Sections d’examen : publication en ligne des supports de cours…

Afin de permettre aux étudiant(e)s de mieux planifier leur travail, voici le calendrier de mise en ligne des supports de cours jusqu’aux vacances de la Toussaint. Ce calendrier ne concerne que les articles destinés aux sections d’examen.
  • BTS / Culture Gé « Détour et détournements parodiques : du modèle à la déconstruction du modèle ». Mise en ligne le dimanche 11 octobre 2009. Publié.
  • Classes de Première : Synthèse sur « Le Cimetière marin » de Paul Valéry. Mise en ligne le mercredi 21 octobre 2009.

Sections d'examen : publication en ligne des supports de cours…

Afin de permettre aux étudiant(e)s de mieux planifier leur travail, voici le calendrier de mise en ligne des supports de cours jusqu’aux vacances de la Toussaint. Ce calendrier ne concerne que les articles destinés aux sections d’examen.
  • BTS / Culture Gé « Détour et détournements parodiques : du modèle à la déconstruction du modèle ». Mise en ligne le dimanche 11 octobre 2009. Publié.
  • Classes de Première : Synthèse sur « Le Cimetière marin » de Paul Valéry. Mise en ligne le mercredi 21 octobre 2009.

Classes de Première : Bientôt le premier Bac blanc écrit facultatif…

Un premier entraînement à l’EAF (Épreuve Anticipée de Français) aura lieu le mercredi 21 octobre 2009 pour toutes mes classes de Première à partir de 13h30 (le lieu vous sera communiqué ultérieurement). Cette épreuve est FACULTATIVE et ne peut EN AUCUN CAS abaisser votre moyenne, quels que soient vos résultats. Ce bac blanc portera comme vous le savez sur la poésie. C’est d’ailleurs cet objet d’étude qui tombera également lors du Bac blanc organisé par le Lycée (obligatoire celui-là !) en janvier 2010 (date communiquée sous toute réserve).

Je vous conseille avant de venir de relire les instructions officielles : cela vous donne une indication précise sur les exigences requises. De fait, on ne va pas à un examen (même facultatif) “comme ça”. Il faut toujours, même si l’on croit à peu près tout connaître de l’épreuve, s’en imprégner avant et relire les directives, les consignes, etc. afin de bien cibler vos réponses le jour de l’épreuve.

Enfin, le « rapport du jury » que j’avais rédigé après le premier bac blanc organisé par le Lycée l’an passé vous rappellera certaines erreurs à éviter.

Un deuxième bac blanc facultatif aura lieu vraisemblablement avant les vacances de Noël.

Au fil des pages… Introduction aux littératures francophones : Afrique, Caraïbe, Maghreb

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Introduction aux littératures francophones

Afrique, Caraïbe, Maghreb

Qualifiées jadis d' »exotiques », de « périphériques » ou « mineures », les littératures francophones d’Afrique, de la Caraïbe et du Maghreb n’en constituent pas moins l’une des dimensions essentielles de l’identité culturelle française d’aujourd’hui, qu’elles ont façonnée de leur empreinte. Dans une époque marquée par la crise de l’esprit et des certitudes, elles ont plus que jamais renouvelé la vie intellectuelle en ouvrant au dialogue polyphonique des cultures, au métissage textuel, et à une réflexion plus sociologique et critique sur les dogmatismes traditionnels et les systèmes de valeurs. C’est ainsi que la francophonie figure légitimement au programme de nombreux concours de culture générale, et je ne saurais trop recommander à tout étudiant soucieux d’enrichir ses connaissances de parcourir ce remarquable ouvrage publié en 2004 sous la direction de Christiane Ndiaye par les Presses Universitaires de Montréal.  Même si le livre n’est consultable qu’en partie, vous apprendrez beaucoup ne serait-ce qu’en feuilletant quelques pages ça et là. Lisez par exemple le premier chapitre (page 9 et suivantes) qui dresse un panorama très complet des littératures francophones et s’attarde particulièrement sur le mouvement essentiel de la Négritude (p. 18 à 27), la littérature de la Caraïbe, d’Haïti et du Maghreb.

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Si les caractères s’affichent en taille trop petite, pensez à utiliser l’outil de zoom intégré au livre numérique.

“Des mots égarés, une écriture du silence” par les élèves de Seconde 18 et Seconde 7… Deuxième livraison…

Voici la deuxième livraison des poèmes créés par les élèves de Seconde 18 et Seconde 7 en hommage à Marguerite Duras. Cliquez ici pour lire (ou relire) les premiers textes déjà publiés sur le site…

 

         motsegares-affiche-1.1289659290.jpg             

                               

La vie raconte…

par Vincent M. (Seconde 18)

        

L’nfinie beauté du soleil éclaire l’avenir de la nuit.

Voici l’heure de l’humanité calme.

La pluie hurle sans bruit de peur d’être mangée par le soleil.

La vie raconte toujours le silence

Ce silence d’évasion

Devant les portes de la gloire….

            

                

Ouvrir la vie

Aurélie V. et Flavie H. (Seconde 7)

                  

Ouvrir la vie dans son lit de printemps,

Sur un chantier enneigé… Le vent était glacial…

Écrire sur un cahier, ouvrir la porte d’un arbre ouvert,

Les feuilles tombantes défilaient comme un livre.

L’espace noir de l’infini de Mars

Étoilé,

Sur un chantier enneigé :

Ouvrir la vie dans son lit de printemps…

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Dans la noyade d’une larme

par Laura F. Victor E. Tiphanie C. Samuel B. (Seconde 7)

                       

La vie est répétition d’habitudes dans une liberté condamnée,

Obscure beauté de la fleur fanée dans de noires clartés.

La vie est le regard de l’aveugle perdu dans le cri des cités,

Et le sang du mort rendant la vue à une poupée

Dans la noyade d’une larme…

              

La vie est l’enfant noyé dans l’alcool dans une courte éternité,

Et, par une lenteur si brève, la joie dans le malheur

Une étrange pureté, et de peur

Le commencement par la fin

Durant la fin de l’Apocalypse…

          

               

Des souvenirs

par Corentine H. (Seconde 7)

                      

Rappelle un été

Un champ nulle part

dali1.1289659511.jpgUn temps sans montre

Des rires montaient au ciel…

        

Parler sans mot

Une bulle, une cabane

Des histoires sans fin

D’une vie qui se fâne…

           

Imaginer, créer, voyager

Des tâches, des murs

Une journée sans nuit,

Ce souffle du vent qui réchauffe :

  

Abandonné, oublié…

Dalí (1904-1989), « La Persistance de la mémoire » (détail), 1931. Huile sur toile, The Museum of Modern Art, New York. © 2008 Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Artists Rights Society (ARS), New York

           

                                                          

Soupçon de la mer rose

par Émilie S. et Johanna H. (Seconde 7)

            

Horizon, paradis noir blessé

Étoile arrondie veut vouloir vivre

Passion de rêver écartelée

Tristesse hantée par le rire

Jalousie ensoleillée :

Soupçon de la mer rose.

               

Aboyer du regard

Rougir d’un amour haineux

Tromper le métissage des sentiments,

Tuer le cinéma rouge :

Toi, étoile haineuse

Arrivée par la jolie fleur.

              

Écrire trop fort l’absence qui blesse,

Pleurer d’une grande réconciliation…

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 B. Rigolt (pastel et aquarelle), d’après Paul Levere

      

                                        

Dans la nuit des dernières larmes

par Antoine B. et Alexandre B. (Seconde 7)

           

Des pages de la vie qui se tournent :

Rupture du cœur triste,

Mon rêve est maintenant loin de moi.

Envie d’exil, de voyage :

Prendre un bateau et sombrer

Dans la nuit des dernières larmes

Et recommencer à aimer…

          

                                         

Le retranchement

par Aurélie V. et Flavie H. (Seconde 7)

         

larmes_after.1289660060.jpgL’individu tarde à fermer son soupir ;

Le retranchement maladroit est moqueur

L’effet blanc des larmes sur la table

Pèse le mouvement des brûlures des mains

La pluie orangée nettoie le rythme palpable…

Photomontage d’après Man Ray « Tears », 1933

                

                            

Emporté par le vent

par Nina D. (Seconde 7)

                

Une douce rose éclata aux aurores ;

Par la chaleur du soleil, un trèfle descendit du ciel

Ainsi qu’une cerise emportée par le vent.

Au loin la mer déchaînée,

Les roches griffées

Par le cri des vagues.

Puis une cloche qui chanta de bonheur

Le cri du bébé réveillé

Sur le cœur de la mère

Débordant d’un amour sucré

Emporté par le vent…

                     

Mélodie mélancolique

par Michaël C. Nicolas D. Tennesse V. Thomas L. (Seconde 7)

             

soleil.1289661706.jpgMa joie s’est dessinée un matin

Par la fenêtre du ciel

J’entendis la musique qui tombait monotone

Crépitait mélancolique :

Elle zébrait le ciel,

Me faisait vivre et mourir.

L’amour se dessinait dans un monde

Plein de colère et de trahisons,

Il faisait tomber le soleil…

                   

                             

Attendre l’aube

par Léa G. (Seconde 18)

             

         Nuitée profonde, triste et abandonnée

Oubliée doucement,

Attendait l’aube rouge et miroitante clarté,

Contemplait l’astre lumineux,

Lentement s’endormait…

               

                 

Sorbet d’ananas au parfum artistique

par Alexandra D. (Seconde 18)

      ananas.1289662133.jpg  

 Danser dans un rêve toujours plongé

Au cœur bleuté d’anachronismes

Comme de tristesse ensoleillée.

Nager dans des ouragans

De peluche envoûtée par le jour

Accompagnés de cannelle

Sous la tristesse de la mer…

   

                         

            

             

Temps est vent

par Clémentine G. (Seconde 7)

              

Temps est vent :

Regardez le temps passé,

Le temps lointain, le temps présent

            

Temps est vent,

Écoutez son chant : c’est le chant du temps qui passe

Qui laisse des souvenirs en noir et blanc

Qui fait croire en l’avenir

        

Temps est vent,

Laissez-vous porter

Par les profondeurs bleues du temps

Qui marche, court et vole mais ne se retourne pas

          

Temps est vent,

C’est une brise silencieuse

 Fraîche, nouvelle, mystérieusement…

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René Magritte, « Le poison » (détail), 1939 

               

                         

La beauté du voyage

par Romane C. (Seconde 18)

             

La beauté du voyage,

oiseaux-dans-la-nuit.1289663556.jpgC’est partir vers d’autres nulle part

C’est découvrir de pourpres lunes

Parcourues d’oiseaux de miel,

Des soleils lunatiques,

Des océans de pain d’épices

Ou de sirop de pêche.

La beauté du voyage,

C’est un ciel d’étoiles sans nuit,

De nuit sans étoiles :

Monde retourné, aucune idée,

C’est cette photo sans image :

Cris et silence mêlés.

