Un été en Poésie… 22 juillet-22 août 2013… Aujourd’hui : Renée Vivien

 

← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.

En été, hydratez votre cerveau au maximum !

Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie«  : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui… Renée Vivien
(Pauline Mary Tarn, 1877, Londres — Paris, 1909)… FRANCE

Hier, jeudi 25 juillet : Anne-Marie Alonzo… QUÉBEC
Demain, samedi 27 juillet : Mohammed Dib… ALGÉRIE

 

La Conque

Passants, je me souviens du crépuscule vert
Où glissent lentement les ombres sous-marines,
Où les algues de jade au calice entr’ouvert
Étreignent de leurs bras fluides les ruines
Des vaisseaux autrefois pesants d’ivoire et d’or.
Je me souviens du soir où la nacre s’irise,
Où dorment les anneaux, étincelants encor,
Que donnaient à la mer ses époux de Venise.
Passants, je me souviens du mystique travail
Des vivants jardins qui recèlent, virginales,
L’anémone et la mousse et la fleur du corail
Dont l’effort des remous avive les pétales,
Rose animale et rouge éclose dans la nuit.
Je me souviens d’avoir bu l’odeur de la brume
Et d’avoir contemplé le sillage qui fuit
En laissant sur les flots une neige d’écume.
Je me souviens d’avoir vu, sur l’azur changeant
Des vagues, refleurir les astres du phosphore.
Mon lit d’amour était le doux sable d’argent.
Je me souviens d’avoir frôlé le madrépore
En ses palais, d’avoir vu les lambeaux empreints
De sel, qui furent des bannières déployées,
D’avoir pleuré les yeux et les cheveux éteints
Et les membres meurtris des Amantes noyées…
J’ai connu les frissons de leur baiser amer.
Dans mon cœur chante encor la musique illusoire
De l’Océan. — Je garde en ma frêle mémoire
Le murmure et l’haleine et l’âme de la mer.

Renée Vivien
 
Évocations, 1903
Le texte ainsi que le recueil sont consultables sur BnF-Gallica.

Illustration : Odilon Redon (1840-1916), « La Coquille », 1912 (pastel)
Paris, Musée d’Orsay

Un été en Poésie… 22 juillet-22 août 2013… Aujourd’hui : Robert Vivier

 

← Illustration : François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.

Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie » : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

                    

Aujourd’hui… Robert Vivier
(Chênée/Liège, Belgique, 1894 — La Celle Saint-Cloud, France, 1989)… BELGIQUE

Hier, mardi 23 juillet : Giuseppe Ungaretti… ITALIE
Demain, jeudi 25 juillet : Anne-Marie Alonzo… QUÉBEC

                        

Chronos rêve

Dans la pénombre sans mémoire où les genoux
Éternisent leurs noirs basaltes de silence
Il advient qu’un ennui vaporeux se condense
En figures de vie. Une fois, ce fut nous

Ces jouets qu’intrigué le dieu flaire et, très doux,
Sur ses paumes longtemps éprouve puis balance,
Tant qu’à force d’y soupeser sa nonchalance
Il les serre d’un point morose et les dissout…

Plus rien, que deux genoux nettoyés par l’espace,
Falaises de l’oubli, cirque d’absence où passent
Immobiles, les bleus chevaux de l’infini.

Chronos rêve. Quelle ombre a frôlé sa paupière ?
Les hauts genoux vacants, tel un avare nid,
Attendent de bercer la nouvelle poussière.

Robert Vivier
Chronos rêve, la Renaissance du livre, Bruxelles 1959

Illustration : Salvator Dali (1904-1989), « La Désintégration de la persistance de la mémoire », 1952-1954 (huile sur toile, détail)
St. Petersburg (États-Unis, Floride), Salvator Dali Museum

Un été en Poésie… 22 juillet-22 août 2013… Aujourd'hui : Giuseppe Ungaretti

 

← Illustration : François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.

Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie » : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

                       

Aujourd’hui… Giuseppe Ungaretti (1888, Alexandrie — 1970, Milan)… ITALIE
                 
Hier, lundi 22 juillet : Anna de Noailles… FRANCE
Demain, mercredi 24 juillet : Robert Vivier… BELGIQUE

Dove la luce Où la lumière

Come allodola ondosa Comme alouette ondoyante
Nel vento lieto sui giovani prati, Au vent joyeux sur les jeunes prés,
Le braccia ti sanno leggera, vieni. Viens légère dans mes bras.

Ci scorderemo di quaggiù, Nous oublierons ce bas-monde
E del male e del cielo, Et le mal et le ciel,
E del mio sangue rapido alla guerra, Et mon sang trop ardent à la guerre,
Di passi d’ombre memori Les pas d’ombres qui se souviennent
Entro rossori di mattine nuove. En des rougeurs d’aubes nouvelles.

Dove non muove foglia più la luce, Là où pas une feuille ne bouge, plus de lumière,
Sogni e crucci passati ad altre rive, Chagrins et rêves partis vers d’autres terres,
Dov’è posata sera, Là où s’est posé le soir,
Vieni ti porterò Viens, je te porterai
Alle colline d’oro. Aux collines dorées.

L’ora costante, liberi d’età,  Libérés du temps, l’heure immobile
Nel suo perduto nimbo Dans son halo perdu
Sarà nostro lenzuolo. Sera notre linceul.

Giuseppe Ungaretti
Il Porto sepolto, Le Port enseveli (1930)

Traduction : Bruno Rigolt

Illustration : Auguste Pégurier (1856-1936), « Vue s’un cimetière » (Saint-Tropez), 1890 (huile sur toile, détail)
Nice, Musée des Beaux-arts

Un été en Poésie… 22 juillet-22 août 2013… Aujourd’hui : Giuseppe Ungaretti

 

← Illustration : François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.

Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie » : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

                       

Aujourd’hui… Giuseppe Ungaretti (1888, Alexandrie — 1970, Milan)… ITALIE

                 

Hier, lundi 22 juillet : Anna de Noailles… FRANCE
Demain, mercredi 24 juillet : Robert Vivier… BELGIQUE

Dove la luce Où la lumière

Come allodola ondosa Comme alouette ondoyante
Nel vento lieto sui giovani prati, Au vent joyeux sur les jeunes prés,
Le braccia ti sanno leggera, vieni. Viens légère dans mes bras.

Ci scorderemo di quaggiù, Nous oublierons ce bas-monde
E del male e del cielo, Et le mal et le ciel,
E del mio sangue rapido alla guerra, Et mon sang trop ardent à la guerre,
Di passi d’ombre memori Les pas d’ombres qui se souviennent
Entro rossori di mattine nuove. En des rougeurs d’aubes nouvelles.

Dove non muove foglia più la luce, Là où pas une feuille ne bouge, plus de lumière,
Sogni e crucci passati ad altre rive, Chagrins et rêves partis vers d’autres terres,
Dov’è posata sera, Là où s’est posé le soir,
Vieni ti porterò Viens, je te porterai
Alle colline d’oro. Aux collines dorées.

L’ora costante, liberi d’età,  Libérés du temps, l’heure immobile
Nel suo perduto nimbo Dans son halo perdu
Sarà nostro lenzuolo. Sera notre linceul.

Giuseppe Ungaretti
Il Porto sepolto, Le Port enseveli (1930)

Traduction : Bruno Rigolt

Illustration : Auguste Pégurier (1856-1936), « Vue s’un cimetière » (Saint-Tropez), 1890 (huile sur toile, détail)
Nice, Musée des Beaux-arts

Un été en Poésie… 22 juillet-22 août 2013… Aujourd’hui : Anna de Noailles

 

← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.

En été, hydratez votre cerveau au maximum !

Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie«  : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 

Aujourd’hui… Anna de Noailles (1876 — 1933, Paris) FRANCE

Demain, mardi 23 juillet : Giuseppe Ungaretti… ITALIE

L’offrande à la Nature

Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,
Nul n’aura comme moi si chaudement aimé
La lumière des jours et la douceur des choses,
L’eau luisante et la terre où la vie a germé.

La forêt, les étangs et les plaines fécondes
Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.

J’ai porté vos soleils ainsi qu’une couronne
Sur mon front plein d’orgueil et de simplicité,
Mes jeux ont égalé les travaux de l’automne
Et j’ai pleuré d’amour aux bras de vos étés.

Je suis venue à vous sans peur et sans prudence
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,
Ayant pour toute joie et toute connaissance
Votre âme impétueuse aux ruses d’animal.

Comme une fleur ouverte où logent des abeilles
Ma vie a répandu des parfums et des chants,
Et mon cœur matineux est comme une corbeille
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

Soumise ainsi que l’onde où l’arbre se reflète,
J’ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs
Et qui font naître au cœur des hommes et des bêtes
La belle impatience et le divin vouloir.

Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature.
Ah ! faut-il que mes yeux s’emplissent d’ombre un jour,
Et que j’aille au pays sans vent et sans verdure
Que ne visitent pas la lumière et l’amour…

Anna de Noailles (1876-1933)
Le Cœur innombrable, 1901

Anna de Noailles, autoportrait
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Extrait de : Album de photographies d’Anna de Noailles

Un été en Poésie… 22 juillet-22 août 2013… Aujourd'hui : Anna de Noailles

 

← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.

En été, hydratez votre cerveau au maximum !

Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie«  : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.

