Les élèves ont du talent… Partez pour un Voyage en Poésie…

Faites un Voyage

en Poésie !

avec les Seconde 12, les Première S5 et ES4 et la Section BTS PME-PMI deuxième année…

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Exclusivité internet : 100 poèmes créés par les étudiants à l’affiche… Découvrez la plus grande exposition d’art poétique sur la toile !

Exposés accroche_poesie_virt.1238930793.jpgau Salon du Livre du Montargois et à la journée Portes Ouvertes du Lycée en Forêt, les poèmes de la classe de Seconde 12, des Première S5 et ES4, sans oublier la section BTS PME-PMI deuxième année sont des textes forts, très représentatifs du talent et de la créativité des élèves et des étudiants. Près de 100 poèmes vont être exposés en ligne dans les jours qui viennent : de par son envergure, il s’agira de la plus grande exposition de poésie lycéenne sur le net ! Tous les poèmes créés dans mes classes en atelier d’écriture pendant l’année scolaire 2008-2009 seront exposés.

Suivez le guide !

Pour y accéder, rien de plus simple : cherchez dans la colonne latérale le portfolio correspondant à la classe de votre choix. Les portfolios étant mis à jour très régulièrement, vous pourrez découvrir chaque jour de nouveaux textes. Ces poèmes d’adolescence, tous inédits, sont un peu comme des récits de voyage. Dans ce vaste territoire qu’est la poésie, écrire c’est avant tout s’embarquer pour un voyage au pays des mots : voyage rêvé, voyage immobile, voyage métaphorique… Au fil des textes, se révèle en filigrane une certaine conception de la poésie entre « Fonction du poète » et « Fiction du poète »… « Écrire, c’est partir un peu… »

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crédit photographique : Bruno Rigolt

Les élèves ont du talent… Le concours de nouvelles 2009 par la classe de Seconde 12…

Retrouvez chaque semaine un nouveau texte !
La classe de Seconde 12 s’est particulièrement investie dans le concours de nouvelles proposé par le Salon du livre du Montargois. Le sujet était libre mais l’écriture comportait deux contraintes : commencer obligatoirement par l’UNE de ces deux phrases : “Il était près de midi, et elle n’avait toujours pas donné signe de vie.” OU “Il avait la passion des vieilles pierres.”… et se terminer obligatoirement par l’UNE de ces deux phrases : “Il y eut affluence comme aux fêtes de fin d’année.” OU “Mais un père est un père et je suis sincèrement désolé.”
Challenge réussi pour la Seconde 12 ! Découvrez chaque semaine un texte particulièrement marquant. Aujourd’hui, laissez-vous emporter par la nouvelle de Kristina, élève allemande de la Seconde 12 qui vient de Greven, la ville jumelée avec Montargis… Comme vous allez le voir, non seulement Kristina maîtrise très bien notre langue, mais elle a su dans cette histoire bouleversante et pathétique évoquer magnifiquement les retrouvailles d’un fils et d’un père. L’action se situe à Tralee, en Irlande…
  

Un été

au bord des larmes

par Kristina S…

Il avait la passion des vieilles pierres. Lui, il était comme les vieilles pierres : ses yeux ne montraient rien que le vide : bleus et clairs (et dangereux). Je me trouvais juste à côté de lui et son souffle salin, qui étourdissait mes sens, venait vers moi comme un flot d’air de la mer. Ses vapeurs lourdes et tièdes m’entouraient, et chaque fois qu’il expirait, elles pénétraient encore plus mes poumons. tralee.1237923542.jpgC’était comme si cet homme regardait à travers moi, comme s’il me déchiffrait à travers le brouillard qui s’accumulait dans mon âme. J’ai eu même à un moment l’impression d’être composé d’air salin, bercé par l’invisible mer de ses yeux, sans contrôle aucun.

Tout à coup mon père se secoue et se précipite dehors… La porte se ferme brusquement. Tout ce qui restait, c’était moi avec beaucoup de peur et en même temps une incroyable admiration, ou du dépit, je ne sais pas. Je compris qu’il ne viendrait pas avec nous. Dans le couloir, j’ai vu deux valises : une pour moi, l’autre pour ma mère. Je savais bien aussi qu’il ne voudrait pas parler de ça, pas avec moi en tout cas ! N’importe : il suffisait de regarder le visage de ma mère pour savoir à quoi elle pensait, pourquoi elle souffrait. Pourtant ma mère est quelqu’un de vivant, quelqu’un de passionnant. Mais dans cette maison elle dépérissait, comme une fleur sans lumière… De quoi un homme a-t-il besoin ? Dans tous les cas, ma mère n’aurait pu le lui apporter… Oui, je comprenais qu’elle souffrait. Je comprenais de toute façon beaucoup en ce temps-là. Une chose restait pourtant mystérieuse : si ce dont ma mère avait tant besoin n’existait pas ici, qu’est-ce que mon père désirait ?

Le jour où nous sommes partis était un dimanche  orageux. Maman a appelé un taxi… Nous nous sommes assis au salon jusqu’à son arrivée. Elle m’a dit qu’elle avait trouvé du travail à Tralee, la grande ville la plus proche, et que tout deviendrait meilleur maintenant. Je n’ai pas eu l’impression qu’il y aurait quelque chose de cette existence qui me manquerait, mais j’étais quand même curieux de connaître cette « nouvelle vie ». Le taxi est arrivé, nous y sommes montés. Fin. Le dernier souvenir de ma vie dans la petite maison au bord de la mer, ce sont quelques larmes : mon père était assis sur une pierre avec vue sur le mugissant lointain. Il n’est pas venu pour nous dire « au revoir ». Il ne nous a même pas suivis des yeux. Mais je crois qu’il pensait à nous…

Je m’appelle Peter et j’ai vingt-six ans. Depuis mes dix ans, ma vie s’écoule à Tralee, au sud-ouest de l’Irlande. Le temps d’avant s’estompe dans ma mémoire : un morceau de temps déchiré de ma vie, un morceau de dix années… Pas plus que ça. Ma vie quotidienne ne se détache pas beaucoup de celle des autres : le travail et un peu de temps libre pour sortir avec les copains, histoire de boire une bière ou deux… tralee2.1237923588.jpgEst-ce que c’est ça la vie ? Les dimanches sont tristes comme des rendez-vous manqués. Ils s’en vont à la campagne pour rendre visite à leur famille…

Un souvenir me revient en mémoire… Le bar était vide, à part quelques ombres qui avaient échoué leurs malheurs dans leurs yeux de hasard ou à cause de l’alcool… Je me suis senti mal à l’aise : je ne suis pas une personne triste, et je n’ai pas non plus l’intention de le devenir ! En buvant ma bière qui devait m’aider à chasser ce petit chagrin passager, j’ai regardé autour de moi : d’abord John, dans le coin gauche ; sa femme l’a un jour flanqué à la porte après la troisième fois qu’il était revenu totalement saoul, à six heures du matin. Puis Henry, le barman, un type monstrueux, mais pas méchant pour deux sous. Mais mon regard se posa finalement sur un homme assis trois chaises plus loin, avec la tête baissée.

Le vertige se propageait en moi : ce n’était quand même pas cette bière insignifiante… Je me suis repris un peu, j’ai levé mes yeux, j’ai compté les chaises jusqu’à cet homme, mon regard a suivi la courbe de son dos, le mouvement de sa nuque, ses cheveux, et ce visage qui se tourne lentement,  le visage de mon père : ses yeux semblaient me regarder pour la première fois, et des rides supplémentaires avaient creusé son front… je n’ai même pas eu le temps d’achever mes pensées… J’ai remarqué que lui aussi me fixait, qu’il s’était levé pour me parler…

Il s’est avancé vers moi, calmement. Mais dans ma tête, les questions se sont empilées : pourquoi ? Et comme s’il répondait à mes pensées, j’ai entendu très distinctement le son de sa voix : « Je suis ici pour toi ». « Bonsoir Papa » fut ma réponse. Il ne disait rien. « Ecoute Papa, tu n’as pas à t’excuser »… Tout le monde n’a pas besoin des mêmes choses pour être heureux, mais nous tous désirons un peu d’amour…  Je n’ai plus jamais revu mon père, après ce soir-là, mais je sais qu’il pense à moi. Moi aussi je songerai à lui : ses derniers mots furent comme un exil : « Mais un père est un père et je suis sincèrement désolé ».

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La citation de la semaine… Olympe de Gouges…

« Femme, réveille-toi ! »

Femme, réveille-toi ! Le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de l’homme. La réclamation de votre patrimoine fondée sur les sages décrets de la nature ! Qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du Législateur des noces de Cana ? Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n’est plus de saison, ne vous répètent : « Femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ? » —Tout, auriez vous à répondre. S’ils s’obstinaient, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes ; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l’énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l’Être Suprême. Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir.

Olympe de Gouges (1748-1793)
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
« Postambule » (1791)

Illustration : © 2021, B. R.
Photomontage d’après Alexandre Kucharski (attribué à), portrait d’Olympe de Gouges. Pastel sur parchemin, vers 1788 (coll. privée) ; J. Howard Miller, « We Can Do It! », 1942.

Rédigée le 14 août 1791, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est non seulement un plaidoyer fondateur de la cause féministe, mais plus largement un testament emblématique de notre démocratie. Dédiée à Marie-Antoinette pour affirmer que la question des femmes dépasse les clivages sociaux et politiques, la Déclaration de Gouges féminise entièrement la Déclaration des Droits de l’Homme du 27 août 1789. Comme le note Nicole Pellegrin, « c’est là un moyen proprement renversant de prendre au mot les révolutionnaires et de les placer face à leurs contradictions en matière d’égalité »¹. De fait, les femmes sont les grandes perdantes de la Révolution. Avec une ironie féroce, Olympe de Gouges n’hésite pas à stigmatiser ce dénigrement du féminin : « Les femmes ont le droit de monter à l’échafaud. Elles doivent également avoir celui de monter à la tribune ».

Négligée et incomprise de ses contemporains, Olympe de Gouges combattit l’esclavage, le sexisme, les violences faites aux femmes et s’engagea pour la reconnaissance juridique et l’émancipation politique des femmes à travers une œuvre littéraire très riche, et proprement réformatrice. C’est ainsi que la quatrième partie de la Déclaration « propose un « contrat social » qui redéfinit le mariage à la manière de notre PACS actuel »². Sans doute parce qu’elle s’attaquait à tant de préjugés et d’injustices, elle fut jetée en prison par la Terreur révolutionnaire, jugée sommairement et condamnée à l’échafaud. Je vous laisse méditer ces propos tenus par un rédacteur du Moniteur universel : « Elle voulut être homme d’État et il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe »³.

Portrait présumé d’Olympe de Gouges, par Madame Aubry.
Aquarelle conservée au musée Carnavalet (Paris).

Ainsi que le remarque Yannick Ripa dans un ouvrage remarquable, « Olympe de Gouges est guillotinée pour avoir enfreint, par un manifeste en faveur des Girondins, la loi du 29 mars 1793 interdisant les écrits contre-révolutionnaires ; son élimination est aussi une condamnation sans appel des femmes révolutionnaires ; le procureur Chaumette la condamne en tant que « femme-homme », « virago » qui « abandonne les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes »⁴.

Par sa force oratoire et la portée de ses idées, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte visionnaire qui se doit de figurer aujourd’hui au Panthéon des Lettres françaises.

