BTS blanc du 20 février… Rapport du Jury…

Voici le rapport que j’ai établi pour ce BTS blanc, sur la base des remarques de ma collègue et de mes propres observations.

Rappel du sujet

  • Corpus :
  • Consignes :
    • Première partie (synthèse) : Vous ferez une synthèse concise, objective et ordonnée des documents du corpus
    • Deuxième partie (écriture personnelle) : Selon vous, le mot “star” a-t-il encore un sens aujourd’hui?
  • Un bilan fortement nuancé…

    La moyenne générale est de 8,77. Les écarts de notes entre correcteurs sont infimes pour la synthèse, à peine plus marqués pour l’écriture personnelle :

    • Synthèse : 17,7/40 pour le correcteur 1 (moi), 18/40 pour le correcteur 2 ;
    • Écriture personnelle : 07,3 pour le correcteur 1, 08,3/20 pour le correcteur 2.

    Reconnaissons-le : les notes sont décevantes. La raison principale tient au fait que beaucoup d’étudiantes n’ont sans doute pas mesuré les enjeux de cet examen blanc. Quand je suis arrivé dans la salle pour prendre la relève de la surveillance, j’ai été un peu « étonné » (c’est un euphémisme) de voir des téléphones portables posés sur certaines tables… De même, en parcourant l’intitulé des copies, j’ai lu « contrôle » sur l’une d’elles alors qu’il s’agit d’un examen… Ce sont des signes qu’il faut savoir interpréter : à l’évidence, vous n’avez pas suffisamment pris en compte la nature de l’épreuve. La préparation personnelle a d’ailleurs été insuffisante : au niveau de la synthèse de documents, les fautes les plus élémentaires se sont multipliées (textes non présentés parfois, annonce du plan oubliée dans l’introduction, etc.). Quant à l’écriture personnelle, oserais-je mentionner ici ce qui est plus grave encore ? Le fait d’avoir arrêté de travailler une heure avant la fin de l’épreuve pour la moitié d’entre vous. C’est tout bonnement inadmissible : quatre heures, c’est quatre heures, et pas trois heures trente, et encore moins trois heures ! Ma collègue et moi-même serons clairs sur ce point : la durée de l’épreuve revêt une importance cruciale : si vous n’utilisez pas le temps dont vous disposez, beaucoup d’entre vous ne pourront pas réussir.

    Je voudrais donc profiter de ce rapport pour dresser un bilan critique des problèmes qui se sont posés et rappeler un certain nombre de règles ou conseils utiles pour l’examen.

    L’orthographe et la syntaxe.

    Elles ont été pour quelques unes d’entre vous désastreuses. Si cette remarque vous fait sourire, n’oubliez pas qu’au-delà de l’examen du BTS, vous êtes censées être des professionnelles assistant des chefs d’entreprise. À la lecture de certaines copies, ma collègue et moi-même sommes restés sans voix : près de 50 fautes d’orthographe dans deux devoirs ! C’est tout bonnement inadmissible : sachez qu’un grand nombre d’impropriétés grammaticales dans une lettre de candidature à un emploi est éliminatoire. Pour en rester au niveau de l’examen, je peux vous dire qu’un correcteur au BTS interprète en général de tels manquements non pas comme l’indice d’une méconnaissance regrettable (surtout pour des fautes relevant de l’école primaire) mais comme un relâchement, une négligence coupable, une désinvolture à l’encontre de l’épreuve. Comment un candidat peut-il prétendre assister un chef d’entreprise, alors qu’il néglige ces bases les plus élémentaires de la communication que sont l’orthographe et la syntaxe ? On ne fait pas mieux pour dévaloriser un diplôme ! Pour parler chiffres, une orthographe et une syntaxe relâchées vous feront perdre entre 3 et 4 points.

    Voici par exemple quelques extraits qui en disent long sur les problèmes évoqués ci-dessus :

    « Le mot « star » a toujours un sens car, il y a une grande differénce qui permet de dire que le mot star signifit toujours quelque chose. Ces personnes célèbres pour la plus part, ils ont un réel talent ».