 
Aujourd’hui… Anna de Noailles (1876 — 1933, Paris) FRANCE
Demain, mardi 23 juillet : Giuseppe Ungaretti… ITALIE

L’offrande à la Nature

Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,
Nul n’aura comme moi si chaudement aimé
La lumière des jours et la douceur des choses,
L’eau luisante et la terre où la vie a germé.

La forêt, les étangs et les plaines fécondes
Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.

J’ai porté vos soleils ainsi qu’une couronne
Sur mon front plein d’orgueil et de simplicité,
Mes jeux ont égalé les travaux de l’automne
Et j’ai pleuré d’amour aux bras de vos étés.

Je suis venue à vous sans peur et sans prudence
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,
Ayant pour toute joie et toute connaissance
Votre âme impétueuse aux ruses d’animal.

Comme une fleur ouverte où logent des abeilles
Ma vie a répandu des parfums et des chants,
Et mon cœur matineux est comme une corbeille
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

Soumise ainsi que l’onde où l’arbre se reflète,
J’ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs
Et qui font naître au cœur des hommes et des bêtes
La belle impatience et le divin vouloir.

Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature.
Ah ! faut-il que mes yeux s’emplissent d’ombre un jour,
Et que j’aille au pays sans vent et sans verdure
Que ne visitent pas la lumière et l’amour…

Anna de Noailles (1876-1933)
Le Cœur innombrable, 1901

Anna de Noailles, autoportrait
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Extrait de : Album de photographies d’Anna de Noailles

Concours AMOPA 2013. Lire en ligne… Aujourd’hui la contribution d’Amélie : « Dans la nuit du monde »

Concours AMOPA 2013
Thème : l’émerveillement

Nombreux sont mes élèves de Seconde  qui ont participé cette année au concours d’expression écrite « Défense et Illustration de la langue française », organisé par l’AMOPA (Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques). Le thème choisi pour 2012-2013 était l’émerveillement. Étant donné la qualité des écrits (une de mes élèves a même terminé ex æquo à la première place du prix national), j’ai décidé de mettre en ligne sur ce site l’ensemble des productions. Aujourd’hui, découvrez le travail d’Amélie, un texte bouleversant, qui a permis à son auteure d’être lauréate départementale (deuxième accessit)…
Bonne lecture. BR

Autres textes publiés :
– Lucie M. (Deuxième prix départemental) : « Près de l’étang du parc »
– Romane G. : « Quelques miettes de sel et d’eau »
– Léna G.-S. (Premier prix national) : Composition française à partir d’une citation d’Einstein

                    

Dans la nuit du monde

Par Amélie S.
Classe de Seconde 9

Une feuille qui tombe, une simple feuille qui tombe avec le soir… Pas de quoi s’émerveiller diront certains. Et pourtant voilà mon sujet d’émerveillement. Oh ! Je sais que c’est un émerveillement simple, un émerveillement humble qu’une simple feuille qui tombe. Et pourtant…

Lorsque l’on se surprend à s’émerveiller, le temps s’arrête, plus rien ne bouge autour de nous, tant l’objet de notre émerveillement provoque un sentiment d’admiration intense pour une petite feuille de rien du tout qui tombe dans un soir ordinaire, comme tous les autres soirs.

S’émerveiller devant une feuille tombant d’un arbre est quelque chose de pur. En portant le regard sur une feuille banale, la personne émerveillée invite cette feuille à se sentir existante, alors qu’elle n’est que feuille. Elle s’idéalise aux yeux de l’émerveillé, lui rappelle d’où il vient et où il ira plus tard. Inspirant la nature, cette feuille est un don de la vie. Si elle a été créée, n’est-ce pas dans le but de profiter à quelqu’un sur cette terre si grande ? Une feuille, une simple feuille qui tombe dans le jour enfin tombé, aide peut-être une personne à tout oublier. Une feuille pour oublier ce monde désenchanté. Une feuille pour peut-être tout recommencer…

Quand je vois une feuille, j’oublie parfois le mal-être que je peux ressentir en moi : c’est comme une sensation de voyage et d’ailleurs. Je me demande : où va cette feuille ? Où se dirige-t-elle ? Peut-être vers l’imaginaire et le rêve ? Peut-être veut-elle fuir les vérités banales et matérielles de ce monde ? Alors, elle fait ses bagages, quitte l’arbre trop connu, et le square trop fréquenté pour entreprendre le grand voyage, de branche en branche, de courants d’air en bourrasques, de novembres pluvieux en févriers frileux… Voulant découvrir tout autre chose que son arbre, c’est pour cela peut-être qu’elle s’enfuit : avec quelle légèreté elle se décroche et tombe de l’arbre ! Elle ne se soucie guère du temps qui s’écoule et se laisse tomber purement ; cette feuille est merveilleuse : elle est humaine.

Faisant sa vie sans se préoccuper des autres, elle se promène et entreprend son périple comme bon lui semble de l’autre côté de la terre ou de l’autre côté de la vie. Son voyage peut durer une éternité, jusqu’à ce qu’elle décide de se figer dans le temps et ainsi y rester à jamais en se décomposant. Une petite feuille de rien du tout, comme une petite mort de rien du tout : voilà le merveilleux, le miracle de la vie ! Une petite feuille qui entame son chemin en direction de demain.

Son arbre qui était sa source était son dernier espoir de rester en vie, et pourtant elle s’en sépare. Un au-revoir sur le quai du départ, quelques larmes de pluie : « adieu, ne prends pas froid », comme si elle avait senti que c’était le début de la fin pour elle. Ensuite commence le long voyage… Arrive le moment si redouté de sa décomposition, le moment où la vie s’arrête, où la nuit s’éveille : elle seule a choisi de changer de vie…

Je sens son cœur qui bat dans la nuit du monde…

© Amélie S.
Février 2013 (mai 2013 pour la présente publication)

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les travaux des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du document cité (URL de la page).

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Concours AMOPA 2013. Lire en ligne… Aujourd’hui la contribution d'Amélie : « Dans la nuit du monde »

Concours AMOPA 2013
Thème : l’émerveillement

Nombreux sont mes élèves de Seconde  qui ont participé cette année au concours d’expression écrite « Défense et Illustration de la langue française », organisé par l’AMOPA (Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques). Le thème choisi pour 2012-2013 était l’émerveillement. Étant donné la qualité des écrits (une de mes élèves a même terminé ex æquo à la première place du prix national), j’ai décidé de mettre en ligne sur ce site l’ensemble des productions. Aujourd’hui, découvrez le travail d’Amélie, un texte bouleversant, qui a permis à son auteure d’être lauréate départementale (deuxième accessit)…
Bonne lecture. BR

Autres textes publiés :
– Lucie M. (Deuxième prix départemental) : « Près de l’étang du parc »
– Romane G. : « Quelques miettes de sel et d’eau »
– Léna G.-S. (Premier prix national) : Composition française à partir d’une citation d’Einstein

                    

Dans la nuit du monde

Par Amélie S.
Classe de Seconde 9

Une feuille qui tombe, une simple feuille qui tombe avec le soir… Pas de quoi s’émerveiller diront certains. Et pourtant voilà mon sujet d’émerveillement. Oh ! Je sais que c’est un émerveillement simple, un émerveillement humble qu’une simple feuille qui tombe. Et pourtant…

Lorsque l’on se surprend à s’émerveiller, le temps s’arrête, plus rien ne bouge autour de nous, tant l’objet de notre émerveillement provoque un sentiment d’admiration intense pour une petite feuille de rien du tout qui tombe dans un soir ordinaire, comme tous les autres soirs.

S’émerveiller devant une feuille tombant d’un arbre est quelque chose de pur. En portant le regard sur une feuille banale, la personne émerveillée invite cette feuille à se sentir existante, alors qu’elle n’est que feuille. Elle s’idéalise aux yeux de l’émerveillé, lui rappelle d’où il vient et où il ira plus tard. Inspirant la nature, cette feuille est un don de la vie. Si elle a été créée, n’est-ce pas dans le but de profiter à quelqu’un sur cette terre si grande ? Une feuille, une simple feuille qui tombe dans le jour enfin tombé, aide peut-être une personne à tout oublier. Une feuille pour oublier ce monde désenchanté. Une feuille pour peut-être tout recommencer…

Quand je vois une feuille, j’oublie parfois le mal-être que je peux ressentir en moi : c’est comme une sensation de voyage et d’ailleurs. Je me demande : où va cette feuille ? Où se dirige-t-elle ? Peut-être vers l’imaginaire et le rêve ? Peut-être veut-elle fuir les vérités banales et matérielles de ce monde ? Alors, elle fait ses bagages, quitte l’arbre trop connu, et le square trop fréquenté pour entreprendre le grand voyage, de branche en branche, de courants d’air en bourrasques, de novembres pluvieux en févriers frileux… Voulant découvrir tout autre chose que son arbre, c’est pour cela peut-être qu’elle s’enfuit : avec quelle légèreté elle se décroche et tombe de l’arbre ! Elle ne se soucie guère du temps qui s’écoule et se laisse tomber purement ; cette feuille est merveilleuse : elle est humaine.

Faisant sa vie sans se préoccuper des autres, elle se promène et entreprend son périple comme bon lui semble de l’autre côté de la terre ou de l’autre côté de la vie. Son voyage peut durer une éternité, jusqu’à ce qu’elle décide de se figer dans le temps et ainsi y rester à jamais en se décomposant. Une petite feuille de rien du tout, comme une petite mort de rien du tout : voilà le merveilleux, le miracle de la vie ! Une petite feuille qui entame son chemin en direction de demain.