Bruno Rigolt

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NOTES
(1) Nicole Pellegrin, Écrits féministes de Christine de Piran à Simone de Beauvoir. Coll. « Champs classiques », Flammarion, Paris 2010, page 76.
(2) ibid. page 77.
(3) Le Moniteur Universel, 29 brumaire an II (19 novembre 1793), t. XVIII, numéro 59. J’aurais pu aussi citer ces propos (sur Olympe de Gouges, Marie Antoinette et Marie-Jeanne Roland) qui vont dans le même sens : « En peu de temps, le tribunal révolutionnaire vient de donner aux femmes un grand exemple qui ne sera pas perdu pour elles : car la justice toujours impartiale, place sans cesse la leçon à côté de la sévérité ».
(4) Yannick Ripa, Les Femmes, actrices de l’histoire. France, de 1789 à nos jours. Armand Colin, collection U « Histoire », Paris 2002, page 23. Voici les propos exacts du Procureur Chaumette rapportés par Elisabeth Badinter : « Rappelez-vous cette femme hautaine d’un époux perfide, la Roland, qui se crut propre à gouverner la République, et qui concourut à sa perte. Rappelez-vous, hier cette virago, cette homme-femme, l’impudente Olympe de Gouges, qui la première, institua des assemblées de femmes, voulut politiquer et commit des crimes. Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois ». Elisabeth Badinter, Condorcet, Prudhomme, Guyomar : Paroles d’hommes (1790-1793), P.O.L. Paris 1989, pages 181-182.

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Les élèves ont du talent… Le concours de nouvelles 2009 par la classe de Seconde 12…

Retrouvez chaque semaine un nouveau texte !
La classe de Seconde 12 s’est particulièrement investie dans le concours de nouvelles proposé par le Salon du livre du Montargois. Le sujet était libre mais l’écriture comportait deux contraintes : commencer obligatoirement par l’UNE de ces deux phrases : “Il était près de midi, et elle n’avait toujours pas donné signe de vie.” OU “Il avait la passion des vieilles pierres.”… et se terminer obligatoirement par l’UNE de ces deux phrases : “Il y eut affluence comme aux fêtes de fin d’année.” OU “Mais un père est un père et je suis sincèrement désolé.”
prix.1236783460.jpgChallenge réussi pour la Seconde 12 ! Découvrez chaque semaine un texte particulièrement marquant. Aujourd’hui, laissez-vous emporter par la nouvelle de Flora, élève et déléguée de la Seconde 12… Une très belle histoire empreinte d’émotion et de lyrisme, entre autobiographie et fiction (qui valut à son auteure le cinquième prix au salon du livre du Montargois).
L’action se situe à Madagascar…
 

    Ce jour-là, à Tana…

par Flora P…

Il était prés de midi et elle n’avait toujours pas donné de signe de vie. Je m’étais installée près d’une petite colline au sud de la ville, à l’attendre, en vain. Je m’inquiétais car il n’y a qu’un bus qui passe dans la journée. Il ne vient que le mercredi et le jeudi matin, jours de marché. La majorité des gens viennent d’Ihosy et du Grand Sud, et le prochain ne passerait que demain matin. D’ici là…

flora1.1289846345.jpg« Manahoana… »

En l’attendant sous le baobab, j’entendais le vent souffler entre les feuilles ; le soleil s’en allait vers l’ouest… Je m’imaginais notre rencontre, les paroles, les simples « Bonjour, comment vas-tu » que nous allions échanger en Malgache :
– Manahoana, Manahoana y sahasalaurauao ?
– Salaura tsara aho miasoaka…

Venir à Madagascar était mon plus grand rêve. Séraphine ne m’avait jamais vue, seulement en photo. On dialoguait par lettre depuis maintenant un an et demi, depuis que mon grand-père l’avait retrouvée après avoirs passé une annonce dans le journal local. Mes grands-parents et ma mère avaient vécu huit ans à Madagascar et Séraphine avait été la nourrice de ma mère.

J’étais si contente de la rencontrer. J’avais si peur de ne pas la voir. Adossée au tronc de l’arbre géant, je regardais la route blanchie sous le soleil, quelques enfants qui couraient là-bas, à demi nus, une femme qui traversait la route avec ses calebasses d’eau. Le temps s’écoulait, impalpable. Comme je m’assoupissais à cause de la chaleur, je vis au loin le bus qui arrivait, très poussiéreux, couvert de sable et de voyage car il roulait sur des routes de terre et de vent depuis tant d’années…

« j’aimais la lumière blanche de la route, j’aimais le vent et le manioc salé »

Beaucoup de Malgaches en descendirent. Toutes les femmes étaient habillées avec des jupes de couleurs vives et elles portaient des lambas blancs ou écrus sur les épaules. Les hommes avaient des pantalons noirs, des chemises ouvertes et un chapeau de paille. Je regardais les gens descendre un par un, j’étais tellement impatiente de la voir! Les gens venaient dans la ville de Tana car c’était le plus grands marché de la semaine ; les vendeurs s’installaient par terre et disposaient leurs étalages de légumes ou de poissons séchés sur des nattes.flora2.1236711503.jpg

Certains avaient amené leur machine à coudre et confectionnaient des rideaux, des jupes à la demande. Les habitants se préparaient pour le marché. Je commençais à sentir les parfums d’épices et l’odeur nauséabonde du poisson datant de quelques jours me faisait tourner la tête. Mais j’aimais tout cela, j’aimais la lumière blanche de la route, j’aimais le vent et le manioc salé, j’aimais les bruits du marché où l’on mange des fleurs de cactus, j’aimais le bruit des zébus et les vendeurs de lait caillé ou de bijoux d’argent…

Le marché commençait à se remplir de couleurs, de fruits, de tissus lorsqu’elle descendit du bus. Il y avait beaucoup de monde, je me mis debout  pour ne pas la perdre de vue mais aussitôt la foule l’encercla. Mon cœur se serrait mais je gardais espoir pendant trois secondes en la cherchant des yeux partout. Ne la revoyant plus, les larmes me montèrent aux yeux. Vous qui me lisez, comment vous dire l’écho du temps qui résonne dans ces lignes ? Comment vous dire le bruit du vent dans les arbres ? Cette attente devant les cases au toit de paille ?

« Le voyage de la vie commençait… »

Peut être n’était-ce qu’une illusion… Tout à coup, je sentis une main venue du bout du monde, venue du grand sud malgache se poser sur mon épaule, je tournais la tête et je la vis. Elle me prit dans ses bras et nous nous sommes mises à tourner, à rire, à pleurer, un peu comme dans une aventure vers le bleu du ciel : le voyage de la vie commençait. Petit à petit, les gens nous encerclèrent. Toute la poussière de la route s’était envolée, le ciel craquait sous le soleil : même des nuages mauves et roses vinrent à notre rencontre pour voir ce qui se passait.

Je me rappellerai toujours du vent, si proche de nos visages, de nos mains serrées l’une contre l’autre, je me rappellerai des charrettes remplies de marchandises, de ces visages d’hommes qui vendent des éclats de saphir et de béryl en espérant devenir riche… Tous ces gens qui nous regardaient en souriant, ce jour-là, à Tana… Il y eut affluence comme aux fêtes de fin d’année.

© Flora P… Mars 2009 (Lycée en Forêt, Montargis, France)

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Guide méthodologique d’aide à l’expression écrite. Entraînement n°1 : Métaphore filée, anaphores, interrogations oratoires

eaf.1236521947.jpgÉpreuve Anticipée de Français (EAF) : bientôt le deuxième baccalauréat blanc ! Les résultats souvent mitigés voire inquiétants pour certaines ou certains doivent les interpeller. Ce n’est pas tant au niveau de la question ou de la compréhension du corpus que les problèmes sont le plus préoccupants mais plutôt d’un point de vue analytique et rédactionnel. L’écrit d’invention en particulier a été décevant lors du premier examen blanc, pour des raisons qui tiennent à une mauvaise prise en compte des consignes posées et de l’utilisation du temps. De fait, beaucoup d’entre vous éprouvent des difficultés à comprendre ce qui est attendu d’eux, plus particulièrement d’un point de vue stylistique et rédactionnel. C’est la raison pour laquelle chaque semaine avant le prochain examen blanc, je reviendrai sur la méthodologie de l’écrit d’invention.
        
Calendrier d’entraînement :
  • Dimanche 8 mars : exploiter la métaphore filée, les anaphores, les interrogations oratoires
  • Jeudi 19 mars : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer (+ corrigé n°1)
  • Jeudi 26 mars : structurer un paragraphe argumentatif (+ corrigé n°2)
  • Jeudi 02 avril : introduire et conclure un écrit d’invention (+ corrigé n°3)

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Entraînement n°1

Métaphore filée, anaphores, interrogations oratoires

De nombreux sujets vous amènent à devoir rédiger une lettre, un discours, un article de presse, etc. Malgré les apparences, ces sujets obéissent tous à la même règle. Si vous êtes malin, préparez-vous deux ou trois modèles-type qui vous aideront à aller plus vite dans la recherche des idées, et de consacrer davantage de temps à la rédaction. Il vous suffira de modifier certains aspects en fonction du sujet à traiter (en travaillant surtout les expansions nominales).

1. La métaphore filée

Prenons un sujet type : il vous est demandé par exemple de rédiger un discours vous amenant à plaider pour plus de justice sociale. Si vous êtes astucieux, vous allez exploiter la technique de la métaphore filée. Comme vous le savez, on entend par là une métaphore qui se prolonge, qui est développée à travers un même réseau lexical. Si vous avez du mal à trouver ou à formuler vos idées, la métaphore filée constitue une aide précieuse. Imaginons un candidat qui n’a que peu d’arguments, par exemple « plus de justice sociale permettra d’améliorer les conditions de vie et le monde ». Malgré sa justesse, l’idée en elle-même est assez pauvre et banale du fait de son manque d’originalité. Néanmoins, vous allez voir comment une métaphore filée peut la transformer. Pensez par exemple au champ lexical de la construction : « rebâtir, construire, fondations, pierre, maison, édifice, murs… » etc.

Reprenons maintenant notre idée de départ en l’étayant grâce à une métaphore filée :

« Plus de justice sociale permettra d’améliorer les conditions de vie et le monde : il faut en effet que tous les murs qui séparent les hommes tombent : mur de l’indifférence, mur du racisme, mur de l’égoïsme. Le monde n’est pas seulement un ensemble de continents, c’est notre maison commune. En ce début de vingt-et-unième siècle, il est peut-être temps de rebâtir le monde pour plus de justice sociale, de construire une nouvelle société, plus humaine, plus fraternelle. I1 nous appartient de poser les fondations d’un monde plus respectueux des valeurs communes. Un nouvel humanisme est nécessaire ! Alors que le vieil édifice s’écroule, des voix rappellent qu’il faut poser la première pierre de la fraternité ! »

2. Même exemple que précédemment mais avec des anaphores et des interrogations oratoires :

« Mesdames, Messieurs, Chers frères humains, voilà ce que je vous propose : il faut que tous les murs qui séparent les hommes tombent : mur de l’indifférence, mur de la misère, mur de l’égoïsme. Peut-on accepter de vivre ainsi ? Avons-nous été créés pour nous déchirer ? Pour nous haïr ? Plus de justice sociale ne permettrait-elle pas d’améliorer les conditions de vie et le monde ?