Le voyage est la clé…

                                  

                               

Aidé par le temps

par Marion C. (Seconde 18)

              

Sourire, et soupir-silence…

Aidé par le temps,

Le va-et-vient de la vague blanche

A effacé les traces dernières

De mon esprit vagabond :

J’ai cru arrêter de croire…

                

                      

Litanie des émotions

par Amel F. et Camille R. (Seconde 7)

             

Laideur d’une douce sirène

(L’instabilité renforçait l’authenticité),

Monotonie mêlée de désespoir en forme de chose précieuse.

Un valet assis sur un banc attendait les lèvres de sa reine ;

La douleur de la trahison  affaiblit le son du corbeau…

La fluorescence de l’amour empêche le visage d’avoir peur,

Amour interdit équivaut au désir.

La lueur de la lampe faisait ressentir ta sensualité.

Litanie des émotions, fraîcheur du crime…

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(D’autres textes seront publiés prochainement…)

Au fil des pages… Les Fleurs du mal…

Chaque semaine, feuilletez un livre…

À nouvelle année scolaire, nouvelle rubrique : la numérisation de livres entreprise par Google offre d’incroyables perspectives, qui vont bouleverser durablement le rapport au savoir, et j’ai souhaité pour ma part que ce cahier de texte d’un nouveau genre, accompagne cette révolution numérique du livre. C’est ainsi que je vous propose dans cette toute nouvelle rubrique de feuilleter chaque semaine quelques pages d’un ouvrage. Je rappelle par ailleurs que je viens d’intégrer Google livres dans les activités des sections de BTS et des classes de Première (bientôt les Seconde…) : les étudiants pourront ainsi au sein d’une même page travailler non seulement sur des articles, naviguer vers d’autres sites, écouter des documents sonores, visionner des vidéos, et maintenant feuilleter tel passage ou chapitre d’un ou plusieurs livres, comme s’ils se trouvaient dans une immense médiathèque. Ce mode de travail multimodal va changer également la façon d’apprendre et bien sûr les pratiques pédagogiques…

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Les Fleurs du mal

Pour cette première édition, redécouvrez (ou découvrez!) un grand classique : Les Fleurs du mal de Baudelaire, mises en image par Louis Joos, illustrateur et auteur de BD bruxellois (éd. La Renaissance du livre, 2002, 2008). Même si cette version électronique de l’ouvrage ne permet pas un accès à toutes les pages, elle offre cependant un aperçu assez large du texte baudelairien et nous rappelle la place primordiale qu’a accordée l’auteur dans ses chroniques littéraires ou critiques picturales à l’art et au rôle symbolique de l’image. À ce titre, le travail à l’encre de chine, au pastel ou à l’aquarelle de Louis Joos met bien en valeur le style tourmenté et la dualité qui font tout le drame et l’intensité des Fleurs du mal. Les dessins semblent en effet illustrer parfaitement le charme propre et les mystères de la poétique baudelairienne, sous-tendue par les tensions conjointes du verbe et de l’imaginaire, du spleen et de l’idéal. C’est cette connivence de l’écrivain et du dessinateur que cet ouvrage nous invite à découvrir ici…

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Si les caractères s’affichent en taille trop petite, pensez à utiliser l’outil de zoom intégré au livre numérique.

« Des mots égarés, une écriture du silence » par les élèves de Seconde 18 et Seconde 7

Les classes de Seconde 18 et Seconde 7 ont travaillé sur une nouvelle dense et forte de Marguerite Duras, « Le Coupeur d’eau » (La Vie matérielle, P.O.L. 1987). Ce texte a amené les élèves à s’interroger sur le style si particulier de cette écrivaine : dans Écrire, voici comment Duras présente sa propre conception de l’écriture : « Il y aurait une écriture du non-écrit. Un jour ça arrivera. Une écriture brève, sans grammaire, une écriture de mots seuls. Des mots sans grammaire de soutien. Égarés. Là, écrits. Et quittés aussitôt ». Cette expression de « mots égarés » a suscité l’intérêt des étudiants qui ont souhaité créer des poèmes dont la langue, très épurée, est comme une réponse au vœu de l’auteure… Découvrez ces textes, particulièrement le travail sur le style et la syntaxe entrepris par les « jeunes écrivains ».

Les poèmes seront publiés au fur et à mesure de leur achèvement. Bonne lecture !

Au matin de la pluie…

par Luiza M. (Seconde 18)

          

Expliquer ses larmes,

Larmes postées sans sens

Écrire au loin des mots parallèles

effacer la mort

Avoir une dernière chance

Sortir du fleuve brûlé

Incendié de souvenirs…

La mer est voilée de chiffres

Qui s’additionnent, se multiplient,

Mais sans être mouillés…

La mer a traversé mes yeux

J’ai écrit une feuille sans eau

Au matin de la pluie…

La vie ?

par Rayan D. (Seconde 18)

          

L’amour on peut en rire,

Boire sodas et manger gâteaux,

Il faut savoir séduire,

Pleurer si pas assez beau.

Venir en manteau et bas,

Un collier et son chat,

regarder un nuage,

Remplir des pages,

Montrer son journal intime,

Être consolé par une fille,

Humilié par un garçon qui rit,

Faire des poèmes à mauvaises rimes.

Routine de la vie et du temps

par Leïla G. (Seconde 7)

La vie est comme le jour :

Un lever de soleil pour te donner l’amour en un cri

Comme un sourire, un « Je t’aime »

La vie est comme la pluie qui tombe

Comme ces coups bas de l’existence

Comme pour affronter une mort, une séparation.

Puis vint le coucher du soleil :

La mort d’une personne

Qui regarde le soleil par l’adieu de la lumière

Laissera place au ciel noir

Où les étoiles et la lune brilleront,

Comme pour rendre hommage à ceux

Ayant vécu la routine de la vie et du temps…

Qui n’ose étinceler

par Pauline C. (Seconde 18)

          

L’exceptionnel infini, ostentatoire pour l’horizon,

Orgueilleux pour l’océan qui n’ose étinceler,

(Pauvre instrument du voyage…)

N’accentuait aucune émotion.

Les vagues, les vagues…

Futiles espoirs égarés,

Renouvelaient vagabonds et naufragés

Ailleurs, en exil…

À l’heure du silence…

par Léo R. (Seconde 18)

          

Découverte d’une tentation nouvelle :

Le souvenir d’une mélodie égarée

À l’heure du silence,

La beauté étoilée du Noir au Soir,

L’émerveillement d’une nuit d’été hésitante

(profondeur d’un regard

Dans la lumière obscure de la vie)

Infinité inconnue,

Regret d’un changement lointain

Et la raison d’une fascination :

Ce désespoir d’une femme à mes côtés

Quelques larmes, une infinité inconnue…

Joie et la mort

par Mélisa A. et Thulaciga Y. (Seconde 18)

          

Rose soir soleil arc-en-ciel

Mer plage et les arbres

Lumière de la nature

Famille couleurs

Sirène retentit, guerre arrive

Enfants soldats apeurés

Partout douleur et malheur

Femmes battues partout,

Hommes, enfants battus

Partout soleil couché,

partout nuit noire

Loin d’eux rester

Écrire dessiner sans eux

Source de la mort courage

Courir voler vers la lumière

Du paradis timide…

L’eau a touché le vent

par Victor E. (Seconde 7)

          

Dans sa tristesse remplie de joie,

L’eau a touché le vent :

Couleur sombre devenue claire !

Libérée, emprisonnée,

Touchera la mort la vie

Et l’esprit quittera le corps.

Colline regardant montagne

Dans l’obscurité d’une toile blanche,

L’eau a touché le vent…

Une soif rare

par Ksénia C. (Seconde 18)

Trouver sans fin des carreaux

Découvrir un sourire vide, infantile, décoloré

Partir vers des pointes symétriques.

Ouvrir une montre hermétique,

Arrêter le temps

Des lacets grisés par personne

Noués autour de tes pieds.

Une crêpe sur le sol

Encore chaude, colorée

Au revoir est écrit à l’envers

Coloré par des larmes sans compter

Une soif rare, linéaire

Plaquée sur toi…

Tombe la nuit

par Hélène P. (Seconde 18)       

Tombe la nuit en installant le silence

Aussi froide et sombre

Le souffle de mon cœur

Ébréché par un amour perdu…

Je ris d’une promesse brisée

Souffre de la tristesse de la pluie

Mon corps dénué de rire

Les signes nourissent les plis de ma pensée…

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Associé, Dissocié

par Arthur S. (Seconde 18)

Crayon bleu

Arbre de Noël

Ville de maisons

La pluie sur le feu

Le clair de lune, de terre et de force

La télé regardant le canapé

Une bouche vit la voiture courir

La fin de la vie

Contact dans mon téléphone

Le soir de la barrière

Une main dans le vent…

Infinie tristesse

par Charlotte G. (Seconde 18)

Amis perdus, solitude partagée

Savoir aimer, peur de haïr

Amour Haine

Tous deux très proches

Sentir des parfums libertaires

Oublier la lumière

Ouvrir les portes de la mer…

Découvrir l’infini, croire au bonheur

Complicité entre sœurs

Superficielle : l’amour est réel

Un jeu de hasard :

Océan de laine ?

Poisson de porcelaine ?

Infinie tristesse…

En direction de l’été

par Florent de W. (Seconde 18)

          

Amour vivant sa vie

Sonnerie, Guerre et la pluie

Hiver, rage, vent

Forêt rouge de têtes

Seules, meurent et pleurent

Cœur de pierre blanc

Peur magique du képi

Couloir crevé de sang

Meurent les cœurs noirs au matin

En direction de l’été

Monument généalogique du souvenir

Retentit Sonnerie du passé

Mais l’amour a perdu la vie,

Sonnerie, guerre et la pluie…

Mon Cœur

par Marion D. (Seconde 7)

            

Mon cœur battait de vie

Quand tu es arrivé.

De sentiments, il battait :

Tes yeux m’ont touchée.

Mon cœur bat de silence :

Je ne t’ai jamais parlé…

Bruits qui se répètent

par Laurie C. (Seconde 18)

          

Hommes aux cœurs égarés

[Solitude de leurs sourires]

Bruits qui se répètent

PEUR

Hurlements silencieux

GOMMER LE MONDE

L’horloge ronde tourne

Tic-tac, Tic-tac des coups de feu

Courir jusqu’au fond

Trouver la porte

Quitter le monde

[Tic-tac, Tic-tac]

C’est fini.

Comme un sablier

Maxime C. (Seconde 7)

                        

Le temps sillonne à travers les étoiles :

Sablier qui s’écoule

Destructeur et fatal.

Plus je m’avance et plus je vieillis

Je m’approche de la cascade finale :

Pierre qui roule

Vers le silence…

(Voir les autres parutions de textes)

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Crédit photographique : B. Rigolt

"Des mots égarés, une écriture du silence" par les élèves de Seconde 18 et Seconde 7

Les classes de Seconde 18 et Seconde 7 ont travaillé sur une nouvelle dense et forte de Marguerite Duras, « Le Coupeur d’eau » (La Vie matérielle, P.O.L. 1987). Ce texte a amené les élèves à s’interroger sur le style si particulier de cette écrivaine : dans Écrire, voici comment Duras présente sa propre conception de l’écriture : « Il y aurait une écriture du non-écrit. Un jour ça arrivera. Une écriture brève, sans grammaire, une écriture de mots seuls. Des mots sans grammaire de soutien. Égarés. Là, écrits. Et quittés aussitôt ». Cette expression de « mots égarés » a suscité l’intérêt des étudiants qui ont souhaité créer des poèmes dont la langue, très épurée, est comme une réponse au vœu de l’auteure… Découvrez ces textes, particulièrement le travail sur le style et la syntaxe entrepris par les « jeunes écrivains ».