    Dans ce court extrait, l’accumulation des fautes pose évidemment problème : le mauvais placement de la virgule (après « car » au lieu d’être avant), la répétition de l’adverbe « toujours », l’accent aigu mal positionné sur le nom « différence », la terminaison du verbe « signifier », le mot « plupart » mal orthographié. Et que dire de la double faute sur « ils » : grammaticalement, c’est incorrect puisque le sujet est « personnes », nom féminin, mais syntaxiquement c’est une impropriété totale. Il aurait fallu écrire : « Ces personnes célèbres ont pour la plupart un réel talent ».
    « Le problème que l’on pourrait se poser est : est-ce que le mot « star » a-t-il encore un sens? » 
    Au lieu de : est-ce que le mot « star » a encore un sens? » ou bien : « le mot « star » a-t-il encore un sens? »

    Les impropriétés lexicales ou sémantiques

    « Tout d’abord, Edgar Morin dans Les Stars critique le capitalisme« .
    Il y a erreur ici : le but de l’auteur est d’envisager de façon critique le « star-system » et non de critiquer le système capitaliste.
    « Il serait alors intéressant de nous interroger sur la star et sa vie. Pouvons-nous dire que l’on aimerait vraiment vivre comme ces stars? »
    Le problème majeur de ce passage extrait d’une introduction de synthèse est qu’il problématise mal le corpus : la candidate sort du thème (la fascination exercée par les stars, le marketing, etc.) pour dévier sur un autre problème : « aimeriez-vous vivre comme les stars? ». Aucun auteur n’aborde explicitement ce questionnement!
    « En effet, pour certains, la star est assimilée à tout autre chose« 
     Les expressions « pour certains » ou « tout autre chose » ne sont pas judicieuses ici : qui sont « certains »? Des journalistes? Des critiques? Des essayistes? De même, l’expression « tout autre chose » ne renseigne en rien sur l’idée.
    « Le mot « star » ne renvoit pas à son sens premier qui est le talent mais à tout autre domaines« .
    Outre l’orthographe, ce qui est gênant ici c’est d’abord la relation analogique trop arbitraire entre le talent et la star, mais surtout l’expression « tout autre domaine » manque de précision, puisqu’elle n’éclaire pas  le lecteur.
    « De tout temps, on n’a jamais été donné à se faire voir« 
    Il s’agissait de la première phrase de l’introduction ! D’entrée, un tel charabia ne prédispose pas favorablement le correcteur!

    Les répétitions et incohérences logiques

    « Tout d’abord, nous verrons que dorénavant la star est assimilée à la société de consommation et donc tend plus à une destinée capitaliste. Cependant, nous verrons que toutefois… »
    La question que l’on pourrait poser ici est de savoir si la candidate s’est relue : le verbe voir répété deux fois, la multiplication des connecteurs logiques (tout d’abord, donc, cependant, toutefois) rend le texte difficile à  comprendre. On pourrait relever également l’expression « destinée capitaliste » qui n’a pas vraiment de sens ici.
    « Une vraie star est une personne très connue qui est et reste populaire pendant des années […].  Une vraie star est une personne qui est et reste connue des années« .
    De telles redites à quelques lignes d’intervalle sont évidemment lourdement pénalisées.

    Les erreurs sur les genres ou les types

    Beaucoup de candidates se sont trompées sur les genres des textes en qualifiant d' »article » ou même de « roman » l’essai d’Edgar Morin. De même, à propos d’Ingrid Caven de Jean-Jacques Schuhl, deux candidates ont parlé d’article ou d’essai. Pourtant, le paratexte devait vous mettre sur la voie : « Le narrateur évoque Ingrid Caven, chanteuse et actrice née en 1944 (elle vit actuellement avec l’auteur du roman) ». Les termes de « narrateur » et de « roman » étaient ici très clairs. Dans une copie, nous avons trouvé l’expression : « Edgar Morin raconte » : si l’auteur « raconte », c’est que le texte est narratif!

    Je pourrais multiplier les exemples à l’envi (*) ! Je me bornerai ici à rappeler quelques points essentiels.

    La gestion du temps pendant l’épreuve

    La gestion de votre temps est fondamentale. C’est elle qui conditionne en grande partie la réussite de l’épreuve.
    Vous disposez de 4 heures : vous devez donc être structurées par ces 4 heures (et non trois heures!). À chaque session, un nombre important de candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail. Un conseil que je vous avais déjà donné en cours : lisez rapidement les textes et ne vous perdez pas dans des questionnements indéfinis si vous n’avez pas compris un terme ou une expression. Allez à l’essentiel en adoptant une lecture rapide. Le premier avantage de la lecture rapide est évidemment le gain de temps : moins vous mettrez de temps pour lire le corpus, plus vous pourrez structurer le plan de votre synthèse et améliorer les qualités rédactionnelles de vos travaux.

