Lycée en Forêt Bac blanc (EAF écrit) janvier 2010 La Poésie Commentaire organisé Daumal

Commentaire littéraire

Éléments de corrigé

arrow.1242450507.jpg Pour accéder au sujet (textes du corpus) et au corrigé rédigé de la question préparatoire, cliquez ici.

arrow.1242450507.jpg Rappel du texte

Et le poète, dans sa prison, se frappait la tête aux murs. Le bruit de tambour étouffé, le tam-tam funèbre de sa tête contre le mur fut son avant-dernière chanson.
Toute la nuit il essaya de s’arracher du cœur le mot imprononçable. Mais le mot grossissait dans sa poitrine et l’étouffait et lui montait dans la gorge et tournait toujours dans sa tête comme un lion en cage.
Il se répétait :
« De toute façon je serai pendu à l’aube. »
Et il recommençait le tam-tam sourd de sa tête contre le mur. Puis il essayait encore :
« Il n’y aurait qu’un mot à dire. Mais ce serait trop simple. Ils diraient :
– Nous savons déjà. Pendez, pendez ce radoteur. »
Ou bien ils diraient :
– Il veut nous arracher à la paix de nos cœurs, à notre seul refuge en ces temps de malheur. Il veut mettre le doute déchirant dans nos têtes, alors que le fouet de l’envahisseur nous déchire déjà la peau. Ce ne sont pas des paroles de paix, ce ne sont pas des paroles faciles à entendre. Pendez, pendez ce malfaiteur !
Et de toute façon je serai pendu.
Que leur dirai-je ?
On entendit des bruits de baïonnettes et d’éperons. Le délai accordé prenait fin. Sur son cou le poète sentit le chatouillement du chanvre et au creux de l’estomac la patte griffue de la mort. Et alors, au dernier moment, la parole éclata par sa bouche vociférant :
« Aux armes ! À vos fourches, à vos couteaux,
à vos cailloux, à vos marteaux
vous êtes mille, vous êtes forts,
délivrez-vous, délivrez-moi !
je veux vivre, vivez avec moi !
tuez à coups de faux, tuez à coups de pierre !
Faites que je vive et moi, je vous ferai retrouver la parole ! »
Mais ce fut son premier et dernier poème.
Le peuple était déjà bien trop terrorisé.
Et pour avoir trop balancé pendant sa vie, le poète se balance encore après sa mort.
Sous ses pieds les petits mangeurs de pourriture guettent cette charogne qui mûrit à la branche. Au-dessus de sa tête tourne son dernier cri, qui n’a personne où se poser.
(Car c’est souvent le sort – ou le tort – des poètes de parler trop tard ou trop tôt.)

René Daumal, « Les dernières paroles du poète », extrait final
Le Contre-ciel, 193
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arrow.1242450507.jpg Corrigé (pistes pour le plan) 

arrow.1242450507.jpg Introduction

  • Contexte de publication : 1936 (Front populaire mais surtout Guerre d’Espagne et montée des fascismes). Ce poème évoque « la dernière nuit d’un poète que l’on va pendre pour la comparaison qu’il a faite entre sa tristesse et la fumée qui monte de son village dévasté par une armée de conquérants. Mais avant de mourir, il aura l’occasion de réciter un dernier poème au peuple rassemblé » |source|.
  • René Daumal (1908-1944) : assez proche des Surréalistes (noter la présentation atypique du texte : en prose et en vers libres). Poète idéaliste et révolté, fortement marqué par Rimbaud (poète « voyant »), la quête mystique et l’engagement communiste (pour aller plus loin, voyez cette page).
  • Le titre du poème peut évoquer « Les sept paroles de Jésus en croix » (Évangiles). Vision christique du poète qui assume sa mission jusqu’au sacrifice total de lui-même pour le peuple. Cf Hugo : « Fonction du poète » (Les Rayons et les Ombres, 1840) : « C’est lui qui, malgré les épines, / L’envie et la dérision, / Marche, courbé dans vos ruines, »).

