

Le corpus ne comportait pas de document iconographique. On pourra déceler dans ce parti pris un recentrage, perceptible depuis quelque temps, sur la dimension proprement textuelle et littéraire de l’épreuve.

arrow.1242450507.jpg Le document 1 était extrait d’un essai de Georges Balandier, le Détour, Pouvoir et modernité que j’avais d’ailleurs largement évoqué dans l’article intitulé Vers une sociologie du détour. Paru en 1985, cet ouvrage en appelle à une rupture épistémologique qui pose le détour comme nouveau « contrat social », seule réponse valable aux errements de notre modernité. Dans le passage présenté, le regard anthropologique de Georges Balandier suggère la méthode : voir ailleurs, connaître différemment, et ne pas juger le détour de façon réductrice et forcément sclérosante du fait de nos représentations. S’inspirant d’exemples fameux de la Grèce antique ou de la pensée militaire dans la Chine ancienne (peut-être avez-vous pensé à l’article consacré à la stratégie du détour chez Sun Tzu…) l’auteur se livre à un véritable plaidoyer de la ruse. S’il rappelle qu’elle constitue certes une « tromperie », c’est pour saluer aussitôt le pragmatisme, la raison et finalement l’intelligence de celui qui sait en faire usage. Par définition, la stratégie est donc à situer au premier plan d’une réflexion qui se fonde sur la ruse, le contournement de l’obstacle, la médiation par opposition à la violence guerrière.

arrow.1242450507.jpg Le document 2 était un article de Denis Boisseau, « Ne vaut pas le voyage » paru en 2000 (la référence exacte est celle-ci : Le Détour, collectif, revue La Licorne, UFR Langues Littératures Poitiers, Maison des Sciences de l’Homme et de la Société). Si vous êtes un lecteur attentif de ce cahier de texte, il ne vous aura pas échappé que j’avais cité le même passage de cet article en introduction de mon support de cours sur la stratégie du détour chez Sun Tzu. Dans cet extrait, assez court mais dense, Denis Boisseau met à mal les définitions négatives du détour : le détour en effet signerait l’échec d’une volonté droite ; le plus sommaire serait d’y voir un aveu de faiblesse, une preuve d’impuissance ». L’auteur explique pourquoi une telle considération repose en fait sur l’illusion : « Si l’homme efficace va droit au but, ce n’est pas parce qu’il est surpuissant mais bien parce qu’il […] sait choisir le meilleur détour -et donc aussi le « meilleur » raccourci-, il invente une meilleure réponse, il ne va pas tout droit, mais il bifurque à temps ». Le détour est donc une ruse intelligente contre l’ordre appauvrissant et sclérosant du monde, constitué d’utilitarisme et de vue à court terme.

arrow.1242450507.jpg La fable de La Fontaine, « Le Renard et le Bouc » opposait précisément à la courte vue du bouc, le stratagème du renard. Cet apologue classique était donc très illustratif de la ruse. Si la morale finale, aussi courte que sèche (« En toute chose il faut considérer la fin »), stigmatise le manque d’expérience, la naïveté voire la bêtise du bouc, elle ne légitime pas pour autant la tromperie du renard. Ce serait en effet se méprendre sur les intentions du fabuliste que d’interpréter le texte comme une légitimation du cynisme. Il faut plutôt voir dans la morale (peu édifiante) de la fable un appel à la lucidité et à la raison : si les plus hauts placés dans la hiérarchie de l’intelligence abusent ainsi des plus faibles et des plus démunis, c’est qu’ils en connaissent la vulnérabilité. La fable a donc valeur d’avertissement. L’immaturité, le manque de discernement, la crédulité sont autant de défauts des dupés et des sots ! Leur ignorance et leur bêtise sont à stigmatiser autant, sinon plus, que la malignité des trompeurs qui invite d’abord à la prudence et à la réflexion.

arrow.1242450507.jpg C’était d’ailleurs tout le sens du texte de Jacques Attali, extrait de l’essai Chemins de Sagesse, Traité du Labyrinthe (1996). Le passage présenté proposait une analyse intéressante et relativement simple à comprendre sur la symbolique du labyrinthe. Pour l’auteur en effet, se perdre c’est se retrouver à la condition de faire preuve de sagacité, d’intelligence, de perspicacité. Comme le chasseur aux aguets, celui qui veut sortir du labyrinthe commence par en apprivoiser l’environnement. Les trous d’ombre, les pièges, le mouvant, l’imprévu sont autant de signes qu’il faut savoir écouter et déchiffrer pour se repérer. On aura compris qu’il s’agit évidemment pour Jacques Attali d’une métaphore pour mieux appréhender notre modernité. Dans le « labyrinthe » de la société moderne, l’homme raisonnable doit réapprendre l’intelligence de la ruse. Loin d’être une faiblesse et un mensonge, la ruse est au contraire au cœur même d’une démarche initiatique confrontant l’homme d’aujourd’hui aux illusions de la modernité : pour trouver le bon chemin, il lui faut montrer la sagesse rusée de sa volonté.

ligne4.1242598732.jpg

Concernant cette première analyse des documents, je me garderai bien pour le moment de suggérer un quelconque corrigé (*), tant les propositions peuvent différer et rassurer autant qu’inquiéter inutilement. Au niveau de la problématisation de ce corpus, il fallait évidemment rapprocher le thème du détour de son usage par la ruse. Par rapport aux illusions du rationalisme qui se satisfait aveuglément du chemin direct, le détour amène à une dimension beaucoup plus pragmatique et subtile. Les exemples du corpus, empruntés souvent à la mythologie, à la stratégie militaire, ou à l’histoire de la pensée n’avaient d’autre but que de conduire progressivement le candidat à une réflexion critique sur les dérives de notre modernité qui, abusée par la course à la performance, en oublie la réflexion et le discernement. En marge de ce questionnement, les textes soulevaient implicitement la question morale de l’éthique personnelle face aux consignes sociales, à commencer par la légitimité des moyens utilisés pour parvenir à un but. C’était d’ailleurs le sens même du travail d’écriture personnelle qui vous était ensuite proposé.

arrow.1242450507.jpg L’écriture personnelle

Le sujet posé était le suivant : « Selon vous, l’important est-il d’arriver à ses fins, quel que soit le détour utilisé ? » Par rapport à la synthèse, le sujet était sensiblement plus abordable : il amenait en effet à un problème d’ordre moral connu : la « fin » justifie-t-elle les moyens ? Si « l’honnête homme » semble par définition désintéressé, il n’en demeure pas moins qu’il peut se faire gruger par excès de faiblesse, par manque de lucidité ou de perspicacité. Comme le suggère La Fontaine, l’innocence n’est pas forcément une qualité suffisante. Toute la question réside dans le jugement que nous portons alors sur une action : faut-il prendre en compte les moyens pour juger la fin ? Doit-on en effet condamner la ruse, la dissimulation, la tromperie par exemple, sous prétexte qu’elles ne sont pas compatibles avec l’éthique et la morale ? Le sujet invitait cependant à faire preuve d’une certaine retenue : au machiavélisme il fallait préférer la sagesse de Confucius, ou « l’art de la guerre » de Sun Tzu par exemple. Comme le suggéraient Attali ou Balandier, la ruse n’a de sens que dans la mesure où elle satisfait aux exigences d’une éthique comportementale, qui porte sur des valeurs, et particulièrement des valeurs humanistes permettant à l’homme, par la raison et l’intelligence, de donner un sens légitime à ses actes.

(*) pour accéder au corrigé de la synthèse, cliquez ici.

ligne4.1242598732.jpg

De nouveau, je vous rappelle qu’il ne s’agit que de remarques personnelles, formulées « à chaud » quelques heures seulement après l’examen. Les jurys de correction savent très bien que les difficultés éprouvées par certain(e)s  face au thème choisi ne sauraient sous-estimer d’autres indices d’appréciation, tout aussi déterminants. Une attention particulière sera évidemment portée à des critères comme les efforts de méthode, la présentation et la problématisation du corpus, la construction d’un plan acceptable, le travail sur l’expression et le style, l’exploitation des documents et de la culture générale dans l’écriture personnelle, etc. Donc surtout pas de découragement, quels que soient vos sentiments, par définition subjectifs sur ce qu’il aurait fallu faire… ou ne pas faire ! Poursuivez avec sérieux vos entraînements pour l’épreuve orale.
Une fois encore, bon courage à toutes et à tous !
Bruno Rigolt, Lycée en Forêt (Montargis, France)

_________

arrow.1242450507.jpg En annexe : les textes du corpus

Poursuivre la lecture de « Le BTS 2009… Premiers éléments d'analyse… »

Le BTS 2009… Premiers éléments d’analyse…

C’est donc la question du détour qui a été posée à la session 2009 du BTS, et ce choix constitue sans nul doute le plus grand démenti qu’on puisse opposer aux rumeurs qui voulaient que l’épreuve ne porte systématiquement que sur le thème reconduit…
Vous avez été un très grand nombre à vous connecter sur ce site les 13 et 14 mai (4968 connexions en deux jours !), et j’espère de tout cœur que vous aurez eu la sagesse de relire les articles que j’ai consacrés tout au long de l’année au détour, d’autant plus que dans deux supports de cours (le hasard faisant bien les choses), j’avais abordé explicitement deux textes du corpus (Balandier et Brisseau). Pour les autres, plus malchanceux, quelles que soient vos appréhensions, ne vous découragez surtout pas et donnez le meilleur de vous-même pour les épreuves orales qui sont évidemment déterminantes.
Je profite de cet article pour adresser un remerciement très chaleureux à toutes mes étudiantes de deuxième année : que de chemin parcouru ensemble ! Que soient également remerciés les très nombreux visiteurs qui m’ont adressé des messages de sympathie pour le travail accompli dans ce blog.

ligne4.1242598732.jpg

arrow.1242450507.jpg Analyse du corpus

Le corpus ne comportait pas de document iconographique. On pourra déceler dans ce parti pris un recentrage, perceptible depuis quelque temps, sur la dimension proprement textuelle et littéraire de l’épreuve.

arrow.1242450507.jpg Le document 1 était extrait d’un essai de Georges Balandier, le Détour, Pouvoir et modernité que j’avais d’ailleurs largement évoqué dans l’article intitulé Vers une sociologie du détour. Paru en 1985, cet ouvrage en appelle à une rupture épistémologique qui pose le détour comme nouveau « contrat social », seule réponse valable aux errements de notre modernité. Dans le passage présenté, le regard anthropologique de Georges Balandier suggère la méthode : voir ailleurs, connaître différemment, et ne pas juger le détour de façon réductrice et forcément sclérosante du fait de nos représentations. S’inspirant d’exemples fameux de la Grèce antique ou de la pensée militaire dans la Chine ancienne (peut-être avez-vous pensé à l’article consacré à la stratégie du détour chez Sun Tzu…) l’auteur se livre à un véritable plaidoyer de la ruse. S’il rappelle qu’elle constitue certes une « tromperie », c’est pour saluer aussitôt le pragmatisme, la raison et finalement l’intelligence de celui qui sait en faire usage. Par définition, la stratégie est donc à situer au premier plan d’une réflexion qui se fonde sur la ruse, le contournement de l’obstacle, la médiation par opposition à la violence guerrière.

arrow.1242450507.jpg Le document 2 était un article de Denis Boisseau, « Ne vaut pas le voyage » paru en 2000 (la référence exacte est celle-ci : Le Détour, collectif, revue La Licorne, UFR Langues Littératures Poitiers, Maison des Sciences de l’Homme et de la Société). Si vous êtes un lecteur attentif de ce cahier de texte, il ne vous aura pas échappé que j’avais cité le même passage de cet article en introduction de mon support de cours sur la stratégie du détour chez Sun Tzu. Dans cet extrait, assez court mais dense, Denis Boisseau met à mal les définitions négatives du détour : le détour en effet signerait l’échec d’une volonté droite ; le plus sommaire serait d’y voir un aveu de faiblesse, une preuve d’impuissance ». L’auteur explique pourquoi une telle considération repose en fait sur l’illusion : « Si l’homme efficace va droit au but, ce n’est pas parce qu’il est surpuissant mais bien parce qu’il […] sait choisir le meilleur détour -et donc aussi le « meilleur » raccourci-, il invente une meilleure réponse, il ne va pas tout droit, mais il bifurque à temps ». Le détour est donc une ruse intelligente contre l’ordre appauvrissant et sclérosant du monde, constitué d’utilitarisme et de vue à court terme.