    Attention toutefois, car lire vite et donc mieux est un atout mais le but de l’épreuve n’est pas de lire tous les documents en un minimum de temps ; c’est de les comprendre. Le bon lecteur absorbe un grand nombre d’informations, dépouille une documentation, cherche rapidement un chiffre ou une information dans un texte. Mais il ne suffit pas de les enregistrer, encore faut-il les traiter correctement en hiérarchisant les informations. Trois opérations sont indispensables, lors de l’épreuve :

    1. répartir son temps,
    2. analyser le sujet,
    3. mobiliser ses connaissances.

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    1. Répartir son temps : entraînez-vous impérativement chez vous pour savoir d’avance quels sont vos points forts et vos limites. Voici 2 exemples de gestion du temps pour l’écriture personnelle, en fonction de sensibilités et de compétences différentes. Voyez celui qui vous convient le mieux :

      • cas de figure n°1 : le travail d’écriture personnelle durant 1h30 environ (en comptant qu’on a passé 2h30 sur la synthèse), comptez 20 minutes pour la recherche des idées ; 10 minutes pour l’élaboration du plan ; 30 minutes pour le développement ; 10 minutes pour l’introduction ;10 minutes pour la conclusion ; 10 minutes pour la relecture.

      • cas de figure n°2 : analyse du sujet, 10 minutes. Pensez à Lire et à comprendre le sujet. Il exige toujours une grande rigueur logique dans l’appréciation de la problématique posée. Prise de notes pour la préparation du sujet : 20 minutes. Plan : thèse, antithèse, etc. 20 minutes. Rédaction : 40 minutes. Relecture : 10 minutes (5 minutes au pire). Votre relecture doit être attentive. L’idéal étant de relire votre copie comme si elle était écrite par un autre.

    2. Analyser le sujet : la plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le stress en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé.Tout d’abord, lisez plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage. Un conseil au passage : lisez l’intitulé du sujet d’écriture personnelle AVANT de lire le corpus. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, c’est le sujet d’écriture personnelle qui va conditionner et orienter votre lecture des documents.

    3. Mobiliser ses connaissances en cernant le sujet. Rappelez-vous de ces quatre lettres : « T.L.P.C. ».

      1. Le Thème (T) : il s’agit de déterminer le champ dans lequel se situe le sujet (par exemple « Faire voir » ou « le détour », et d’établir des comparaisons avec d’autres thèmes afin d’enrichir l’écriture personnelle.

      2. Les limites (L) : il est essentiel de déterminer les limites d’un thème, d’un sujet : une étudiante a cru bon dans le travail de synthèse d’évoquer Orwell et Big Brother : très franchement, quel rapport avec un sujet portant sur le star-system? Cette question des limites du thème est fondamentale. Ne pas en tenir compte, c’est courir le risque du hors-sujet. Prenons par exemple cet extrait de devoir : « Quant à l’affiche du quarante-sixième festival international du Film en 1993, elle nous montre bien l’importance de l’image de la star et combien ce film doit être spectaculaire… ». Ici, la candidate est en train de dévier sur une autre question qui est la spectacularisation de l’image dans les médias. Mais ce n’était pas du tout l’angle d’approche de ce corpus !

      3. La Problématique (P) : c’est-à-dire les différentes façons de poser le problème, d’envisager différents points de vue, les particularités, les solutions… Le plus important ici est de questionner le sujet : par exemple, pourquoi y a-t-il eu des stars? Par rapport à quoi ? Pourquoi parle-t-on davantage maintenant de « People » et moins de stars? etc.

      4. La Consigne (C). Vous devez évidemment la respecter scrupuleusement en vous posant toujours cette question : « Qu’est-ce qu’on attend de moi exactement? »

    La synthèse de documents.

    Le but de l’épreuve est de dégager les éléments essentiels d’un dossier et les organiser selon un point de vue et en fonction d’objectifs déterminés. Le corpus présenté, largement tourné autour de la sphère cinématographique, abordait deux aspects clés du « star-system » : la fascination et le marketing. Il était essentiel de bien cerner les limites du sujet et de ne pas s’en écarter. Certaines candidates ont cru bon d’aborder dans la synthèse la question des people et de la télé-réalité. Cela ne convenait pas, en tout cas, pour la synthèse.
    Trois grands champs de compétences sont évalués le jour de l’examen :
    1. La compréhension synthétique des documents (dégager les idées principales d’un texte et les reformuler) ;
    2. La visée démonstrative du raisonnement par confrontation des documents ;
    3. Les qualités d’expression, de style, etc.