Texte très engagé construit sur une structure dialectique :

  1. La crise de conscience individuelle du poète (reniement du corps et du monde) est révélatrice d’une nécessité de l’engagement politique.
  2. Mais échec et désillusion : crise collective, incapacité de la poésie à fédérer.
  3. Dépassement de cette dualité : renouveau symbolique grâce à une poésie plus proche de la vérité, apte à véhiculer des symboles sociaux forts (seul un changement radical dans la poésie peut amener à ce renouveau social).

arrow.1242450507.jpg Problématique : puissance et limites de la parole poétique

arrow.1242450507.jpg Plan possible

1. La voix du poète : un appel à la révolte ; doute et espoir

  • Importance du contexte référentiel : la prison (registre réaliste et dramatique, omniprésence de la mort) + attente insupportable (sensations ressenties à l’approche de la mort). Le poète parle pour échapper à la folie. Mais sa parole est « non parlée » (« Toute la nuit il essaya de s’arracher du cœur le mot imprononçable. »). Échec personnel, aliénation¹ et dualité : « Et il recommençait le tam-tam sourd de sa tête contre le mur. Puis il essayait encore : « Il n’y aurait qu’un mot à dire. Mais ce serait trop simple. »

  • La conscience ne peut être qu’action : le poète exhorte la foule à se retourner contre l’autorité. Importance du contexte « initiatique » et militant : le poète est un éveilleur de conscience (cf. Rimbaud : poète « voyant »). Il parle pour que le peuple se mette en question. Du poète « radoteur » au poète « malfaiteur ». Un chant révolutionnaire : l’appel à la résistance (date de publication : 1936. Référence à la guerre civile espagnole, montée des fascismes en France).

  • Un but révolutionnaire : le pouvoir de dire « non » (modalité exclamative). Justification de la contre-violence (Aux armes ! À vos fourches, à vos couteaux, à vos cailloux,/à vos marteaux/vous êtes mille, vous êtes forts,/délivrez-vous, délivrez-moi !/je veux vivre, vivez avec moi !/tuez à coups de faux, tuez à coups de pierre ! ». Double aspect de la poésie : envisagée comme force de renoncement, d’abnégation mais aussi comme force de transformation et de mutation sociale (importance du matérialisme historique pour les Surréalistes).

2. L’échec de l’appel du poète et sa condamnation. Critique du pouvoir de la poésie (le poète renié par le peuple) qui ne peut mener à un Absolu transcendant.

  • Un contexte dépressif : impossibilité de la communication : l’imminence de la mort empêche la voix du poète de se faire entendre. La présence du poète ne se justifie que s’il parvient à articuler « le mot imprononçable » : désillusion et désenchantement (implicitement : détachement avec les Surréalistes, trop préoccupés de la forme et pas assez de l’action). Modalité hypothétique des conditionnels (« Il n’y aurait qu’un mot à dire. Mais ce serait trop simple. Ils diraient »).

  • Refus du peuple d’être questionné (ne veut pas douter) : les difficultés qu’a le poète de parler au peuple. Le peuple ne l’écoutera pas car le poète « veut mettre le doute » : « Il veut nous arracher à la paix de nos cœurs, à notre seul refuge en ces temps de malheur. Il veut mettre le doute déchirant dans nos têtes […]. Ce ne sont pas des paroles de paix, ce ne sont pas des paroles faciles à entendre ». Comme il a été très justement dit² : « Le poème est donc une double allégorie : d’un échec personnel (l’impossibilité d’articuler la Parole transcendante) et d’un échec public (l’impossibilité d’une adéquation entre la poésie en tant que discipline ascétique personnelle et son insertion socio-historique) ».

  • Explication : le peuple est terrorisé (il ne fera rien). Échec de l’entreprise : la mort (ironie morbide, esthétique de la dérision). La force de « transformation » de la poésie devient une poésie « en décomposition ». Implicitement, le texte peut se lire de façon dialectique : la condamnation à mort amène la putréfaction mais elle constitue symboliquement un instrument sacrificiel de révélation (et de résurrection).

3. Un apologue symbolique

  • En fait, le texte peut se lire comme une parabole illustrant une nette fissure dans le statut du poète. Poète déchu pour avoir trop recherché l’absolu et l’idéal (doutes perpétuels). Donc justification de l’engagement : de la Parole « non parlée » (le mot « imprononçable » = la transcendance = le poète prophète mais « chanteur inutile » -cf. Hugo « Fonction du poète ») au cri (passage de l’individuel au collectif ; de la transcendance à l’immanence : filiation symbolique du peuple et du poète).