Mesdames, Messieurs, Chers frères humains, notre monde en effet n’est pas seulement un ensemble de continents, c’est notre maison commune. Devons-nous accepter de laisser mourir cette maison et d’en voir s’écrouler les fondations? Devons-nous nous résoudre à partir en laissant les clés sur la porte ? Notre terre doit-elle être condamnée à devenir une maison abandonnée ? En ce début de vingt-et-unième siècle, il est peut-être temps de rebâtir le monde, de construire une nouvelle société, plus humaine, plus fraternelle.

Mesdames, Messieurs, Chers frères humains, il nous appartient de poser les fondations d’un monde plus respectueux des valeurs communes. Un nouvel humanisme est nécessaire ! Alors que le vieil édifice s’écroule, des voix rappellent qu’il faut poser la première pierre de la fraternité ! »

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3. Gagner des points pour la moyenne… C’est trop facile ! Faites chaque semaine l’exercice d’entraînement proposé ! Durée :1 heure (à 1h15) environ.

  • Exercice n°1 : Gardez le sujet de départ et refaites l’exercice en respectant le même ordre : 1) métaphore filée, 2) métaphore filée + anaphores et interrogations oratoires) mais en utilisant le champ lexical du voyage ou du déplacement (route, partir, etc.) : comme vous l’avez vu, c’est d’abord un travail de style et d’approfondissement qui est attendu de vous. Jeudi prochain à 21 heures précises, je mettrai en ligne un corrigé type avec le deuxième entraînement. D’ici là, vous pouvez m’envoyer en ligne vos contributions ou me les remettre en cours (Jeudi prochain dernière limite). Elles seront prises en compte comme bonus dans le calcul de la moyenne du troisième trimestre (selon les modalités expliquées en cours). Attention : pour bénéficier du bonus, vous devez impérativement faire les 4 exercices en respectant le calendrier proposé ! Bon courage !

Les représentations de la femme dans "Candide" de Voltaire

Support de Cours

La femme et ses représentations

dans Candide

Stéréotypes et Sexisme

Introduction

Traduit dans le monde entier, Candide est unanimement reconnu comme le « chef-d’œuvre » voltairien, et plus largement comme un monument emblématique de la critique de la société entreprise par le siècle des Lumières. Impertinent, subversif, généreux, ce conte philosophique est donc l’un de ces classiques de la littérature universelle dont nul n’oserait récuser le décisif ascendant qu’il a pris depuis sa parution en 1759 pour imposer la grande idée des droits de l’homme. Nous avons vu dans une étude précédente combien, s’il fallait relativiser la portée purement « philosophique » de ce roman d’apprentissage, il convenait néanmoins de saluer l’intention idéologique de Voltaire d’avoir opposé aux absolus spéculatifs un nouvel ordre de vie et de valeurs par l’action et le travail : c’est en effet le sens qu’il convient de donner à la fameuse métaphore du jardin au chapitre trente.

Cela étant dit, faut-il pour autant se priver d’une relecture critique du texte voltairien ? Certains auteurs, et non des moindres ont par exemple montré combien Voltaire n’avait pas échappé à de nombreux stéréotypes liés à son combat contre la morale judéo-chrétienne. J’en veux pour preuve l’ouvrage de Léon Poliakov qui dans son Histoire de l’antisémitisme n’hésite pas à ranger Voltaire parmi d’autres écrivains judéophobes. Il semblerait donc que l’auteur de Candide, tout en rejetant explicitement les ethnocentrismes, n’ait pas moins été victime des idées reçues et parfois des graves dérives d’une pensée qui se voulait pourtant  progressiste et n’avait d’autre but que de combattre les préjugés. Plus particulièrement dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme, je vous invite à une réinterprétation plus sociologique de certains passages de Candide, au regard de la condition féminine.

La difficulté quand on lit ce conte philosophique, c’est de se défaire d’une certaine lecture d’impulsion, caractéristique du registre burlesque : reconnaissons-le, les femmes dans Candide font l’objet de toutes les railleries. L’auteur impose avant tout une certaine image identificatrice qui, constituant tout à la fois le paradoxe et la réussite de ce livre, n’en conforte pas moins les lecteurs dans des rôles assez stéréotypés : on a envie de rire plus que de réfléchir quand on lit par exemple ce passage bien connu du chapitre un :

« Madame la baronne, qui pesait environ trois cent cinquante livres, s’attirait par là une très grande considération, et faisait les honneurs de la maison avec une dignité qui la rendait encore plus respectable. Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. »

L’ironie, arme favorite de Voltaire, joue ici à plein régime : la présentation très tendancieuse de Cunégonde (qui n’a que dix-sept ans), ridicule plutôt que noble, en fait d’emblée une sorte d’objet de consommation, à la limite de la « denrée » humaine, de la pâtisserie « copieuse », lourde à digérer de surcroît ! Toute cette mise en scène est également, si j’ose dire, une « mise en bouche » pour le lecteur : ici, la déformation fictionnelle du corps de la femme, sa plasticité physique exagérée provoque un effet de sens très ambigu : l’aspect « alimentaire » de Cunégonde annonce son appétence « sensuelle » évoquée très explicitement quelques lignes plus loin à l’occasion de la fameuse « leçon de physique expérimentale » de Pangloss :

Un jour, Cunégonde, en se promenant auprès du château, dans le petit bois qu’on appelait parc, vit entre des broussailles le docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile. Comme Mlle Cunégonde avait beaucoup de dispositions pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin ; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets et les causes, et s’en retourna tout agitée, toute pensive, toute remplie du désir d’être savante, songeant qu’elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne.

Le problème ici tient à ce que j’appellerai l’instrumentalisation du corps de la femme à des fins « philosophiques » : certes, on dira que le but de Voltaire est de s’attaquer au monde aristocratique, mais la difficulté vient des moyens employés : l’auteur ne tend-il pas à imposer ou à reproduire une image déviée et dégradante de la femme, utilisée surtout comme faire-valoir ? Certains commentateurs ont souligné à propos de ce passage l’importance accordée par Voltaire à la « complexité » de la sensualité féminine  (¹). Mais Cunégonde ne serait-elle pas davantage le type même de « l’objet consommable » ? Son attitude posturale très ridiculisée induit également une posture psychique infériorisante, dénuée précisément de « complexité » : sensualité, hypocrisie, sottise et passivité, autant de traits présumés de la femme qui en dessinent un portrait imaginaire, largement conditionné par les stéréotypes. Le chapitre huit de Candide est sur ce point très représentatif :

« J’étais dans mon lit et je dormais profondément, quand il plut au ciel d’envoyer les Bulgares dans notre beau château de Thunder-ten-tronckh ; ils égorgèrent mon père et mon frère, et coupèrent ma mère par morceaux. Un grand Bulgare, haut de six pieds, voyant qu’à ce spectacle j’avais perdu connaissance, se mit à me violer ; cela me fit revenir, je repris mes sens, je criai, je me débattis, je mordis, j’égratignai, je voulais arracher les yeux à ce grand Bulgare, ne sachant pas que tout ce qui arrivait dans le château de mon père était une chose d’usage : le brutal me donna un coup de couteau dans le flanc gauche dont je porte encore la marque. » – Hélas ! j’espère bien la voir, dit le naïf Candide. – Vous la verrez, dit Cunégonde ; mais continuons. – Continuez, dit Candide.

Elle reprit ainsi le fil de son histoire : « Un capitaine bulgare entra, il me vit toute sanglante, et le soldat ne se dérangeait pas. Le capitaine se mit en colère du peu de respect que lui témoignait ce brutal, et le tua sur mon corps. Ensuite il me fit panser, et m’emmena prisonnière de guerre dans son quartier. Je blanchissais le peu de chemises qu’il avait, je faisais sa cuisine ; il me trouvait fort jolie, il faut l’avouer ; et je ne nierai pas qu’il ne fût très bien fait, et qu’il n’eût la peau blanche et douce ; d’ailleurs peu d’esprit, peu de philosophie : on voyait bien qu’il n’avait pas été élevé par le docteur Pangloss. Au bout de trois mois, ayant perdu tout son argent et s’étant dégoûté de moi, il me vendit à un Juif nommé don Issacar, qui trafiquait en Hollande et en Portugal, et qui aimait passionnément les femmes. Ce Juif s’attacha beaucoup à ma personne, mais il ne pouvait en triompher ; je lui ai mieux résisté qu’au soldat bulgare. Une personne d’honneur peut être violée une fois, mais sa vertu s’en affermit. »

Comme vous le voyez, un certain nombre de lieux communs traversent ce passage. La femme ici est non seulement animalisée mais elle est aussi « objetisée » : victime complaisante, elle semble accepter sa condition de femme passive. Voltaire n’hésite pas à en rajouter, raillant même l’attention que Cunégonde porte à son ravisseur durant le viol par un comportement où la sensualité rivalise avec l’honneur. L’arrière-plan nécrophile et sado-masochiste de cet extrait valorise par ailleurs une scénographie agressive d’autant plus tendancieuse qu’elle légitime un certain nombre d’images résiduelles du viol dans l’imaginaire masculin, et qui sont encore largement répandues dans la société contemporaine (²).

Derrière la dévalorisation de l’idéal amoureux, c’est surtout l’image de la femme qui semble ici discréditée : le tempérament outrancièrement « sensuel » et « insatiable » de Cunégonde présentée comme une « femme-potiche », joint à une existence avilissante de « femme boniche » amènent à questionner cette violence symbolique voulue par Voltaire : les mots d' »honneur » ou de « vertu » employés ici par antiphrase font de Cunégonde l’archétype de la femme « sans tête » : elle n’est qu’un corps dénué d’esprit, un bien échangeable selon une logique consumériste :

Le grand inquisiteur m’aperçut un jour à la messe, il me lorgna beaucoup, et me fit dire qu’il avait à me parler pour des affaires secrètes. Je fus conduite à son palais ; je lui appris ma naissance ; il me représenta combien il était au-dessous de mon rang d’appartenir à un Israélite. On proposa de sa part à don Issacar de me céder à monseigneur. Don Issacar, qui est le banquier de la cour et homme de crédit, n’en voulut rien faire. L’inquisiteur le menaça d’un auto-da-fé. Enfin mon Juif, intimidé, conclut un marché, par lequel la maison et moi leur appartiendraient à tous deux en commun : que le Juif aurait pour lui les lundis, mercredis et le jour du sabbat, et que l’inquisiteur aurait les autres jours de la semaine.

Il est évident que l’image de Cunégonde dans ce chapitre se rattache aux rôles archétypiques que la société reconnaît à la femme soumise : elle n’est présentée qu’à travers l’espace domestique : salle de bain, salle à manger, cuisine, chambre à coucher (« Je blanchissais le peu de chemises qu’il avait, je faisais sa cuisine ; il me trouvait fort jolie, il faut l’avouer ; et je ne nierai pas qu’il ne fût très bien fait, et qu’il n’eût la peau blanche et douce »). Séductrice, disponible, Cunégonde est aussi dispensatrice de fantasmes, au premier rang desquels figure sa condition de « présentoir » et d’objet consommable.