arrow.1242450507.jpg La fable de La Fontaine, « Le Renard et le Bouc » opposait précisément à la courte vue du bouc, le stratagème du renard. Cet apologue classique était donc très illustratif de la ruse. Si la morale finale, aussi courte que sèche (« En toute chose il faut considérer la fin »), stigmatise le manque d’expérience, la naïveté voire la bêtise du bouc, elle ne légitime pas pour autant la tromperie du renard. Ce serait en effet se méprendre sur les intentions du fabuliste que d’interpréter le texte comme une légitimation du cynisme. Il faut plutôt voir dans la morale (peu édifiante) de la fable un appel à la lucidité et à la raison : si les plus hauts placés dans la hiérarchie de l’intelligence abusent ainsi des plus faibles et des plus démunis, c’est qu’ils en connaissent la vulnérabilité. La fable a donc valeur d’avertissement. L’immaturité, le manque de discernement, la crédulité sont autant de défauts des dupés et des sots ! Leur ignorance et leur bêtise sont à stigmatiser autant, sinon plus, que la malignité des trompeurs qui invite d’abord à la prudence et à la réflexion.

arrow.1242450507.jpg C’était d’ailleurs tout le sens du texte de Jacques Attali, extrait de l’essai Chemins de Sagesse, Traité du Labyrinthe (1996). Le passage présenté proposait une analyse intéressante et relativement simple à comprendre sur la symbolique du labyrinthe. Pour l’auteur en effet, se perdre c’est se retrouver à la condition de faire preuve de sagacité, d’intelligence, de perspicacité. Comme le chasseur aux aguets, celui qui veut sortir du labyrinthe commence par en apprivoiser l’environnement. Les trous d’ombre, les pièges, le mouvant, l’imprévu sont autant de signes qu’il faut savoir écouter et déchiffrer pour se repérer. On aura compris qu’il s’agit évidemment pour Jacques Attali d’une métaphore pour mieux appréhender notre modernité. Dans le « labyrinthe » de la société moderne, l’homme raisonnable doit réapprendre l’intelligence de la ruse. Loin d’être une faiblesse et un mensonge, la ruse est au contraire au cœur même d’une démarche initiatique confrontant l’homme d’aujourd’hui aux illusions de la modernité : pour trouver le bon chemin, il lui faut montrer la sagesse rusée de sa volonté.

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Concernant cette première analyse des documents, je me garderai bien pour le moment de suggérer un quelconque corrigé (*), tant les propositions peuvent différer et rassurer autant qu’inquiéter inutilement. Au niveau de la problématisation de ce corpus, il fallait évidemment rapprocher le thème du détour de son usage par la ruse. Par rapport aux illusions du rationalisme qui se satisfait aveuglément du chemin direct, le détour amène à une dimension beaucoup plus pragmatique et subtile. Les exemples du corpus, empruntés souvent à la mythologie, à la stratégie militaire, ou à l’histoire de la pensée n’avaient d’autre but que de conduire progressivement le candidat à une réflexion critique sur les dérives de notre modernité qui, abusée par la course à la performance, en oublie la réflexion et le discernement. En marge de ce questionnement, les textes soulevaient implicitement la question morale de l’éthique personnelle face aux consignes sociales, à commencer par la légitimité des moyens utilisés pour parvenir à un but. C’était d’ailleurs le sens même du travail d’écriture personnelle qui vous était ensuite proposé.

arrow.1242450507.jpg L’écriture personnelle

Le sujet posé était le suivant : « Selon vous, l’important est-il d’arriver à ses fins, quel que soit le détour utilisé ? » Par rapport à la synthèse, le sujet était sensiblement plus abordable : il amenait en effet à un problème d’ordre moral connu : la « fin » justifie-t-elle les moyens ? Si « l’honnête homme » semble par définition désintéressé, il n’en demeure pas moins qu’il peut se faire gruger par excès de faiblesse, par manque de lucidité ou de perspicacité. Comme le suggère La Fontaine, l’innocence n’est pas forcément une qualité suffisante. Toute la question réside dans le jugement que nous portons alors sur une action : faut-il prendre en compte les moyens pour juger la fin ? Doit-on en effet condamner la ruse, la dissimulation, la tromperie par exemple, sous prétexte qu’elles ne sont pas compatibles avec l’éthique et la morale ? Le sujet invitait cependant à faire preuve d’une certaine retenue : au machiavélisme il fallait préférer la sagesse de Confucius, ou « l’art de la guerre » de Sun Tzu par exemple. Comme le suggéraient Attali ou Balandier, la ruse n’a de sens que dans la mesure où elle satisfait aux exigences d’une éthique comportementale, qui porte sur des valeurs, et particulièrement des valeurs humanistes permettant à l’homme, par la raison et l’intelligence, de donner un sens légitime à ses actes.

(*) pour accéder au corrigé de la synthèse, cliquez ici.

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De nouveau, je vous rappelle qu’il ne s’agit que de remarques personnelles, formulées « à chaud » quelques heures seulement après l’examen. Les jurys de correction savent très bien que les difficultés éprouvées par certain(e)s  face au thème choisi ne sauraient sous-estimer d’autres indices d’appréciation, tout aussi déterminants. Une attention particulière sera évidemment portée à des critères comme les efforts de méthode, la présentation et la problématisation du corpus, la construction d’un plan acceptable, le travail sur l’expression et le style, l’exploitation des documents et de la culture générale dans l’écriture personnelle, etc. Donc surtout pas de découragement, quels que soient vos sentiments, par définition subjectifs sur ce qu’il aurait fallu faire… ou ne pas faire ! Poursuivez avec sérieux vos entraînements pour l’épreuve orale.
Une fois encore, bon courage à toutes et à tous !
Bruno Rigolt, Lycée en Forêt (Montargis, France)

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arrow.1242450507.jpg En annexe : les textes du corpus

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La citation de la semaine… Les élèves de Seconde 12… et de Seconde 8… 1/2

« Cadavres exquis… »

Les classes de Seconde 12 et de Seconde 8 ont collaboré ces dernières semaines sur un projet d’écriture poétique qui donnera lieu en fin d’année à une vaste exposition intitulée « Lettres d’ailleurs ». En attendant cette exposition, les élèves des deux classes ont souhaité mettre en commun leur réflexion et leur imaginaire pour proposer des « cadavres exquis« . Nés du tourbillon d’idées et d’images entraîné par la révolution surréaliste, les cadavres exquis n’en obéissent pas moins à une définition rappelée dans le Dictionnaire abrégé du surréalisme rédigé en 1938 par Paul Éluard et André Breton : un « cadavre exquis » est un « jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes ». Cette exploration ludique du champ poétique, hostile à toute rhétorique classique, fait donc du langage non pas l’instrument mais la matière même du poème. Les élèves des deux classes ne s’y sont pas trompés : les textes proposés aujourd’hui et la semaine prochaine correspondent bien à l’idée que les Surréalistes voulaient imposer en assignant à la poésie la mission libératrice d’être une « expérience totale ».

Bonne lecture!

_____________

cadex4.1242876011.jpg« Du côté de Paris »

Calypso et Vanessa, Classe de Seconde 8

« Du côté de Paris, 

À une heure,

une pervenche 

A arraché des feuilles

en criant sur tous les toîts

des histoires drôles »

   

« Strasbourg »

Marina et Manon, Classe de Seconde 12

« Il était 20h33

à Strasbourg.

Des fraises se sont mises à hurler

Alors qu’un singe demandait l’heure… »

         

« Durant la nuit »

Océane et Gladys, Classe de Seconde 12 

cadex1.1242371965.jpg« Sur la mer

Durant la nuit du 21 avril

Un papillon qui flotte

Est heureux

En mangeant des fleurs. »

  

« Tranche de lune »

Marie, Seconde 12 et Vincent, Seconde 8

« Chez Mamie,

Dans l’après-midi

Un babouin

Qui mangeait une tranche de lune

Draguait de gros poissons rouges

En apprivoisant

Des étoiles… »

     

« Dans une boîte de conserve »

Fanny et Kristina, Seconde 12

« Il était exactement 5h39

Dans une boîte de conserve

Une chaise qui n’aimait pas le violet

Chargeait

Des nuages

En éclatant de rire. »

cadex2_1.1242908218.jpg

  

« Présent de vérité générale »

Fanny et Kristina, Classe de Seconde 12

« À l’heure du petit-déjeuner

Un couteau mou

Qui danse nu

Dans le jardin

Allume toujours des fraises vertes

En cherchant sa deuxième chaussette. »

    

cadex3.1242383100.jpg« Sous cet arbre »

Nuriyé et Seren, Seconde 12

« À l’heure du coucher du soleil

Sous cet arbre qui pleurait

Un couple d’oiseaux désespérés,

Un couple d’oiseaux qui chantait

Sous le ciel orangé

Aux âmes des morts fatiguées

Des fables joyeuses

En espérant trouver l’espoir… »

  

« Du côté de l’Espagne »

Maude, Seconde 12 et Charlotte, Seconde 8

« C’était du côté de l’Espagne

À midi,

Un lapin enchanteur battait des ailes

Et s’occupait des fleurs roses

cadex5.1242410285.jpgHeureuses

En faisant de la balançoire

Sur la courbe du vent…

   

« Vers la mer »

Marion, Camille, Seconde 8 et Flora, Seconde 12

À l’aube

Vers la mer friable

Un stylo

Qui soupire

Transporte des encres amères

content

De mordre dans un croissant.

    

« Murmures éphémères »

Lendite et Flora, Seconde 12

Un oiseau amoureux

Qui pense

cadex6.1242493768.jpgEnvole toujours

Des murmures éphémères

en les écrivant…

   

« Quelques miettes d’eau… »

Charline et Audrey, Seconde 12

En plein cœur de l’océan

Durant la nuit du jour

Un oiseau blanc aux ailes bleues

Survole des mirabelles

Splendides

En buvant

Quelques miettes d’eau…

    

(nouvelle livraison de textes le jeudi 21 mai)

Pour toutes les sections… Liste des articles à paraître prochainement sur ce site…

  • Classes de Seconde 12 et de Seconde 8 : exposition virtuelle de « Cadavres exquis ». Mise en ligne les jeudi 14 et vendredi 22 mai 2009. Mis en ligne.
  • Classes de Première (ES4, S5) :
    • Les théâtre de l’absurde en France (support de cours) : mise en ligne le jeudi 21 mai 2009. Mis en ligne.
    • Introduction à l’Étranger d’Albert Camus : mise en ligne le jeudi 28 mai 2009. Mis en ligne.
  • BTS PME2 : analyse du sujet d’examen (culture générale et expression française). Mise en ligne le samedi 16 mai 2009. Mis en ligne.

BTS… Bac… Guide de préparation à l’examen : 5 jours pour relever le défi !

Dans quelques jours, les étudiants de BTS vont affronter l’épreuve… Puis ce sera le tour des élèves de Première et de Terminale. Quel que soit votre niveau, lisez attentivement ce guide méthodologique : il vous aide à vous préparer pour l’épreuve. Cinq jours de révisions intensives pour relever le défi de l’examen ? Dites-vous que :

C’EST POSSIBLE !

SE METTRE AU TRAVAIL…

Scénario catastrophe… 8 heures : vous vous réveillez rempli de bonnes résolutions ! Et naturellement vous vous dites qu’aujourd’hui vous allez travailler dur. 9 heures : vous vous mettez devant votre bureau et vous mâchonnez un chewing-gum en regardant pendant vingt minutes vos messages sur Internet… Deux heures plus tard, vous êtes toujours sur votre messagerie en ligne, et vous avez carrément l’esprit qui navigue en haute mer! Evidemment, comme vous êtes angoissé(e) par l’examen, vous vous dispersez et vous n’arrivez pas à vous concentrer… 11 heures : vous grignotez en vous demandant quand sonne midi pour aller manger (quel programme!) Bien sûr vous voudriez travailler avant l’après-midi mais votre esprit s’évade. 14 heures : Pour vous redonner du courage, vous appelez quelques ami(e)s et puis vous acceptez de faire une petite partie de cartes (vraiment la dernière!). 18 heures… Vous n’avez pas avancé mais paradoxalement vous vous sentez fatigué(e), mal dans votre peau, et surtout complètement découragé(e). Sachez que rien n’est plus déprimant que de se dire : « J’aurais dû travailler ». Le travail non réalisé est en fait un refus de voir la réalité en face : on s’installe dans un état d’inertie qui fatigue plus que le travail. Les conséquences sont lourdes pour l’examen : perte de temps, manque d’entraînement, stress, état dépressif…

PAS DE TEMPS À PERDRE !