Les poèmes seront publiés au fur et à mesure de leur achèvement. Bonne lecture !

motsegares_affiche.1253437218.jpg

               

Au matin de la pluie…

par Luiza M. (Seconde 18)

          

Expliquer ses larmes,

Larmes postées sans sens

Écrire au loin des mots parallèles

effacer la mort

Avoir une dernière chance

Sortir du fleuve brûlé

Incendié de souvenirs…

La mer est voilée de chiffres

Qui s’additionnent, se multiplient,

Mais sans être mouillés…

La mer a traversé mes yeux

J’ai écrit une feuille sans eau

Au matin de la pluie…

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La vie ?

par Rayan D. (Seconde 18)

          

L’amour on peut en rire,

Boire sodas et manger gâteaux,

Il faut savoir séduire,

Pleurer si pas assez beau.

          

Venir en manteau et bas,

Un collier et son chat,

regarder un nuage,

Remplir des pages,

      

Montrer son journal intime,

Être consolé par une fille,

Humilié par un garçon qui rit,

Faire des poèmes à mauvaises rimes.

                

             

Routine de la vie et du temps

par Leïla G. (Seconde 7)

              

La vie est comme le jour :

Un lever de soleil pour te donner l’amour en un cri

Comme un sourire, un « Je t’aime »

La vie est comme la pluie qui tombe

Comme ces coups bas de l’existence

Comme pour affronter une mort, une séparation.

Puis vint le coucher du soleil :

La mort d’une personne

Qui regarde le soleil par l’adieu de la lumière

Laissera place au ciel noir

Où les étoiles et la lune brilleront,

Comme pour rendre hommage à ceux

Ayant vécu la routine de la vie et du temps…

           

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Qui n’ose étinceler

par Pauline C. (Seconde 18)

          

L’exceptionnel infini, ostentatoire pour l’horizon,

Orgueilleux pour l’océan qui n’ose étinceler,

(Pauvre instrument du voyage…)

N’accentuait aucune émotion.        

Les vagues, les vagues…

Futiles espoirs égarés,

Renouvelaient vagabonds et naufragés

Ailleurs, en exil…   

              

                  

À l’heure du silence…

par Léo R. (Seconde 18)

          

motsegares5.1253371444.jpgDécouverte d’une tentation nouvelle :

Le souvenir d’une mélodie égarée

À l’heure du silence,

La beauté étoilée du Noir au Soir,

L’émerveillement d’une nuit d’été hésitante

(profondeur d’un regard

Dans la lumière obscure de la vie)

Infinité inconnue,

Regret d’un changement lointain

Et la raison d’une fascination :

Ce désespoir d’une femme à mes côtés

Quelques larmes, une infinité inconnue…

       

               

Joie et la mort

par Mélisa A. et Thulaciga Y. (Seconde 18)

          

Rose soir soleil arc-en-ciel

Mer plage et les arbres

motsegares1.1253120065.jpgLumière de la nature

Famille couleurs

Sirène retentit, guerre arrive

Enfants soldats apeurés

Partout douleur et malheur

Femmes battues partout,

Hommes, enfants battus

Partout soleil couché,

partout nuit noire

Loin d’eux rester

Écrire dessiner sans eux

Source de la mort courage

Courir voler vers la lumière

Du paradis timide…

         

               

L’eau a touché le vent

par Victor E. (Seconde 7)

          

Dans sa tristesse remplie de joie,

L’eau a touché le vent :

Couleur sombre devenue claire !

Libérée, emprisonnée,

Touchera la mort la vie

Et l’esprit quittera le corps.

Colline regardant montagne

Dans l’obscurité d’une toile blanche,

L’eau a touché le vent…

 

        

Une soif rare

par Ksénia C. (Seconde 18)

Trouver sans fin des carreaux

Découvrir un sourire vide, infantile, décoloré

motsegares_7.1253453061.jpgPartir vers des pointes symétriques.

Ouvrir une montre hermétique,

Arrêter le temps

Des lacets grisés par personne

Noués autour de tes pieds.

Une crêpe sur le sol

Encore chaude, colorée

Au revoir est écrit à l’envers

Coloré par des larmes sans compter

Une soif rare, linéaire

Plaquée sur toi…

              

      

Tombe la nuit

par Hélène P. (Seconde 18)       

 

Tombe la nuit en installant le silence

Aussi froide et sombre

Le souffle de mon cœur

Ébréché par un amour perdu…

Je ris d’une promesse brisée

Souffre de la tristesse de la pluie

Mon corps dénué de rire

Les signes nourissent les plis de ma pensée…

                    

motsegares3.1253121329.jpg

                  

         

Associé, Dissocié

par Arthur S. (Seconde 18)

         

Crayon bleu

Arbre de Noël

Ville de maisons

La pluie sur le feu

Le clair de lune, de terre et de force

La télé regardant le canapé

Une bouche vit la voiture courir

La fin de la vie

Contact dans mon téléphone

Le soir de la barrière

Une main dans le vent…

 

            

Infinie tristesse

par Charlotte G. (Seconde 18)

        

Amis perdus, solitude partagée

Savoir aimer, peur de haïr

motsegares1.1253367594.jpgAmour Haine

Tous deux très proches

Sentir des parfums libertaires

Oublier la lumière

Ouvrir les portes de la mer…

Découvrir l’infini, croire au bonheur

Complicité entre sœurs

Superficielle : l’amour est réel

Un jeu de hasard :

Océan de laine ?

Poisson de porcelaine ?

Infinie tristesse…

            

             

En direction de l’été

par Florent de W. (Seconde 18)

          

Amour vivant sa vie

Sonnerie, Guerre et la pluie

Hiver, rage, vent

Forêt rouge de têtes

Seules, meurent et pleurent

Cœur de pierre blanc

Peur magique du képi

Couloir crevé de sang

Meurent les cœurs noirs au matin

En direction de l’été

Monument généalogique du souvenir

Retentit Sonnerie du passé

Mais l’amour a perdu la vie,

Sonnerie, guerre et la pluie…

 

                                     

Mon Cœur

par Marion D. (Seconde 7)

            

Mon cœur battait de vie

Quand tu es arrivé.

De sentiments, il battait :

Tes yeux m’ont touchée.

Mon cœur bat de silence :

Je ne t’ai jamais parlé…

 

                      

Bruits qui se répètent

par Laurie C. (Seconde 18)

          

Hommes aux cœurs égarés

motsegares7.1253385546.jpg[Solitude de leurs sourires]

Bruits qui se répètent

PEUR

Hurlements silencieux

GOMMER LE MONDE

L’horloge ronde tourne

Tic-tac, Tic-tac des coups de feu

Courir jusqu’au fond

Trouver la porte

Quitter le monde

[Tic-tac, Tic-tac]

C’est fini.

                 

                         

Comme un sablier

Maxime C. (Seconde 7)

                        

Le temps sillonne à travers les étoiles :

Sablier qui s’écoule

Destructeur et fatal.

Plus je m’avance et plus je vieillis

Je m’approche de la cascade finale :

Pierre qui roule

Vers le silence…

        

 

(Voir les autres parutions de textes)

_______________________

Crédit photographique : B. Rigolt

Publication en ligne des supports de cours

  • Toutes sections : méthodologie de la fiche de lecture. Dimanche 13 septembre 2009
  • Classes de Seconde :
    • Commenter une citation (Duras : « je rétablis la littérature avec son silence profond »). Lundi 14 septembre 2009
    •  présentation des œuvres de Colette : Claudine à l’école ; Claudine s’en va. Mercredi 30 septembre 2009
  • Classes de Première (ES, S) : introduction à la poésie symboliste. Mercredi 23 septembre 2009
  • BTS : « détour et parodie ». Samedi 19 septembre 2009

Orientation Première ES1… Culture générale toutes classes

Objectif : culture gé…

L’immense majorité d’entre vous va poursuivre une scolarité après le Baccalauréat. Certains envisagent déjà une classe préparatoire aux Grandes Écoles, aux instituts d’étude politique, une formation ambitieuse en fac, en IUT, etc. À ce titre, je ne saurais trop leur conseiller de faire l’acquisition d’un guide de Culture générale. C’est fortement recommandé pour les étudiants, et indispensable si vous envisagez une classe Prépa ou une Grande école. Les guides de culture générale sont d’un abord difficile a priori, cependant il est intéressant de s’y familiariser tôt (dès le lycée) car ils présentent l’avantage d’offrir un panorama thématique et chronologique très large. Abordant simultanément plusieurs domaines (par exemple l’histoire, la philosophie, la littérature, les arts, les sciences, etc.), ils vous habitueront à pratiquer progressivement une véritable gymnastique intellectuelle grâce à leur pluridisciplinarité. De fait, les compétences spécialisées, si elles sont essentielles, ne sont souvent pas suffisantes pour aborder certaines épreuves lors des concours, particulièrement difficiles du fait qu’elles exigent du candidat des connaissances générales dans tous les domaines.

Ne tardez pas : plus vous anticipez et plus vous aurez de chances de réussir. Commencez par lire dès maintenant les sujets proposés aux concours : cela vous permettra d’orienter votre travail selon une logique de réussite précise. N’oubliez pas que si vous attendez l’année du concours pour travailler votre culture générale, ce sera malheureusement trop tard : vous aurez pris des habitudes qui ne vous permettront pas de vous adapter à de nouvelles méthodes, au rythme de travail intensif, et vous ne parviendrez pas à franchir l’écueil des sélections. En commençant tôt en revanche, vous n’aurez aucun mal à maîtriser l’interdisciplinarité qui est à la base de tous les grands concours de recrutement et des examens de haut niveau.

Enfin, sachez que la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris a mis en ligne une Banque Commune d’Épreuves (BCE) de 32 écoles de management : vous y trouverez en accès libre des annales d’épreuves, des rapports de jury, des statistiques de réussite, des avis d’étudiants, etc.

Concernant les guides de culture générale, il existe de nombreux ouvrages. Voici une courte sélection…

  • Jean-François Braunstein, Bernard Phan, Manuel de culture générale, Armand Colin 2009 (prix public : 26,00€). Ouvrage remarquable et très récemment actualisé. Malheureusement un peu cher.

  • Catherine Roux-Lanier, Frank Lanot, Daniel Pimbé, La Culture générale de A à Z, Hatier 2004 (prix public : 12,10 €). Ouvrage très bien fait : un « classique ».

  • Hélène Brégant, Précis de culture générale, coll. « Optimum », Ellipses 2003 (prix public : 11,50€). Excellent guide, dans l’optique des classes prépa.

