Le 8 mars, c’est toute l’année ! Aujourd’hui la contribution de Mélanie et Thaïs !

Parce que le 8 mars, c’est toute l’année, vous trouverez sur cet Espace Pédagogique Contributif à partir du dimanche 17 mars jusqu’à la fin de l’année scolaire un travail mis en ligne chaque semaine : exposé, article, recherche, affiche… abordant la question du droit des femmes…

Cette semaine, la contribution de Ménanie T. et de Thaïs T., élèves de Seconde 7
(promotion 2012-2013)…

VIOLENCE FAITE AUX FEMMES…
UN « DÉVELOPPEMENT DURABLE » ?

par Ménanie T. et Thaïs T.

Cette affiche a été réalisée dans le cadre du concours Mix’Art 2013. Pour des raisons éditoriales le projet original a été retouché et traité numériquement. B. R.

 

Quelques mots sur notre projet…
par Mélanie et Thaïs

Jeunes filles et lycéennes, nous sommes confrontées chaque jour par les médias et les campagnes de sensibilisation à la question de la violence faite aux femmes : « Une femme sur deux meurt en effet tous les deux jours et demi » sous les coups de leur mari, conjoint, ex-compagnon… Bref sous les coups d’un homme.

Mais quand une femme meurt, dites-vous bien que c’est la moitié de l’humanité qui meurt, et quand près de deux millions de femmes battues meurent chaque année, c’est la démocratie qui meurt, c’est l’espoir qui meurt, c’est l’idée que « la femme est l’avenir de l’homme » qui meurt !

Nous avons choisi de défendre cette cause car la situation faite aux femmes, malgré les apparences, reste très tabou, un peu comme s’il était dans le gène des femmes de mourir, d’être soumises, de se taire ! La mort des femmes est donc le corrélat d’un terrible silence : le silence du monde. Nous pensons, comme le rappelle  opportunément le slogan du ministère des droits de la femme que la journée de la femme, « c’est toute l’année » et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de créer cette affiche.

Notre projet en effet consiste à montrer les différentes étapes du cycle de vie d’une femme : spontanément, le ruban de Möbius qui mêle le développement durable et le recyclage a sollicité notre imaginaire : n’avons-nous pas tendance à « recycler » la violence, par peur d’en parler, par crainte de la dévoiler au grand jour ? Ainsi nous habituons-nous à ce qu’une femme sur deux meure tous les deux jours et demi sous les coups : nous « recyclons » notre violence, nous cachons notre lâcheté sous d’autres emballages : si le développement durable permet de préserver les générations présentes et futures, le développement durable de la violence semble malheureusement d’une triste actualité…

Chaque jour en effet, de nouvelles femmes rentrent dans ce cycle infernal de la violence, et qui semble ne jamais finir… Notre composition est faite tout d’abord sur un fond de briques rouges pour rappeler bien sûr le street art, mais plus fondamentalement pour situer notre réflexion dans le quotidien le plus banal de chacune et chacun de nous. Quant aux trois flèches du recyclage, elles renvoient à un triste schéma narratif : la femme soumise d’abord à la violence presque anodine… Et puis les coups se répètent : indéfiniment, inlassablement : la deuxième image témoigne de cette violence quotidienne. « Un peu », « beaucoup », « à la folie » : telle est la dernière image : celle de la femme morte…

Une petite mort de rien du tout, avant la prochaine femme tuée dans deux jours et demi…

© Mélanie T. Thaïs T.
Classe de Seconde 7, Lycée en Forêt (Montargis, France)
Relecture, correction du manuscrit : Bruno Rigolt

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Publié par

brunorigolt

Bruno Rigolt Docteur ès Lettres et Sciences Humaines, Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris. Diplômé d'Etudes approfondies en Littérature française et en Sociologie ; Maître de Sciences Politiques ; Professeur de Lettres Modernes et de Culture générale au Lycée en Forêt (Montargis, France).

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