Premier impératif : planifiez votre travail en vous créant un calendrier de révisions selon un emploi du temps précis et TENEZ-VOUS à ce calendrier. Imposez-vous également le minutage de vos activités afin d’accroître votre rendement. La réussite à votre examen passe en effet d’abord par une bonne maîtrise de la planification des tâches. Dans un article précédent (Emploi du temps : apprendre à planifier son travail) je vous rappelais les avantages de la planification des tâches : elle consiste à gérer son temps de façon “stratégique”, emploidutempsbts.1241757331.jpgc’est-à-dire à visualiser les activités sur une période de temps donnée. Au lieu d’effectuer les tâches jour après jour (donc de façon linéaire sans organisation), on les visualise dans leur intégralité selon un principe de planification stratégique : cela vous permet d’anticiper et de mieux vous projeter dans le temps. Prenez par exemple une grande copie double et faites-vous un calendrier sur cinq jours (très rapidement… Ne passez pas 10 heures dessus évidemment!). Ensuite, faites le point sur vos difficultés, sur les séquences à revoir en priorité, les cours à réapprendre. Une fois que vous avez établi la liste des activités à mener, reportez-les sur votre tableau. Si vous le souhaitez, vous pouvez les « hiérarchiser » en utilisant des codes de couleur : on attribuera par exemple la couleur rouge à toutes les activités nécessitant un lourd investissement. emploidutempseaf.1241769725.jpgOn peut attribuer le code “bleu” aux exercices moins denses et le code “vert” aux travaux qu’on peut effectuer plus rapidement.

L’avantage du calendrier que je vous propose dans ces deux exemples (BTS et EAF) est qu’il offre en effet une bonne adaptation à la fois à l’environnement externe (les tâches que vous devez accomplir pour vous préparer à l’examen) et à vos ressources et vos compétences internes (votre capacité et votre rythme de travail) : en planifiant, vous êtes sûr(e) d’y arriver ! 

LA CHASSE AUX TEMPS MORTS

L’important, quand on est en période de révision intensive, est de fuir la « flânerie » pour gagner en productivité. Il faut donc que vous fassiez la chasse aux temps morts. Même si vous ne disposez que de cinq minutes, cela ne signifie pas que ce laps de temps est inutilisable. Bien au contraire, profitez-en pour effectuer quelques révisions rapides, pour mémoriser du vocabulaire, des définitions, pour retenir quelques citations. Le temps passé dans les transports, les moments d’inactivité ou d’attente représentent plusieurs heures par semaine ! Rentabilisez-les : remémorez-vous mentalement vos cours en essayant d’en saisir le sens global : quel était le sujet ? Qu’est-ce que j’ai bien compris ? Qu’est-ce qui m’a paru obscur ? Et notez sur une feuille ou un petit carnet les points nécessitant un réinvestissement des connaissances. Cette opération est très importante. Ainsi, lorsque vous vous installerez à votre bureau, vous saurez ce qu’il faut réapprendre ou compléter en priorité.

LA MÉMOIRE AUDITIVE

Utilisez également la mémoire auditive en enregistrant par exemple les points clés de vos cours sur MP3 (cliquez ici pour en savoir plus sur la méthode). Si vous n’apprenez pas de chez vous (par exemple, lorsque vous êtes dans le bus, dans la rue, en voyage), cette méthode se révélera très utile : elle permet de réviser “sans en avoir l’air”, sans être obligé de sortir son classeur, ou d’ouvrir ses cahiers. Si vous la pratiquez rigoureusement, vous verrez que la technique est infaillible, surtout quand on a un grand volume d’informations à mémoriser. Elle complète efficacement l’indispensable travail sur les fiches de synthèse. Autre avantage de la méthode : après une journée de travail, la mémoire visuelle est souvent défaillante, surtout si l’on veille tard le soir : fatigue oculaire, difficultés de concentration, troubles de la vision… De plus, votre cerveau est un peu comme un disque dur d’ordinateur : à un certain moment, il ne parvient plus à gérer cette multiplication de signes : il se produit ce que les spécialistes appellent un phénomène de “surcharge cognitive”. Le “disque dur” de votre cerveau est littéralement “fragmenté” : impossible pour lui de restituer convenablement les connaissances. Au contraire, en révisant avec votre MP3, surtout le soir avant de vous endormir, vous pouvez tranquillement réapprendre les notions : allongez-vous sur votre lit, fermez les yeux pour ne pas être sollicité par l’environnement : vous mémoriserez vite et bien tout en relaxant votre corps.

LE TRAVAIL DE GROUPE

Intellectuellement, le travail en équipe est un excellent entraînement. À la condition d’être pratiqué rigoureusement, il stimule et apporte un enrichissement mutuel, chacun pouvant communiquer aux autres ses points forts dans le cadre d’un groupe de travail. Si vous êtes en BTS, prenez par exemple un thème (Faire voir) et une problématique (les questions posées par l’image, le voyeurisme à la télévision, la télésurveillance et le contrôle social, etc.). Si vous êtes en Première, sélectionnez un objet d’étude (la poésie, le théâtre, etc.) et cherchez ensemble à le développer en confrontant vos points de vue et vos connaissances. Vous pouvez aussi faire des simulations (l’oral de l’EAF par exemple : un ou plusieurs élèves jouant le rôle de l’examinateur). Le travail de groupe encourage et se révèle une aide précieuse particulièrement dans les moments de démotivation. Il vous permet aussi de vérifier que vous avez bien compris le cours et que vous êtes capable de le restituer. Pouvoir expliquer à autrui est la preuve que les connaissances sont réellement assimilées. Vous pouvez également partir d’une problématique et tenter d’y répondre collectivement en exploitant vos connaissances.

QUELQUES ENTRAÎNEMENTS…

  1. Un exercice très utile pour la préparation aux examens consiste à lire un paragraphe de votre cours (quel qu’il soit) ou d’un document, d’un texte quelconque. La lecture doit s’effectuer impérativement à voix haute. Lisez lentement en détachant bien toutes les syllabes, et en accentuant si possible les mots clés, c’est-à-dire les mots qui vous paraissent porteurs de sens. Une fois la lecture terminée, essayez de synthétiser ce que vous venez de lire en une courte phrase récapitulative.
  2. Un autre exercice, difficile mais très adapté aux examens (bac, classes prépa, BTS, etc.) et aux concours de la fonction publique consiste à prendre des questions sur n’importe quel sujet et à vous obliger d’y répondre à partir d’un texte, même si les questions vous semblent éloignées du texte, ceci afin de pratiquer une gymnastique intellectuelle facilitant la confrontation des idées et la lecture comparative des documents. Quelques exemples :
  • la caricature, quel impact ?
  • l’image du corps dans la société actuelle
  • Pourquoi écrit-on ?
  • la société de consommation est-elle une société du spectacle ?
  • la norme et le détour
  • la citoyenneté
  • le livre et l’image
  • etc.

De la même manière, essayez de rapprocher deux ou trois textes d’époque et de problématique différentes et posez une question commune à tous ces textes. Dans votre réponse, reprenez les éléments de la question en les intégrant dans une synthèse objective et un point de vue personnel.

    

AFFRONTER L’EXAMEN

La veille de l’examen, préparez soigneusement ce dont vous aurez besoin :

  • carte d’identité ;
  • convocation ;
  • plusieurs stylos, des cartouches, du liquide correcteur, des surligneurs de couleur différente, une règle, etc.
  • Emportez également quelques aliments riches en glucose et une petite bouteille d’eau.

Le soir, mangez des sucres lents : ils améliorent la forme et favorisent l’endormissement. Évitez de vous mettre au lit plus tôt que d’habitude mais couchez-vous à une heure raisonnable (surtout ne révisez pas toute la nuit : ce serait contre-productif !). Si vous ne parvenez pas à dormir, allongez-vous tranquillement et faites le vide en vous disant que de toute façon vous avez fait le nécessaire et que vous disposez de tous les atouts pour réussir. Positivez, croyez en votre valeur, refusez de vous complaire dans le découragement qui est toujours une facilité, et qui ne mène à rien.

Le jour J, ne partez en aucun cas le ventre vide : déjeunez le matin et emportez avec vous des aliments riches en glucose : ils vous permettront d’optimiser vos capacités intellectuelles car leur assimilation est rapide. Le cerveau en effet utilise le glucose comme « carburant ». Pendant l’examen, dès que vous sentirez votre rendement diminuer (en général après une heure ou deux), mangez une confiserie : elle apportera immédiatement à votre organisme l’énergie nécessaire. En outre, pensez à vous tenir droit(e), sûr(e) de vous, et surtout pas avachi(e) sur la table : c’est le meilleur moyen pour s’endormir et se décourager. Comment voulez-vous croire en votre valeur si vous apparaissez penaud(e), vaincu(e) d’avance? Votre réussite dépend d’abord de votre motivation et de votre implication !

MAÎTRISER L’ÉPREUVE

La gestion de votre temps est fondamentale. C’est elle qui conditionne en grande partie le bon déroulement de l’épreuve.
Si vous disposez de 4 heures, vous devez donc être structuré(e) par ces 4 heures (et non trois heures : si vous vous contentez du service minimum, adieu le diplôme !). À chaque session, de nombreux candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte par exemple, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail. Un conseil que je vous avais déjà donné en cours : lisez rapidement les textes et ne vous perdez pas dans des questionnements indéfinis si vous n’avez pas compris un terme ou une expression. Allez à l’essentiel en adoptant une lecture rapide. Le premier avantage de la lecture rapide est évidemment le gain de temps : moins vous mettrez de temps pour lire le corpus, plus vous pourrez structurer le plan de votre synthèse et améliorer les qualités rédactionnelles de vos travaux. L’autre avantage de la lecture rapide est qu’elle aide à problématiser en privilégiant l’interprétation textuelle globale.

Attention toutefois, car lire vite et donc mieux est un atout mais le but de l’épreuve n’est pas de lire tous les documents en un minimum de temps ; c’est de les comprendre. Le bon lecteur absorbe un grand nombre d’informations, dépouille une documentation, cherche rapidement un chiffre ou une donnée dans un texte. Mais il ne suffit pas de les enregistrer, encore faut-il les traiter correctement en hiérarchisant les informations. Trois opérations sont indispensables, lors de l’épreuve :

  1. répartir son temps,
  2. analyser le sujet,
  3. mobiliser ses connaissances.
 
  1. Répartir son temps : entraînez-vous impérativement chez vous pour savoir d’avance quels sont vos points forts et vos limites. Voici 2 exemples de gestion du temps pour l’écriture personnelle, en fonction de sensibilités et de compétences différentes. Voyez celui qui vous convient le mieux :
    1. cas de figure n°1 : le travail d’écriture personnelle durant 1h30 environ (en comptant qu’on a passé 2h30 sur la synthèse), comptez 20 minutes pour la recherche des idées ; 10 minutes pour l’élaboration du plan ; 30 minutes pour le développement ; 10 minutes pour l’introduction ;10 minutes pour la conclusion ; 10 minutes pour la relecture.
    2. cas de figure n°2 : analyse du sujet, 10 minutes. Pensez à Lire et à comprendre le sujet. Il exige toujours une grande rigueur logique dans l’appréciation de la problématique posée. Prise de notes pour la préparation du sujet : 20 minutes. Plan : 20 minutes. Rédaction : 40 minutes. Relecture : 10 minutes (5 minutes au pire). Votre relecture doit être attentive. L’idéal étant de relire votre copie comme si elle était écrite par un autre.
  2. Analyser le sujet : la plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le stress en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé : du coup, l’étudiant devient une sorte d' »automate » : ou bien il récite son cours sans discernement, ou bien (cas le plus fréquent) il produit une srte de « synthèse bis », impersonnelle et confuse. Pour pallier ces inconvénients, lisez tout d’abord plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage. Si vous avez du mal à faire une phrase, notez simplement les mots clés que vous inspire le sujet : ils vous aideront à trouver vos idées. Un conseil au passage : lisez l’intitulé du sujet d’écriture personnelle AVANT de lire le corpus. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, c’est le sujet d’écriture personnelle qui va conditionner et orienter votre lecture des documents.
  3. Mobiliser ses connaissances en cernant le sujet. Attention aux risques de débordement, aux digressions. N’oubliez pas aussi d’exploiter votre culture générale : c’est ESSENTIEL. Quel que soit l’examen, vous n’obtiendrez PAS la moyenne si dans votre travail d’écriture vous ne montrez pas vos connaissances. N’hésitez pas à dépasser le cadre scolaire ou universitaire, pensez par exemple à l’actualité, retrouvez des souvenirs liés à une émission télévisée, à une lecture, des discussions… Essayez aussi d’explorer toutes les voies possibles. En voici quelques unes :
    • la piste interdisciplinaire : elle favorise la recherche des interactions. Pensez à tous les angles, tous les aspects sous lesquels le sujet peut être abordé : angle historique, géographique, politique, social, philosophique, moral, scientifique, etc.