  • Jean-François Pépin, Florence Braunstein-Silvestre, Guide de culture générale, Ellipses 1999 (prix public : 21,50 €) : un ouvrage de haut niveau mais un peu daté.

Fonctionnement du cours : fournitures et modalités d’évaluation

arrow.1242450507.jpg Présentation du cours

Le cours de Français au Lycée a été conçu pour développer les capacités de réflexion, d’analyse et d’expression écrite et orale qui sont nécessaires pour la formation de la sensibilité, de l’esprit critique et plus largement de la citoyenneté. Son objectif est également de sensibiliser les élèves aux mouvements culturels, aux débats d’idées et aux méthodes qui caractérisent la Littérature et son histoire. Les cours dispensés sont complétés par des modules (classes de Seconde), des exercices pratiques, des travaux dirigés, etc. qui ont pour but de préparer à l’Épreuve Anticipée de Français.

En BTS, l’enseignement est plus ouvert sur les problèmes du monde contemporain : il accorde une place très importante à la pluridisciplinarité et à la culture générale. L’objectif est en effet de mettre en perspective notre passé et ce qui peut façonner le vingt-et-unième siècle, en donnant aux étudiants un socle de connaissances en littérature et en sciences humaines plus directement exploitable dans les pratiques professionnelles. Ce cursus permet donc l’accès à des fonctions pour lesquelles une formation axée sur la culture générale, l’esprit d’analyse et de synthèse constitue un atout majeur.

arrow.1242450507.jpg Fournitures

(les parents sont fortement invités s’ils le souhaitent à privilégier les enseignes partenaires des « Essentiels de la rentrée » qui proposent des fournitures à prix maîtrisé).
  • un GRAND classeur (rigide ou souple, au choix de l’élève) ;

  • des copies grand format (simples et doubles) ;

  • des pochettes transparentes (indispensable) ;

  • quelques surligneurs ;

  • un répertoire.

arrow.1242450507.jpg Modalités du contrôle des connaissances :

  • Contrôles « surprise » : NON

  • Les étudiants sont prévenus 10 jours à l’avance minimum des évaluations.

  • Évaluations formatives (en cours de séquence) : coefficient 1

  • Contrôles écrits sur table (en fin de séquence) : coefficient 2. Ils se composent généralement de deux parties notées chacune sur 10 : une partie sur des questions relatives au cours ; une partie sur un sujet de réflexion ou d’écriture relatif au cours ; (coefficient 3 pour les évaluations trimestrielles).

  • Travaux d’écriture effectués à la maison : coefficient 2. Ils sont donnés entre 2 semaines minimum et 3 voire 4 semaines pour les travaux les plus complexes. Les étudiants peuvent montrer leur(s) brouillon(s) pendant la période de préparation ou m’envoyer un courriel justifiant de l’avancement de leur recherche. Concernant les exercices à rendre, les étudiants peuvent me donner une copie dactylographiée ou manuscrite (dont l’écriture sera parfaitement lisible). Dans certains cas, et après m’en avoir informé, ils peuvent aussi me faire parvenir leurs devoirs sous forme dématérialisée en pièce jointe à un message électronique (format .doc ; .docx ; .odt, .wps.).

  • Des exercices courts facultatifs ou de rattrapage seront proposés aux élèves et aux étudiants à la fin de chaque semaine pour la semaine suivante : coefficient 1

arrow.1242450507.jpg Assiduité et consultation du cahier de texte

La présence à chaque séance des élèves et étudiants étant obligatoire (cf. le Règlement intérieur du Lycée), toutes les absences doivent donc être justifiées. En outre, il est du devoir de chacune et de chacun de récupérer le contenu des séances manquées et de prendre connaissance du travail à effectuer pour les séances suivantes. Ces informations sont disponibles sur ce cahier de texte électronique, qui est mis à jour quotidiennement : il mentionne le contenu des séquences, des séances, le travail à faire, etc. Il comporte par ailleurs de nombreux supports de cours en ligne, des pages et des liens utiles à la culture générale, à la méthodologie, etc. Les étudiants assistant à mes cours sont donc tenus de consulter très régulièrement ce cahier de texte électronique afin de se tenir au courant des informations qui y sont déposées.

Si vous souhaitez me rencontrer pour un conseil, ou une question relative au cours ou à votre cursus, je peux vous recevoir mais uniquement sur rendez-vous (mon emploi du temps étant très chargé). Vous pouvez également me joindre par courrier électronique (brigolt@gmail.com).

Fonctionnement du cours : fournitures et modalités d'évaluation

arrow.1242450507.jpg Présentation du cours

Le cours de Français au Lycée a été conçu pour développer les capacités de réflexion, d’analyse et d’expression écrite et orale qui sont nécessaires pour la formation de la sensibilité, de l’esprit critique et plus largement de la citoyenneté. Son objectif est également de sensibiliser les élèves aux mouvements culturels, aux débats d’idées et aux méthodes qui caractérisent la Littérature et son histoire. Les cours dispensés sont complétés par des modules (classes de Seconde), des exercices pratiques, des travaux dirigés, etc. qui ont pour but de préparer à l’Épreuve Anticipée de Français.

En BTS, l’enseignement est plus ouvert sur les problèmes du monde contemporain : il accorde une place très importante à la pluridisciplinarité et à la culture générale. L’objectif est en effet de mettre en perspective notre passé et ce qui peut façonner le vingt-et-unième siècle, en donnant aux étudiants un socle de connaissances en littérature et en sciences humaines plus directement exploitable dans les pratiques professionnelles. Ce cursus permet donc l’accès à des fonctions pour lesquelles une formation axée sur la culture générale, l’esprit d’analyse et de synthèse constitue un atout majeur.

arrow.1242450507.jpg Fournitures

(les parents sont fortement invités s’ils le souhaitent à privilégier les enseignes partenaires des « Essentiels de la rentrée » qui proposent des fournitures à prix maîtrisé).
  • un GRAND classeur (rigide ou souple, au choix de l’élève) ;

  • des copies grand format (simples et doubles) ;

  • des pochettes transparentes (indispensable) ;

  • quelques surligneurs ;

  • un répertoire.

arrow.1242450507.jpg Modalités du contrôle des connaissances :

  • Contrôles « surprise » : NON

  • Les étudiants sont prévenus 10 jours à l’avance minimum des évaluations.

  • Évaluations formatives (en cours de séquence) : coefficient 1

  • Contrôles écrits sur table (en fin de séquence) : coefficient 2. Ils se composent généralement de deux parties notées chacune sur 10 : une partie sur des questions relatives au cours ; une partie sur un sujet de réflexion ou d’écriture relatif au cours ; (coefficient 3 pour les évaluations trimestrielles).

  • Travaux d’écriture effectués à la maison : coefficient 2. Ils sont donnés entre 2 semaines minimum et 3 voire 4 semaines pour les travaux les plus complexes. Les étudiants peuvent montrer leur(s) brouillon(s) pendant la période de préparation ou m’envoyer un courriel justifiant de l’avancement de leur recherche. Concernant les exercices à rendre, les étudiants peuvent me donner une copie dactylographiée ou manuscrite (dont l’écriture sera parfaitement lisible). Dans certains cas, et après m’en avoir informé, ils peuvent aussi me faire parvenir leurs devoirs sous forme dématérialisée en pièce jointe à un message électronique (format .doc ; .docx ; .odt, .wps.).

  • Des exercices courts facultatifs ou de rattrapage seront proposés aux élèves et aux étudiants à la fin de chaque semaine pour la semaine suivante : coefficient 1

arrow.1242450507.jpg Assiduité et consultation du cahier de texte

La présence à chaque séance des élèves et étudiants étant obligatoire (cf. le Règlement intérieur du Lycée), toutes les absences doivent donc être justifiées. En outre, il est du devoir de chacune et de chacun de récupérer le contenu des séances manquées et de prendre connaissance du travail à effectuer pour les séances suivantes. Ces informations sont disponibles sur ce cahier de texte électronique, qui est mis à jour quotidiennement : il mentionne le contenu des séquences, des séances, le travail à faire, etc. Il comporte par ailleurs de nombreux supports de cours en ligne, des pages et des liens utiles à la culture générale, à la méthodologie, etc. Les étudiants assistant à mes cours sont donc tenus de consulter très régulièrement ce cahier de texte électronique afin de se tenir au courant des informations qui y sont déposées.

Si vous souhaitez me rencontrer pour un conseil, ou une question relative au cours ou à votre cursus, je peux vous recevoir mais uniquement sur rendez-vous (mon emploi du temps étant très chargé). Vous pouvez également me joindre par courrier électronique (brigolt@gmail.com).

EAF 2009… Corrigé de l’écrit d’invention

Rappel du sujet :

Dans Cyrano de Bergerac, avant le lever du rideau, « Tout le monde s’immobilise. Attente. »
Vous allez assister à la représentation d’une pièce que vous connaissez. Les lumières s’éteignent progressivement. Vous découvrez alors l’espace scénique. Faites part de vos réactions, de cette expérience des premiers instants du spectacle.
Attention, il ne s’agit ni de raconter la pièce, ni de la résumer.

_________________

Le libellé du sujet invitait l’élève à une réflexion sur le sens. À l’opposé des exercices habituels, le présent travail largement introspectif et réflexif, exigeait une analyse de déchiffrement des signes offerts au spectateur lors d’une scène d’exposition… Le corrigé que je vous propose n’est nullement un modèle, mais simplement une approche possible.

Pour accéder au corrigé de la question, cliquez ici.

arrow.1242450507.jpg L’écrit d’invention

En fait, les lumières ne se sont pas éteintes progressivement. Et j’avais découvert l’espace scénique bien avant les trois coups. La salle dans laquelle je me trouve, peut-être par refus des conventions (ou par manque de moyens ?), n’a pas de rideau. Il n’y a pas non plus de fauteuils de velours rouge ni de lambris dorés sur les murs comme dans un théâtre « à l’Italienne ». Non, c’est une salle de fête banale, avec ses bancs de bois et une scène plus imaginaire que réelle. Mais faisons comme si les lumières s’éteignaient, imaginons que je découvre alors l’espace scénique… Le rideau de mes yeux s’ouvre sur une toile de fond grise devant laquelle est planté un balai renversé qui figure un simulacre d’arbre sans feuilles. Sur mes genoux est posé En attendant Godot de Beckett… Quant à la route de campagne annoncée dans la didascalie initiale, elle est suggérée ici par un décor peint sur un panneau de contreplaqué. Maladresse de l’artiste ? Ou parti pris esthétique ? Sans doute s’agit-il d’un choix légitime du metteur en scène qui veut, par la distanciation ainsi créée, que le public sache qu’il est au théâtre. A l’opposé de toute illusion réaliste, le décor convient donc bien à cette « anti-pièce » dont l’un des buts était justement de remettre en cause les règles de la dramaturgie classique…

Enfin, les lumières s’éteignent, mais pas progressivement comme le voudrait l’usage, assez brutalement au contraire en même temps que retentissent les trois coups du « brigadier ». Je ne peux m’empêcher de penser, non sans un certain amusement, combien la notion de code est importante au théâtre, même dans la plus humble salle : onze coups très rapides puis trois coups, un peu comme pour signifier d’autres règles du jeu : les voix se taisent, quelques toussotements et murmures étouffés accompagnent cet étrange rituel. Soudain, un éclairage de poursuite braque son faisceau lumineux sur un comédien qui, assis non loin de moi dans la salle, se lève et se dirige vers la scène. Mes camarades et moi-même nous amusons de cet effet de « happening », brisant ainsi la barrière entre le public et les acteurs. Je n’avais pas remarqué la tenue, je devrais dire l’accoutrement du personnage : il est vêtu d’un pantalon rayé, d’une veste noire informe et d’un chapeau melon complètement défoncé ; sans doute Estragon. Il est bientôt rejoint par l’autre personnage de la pièce : Vladimir. Les deux compères s’efforcent de meubler le silence, et discutent pour passer le temps.