La question que l’on pourrait poser est donc la suivante : par quel mécanisme convenu nul n’oserait sourire au chapitre dix-neuf qui dénonce le caractère ignoble de l’esclavage, et pourquoi nous prend-il ici l’envie de rire alors qu’il est question de viol et d’asservissement ? Car la réalité décrite est bien celle de la femme violée, battue, menacée, enfermée et marchandisée par ceux-là même qui l’ont achetée ! Certains diront sans doute que Voltaire use du registre réaliste ou burlesque pour mieux dénoncer le mal et l’absurdité de la vie. Certes, on peut admettre en effet que dans les chapitres sur la guerre ou l’Inquisition, l’antiphrase et l’ironie servent clairement ce but.

Mais ici, la dégradation de Cunégonde n’aboutit pas à une réflexion sur la femme dans son statut et sa condition. Bien au contraire, loin d’inviter à une lecture réflexive, ce passage cantonne le lecteur de Candide dans une lecture impulsive (encourageant au passage les poncifs sur la figure du banquier juif ou la corruption des hommes d’Église) : les nombreuses critiques que Voltaire dirigera une grande partie de sa vie contre le sexe féminin ont d’ailleurs maintenu ses héroïnes dans un imaginaire social largement façonné par les stéréotypes masculins et les conventions sociales de son époque. Il est quand même navrant de constater que l’émancipation de Cunégonde, à la différence de celle de Candide ne peut s’exprimer uniquement que sur le terrain sentimental ou domestique. Il n’est dès lors pas étonnant que la fin du texte la présente comme vieillie et peu désirable :

Le tendre amant Candide, en voyant sa belle Cunégonde rembrunie, les yeux éraillés, la gorge sèche, les joues ridées, les bras rouges et écaillés, recula trois pas saisi d’horreur, et avança ensuite par bon procédé. Elle embrassa Candide et son frère ; on embrassa la vieille : Candide les racheta toutes deux. Il y avait une petite métairie dans le voisinage : la vieille proposa à Candide de s’en accommoder, en attendant que toute la troupe eût une meilleure destinée. Cunégonde ne savait pas qu’elle était enlaidie, personne ne l’en avait avertie : elle fit souvenir Candide de ses promesses avec un ton si absolu que le bon Candide n’osa pas la refuser.

Alors que Candide, parvenu au terme de son apprentissage intellectuel, arrive à s’affranchir des enseignements factices de Pangloss, Cunégonde n’est même plus dans le « Sois belle et tais-toi » du chapitre huit. Elle perd ici son statut de femme pour se cantonner dans la fausseté de l’idéal sentimental. Dans le passage peut d’ailleurs se lire une peur anthropologique latente liée à la question de la reproduction : en faisant de Cunégonde une femme vieille, on comprend que lui sera parallèlement dénié son statut de mère : une récurrence remarquable est la présence du champ lexical de la laideur et de la vieillesse : « rembrunie, éraillés, sèche, écaillés » etc.

Autant de termes qui la condamnent : d’objet consommable, Cunégonde devient objet jetable. Sur le plan symbolique et moral, on pourrait voir dans cet enlaidissement la conséquence de son égoïsme et de sa lâcheté. À la fin du conte, Cunégonde n’a plus rien à espérer de la vie : elle n’est sauvée que par le comportement « vertueux » d’un Candide militant et « citoyen » qui semble presque la « racheter » de ses fautes passées, et lui éviter ainsi de finir dans le malheur et la solitude.

Nous apprendrons un peu plus loin dans le texte qu’elle devient « une excellente pâtissière », remarque pleine d’humour s’il en est, et qui n’est pas sans évoquer le premier chapitre. Certains commentateurs ont cru déceler ici une certaine tendresse de l’auteur pour son héroïne. Je serai personnellement plus réservé : en fait, même à la fin du conte, Cunégonde est maintenue dans la sphère privée, dans une posture de dominée et de dépendance, et sans doute ne serait-il pas faux de parler d’attitude discriminatoire.

De fait, alors que Candide s’est libéré, les autres personnages du livre semblent condamnés par un déterminisme héréditaire, social ou sexuel qui n’est pas sans évoquer la question de l’ambiguïté de l’écrivain à l’égard de ses créatures : tantôt Voltaire semble s’identifier à ses protagonistes comme pour la dernière réplique de Candide (c’est bien Voltaire qui parle), tantôt il les abandonne à la trivialité de leur condition…

Conclusion

La question est donc de savoir si la fin justifie toujours les moyens ? De fait, si Voltaire a été le grand écrivain de la raison et du refus des préjugés, il n’a pas pour autant renoncé à exploiter inconsciemment ou à dessein certains clichés ou stéréotypes, et Jacqueline Feldman a bien raison d’affirmer à propos des Lumières que « la rationalité est avant tout le privilège de ceux qui détiennent le pouvoir » (³). C’est précisément le sens du cri de révolte lancé par Olympe de Gouges en 1791 dans sa célèbre « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne« . Deux ans plus tard, elle sera guillotinée…

© Bruno Rigolt
Lycée en Forêt (Montargis, France) / Espace Pédagogique Contributif

NOTES

(1) D. J. Adams La Femme dans les contes et les romans de Voltaire, Nizet Paris 1974.
(2) On a presque envie de dire de Cunégonde « qu’elle l’a bien cherché ». J’ose à peine ici faire référence à ces sketchs bien connus intitulés « Le viol de Monique » (Coluche) ou « Le lâcher de s… » (Bigard) et qui semblent s’inscrire dans le droit fil de ce registre burlesque. En fait, il faut noter que dans cette insistance des stéréotypes les plus éculés réside une profonde discrimination qui paraît aller à l’encontre de tout humanisme et de toute modernité sociale.
(3) Jacqueline Feldman « Le savant et la sage-femme », Impact, Unesco (volume 25, n°1, 1975).

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Les représentations de la femme dans « Candide » de Voltaire

Support de Cours

La femme et ses représentations

dans Candide

Stéréotypes et Sexisme

Introduction

Traduit dans le monde entier, Candide est unanimement reconnu comme le « chef-d’œuvre » voltairien, et plus largement comme un monument emblématique de la critique de la société entreprise par le siècle des Lumières. Impertinent, subversif, généreux, ce conte philosophique est donc l’un de ces classiques de la littérature universelle dont nul n’oserait récuser le décisif ascendant qu’il a pris depuis sa parution en 1759 pour imposer la grande idée des droits de l’homme. Nous avons vu dans une étude précédente combien, s’il fallait relativiser la portée purement « philosophique » de ce roman d’apprentissage, il convenait néanmoins de saluer l’intention idéologique de Voltaire d’avoir opposé aux absolus spéculatifs un nouvel ordre de vie et de valeurs par l’action et le travail : c’est en effet le sens qu’il convient de donner à la fameuse métaphore du jardin au chapitre trente.

Cela étant dit, faut-il pour autant se priver d’une relecture critique du texte voltairien ? Certains auteurs, et non des moindres ont par exemple montré combien Voltaire n’avait pas échappé à de nombreux stéréotypes liés à son combat contre la morale judéo-chrétienne. J’en veux pour preuve l’ouvrage de Léon Poliakov qui dans son Histoire de l’antisémitisme n’hésite pas à ranger Voltaire parmi d’autres écrivains judéophobes. Il semblerait donc que l’auteur de Candide, tout en rejetant explicitement les ethnocentrismes, n’ait pas moins été victime des idées reçues et parfois des graves dérives d’une pensée qui se voulait pourtant  progressiste et n’avait d’autre but que de combattre les préjugés. Plus particulièrement dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme, je vous invite à une réinterprétation plus sociologique de certains passages de Candide, au regard de la condition féminine.

La difficulté quand on lit ce conte philosophique, c’est de se défaire d’une certaine lecture d’impulsion, caractéristique du registre burlesque : reconnaissons-le, les femmes dans Candide font l’objet de toutes les railleries. L’auteur impose avant tout une certaine image identificatrice qui, constituant tout à la fois le paradoxe et la réussite de ce livre, n’en conforte pas moins les lecteurs dans des rôles assez stéréotypés : on a envie de rire plus que de réfléchir quand on lit par exemple ce passage bien connu du chapitre un :

« Madame la baronne, qui pesait environ trois cent cinquante livres, s’attirait par là une très grande considération, et faisait les honneurs de la maison avec une dignité qui la rendait encore plus respectable. Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. »

L’ironie, arme favorite de Voltaire, joue ici à plein régime : la présentation très tendancieuse de Cunégonde (qui n’a que dix-sept ans), ridicule plutôt que noble, en fait d’emblée une sorte d’objet de consommation, à la limite de la « denrée » humaine, de la pâtisserie « copieuse », lourde à digérer de surcroît ! Toute cette mise en scène est également, si j’ose dire, une « mise en bouche » pour le lecteur : ici, la déformation fictionnelle du corps de la femme, sa plasticité physique exagérée provoque un effet de sens très ambigu : l’aspect « alimentaire » de Cunégonde annonce son appétence « sensuelle » évoquée très explicitement quelques lignes plus loin à l’occasion de la fameuse « leçon de physique expérimentale » de Pangloss :

Un jour, Cunégonde, en se promenant auprès du château, dans le petit bois qu’on appelait parc, vit entre des broussailles le docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile. Comme Mlle Cunégonde avait beaucoup de dispositions pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin ; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets et les causes, et s’en retourna tout agitée, toute pensive, toute remplie du désir d’être savante, songeant qu’elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne.

Le problème ici tient à ce que j’appellerai l’instrumentalisation du corps de la femme à des fins « philosophiques » : certes, on dira que le but de Voltaire est de s’attaquer au monde aristocratique, mais la difficulté vient des moyens employés : l’auteur ne tend-il pas à imposer ou à reproduire une image déviée et dégradante de la femme, utilisée surtout comme faire-valoir ? Certains commentateurs ont souligné à propos de ce passage l’importance accordée par Voltaire à la « complexité » de la sensualité féminine  (¹). Mais Cunégonde ne serait-elle pas davantage le type même de « l’objet consommable » ? Son attitude posturale très ridiculisée induit également une posture psychique infériorisante, dénuée précisément de « complexité » : sensualité, hypocrisie, sottise et passivité, autant de traits présumés de la femme qui en dessinent un portrait imaginaire, largement conditionné par les stéréotypes. Le chapitre huit de Candide est sur ce point très représentatif :

« J’étais dans mon lit et je dormais profondément, quand il plut au ciel d’envoyer les Bulgares dans notre beau château de Thunder-ten-tronckh ; ils égorgèrent mon père et mon frère, et coupèrent ma mère par morceaux. Un grand Bulgare, haut de six pieds, voyant qu’à ce spectacle j’avais perdu connaissance, se mit à me violer ; cela me fit revenir, je repris mes sens, je criai, je me débattis, je mordis, j’égratignai, je voulais arracher les yeux à ce grand Bulgare, ne sachant pas que tout ce qui arrivait dans le château de mon père était une chose d’usage : le brutal me donna un coup de couteau dans le flanc gauche dont je porte encore la marque. » – Hélas ! j’espère bien la voir, dit le naïf Candide. – Vous la verrez, dit Cunégonde ; mais continuons. – Continuez, dit Candide.