    • la piste conceptuelle : étudiez la problématique selon un angle antithétique : aujourd’hui/hier ; individuel/collectif ; dénotation/connotation ; public/privé ; écrit/oral, etc.

    • la piste « point de vue » est également intéressante : formulez le problème en comparant et en confrontant les points de vue. Point de vue de l’individu, de la société ; point de vue objectif, subjectif ; points de vue divergents à partir d’une même problématique, points de vue générationnels…

EXPLOITEZ VOTRE CULTURE GÉNÉRALE !

Regardez l’exemple suivant : dans la colonne de gauche, vous avez un texte correct certes, mais qui n’a pas été « retravaillé » du point de vue de la culture générale. Dans la colonne de droite, vous avez le même texte, mais qui a fait l’objet d’un réinvestissement, somme toute modeste (quelques noms de peintres du Pop’art, l’allusion à une publicité, une courte citation et une référence à un roman). Or, tout cela, n’importe quel étudiant le connaît, mais il n’y pense pas forcément le jour de l’épreuve. C’est ce qui fait la différence entre un travail « commun » et une copie qui se remarque grâce à la mise en valeur de la culture personnelle.

Dans une société dominée par la banalisation de l’image, la course vers le spectaculaire a transformé notre rapport à la culture. L’œuvre d’art a perdu son statut clair et repérable. Elle est noyée au milieu des objets de la société de consommation ; alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre  à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime : vidée de son signifié, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Que dire de ces émissions de télé-réalité, où l’on vend les participants comme des produits !

Comme on le pressent, ces changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image doivent aussi nous interpeller politiquement. Le contrôle des medias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : faire voir, mais quoi ? Dans quel but ? Autant de questions que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire.

Dans une société dominée par la banalisation de l’image, la course vers le spectaculaire a transformé notre rapport à la culture. L’œuvre d’art a perdu son statut clair et repérable. Elle est noyée au milieu des objets de la société de consommation comme le signifient les artistes du Pop’art : Roy Lichtenstein ou Andy Warhol ont en effet désacralisé l’image artistique au point de la vider peut-être de son contenu sémantique. Alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre  à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime. De contre-culture dans les années 70, l’image est devenue culture de masse. Faut-il dès lors s’étonner qu’un opérateur de téléphonie se serve implicitement de l’œuvre de van Gogh pour vendre un forfait « tout compris » ? Comme l’annonçait le philosophe canadien Mc Luhan, « le media est le message » : vidée de son signifié, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Il n’est donc pas étonnant que le « village global » soit devenu un immense champ de « politique spectacle », loin des normes esthétiques traditionnelles ou des conventions de la morale. Que dire de ces émissions de télé-réalité, où l’on vend les participants comme des produits ! Comme on le pressent, ces changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image doivent aussi nous interpeller politiquement. Le « village global » de Mc Luhan semble bien préfigurer ce qu’on a appelé « la démocratie occulte » de notre monde. Le contrôle des médias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : « Big Brother » n’est pas seulement une référence à un roman d’anticipation ! L’œuvre  magistrale qu’Orwell écrivit en 1948 nous impose une réflexion éthique et morale : faire voir, mais quoi ? Dans quel but ? Autant de questions que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire…  

MON CONSEIL

Mettez-vous à la place du correcteur afin de porter un regard « distancié » et critique sur votre travail. Soyez « malin » : cherchez à savoir à quelle sauce vous allez être mangé(e) ! De fait, il faut toujours prendre en compte le destinataire : en lisant les « chartes de correction » destinées aux enseignants, vous comprendrez mieux par rapport à quels critères d’appréciation les copies sont évaluées.

  • si vous êtes en BTS lisez attentivement ce document.
  • Si vous passez l’EAF téléchargez la charte des correcteurs au Bac en cliquant ici.

Relisez plusieurs fois ces documents (si possible une fois par jour) : cela vous permettra de vous remémorer la façon dont le correcteur va appréhender et juger votre travail en fonction de consignes qu’il doit lui-même respecter. Il n’y a en effet rien d’arbitraire (a fortiori un jour d’examen) dans la notation : elle obéit à un référentiel qui fixe les obligations des candidats et les attentes du jury en matière de méthode, d’expression, d’exploitation de la culture générale, etc. En lisant la « charte », vous pourrez ainsi mieux adapter vos connaissances et vos pratiques à l’épreuve.

QUELQUES RAPPELS POUR FINIR…

Voici quatre points essentiels à mémoriser pour l’examen :

  1. Est-ce que mon texte colle aux consignes, c’est-à-dire aux attentes du jury ?
  2. Est-ce que mon travail « me ressemble » ? N’oubliez pas qu’une copie est un peu le reflet de l’image que vous voulez donner de vous-même. Soignez la présentation, l’orthographe, la forme.
  3. Est-ce que ma culture générale est suffisamment mise en valeur ? La culture générale est en effet déterminante. Pensez obligatoirement à mobiliser vos connaissances : citer un auteur, faire une allusion à un essai connu, à un mouvement culturel permet non seulement d’augmenter la note dans des proportions importantes, mais de susciter par ailleurs de nouvelles idées.
  4. Mon texte est-il « facile » à lire ?

N’oubliez pas de structurer vos paragraphes en les organisant autour d’une idée directrice, justifiée par un argument et illustrée par ou deux exemples.

Préférez les phrases courtes aux phrases longues, qui risquent de vous entraîner à commettre des fautes de syntaxe. Avant de rédiger votre phrase, prononcez-la dans votre tête (un peu quand on chantonne) de manière à l’entendre.

Pensez à nuancer vos jugements : en introduisant des tournures concessives : certes… mais…/si… en revanche ; en utilisant des verbes (se demander si, croire, supposer…) ou des modes (le conditionnel par exemple : « le progrès serait responsable de »…) impliquant une prise de distance.

Évitez aussi d’aligner dans un plan-catalogue des considérations interminables qui ne déboucheraient sur aucune problématique et vous conduiraient à un travail désordonné, sans logique interne.

Soignez particulièrement l’introduction et la conclusion : elles sont déterminantes dans l’attribution de la note : le correcteur les lit souvent en premier afin d’apprécier la cohérence de votre raisonnement. Bien souvent, la conclusion est rédigée « à la va-vite » : n’oubliez pas qu’une forme négligée amène toujours à une mauvaise formulation du fond.

Bien entendu (mais faut-il le rappeler ?), ne partez EN AUCUN CAS avant les quatre heures : vous ne pourriez pas mener à leur terme (de façon efficiente) les activités. Vous auriez certes l’impression d’avoir terminé le travail mais vous ne l’auriez en fait qu’ébauché…

Bon courage à toutes et à tous pour l’examen !

© mai 2009, Bruno Rigolt
Espace Pédagogique Contributif / Lycée en Forêt (Montargis, France)

BTS… Bac… Guide de préparation à l'examen : 5 jours pour relever le défi !

Dans quelques jours, les étudiants de BTS vont affronter l’épreuve… Puis ce sera le tour des élèves de Première et de Terminale. Quel que soit votre niveau, lisez attentivement ce guide méthodologique : il vous aide à vous préparer pour l’épreuve. Cinq jours de révisions intensives pour relever le défi de l’examen ? Dites-vous que :

C’EST POSSIBLE !

SE METTRE AU TRAVAIL…

Scénario catastrophe… 8 heures : vous vous réveillez rempli de bonnes résolutions ! Et naturellement vous vous dites qu’aujourd’hui vous allez travailler dur. 9 heures : vous vous mettez devant votre bureau et vous mâchonnez un chewing-gum en regardant pendant vingt minutes vos messages sur Internet… Deux heures plus tard, vous êtes toujours sur votre messagerie en ligne, et vous avez carrément l’esprit qui navigue en haute mer! Evidemment, comme vous êtes angoissé(e) par l’examen, vous vous dispersez et vous n’arrivez pas à vous concentrer… 11 heures : vous grignotez en vous demandant quand sonne midi pour aller manger (quel programme!) Bien sûr vous voudriez travailler avant l’après-midi mais votre esprit s’évade. 14 heures : Pour vous redonner du courage, vous appelez quelques ami(e)s et puis vous acceptez de faire une petite partie de cartes (vraiment la dernière!). 18 heures… Vous n’avez pas avancé mais paradoxalement vous vous sentez fatigué(e), mal dans votre peau, et surtout complètement découragé(e). Sachez que rien n’est plus déprimant que de se dire : « J’aurais dû travailler ». Le travail non réalisé est en fait un refus de voir la réalité en face : on s’installe dans un état d’inertie qui fatigue plus que le travail. Les conséquences sont lourdes pour l’examen : perte de temps, manque d’entraînement, stress, état dépressif…

PAS DE TEMPS À PERDRE !

Premier impératif : planifiez votre travail en vous créant un calendrier de révisions selon un emploi du temps précis et TENEZ-VOUS à ce calendrier. Imposez-vous également le minutage de vos activités afin d’accroître votre rendement. La réussite à votre examen passe en effet d’abord par une bonne maîtrise de la planification des tâches. Dans un article précédent (Emploi du temps : apprendre à planifier son travail) je vous rappelais les avantages de la planification des tâches : elle consiste à gérer son temps de façon “stratégique”, emploidutempsbts.1241757331.jpgc’est-à-dire à visualiser les activités sur une période de temps donnée. Au lieu d’effectuer les tâches jour après jour (donc de façon linéaire sans organisation), on les visualise dans leur intégralité selon un principe de planification stratégique : cela vous permet d’anticiper et de mieux vous projeter dans le temps. Prenez par exemple une grande copie double et faites-vous un calendrier sur cinq jours (très rapidement… Ne passez pas 10 heures dessus évidemment!). Ensuite, faites le point sur vos difficultés, sur les séquences à revoir en priorité, les cours à réapprendre. Une fois que vous avez établi la liste des activités à mener, reportez-les sur votre tableau. Si vous le souhaitez, vous pouvez les « hiérarchiser » en utilisant des codes de couleur : on attribuera par exemple la couleur rouge à toutes les activités nécessitant un lourd investissement. emploidutempseaf.1241769725.jpgOn peut attribuer le code “bleu” aux exercices moins denses et le code “vert” aux travaux qu’on peut effectuer plus rapidement.

L’avantage du calendrier que je vous propose dans ces deux exemples (BTS et EAF) est qu’il offre en effet une bonne adaptation à la fois à l’environnement externe (les tâches que vous devez accomplir pour vous préparer à l’examen) et à vos ressources et vos compétences internes (votre capacité et votre rythme de travail) : en planifiant, vous êtes sûr(e) d’y arriver ! 