Une telle entrée en matière me surprend car malgré moi, peut-être prisonnier du cinéma d’action ou du théâtre d’intrigue, j’attends qu’il se passe quelque chose. D’ailleurs, la première impression que j’ai ressentie en voyant ces deux vagabonds sur scène, a été de me dire : « Comment pareils « clowns » peuvent-ils être des héros ? » Il est vrai qu’à première vue, il paraît impossible de mettre sur la scène tragique des gens si banals tirés de la vie courante, englués dans la contingence sociale. Car à l’évidence, on va au théâtre pour assister à un spectacle distrayant qui repose sur la mise en œuvre d’un artifice, comme le montre bien l’Illusion Comique de Corneille par exemple. Mais là… Loin de nous faire oublier la réalité ordinaire, j’ai l’impression que la pièce nous replonge au contraire dans le matériel et le pathétique de l’existence. Voilà ce qui justifie sans doute la banalité, poussée jusqu’à l’absurde et au grotesque, des propos :

« Estragon. – Qu’est-ce que je dois dire ?
Vladimir. – Dis, Je suis content.
Estragon. – Je suis content.
Vladimir. – Moi aussi.
Estragon. – Moi aussi.
Vladimir. – Nous sommes contents. Qu’est-ce qu’on fait maintenant qu’on est content ? »

Combien la vie semble insignifiante soudain, à l’image de l’anti-théâtre de Beckett : insignifiante et absurde. Sans doute est-ce le mérite de l’auteur de montrer que l’homme n’est pas confronté à des dilemmes cornéliens : il se heurte bien souvent à des obstacles dérisoires : c’est la vie quotidienne qui est tragique, et non l’exceptionnel. Derrière les échanges de répliques, en effet, nul dialogue véritable : les personnages ne communiquent pas : attendre pour pallier l’absence d’intrigue, parler pour meubler le silence, n’est-ce pas là, sur un plan plus philosophique, un échec du langage dans sa vocation d’échange et de partage ? Décousu, absurde, le dialogue atteste l’existence des personnages mais ne donne pas un sens aux mots qu’ils prononcent. Cette conscience que le monde est absurde, que nos actions sont elles-mêmes absurdes s’impose mieux dans un dialogue vide de signification : je ne peux m’empêcher de songer qu’en cet instant même, des centaines de milliers de semblables attendent peut-être Godot, confondus dans un même espoir ou un même malheur… Tous ces voyageurs de la vie sont à l’image des personnages tragiques de Beckett : ils prennent le bus, attendent le métro, vont au travail ou au spectacle, mais dans quel but ?

Au fond, la vie n’est-elle pas comme cette pièce sans intrigue : elle n’est certes pas une tragédie, mais elle est chargée de tragique. Tout le monde sait, à commencer par les spectateurs, que Godot ne viendra jamais… Alors pourquoi être venu au théâtre ? Si j’étais Meursault, le héros de L’Étranger, j’aurais dit que « ça n’a pas de sens », tant il est vrai que l’absurde, c’est « le divorce de l’homme et de sa vie ». De fait, n’est-il pas vain d’assister au spectacle de deux étrangers jouant à être ridicules, jouant à attendre, le temps d’une représentation ? La logique voudrait qu’on en finisse au plus vite, que le temps ne soit pas absurde… La première parole d’Estragon résonne encore dans ma tête : « Rien à faire ». Et cette réponse édifiante de Vladimir : « Je commence à le croire […]. J’ai longtemps résisté à cette pensée en me disant, Vladimir sois raisonnable, tu n’as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat ». C’est peut-être dans l’inanité de ce combat dérisoire et absurde que réside le vrai message : pour paraphraser Albert Camus dans Le Mythe de Sisyphe, j’ai envie de dire qu’il faut imaginer Vladimir, ou Estragon, c’est-à-dire l’homme, heureux ». Attendre Godot, n’est-ce pas dans un monde si souvent privé d’humanité, « reprendre le combat », fût-ce dérisoirement, et attendre cette impossible part d’espérance qu’on appelle le bonheur ?

EAF 2009… Corrigé de l'écrit d'invention

Rappel du sujet :

Dans Cyrano de Bergerac, avant le lever du rideau, « Tout le monde s’immobilise. Attente. »
Vous allez assister à la représentation d’une pièce que vous connaissez. Les lumières s’éteignent progressivement. Vous découvrez alors l’espace scénique. Faites part de vos réactions, de cette expérience des premiers instants du spectacle.
Attention, il ne s’agit ni de raconter la pièce, ni de la résumer.
_________________
Le libellé du sujet invitait l’élève à une réflexion sur le sens. À l’opposé des exercices habituels, le présent travail largement introspectif et réflexif, exigeait une analyse de déchiffrement des signes offerts au spectateur lors d’une scène d’exposition… Le corrigé que je vous propose n’est nullement un modèle, mais simplement une approche possible.

Pour accéder au corrigé de la question, cliquez ici.

arrow.1242450507.jpg L’écrit d’invention

En fait, les lumières ne se sont pas éteintes progressivement. Et j’avais découvert l’espace scénique bien avant les trois coups. La salle dans laquelle je me trouve, peut-être par refus des conventions (ou par manque de moyens ?), n’a pas de rideau. Il n’y a pas non plus de fauteuils de velours rouge ni de lambris dorés sur les murs comme dans un théâtre « à l’Italienne ». Non, c’est une salle de fête banale, avec ses bancs de bois et une scène plus imaginaire que réelle. Mais faisons comme si les lumières s’éteignaient, imaginons que je découvre alors l’espace scénique… Le rideau de mes yeux s’ouvre sur une toile de fond grise devant laquelle est planté un balai renversé qui figure un simulacre d’arbre sans feuilles. Sur mes genoux est posé En attendant Godot de Beckett… Quant à la route de campagne annoncée dans la didascalie initiale, elle est suggérée ici par un décor peint sur un panneau de contreplaqué. Maladresse de l’artiste ? Ou parti pris esthétique ? Sans doute s’agit-il d’un choix légitime du metteur en scène qui veut, par la distanciation ainsi créée, que le public sache qu’il est au théâtre. A l’opposé de toute illusion réaliste, le décor convient donc bien à cette « anti-pièce » dont l’un des buts était justement de remettre en cause les règles de la dramaturgie classique…
Enfin, les lumières s’éteignent, mais pas progressivement comme le voudrait l’usage, assez brutalement au contraire en même temps que retentissent les trois coups du « brigadier ». Je ne peux m’empêcher de penser, non sans un certain amusement, combien la notion de code est importante au théâtre, même dans la plus humble salle : onze coups très rapides puis trois coups, un peu comme pour signifier d’autres règles du jeu : les voix se taisent, quelques toussotements et murmures étouffés accompagnent cet étrange rituel. Soudain, un éclairage de poursuite braque son faisceau lumineux sur un comédien qui, assis non loin de moi dans la salle, se lève et se dirige vers la scène. Mes camarades et moi-même nous amusons de cet effet de « happening », brisant ainsi la barrière entre le public et les acteurs. Je n’avais pas remarqué la tenue, je devrais dire l’accoutrement du personnage : il est vêtu d’un pantalon rayé, d’une veste noire informe et d’un chapeau melon complètement défoncé ; sans doute Estragon. Il est bientôt rejoint par l’autre personnage de la pièce : Vladimir. Les deux compères s’efforcent de meubler le silence, et discutent pour passer le temps.
Une telle entrée en matière me surprend car malgré moi, peut-être prisonnier du cinéma d’action ou du théâtre d’intrigue, j’attends qu’il se passe quelque chose. D’ailleurs, la première impression que j’ai ressentie en voyant ces deux vagabonds sur scène, a été de me dire : « Comment pareils « clowns » peuvent-ils être des héros ? » Il est vrai qu’à première vue, il paraît impossible de mettre sur la scène tragique des gens si banals tirés de la vie courante, englués dans la contingence sociale. Car à l’évidence, on va au théâtre pour assister à un spectacle distrayant qui repose sur la mise en œuvre d’un artifice, comme le montre bien l’Illusion Comique de Corneille par exemple. Mais là… Loin de nous faire oublier la réalité ordinaire, j’ai l’impression que la pièce nous replonge au contraire dans le matériel et le pathétique de l’existence. Voilà ce qui justifie sans doute la banalité, poussée jusqu’à l’absurde et au grotesque, des propos :

« Estragon. – Qu’est-ce que je dois dire ?
Vladimir. – Dis, Je suis content.
Estragon. – Je suis content.
Vladimir. – Moi aussi.
Estragon. – Moi aussi.
Vladimir. – Nous sommes contents. Qu’est-ce qu’on fait maintenant qu’on est content ? »

Combien la vie semble insignifiante soudain, à l’image de l’anti-théâtre de Beckett : insignifiante et absurde. Sans doute est-ce le mérite de l’auteur de montrer que l’homme n’est pas confronté à des dilemmes cornéliens : il se heurte bien souvent à des obstacles dérisoires : c’est la vie quotidienne qui est tragique, et non l’exceptionnel. Derrière les échanges de répliques, en effet, nul dialogue véritable : les personnages ne communiquent pas : attendre pour pallier l’absence d’intrigue, parler pour meubler le silence, n’est-ce pas là, sur un plan plus philosophique, un échec du langage dans sa vocation d’échange et de partage ? Décousu, absurde, le dialogue atteste l’existence des personnages mais ne donne pas un sens aux mots qu’ils prononcent. Cette conscience que le monde est absurde, que nos actions sont elles-mêmes absurdes s’impose mieux dans un dialogue vide de signification : je ne peux m’empêcher de songer qu’en cet instant même, des centaines de milliers de semblables attendent peut-être Godot, confondus dans un même espoir ou un même malheur… Tous ces voyageurs de la vie sont à l’image des personnages tragiques de Beckett : ils prennent le bus, attendent le métro, vont au travail ou au spectacle, mais dans quel but ?
Au fond, la vie n’est-elle pas comme cette pièce sans intrigue : elle n’est certes pas une tragédie, mais elle est chargée de tragique. Tout le monde sait, à commencer par les spectateurs, que Godot ne viendra jamais… Alors pourquoi être venu au théâtre ? Si j’étais Meursault, le héros de L’Étranger, j’aurais dit que « ça n’a pas de sens », tant il est vrai que l’absurde, c’est « le divorce de l’homme et de sa vie ». De fait, n’est-il pas vain d’assister au spectacle de deux étrangers jouant à être ridicules, jouant à attendre, le temps d’une représentation ? La logique voudrait qu’on en finisse au plus vite, que le temps ne soit pas absurde… La première parole d’Estragon résonne encore dans ma tête : « Rien à faire ». Et cette réponse édifiante de Vladimir : « Je commence à le croire […]. J’ai longtemps résisté à cette pensée en me disant, Vladimir sois raisonnable, tu n’as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat ». C’est peut-être dans l’inanité de ce combat dérisoire et absurde que réside le vrai message : pour paraphraser Albert Camus dans Le Mythe de Sisyphe, j’ai envie de dire qu’il faut imaginer Vladimir, ou Estragon, c’est-à-dire l’homme, heureux ». Attendre Godot, n’est-ce pas dans un monde si souvent privé d’humanité, « reprendre le combat », fût-ce dérisoirement, et attendre cette impossible part d’espérance qu’on appelle le bonheur ?