  • La « double énonciation » : d’un côté le poète fictif du texte s’adresse au peuple comme personnage, mais leur mort (celle du poète et du peuple « terrorisé ») est vengée par le texte de Daumal qui, s’adressant à nous lecteurs, est donc un « poème du poème » : la fin est en même temps un commencement (dialogue entre l’auteur et le lecteur). La poésie apparaît comme un moyen de questionnement de l’homme et du monde. si la parole poétique ne peut mener à l’Absolu, elle est à la fois une expérience mystique et une conscience politique qui vise à la déconstruction des lieux communs du monde, et à la reconstruction d’un autre univers capable de suggérer les réalités ultimes.

  • Rattacher le passage au titre du recueil : Contre-ciel : l’engagement dans le présent comme justification du poème (« Car c’est souvent le sort —ou le tort— des poètes de parler trop tard ou trop tôt. »). Le but de la poésie est de retrouver une « parole de vérité » (la modalité énonciative de la fin du texte assume pleinement la valeur gnomique (= de vérité générale) de l’apologue.

arrow.1242450507.jpg Conclusion

  • Insister sur la fonction du poète pour Daumal : la poésie est à la fois renoncement, transformation intérieure et libération.
  • Le texte remet en question les fondements de la représentation occidentale de la poésie (Daumal a été profondément marqué par l’hindouisme) : la poésie n’est pas un « état » mais un « acte » : rôle émancipateur de la poésie qui transforme l’être en profondeur (refus de tout artifice, la poésie comme facteur de révolution sociale).
  • Mais si le poète donne espoir en cherchant à transformer la destinée des hommes et du monde, on peut déplorer l’impuissance de sa parole, inadaptée au monde des hommes (élargissement possible : « L’Albatros » de Baudelaire).

1. Aliénation : première image, l’homme fou qui se frappe la tête contre les murs. Mais on ne saurait négliger ici la signification plus philosophique qui s’en dégage, celle de l’homme « aliéné » : pour l’écrivain engagé, l’homme aliéné, c’est l’homme dépossédé de sa liberté, incapable de s’objectiver.
2. Phil Powrie, René Daumal : étude d’une obsession, Genève Droz, 1990, page 85.

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Copyright © février 2010, Bruno Rigolt
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Lycée en Forêt Bac blanc (EAF écrit) janvier 2010 "La Poésie"

EAF Examen blanc

épreuve commune (janvier 2010) : sujet + corrigés

       
Objet d’étude : Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours
arrow.1242450507.jpg Corpus

arrow.1242450507.jpg Question préalable (4 points)
Caractérisez en les comparant les figures du poète imaginées dans les quatre textes du corpus. Votre réponse n’excèdera pas une vingtaine de lignes. Voir le corrigé.
arrow.1242450507.jpg Travail d’écriture (16 points)

  • Commentaire : vous commenterez le texte de René Daumal (document B). Voir le corrigé.
  • Dissertation : est-il juste de penser, comme le dit Éluard, que les poètes « parlent pour tous » ? Vous construirez votre réponse en vous appuyant sur les textes du corpus, ainsi que sur vos connaissances et lectures personnelles. Voir le corrigé.
  • Écriture d’invention : imaginez un dialogue entre le poète baudelairien et un des « hommes d’équipage » représentant une société sourde à la poésie. Voir le corrigé.

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arrow.1242450507.jpg Document A. Charles Baudelaire, « L’Albatros »

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents¹ compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule²,
L’autre mime, en boitant, l’infirme, qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire, «L’albatros »
Les Fleurs du Mal, « Spleen et Idéal », 1857

1. Indolent : nonchalant
2. Brûle-gueule : pipe
arrow.1242450507.jpg Document B. René Daumal, « Les dernières paroles du poète »