LA CHASSE AUX TEMPS MORTS

L’important, quand on est en période de révision intensive, est de fuir la « flânerie » pour gagner en productivité. Il faut donc que vous fassiez la chasse aux temps morts. Même si vous ne disposez que de cinq minutes, cela ne signifie pas que ce laps de temps est inutilisable. Bien au contraire, profitez-en pour effectuer quelques révisions rapides, pour mémoriser du vocabulaire, des définitions, pour retenir quelques citations. Le temps passé dans les transports, les moments d’inactivité ou d’attente représentent plusieurs heures par semaine ! Rentabilisez-les : remémorez-vous mentalement vos cours en essayant d’en saisir le sens global : quel était le sujet ? Qu’est-ce que j’ai bien compris ? Qu’est-ce qui m’a paru obscur ? Et notez sur une feuille ou un petit carnet les points nécessitant un réinvestissement des connaissances. Cette opération est très importante. Ainsi, lorsque vous vous installerez à votre bureau, vous saurez ce qu’il faut réapprendre ou compléter en priorité.

LA MÉMOIRE AUDITIVE

Utilisez également la mémoire auditive en enregistrant par exemple les points clés de vos cours sur MP3 (cliquez ici pour en savoir plus sur la méthode). Si vous n’apprenez pas de chez vous (par exemple, lorsque vous êtes dans le bus, dans la rue, en voyage), cette méthode se révélera très utile : elle permet de réviser “sans en avoir l’air”, sans être obligé de sortir son classeur, ou d’ouvrir ses cahiers. Si vous la pratiquez rigoureusement, vous verrez que la technique est infaillible, surtout quand on a un grand volume d’informations à mémoriser. Elle complète efficacement l’indispensable travail sur les fiches de synthèse. Autre avantage de la méthode : après une journée de travail, la mémoire visuelle est souvent défaillante, surtout si l’on veille tard le soir : fatigue oculaire, difficultés de concentration, troubles de la vision… De plus, votre cerveau est un peu comme un disque dur d’ordinateur : à un certain moment, il ne parvient plus à gérer cette multiplication de signes : il se produit ce que les spécialistes appellent un phénomène de “surcharge cognitive”. Le “disque dur” de votre cerveau est littéralement “fragmenté” : impossible pour lui de restituer convenablement les connaissances. Au contraire, en révisant avec votre MP3, surtout le soir avant de vous endormir, vous pouvez tranquillement réapprendre les notions : allongez-vous sur votre lit, fermez les yeux pour ne pas être sollicité par l’environnement : vous mémoriserez vite et bien tout en relaxant votre corps.

LE TRAVAIL DE GROUPE

Intellectuellement, le travail en équipe est un excellent entraînement. À la condition d’être pratiqué rigoureusement, il stimule et apporte un enrichissement mutuel, chacun pouvant communiquer aux autres ses points forts dans le cadre d’un groupe de travail. Si vous êtes en BTS, prenez par exemple un thème (Faire voir) et une problématique (les questions posées par l’image, le voyeurisme à la télévision, la télésurveillance et le contrôle social, etc.). Si vous êtes en Première, sélectionnez un objet d’étude (la poésie, le théâtre, etc.) et cherchez ensemble à le développer en confrontant vos points de vue et vos connaissances. Vous pouvez aussi faire des simulations (l’oral de l’EAF par exemple : un ou plusieurs élèves jouant le rôle de l’examinateur). Le travail de groupe encourage et se révèle une aide précieuse particulièrement dans les moments de démotivation. Il vous permet aussi de vérifier que vous avez bien compris le cours et que vous êtes capable de le restituer. Pouvoir expliquer à autrui est la preuve que les connaissances sont réellement assimilées. Vous pouvez également partir d’une problématique et tenter d’y répondre collectivement en exploitant vos connaissances.

QUELQUES ENTRAÎNEMENTS…

  1. Un exercice très utile pour la préparation aux examens consiste à lire un paragraphe de votre cours (quel qu’il soit) ou d’un document, d’un texte quelconque. La lecture doit s’effectuer impérativement à voix haute. Lisez lentement en détachant bien toutes les syllabes, et en accentuant si possible les mots clés, c’est-à-dire les mots qui vous paraissent porteurs de sens. Une fois la lecture terminée, essayez de synthétiser ce que vous venez de lire en une courte phrase récapitulative.
  2. Un autre exercice, difficile mais très adapté aux examens (bac, classes prépa, BTS, etc.) et aux concours de la fonction publique consiste à prendre des questions sur n’importe quel sujet et à vous obliger d’y répondre à partir d’un texte, même si les questions vous semblent éloignées du texte, ceci afin de pratiquer une gymnastique intellectuelle facilitant la confrontation des idées et la lecture comparative des documents. Quelques exemples :
  • la caricature, quel impact ?
  • l’image du corps dans la société actuelle
  • Pourquoi écrit-on ?
  • la société de consommation est-elle une société du spectacle ?
  • la norme et le détour
  • la citoyenneté
  • le livre et l’image
  • etc.

De la même manière, essayez de rapprocher deux ou trois textes d’époque et de problématique différentes et posez une question commune à tous ces textes. Dans votre réponse, reprenez les éléments de la question en les intégrant dans une synthèse objective et un point de vue personnel.

    

AFFRONTER L’EXAMEN

La veille de l’examen, préparez soigneusement ce dont vous aurez besoin :

  • carte d’identité ;
  • convocation ;
  • plusieurs stylos, des cartouches, du liquide correcteur, des surligneurs de couleur différente, une règle, etc.
  • Emportez également quelques aliments riches en glucose et une petite bouteille d’eau.

Le soir, mangez des sucres lents : ils améliorent la forme et favorisent l’endormissement. Évitez de vous mettre au lit plus tôt que d’habitude mais couchez-vous à une heure raisonnable (surtout ne révisez pas toute la nuit : ce serait contre-productif !). Si vous ne parvenez pas à dormir, allongez-vous tranquillement et faites le vide en vous disant que de toute façon vous avez fait le nécessaire et que vous disposez de tous les atouts pour réussir. Positivez, croyez en votre valeur, refusez de vous complaire dans le découragement qui est toujours une facilité, et qui ne mène à rien.

Le jour J, ne partez en aucun cas le ventre vide : déjeunez le matin et emportez avec vous des aliments riches en glucose : ils vous permettront d’optimiser vos capacités intellectuelles car leur assimilation est rapide. Le cerveau en effet utilise le glucose comme « carburant ». Pendant l’examen, dès que vous sentirez votre rendement diminuer (en général après une heure ou deux), mangez une confiserie : elle apportera immédiatement à votre organisme l’énergie nécessaire. En outre, pensez à vous tenir droit(e), sûr(e) de vous, et surtout pas avachi(e) sur la table : c’est le meilleur moyen pour s’endormir et se décourager. Comment voulez-vous croire en votre valeur si vous apparaissez penaud(e), vaincu(e) d’avance? Votre réussite dépend d’abord de votre motivation et de votre implication !

MAÎTRISER L’ÉPREUVE

La gestion de votre temps est fondamentale. C’est elle qui conditionne en grande partie le bon déroulement de l’épreuve.
Si vous disposez de 4 heures, vous devez donc être structuré(e) par ces 4 heures (et non trois heures : si vous vous contentez du service minimum, adieu le diplôme !). À chaque session, de nombreux candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte par exemple, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail. Un conseil que je vous avais déjà donné en cours : lisez rapidement les textes et ne vous perdez pas dans des questionnements indéfinis si vous n’avez pas compris un terme ou une expression. Allez à l’essentiel en adoptant une lecture rapide. Le premier avantage de la lecture rapide est évidemment le gain de temps : moins vous mettrez de temps pour lire le corpus, plus vous pourrez structurer le plan de votre synthèse et améliorer les qualités rédactionnelles de vos travaux. L’autre avantage de la lecture rapide est qu’elle aide à problématiser en privilégiant l’interprétation textuelle globale.

Attention toutefois, car lire vite et donc mieux est un atout mais le but de l’épreuve n’est pas de lire tous les documents en un minimum de temps ; c’est de les comprendre. Le bon lecteur absorbe un grand nombre d’informations, dépouille une documentation, cherche rapidement un chiffre ou une donnée dans un texte. Mais il ne suffit pas de les enregistrer, encore faut-il les traiter correctement en hiérarchisant les informations. Trois opérations sont indispensables, lors de l’épreuve :

  1. répartir son temps,
  2. analyser le sujet,
  3. mobiliser ses connaissances.
 
  1. Répartir son temps : entraînez-vous impérativement chez vous pour savoir d’avance quels sont vos points forts et vos limites. Voici 2 exemples de gestion du temps pour l’écriture personnelle, en fonction de sensibilités et de compétences différentes. Voyez celui qui vous convient le mieux :
    1. cas de figure n°1 : le travail d’écriture personnelle durant 1h30 environ (en comptant qu’on a passé 2h30 sur la synthèse), comptez 20 minutes pour la recherche des idées ; 10 minutes pour l’élaboration du plan ; 30 minutes pour le développement ; 10 minutes pour l’introduction ;10 minutes pour la conclusion ; 10 minutes pour la relecture.
    2. cas de figure n°2 : analyse du sujet, 10 minutes. Pensez à Lire et à comprendre le sujet. Il exige toujours une grande rigueur logique dans l’appréciation de la problématique posée. Prise de notes pour la préparation du sujet : 20 minutes. Plan : 20 minutes. Rédaction : 40 minutes. Relecture : 10 minutes (5 minutes au pire). Votre relecture doit être attentive. L’idéal étant de relire votre copie comme si elle était écrite par un autre.
  2. Analyser le sujet : la plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le stress en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé : du coup, l’étudiant devient une sorte d' »automate » : ou bien il récite son cours sans discernement, ou bien (cas le plus fréquent) il produit une srte de « synthèse bis », impersonnelle et confuse. Pour pallier ces inconvénients, lisez tout d’abord plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage. Si vous avez du mal à faire une phrase, notez simplement les mots clés que vous inspire le sujet : ils vous aideront à trouver vos idées. Un conseil au passage : lisez l’intitulé du sujet d’écriture personnelle AVANT de lire le corpus. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, c’est le sujet d’écriture personnelle qui va conditionner et orienter votre lecture des documents.
  3. Mobiliser ses connaissances en cernant le sujet. Attention aux risques de débordement, aux digressions. N’oubliez pas aussi d’exploiter votre culture générale : c’est ESSENTIEL. Quel que soit l’examen, vous n’obtiendrez PAS la moyenne si dans votre travail d’écriture vous ne montrez pas vos connaissances. N’hésitez pas à dépasser le cadre scolaire ou universitaire, pensez par exemple à l’actualité, retrouvez des souvenirs liés à une émission télévisée, à une lecture, des discussions… Essayez aussi d’explorer toutes les voies possibles. En voici quelques unes :
    • la piste interdisciplinaire : elle favorise la recherche des interactions. Pensez à tous les angles, tous les aspects sous lesquels le sujet peut être abordé : angle historique, géographique, politique, social, philosophique, moral, scientifique, etc.

    • la piste conceptuelle : étudiez la problématique selon un angle antithétique : aujourd’hui/hier ; individuel/collectif ; dénotation/connotation ; public/privé ; écrit/oral, etc.

    • la piste « point de vue » est également intéressante : formulez le problème en comparant et en confrontant les points de vue. Point de vue de l’individu, de la société ; point de vue objectif, subjectif ; points de vue divergents à partir d’une même problématique, points de vue générationnels…

EXPLOITEZ VOTRE CULTURE GÉNÉRALE !

Regardez l’exemple suivant : dans la colonne de gauche, vous avez un texte correct certes, mais qui n’a pas été « retravaillé » du point de vue de la culture générale. Dans la colonne de droite, vous avez le même texte, mais qui a fait l’objet d’un réinvestissement, somme toute modeste (quelques noms de peintres du Pop’art, l’allusion à une publicité, une courte citation et une référence à un roman). Or, tout cela, n’importe quel étudiant le connaît, mais il n’y pense pas forcément le jour de l’épreuve. C’est ce qui fait la différence entre un travail « commun » et une copie qui se remarque grâce à la mise en valeur de la culture personnelle.

Dans une société dominée par la banalisation de l’image, la course vers le spectaculaire a transformé notre rapport à la culture. L’œuvre d’art a perdu son statut clair et repérable. Elle est noyée au milieu des objets de la société de consommation ; alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre  à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime : vidée de son signifié, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Que dire de ces émissions de télé-réalité, où l’on vend les participants comme des produits !

Comme on le pressent, ces changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image doivent aussi nous interpeller politiquement. Le contrôle des medias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : faire voir, mais quoi ? Dans quel but ? Autant de questions que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire.