Son arbre qui était sa source était son dernier espoir de rester en vie, et pourtant elle s’en sépare. Un au-revoir sur le quai du départ, quelques larmes de pluie : « adieu, ne prends pas froid », comme si elle avait senti que c’était le début de la fin pour elle. Ensuite commence le long voyage… Arrive le moment si redouté de sa décomposition, le moment où la vie s’arrête, où la nuit s’éveille : elle seule a choisi de changer de vie…

Je sens son cœur qui bat dans la nuit du monde…

© Amélie S.
Février 2013 (mai 2013 pour la présente publication)

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les travaux des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du document cité (URL de la page).

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Prix de l’AMOPA 2013 : le Lycée en Forêt en tête du classement national

L’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académique (AMOPA) vient de décerner son prestigieux Prix d’Expression écrite « Défense et Illustration de la langue française » (Section Lycée) à l’une de mes élèves : Léna GNORRA-SONNERAT (Premier prix national ex æquo, et premier prix départemental) pour sa brillante dissertation qui portait sur le thème de l’émerveillement. Le sujet de composition française, particulièrement ardu, était le suivant : « Un homme qui n’est plus capable de s’émerveiller a pratiquement cessé de vivre ». Dans quelle mesure peut-on adhérer à ce jugement d’Albert Einstein ?

Par ailleurs, trois autres de mes élèves ont été sélectionnées au niveau académique :

  • Lucie M. (deuxième prix départemental),
  • Annaël P. (premier accessit),
  • Amélie S. (deuxième accessit).

Bravo enfin à la classe de Seconde 9 (promotion 2012-2013) pour sa remarquable implication.

Les productions écrites dans leur ensemble vont être mises en ligne sur cet Espace Pédagogique Contributif et feront l’objet d’une publication ultérieure sous forme d’un recueil qui sera consultable au CDI du Lycée.

Prix de l'AMOPA 2013 : le Lycée en Forêt en tête du classement national

L’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académique (AMOPA) vient de décerner son prestigieux Prix d’Expression écrite « Défense et Illustration de la langue française » (Section Lycée) à l’une de mes élèves : Léna GNORRA-SONNERAT (Premier prix national ex æquo, et premier prix départemental) pour sa brillante dissertation qui portait sur le thème de l’émerveillement. Le sujet de composition française, particulièrement ardu, était le suivant : « Un homme qui n’est plus capable de s’émerveiller a pratiquement cessé de vivre ». Dans quelle mesure peut-on adhérer à ce jugement d’Albert Einstein ?

Par ailleurs, trois autres de mes élèves ont été sélectionnées au niveau académique :

  • Lucie M. (deuxième prix départemental),
  • Annaël P. (premier accessit),
  • Amélie S. (deuxième accessit).

Bravo enfin à la classe de Seconde 9 (promotion 2012-2013) pour sa remarquable implication.

Les productions écrites dans leur ensemble vont être mises en ligne sur cet Espace Pédagogique Contributif et feront l’objet d’une publication ultérieure sous forme d’un recueil qui sera consultable au CDI du Lycée.

Le 8 mars, c’est toute l’année ! Aujourd’hui la contribution de Lisa, Flore, Salomé et Océane

Parce que le 8 mars, c’est toute l’année, vous trouverez sur cet Espace Pédagogique Contributif à partir du dimanche 17 mars jusqu’à la fin de l’année scolaire un travail mis en ligne chaque semaine : exposé, article, recherche, affiche… abordant la question du droit des femmes…

Cette semaine, la contribution de Lisa, Flore, Salomé, et Océane, élèves de Seconde 7 (promotion 2012-2013)… Voir aussi le projet de Mélanie et Thaïs !

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—-

Dernière minute…

ce projet en compétition au concours Mix’Art 2013 vient de remporter le Prix de la lutte contre la violence physique ou morale.

                            

       

VIOLENCE FAITE AUX FEMMES…

Attention en regardant la vie :
un arc-en-ciel peut en cacher un autre !

par Lisa, Flore, Salomé, et Océane (projet Lauréat Mix’Art 2013)

Cette affiche a été réalisée dans le cadre du concours Mix’Art 2013.

Quelques mots sur notre projet…
par Lisa, Flore, Salomé et Océane

Cliquez ici pour voir tous les lauréats académiques 2013.

Bleu, Indigo, Violée
Les couleurs de l’arc-en-ciel…

Imaginez les couleurs de l’arc-en-ciel : un arc coloré avec le rouge à l’extérieur et le violet à l’intérieur.
La vie elle-même n’est-elle pas un arc-en-ciel ?
Ne lui a-t-il pas offert des fleurs le lendemain où elle a été hospitalisée ?

La vie arc-en-ciel, c’est la vie rêvée, heureuse, romanesque…
Comme l’arc-en-ciel, la vie contient une infinité de sentiments, une infinité de couleurs. Parmi elles, le bleu comme une invitation au voyage : bleu outremer, bleu des mers du sud, bleu des « je t’aime », un peu, beaucoup, passionnément…

On parle des rêves bleus, des « mots bleus ». Mais le bleu, c’est aussi la couleur des bleus : les bleus sur la joue, sur la lèvre, sur la poitrine trop faible pour se protéger, sur ce bras trop frêle pour esquiver les coups…

Elle en a vu de toutes les couleurs : depuis le bleu des premiers mots blessants, des premiers coups… Depuis, les petits bleus se sont transformés en grandes blessures : couleur indigo comme un hématome.

Bleu indigo, couleur des coups, couleur des larmes, couleur de la mort :
la mort arc-en ciel.
Rouge, Orange, Jaune, Vert, Bleu, Indigo,
Violée.

Parce que la réflexion sur la violence faite aux femmes appelle à une réflexion morale : parce qu’un coup est un viol, et que le viol n’est pas une fatalité, il doit être combattu avec la force des mots, avec la force de tout notre engagement.

Sans doute avez-vous remarqué dans notre dessin le symbole féminin en noir à peine esquissé, comme pour rappeler cette souffrance des femmes.

Attention en regardant la vie : un arc-en-ciel peut en cacher un autre !

© Lisa Poissonet, Flore Dewatine, Salomé Brisson Océane de Araujo
Classe de Seconde 7, Lycée en Forêt (Montargis, France)
Relecture, correction du manuscrit : Bruno Rigolt

Licence Creative CommonsNetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les travaux des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du document cité (URL de la page).

Lycée en Forêt, Lycée en Force__

Le 8 mars, c’est toute l’année ! Aujourd’hui la contribution de Mélanie et Thaïs !

Parce que le 8 mars, c’est toute l’année, vous trouverez sur cet Espace Pédagogique Contributif à partir du dimanche 17 mars jusqu’à la fin de l’année scolaire un travail mis en ligne chaque semaine : exposé, article, recherche, affiche… abordant la question du droit des femmes…

Cette semaine, la contribution de Ménanie T. et de Thaïs T., élèves de Seconde 7
(promotion 2012-2013)…

VIOLENCE FAITE AUX FEMMES…
UN « DÉVELOPPEMENT DURABLE » ?

par Ménanie T. et Thaïs T.

Cette affiche a été réalisée dans le cadre du concours Mix’Art 2013. Pour des raisons éditoriales le projet original a été retouché et traité numériquement. B. R.

 

Quelques mots sur notre projet…
par Mélanie et Thaïs

Jeunes filles et lycéennes, nous sommes confrontées chaque jour par les médias et les campagnes de sensibilisation à la question de la violence faite aux femmes : « Une femme sur deux meurt en effet tous les deux jours et demi » sous les coups de leur mari, conjoint, ex-compagnon… Bref sous les coups d’un homme.

Mais quand une femme meurt, dites-vous bien que c’est la moitié de l’humanité qui meurt, et quand près de deux millions de femmes battues meurent chaque année, c’est la démocratie qui meurt, c’est l’espoir qui meurt, c’est l’idée que « la femme est l’avenir de l’homme » qui meurt !

Nous avons choisi de défendre cette cause car la situation faite aux femmes, malgré les apparences, reste très tabou, un peu comme s’il était dans le gène des femmes de mourir, d’être soumises, de se taire ! La mort des femmes est donc le corrélat d’un terrible silence : le silence du monde. Nous pensons, comme le rappelle  opportunément le slogan du ministère des droits de la femme que la journée de la femme, « c’est toute l’année » et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de créer cette affiche.

Notre projet en effet consiste à montrer les différentes étapes du cycle de vie d’une femme : spontanément, le ruban de Möbius qui mêle le développement durable et le recyclage a sollicité notre imaginaire : n’avons-nous pas tendance à « recycler » la violence, par peur d’en parler, par crainte de la dévoiler au grand jour ? Ainsi nous habituons-nous à ce qu’une femme sur deux meure tous les deux jours et demi sous les coups : nous « recyclons » notre violence, nous cachons notre lâcheté sous d’autres emballages : si le développement durable permet de préserver les générations présentes et futures, le développement durable de la violence semble malheureusement d’une triste actualité…

Chaque jour en effet, de nouvelles femmes rentrent dans ce cycle infernal de la violence, et qui semble ne jamais finir… Notre composition est faite tout d’abord sur un fond de briques rouges pour rappeler bien sûr le street art, mais plus fondamentalement pour situer notre réflexion dans le quotidien le plus banal de chacune et chacun de nous. Quant aux trois flèches du recyclage, elles renvoient à un triste schéma narratif : la femme soumise d’abord à la violence presque anodine… Et puis les coups se répètent : indéfiniment, inlassablement : la deuxième image témoigne de cette violence quotidienne. « Un peu », « beaucoup », « à la folie » : telle est la dernière image : celle de la femme morte…

Une petite mort de rien du tout, avant la prochaine femme tuée dans deux jours et demi…

© Mélanie T. Thaïs T.
Classe de Seconde 7, Lycée en Forêt (Montargis, France)
Relecture, correction du manuscrit : Bruno Rigolt

Licence Creative CommonsNetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les travaux des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du document cité (URL de la page).