Elle reprit ainsi le fil de son histoire : « Un capitaine bulgare entra, il me vit toute sanglante, et le soldat ne se dérangeait pas. Le capitaine se mit en colère du peu de respect que lui témoignait ce brutal, et le tua sur mon corps. Ensuite il me fit panser, et m’emmena prisonnière de guerre dans son quartier. Je blanchissais le peu de chemises qu’il avait, je faisais sa cuisine ; il me trouvait fort jolie, il faut l’avouer ; et je ne nierai pas qu’il ne fût très bien fait, et qu’il n’eût la peau blanche et douce ; d’ailleurs peu d’esprit, peu de philosophie : on voyait bien qu’il n’avait pas été élevé par le docteur Pangloss. Au bout de trois mois, ayant perdu tout son argent et s’étant dégoûté de moi, il me vendit à un Juif nommé don Issacar, qui trafiquait en Hollande et en Portugal, et qui aimait passionnément les femmes. Ce Juif s’attacha beaucoup à ma personne, mais il ne pouvait en triompher ; je lui ai mieux résisté qu’au soldat bulgare. Une personne d’honneur peut être violée une fois, mais sa vertu s’en affermit. »

Comme vous le voyez, un certain nombre de lieux communs traversent ce passage. La femme ici est non seulement animalisée mais elle est aussi « objetisée » : victime complaisante, elle semble accepter sa condition de femme passive. Voltaire n’hésite pas à en rajouter, raillant même l’attention que Cunégonde porte à son ravisseur durant le viol par un comportement où la sensualité rivalise avec l’honneur. L’arrière-plan nécrophile et sado-masochiste de cet extrait valorise par ailleurs une scénographie agressive d’autant plus tendancieuse qu’elle légitime un certain nombre d’images résiduelles du viol dans l’imaginaire masculin, et qui sont encore largement répandues dans la société contemporaine (²).

Derrière la dévalorisation de l’idéal amoureux, c’est surtout l’image de la femme qui semble ici discréditée : le tempérament outrancièrement « sensuel » et « insatiable » de Cunégonde présentée comme une « femme-potiche », joint à une existence avilissante de « femme boniche » amènent à questionner cette violence symbolique voulue par Voltaire : les mots d' »honneur » ou de « vertu » employés ici par antiphrase font de Cunégonde l’archétype de la femme « sans tête » : elle n’est qu’un corps dénué d’esprit, un bien échangeable selon une logique consumériste :

Le grand inquisiteur m’aperçut un jour à la messe, il me lorgna beaucoup, et me fit dire qu’il avait à me parler pour des affaires secrètes. Je fus conduite à son palais ; je lui appris ma naissance ; il me représenta combien il était au-dessous de mon rang d’appartenir à un Israélite. On proposa de sa part à don Issacar de me céder à monseigneur. Don Issacar, qui est le banquier de la cour et homme de crédit, n’en voulut rien faire. L’inquisiteur le menaça d’un auto-da-fé. Enfin mon Juif, intimidé, conclut un marché, par lequel la maison et moi leur appartiendraient à tous deux en commun : que le Juif aurait pour lui les lundis, mercredis et le jour du sabbat, et que l’inquisiteur aurait les autres jours de la semaine.

Il est évident que l’image de Cunégonde dans ce chapitre se rattache aux rôles archétypiques que la société reconnaît à la femme soumise : elle n’est présentée qu’à travers l’espace domestique : salle de bain, salle à manger, cuisine, chambre à coucher (« Je blanchissais le peu de chemises qu’il avait, je faisais sa cuisine ; il me trouvait fort jolie, il faut l’avouer ; et je ne nierai pas qu’il ne fût très bien fait, et qu’il n’eût la peau blanche et douce »). Séductrice, disponible, Cunégonde est aussi dispensatrice de fantasmes, au premier rang desquels figure sa condition de « présentoir » et d’objet consommable.

La question que l’on pourrait poser est donc la suivante : par quel mécanisme convenu nul n’oserait sourire au chapitre dix-neuf qui dénonce le caractère ignoble de l’esclavage, et pourquoi nous prend-il ici l’envie de rire alors qu’il est question de viol et d’asservissement ? Car la réalité décrite est bien celle de la femme violée, battue, menacée, enfermée et marchandisée par ceux-là même qui l’ont achetée ! Certains diront sans doute que Voltaire use du registre réaliste ou burlesque pour mieux dénoncer le mal et l’absurdité de la vie. Certes, on peut admettre en effet que dans les chapitres sur la guerre ou l’Inquisition, l’antiphrase et l’ironie servent clairement ce but.

Mais ici, la dégradation de Cunégonde n’aboutit pas à une réflexion sur la femme dans son statut et sa condition. Bien au contraire, loin d’inviter à une lecture réflexive, ce passage cantonne le lecteur de Candide dans une lecture impulsive (encourageant au passage les poncifs sur la figure du banquier juif ou la corruption des hommes d’Église) : les nombreuses critiques que Voltaire dirigera une grande partie de sa vie contre le sexe féminin ont d’ailleurs maintenu ses héroïnes dans un imaginaire social largement façonné par les stéréotypes masculins et les conventions sociales de son époque. Il est quand même navrant de constater que l’émancipation de Cunégonde, à la différence de celle de Candide ne peut s’exprimer uniquement que sur le terrain sentimental ou domestique. Il n’est dès lors pas étonnant que la fin du texte la présente comme vieillie et peu désirable :

Le tendre amant Candide, en voyant sa belle Cunégonde rembrunie, les yeux éraillés, la gorge sèche, les joues ridées, les bras rouges et écaillés, recula trois pas saisi d’horreur, et avança ensuite par bon procédé. Elle embrassa Candide et son frère ; on embrassa la vieille : Candide les racheta toutes deux. Il y avait une petite métairie dans le voisinage : la vieille proposa à Candide de s’en accommoder, en attendant que toute la troupe eût une meilleure destinée. Cunégonde ne savait pas qu’elle était enlaidie, personne ne l’en avait avertie : elle fit souvenir Candide de ses promesses avec un ton si absolu que le bon Candide n’osa pas la refuser.

Alors que Candide, parvenu au terme de son apprentissage intellectuel, arrive à s’affranchir des enseignements factices de Pangloss, Cunégonde n’est même plus dans le « Sois belle et tais-toi » du chapitre huit. Elle perd ici son statut de femme pour se cantonner dans la fausseté de l’idéal sentimental. Dans le passage peut d’ailleurs se lire une peur anthropologique latente liée à la question de la reproduction : en faisant de Cunégonde une femme vieille, on comprend que lui sera parallèlement dénié son statut de mère : une récurrence remarquable est la présence du champ lexical de la laideur et de la vieillesse : « rembrunie, éraillés, sèche, écaillés » etc.

Autant de termes qui la condamnent : d’objet consommable, Cunégonde devient objet jetable. Sur le plan symbolique et moral, on pourrait voir dans cet enlaidissement la conséquence de son égoïsme et de sa lâcheté. À la fin du conte, Cunégonde n’a plus rien à espérer de la vie : elle n’est sauvée que par le comportement « vertueux » d’un Candide militant et « citoyen » qui semble presque la « racheter » de ses fautes passées, et lui éviter ainsi de finir dans le malheur et la solitude.

Nous apprendrons un peu plus loin dans le texte qu’elle devient « une excellente pâtissière », remarque pleine d’humour s’il en est, et qui n’est pas sans évoquer le premier chapitre. Certains commentateurs ont cru déceler ici une certaine tendresse de l’auteur pour son héroïne. Je serai personnellement plus réservé : en fait, même à la fin du conte, Cunégonde est maintenue dans la sphère privée, dans une posture de dominée et de dépendance, et sans doute ne serait-il pas faux de parler d’attitude discriminatoire.

De fait, alors que Candide s’est libéré, les autres personnages du livre semblent condamnés par un déterminisme héréditaire, social ou sexuel qui n’est pas sans évoquer la question de l’ambiguïté de l’écrivain à l’égard de ses créatures : tantôt Voltaire semble s’identifier à ses protagonistes comme pour la dernière réplique de Candide (c’est bien Voltaire qui parle), tantôt il les abandonne à la trivialité de leur condition…

Conclusion

La question est donc de savoir si la fin justifie toujours les moyens ? De fait, si Voltaire a été le grand écrivain de la raison et du refus des préjugés, il n’a pas pour autant renoncé à exploiter inconsciemment ou à dessein certains clichés ou stéréotypes, et Jacqueline Feldman a bien raison d’affirmer à propos des Lumières que « la rationalité est avant tout le privilège de ceux qui détiennent le pouvoir » (³). C’est précisément le sens du cri de révolte lancé par Olympe de Gouges en 1791 dans sa célèbre « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne« . Deux ans plus tard, elle sera guillotinée…

© Bruno Rigolt
Lycée en Forêt (Montargis, France) / Espace Pédagogique Contributif

NOTES

(1) D. J. Adams La Femme dans les contes et les romans de Voltaire, Nizet Paris 1974.
(2) On a presque envie de dire de Cunégonde « qu’elle l’a bien cherché ». J’ose à peine ici faire référence à ces sketchs bien connus intitulés « Le viol de Monique » (Coluche) ou « Le lâcher de s… » (Bigard) et qui semblent s’inscrire dans le droit fil de ce registre burlesque. En fait, il faut noter que dans cette insistance des stéréotypes les plus éculés réside une profonde discrimination qui paraît aller à l’encontre de tout humanisme et de toute modernité sociale.
(3) Jacqueline Feldman « Le savant et la sage-femme », Impact, Unesco (volume 25, n°1, 1975).

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Publication des supports de cours en ligne. Calendrier prévisionnel [4-11 mars 2009]

Classe de Seconde 12

  • Support de cours Séquence 6. Introduction à La Mort à Venise (Thomas Mann). Mise en ligne : jeudi 5 mars mis en ligne

Classes de Première

  • Support de cours Séquence 3 Candide ou le combat des Lumières : mise en ligne reportée au mercredi 4 mars mis en ligne
  • Support de cours Séquence 3 Le style de Voltaire dans Candide : mise en ligne vendredi 6 mars, 21:00
  • Support de cours Séquence 3 Voltaire et les représentations de la femme dans Candide. Stéréotypes et sexisme : mise en ligne dimanche 8 mars mis en ligne

BTS 2

  • Sociologie du détour : crise des modèles et ruptures sociétales : mise en ligne reportée au samedi 7 mars.
  • Entraînement BTS n°3 (« Faire voir ») : mise en ligne mercredi 11 mars mis en ligne
  • (« Faire voir ») L’image de soi à la télévision ; du corps biologique au corps médiatique : mise en ligne reportée après les vacances d’hiver.
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BTS blanc du 20 février… Rapport du Jury…

Voici le rapport que j’ai établi pour ce BTS blanc, sur la base des remarques de ma collègue et de mes propres observations.

Rappel du sujet

  • Corpus :
  • Consignes :
    • Première partie (synthèse) : Vous ferez une synthèse concise, objective et ordonnée des documents du corpus
    • Deuxième partie (écriture personnelle) : Selon vous, le mot “star” a-t-il encore un sens aujourd’hui?
  • Un bilan fortement nuancé…

    La moyenne générale est de 8,77. Les écarts de notes entre correcteurs sont infimes pour la synthèse, à peine plus marqués pour l’écriture personnelle :

    • Synthèse : 17,7/40 pour le correcteur 1 (moi), 18/40 pour le correcteur 2 ;
    • Écriture personnelle : 07,3 pour le correcteur 1, 08,3/20 pour le correcteur 2.