Ecrit EAF 2009 Séries ES/S Premiers éléments d’analyse…

Le corpus, particulièrement difficile à synthétiser (il m’a fallu plus d’une heure et demi pour traiter la question), conduisait à analyser la relation entre théâtre et public, et à définir implicitement les fonctions du théâtre. Les exercices d’écriture étaient également d’une rare complexité. Rassurez-vous cependant : tous les correcteurs savent que des jeunes gens qui passent leur Épreuve Anticipée de Français n’ont pas la culture d’un étudiant de Lettres, évidemment plus familier de ce genre de sujets…

  • Le commentaire amenait les candidats à réfléchir au problème de la légitimation du théâtre à travers le dialogue du marquis et de Dorante. En outre, il réinvestissait la question de sa fonction, et plus fondamentalement de sa mission artistique, didactique et sociale.
  • La dissertation portait quant à elle sur la réception du texte théâtral par le public. Elle conduisait les candidats à méditer la manière dont le spectateur est impliqué dans la représentation théâtrale : la réussite d’un tel travail exigeait un certain nombre de savoirs théoriques sur le processus complexe de communication qui s’instaure avec les spectateurs lors d’une représentation. Cela dit, malgré son apparente difficulté, l’exercice était assez abordable et il était possible de réinvestir avec aisance les textes du corpus.
  • Quant à l’écrit d’invention, le libellé du sujet (refus du narratif) invitait l’élève à une réflexion sur le sens. À l’opposé des exercices habituels, le présent travail largement introspectif et réflexif, exigeait une analyse de déchiffrement des signes offerts au spectateur lors d’une scène d’exposition…
Ma charge de travail étant importante en ce moment (oraux + correction de l’écrit), m’amène à un léger retard dans la mise en ligne des corrigés. Je m’en excuse par avance.

arrow.1242450507.jpg La Question

[Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) : quelles attitudes de spectateur ces textes proposent-ils ? Vous répondrez de façon organisée et synthétique.]

L’intérêt du groupement de textes proposé est de montrer les rapports qui existent entre le public et l’action scénique. Les passages présentés nous rappellent combien le premier accès au texte est la représentation elle-même : contrairement au roman par exemple, le théâtre est avant tout un spectacle fait pour être représenté, d’où le rôle essentiel des spectateurs, dont il s’agit de définir les attitudes : pourquoi va-t-on au théâtre ? Et plus fondamentalement, quelle est la fonction du théâtre ? L’opposition des points de vue dans la pièce de Molière amène ainsi à une réflexion sur l’esthétique théâtrale. Plus encore, le procédé du « théâtre dans le théâtre » dans la pièce de Rostand joue habilement avec la fiction du « quatrième mur » : celui qui, par convention, sépare la scène de la salle. Cette orientation est encore plus nette chez Claudel et Anouilh qui assignent au spectateur la fonction de participer solidairement avec les acteurs à quelque chose de fort : faire vivre le personnage de théâtre.

arrow.1242450507.jpg Le premier texte du corpus est extrait de la Critique de l’École des femmes. Publiée en 1663, cette pièce en un acte de Molière « met en scène un débat entre des personnages adversaires et partisans de la pièce l’École des femmes quatre jours après la première représentation » (paratexte), L’intérêt de ce passage est donc de refléter plaisamment les diverses attitudes de spectateurs qui se sont fait jour dans la querelle de L’École des femmes, pièce qui a fait scandale lors de sa sortie. Face à un marquis imbécile et pédant qui trouve la pièce « détestable », sans pouvoir justifier ni étayer son jugement (« Elle est détestable parce qu’elle est détestable », « Que sais-je, moi ? Je ne me suis pas seulement donné la peine de l’écouter »), Dorante au contraire défend intelligemment la pièce et développe les thèses de Molière sur l’esthétique théâtrale : la grande règle est de plaire, aussi bien à la Cour qu’au parterre (« Tu es donc, Marquis, de ces Messieurs du bel air, qui ne veulent pas que le parterre ait du sens commun, et qui seraient fâchés d’avoir ri avec lui »). Dorante est à ce titre l’incarnation de « l’honnête homme » : contre tout élitisme, il représente le spectateur « averti » qui, loin de se limiter aux « règles » traditionnelles et aux préceptes obtus imposés par la morale, privilégie le bon sens « qui est de se laisser prendre aux choses, et de n’avoir ni prévention aveugle, ni complaisance affectée, ni délicatesse ridicule ».

arrow.1242450507.jpg À la pièce de Molière, qui fait l’éloge d’un théâtre authentiquement populaire, répond le premier acte de Cyrano de Bergerac. Le rideau se lève en effet sur un public très mélangé et contrasté socialement attendant une représentation à l’Hôtel de Bourgogne : c’est donc une autre pièce qui va être représentée à l’intérieur de la pièce. Cette mise en abyme, habilement exploitée par le procédé du « théâtre dans le théâtre », permet à l’auteur de rendre compte de l’atmosphère bruyante, voire survoltée, de la salle : les apostrophes nombreuses, les effets de duel dans le dialogue, le mélange des registres déplacent l’intérêt de la pièce vers la salle. Les spectateurs dont il est ici question (des Bourgeois, des Nobles, des pages et un public roturier venu pour se délecter autant du spectacle de la salle que de celui de la scène) se caractérisent donc par leur aptitude à faire vivre le théâtre : même si la pièce s’inspire librement d’un personnage du dix-septième siècle devenu le héros d’Edmond Rostand, elle a été rédigée en 1897, époque propice au boulevard et au vaudeville bourgeois, genre authentiquement populaire. De fait, un théâtre sans spectateurs n’aurait guère de légitimité : la perception de l’œuvre théâtrale passe donc par le public. Ce passage de Rostand prolonge ainsi les thèses de Molière quant à l’esthétique théâtrale et annonce des conceptions plus modernes sur le renouvellement des codes dramatiques, dont les textes de Claudel et d’Anouilh sont porteurs.

arrow.1242450507.jpg De fait, ces deux dramaturges —de façon plus conceptuelle et distanciée néanmoins— invitent à une réflexion sur le système symbolique qui régit l’échange entre les acteurs et les spectateurs. En introduisant non sans humour une figure de l’auteur, Claudel et Anouilh contraignent le spectateur à préférer au plaisir de l’illusion théâtrale et réaliste une participation consciente à la symbolique du texte. Cette modification des codes de représentation dont l’Annoncier et le Prologue sont les archétypes, permet de bâtir un théâtre très idéaliste et poétique qui sollicite à chaque instant la réceptivité et la complicité du spectateur : « Écoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C’est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau, c’est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant et c’est ce que vous ne trouverez pas amusant qui est le plus drôle ». Ces propos de l’Annoncier peuvent être mis en parallèle avec l’avertissement du Prologue : « Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure […]. Elle pense qu’elle va mourir […] et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… ». 

Un peu comme s’il était en coulisses, le spectateur semble donc prendre part à la construction de la pièce avant le lever de rideau : l’intention des auteurs est en effet de l’y faire participer en lui livrant des éléments signifiants du décor (Claudel : « Et ici-bas un peintre qui voudrait représenter l’œuvre des pirates ») ou de l’intrigue (Anouilh : « Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides. Il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d’Œdipe… »). Ce choix d’un théâtre de la distanciation renforce évidemment le rôle actif du spectateur : loin de se contenter d’assister passivement à la pièce, il en devient presque « acteur ». Cette esthétique de la représentation témoigne d’un aspect essentiel : la dénonciation de l’illusion théâtrale. Les directions scéniques données par l’Annoncier et le Prologue en sont la preuve : il s’agit pour les auteurs d’élaborer une sorte de pédagogie du théâtre, apte à favoriser une communion poétique et spirituelle avec le spectateur. Ce parti-pris esthétique aboutit également à une désacralisation des conventions théâtrales : en prenant le contre-pied du style tragique classique, Antigone et le Soulier de satin tendent ainsi vers une esthétique de la représentation qui valorise l’art de la mise en scène et participe au mouvement de rénovation du langage verbal qui marquera le vingtième siècle : autant d’éléments qui mettent en question la mimésis au théâtre (réalisme de l’intrigue, réalité des personnages, etc.).

Mise à jour : samedi 27 juin 2009, 08:29

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Ecrit EAF 2009 Séries ES/S Premiers éléments d'analyse…

Le corpus, particulièrement difficile à synthétiser (il m’a fallu plus d’une heure et demi pour traiter la question), conduisait à analyser la relation entre théâtre et public, et à définir implicitement les fonctions du théâtre. Les exercices d’écriture étaient également d’une rare complexité. Rassurez-vous cependant : tous les correcteurs savent que des jeunes gens qui passent leur Épreuve Anticipée de Français n’ont pas la culture d’un étudiant de Lettres, évidemment plus familier de ce genre de sujets…

  • Le commentaire amenait les candidats à réfléchir au problème de la légitimation du théâtre à travers le dialogue du marquis et de Dorante. En outre, il réinvestissait la question de sa fonction, et plus fondamentalement de sa mission artistique, didactique et sociale.
  • La dissertation portait quant à elle sur la réception du texte théâtral par le public. Elle conduisait les candidats à méditer la manière dont le spectateur est impliqué dans la représentation théâtrale : la réussite d’un tel travail exigeait un certain nombre de savoirs théoriques sur le processus complexe de communication qui s’instaure avec les spectateurs lors d’une représentation. Cela dit, malgré son apparente difficulté, l’exercice était assez abordable et il était possible de réinvestir avec aisance les textes du corpus.
  • Quant à l’écrit d’invention, le libellé du sujet (refus du narratif) invitait l’élève à une réflexion sur le sens. À l’opposé des exercices habituels, le présent travail largement introspectif et réflexif, exigeait une analyse de déchiffrement des signes offerts au spectateur lors d’une scène d’exposition…
Ma charge de travail étant importante en ce moment (oraux + correction de l’écrit), m’amène à un léger retard dans la mise en ligne des corrigés. Je m’en excuse par avance.

arrow.1242450507.jpg La Question

[Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez d’abord à la question suivante (4 points) : quelles attitudes de spectateur ces textes proposent-ils ? Vous répondrez de façon organisée et synthétique.]