    • Comme vous le voyez, la lecture des documents se doit d’abord d’être fidèle et synthétique : allez toujours vers l’interprétation textuelle globale. Un point de détail n’est intéressant à remarquer que s’il conduit vers une interprétation d’ensemble (mettre en évidence la problématique du corpus). Il est évident qu’une restitution fidèle des documents exige une lecture attentive et objective. L’exemple qui suit est caractéristique  de ce qui est fortement pénalisé lors d’une épreuve :

    « Dans le roman de J.-J. Schuhl, nous pouvons voir une mise en scène de la femme marionnette. L’auteur idéalise cette personne. Il n’y a plus de frontière entre le réel et le surnaturel. Le medium communique avec les choses matérielles. Nous pouvons donc rattacher ceci au Big Brother. Plus aucune limite entre la vie privée et professionnelle. Tout se sait grâce ou à cause d’une « police de la pensée ».

    Un tel texte laisse perplexe : la question qu’on peut en effet se poser est de savoir pourquoi la candidate a surinterprété un document pourtant assez simple (le texte de J.-J. Schuhl ne présentait aucune difficulté de compréhension) ? Quel rapport entre la star-pantin manipulée sur la scène et l’idée de manipulation politico-idéologique propre à la contre-utopie d’Orwell? Ici, non seulement nous avons affaire à un contresens mais qui plus est à un commentaire personnel (la « police de la pensée »). Je ferai une remarque assez similaire concernant une étudiante qui dans un devoir très sérieux par ailleurs fait référence explicitement à Shakespeare en affirmant à propos du texte de Schuhl et de l’affiche de Cannes que « le monde entier est un théâtre ». Cette citation n’a rien à faire dans la synthèse puisque le propre de l’épreuve est de s’en tenir au corpus. De plus, elle faussait l’interprétation des documents. À la rigueur, on pouvait l’exploiter dans l’écriture personnelle (Stars et télé-réalité) même si ce passage d’une tirade célèbre convient peut-être mieux pour des problématiques comme la politique-spectacle, le vrai et l’illusion, le réel et le virtuel, etc.

    Comprenez bien que le but n’est pas de stigmatiser ici tel ou tel candidat au BTS, mais de bien faire comprendre les exigences de forme et de fond attendues lors de l’épreuve. La synthèse de documents est un exercice qui ne s’improvise pas : c’est avant tout un exercice de rigueur et de réflexion.

    • Attention aussi à ne pas oublier de document ! Une étudiante sans doute peu inspirée par le texte de J.-J. Schuhl a tout simplement oublié d’en parler dans sa synthèse ! Je vous rappelle donc les instructions officielles : vous devez faire une référence explicite à tous les documents du corpus : toute omission est lourdement sanctionnée.

    • Au niveau de l’organisation de la synthèse, quelques candidates, abusées peut-être par la simplicité apparente du dossier, se sont limitées à un plan « linéaire », se contentant de juxtaposer de façon mécanique et non réfléchie les analyses de documents : cela les a amenées trop souvent à écrire ce qui leur venait à l’esprit, sans logique thématique ou démonstrative, et bien sûr à faire de la paraphrase de textes au détriment d’une confrontation critique. N’oubliez pas que cela entraîne presque toujours le refus de la moyenne. Vous devez adopter un plan « dynamique » vous amenant à mettre en perspective les documents entre eux.

    • Concernant l’introduction (je ne reviens pas sur ce que j’ai déjà évoqué), je rappelle que si vous ne présentez pas les documents en introduction, vous devez impérativement les identifier précisément lors de leur première utilisation : à ce sujet, que d’oublis de date, éditeurs, année de publication, date de parution pour un article de journal, etc. J’insiste en outre sur la nécessité de rappeler le thème et de situer la problématique par rapport à ce thème. Quant au plan, il est bien entendu nécessaire de l’annoncer dans l’introduction.

    • La conclusion : certaines candidates se croient toujours obligées malgré tout ce qui a été dit, de proposer une « conclusion personnelle ». Dans la mesure où l’on vous demande ensuite de rédiger un travail d’écriture personnelle, il s’avère donc inutile (et souvent maladroit) de rédiger quelques lignes, le plus souvent indigentes, quant à votre point de vue. Tenez-vous-en au corpus en employant quelques formules conclusives amenant à un bilan global.

    L’écriture personnelle

    La longueur attendue est de deux pages. Les jurys d’examen souhaitent un travail achevé (introduction, développement, conclusion) et construit selon une logique démonstrative. Dans le cas présent, la question posée vous invitait implicitement à opposer la star d’hier, objet de rêve et de fascination, aux people d’aujourd’hui. Le supplément de cours publié récemment sur ce site (« Les people et l’image : entre sublimation et désublimation« ) constituait une aide appréciable, à la condition évidemment d’avoir travaillé sérieusement sur le sujet. Le problème qui s’est posé pour certaines d’entre vous a été la redite du corpus : l’écriture personnelle, comme son intitulé l’indique, se doit d’amener et de justifier un point de vue personnel : ce n’est donc pas une paraphrase des textes. Une bonne copie est celle qui, prenant la problématique du corpus comme un point de départ, est capable de défendre une prise de position nourrie de réflexions personnelles vis-à-vis des thèses des auteurs. À ce titre, que de plans catalogue dont l’argumentation ne progressait pas!