Dans une société dominée par la banalisation de l’image, la course vers le spectaculaire a transformé notre rapport à la culture. L’œuvre d’art a perdu son statut clair et repérable. Elle est noyée au milieu des objets de la société de consommation comme le signifient les artistes du Pop’art : Roy Lichtenstein ou Andy Warhol ont en effet désacralisé l’image artistique au point de la vider peut-être de son contenu sémantique. Alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre  à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime. De contre-culture dans les années 70, l’image est devenue culture de masse. Faut-il dès lors s’étonner qu’un opérateur de téléphonie se serve implicitement de l’œuvre de van Gogh pour vendre un forfait « tout compris » ? Comme l’annonçait le philosophe canadien Mc Luhan, « le media est le message » : vidée de son signifié, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Il n’est donc pas étonnant que le « village global » soit devenu un immense champ de « politique spectacle », loin des normes esthétiques traditionnelles ou des conventions de la morale. Que dire de ces émissions de télé-réalité, où l’on vend les participants comme des produits ! Comme on le pressent, ces changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image doivent aussi nous interpeller politiquement. Le « village global » de Mc Luhan semble bien préfigurer ce qu’on a appelé « la démocratie occulte » de notre monde. Le contrôle des médias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : « Big Brother » n’est pas seulement une référence à un roman d’anticipation ! L’œuvre  magistrale qu’Orwell écrivit en 1948 nous impose une réflexion éthique et morale : faire voir, mais quoi ? Dans quel but ? Autant de questions que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire…  

MON CONSEIL

Mettez-vous à la place du correcteur afin de porter un regard « distancié » et critique sur votre travail. Soyez « malin » : cherchez à savoir à quelle sauce vous allez être mangé(e) ! De fait, il faut toujours prendre en compte le destinataire : en lisant les « chartes de correction » destinées aux enseignants, vous comprendrez mieux par rapport à quels critères d’appréciation les copies sont évaluées.

  • si vous êtes en BTS lisez attentivement ce document.
  • Si vous passez l’EAF téléchargez la charte des correcteurs au Bac en cliquant ici.

Relisez plusieurs fois ces documents (si possible une fois par jour) : cela vous permettra de vous remémorer la façon dont le correcteur va appréhender et juger votre travail en fonction de consignes qu’il doit lui-même respecter. Il n’y a en effet rien d’arbitraire (a fortiori un jour d’examen) dans la notation : elle obéit à un référentiel qui fixe les obligations des candidats et les attentes du jury en matière de méthode, d’expression, d’exploitation de la culture générale, etc. En lisant la « charte », vous pourrez ainsi mieux adapter vos connaissances et vos pratiques à l’épreuve.

QUELQUES RAPPELS POUR FINIR…

Voici quatre points essentiels à mémoriser pour l’examen :

  1. Est-ce que mon texte colle aux consignes, c’est-à-dire aux attentes du jury ?
  2. Est-ce que mon travail « me ressemble » ? N’oubliez pas qu’une copie est un peu le reflet de l’image que vous voulez donner de vous-même. Soignez la présentation, l’orthographe, la forme.
  3. Est-ce que ma culture générale est suffisamment mise en valeur ? La culture générale est en effet déterminante. Pensez obligatoirement à mobiliser vos connaissances : citer un auteur, faire une allusion à un essai connu, à un mouvement culturel permet non seulement d’augmenter la note dans des proportions importantes, mais de susciter par ailleurs de nouvelles idées.
  4. Mon texte est-il « facile » à lire ?

N’oubliez pas de structurer vos paragraphes en les organisant autour d’une idée directrice, justifiée par un argument et illustrée par ou deux exemples.

Préférez les phrases courtes aux phrases longues, qui risquent de vous entraîner à commettre des fautes de syntaxe. Avant de rédiger votre phrase, prononcez-la dans votre tête (un peu quand on chantonne) de manière à l’entendre.

Pensez à nuancer vos jugements : en introduisant des tournures concessives : certes… mais…/si… en revanche ; en utilisant des verbes (se demander si, croire, supposer…) ou des modes (le conditionnel par exemple : « le progrès serait responsable de »…) impliquant une prise de distance.

Évitez aussi d’aligner dans un plan-catalogue des considérations interminables qui ne déboucheraient sur aucune problématique et vous conduiraient à un travail désordonné, sans logique interne.

Soignez particulièrement l’introduction et la conclusion : elles sont déterminantes dans l’attribution de la note : le correcteur les lit souvent en premier afin d’apprécier la cohérence de votre raisonnement. Bien souvent, la conclusion est rédigée « à la va-vite » : n’oubliez pas qu’une forme négligée amène toujours à une mauvaise formulation du fond.

Bien entendu (mais faut-il le rappeler ?), ne partez EN AUCUN CAS avant les quatre heures : vous ne pourriez pas mener à leur terme (de façon efficiente) les activités. Vous auriez certes l’impression d’avoir terminé le travail mais vous ne l’auriez en fait qu’ébauché…

Bon courage à toutes et à tous pour l’examen !

© mai 2009, Bruno Rigolt
Espace Pédagogique Contributif / Lycée en Forêt (Montargis, France)

BTS 2010-2011… Questions de « Génération(s) »… Crises, changement social et ruptures…

« Génération(s) »

ou le temps du bilan…

Après le détour, « Génération(s) » est le nouveau thème de Culture générale et Expression en deuxième année de BTS. Ce thème, incroyablement riche et foisonnant (voyez à ce sujet les Instructions Officielles en cliquant ici), participe à une sorte de mémoire collective. L’année 2009 vient en effet un peu comme le temps du bilan et de la réflexion rétrospective : quatre-vingts ans après la grande dépression de 1929, soixante ans après la signature du Pacte Atlantique Nord (OTAN), quarante ans après le « Non » de la France à de Gaulle, vingt ans après la chute du mur de Berlin en 1989, 2009 restera l’année où le monde a intégré le détour dans ses champs de réflexion. Cette visibilité nouvelle accordée à la compréhension du monde accorde également davantage d’importance aux processus historiques qui ont façonné notre temps et qui permettent de mieux comprendre le présent. Dans un contexte de dérèglementation et de fragmentation, le vingt-et-unième siècle commence donc par une crise de civilisation.

Crise profondément révélatrice des processus sociaux et historiques qui entraînent, particulièrement depuis les années 1970, joconde.1240142181.jpgnos sociétés au changement : les valeurs se sont modifiées, les écarts par rapport à la norme se sont multipliés, les émancipations et transgressions sociales de toute sorte ont durablement bouleversé les traditions, les paradigmes institutionnels, les soubassements économiques, politiques et idéologiques. Étudier les comportements, les normes sociales, les revendications des « générations », c’est donc se pencher sur les processus par lesquels une civilisation se renouvelle, et qui l’animent, la façonnent profondément dans ses valeurs, ses rites collectifs et son imaginaire social : aborder une telle problématique, c’est ainsi envisager les mutations, les crises sociétales, les ruptures. Quelle ressemblance par exemple entre la France de l’après-guerre, largement dominée par le modèle chrétien, la classe ouvrière et la paysannerie, et la France post-industrielle et mondialisée d’aujourd’hui ?

Dans de telles conditions, comment concevoir notre modernité sans envisager les questions intergénérationnelles et la manière dont chaque groupe vit les processus de changement. Dans le Dictionnaire des Sciences humaines (PUF), Louis Chauvel rappelle que « la marque du pluriel est essentielle pour saisir tout le sens de la notion de « génération », qui est avant tout relationnelle : il est impossible de former une génération sans se distinguer des autres ». À cet égard, l’exemple des jeunes est saisissant : le passage d’une « conscience de classe » dans les années 60 au profit d’une « conscience de génération » est révélateur de l’effondrement des modèles éducatifs traditionnels et du rôle socialisateur de la famille : de nouvelles normes sont apparues, bouleversant du même coup les habitus et la tradition. Conséquemment, comment comprendre la mondialisation de la culture qui caractérise le vingt-et-unième siècle sans faire référence au passé ou aux pratiques culturelles traditionnelles ? Comment analyser les conduites différenciées si ce n’est par référence aux modèles axiologiques qui existaient précédemment ? Les enjeux culturels du changement social sont en effet déterminants : peut-on parler de contreculture, d’identités marginales, d’immigration, de perte du sens collectif ou du sentiment national sans parler de reconnaissance, de respect, de tradition, de patrie ?

La modernité est un archipel…

Comme on le voit, le thème « Génération(s) » amène à réfléchir profondément aux âges de la vie et à mettre en examen l’homme dans un monde où le modèle social, au sens traditionnel du terme, est peut-être en train de disparaître : l’idée d’un « système » a en effet évincé l’idée même de société. Ne parle-t-on pas de réseau plutôt que de territoire ou de département ? Quant à l’intégration, n’est-elle pas devenue fonctionnelle, technique et non plus institutionnelle, morale ? Les exemples ne manquent pas pour illustrer ces vastes transformations : PACS, nouvelles mœurs, nouvelles modes, nouvelles valeurs, nouveaux rapports Hommes/Femmes, nouveaux goûts alimentaires suscités par l’interdépendance entre les nations, et paradoxalement processus d’exclusion sociale, de marginalité, de socialité en réseau où chaque groupe possède son propre espace d’action et de référence. D’un côté l’intégration planétaire, de l’autre le repli communautaire…

« Dégénération… où est ma génération ? » Ces quelques mots extraits d’une chanson de Mylène Farmer, en suggérant la désorientation qui caractérise la culture et l’histoire d’aujourd’hui, posent mieux qu’on ne saurait l’imaginer l’ampleur du thème proposé au BTS. joconde2.1240141753.jpgTravailler sur les générations, ce n’est pas étudier seulement les variations du goût ou de l’art au cours du temps. C’est sur fond de crise qu’il faut étudier cette thématique, d’autant plus riche que notre modernité est un archipel infini d’idées, de croyances, de rites, de changements macro et micro-sociaux qui imposent la vision nouvelle d’un monde plus fragmenté que jamais en l’absence d’une gouvernance et de régulateurs internationaux. « Dégénération », « Génération spontanée », « génération perdue », « Beat Generation », « Baby boom », « troisième âge », « 35 heures », mobilité sociale, familles recomposées, crise des valeurs, « génération Internet », « réseaux sociaux »… Autant d’expressions qui évoquent certes d’autres lieux, d’autres temps, d’autres façons de parler, de consommer, mais plus globalement l’idée d’un monde en archipel, confronté désormais à une histoire et à une géographie sociales faites de fragmentations et de ruptures.

Le permanent et le transitoire…

Parler de « génération(s) », c’est forcément se pencher sur les relations entre le permanent et le transitoire, c’est évoquer les bouleversements qui affectent non seulement l’État, les grandes institutions mais la société dans son ensemble. Il revient à l’écrivain et philosophe espagnol Ortega y Gasset d’avoir réinterprété dès 1923 dans le Thème de notre temps le concept de génération en en faisant l’élément moteur du changement historique. Dans Philagora.net, Charles Cascalès rappelle le concept ortéguien de générations : « Chaque génération prise en elle-même constitue une unité de pensées de sentiments, de croyances, d’aspirations et d’entreprises ; elle a sa « sensibilité vitale » propre qui déterminera tous les caractères particuliers à une époque. La génération est conçue comme l’élément premier de l’histoire, le chaînon de la grande chaîne, « le gond sur lequel l’histoire exécute ses mouvements », dit Ortega. Le fait le plus élémentaire de la vie humaine, fait-il remarquer, c’est que certains hommes meurent et que d’autres naissent, que les vies se succèdent. Toute vie humaine est donc intercalée entre des vies qui la précèdent et d’autres qui la suivent : là est le fondement des changements qui affectent la structure du monde, la cause première du devenir » (*).