 

Le 8 mars, c'est toute l'année ! Aujourd'hui la contribution de Mélanie et Thaïs !

Parce que le 8 mars, c’est toute l’année, vous trouverez sur cet Espace Pédagogique Contributif à partir du dimanche 17 mars jusqu’à la fin de l’année scolaire un travail mis en ligne chaque semaine : exposé, article, recherche, affiche… abordant la question du droit des femmes…

Cette semaine, la contribution de Ménanie T. et de Thaïs T., élèves de Seconde 7
(promotion 2012-2013)…

VIOLENCE FAITE AUX FEMMES…
UN « DÉVELOPPEMENT DURABLE » ?

par Ménanie T. et Thaïs T.

Cette affiche a été réalisée dans le cadre du concours Mix’Art 2013. Pour des raisons éditoriales le projet original a été retouché et traité numériquement. B. R.

 
Quelques mots sur notre projet…
par Mélanie et Thaïs

Jeunes filles et lycéennes, nous sommes confrontées chaque jour par les médias et les campagnes de sensibilisation à la question de la violence faite aux femmes : « Une femme sur deux meurt en effet tous les deux jours et demi » sous les coups de leur mari, conjoint, ex-compagnon… Bref sous les coups d’un homme.

Mais quand une femme meurt, dites-vous bien que c’est la moitié de l’humanité qui meurt, et quand près de deux millions de femmes battues meurent chaque année, c’est la démocratie qui meurt, c’est l’espoir qui meurt, c’est l’idée que « la femme est l’avenir de l’homme » qui meurt !

Nous avons choisi de défendre cette cause car la situation faite aux femmes, malgré les apparences, reste très tabou, un peu comme s’il était dans le gène des femmes de mourir, d’être soumises, de se taire ! La mort des femmes est donc le corrélat d’un terrible silence : le silence du monde. Nous pensons, comme le rappelle  opportunément le slogan du ministère des droits de la femme que la journée de la femme, « c’est toute l’année » et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de créer cette affiche.

Notre projet en effet consiste à montrer les différentes étapes du cycle de vie d’une femme : spontanément, le ruban de Möbius qui mêle le développement durable et le recyclage a sollicité notre imaginaire : n’avons-nous pas tendance à « recycler » la violence, par peur d’en parler, par crainte de la dévoiler au grand jour ? Ainsi nous habituons-nous à ce qu’une femme sur deux meure tous les deux jours et demi sous les coups : nous « recyclons » notre violence, nous cachons notre lâcheté sous d’autres emballages : si le développement durable permet de préserver les générations présentes et futures, le développement durable de la violence semble malheureusement d’une triste actualité…

Chaque jour en effet, de nouvelles femmes rentrent dans ce cycle infernal de la violence, et qui semble ne jamais finir… Notre composition est faite tout d’abord sur un fond de briques rouges pour rappeler bien sûr le street art, mais plus fondamentalement pour situer notre réflexion dans le quotidien le plus banal de chacune et chacun de nous. Quant aux trois flèches du recyclage, elles renvoient à un triste schéma narratif : la femme soumise d’abord à la violence presque anodine… Et puis les coups se répètent : indéfiniment, inlassablement : la deuxième image témoigne de cette violence quotidienne. « Un peu », « beaucoup », « à la folie » : telle est la dernière image : celle de la femme morte…

Une petite mort de rien du tout, avant la prochaine femme tuée dans deux jours et demi…
© Mélanie T. Thaïs T.
Classe de Seconde 7, Lycée en Forêt (Montargis, France)
Relecture, correction du manuscrit : Bruno Rigolt

Licence Creative CommonsNetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les travaux des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du document cité (URL de la page).


 

Un automne en Poésie… Saison 4… Dernière livraison

Les classes de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt
vous invitent à une exposition exceptionnelle…

Un Automne en Poésie : quatrième livraison

Les élèves de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2012-2013 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme (voire du Surréalisme pour les textes récemment publiés), les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

© Bruno Rigolt/EPC décembre 2012. D’après Eugène Delacroix, « La Liberté guidant le peuple » (Musée du Louvre-Lens)

Voici la quatrième et dernière livraison de l’exposition « Un Automne en Poésie » qui a accueilli cette année les classes de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt. Un peu plus de quarante textes ont été mis en ligne. Ce travail d’écriture, qui s’est échelonné  sur un trimestre, est avant tout un témoignage littéraire de grande valeur qui montre le potentiel  créatif dont sont capables les élèves. Bravo à toutes et à tous pour le travail accompli, et merci aux nombreux lecteurs venus découvrir et admirer les manuscrits publiés.

Pour accéder à la première livraison, cliquez ici. Pour accéder à la deuxième livraison de textes, cliquez ici. Pour accéder à la troisième livraison, cliquez ici.
Bonne lecture.

NetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

 

 

Dans la royauté encore incertaine de la vie

Raïssa S.
Seconde 9

Dans la royauté encore incertaine de la vie,
Je marche, loin du pouvoir centralisateur des ombres.
Les courbes du soir m’ébranlent sous la lumière effervescente du monde
Mais je vous dis que les triomphes et la vigueur de la mer innovent l’amour !

La mer qui coule dans mon corps
Ressemble à une immense inondation d’adieux.
La vie est submergée d’espérances et de silences
Mais je vous dis que notre amour est rejeté du monde tel un craquement de larmes !

L’oiseau s’envole vers la royauté encore incertaine du soir…
Enivré de colère obscure, mon cœur est rempli d’orgueil :
C’est une flamme de vent qui crie la critique virulente d’un rang social interdit
Mais je vous dis que les oiseaux arc-en-cièlent le monde !

Raïssa S.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« L’oiseau s’envole vers la royauté encore incertaine du soir… »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt

          

           

Trois haïkus…

Amélie S.
Seconde 9

Être heureux comme la grandeur de l’océan…

La plaine de mon cœur est un ensemble d’horizons d’où fleurissait le soir.

Amélie S.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

Découvrez un autre texte d’Amélie : « Et de clarté indéfinissable« 

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Variations mathématiques

Paul B.
Seconde 9

Pour certains, le diamètre de l’amour
Est incommensurable.
Mais je l’ai mesuré.

Pour d’autres, la vie serait constituée de segments
Et de droites arrondies prêtes à s’envoler.
Mais je les ai retenues

Dans mes mains avec des courbes sans problèmes,
Avec des additions, et des antithèses, et la vie
Qui élevait parfois ton nom au résultat décimal !

Paul B.
Lycée en Forêt (Montargis, France), décembre 2012

« La vie serait constituée de segments et de droites arrondies prêtes à s’envoler.
Mais je les ai retenues ! »


        

 

D’un trait de fusain

Coralie M.
Seconde 7

D’un trait de fusain, je te fais revivre
Et mes pensées fusent assez
Pour que quelques esquisses suffisent
Pour tenir ta main.

J’ai plongé dans le bleu camaïeu
De tes yeux.
Il m’est impossible de remonter à la surface
De ces eaux profondes

Qui recouvrent mon visage
Aux couleurs de sourire
Quand je marche
Sur tes lignes !

La nostalgie de tes paroles
De faible vent
Ressurgit de mon âme
Et je ne peux retenir la seule larme

Qui t’était destinée…
J’ai marché sur cette route jusqu’à l’intersection :
Tu m’as donné la main,
Mon cœur appartenait au tien…

Coralie M.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« Tu m’as donné la main, Mon cœur appartenait au tien… »

Joan Miro, « Dancer », 1925 (détail). Musée Sammlung Rosengart, Lucerne, Suisse

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J’ai caressé la rivière…

Ludovic M.
Seconde 9

Une histoire brûle en chaque être
Une histoire de violence : les guerres
Sèment toujours leurs cendres
Elles étouffent la descendance…
Dans le temps rempli d’espace
J’ai caressé la rivière
Qui s’écoule éternellement
Sur le flanc de l’existence
Au-delà des barrages sans lendemains…

Ludovic M.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012


« J’ai caressé la rivière qui s’écoule éternellement s
ur le flanc de l’existence… »

Crédit photographique : © Bruno Rigolt

       

La fin de l’Inconnu

Siméon D.
Seconde 9

Le galop léger de la mer
Est comme l’envol d’un oiseau libre
Fuyant ce monde à ride
Qui ne meurt que pour la guerre.

Ainsi va mon âme fuyante
Pareille à l’oiseau qui veut quitter ce monde
Sans entente que je ne peux changer
Avec des mots.

Mon âme est un jardin de givre
Qui ne peut résister aux assauts
De l’amer. Je me laisse envahir
Par ce monde insensible aux mots.

Mon cœur s’en est allé aux frissons
Du soir comme dans un fleuve emporté.
Mon cœur inconnu, mon cœur n’en peut plus
De suivre ces routes closes aux pavés de silence.