L’intérêt du groupement de textes proposé est de montrer les rapports qui existent entre le public et l’action scénique. Les passages présentés nous rappellent combien le premier accès au texte est la représentation elle-même : contrairement au roman par exemple, le théâtre est avant tout un spectacle fait pour être représenté, d’où le rôle essentiel des spectateurs, dont il s’agit de définir les attitudes : pourquoi va-t-on au théâtre ? Et plus fondamentalement, quelle est la fonction du théâtre ? L’opposition des points de vue dans la pièce de Molière amène ainsi à une réflexion sur l’esthétique théâtrale. Plus encore, le procédé du « théâtre dans le théâtre » dans la pièce de Rostand joue habilement avec la fiction du « quatrième mur » : celui qui, par convention, sépare la scène de la salle. Cette orientation est encore plus nette chez Claudel et Anouilh qui assignent au spectateur la fonction de participer solidairement avec les acteurs à quelque chose de fort : faire vivre le personnage de théâtre.
arrow.1242450507.jpg Le premier texte du corpus est extrait de la Critique de l’École des femmes. Publiée en 1663, cette pièce en un acte de Molière « met en scène un débat entre des personnages adversaires et partisans de la pièce l’École des femmes quatre jours après la première représentation » (paratexte), L’intérêt de ce passage est donc de refléter plaisamment les diverses attitudes de spectateurs qui se sont fait jour dans la querelle de L’École des femmes, pièce qui a fait scandale lors de sa sortie. Face à un marquis imbécile et pédant qui trouve la pièce « détestable », sans pouvoir justifier ni étayer son jugement (« Elle est détestable parce qu’elle est détestable », « Que sais-je, moi ? Je ne me suis pas seulement donné la peine de l’écouter »), Dorante au contraire défend intelligemment la pièce et développe les thèses de Molière sur l’esthétique théâtrale : la grande règle est de plaire, aussi bien à la Cour qu’au parterre (« Tu es donc, Marquis, de ces Messieurs du bel air, qui ne veulent pas que le parterre ait du sens commun, et qui seraient fâchés d’avoir ri avec lui »). Dorante est à ce titre l’incarnation de « l’honnête homme » : contre tout élitisme, il représente le spectateur « averti » qui, loin de se limiter aux « règles » traditionnelles et aux préceptes obtus imposés par la morale, privilégie le bon sens « qui est de se laisser prendre aux choses, et de n’avoir ni prévention aveugle, ni complaisance affectée, ni délicatesse ridicule ».
arrow.1242450507.jpg À la pièce de Molière, qui fait l’éloge d’un théâtre authentiquement populaire, répond le premier acte de Cyrano de Bergerac. Le rideau se lève en effet sur un public très mélangé et contrasté socialement attendant une représentation à l’Hôtel de Bourgogne : c’est donc une autre pièce qui va être représentée à l’intérieur de la pièce. Cette mise en abyme, habilement exploitée par le procédé du « théâtre dans le théâtre », permet à l’auteur de rendre compte de l’atmosphère bruyante, voire survoltée, de la salle : les apostrophes nombreuses, les effets de duel dans le dialogue, le mélange des registres déplacent l’intérêt de la pièce vers la salle. Les spectateurs dont il est ici question (des Bourgeois, des Nobles, des pages et un public roturier venu pour se délecter autant du spectacle de la salle que de celui de la scène) se caractérisent donc par leur aptitude à faire vivre le théâtre : même si la pièce s’inspire librement d’un personnage du dix-septième siècle devenu le héros d’Edmond Rostand, elle a été rédigée en 1897, époque propice au boulevard et au vaudeville bourgeois, genre authentiquement populaire. De fait, un théâtre sans spectateurs n’aurait guère de légitimité : la perception de l’œuvre théâtrale passe donc par le public. Ce passage de Rostand prolonge ainsi les thèses de Molière quant à l’esthétique théâtrale et annonce des conceptions plus modernes sur le renouvellement des codes dramatiques, dont les textes de Claudel et d’Anouilh sont porteurs.
arrow.1242450507.jpg De fait, ces deux dramaturges —de façon plus conceptuelle et distanciée néanmoins— invitent à une réflexion sur le système symbolique qui régit l’échange entre les acteurs et les spectateurs. En introduisant non sans humour une figure de l’auteur, Claudel et Anouilh contraignent le spectateur à préférer au plaisir de l’illusion théâtrale et réaliste une participation consciente à la symbolique du texte. Cette modification des codes de représentation dont l’Annoncier et le Prologue sont les archétypes, permet de bâtir un théâtre très idéaliste et poétique qui sollicite à chaque instant la réceptivité et la complicité du spectateur : « Écoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C’est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau, c’est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant et c’est ce que vous ne trouverez pas amusant qui est le plus drôle ». Ces propos de l’Annoncier peuvent être mis en parallèle avec l’avertissement du Prologue : « Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure […]. Elle pense qu’elle va mourir […] et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… ». 
Un peu comme s’il était en coulisses, le spectateur semble donc prendre part à la construction de la pièce avant le lever de rideau : l’intention des auteurs est en effet de l’y faire participer en lui livrant des éléments signifiants du décor (Claudel : « Et ici-bas un peintre qui voudrait représenter l’œuvre des pirates ») ou de l’intrigue (Anouilh : « Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides. Il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d’Œdipe… »). Ce choix d’un théâtre de la distanciation renforce évidemment le rôle actif du spectateur : loin de se contenter d’assister passivement à la pièce, il en devient presque « acteur ». Cette esthétique de la représentation témoigne d’un aspect essentiel : la dénonciation de l’illusion théâtrale. Les directions scéniques données par l’Annoncier et le Prologue en sont la preuve : il s’agit pour les auteurs d’élaborer une sorte de pédagogie du théâtre, apte à favoriser une communion poétique et spirituelle avec le spectateur. Ce parti-pris esthétique aboutit également à une désacralisation des conventions théâtrales : en prenant le contre-pied du style tragique classique, Antigone et le Soulier de satin tendent ainsi vers une esthétique de la représentation qui valorise l’art de la mise en scène et participe au mouvement de rénovation du langage verbal qui marquera le vingtième siècle : autant d’éléments qui mettent en question la mimésis au théâtre (réalisme de l’intrigue, réalité des personnages, etc.).

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Classes de Première… Support de cours… Paul Claudel

                   

Paul Claudel, Cinq grandes odes (1910)

Deuxième ode (début)

L’ESPRIT ET L’EAU

Après le long silence fumant,
Après le grand silence civil de maints jours tout fumant de rumeurs et de fumées,
Haleine de la terre en culture et ramage des grandes villes dorées,
Soudain l’Esprit de nouveau, soudain le souffle de nouveau,
Soudain le coup sourd au cœur, soudain le mot donné, soudain le souffle de l’Esprit, le rapt sec, soudain la possession de l’Esprit!
Comme dans le ciel plein de nuit avant que ne claque le premier feu de foudre.
Soudain le vent de Zeus dans un tourbillon plein de pailles et de poussières avec la lessive de tout le village!

Mon Dieu, qui au commencement avez séparé les eaux supérieures des eaux inférieures,
Et qui de nouveau avez séparé de ces eaux humides que je dis,
L’aride, comme un enfant divisé de l’abondant corps maternel,
La terre bien chauffante, tendre-feuillante et nourrie du lait de la pluie,
Et qui dans le temps de la douleur comme au jour de la création saisissez dans votre main toute-puissante
L’argile humaine et l’esprit de tous côtés vous gicle entre les doigts

De nouveau après les longues routes terrestres,
Voici l’Ode, voici que cette grande Ode nouvelle vous est présente,
Non point comme une chose qui commence, mais peu à peu comme la mer qui était là,
La mer de toutes les paroles humaines avec la surface en divers endroits
Reconnue par un souffle sous le brouillard et par l’œil de la matrone Lune ! 

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Katsushika Hokusai (1760-1849) « La grande vague de Kanagawa » (détail)

Publiées en 1910, les Cinq Grandes odes de Paul Claudel sont d’un abord difficile : ce sont des sortes de « psaumes » ou « monologues » fortement influencés par le symbolisme de Mallarmé et les Illuminations de Rimbaud : le style allie à la plus pure tradition de l’ode, la modernité des images et le renouvellement de l’écriture poétique.

Le passage présenté ici est extrait de la Deuxième ode intitulée L’Esprit et l’eau. Rédigé en 1906 à Pékin —où Claudel était consul de France— ce texte est caractéristique de la poésie mystique : lecteur assidu des versets de la Bible, l’auteur assigne en effet au langage poétique la mission de révéler aux hommes le sacré et la transcendance divine.

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La forme particulière du texte : l’ode

Vous devez d’abord rappeler les origines de l’ode. Il s’agit d’une forme de poésie apparue en Grèce au cinquième siècle av. J-C. Ce terme (ôdè en Grec) signifie « chant » : c’est un genre élevé, proche de l’épopée. Dans la Grèce antique, les odes célébraient des sujets héroïques sous la forme de poèmes lyriques en strophes, chantés en l’honneur d’un personnage important. Le poète Pindare (558-446 av. J-C) a ainsi composé des odes triomphales à la gloire des athlètes vainqueurs aux Jeux olympiques. L’ode s’est ensuite développée en France au seizième siècle grâce aux auteurs de la Pléiade (Du Bellay, Ronsard) puis au dix-neuvième siècle sous la plume de Victor Hugo (Odes et Ballades). Traditionnellement, ce qui caractérise l’ode est la recherche d’un principe d’équilibre rythmique et d’harmonie grâce à des effets de symétrie sonore.

Le texte claudélien : lyrisme et souffle épique

Dans cette Deuxième ode, Claudel s’inspire donc de la tradition de l’ode pour produire un texte où la phrase, tantôt ample, tantôt heurtée, traduit une impression de grandeur et de lyrisme exubérant : on a parlé de « verset claudélien » (à tort : il vaut mieux parler de vers) pour caractériser ces grands vers libres, plus proches de la versification des Grecs que de la versification française (y compris de celle des adeptes du vers libre). La diversité de longueur d’un vers à l’autre entraîne à la lecture une sorte de souffle épique conforme à la vocation initiale de l’ode, qui est de traduire le lyrisme des élans de l’âme ou du cœur. De même, les correspondances sonores (assonances et allitérations) créent une dynamique rythmique accentuée par les reprises anaphoriques qui participent au sentiment de respiration et de souffle de ce chant poétique :

Soudain l’Esprit de nouveau, soudain le souffle de nouveau,
Soudain le coup sourd au cœur, soudain le mot donné, soudain le souffle de l’Esprit, le rapt sec, soudain la possession de l’Esprit!
Comme dans le ciel plein de nuit avant que ne claque le premier feu de foudre.
Soudain le vent de Zeus dans un tourbillon plein de pailles et de poussières avec la lessive de tout le village!