Le concept de génération aboutit ainsi à une réflexion sur l’historicité, c’est-à-dire la prise de conscience par l’homme de sa propre condition historique, et du relativisme de chaque culture, de chaque croyance, en fonction des époques et des générations. Tout est en effet une « question de feeling » comme le dit la chanson, autrement dit une joconde1.1240141771.jpg« question de génération ». Il ne saurait y avoir de culture fondée objectivement. De même que Paul Valéry au lendemain de la première guerre mondiale prophétisait une possible mort des civilisations, de même une interrogation sur les générations ne peut que nous conduire au centre des préoccupations historiques, sociales, artistiques et humaines du vingt-et-unième siècle : les clivages générationnels dont les médias nous parlent tant mettent en lumière les nouveaux enjeux de notre modernité : d’une génération à l’autre, c’est bien le monde qui se transforme selon une logique évolutive, complexe, déroutante : éclatement des modèles de production et de travail, modification des niveaux de vie, déclassements sociaux, bouleversements culturels, décalage des idées, refus des modèles… Autant de problématiques qui méritent de penser l’histoire des générations à la lumière d’une éthique réinterprétative de l’homme et de la société qu’annonçait déjà le thème du détour.

© Bruno Rigolt (Lycée en Forêt, Montargis, France)

NetÉtiquette : article protégé par copyright ; la diffusion publique est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source : http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/

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(*) Charles Cascalès, « Ortega y Gasset philosophe de l’Histoire » (Philagora.net)
Crédit  photographique : Bruno Rigolt, photomontage d’après « la Joconde » de L. de Vinci (Musée du Louvre)

BTS 2010-2011… Questions de "Génération(s)"… Crises, changement social et ruptures…

« Génération(s) »

ou le temps du bilan…

Après le détour, « Génération(s) » est le nouveau thème de Culture générale et Expression en deuxième année de BTS. Ce thème, incroyablement riche et foisonnant (voyez à ce sujet les Instructions Officielles en cliquant ici), participe à une sorte de mémoire collective. L’année 2009 vient en effet un peu comme le temps du bilan et de la réflexion rétrospective : quatre-vingts ans après la grande dépression de 1929, soixante ans après la signature du Pacte Atlantique Nord (OTAN), quarante ans après le « Non » de la France à de Gaulle, vingt ans après la chute du mur de Berlin en 1989, 2009 restera l’année où le monde a intégré le détour dans ses champs de réflexion. Cette visibilité nouvelle accordée à la compréhension du monde accorde également davantage d’importance aux processus historiques qui ont façonné notre temps et qui permettent de mieux comprendre le présent. Dans un contexte de dérèglementation et de fragmentation, le vingt-et-unième siècle commence donc par une crise de civilisation.
Crise profondément révélatrice des processus sociaux et historiques qui entraînent, particulièrement depuis les années 1970, joconde.1240142181.jpgnos sociétés au changement : les valeurs se sont modifiées, les écarts par rapport à la norme se sont multipliés, les émancipations et transgressions sociales de toute sorte ont durablement bouleversé les traditions, les paradigmes institutionnels, les soubassements économiques, politiques et idéologiques. Étudier les comportements, les normes sociales, les revendications des « générations », c’est donc se pencher sur les processus par lesquels une civilisation se renouvelle, et qui l’animent, la façonnent profondément dans ses valeurs, ses rites collectifs et son imaginaire social : aborder une telle problématique, c’est ainsi envisager les mutations, les crises sociétales, les ruptures. Quelle ressemblance par exemple entre la France de l’après-guerre, largement dominée par le modèle chrétien, la classe ouvrière et la paysannerie, et la France post-industrielle et mondialisée d’aujourd’hui ?
Dans de telles conditions, comment concevoir notre modernité sans envisager les questions intergénérationnelles et la manière dont chaque groupe vit les processus de changement. Dans le Dictionnaire des Sciences humaines (PUF), Louis Chauvel rappelle que « la marque du pluriel est essentielle pour saisir tout le sens de la notion de « génération », qui est avant tout relationnelle : il est impossible de former une génération sans se distinguer des autres ». À cet égard, l’exemple des jeunes est saisissant : le passage d’une « conscience de classe » dans les années 60 au profit d’une « conscience de génération » est révélateur de l’effondrement des modèles éducatifs traditionnels et du rôle socialisateur de la famille : de nouvelles normes sont apparues, bouleversant du même coup les habitus et la tradition. Conséquemment, comment comprendre la mondialisation de la culture qui caractérise le vingt-et-unième siècle sans faire référence au passé ou aux pratiques culturelles traditionnelles ? Comment analyser les conduites différenciées si ce n’est par référence aux modèles axiologiques qui existaient précédemment ? Les enjeux culturels du changement social sont en effet déterminants : peut-on parler de contreculture, d’identités marginales, d’immigration, de perte du sens collectif ou du sentiment national sans parler de reconnaissance, de respect, de tradition, de patrie ?

La modernité est un archipel…

Comme on le voit, le thème « Génération(s) » amène à réfléchir profondément aux âges de la vie et à mettre en examen l’homme dans un monde où le modèle social, au sens traditionnel du terme, est peut-être en train de disparaître : l’idée d’un « système » a en effet évincé l’idée même de société. Ne parle-t-on pas de réseau plutôt que de territoire ou de département ? Quant à l’intégration, n’est-elle pas devenue fonctionnelle, technique et non plus institutionnelle, morale ? Les exemples ne manquent pas pour illustrer ces vastes transformations : PACS, nouvelles mœurs, nouvelles modes, nouvelles valeurs, nouveaux rapports Hommes/Femmes, nouveaux goûts alimentaires suscités par l’interdépendance entre les nations, et paradoxalement processus d’exclusion sociale, de marginalité, de socialité en réseau où chaque groupe possède son propre espace d’action et de référence. D’un côté l’intégration planétaire, de l’autre le repli communautaire…
« Dégénération… où est ma génération ? » Ces quelques mots extraits d’une chanson de Mylène Farmer, en suggérant la désorientation qui caractérise la culture et l’histoire d’aujourd’hui, posent mieux qu’on ne saurait l’imaginer l’ampleur du thème proposé au BTS. joconde2.1240141753.jpgTravailler sur les générations, ce n’est pas étudier seulement les variations du goût ou de l’art au cours du temps. C’est sur fond de crise qu’il faut étudier cette thématique, d’autant plus riche que notre modernité est un archipel infini d’idées, de croyances, de rites, de changements macro et micro-sociaux qui imposent la vision nouvelle d’un monde plus fragmenté que jamais en l’absence d’une gouvernance et de régulateurs internationaux. « Dégénération », « Génération spontanée », « génération perdue », « Beat Generation », « Baby boom », « troisième âge », « 35 heures », mobilité sociale, familles recomposées, crise des valeurs, « génération Internet », « réseaux sociaux »… Autant d’expressions qui évoquent certes d’autres lieux, d’autres temps, d’autres façons de parler, de consommer, mais plus globalement l’idée d’un monde en archipel, confronté désormais à une histoire et à une géographie sociales faites de fragmentations et de ruptures.

Le permanent et le transitoire…

Parler de « génération(s) », c’est forcément se pencher sur les relations entre le permanent et le transitoire, c’est évoquer les bouleversements qui affectent non seulement l’État, les grandes institutions mais la société dans son ensemble. Il revient à l’écrivain et philosophe espagnol Ortega y Gasset d’avoir réinterprété dès 1923 dans le Thème de notre temps le concept de génération en en faisant l’élément moteur du changement historique. Dans Philagora.net, Charles Cascalès rappelle le concept ortéguien de générations : « Chaque génération prise en elle-même constitue une unité de pensées de sentiments, de croyances, d’aspirations et d’entreprises ; elle a sa « sensibilité vitale » propre qui déterminera tous les caractères particuliers à une époque. La génération est conçue comme l’élément premier de l’histoire, le chaînon de la grande chaîne, « le gond sur lequel l’histoire exécute ses mouvements », dit Ortega. Le fait le plus élémentaire de la vie humaine, fait-il remarquer, c’est que certains hommes meurent et que d’autres naissent, que les vies se succèdent. Toute vie humaine est donc intercalée entre des vies qui la précèdent et d’autres qui la suivent : là est le fondement des changements qui affectent la structure du monde, la cause première du devenir » (*).
Le concept de génération aboutit ainsi à une réflexion sur l’historicité, c’est-à-dire la prise de conscience par l’homme de sa propre condition historique, et du relativisme de chaque culture, de chaque croyance, en fonction des époques et des générations. Tout est en effet une « question de feeling » comme le dit la chanson, autrement dit une joconde1.1240141771.jpg« question de génération ». Il ne saurait y avoir de culture fondée objectivement. De même que Paul Valéry au lendemain de la première guerre mondiale prophétisait une possible mort des civilisations, de même une interrogation sur les générations ne peut que nous conduire au centre des préoccupations historiques, sociales, artistiques et humaines du vingt-et-unième siècle : les clivages générationnels dont les médias nous parlent tant mettent en lumière les nouveaux enjeux de notre modernité : d’une génération à l’autre, c’est bien le monde qui se transforme selon une logique évolutive, complexe, déroutante : éclatement des modèles de production et de travail, modification des niveaux de vie, déclassements sociaux, bouleversements culturels, décalage des idées, refus des modèles… Autant de problématiques qui méritent de penser l’histoire des générations à la lumière d’une éthique réinterprétative de l’homme et de la société qu’annonçait déjà le thème du détour.
© Bruno Rigolt (Lycée en Forêt, Montargis, France)

NetÉtiquette : article protégé par copyright ; la diffusion publique est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source : http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/

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(*) Charles Cascalès, « Ortega y Gasset philosophe de l’Histoire » (Philagora.net)
Crédit  photographique : Bruno Rigolt, photomontage d’après « la Joconde » de L. de Vinci (Musée du Louvre)

Calendrier prévisionnel de publication des supports de cours

BTS Spécial Examen…

Articles à paraître prochainement :

  • Support de cours : Pouvoirs de l’image, images du pouvoir. Mise en ligne : dimanche 3 mai 2009
  • Préparation à l’examen : Révisions intensives. Mise en ligne le mardi 5 mai 2009.

Articles déjà parus (cliquez sur le lien hypertexte pour accéder à l’article) :

Guide méthodologique d’aide à l’expression écrite. Corrigé n°3 et entraînement n°4

Classes de Première S5 et Première ES4.

 

Voici le corrigé du troisième exercice et le quatrième entraînement (à rendre avant le jeudi 16 avril, 21:00). 
Rappel du calendrier d’entraînement :
  • Dimanche 8 mars : exploiter la métaphore filée, les anaphores, les interrogations oratoires
  • Samedi 21 mars : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer (+ corrigé n°1)
  • Jeudi 9 avril : structurer un paragraphe argumentatif (+ corrigé n°2)
  • Jeudi 16 avril : introduire et conclure un écrit d’invention (+ corrigé n°3)

Corrigé de l’entraînement n°3 : structurer un paragraphe argumentatif.
Concernant la structure du paragraphe argumentatif, cliquer ici.
Dans cet exercice, vous deviez répondre à une question (l’importance de la littérature) à travers deux paragraphes argumentés :

  • La littérature donne à voir (elle éclaire)

  • Elle est une prise de conscience

En premier lieu, la littérature donne à voir. Par « littérature », il faut entendre l’ensemble des œuvres ayant pour finalité une recherche esthétique au service du sens. D’autres arts comme la musique, la peinture ou le cinéma assument plus ou moins cette fonction plastique et didactique. Mais la spécificité du texte littéraire est de mettre le mot au service du fond, de l’idée. L’écrivain en effet se doit non seulement d’éclairer par ses écrits le monde qui nous entoure, mais de le mettre en forme verbalement. Ce pouvoir accordé au mot, au  style, fait la valeur de l’art littéraire : s’il est l’observateur, le témoin particulier, le porte-parole de notre monde, l’écrivain est aussi selon l’expression de l’écrivain Edouard Glissant un « bâtisseur de langage ». Ce n’est pas tant de meubler une page blanche, de l’orner, de l’enrichir par un style particulier qui font la valeur du texte littéraire mais d’assigner à ce travail sur le langage une mission d’éducation qui confère à la pratique de la lecture un véritable principe d’action. Lire, c’est accepter l’invitation de l’écrivain, c’est assumer le fait d’être dérangé dans ses convictions, ses présupposés, ses croyances. Dans cette invitation au débat d’idées réside la particularité de la littérature qui est de permettre une communion avec le lecteur. Il ne s’agit pas seulement de « donner à voir » le monde, il importe de le donner à voir selon un certain point de vue. C’est Jean-Paul Sartre qui écrivait en 1976 dans Situations 10 « L’écrivain, selon moi, doit parler du monde tout entier en parlant de lui-même tout entier ». Avant d’engager les autres, l’écrivain s’engage et nous livre sa propre vision, par définition personnelle et subjective. Le texte littéraire à ce titre met en scène des attitudes de vie, des situations existentielles qui engagent l’homme tout entier. Quand Voltaire dans Candide critique les absolutismes, quand Hugo dans « Fonction du Poète » met le lyrisme au service de l’engagement, ils le font en leur nom certes, mais nous impliquent du même coup dans cette relation dialogique. À l’opposé de la neutralité d’un narrateur omniscient, l’écrivain au contraire nous éclaire sur le monde. Il nous permet d’en débattre sous des angles différents, opposés, capables de conférer à l’œuvre littéraire une tâche spirituelle.