« Le galop léger de la mer est comme l’envol d’un oiseau libre… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

         

       

L’Envol

Nathanaël A.
Seconde 9

Élevée au-dessus du bonheur,
La plaine sans fin du ciel
Est un océan de liberté
Envahi par le vol gracieux
Des oiseaux.

Les nuages se laissaient porter
Par le vent : enveloppements de ciel
Par les obscurs délices
De la nuit qui se confondait
Avec le jour.

Le vent rejoignait
Le soleil. La lune avait pris
Lentement la place des matins d’hier
Qui tombaient entre les doigts
De l’horizon…

Nathanaël A.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« La lune avait pris lentement la place des matins d’hier… »

–         

          

Peut-être un jour…

Arnault C.
Seconde 7

Peut-être un jour la nuit se manifestera :
Un combat étoilé entre le soleil et la mer
Dans les registres taudifiés de la vie.

Peut-être un jour le monde émettra
Un langage astronomique :
Un appel tutorial autonome de légende et de vent,

L’étranger journalier luttant pour la Liberté.
Je désire le renouvellement épique
D’une extase agressive :

Manifestation presque incontrôlable,
Bataille sanguinaire applaudie
Par la mort de la mort.

Peut-être un jour l’obscurité
D’une autre année primitive
S’éteindra.

La version d’une histoire sans sens
Disparaîtra.  À l’amour du danger je m’adresse :
L’air court et l’homme vole !

Arnault C.
Lycée en Forêt (Montargis, France), décembre 2012

      

                 

Les Ombres de la vie

Éva C.
Seconde 7

Dans la neige sur les éternels toits
J’ai vu la douceur du feu, l’amour de la noirceur,
J’ai vu la colombe du malheur et du désespoir
Qui souriait.
J’ai vu la guerre de la joie triste,
Et la lumière des ténèbres
Qui brillait de mille feux parmi le désert de la vie.
J’ai vu la joie qui saluait la mort :
La mort blanche d’amour défiant la vie de l’ombre…

Éva C.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« J’ai vu la joie qui saluait la mort : La mort blanche d’amour défiant la vie de l’ombre… »

Charles-François Daubigny (1817-1878), « La neige », 1873. Huile sur toile. Paris, Musée d’Orsay
© RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski

             

             

À la Dérive

Flore D.
Seconde 7

Seule dans le vertige du néant,
Le cœur lourd comme une ancre emportée
Par une vague de sanglots,
La marée haute me surprend.
Les lanternes du départ éclairent mon exil
J’aperçois l’horizon qui éloigne au loin
Le souvenir de tes yeux
Parti vers d’autres lieux
Que le rivage de mes yeux…

Flore D.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

 « Le cœur lourd comme une ancre emportée
Par une vague de sanglots… »

Crédit photographique : © Bruno Rigolt

             

                    

Vers de nouveaux verticaux
Fantaisie surréaliste
— I —

Larouci U.
Seconde 9

Tête vide pleine d’hélium,
Toujours dans les airs telle une montgolfière qui rêve
Partagée entre idéal et réalité, élevée par l’imaginaire
Vers de nouveaux verticaux, des nuages en marshmallow :
Tête harmonieuse qui écoute  le bourdonnement des vents,
Les pleurs des nuages.

Il observe les oiseaux aventuriers
Honorant les cieux impénétrables.
Il sursaute devant les hurlements étincelants
D’énormes manteaux noirs d’amertume.
Soudain, tête apeurée se siffone
Car aiguille épineuse l’a fatalement percée,

Tête horrifiée chute
Éclatant les gourmandises nuageuses.
Tête petite à travers
Les immensités noires tourmentées
Crie, pleure, hurle
Devant les gromellements mouillés, statiques

Tête en l’air appelle à l’aide les aigles royaux, impuissants.
Bientôt tête sereine
N’attend que l’Inévitable,
Bercée par la brutale sérénade du vent
Illuminée par le doux sourire d’Hélios…
Boum ! Tête devient crêpe.

Larouci U.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012


« Vers de nouveaux verticaux, des nuages en marshmallow… »

Crédit photographique : © Bruno Rigolt

                 

                  

Les larmes aussi d’un chevalier de sang
Fantaisie surréaliste
— II —

Larouci U.
Seconde 9

Vêtue de lueurs miroiresquement bleues,
Consumée par la rouge lumière portée à la main,
Droite et fière comme un buste : instrument de Lueur à la hanche
Inspirant méfiance et terreur. Légion de lueur face à la Forêt sombre,
Brumeuse et mystérieuse telle un traître voleur encapuchonné.

Lueur déglutie, transpirant de stress, arme agitée, torche sereine.
Coup d’œil à sinistra puis à dextram contre la panique poignante de minuit.
Lueur inspirant de peur ; expirant de rassurance, pleine de courage.
Légion orchestrant un tintement de lames écarlates contre les courses tambourines
Et les rugissements tromboneux murmurés à travers bois.

Entre les troncs, fourmillaient par milliers des soldats verdâtres et la Légion
Hurlait la charge et sa recherche de gloire. Parmi elle, frère de Lueur, un déferlement
De gouttelettes rougeoyantes, ensemble d’une vague tempétueuse
Qui mit le feu aux herbes. Lueur vaillante contemplant dans le gros globe oculaire
Des peaux vertes : le reflet d’un monstre en armure venant des flammes.

Incendie de clairière inondée d’eau d’être vivant. Nuit d’apocalypse : éternelle Nuit.
Enveloppes charnelles putréfiées en fumée par les flammes destructrices.
Refrain répétitivement cruel de la nuit : Légion mourante. À l’aube,
Lueur d’un regard vide qui voit les cadavres de la colère, ses frères de lueur
Tombés dans les bras de la Mort sur le champ de ferrailles.

Porteur se défait de Lueur, immaculée de sang qui rejoint le Ciel.
La pluie chute, le feu se tait.
Porteur s’agenouille seul sur la clairière troublée.
Le jour ruisselle et les larmes aussi
D’un chevalier de sang.

« Incendie de clairière inondée d’eau d’être vivant. Nuit d’apocalypse : éternelle Nuit. »

Image tirée du jeu Blood Knights®. Tous droits réservés.

Larouci U.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

                 

                        

Comme un doux rêve mélancolique

Lisa P.
Seconde 7

Le destin est une piqûre d’abeille
Pareille au rouge du sang ou de l’arc-en-ciel.
En plein cœur elle prend sa place
Dans le regard bleu du jour qui trépasse.
Survient une brûlure comme un hommage
À l’horizon qui s’éteint
Dans l’ombre descendue de la vie.

Le destin est une piqûre d’abeille,
Fleur d’une réalité qui s’éveille
Au parfum magnifique de l’amour
Comme un doux rêve mélancolique,
Comme peint sur des souvenirs lointains
Qui rêvaient d’exister
Au fond des nuits de particulière passion.

Lisa P.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Survient une brûlure comme un hommage à l’horizon qui s’éteint
Dans l’ombre descendue de la vie… »

Création originale d’après Pierre Puvis de Chavannes « Le Rêve » (1883). Paris, Musée d’Orsay.

La numérisation des textes de la quatrième livraison est terminée.
Pour des raisons techniques, certains manuscrits seront publiés ultérieurement.

Pour accéder à la première livraison de textes, cliquez ici. Pour accéder à la deuxième livraison de textes, cliquez ici. Pour accéder à la troisième livraison de textes, cliquez ici.

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Licence Creative Commons

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt sauf mention contraire.

Un automne en Poésie… Saison 4… Troisième livraison

Les classes de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt
vous invitent à une exposition exceptionnelle…

Un Automne en Poésie : troisième livraison
Pour accéder à la première livraison de textes, cliquez ici.
Pour accéder à la deuxième livraison de textes, cliquez ici.

Les élèves de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2012-2013 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la troisième livraison.
Pour accéder à la première livraison, cliquez ici. Pour accéder à la deuxième livraison de textes, cliquez ici. 
Bonne lecture.

NetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

 

 

Et toi, mon poème…

Nicolas Q.
Seconde 7

Toi pâle rêve
Maquillé de pourpre et de vent
Aussi petit qu’un morceau de lune
Quand la nuit se tâche les ailes…

Et toi, mon poème,
Tu es un secret aussi friable
Que le diamant
Qui se brise dans un cri étoilé.

Tu marchais tel un faune
Dans les vapeurs d’un songe orgueilleux
Pour disparaître
Sur une étoile filante. 

Nicolas Q.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« Et toi, mon poème, tu es un secret aussi friable que le diamant qui se brise dans un cri étoilé… »

Vincent Van Gogh, « La Nuit étoilée », 1889. New York, Museum of Modern Art.

             

              

Foule de solitude

Johanna B.
Seconde 7

Observez le reflet du soleil couchant :
C’est une eau d’un bleu profond,
C’est le reflet d’une catastrophe inexplicable,
Illogique, contradictoire 

Avec les profondeurs festives de la vie.
Le rayonnement du soleil
Semblait être rejeté sur le pavé
Envahi de futilité et d’amertume.

J’aperçus une foule de solitude
Puis le trébuchement d’un souvenir
Aussi léger que cruel, et des flocons de neige noire
Qui tombaient du ciel de tes yeux…

Johanna B.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

           

                  

Dans un dernier envol

Marie C. et Clémantine D.
Seconde 9

Crépuscule fuyant dans la nuit noire aveuglante,
Ciel bleu de tristesse sous la lune
Éclairant tous les chemins de mélancolie de la vie.