    Vous avez souvent opté pour un plan en deux parties. C’était tout à fait acceptable, sous réserve cependant qu’on perçoive une discussion critique. Attention au caractère parfois très sclérosant du plan antithétique, qui finit par un travail du type : le pour et le contre. De là des essais argumentatifs amenant à la présentation stéréotypée et impersonnelle d’un problème, quand le jury recherche avant tout la qualité de la discussion d’idées ou d’une thèse, la progression du raisonnement, la rigueur de la démonstration, la capacité du candidat à réfléchir par lui-même.

    Au risque de surprendre peut-être certaines étudiantes, je rappelle que l’écriture personnelle n’est pas un paragraphe argumentatif, encore moins une rédaction « au fil de la plume ». Il s’agit d’évaluer les capacités de l’étudiant à mobiliser ses connaissances et sa culture tout en utilisant des outils intellectuels nécessaires à la conduite cohérente et logique d’une démonstration visant à une prise de position. On attendait à ce titre un minimum de culture générale. Je ne reviens pas sur l’orthographe et la syntaxe : j’en ai longuement parlé au début : je rappelle simplement que trop de maladresses de style ou d’expression est extrêmement pénalisant : jusqu’à 3 points (sur 20) rien que pour l’écriture personnelle !

    Proposition de remédiation

    Je souhaite que les étudiantes volontaires reprennent ce travail de façon sérieuse et méthodique, Vous possédez en effet largement le potentiel pour réussir : ce relatif échec comme je l’ai dit est dû essentiellement à un relâchement ponctuel. Si vous n’avez pas gardé le sujet avec vous, demandez-le moi : je vous le ferai parvenir par courriel. J’attacherai la plus grande importance à ce travail de remédiation. Il n’est nullement obligatoire bien entendu mais je vous recommande fortement de le faire.

    Dans tous les cas, vos travaux complets devront me parvenir par voie électronique avant le 16 mars 2009, afin que je puisse vous rendre vos travaux le 23 mars, jour de votre reprise.  Les deux étudiantes absentes doivent évidemment traiter le sujet.

    Pour vous aider concernant le plan de la synthèse… Dans une première partie, vous pouvez vous intéresser au statut de la star. Premier  paragraphe : Quoi? Définitions du mot (performances, talent, toute-puissance, etc.), deuxième paragraphe : Comment ? Exposition médiatique, manipulation, etc. Dans une deuxième partie, vous pouvez aborder la question de la fascination qu’exercent les stars (Pour quoi?) selon une double perspective : pensez à confronter les documents : E. Morin ou la journaliste R. Azimi ont une vision plus matérielle et mercantile de la star, tandis que Jean-Jacques Schuhl ou l’affiche du festival de Cannes semblent célébrer davantage sa dimension quasi mythique.

    Quant à l’écriture personnelle, je fais confiance à votre investissement. Inutile cependant d’en écrire trop : rédigez un travail fortement structuré et argumenté, avec un bon niveau de connaissance, d’analyse et de réflexion personnelle. N’oubliez pas de consulter la fiche de synthèse distribuée en cours sur les essais (Morin, Debord, etc.). Vous devez l’exploiter. Je serai intraitable concernant l’orthographe et j’appliquerai à la lettre les consignes données aux correcteurs lors de l’examen :

    • Jusqu’à 10 fautes, on ne pénalise pas
    • Entre 10 et 15 fautes : -1/20
    • Entre 16 et 20 fautes : -2/20
    • Au-delà : -3 à -4/20

    Pensez à m’envoyer vos travaux avant le 16 mars. Si vous avez besoin d’un conseil sur un point précis, vous pouvez m’adresser un courriel. Bon courage pour votre stage. N’oubliez pas de consulter régulièrement le cahier de texte afin de vous entraîner (il y aura d’autres supports de cours ainsi que des exercices d’entraînement).

    Bruno Rigolt

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    (*) à l’envi : toujours plus, à l’excès.

    Publié par

    brunorigolt

    Bruno Rigolt Docteur es Lettres et Sciences Humaines Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris Professeur de Lettres Modernes et de Culture générale au Lycée en Forêt (Montargis, France).