Par définition, la littérature débouche conséquemment sur une prise de conscience. Si elle éclaire l’homme, c’est en l’éveillant, en lui permettant de découvrir sa propre voix. De l’expérience de la lecture peut naître l’engagement. Pourquoi nous intéresserions-nous par exemple à la littérature des Lumières dans une société où tant de combats menés jadis semblent aujourd’hui acquis ? Si c’est aux Lumières que nous devons la grande idée des Droits de l’Homme,  c’est qu’elles ont amené précisément à une prise de conscience. « Osez penser par vous-même » écrivait Voltaire dans le Dictionnaire philosophique… La leçon est toujours d’actualité ! Lire, en ce sens, amène le lecteur à pratiquer un déchiffrement, une recherche du sens. C’est cette herméneutique qui le conduit à prendre conscience de son rôle dans l’Histoire. Lire un livre, c’est vivre avec son époque, c’est penser avec elle. Qui n’a pas en mémoire l’incipit de Germinal ? La subjectivisation de la description (la grande route de Marchiennes) prépare déjà les luttes à venir. Ce paysage hostile du Nord, si stéréotypé soit-il sous la plume de Zola, amène le lecteur à se projeter dans le contexte social du second Empire. Nous nous identifions à Étienne : nous partageons sa souffrance ; sa révolte devient notre prise de conscience. Le paysage réel des mines se métamorphose en un espace mythique dont la fameuse métaphore filée de la germination dans la dernière page, semble préfigurer ce grand souffle épique de l’histoire sociale en marche. Toute littérature est ainsi une prise de conscience dans la mesure où elle confronte l’homme avec le monde et avec lui-même. Cette fonction de la littérature ne tendrait-elle pas vers la tragédie, c’est-à-dire vers la conscience que l’homme a de son propre destin ? Même une pièce de théâtre comme la Cantatrice chauve, en apparence simple farce absurde, débouche sur une interprétation allégorique. Le couple stéréotypé des Smith est révélateur d’un vide existentiel. Le ressort dramatique de la pièce consiste dans la manifestation d’une existence séparée de son sens. Pour le spectateur, si la scène se constitue comme le tableau pathétique et désespéré de la condition humaine, elle l’amène à assumer son rôle dans le monde. La littérature va ainsi de la fiction au réel, de l’illusion au social, de l’imagination à l’Histoire.

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Entraînement n°4 : introduire et conclure un écrit d’invention (l’apologue)

Vous rédigez le premier et le dernier paragraphe d’un apologue. Rédigé en vers ou en prose, l’apologue contient deux parties, coordonnées mais distinctes:

  1. D’une part, il privilégie le discours narratif. Mais s’il tient du récit, l’apologue est une ressource de l’argumentation. De nombreux chapitres de Candide par exemple sont des apologues. Au-delà de l’histoire racontée, le récit est toujours à visée argumentative et didactique.

  2. La morale… L’apologue est très souvent allégorique. Le fait concret qui est raconté débouche ainsi sur une réflexion plus abstraite, qui renferme un enseignement,  une morale pratique. On pensera naturellement aux fables, mais le dernier chapitre de Candide, « l’Albatros » de Baudelaire ou « Le crapaud » de Corbière sont également de bons exemples.

Le sujet : Vous allez rédiger un apologue (premier et dernier paragraphe). Le sujet est libre. Votre premier paragraphe exposera un fait. Le dernier paragraphe amènera à la morale.

Mon conseil : réfléchissez d’abord à la morale, donc au sujet, au problème que vous voulez évoquer et non au fait lui-même. De nombreux candidats se creusent parfois la tête pour trouver « une histoire ». Le risque, c’est qu’ils racontent des événements en oubliant que le but est d’amener à l’argumentation. Posez-vous toujours cette question : « Qu’est-ce que je veux prouver exactement ? » Dans l’apologue, il faut toujours passer du fait raconté à l’idée. Les problématiques sociales (guerre, racisme, misère, etc.) sont hélas de bons sujets dans la mesure où elles sollicitent le lecteur dans la recherche d’une vérité et d’un sens moral.

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Bonne chance à vous. N’oubliez pas de me remettre vos propositions avant le jeudi 16 avril, 21:00 pour bénéficier du bonus !

Guide méthodologique d'aide à l'expression écrite. Corrigé n°3 et entraînement n°4

Classes de Première S5 et Première ES4.

 

Voici le corrigé du troisième exercice et le quatrième entraînement (à rendre avant le jeudi 16 avril, 21:00). 
Rappel du calendrier d’entraînement :
  • Dimanche 8 mars : exploiter la métaphore filée, les anaphores, les interrogations oratoires
  • Samedi 21 mars : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer (+ corrigé n°1)
  • Jeudi 9 avril : structurer un paragraphe argumentatif (+ corrigé n°2)
  • Jeudi 16 avril : introduire et conclure un écrit d’invention (+ corrigé n°3)

Corrigé de l’entraînement n°3 : structurer un paragraphe argumentatif.
Concernant la structure du paragraphe argumentatif, cliquer ici.
Dans cet exercice, vous deviez répondre à une question (l’importance de la littérature) à travers deux paragraphes argumentés :

  • La littérature donne à voir (elle éclaire)

  • Elle est une prise de conscience

En premier lieu, la littérature donne à voir. Par « littérature », il faut entendre l’ensemble des œuvres ayant pour finalité une recherche esthétique au service du sens. D’autres arts comme la musique, la peinture ou le cinéma assument plus ou moins cette fonction plastique et didactique. Mais la spécificité du texte littéraire est de mettre le mot au service du fond, de l’idée. L’écrivain en effet se doit non seulement d’éclairer par ses écrits le monde qui nous entoure, mais de le mettre en forme verbalement. Ce pouvoir accordé au mot, au  style, fait la valeur de l’art littéraire : s’il est l’observateur, le témoin particulier, le porte-parole de notre monde, l’écrivain est aussi selon l’expression de l’écrivain Edouard Glissant un « bâtisseur de langage ». Ce n’est pas tant de meubler une page blanche, de l’orner, de l’enrichir par un style particulier qui font la valeur du texte littéraire mais d’assigner à ce travail sur le langage une mission d’éducation qui confère à la pratique de la lecture un véritable principe d’action. Lire, c’est accepter l’invitation de l’écrivain, c’est assumer le fait d’être dérangé dans ses convictions, ses présupposés, ses croyances. Dans cette invitation au débat d’idées réside la particularité de la littérature qui est de permettre une communion avec le lecteur. Il ne s’agit pas seulement de « donner à voir » le monde, il importe de le donner à voir selon un certain point de vue. C’est Jean-Paul Sartre qui écrivait en 1976 dans Situations 10 « L’écrivain, selon moi, doit parler du monde tout entier en parlant de lui-même tout entier ». Avant d’engager les autres, l’écrivain s’engage et nous livre sa propre vision, par définition personnelle et subjective. Le texte littéraire à ce titre met en scène des attitudes de vie, des situations existentielles qui engagent l’homme tout entier. Quand Voltaire dans Candide critique les absolutismes, quand Hugo dans « Fonction du Poète » met le lyrisme au service de l’engagement, ils le font en leur nom certes, mais nous impliquent du même coup dans cette relation dialogique. À l’opposé de la neutralité d’un narrateur omniscient, l’écrivain au contraire nous éclaire sur le monde. Il nous permet d’en débattre sous des angles différents, opposés, capables de conférer à l’œuvre littéraire une tâche spirituelle.

Par définition, la littérature débouche conséquemment sur une prise de conscience. Si elle éclaire l’homme, c’est en l’éveillant, en lui permettant de découvrir sa propre voix. De l’expérience de la lecture peut naître l’engagement. Pourquoi nous intéresserions-nous par exemple à la littérature des Lumières dans une société où tant de combats menés jadis semblent aujourd’hui acquis ? Si c’est aux Lumières que nous devons la grande idée des Droits de l’Homme,  c’est qu’elles ont amené précisément à une prise de conscience. « Osez penser par vous-même » écrivait Voltaire dans le Dictionnaire philosophique… La leçon est toujours d’actualité ! Lire, en ce sens, amène le lecteur à pratiquer un déchiffrement, une recherche du sens. C’est cette herméneutique qui le conduit à prendre conscience de son rôle dans l’Histoire. Lire un livre, c’est vivre avec son époque, c’est penser avec elle. Qui n’a pas en mémoire l’incipit de Germinal ? La subjectivisation de la description (la grande route de Marchiennes) prépare déjà les luttes à venir. Ce paysage hostile du Nord, si stéréotypé soit-il sous la plume de Zola, amène le lecteur à se projeter dans le contexte social du second Empire. Nous nous identifions à Étienne : nous partageons sa souffrance ; sa révolte devient notre prise de conscience. Le paysage réel des mines se métamorphose en un espace mythique dont la fameuse métaphore filée de la germination dans la dernière page, semble préfigurer ce grand souffle épique de l’histoire sociale en marche. Toute littérature est ainsi une prise de conscience dans la mesure où elle confronte l’homme avec le monde et avec lui-même. Cette fonction de la littérature ne tendrait-elle pas vers la tragédie, c’est-à-dire vers la conscience que l’homme a de son propre destin ? Même une pièce de théâtre comme la Cantatrice chauve, en apparence simple farce absurde, débouche sur une interprétation allégorique. Le couple stéréotypé des Smith est révélateur d’un vide existentiel. Le ressort dramatique de la pièce consiste dans la manifestation d’une existence séparée de son sens. Pour le spectateur, si la scène se constitue comme le tableau pathétique et désespéré de la condition humaine, elle l’amène à assumer son rôle dans le monde. La littérature va ainsi de la fiction au réel, de l’illusion au social, de l’imagination à l’Histoire.

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Entraînement n°4 : introduire et conclure un écrit d’invention (l’apologue)

Vous rédigez le premier et le dernier paragraphe d’un apologue. Rédigé en vers ou en prose, l’apologue contient deux parties, coordonnées mais distinctes:

  1. D’une part, il privilégie le discours narratif. Mais s’il tient du récit, l’apologue est une ressource de l’argumentation. De nombreux chapitres de Candide par exemple sont des apologues. Au-delà de l’histoire racontée, le récit est toujours à visée argumentative et didactique.

  2. La morale… L’apologue est très souvent allégorique. Le fait concret qui est raconté débouche ainsi sur une réflexion plus abstraite, qui renferme un enseignement,  une morale pratique. On pensera naturellement aux fables, mais le dernier chapitre de Candide, « l’Albatros » de Baudelaire ou « Le crapaud » de Corbière sont également de bons exemples.

Le sujet : Vous allez rédiger un apologue (premier et dernier paragraphe). Le sujet est libre. Votre premier paragraphe exposera un fait. Le dernier paragraphe amènera à la morale.

Mon conseil : réfléchissez d’abord à la morale, donc au sujet, au problème que vous voulez évoquer et non au fait lui-même. De nombreux candidats se creusent parfois la tête pour trouver « une histoire ». Le risque, c’est qu’ils racontent des événements en oubliant que le but est d’amener à l’argumentation. Posez-vous toujours cette question : « Qu’est-ce que je veux prouver exactement ? » Dans l’apologue, il faut toujours passer du fait raconté à l’idée. Les problématiques sociales (guerre, racisme, misère, etc.) sont hélas de bons sujets dans la mesure où elles sollicitent le lecteur dans la recherche d’une vérité et d’un sens moral.

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Bonne chance à vous. N’oubliez pas de me remettre vos propositions avant le jeudi 16 avril, 21:00 pour bénéficier du bonus !