Il est important de vous attacher à la longueur et à la coupe des phrases. Alors que dans la poésie traditionnelle, les coupures en fin de vers se font fréquemment sur une articulation logique (la fin du vers correspondant à la fin d’un groupe syntaxique (phrase, proposition) justifiant une pause dans la lecture, ici le vers quasi ininterrompu libère le rythme des contraintes formelles de la versification en créant une impression de « débordement » qui connote bien la symbolique de l’eau et le mouvement de la mer, dominants dans le texte. Par sa longueur, le vers claudélien, sans mesure régulière, fait de nombreux enjambements, de pauses, de silences, donne à ce titre l’impression à la lecture de « perdre son souffle » ; impression accentuée par le choix du lexique : « haleine de la terre […] Soudain le souffle de nouveau […] soudain le souffle de l’esprit ».

Le travail du texte peut donc se définir comme un acte respiratoire qui donne également le sentiment d’un rythme « cosmique », sans entrave mais souvent heurté par les tensions de la phrase. Libérée des conventions métriques, la forme exalte le mouvement, la démesure et fait ressortir le fond : la révélation d’une dimension céleste et spirituelle. La poésie est parole, commandée par les mouvements humains les plus fondamentaux : battement du cœur, rythme de la respiration. Cette valeur incantatoire, fervente, inspiratrice permet à l’homme de prendre possession de l’univers et de lui donner un sens, d’en dégager la totalité signifiante.

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L’influence biblique

En outre, le champ lexical de l’eau et son mouvement rythmique suggère un certain nombre d’images qui dilatent le rythme des phrases et amplifient la symbolique cosmique créée par la métrique très ample : « les eaux supérieures » et « les eaux inférieures » ; « les eaux humides » ; le « lait de la pluie » (notez l’analogie avec le lait maternel, nourricier) ; « la mer qui était là », etc. Ces images visent dans leur ensemble à rendre gloire à Dieu grâce à un style haut en couleur, amplifiant les enjeux du simple langage poétique. Il faut en effet rappeler que pour Claudel l’ode rejoint la prière et entend retrouver la perfection originelle que le péché aurait fait oublier à l’homme. Pour saisir ce nouvel ordre des choses, Claudel s’est largement inspiré du texte biblique. La deuxième strophe est sans conteste un rappel de la Genèse :

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. 
Dieu dit : Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux. 
Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Et cela fut ainsi.

On pourrait évoquer aussi cet autre passage de la Bible :

Puis après avoir créé la terre, le ciel et les étoiles, le Seigneur prit l’argile, la modela et avec un souffle donna la vie à l’homme.

N’oubliez pas que Claudel est un lecteur fortement influencé par la lecture des textes religieux, il est donc normal qu’il oriente sa poésie vers le dévoilement d’une transcendance divine inscrite au cœur d’un symbolisme cosmique. Conformément à la tradition biblique, la Deuxième ode exalte l’eau fécondante et purificatrice qui évoque l’acte de création du monde : boire, c’est aller à la source « nourricière », s’immerger, se baigner, plonger dans l’universel. D’où ce caractère « cosmique » de l’œuvre que j’évoquais à l’instant : il s’agit pour Claudel d’achever par la création poétique, l’acte de création du monde, d’écrire « le grand poème de l’homme […] enfin réconcilié aux forces éternelles » (Quatrième ode). Mais, parallèlement à cette influence explicitement religieuse, nous allons voir combien Claudel a nourri pour les Symbolistes une admiration sans borne, en particulier pour leur effort de traduire poétiquement une vision spirituelle du monde.

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L’influence de Mallarmé et de Rimbaud

À partir de 1885 se constitue autour de Mallarmé un groupe de poètes qui formeront « l’École symboliste« . Le but de ces auteurs est d’amener à une réflexion sur le « symbole » qui doit conduire à un déchiffrement (« Qu’est-ce que ça veut dire ? » disait Mallarmé pour suggérer que tout est « signe ») à la fois métaphysique et mystique du monde, irréductible au matérialisme cher aux romanciers réalistes ou naturalistes. C’est donc à Mallarmé qu’il fréquente en 1891, et surtout à Rimbaud que Claudel doit sa vocation poétique. De fait, à la mission de déchiffrement que les Symbolistes assignent à la poésie, correspond bien l’aspect mystique du texte que nous évoquions précédemment.

L’influence de Rimbaud se fait également sentir dans le texte. Claudel a dit que c’est l’auteur des Illuminations qui l’avait libéré du « bagne matérialiste » en lui donnant « l’impression presque physique du surnaturel ». Dans « le Bateau ivre » par exemple, on se rappelle combien la dérive du bateau s’apparentait à une aventure spirituelle, vécue non seulement comme une libération mais comme une purification (grâce au naufrage dans « le poème de la mer »). Comme beaucoup d’auteurs symbolistes, Claudel est donc à la recherche  d’un déchiffrement du monde, opposé au matérialisme de son époque.

Rappelez-vous également de cette expression du « Bateau ivre »: « la tempête a béni mes éveils maritimes » ; le verbe « bénir », de par sa connotation religieuse, évoque une immersion baptismale considérée comme rupture avec la civilisation et accès à un monde purifié. De même, le texte claudélien, par l’importance qu’il accorde également à la mer, semble assez proche de la symbolique de la révélation que nous avons déjà notée dans le poème de Rimbaud : « Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème/De la Mer, infusé d’astres, et lactescent ». À Comparer avec le texte de Claudel : « voici que cette grande Ode nouvelle vous est présente, /Non point comme une chose qui commence, mais peu à peu comme la mer qui était là,/ La mer de toutes les paroles humaines. » Mais, à la différence de Rimbaud qu’il appelait un « mystique à l’état sauvage », Claudel s’est converti en 1886 au Catholicisme : le lyrisme et l’émotion sont donc mis au service d’une poésie religieuse, conçue comme une offrande à Dieu.

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Le style de Claudel : des registres contrastés

« Offrande » ne veut pas dire d’ailleurs érudition solennelle, pompeuse ou conventionnelle. Bien au contraire : l’opposition entre le sacré et le monde profane est suggérée dans le texte par une esthétique poétique très vivante où peut se lire le mélange des tonalités (tantôt intimistes, tantôt épiques) et des registres. Cette portée religieuse et mystique de la poésie claudélienne s’inscrit donc dans la réalité vivante, matérielle, charnelle : toutes deux s’interpénètrent. D’une part, nous assistons au spectacle d’une humanité humble, en proie à ses imperfections (il est question de « la lessive de tout le village »). C’est aussi le « grand silence civil » des « grandes villes dorées » (allusion à Pékin) abusées par le matériel et la démesure, autant que par le spectaculaire et la superficialité comme le suggère le terme « ramage » (dieux matériels : art et beauté qui n’ont de fin qu’en eux-mêmes).

Mais au-delà de ces vanités du monde on peut noter le souffle de Dieu qui semble les transcender grâce à l’allégorie : dans le texte, la description du paysage s’élargit ainsi à la construction d’un « paysage métaphysique » qui doit amener l’homme à une nouvelle naissance grâce à l’eau fécondante et purificatrice. Cette découverte du spirituel derrière le matériel, de l’invisible derrière le visible, permet de transcender le passager (univers non poétique) pour atteindre l’éternel (univers poétique).

Là encore, il faut rappeler l’importance chez Claudel (comme chez les Symbolistes) du signe comme déchiffrement : il s’agit en effet de redécouvrir ce que le signe veut dire, au-delà de son aspect immédiat et matériel : « le souffle de l’esprit » humain conduit donc à la révélation d’un monde qui doit guider l’homme vers une connaissance spirituelle. Pour Claudel, la fonction du poète est d’abord religieuse : le vrai poète est en effet un croyant, un prophète, celui qui parle, qui nomme les choses. Son langage possède un véritable pouvoir de création. Par le langage l’homme participe ainsi à la création divine. La parole permet à l’homme de prendre possession de l’univers (« immense octave de la création »).

Autant chez Rimbaud (comme chez Mallarmé), l’ivresse du voyage aboutissait invariablement au naufrage (rappelez-vous également de « Brise marine »), autant chez Claudel l’expérience poétique aboutit à une « co-naissance », c’est-à-dire à une naissance qui exalte autant la création d’un nouveau monde que l’accès à un savoir renouvelé grâce à l’esprit de l’homme : à « la mer infinie de toutes les paroles humaines » fait écho la naissance d’une « grande ode nouvelle ». Par le langage l’homme accède ainsi à la co-naissance : prise de possession du monde au nom de Dieu, naissance à la vraie réalité, à l’univers vu par les yeux du Créateur.

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Pour bien comprendre cette expression de « grande ode nouvelle », il faut se reporter ici à la théorie claudélienne de la « co-naissance » exposée dans son Art poétique (Traité de la co-naissance au monde et de soi-même, 1904) : Claudel entend faire de la poésie un instrument de connaissance du monde : la parenté étymologique entre les mots « naître » et « connaître » doit ainsi fonder un nouveau langage, à la fois spontané et très recherché. Voici pourquoi dans ce texte la célébration liturgique se double d’une quête poétique(exploration d’une « poésie à l’état pur ») : dans un autre passage des Cinq grandes odes, Claudel a écrit : « J’inventai ce vers qui n’avait ni rime ni mètre,/Et je le définissais dans le secret de mon cœur cette fonction double et réciproque/Par laquelle l’homme absorbe la vie, et restitue dans l’acte suprême de l’expiration/Une parole intelligible ».

Comme il a été justement noté, « le poète naît donc au monde dans l’acte de la connaissance du monde ou « connaissance de la terre », car toute connaissance est une « co-naissance » qui suscite un nouvel être qualifié par ses rapports sans cesse changeants avec son environnement. En plus, parce qu’il saura comprendre et recréer ces rapports entre les hommes, les choses et lui-même, le poète accèdera à un état de liberté, d’individualité et de puissance conquérante » (Nina S. Hellerstein, Mythe et structure dans les Cinq grandes odes de Paul Claudel. Annales littéraires de l’Université de Besançon. Les Belles Lettres, Paris 1990. Page 63).

Cette union intime de la foi et de la poésie fait du poète un prophète, c’est-à-dire, étymologiquement parlant, un interprète de Dieu, dont le langage est sacré et le souffle inspirateur. La poésie pour Claudel devient ainsi acte de foi et de création littéraire grâce à l’écriture d’une « grande ode nouvelle », symbole d’un style renouvelé qui semble tout autant rendre hommage aux poètes symbolistes de la fin du dix-neuvième siècle que saluer la naissance d’un siècle nouveau.

Bruno Rigolt

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© Bruno Rigolt, EPC juin 2009. Dernière révision : août 2013__

Lecture utile : Nina S. Hellerstein, Mythe et structure dans les Cinq grandes odes de Paul Claudel. Annales littéraires de l’Université de Besançon. Les Belles Lettres, Paris 1990.
Particulièrement les pages 30 et suivantes.