Rose de l’amour, fleur de bonheur
Au cœur bleu scintillant de désir et d’épines.
Fleur faisant fuir le désespoir de la lune !

Le soleil levant éclaire le monde de ses rayons et de ses sentiments !

La magie de ce moment envoute mon esprit d’euphorie
Et me fait voyager dans le ciel du souvenir.
L’oiseau de la vie m’emmène loin de mon pays :

Vers l’ailleurs, lumière infinie !
L’onde de l’espoir vole au-dessus du monde.
Mon esprit vagabond voyage loin parmi l’étoile !

La métaphore de la vérité traverse la nuit dans un dernier envol !

Marie C. et Clémantine D.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« La métaphore de la vérité traverse la nuit dans un dernier envol ! »

Marc Chagall, « Le Songe de Jacob », 1960-1966 (détail). Nice, Musée national Marc Chagall.

–

–

Pauvre comme une feuille

Lucie M.
Seconde 9

Au crépuscule de son jour,
Un homme.
Dans la maison vide de son cœur,
Son empire déchiré.

Dans le couloir de mes sentiments,
Ses espoirs brûlants
Expirant la solitude :
Bientôt il meurt :

Pauvre comme une feuille
Quittant l’arbre.
En ouvrant ma fenêtre j’aperçus
L’ombre de son cœur dans l’obscurité lumineuse

À terre, cet homme qui se confondait
Avec la poussière…
Dans la chambre de mon âme,
Il pleure encore !

Lucie M.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

D’après Roy Lichtenstein, « Drowning Girl », 1963

                    

                 

Vers les ports de solitude

Sophie B.
Seconde 9

 

Au loin apparaît le bateau étoilé,
Autrefois si vivant
Se préparant à revenir
Vers les ports de solitude.

Jadis voguait une embarcation ailée
Qui voyageait vers l’espace infini
Du ciel délimité
Tel un rivage.

Et ce bateau est pareil
À l’envol de la mer :
Abandonné des mouettes immobiles,
Partant vers un nouveau départ.

Sophie B.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

–

–

François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.

 

 

–         

 

Enchantement

Émile C.
Seconde 7

Dans un bruit silencieux de la détresse des rêves peaufinés,
Les heures défilent,

Envahies par un désert d’évasion désertique,
Saturées d’une large étendue de pensée :

Le symbole du repos se révèle enfin !
Voici l’heure où la nuit divinatrice pleine d’ailleurs et de liberté

Réclame l’assassinat des limites tant repoussées !
Voici l’horizon effacé de toutes pistes !

Ô mon cœur, prolonge ces doux sanglots de sommeil alterné
Dans le mirage du soir tant désiré…

Émile C.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

              

          

Dans le soir qui mène vers l’au-delà…

Quentin L. Julien R. Andéol É.
Seconde 7

Ton regard bleu me transporte
Vers les abysses du livre sans fin de la mer !
La mélodie des vagues portées par le sourire du monde
Éclaire nos cœurs.
L’ombre de ton âme hante mes pensées :
Tu sembles sirène sous les vagues ondulantes
De tes cheveux.

La voix de la mer chuchote devant ta voix.
Et dans le soir qui mène vers l’au-delà,
J’écoutais le sable fin caresser ton cœur,
Je voyais le scintillement d’une vague azuréenne
Refermer le livre aquatique de l’amour,
Couleur de silence
Et de lumière !

Quentin L. Julien R. Andéol É.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« Ton regard bleu me transporte
Vers les abysses du livre sans fin de la mer ! »

            

 

Dans les limbes de tes cheveux

Théophile M.
Seconde 9

Une sensation de liberté m’envahit quand je te vois,
Comme un espoir rempli d’inaccompli.
Ton seul sourire est suivi d’un abîme épanoui,
Et tes yeux, tes yeux me font tourbillonner
Dans un enfer de bonheurs diaphanes.

Un jardin de pureté
Et des îlots de vide devant ta beauté
Flottent dans mon cœur. Un paradis s’est perdu
Dans les limbes de tes cheveux
Où murmurait le soir…

Théophile M.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

             

               

Haïkus de nature et d’amitié
俳句

Annaël P.
Seconde 9

— I —

Joie éclatante
Comme un soleil levant
De gaieté fleurissante
Entre le bleu et le vent.
Un cri de triomphe
Jailli des fleurs fanées,
Des joncs flétris,
Fantômes du passé…

— II —

Le temps se refait
Le soleil est une épée qui coupe le malheur
Et perce les nuages
Partis vers l’immensité transparente
De la vie…

Annaël P.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

                                 

          

Requiem

Diane P.
Seconde 9

La mort à la silencieuse conscience
Perce de sa faucheuse le chahut du crépuscule,
Elle avance dans la chaleur du soir
Pâlement éclairée de la lumière du couchant.

Banni du paradis, son regard est un fleuve entre mes mains
Pareil à celui d’une fausse symphonie :
Légitime considération d’une ignorance qui empêcherait
Son cœur de rejoindre l’absolue sérénité de l’irrémédiable !

Son souffle éphémère s’est brisé sur les bords de l’horizon
À peine visible, emprisonné entre terre et ciel
À la façon d’une ombre éclatante, poison de son âme
Quand la vie se confond avec la fin !

Mélomane emprisonné dans la cellule de son esprit
Traînant la chaîne d’une assommante cacophonie
Comme l’espérance prisonnière de la peur despotique
Tuant sa solitude dans la désharmonie du silence !

L’envie de renaître illumine son cœur
Battant au rythme d’une intenable musique
Défiant la faible hérésie qui l’accable,
Faisant pleurer son doux talent dans un mélodieux cauchemar…

Diane P.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Traînant la chaîne d’une assomante cacophonie… »

Odilon Redon (1840-1916), « Puis je vis un ange descendre du ciel, ayant en main la clé de l’abîme ainsi qu’une énorme chaîne »
Planche VIII de l’album Apocalypse de saint Jean. Lithographie à l’encre de Chine, 1899. New York, Museum of Modern Art

             

                  

Linceul d’été

Yanis G.
Seconde 9

De ses yeux, le soleil  fixe les grilles
Qui mènent au jardin d’été.
Maintenant la soif du temps brille
Et décharne les aubes hivernales
Sous des myriades d’obscurités.

Alors que son bras lâche l’arme,
Fanent de boréales mers
De cristal et de larmes.
La syncope du temps ainsi fige
Un doux ruisseau indécis de sang.

Yanis G.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

       

              

             

Par un coucher de soleil d’encre

Mélanie T. et Thaïs T.
Seconde 7

La nuit vagabonde
Me fait penser au voleur de feu
Qui sombre dans l’étendue des temps perdus
Où jaillissait la tristesse de l’onde.

L’ombre du nuage associable
Rayonne ! Flamme incandescente
Rêvant encore de son amour passé
Qui la hante de doux regrets aux couleurs de murmures

Solitaire, je partirai parmi les tristes ciels
Comme une âme errante
Si tendre et si frêle entre les bras du soir
Par un coucher de soleil d’encre…

Mélanie T. et Thaïs T.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012


« Si tendre et si frêle entre les bras du soir
Par un coucher de soleil d’encre… »

Composition originale d’après « La grande famille » de René Magritte, huile sur toile, 1947.

             

La numérisation des textes de la deuxième livraison est presque terminée.
Prochaine livraison : dimanche 16 décembre 2012.
Pour voir les textes de la première livraison, cliquez ici.
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NetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Licence Creative Commons

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt sauf mention contraire.

Un Automne en Poésie, Saison 4… Deuxième livraison

Les classes de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt
vous invitent à une exposition exceptionnelle…

Un Automne en Poésie : deuxième livraison
Pour accéder à la première livraison de textes, cliquez ici.

Le Lycée en Forêt s’affiche à Paris !
(Ben quoi ? C’est la vérité, non ? Crédit iconographique : © Bruno Rigolt, 2012)

Les élèves de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2012-2013 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la deuxième livraison. Pour accéder à la première livraison, cliquez ici. Bonne lecture.

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Pensée intruse

Kadietou F.
Seconde 7

Une brutale absence de raison
Résonnant aussi fort que dans une chanson
Me conduisit vers l’interrogation ineffable

Et paradoxale dissidence.
Ces obsessions ténébreuses couleur saphir et silence
Avides de sentiments qui perturbaient mon cœur
Me menèrent les yeux bandés

En d’étranges adieux fanés :
Pensée intruse qui éclaire un instant
Tous les chemins du temps.

Scintillant de larmes rouges, le reste de mon âme
Se remémora l’amertume de la vie
Et réchauffa en les brûlant
De quelques gouttes de fleurs et de peines

Mes yeux bleus de blessures
Peuplées de mystères et de pensées brisées
Où sommeillait la laideur du monde.

Kadietou F.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« Le reste de mon âme scintillant de larmes rouges / Se remémora l’amertume de la vie… »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt, 2012

                

             

Et de clarté indéfinissable

Amélie S.
Seconde 9

Le secret est un étourdissement de pensée,
La vie, un univers de murmures
Et de rêves s’épanouissant
De lumière incontournable.

Le bonheur ressemble à un croisement
De vent oublié
Entraînant le brouillard de l’âme
Vers sa bien-aimée.