Et le poète, dans sa prison, se frappait la tête aux murs. Le bruit de tambour étouffé, le tam-tam funèbre de sa tête contre le mur fut son avant-dernière chanson.
Toute la nuit il essaya de s’arracher du cœur le mot imprononçable. Mais le mot grossissait dans sa poitrine et l’étouffait et lui montait dans la gorge et tournait toujours dans sa tête comme un lion en cage.
Il se répétait :
« De toute façon je serai pendu à l’aube. »
Et il recommençait le tam-tam sourd de sa tête contre le mur. Puis il essayait encore :
« Il n’y aurait qu’un mot à dire. Mais ce serait trop simple. Ils diraient :
– Nous savons déjà. Pendez, pendez ce radoteur. »
Ou bien ils diraient :
– Il veut nous arracher à la paix de nos cœurs, à notre seul refuge en ces temps de malheur. Il veut mettre le doute déchirant dans nos têtes, alors que le fouet de l’envahisseur nous déchire déjà la peau. Ce ne sont pas des paroles de paix, ce ne sont pas des paroles faciles à entendre. Pendez, pendez ce malfaiteur !
Et de toute façon je serai pendu.
Que leur dirai-je ?
On entendit des bruits de baïonnettes et d’éperons. Le délai accordé prenait fin. Sur son cou le poète sentit le chatouillement du chanvre et au creux de l’estomac la patte griffue de la mort. Et alors, au dernier moment, la parole éclata par sa bouche vociférant :
« Aux armes ! À vos fourches, à vos couteaux,
à vos cailloux, à vos marteaux
vous êtes mille, vous êtes forts,
délivrez-vous, délivrez-moi !
je veux vivre, vivez avec moi !
tuez à coups de faux, tuez à coups de pierre !
Faites que je vive et moi, je vous ferai retrouver la parole ! »
Mais ce fut son premier et dernier poème.
Le peuple était déjà bien trop terrorisé.
Et pour avoir trop balancé pendant sa vie, le poète se balance encore après sa mort.
Sous ses pieds les petits mangeurs de pourriture guettent cette charogne qui mûrit à la branche. Au-dessus de sa tête tourne son dernier cri, qui n’a personne où se poser.
(Car c’est souvent le sort – ou le tort – des poètes de parler trop tard ou trop tôt.)

René Daumal, « Les dernières paroles du poète », extrait final
Le Contre-ciel, 1936

arrow.1242450507.jpg Document C. Paul Éluard, extrait d’une conférence prononcée à Londres, le 24 juin 1936.

Depuis plus de cent ans, les poètes sont descendus des sommets sur lesquels ils se croyaient. Ils sont allés dans les rues, ils ont insulté leurs maîtres, ils n’ont plus de dieux, ils osent embrasser la beauté et l’amour sur la bouche, ils ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse et sans se rebuter, essaient de lui apprendre les leurs.

Peu leur importent les sarcasmes et les rires, ils y sont habitués, mais ils ont maintenant l’assurance de parler pour tous. Ils ont leur conscience pour eux.

Paul Éluard, L’Évidence poétique, 1937

arrow.1242450507.jpg Document D. Louis Aragon, « Le discours à la première personne » (extrait)

[…] J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou

Louis Aragon, « Le discours à la première personne », section 3
Les Poètes, 1960
(Paris, Gallimard, 1969)

 

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arrow.1242450507.jpg Présentation du corpus et corrigé de la question

Tous les textes du corpus mettent en relation le poète et la société. Chez Baudelaire et Daumal (et dans une certaine mesure chez Aragon) cet élan vers l’autre aboutit pourtant à un échec : chaque poème en effet est construit sur un schéma dialectique où l’engagement personnel du poète, mais aussi idéologique, comme mise en question d’un ordre social existant, est suivi d’une désillusion minée par le tragique, l’absurde ou le doute, et symbolisée finalement par la mort biologique du poète. Chez les deux premiers auteurs, la quête d’absolu du poète est d’autant plus vouée à l’échec qu’elle se fonde sur un dualisme entre conscience individuelle et conscience collective. C’est bien cette séparation que condamne Paul Éluard (mais aussi Daumal plus implicitement) en faisant au contraire du peuple le médiateur entre le poète et sa mission politique.

_______

Au-delà de la narration d’une scène dramatique de la vie en mer, le poème de Baudelaire amène à un déchiffrement symbolique. L’analogie du vers 13 (« Le Poète est semblable au prince des nuées ») établit en effet le passage de l’anecdote à l’allégorie : alors qu’il partage le même sort que le peuple, dont il est le « compagnon de voyage », l’albatros devient pourtant la figuration du « poète maudit », mis au ban de la société : celui-ci est l’objet de la violence des marins, de leurs sarcasmes et de leurs rires. La dimension pathétique de la chute de l’oiseau, accentuée par sa gaucherie et sa laideur à la troisième strophe, évoque en outre l’indifférence de la société à l’égard de « l’infirme qui volait ».