    Reconnaissons-le : les notes sont décevantes. La raison principale tient au fait que beaucoup d’étudiantes n’ont sans doute pas mesuré les enjeux de cet examen blanc. Quand je suis arrivé dans la salle pour prendre la relève de la surveillance, j’ai été un peu « étonné » (c’est un euphémisme) de voir des téléphones portables posés sur certaines tables… De même, en parcourant l’intitulé des copies, j’ai lu « contrôle » sur l’une d’elles alors qu’il s’agit d’un examen… Ce sont des signes qu’il faut savoir interpréter : à l’évidence, vous n’avez pas suffisamment pris en compte la nature de l’épreuve. La préparation personnelle a d’ailleurs été insuffisante : au niveau de la synthèse de documents, les fautes les plus élémentaires se sont multipliées (textes non présentés parfois, annonce du plan oubliée dans l’introduction, etc.). Quant à l’écriture personnelle, oserais-je mentionner ici ce qui est plus grave encore ? Le fait d’avoir arrêté de travailler une heure avant la fin de l’épreuve pour la moitié d’entre vous. C’est tout bonnement inadmissible : quatre heures, c’est quatre heures, et pas trois heures trente, et encore moins trois heures ! Ma collègue et moi-même serons clairs sur ce point : la durée de l’épreuve revêt une importance cruciale : si vous n’utilisez pas le temps dont vous disposez, beaucoup d’entre vous ne pourront pas réussir.

    Je voudrais donc profiter de ce rapport pour dresser un bilan critique des problèmes qui se sont posés et rappeler un certain nombre de règles ou conseils utiles pour l’examen.

    L’orthographe et la syntaxe.

    Elles ont été pour quelques unes d’entre vous désastreuses. Si cette remarque vous fait sourire, n’oubliez pas qu’au-delà de l’examen du BTS, vous êtes censées être des professionnelles assistant des chefs d’entreprise. À la lecture de certaines copies, ma collègue et moi-même sommes restés sans voix : près de 50 fautes d’orthographe dans deux devoirs ! C’est tout bonnement inadmissible : sachez qu’un grand nombre d’impropriétés grammaticales dans une lettre de candidature à un emploi est éliminatoire. Pour en rester au niveau de l’examen, je peux vous dire qu’un correcteur au BTS interprète en général de tels manquements non pas comme l’indice d’une méconnaissance regrettable (surtout pour des fautes relevant de l’école primaire) mais comme un relâchement, une négligence coupable, une désinvolture à l’encontre de l’épreuve. Comment un candidat peut-il prétendre assister un chef d’entreprise, alors qu’il néglige ces bases les plus élémentaires de la communication que sont l’orthographe et la syntaxe ? On ne fait pas mieux pour dévaloriser un diplôme ! Pour parler chiffres, une orthographe et une syntaxe relâchées vous feront perdre entre 3 et 4 points.

    Voici par exemple quelques extraits qui en disent long sur les problèmes évoqués ci-dessus :

    « Le mot « star » a toujours un sens car, il y a une grande differénce qui permet de dire que le mot star signifit toujours quelque chose. Ces personnes célèbres pour la plus part, ils ont un réel talent ».

    Dans ce court extrait, l’accumulation des fautes pose évidemment problème : le mauvais placement de la virgule (après « car » au lieu d’être avant), la répétition de l’adverbe « toujours », l’accent aigu mal positionné sur le nom « différence », la terminaison du verbe « signifier », le mot « plupart » mal orthographié. Et que dire de la double faute sur « ils » : grammaticalement, c’est incorrect puisque le sujet est « personnes », nom féminin, mais syntaxiquement c’est une impropriété totale. Il aurait fallu écrire : « Ces personnes célèbres ont pour la plupart un réel talent ».
    « Le problème que l’on pourrait se poser est : est-ce que le mot « star » a-t-il encore un sens? » 
    Au lieu de : est-ce que le mot « star » a encore un sens? » ou bien : « le mot « star » a-t-il encore un sens? »

    Les impropriétés lexicales ou sémantiques

    « Tout d’abord, Edgar Morin dans Les Stars critique le capitalisme« .
    Il y a erreur ici : le but de l’auteur est d’envisager de façon critique le « star-system » et non de critiquer le système capitaliste.
    « Il serait alors intéressant de nous interroger sur la star et sa vie. Pouvons-nous dire que l’on aimerait vraiment vivre comme ces stars? »
    Le problème majeur de ce passage extrait d’une introduction de synthèse est qu’il problématise mal le corpus : la candidate sort du thème (la fascination exercée par les stars, le marketing, etc.) pour dévier sur un autre problème : « aimeriez-vous vivre comme les stars? ». Aucun auteur n’aborde explicitement ce questionnement!
    « En effet, pour certains, la star est assimilée à tout autre chose« 
     Les expressions « pour certains » ou « tout autre chose » ne sont pas judicieuses ici : qui sont « certains »? Des journalistes? Des critiques? Des essayistes? De même, l’expression « tout autre chose » ne renseigne en rien sur l’idée.
    « Le mot « star » ne renvoit pas à son sens premier qui est le talent mais à tout autre domaines« .
    Outre l’orthographe, ce qui est gênant ici c’est d’abord la relation analogique trop arbitraire entre le talent et la star, mais surtout l’expression « tout autre domaine » manque de précision, puisqu’elle n’éclaire pas  le lecteur.
    « De tout temps, on n’a jamais été donné à se faire voir« 
    Il s’agissait de la première phrase de l’introduction ! D’entrée, un tel charabia ne prédispose pas favorablement le correcteur!

    Les répétitions et incohérences logiques

    « Tout d’abord, nous verrons que dorénavant la star est assimilée à la société de consommation et donc tend plus à une destinée capitaliste. Cependant, nous verrons que toutefois… »
    La question que l’on pourrait poser ici est de savoir si la candidate s’est relue : le verbe voir répété deux fois, la multiplication des connecteurs logiques (tout d’abord, donc, cependant, toutefois) rend le texte difficile à  comprendre. On pourrait relever également l’expression « destinée capitaliste » qui n’a pas vraiment de sens ici.
    « Une vraie star est une personne très connue qui est et reste populaire pendant des années […].  Une vraie star est une personne qui est et reste connue des années« .
    De telles redites à quelques lignes d’intervalle sont évidemment lourdement pénalisées.

    Les erreurs sur les genres ou les types

    Beaucoup de candidates se sont trompées sur les genres des textes en qualifiant d' »article » ou même de « roman » l’essai d’Edgar Morin. De même, à propos d’Ingrid Caven de Jean-Jacques Schuhl, deux candidates ont parlé d’article ou d’essai. Pourtant, le paratexte devait vous mettre sur la voie : « Le narrateur évoque Ingrid Caven, chanteuse et actrice née en 1944 (elle vit actuellement avec l’auteur du roman) ». Les termes de « narrateur » et de « roman » étaient ici très clairs. Dans une copie, nous avons trouvé l’expression : « Edgar Morin raconte » : si l’auteur « raconte », c’est que le texte est narratif!

    Je pourrais multiplier les exemples à l’envi (*) ! Je me bornerai ici à rappeler quelques points essentiels.

    La gestion du temps pendant l’épreuve

    La gestion de votre temps est fondamentale. C’est elle qui conditionne en grande partie la réussite de l’épreuve.
    Vous disposez de 4 heures : vous devez donc être structurées par ces 4 heures (et non trois heures!). À chaque session, un nombre important de candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail. Un conseil que je vous avais déjà donné en cours : lisez rapidement les textes et ne vous perdez pas dans des questionnements indéfinis si vous n’avez pas compris un terme ou une expression. Allez à l’essentiel en adoptant une lecture rapide. Le premier avantage de la lecture rapide est évidemment le gain de temps : moins vous mettrez de temps pour lire le corpus, plus vous pourrez structurer le plan de votre synthèse et améliorer les qualités rédactionnelles de vos travaux.

    Attention toutefois, car lire vite et donc mieux est un atout mais le but de l’épreuve n’est pas de lire tous les documents en un minimum de temps ; c’est de les comprendre. Le bon lecteur absorbe un grand nombre d’informations, dépouille une documentation, cherche rapidement un chiffre ou une information dans un texte. Mais il ne suffit pas de les enregistrer, encore faut-il les traiter correctement en hiérarchisant les informations. Trois opérations sont indispensables, lors de l’épreuve :

    1. répartir son temps,
    2. analyser le sujet,
    3. mobiliser ses connaissances.

    _______________

    1. Répartir son temps : entraînez-vous impérativement chez vous pour savoir d’avance quels sont vos points forts et vos limites. Voici 2 exemples de gestion du temps pour l’écriture personnelle, en fonction de sensibilités et de compétences différentes. Voyez celui qui vous convient le mieux :

      • cas de figure n°1 : le travail d’écriture personnelle durant 1h30 environ (en comptant qu’on a passé 2h30 sur la synthèse), comptez 20 minutes pour la recherche des idées ; 10 minutes pour l’élaboration du plan ; 30 minutes pour le développement ; 10 minutes pour l’introduction ;10 minutes pour la conclusion ; 10 minutes pour la relecture.

      • cas de figure n°2 : analyse du sujet, 10 minutes. Pensez à Lire et à comprendre le sujet. Il exige toujours une grande rigueur logique dans l’appréciation de la problématique posée. Prise de notes pour la préparation du sujet : 20 minutes. Plan : thèse, antithèse, etc. 20 minutes. Rédaction : 40 minutes. Relecture : 10 minutes (5 minutes au pire). Votre relecture doit être attentive. L’idéal étant de relire votre copie comme si elle était écrite par un autre.

    2. Analyser le sujet : la plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le stress en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé.Tout d’abord, lisez plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage. Un conseil au passage : lisez l’intitulé du sujet d’écriture personnelle AVANT de lire le corpus. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, c’est le sujet d’écriture personnelle qui va conditionner et orienter votre lecture des documents.

    3. Mobiliser ses connaissances en cernant le sujet. Rappelez-vous de ces quatre lettres : « T.L.P.C. ».

      1. Le Thème (T) : il s’agit de déterminer le champ dans lequel se situe le sujet (par exemple « Faire voir » ou « le détour », et d’établir des comparaisons avec d’autres thèmes afin d’enrichir l’écriture personnelle.

      2. Les limites (L) : il est essentiel de déterminer les limites d’un thème, d’un sujet : une étudiante a cru bon dans le travail de synthèse d’évoquer Orwell et Big Brother : très franchement, quel rapport avec un sujet portant sur le star-system? Cette question des limites du thème est fondamentale. Ne pas en tenir compte, c’est courir le risque du hors-sujet. Prenons par exemple cet extrait de devoir : « Quant à l’affiche du quarante-sixième festival international du Film en 1993, elle nous montre bien l’importance de l’image de la star et combien ce film doit être spectaculaire… ». Ici, la candidate est en train de dévier sur une autre question qui est la spectacularisation de l’image dans les médias. Mais ce n’était pas du tout l’angle d’approche de ce corpus !

      3. La Problématique (P) : c’est-à-dire les différentes façons de poser le problème, d’envisager différents points de vue, les particularités, les solutions… Le plus important ici est de questionner le sujet : par exemple, pourquoi y a-t-il eu des stars? Par rapport à quoi ? Pourquoi parle-t-on davantage maintenant de « People » et moins de stars? etc.

      4. La Consigne (C). Vous devez évidemment la respecter scrupuleusement en vous posant toujours cette question : « Qu’est-ce qu’on attend de moi exactement? »

    La synthèse de documents.