Une larme rompit le sourire de mon cœur
Je vis une perle qui composait l’étrange façade de l’eau
Comme un parfum de soleil
Semblant loin de la vie…

Amélie S.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Je vis une perle… Comme un parfum de soleil / Semblant loin de la vie… »

Crédit iconographique : composition d’après René Magritte : « Poison » (1949)

                  

                  

L . A . R . M. E . S

Océane De A.
Seconde 7

Si les larmes racontaient une histoire
Elle viendrait des souvenirs
Désignant le bateau voguant ivre
Par la recherche de déconstruire

Comme tu me l’as souvent fait dire
Elles nous font réagir
Et même si elles nous rendent fébriles
Avec éclat, illuminent les rives…

Là-haut, elles parleraient de nous
De nos états d’âme, arriveraient
Par centaines, nous brûleraient les joues
Comme un fardeau de mauvais inconnu !

Toi, tu sais aujourd’hui que je les ai connues
Et quand elles dérivent, ne s’arrêtent plus
J’ai bien tenté des les cacher
Sous des simulacres de sourire pour mieux te désarmer

Moi qui n’ai jamais voulu les sentir
Sur ma joue, non jamais !
Et toi qui m’avais promis
Tu as menti ! Tu es parti !

Alors je les laisse couler
Et elles heureuses, partent vers d’autres rivages
Certaines marcheront jusqu’à la bordure
De mes cils. D’autres finiront vers les îles de mon cœur.

Et la vague m’envahit
Et je compte mes larmes :
Pauvres elles seront, pauvres je les aimerai
Jusque dans le partir…

Océane De A.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« Certaines marcheront jusqu’à la bordure de mes cils. D’autres finiront vers les îles de mon cœur… »

Photomontage d’après Man Ray « Tears », 1933

–

–

Retour vers Tanger

Rayane F.
Seconde 9

Le vent de la mer respirait en caressant mes cheveux
À l’instar de ces traversiers blancs
Qui blessaient les vagues dans leur danse
Le plancher du ferry craquait ses larmes bleues sous mes pas
Et le quai du port croustillait dans le soir.

C’était l’évasion au bled des mers vieilles
De pollution pétrolifère aussi abondante que sonore
C’était le littoral plein d’amour néanmoins célibataire
En même temps que j’écoutais
Le chant amer des mouettes sur le port de Tanger

Des beignets bien gras naviguaient dans mon cœur,
Des parasols camouflaient la joie du soleil
La foule écrasait le sable qui transpirait de douleur
C’étaient les reflets d’ailleurs poignardé par une atmosphère industrielle
Qui accueillait dans ses bras ouverts de vagabondes vagues rouillées…

Rayane F.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« … j’écoutais le chant amer des mouettes sur le port de Tanger… »

                   

         

Aube Finale

Anouk M.
Seconde 9

Le murmure d’un cri lointain s’est levé
Sur les hauts monts soufflés
Par les chemins bossus.
C’était l’heure où les près verts de lumière
Dansaient au soleil.

Au loin, d’autres montagnes
Grises des flammes de leurs entrailles blessées
Prenaient conscience
De ces rumeurs d’orage, vieilles et noires
Que les hommes appellent la guerre.

Les filaments du savoir se perdaient
Dans la noire incompréhension.
Loin de connaître les sciences,
La raison dispersée
Par les mortes respirations d’un alizé indistinct

Mettait en transe des torrents
De querelles et de sang,
Le miroir de la mort jetée sur les rivages,
Attaquait de sa pointe assassine
Les hommes torturés sans destin ni âge

Il avait bien fallu que les petits orphelins de la guerre,
Voient la vanité et la colère
Jeter leurs roches informes
Sur les routes célestes
Aux frissons de soleil…

Anouk M.
Lycée en Forêt (Montargis, France), novembre 2012

« Le miroir de la mort… attaquait de sa pointe assassine Les hommes torturés sans destin ni âge… »

Crédit iconographique : Marcel Gromaire, « La Guerre », 1925, huile sur toile
© Musée d’art moderne de la Ville de Paris / Roger-Viollet

 –

–

Sous le chagrin d’un oiseau abandonné

Laura M.
Seconde 7

Toi à qui j’ai donné mon cœur endormi,
Tu étais ma seule passion éveillée,
Mon seul amour éphémère.
Ton absence m’enveloppe
Telle une immense île déserte

Et ton insensibilité m’a laissée
Sous le chagrin d’un oiseau abandonné.
Les profondes blessures resurgissent,
Comme un grand champ de roses
Mêlées d’épines,

Sous l’impression d’un froid glacial.
Ce sentiment de liberté
E
st pareil à ces vagues dépeuplées
Pleurant vers les rochers,
Sous les couleurs du sang bleuté de la mer.

Le jour m’habille d’une vaste peine,
Devant l’horizon rempli de rivages et de plaines,
Et les douces neiges d’antan
Me bercent d’une plénitude légère
Sous les lueurs amères du couchant…

Laura M.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Et ton insensibilité m’a laissée / Sous le chagrin d’un oiseau abandonné… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

                               

                                            

L’Insoupçonnable Soupçon

Léna G.-S.
Seconde 9

Ce que l’on ressent quand on est triste
Est une vaste plaine de nostalgie,
Une avalanche de sentiments désunis,
Un torrent de solitude.

Absence torturante telle l’amont d’un fleuve
Rappelant l’immense delta de l’oubli,
Le déni d’une vie,
Un mensonge caché dans l’océan des pleurs d’un secret.

Ce que l’on ressent quand on est triste
Est un cœur entravé de sentiments
Un corps brûlant torturé
Se pliant comme arbre blessé sous le vent

Insouciante équation de larmes,
Superposition de l’attente de l’heure
De l’ivresse nouvelle
D’une joie qui n’est pas encore connue.

Ce que l’on ressent quand on est triste
Est pareil au cachemire enivrant
Du sommeil insomniaque :
C’est un chagrin perpétuel posé sur la vie.

De la plume du monde à celle de Brinks,
Voici l’insoupçonnable soupçon de la plainte
Médiatrice des sentiments heureux
Comme une naissance nouvelle…

Léna G.-S.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Ce que l’on ressent quand on est triste / Est pareil au cachemire enivrant
D’un sommeil insomniaque… »

Rembrandt, « Jeune femme endormie », 1654. Lavis brun, British Museum (Londres). Cliché personnel.

                      

                             

Mon cœur ce soir…

Manon G.
Seconde 9

Le vert de vos yeux est la preuve que je tiens à toi.
Mon manque de vous éphémère mon cœur de jour en jour.

Ton regard chaud d’été créait en moi un arc-en-ciel
De fleurs frémissant de s’unir
Aux pétales tombant de la vie.

Retournons à notre rencontre :
Un an auparavant, un an en arrière…
Je vois les jours défiler sans toi à mes côtés

Et mon cœur, mon cœur ce soir
Est plein de papillons d’hiver.

Manon G.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Mon cœur ce soir est plein de papillons d’hiver… »

           –          

              –          

De flamme et de nacre

Yanissa D.
Seconde 7

De cette femme errant
Dans cet espace vide,
Je ne vis que le paradis lumineux
De ses yeux : flammes renversées
Rejetant de sombres lueurs ;
Passion si claire et si pure,
Vitrail où dormaient des larmes
Parmi l’azur.

Ses yeux comme un tourbillon
De drames orageux,
Comme un flacon épouvantable
De doux parfums de fleur,
De flamme et de nacre
Que le couchant éclaire…
Les yeux de cette femme, ces yeux errants
Dans cet espace vide…

Yanissa D.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012


« Les yeux de cette femme, ces yeux errants / Dans cet espace vide… »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt, novembre 2012

                  

                 

Présence de ton absence

Marion C.
Seconde 9

Mes pensées permanentes sincères
Ont brûlé au soleil.
Égaré de souffrance, mon cœur perdu
A retourné le sablier de ton absence.

Les étoiles de mes yeux s’éclairent
De larmes légères.
Quand je vois l’éclat de ton sourire,
Il pleure en ma vie une chanson de soir et d’exil.

Quand je pense à toi,
L’océan de mes yeux submerge mes paupières
Tes bras étaient un nuage de douceur,
L’âme de ma présence,

Les étoiles de mes yeux s’éteignent
De lourds vêtements de silence
Il pleure en ma vie une chanson de souvenirs
Partis très loin, de l’autre côté de la vie…

Marion C.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Il pleure en ma vie une chanson de souvenirs / Partis très loin, de l’autre côté de la vie… »

                        

                  

La numérisation des textes de la deuxième livraison est terminée.
Prochaine livraison : mercredi 5 décembre 2012.
Pour voir les textes de la première livraison, cliquez ici.

NetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Licence Creative Commons

 Crédit iconographique : © Bruno Rigolt sauf mention contraire.

Un Automne en Poésie, Saison 4… Première livraison

Les classes de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt
Vous invitent à une exposition exceptionnelle…

Les élèves de Seconde 7 et de Seconde 9 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2012-2013 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la première livraison. Chaque semaine, une dizaine de textes environ seront publiés dans cet Espace pédagogique. Bonne lecture.

NetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

           

Ton silence est un bruissement d’ailes

Caroline B.
Seconde 9

Comme la voie lactée d’ineffables larmes
La vague submerge le sable
Ma voix est mélancolique
Depuis que tu es parti

Tu émerveillais mes horizons
D’écume et d’onde et de vent
Tes yeux avaient le reflet
Des diamants du couchant

Ton cœur aux lèvres closes, à l’affût de rosée
Était plein de tendresses et d’ailleurs
Qui dansaient au son du jour
Et des violons de la mer

Tu possédais la sagesse sans philosophie
Ton silence est une vaste galaxie
D’aube et de peine
Ton sourire a posé de la joie dans ma vie

La nuit est infinie comme le matin qui s’éveille
Mon poème a suivi tous les chemins de ton nom
Ton silence est un bruissement d’ailes
Comme un oiseau qui chante…

Caroline B.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Ton silence est un bruissement d’ailes… »

  

    

À la lumière du vent

Valentine S.
Seconde 9

L’Amour est le silence d’un promeneur solitaire,
La beauté d’une rose traversée de larmes d’océans
Magnifique de ténèbres à la lumière
 du vent
Fontaine de regrets, d’ombre et de soleil
Murmure d’un philosophe inexistant.

L’Amour est immense désert chaud
Tel une fleur peuplée de jardins
Il est la confession anonyme d’un jour qui fut hier,
Comme un souvenir marquant hâté de vivre
Et de croire à l’illusion des larmes éloquentes.

Valentine S.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« L’Amour… Tel une fleur peuplée de jardins… »

Photomontage à partir d’une aquarelle de Pierre-Joseph Redouté (« Les roses« )

                     

L’Enfant

Nathan F.
Seconde 9

Avec sa peine qu’il écrivait en lettres de sang
Dans la nuit close sans sourire et sans joie
L’enfant exprimait sa douce terreur :
L’imagination des flots d’écume noirs
Le laissa s’échapper dans son désir frénétique,

Dans son monde éclairé d’obscurité
Il rencontra des horizons glacés qui lui dirent bonjour
Et des secrets fermés lui tendirent les mains.
L’aura mélancolique qui rayonnait de ses écrits
Semblait grande ouverte dans l’ombre des jours.

Des ondes douloureuses libéraient leur parole satirique
Sur le visage de l’enfant  parti vers la pluie qui tombe
Et sur le pavé déchiré qui ressemblait à un sanglot,
Malgré ce portrait comique
Un secret horrible brillait d’une certaine légèreté…

Nathan F.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012


« Dans son monde éclairé d’obscurité Il rencontra des horizons glacés qui lui dirent bonjour… »

Crédit iconographique : Edward McKnight Kauffer (1890-1954), « Go Great Western to Cornwall »
Museum of Modern Art (New York)

                    

Sur les fleurs du chagrin

Éléonore M.
Seconde 9

L’obscurité tombe goutte à goutte
Sur les fleurs du chagrin :
Perles inertes sur la pierre froide
Attendant la lueur sombre du crépuscule
Qui viendra de nouveau effleurer le marbre
Des regrets qui tombent.
Et quand le soleil disparaissait,
Elle se posait devant le linceul
Laissant la pluie de ses yeux
S’écouler vers le ciel triste et seul
Qui pleurait la perte de l’être cher.

Éléonore M.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Elle se posait devant le linceul Laissant la pluie de ses yeux S’écouler vers le ciel triste et seul… »

D’après Richard Davies (Cardiff 1945-Paris 1991), « Vers une autre rive » (détail), 1986.
Image colorisée et modifiée numériquement.

                     

De Voyage et d’Ailleurs

Léa C.
Seconde 7

Moi qui rêvais de voyage et d’ailleurs,
De lointains de lumière aux formes de feu
Longtemps la confusion a perduré dans mon cœur
Autant que mon désir de confession
Et de vie, et de bonheur et de contes aussi purs que la mer.

Le désordre de ta mémoire est étranger à ce paysage
Ta solitude, insensible au mal qui se consume en moi,
A la couleur du soir et des fruits inconnus.
La tourmente de ta tristesse nous transporte
Dans cette boucle du temps.

Toi qui es triste et seul
Comme endormi dans les ténèbres
Dépourvus de tout sentiment
J’ai ouvert la porte des pays de mon cœur
Ces pays souterrains porteurs de triomphe et d’antique.

Léa C.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« J’ai ouvert la porte des pays de mon cœur… »

              

Confessions d’un amour inavoué

Tyffaine P.
Seconde 9

              

Une enfance misérable
Marchait vers ses souvenirs
Illuminés par la crainte et la peur
Une enfance misérable
Avec son écharpe bariolée de larmes.
Elle entendit le discours
Anonyme du speaker
Qui comptait les morts
Puis le bruit sourd d’un soldat
Tombé au champ d’honneur
E
t sa dernière pensée
Avec la profondeur du soir
Où venait frapper la pluie…

Tyffaine P.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

–

Composition d’après Caspar David Friedrich : pinceau et sépia sur dessin au crayon (détail, 1826), Hamburger Kunsthalle, Hambourg.

Haïkus de nature et d’amitié
俳句

Annaël P.
Seconde 9

— I —

Pareil au carillon retentissant
D’une averse torrentielle,
Un élancement de tristesse
Apparaît dans mon cœur,
Grand comme l’étendue
D’une perle d’eau d’azur pâle…

— II —

Dans l’air moucheté de pollen
Tel un nuage vêtu de blanc,
Une amitié printanière
Pareille au souffle naissant
S’élança dans la naissance du vent.

Anaël P.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

D’autres haïkus d’Anaël seront publiés lors d’une prochaine livaison…

              

Mon cœur est bleu comme la mer

Marie L.
Seconde 7

Mon cœur est bleu comme la mer
C’est un bateau sur les ailes du vent
Il me permet d’écrire des histoires
Aux yeux d’enfant
Il court sur cette page
Il écrit le crépuscule et des nuages

Mon cœur est bleu comme la mer
C’est un objet bien vivant
Comme un cercle éblouissant
Posé sur un angle du monde.
Il est caché par un bouquet
d’éclats de rire, d’éclats de peine

Mon cœur est bleu comme la mer
Au ciel illimité
Personne ne le voit sauf moi,
Il se déplace de gauche à droite
Entre les mains tendues du jour
Et les chemins du soir…

Marie L.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012

« Mon cœur est bleu comme la mer/C’est un bateau sur les ailes du vent… »

Composition originale créée à partir d’un tableau de Raoul Dufy : « La plage à sainte-Adresse »
Nice, musée des Beaux-Arts Jules Chéret.

La clé de ton cœur

Corentin A.
Seconde 9

J’ai perdu ton cœur
Je l’ai égaré par mégarde
Tout à l’heure
Dans un couloir du lycée.

J’ai cherché jusque dans le bureau du Proviseur
Il était là au milieu des portables confisqués
Sous un trousseau
De sentiments

Ô mon amour effacé
Parmi ces objets trouvés
Ton cœur, ton cœur est un soleil levant
Dans ce couloir du lycée…

Corentin A.
Lycée en Forêt (Montargis, France), octobre 2012


La numérisation des textes de la première livraison est terminée.
Prochaine livraison : jeudi 15 novembre 2012.

NetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Crédit iconographique : ©Bruno Rigolt sauf mention contraire.

La classe de seconde 7 du LEF va participer au Concours Mix'Art 2013…

Après examen de sa candidature, la classe de Seconde 7 du Lycée en Forêt (promotion 2012-2013) a été retenue par l’association Ariana, organisatrice de l’opération MIX’ART, l’art liberté, en faveur de la promotion de la citoyenneté et de la diversité culturelle…
Tous les élèves de la classe se mobilisent dès maintenant pour l’édition 2013 de ce grand concours dont la finale se déroulera au début du mois de juin à Berlin !
© Bruno Rigolt « Mona Lisa U+262E ». D’après la Joconde de Léonard de Vinci (Musée du Louvre, Paris).
Le Cahier des charges 2013 est consultable en ligne en cliquant ici.

Toutes les œuvres crées par les élèves feront l’objet d’une vaste exposition mise en ligne au mois de juin !

La classe de seconde 7 du LEF va participer au Concours Mix’Art 2013…

Après examen de sa candidature, la classe de Seconde 7 du Lycée en Forêt (promotion 2012-2013) a été retenue par l’association Ariana, organisatrice de l’opération MIX’ART, l’art liberté, en faveur de la promotion de la citoyenneté et de la diversité culturelle…

Tous les élèves de la classe se mobilisent dès maintenant pour l’édition 2013 de ce grand concours dont la finale se déroulera au début du mois de juin à Berlin !

© Bruno Rigolt « Mona Lisa U+262E ». D’après la Joconde de Léonard de Vinci (Musée du Louvre, Paris).

Le Cahier des charges 2013 est consultable en ligne en cliquant ici.

Toutes les œuvres crées par les élèves feront l’objet d’une vaste exposition mise en ligne au mois de juin !

Découvrez bientôt l'exposition des classes de Seconde 7 et 9 : Un Automne en Poésie. Saison 4

Bientôt au Lycée en Forêt…

Pour fêter comme il se doit la rentrée littéraire, la classe de Seconde 7 et la classe de Seconde 9 du Lycée en Forêt préparent la saison 4 d’Un Automne en Poésie, événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne.

Puisant leur inspiration dans le message poétique du Romantisme et du Symbolisme, les élèves ont souhaité travailler sur le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot : poésie abstraite, anti-réaliste, imaginaire…

 

Le lancement de l’exposition est prévu sur Internet le lundi 29 octobre 2012.

Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés jusqu’en décembre 2012…

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