    Le but de l’épreuve est de dégager les éléments essentiels d’un dossier et les organiser selon un point de vue et en fonction d’objectifs déterminés. Le corpus présenté, largement tourné autour de la sphère cinématographique, abordait deux aspects clés du « star-system » : la fascination et le marketing. Il était essentiel de bien cerner les limites du sujet et de ne pas s’en écarter. Certaines candidates ont cru bon d’aborder dans la synthèse la question des people et de la télé-réalité. Cela ne convenait pas, en tout cas, pour la synthèse.
    Trois grands champs de compétences sont évalués le jour de l’examen :
    1. La compréhension synthétique des documents (dégager les idées principales d’un texte et les reformuler) ;
    2. La visée démonstrative du raisonnement par confrontation des documents ;
    3. Les qualités d’expression, de style, etc.

    • Comme vous le voyez, la lecture des documents se doit d’abord d’être fidèle et synthétique : allez toujours vers l’interprétation textuelle globale. Un point de détail n’est intéressant à remarquer que s’il conduit vers une interprétation d’ensemble (mettre en évidence la problématique du corpus). Il est évident qu’une restitution fidèle des documents exige une lecture attentive et objective. L’exemple qui suit est caractéristique  de ce qui est fortement pénalisé lors d’une épreuve :

    « Dans le roman de J.-J. Schuhl, nous pouvons voir une mise en scène de la femme marionnette. L’auteur idéalise cette personne. Il n’y a plus de frontière entre le réel et le surnaturel. Le medium communique avec les choses matérielles. Nous pouvons donc rattacher ceci au Big Brother. Plus aucune limite entre la vie privée et professionnelle. Tout se sait grâce ou à cause d’une « police de la pensée ».

    Un tel texte laisse perplexe : la question qu’on peut en effet se poser est de savoir pourquoi la candidate a surinterprété un document pourtant assez simple (le texte de J.-J. Schuhl ne présentait aucune difficulté de compréhension) ? Quel rapport entre la star-pantin manipulée sur la scène et l’idée de manipulation politico-idéologique propre à la contre-utopie d’Orwell? Ici, non seulement nous avons affaire à un contresens mais qui plus est à un commentaire personnel (la « police de la pensée »). Je ferai une remarque assez similaire concernant une étudiante qui dans un devoir très sérieux par ailleurs fait référence explicitement à Shakespeare en affirmant à propos du texte de Schuhl et de l’affiche de Cannes que « le monde entier est un théâtre ». Cette citation n’a rien à faire dans la synthèse puisque le propre de l’épreuve est de s’en tenir au corpus. De plus, elle faussait l’interprétation des documents. À la rigueur, on pouvait l’exploiter dans l’écriture personnelle (Stars et télé-réalité) même si ce passage d’une tirade célèbre convient peut-être mieux pour des problématiques comme la politique-spectacle, le vrai et l’illusion, le réel et le virtuel, etc.

    Comprenez bien que le but n’est pas de stigmatiser ici tel ou tel candidat au BTS, mais de bien faire comprendre les exigences de forme et de fond attendues lors de l’épreuve. La synthèse de documents est un exercice qui ne s’improvise pas : c’est avant tout un exercice de rigueur et de réflexion.

    • Attention aussi à ne pas oublier de document ! Une étudiante sans doute peu inspirée par le texte de J.-J. Schuhl a tout simplement oublié d’en parler dans sa synthèse ! Je vous rappelle donc les instructions officielles : vous devez faire une référence explicite à tous les documents du corpus : toute omission est lourdement sanctionnée.

    • Au niveau de l’organisation de la synthèse, quelques candidates, abusées peut-être par la simplicité apparente du dossier, se sont limitées à un plan « linéaire », se contentant de juxtaposer de façon mécanique et non réfléchie les analyses de documents : cela les a amenées trop souvent à écrire ce qui leur venait à l’esprit, sans logique thématique ou démonstrative, et bien sûr à faire de la paraphrase de textes au détriment d’une confrontation critique. N’oubliez pas que cela entraîne presque toujours le refus de la moyenne. Vous devez adopter un plan « dynamique » vous amenant à mettre en perspective les documents entre eux.

    • Concernant l’introduction (je ne reviens pas sur ce que j’ai déjà évoqué), je rappelle que si vous ne présentez pas les documents en introduction, vous devez impérativement les identifier précisément lors de leur première utilisation : à ce sujet, que d’oublis de date, éditeurs, année de publication, date de parution pour un article de journal, etc. J’insiste en outre sur la nécessité de rappeler le thème et de situer la problématique par rapport à ce thème. Quant au plan, il est bien entendu nécessaire de l’annoncer dans l’introduction.

    • La conclusion : certaines candidates se croient toujours obligées malgré tout ce qui a été dit, de proposer une « conclusion personnelle ». Dans la mesure où l’on vous demande ensuite de rédiger un travail d’écriture personnelle, il s’avère donc inutile (et souvent maladroit) de rédiger quelques lignes, le plus souvent indigentes, quant à votre point de vue. Tenez-vous-en au corpus en employant quelques formules conclusives amenant à un bilan global.

    L’écriture personnelle

    La longueur attendue est de deux pages. Les jurys d’examen souhaitent un travail achevé (introduction, développement, conclusion) et construit selon une logique démonstrative. Dans le cas présent, la question posée vous invitait implicitement à opposer la star d’hier, objet de rêve et de fascination, aux people d’aujourd’hui. Le supplément de cours publié récemment sur ce site (« Les people et l’image : entre sublimation et désublimation« ) constituait une aide appréciable, à la condition évidemment d’avoir travaillé sérieusement sur le sujet. Le problème qui s’est posé pour certaines d’entre vous a été la redite du corpus : l’écriture personnelle, comme son intitulé l’indique, se doit d’amener et de justifier un point de vue personnel : ce n’est donc pas une paraphrase des textes. Une bonne copie est celle qui, prenant la problématique du corpus comme un point de départ, est capable de défendre une prise de position nourrie de réflexions personnelles vis-à-vis des thèses des auteurs. À ce titre, que de plans catalogue dont l’argumentation ne progressait pas!

    Vous avez souvent opté pour un plan en deux parties. C’était tout à fait acceptable, sous réserve cependant qu’on perçoive une discussion critique. Attention au caractère parfois très sclérosant du plan antithétique, qui finit par un travail du type : le pour et le contre. De là des essais argumentatifs amenant à la présentation stéréotypée et impersonnelle d’un problème, quand le jury recherche avant tout la qualité de la discussion d’idées ou d’une thèse, la progression du raisonnement, la rigueur de la démonstration, la capacité du candidat à réfléchir par lui-même.

    Au risque de surprendre peut-être certaines étudiantes, je rappelle que l’écriture personnelle n’est pas un paragraphe argumentatif, encore moins une rédaction « au fil de la plume ». Il s’agit d’évaluer les capacités de l’étudiant à mobiliser ses connaissances et sa culture tout en utilisant des outils intellectuels nécessaires à la conduite cohérente et logique d’une démonstration visant à une prise de position. On attendait à ce titre un minimum de culture générale. Je ne reviens pas sur l’orthographe et la syntaxe : j’en ai longuement parlé au début : je rappelle simplement que trop de maladresses de style ou d’expression est extrêmement pénalisant : jusqu’à 3 points (sur 20) rien que pour l’écriture personnelle !

    Proposition de remédiation

    Je souhaite que les étudiantes volontaires reprennent ce travail de façon sérieuse et méthodique, Vous possédez en effet largement le potentiel pour réussir : ce relatif échec comme je l’ai dit est dû essentiellement à un relâchement ponctuel. Si vous n’avez pas gardé le sujet avec vous, demandez-le moi : je vous le ferai parvenir par courriel. J’attacherai la plus grande importance à ce travail de remédiation. Il n’est nullement obligatoire bien entendu mais je vous recommande fortement de le faire.

    Dans tous les cas, vos travaux complets devront me parvenir par voie électronique avant le 16 mars 2009, afin que je puisse vous rendre vos travaux le 23 mars, jour de votre reprise.  Les deux étudiantes absentes doivent évidemment traiter le sujet.

    Pour vous aider concernant le plan de la synthèse… Dans une première partie, vous pouvez vous intéresser au statut de la star. Premier  paragraphe : Quoi? Définitions du mot (performances, talent, toute-puissance, etc.), deuxième paragraphe : Comment ? Exposition médiatique, manipulation, etc. Dans une deuxième partie, vous pouvez aborder la question de la fascination qu’exercent les stars (Pour quoi?) selon une double perspective : pensez à confronter les documents : E. Morin ou la journaliste R. Azimi ont une vision plus matérielle et mercantile de la star, tandis que Jean-Jacques Schuhl ou l’affiche du festival de Cannes semblent célébrer davantage sa dimension quasi mythique.

    Quant à l’écriture personnelle, je fais confiance à votre investissement. Inutile cependant d’en écrire trop : rédigez un travail fortement structuré et argumenté, avec un bon niveau de connaissance, d’analyse et de réflexion personnelle. N’oubliez pas de consulter la fiche de synthèse distribuée en cours sur les essais (Morin, Debord, etc.). Vous devez l’exploiter. Je serai intraitable concernant l’orthographe et j’appliquerai à la lettre les consignes données aux correcteurs lors de l’examen :

    • Jusqu’à 10 fautes, on ne pénalise pas
    • Entre 10 et 15 fautes : -1/20
    • Entre 16 et 20 fautes : -2/20
    • Au-delà : -3 à -4/20

    Pensez à m’envoyer vos travaux avant le 16 mars. Si vous avez besoin d’un conseil sur un point précis, vous pouvez m’adresser un courriel. Bon courage pour votre stage. N’oubliez pas de consulter régulièrement le cahier de texte afin de vous entraîner (il y aura d’autres supports de cours ainsi que des exercices d’entraînement).

    Bruno Rigolt

    __________

    (*) à l’envi : toujours plus, à l’excès.

    BTS blanc du 20 février… Résultats et rapport du jury…

    Comme pour tous les examens blancs, j’ai adopté le principe de la double correction : une collègue de l’académie de Paris corrigera également vos copies (qui ont été anonymées pour l’occasion). Dans un esprit de bienveillance, seule la plus élevée des deux notes sera retenue. Nous corrigeons en ce moment les devoirs.

    • Les résultats finaux seront consultables lundi 23 février à 17 heures sur Pronote.
    • Les notes de détail (synthèse, écriture personnelle, note du correcteur 1, note du correcteur 2) seront également publiées sur ce site : pour permettre une identification facile tout en préservant l’anonymat des candidates, seule la première lettre du prénom et les deux dernières lettres du nom apparaîtront.
    • À l’issue de cette correction, j’établierai un « rapport du jury » qui sera diffusé en ligne le mercredi 25 février à 17 heures sur la base des remarques de ma collègue et de mes propres observations.

    Allemand en Seconde 12 : fin du dispositif de continuité pédagogique.

    Bonne nouvelle : un professeur remplaçant d’Allemand prendra en charge la classe de Seconde 12 dès ce vendredi. Eu égard à la démarche bienveillante de M. Baumgartner, je demande néanmoins aux élèves intéressés de s’investir dans l’énigme qu’il vous a proposée (distribuée ce mercredi : voir le cahier de texte de février en cliquant ici). Merci.

    Bientôt le Salon de l’Étudiant – Paris 2009

    Orientation Seconde 12

    orientattion1.1234762342.jpgL’orientation pour certains, c’est aller en S, en ES, en STG ou en L… Pour le reste… c’est cocher une case sur la fiche navette… en oubliant souvent qu’on s’engage dans un processus à long terme qui va bien au-delà de la Première ou de la Terminale. S’orienter, au sens où vous l’avez compris en préparant votre CV projectif, c’est au contraire élaborer une démarche personnelle d’anticipation stratégique : dès la Seconde (et a fortiori en Première), vous devez en effet apprendre à maîtriser votre futur sur le long terme. Aussi, je ne saurai trop vous conseiller (surtout si vous avez raté le salon d’Orléans) de vous rendre en mars 2009 au Salon de l’Étudiant qui aura lieu du 6 au 8 mars à Paris-Expo (Porte de Versailles, Pavillon 2 niveau 1). De fait, voir un salon régional, c’est bien mais voir d’autres salons, et particulièrement un salon très ouvert à l’international, c’est l’occasion d’élargir ses horizons, de se confronter à d’autres lieux, à d’autres visages, d’envisager différemment son projet personnel et vocationnel (présence d’un pôle international, débats avec des professionnels, etc.). Vous pourrez obtenir de nombreux renseignements sur les filières courtes (BTS, DUT), les filières universitaires, les cursus médicaux, et bien sûr les grandes écoles dont Science-Po… De plus, avec le site letudiant.fr, bénéficiez d’une invitation gratuite. En moins d’une heure de train (55 minutes jusqu’à Paris-Bercy) ou un peu plus en voiture, c’est aussi l’occasion rêvée d’une balade sympa.

    Bientôt le Salon de l'Étudiant – Paris 2009

    Orientation Seconde 12

    orientattion1.1234762342.jpgL’orientation pour certains, c’est aller en S, en ES, en STG ou en L… Pour le reste… c’est cocher une case sur la fiche navette… en oubliant souvent qu’on s’engage dans un processus à long terme qui va bien au-delà de la Première ou de la Terminale. S’orienter, au sens où vous l’avez compris en préparant votre CV projectif, c’est au contraire élaborer une démarche personnelle d’anticipation stratégique : dès la Seconde (et a fortiori en Première), vous devez en effet apprendre à maîtriser votre futur sur le long terme. Aussi, je ne saurai trop vous conseiller (surtout si vous avez raté le salon d’Orléans) de vous rendre en mars 2009 au Salon de l’Étudiant qui aura lieu du 6 au 8 mars à Paris-Expo (Porte de Versailles, Pavillon 2 niveau 1). De fait, voir un salon régional, c’est bien mais voir d’autres salons, et particulièrement un salon très ouvert à l’international, c’est l’occasion d’élargir ses horizons, de se confronter à d’autres lieux, à d’autres visages, d’envisager différemment son projet personnel et vocationnel (présence d’un pôle international, débats avec des professionnels, etc.). Vous pourrez obtenir de nombreux renseignements sur les filières courtes (BTS, DUT), les filières universitaires, les cursus médicaux, et bien sûr les grandes écoles dont Science-Po… De plus, avec le site letudiant.fr, bénéficiez d’une invitation gratuite. En moins d’une heure de train (55 minutes jusqu’à Paris-Bercy) ou un peu plus en voiture, c’est aussi l’occasion rêvée d’une balade sympa.

    HVC Seconde 12 Information importante (Cours d’Allemand)

    En application du dispositif de continuité pédagogique, j’assurerai le cours d’Allemand à partir du vendredi 13 février 2009, selon les modalités prévues à l’emploi du temps (mêmes salles, mêmes horaires). Le dispositif est opérationnel jusqu’aux vacances de février (il pourra être reconduit à la rentrée en l’absence d’une solution de remplacement).
    La présence des élèves est évidemment obligatoire : ils apporteront leur manuel d’Allemand (Projekt Deutsch) ainsi que tout document utile au cours. Merci de votre compréhension.

    Bruno Rigolt

    HVC Seconde 12 Information importante (Cours d'Allemand)

    En application du dispositif de continuité pédagogique, j’assurerai le cours d’Allemand à partir du vendredi 13 février 2009, selon les modalités prévues à l’emploi du temps (mêmes salles, mêmes horaires). Le dispositif est opérationnel jusqu’aux vacances de février (il pourra être reconduit à la rentrée en l’absence d’une solution de remplacement).
    La présence des élèves est évidemment obligatoire : ils apporteront leur manuel d’Allemand (Projekt Deutsch) ainsi que tout document utile au cours. Merci de votre compréhension.

    Bruno Rigolt

    Sections d’examen : calendrier prévisionnel de publication en ligne des supports de cours

    Afin de permettre aux étudiant(e)s de mieux planifier leur travail, j’actualiserai chaque semaine le calendrier de mise en ligne des supports de cours. Ce calendrier ne concerne que les articles destinés aux sections d’examen.

    Classes de Première :

    • EAF Méthodologie du commentaire organisé : mise en ligne dimanche 8 février, 21:00 Mis en ligne
    • Support de cours Séquence 3 Le style de Voltaire dans Candide : mise en ligne dimanche 8 mars, 21:00
    • Support de cours Séquence 3 Candide ou le combat des Lumières : mise en ligne lundi 2 mars, 21:00 (reportée au mercredi 4 mars).

    BTS PME2 :

    • Thème 2 Romantisme et détour : mise en ligne mercredi 4 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 2 Support de cours. Le détour, thème et variations : mise en ligne dimanche 8 février, 21:00 Mis en ligne
    • Entraînement BTS n°1 (Le détour) : mise en ligne mardi 10 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 1 L’image People : entre sublimation et désublimation : mise en ligne dimanche 15 février, 21:00 Mis en ligne
    • BTS blanc du 20 février. Rapport du jury : Le dossier de synthèse et l’écriture personnelle : mise en ligne lundi 23 février Mis en ligne
    • Thème 2 Langage et Sémiotique du détour : mise en ligne vendredi 27 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 2 Sociologie du détour : crise des modèles et ruptures sociétales : mise en ligne samedi 28 février, 21:00 Reportée (après les vacances d’hiver).
    • Entraînement BTS n°2 (Faire voir) : mise en ligne mardi 24 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 1 L’image de soi à la télévision ; du corps biologique au corps médiatique : mise en ligne mardi 3 mars, 21:00 Reportée (après les vacances d’hiver).
    © Bruno Rigolt, Les articles de ce blog sont protégés par copyright. Vous pouvez les utiliser librement à titre privé. Leur diffusion ou inclusion dans un support public doit mentionner explicitement le nom de l’auteur et l’origine de la source (http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/). Tous les autres documents (textuels, iconographiques) mentionnés dans ce blog sont la propriété exclusive de leurs auteurs ou de leurs détenteurs respectifs. Merci à eux d’en faciliter l’exploitation à des fins pédagogiques.

    Sections d'examen : calendrier prévisionnel de publication en ligne des supports de cours

    Afin de permettre aux étudiant(e)s de mieux planifier leur travail, j’actualiserai chaque semaine le calendrier de mise en ligne des supports de cours. Ce calendrier ne concerne que les articles destinés aux sections d’examen.
    Classes de Première :

    • EAF Méthodologie du commentaire organisé : mise en ligne dimanche 8 février, 21:00 Mis en ligne
    • Support de cours Séquence 3 Le style de Voltaire dans Candide : mise en ligne dimanche 8 mars, 21:00
    • Support de cours Séquence 3 Candide ou le combat des Lumières : mise en ligne lundi 2 mars, 21:00 (reportée au mercredi 4 mars).

    BTS PME2 :

    • Thème 2 Romantisme et détour : mise en ligne mercredi 4 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 2 Support de cours. Le détour, thème et variations : mise en ligne dimanche 8 février, 21:00 Mis en ligne
    • Entraînement BTS n°1 (Le détour) : mise en ligne mardi 10 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 1 L’image People : entre sublimation et désublimation : mise en ligne dimanche 15 février, 21:00 Mis en ligne
    • BTS blanc du 20 février. Rapport du jury : Le dossier de synthèse et l’écriture personnelle : mise en ligne lundi 23 février Mis en ligne
    • Thème 2 Langage et Sémiotique du détour : mise en ligne vendredi 27 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 2 Sociologie du détour : crise des modèles et ruptures sociétales : mise en ligne samedi 28 février, 21:00 Reportée (après les vacances d’hiver).
    • Entraînement BTS n°2 (Faire voir) : mise en ligne mardi 24 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 1 L’image de soi à la télévision ; du corps biologique au corps médiatique : mise en ligne mardi 3 mars, 21:00 Reportée (après les vacances d’hiver).
    © Bruno Rigolt, Les articles de ce blog sont protégés par copyright. Vous pouvez les utiliser librement à titre privé. Leur diffusion ou inclusion dans un support public doit mentionner explicitement le nom de l’auteur et l’origine de la source (http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/). Tous les autres documents (textuels, iconographiques) mentionnés dans ce blog sont la propriété exclusive de leurs auteurs ou de leurs détenteurs respectifs. Merci à eux d’en faciliter l’exploitation à des fins pédagogiques.

    EAF/1ES4 1S5/Bac blanc facultatif n°2 : mercredi 11 février à partir de 13h30

    Voir le cahier de texte (février) pour connaître les détails de l’épreuve (objet d’étude, etc.)

    Pour les Première S5 : Un certain nombre d’élèves de Première S5 a demandé aujourd’hui (soit 5 jours avant une épreuve prévue de longue date) que ce Bac blanc soit repoussé au mercredi 18 février. Malheureusement, mon planning professionnel ne me permet pas de me libérer dans l’après-midi ce jour-là. Aussi j’invite les élèves qui le peuvent à venir (comme initialement prévu) le 11 février. Pour celles ou ceux qui ne le pourraient pas, je leur communiquerai le sujet et il y aura bien sûr d’autres entraînements facultatifs (2 à 3 en fonction des besoins) dans l’année.

    Concours d’expression orale… Entraînement n°4

    À l’approche de l’épreuve, il ne faut surtout plus vous entraîner sur tel ou tel sujet… Mais vous préparer psychologiquement en révisant la matière la plus importante… VOUS !

    Voici 10 conseils de dernière minute :

    1. D’abord, remettez-vous en mémoire les conseils formulés dans les articles précédents.
    2. Restez « cool » : contrairement aux idées reçues, ce n’est pas en stressant que vous réussirez mieux, bien au contraire !
    3. Choisissez avec soin votre sujet. Attention aux thèmes qui vous paraissent « faciles » : on a tendance souvent à les choisir car ils paraissent proches de nos préoccupations. Or, on n’a pas forcément grand chose à dire sur un thème qui nous plaît… Donc soyez vigilants! Un sujet qui semble ardu au départ est parfois plus facile à traiter qu’il n’y paraît!
    4. Dès que vous avez choisi votre sujet, identifiez précisément le Thème, la Problématique, les Limites du sujet (il ne faut pas vous en écarter) ainsi que les Consignes qui vous sont demandées. Rappelez-vous ces quatre lettres pendant que vous préparez : TPLC (Thème, Problématique, Limites, Consigne).
    5. Soyez psychologue : essayez de Poursuivre la lecture de « Concours d’expression orale… Entraînement n°4 »