On pourrait rapprocher ce texte de la figure exigeante du poète imaginée par René Daumal : sur le point d’être pendu, le poète espère que la société le sauvera : « Faites que je vive, et moi je vous ferai retrouver la parole ! ». En liant ainsi son sort à celui du peuple, le poète assume son statut de guide spirituel à l’égard de la société. Pourtant, la « parole » dont parle ici le poète n’est pas la même que pour le peuple, qui ne fera rien pour lui épargner la mort. Ainsi, la fin du texte se conclut-elle de façon très ironique : « Le peuple était déjà bien trop terrorisé. / Et pour avoir trop balancé pendant sa vie, le poète se balance encore après sa mort. »

Comme nous le voyons, les deux premiers textes fonctionnent implicitement comme une critique du pouvoir de la poésie à « parler pour tous » (Éluard) : c’est donc à la fois l’échec personnel du poète mais aussi son échec sur le plan social et historique qui apparaissent finalement. Comment ne pas évoquer ici «Le discours à la première personne » d’Aragon ? En premier lieu, le texte a valeur de témoignage : l’auteur partage avec le peuple une même communauté de destin : « Votre enfer est pourtant le mien/Nous vivons sous le même règne ». Si, comme dans les textes précédents, la présence d’autrui est donc liée à la nécessité de créer (« J’aurais tant voulu vous aider/Vous qui semblez autres moi-même »), ces prédispositions du poète à la quête collective semblent pourtant bien vaines : « Mais les mots qu’au vent noir je sème/Qui sait si vous les entendez/Tout se perd et rien ne vous touche… ».

Néanmoins, quand on connaît l’engagement politique d’Aragon, on ne peut se méprendre sur le sens global du texte. C’est en effet cette quête ardente de l’autre qui justifie le titre : le « Discours à la première personne » ne saurait se concevoir sans porter attention à l’autre. On comprend mieux dès lors l’avertissement d’Éluard : si les poètes « ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse », et s’ils ont « l’assurance de parler pour tous », il n’en demeure pas moins que leur parole risque de se limiter à une sorte d’autosatisfaction s’ils n’ont que « leur conscience pour eux ». Rejetant toute représentation élitiste ou symbolique de la poésie (« les poètes sont descendus des sommets sur lesquels ils se croyaient. Ils sont allés dans les rues, ils ont insulté leurs maîtres, ils n’ont plus de dieux »), l’auteur défend une conception particulière de l’engagement qui passe par la volonté de toucher le lecteur dans son expérience la plus concrète : « ils ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse ».

Pour conclure : « je » très narcissique et malgré tout complaisant chez Baudelaire, alors que la poésie de Daumal cherche à mettre les pouvoirs de la parole au service de la connaissance. Dans les deux cas, recherche assez utopique de la transcendance et de l’absolu. Chez Aragon et surtout Éluard au contraire, la poésie est moins une expérience spirituelle qu’un acte militant et désacralisant allant de pair avec l’engagement parmi les hommes. La parole poétique assume pleinement sa fonction idéologique.

arrow.1242450507.jpg Corrigé de la dissertation
arrow.1242450507.jpg Corrigé du commentaire
arrow.1242450507.jpg Corrigé de l’écriture d’invention
arrow.1242450507.jpg Rapport de correction

Lycée en Forêt Bac blanc (EAF écrit) janvier 2010 « La Poésie »

EAF Examen blanc

épreuve commune (janvier 2010) : sujet + corrigés

       

Objet d’étude : Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours

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arrow.1242450507.jpg Question préalable (4 points)

Caractérisez en les comparant les figures du poète imaginées dans les quatre textes du corpus. Votre réponse n’excèdera pas une vingtaine de lignes. Voir le corrigé.

arrow.1242450507.jpg Travail d’écriture (16 points)

  • Commentaire : vous commenterez le texte de René Daumal (document B). Voir le corrigé.
  • Dissertation : est-il juste de penser, comme le dit Éluard, que les poètes « parlent pour tous » ? Vous construirez votre réponse en vous appuyant sur les textes du corpus, ainsi que sur vos connaissances et lectures personnelles. Voir le corrigé.
  • Écriture d’invention : imaginez un dialogue entre le poète baudelairien et un des « hommes d’équipage » représentant une société sourde à la poésie. Voir le corrigé.

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arrow.1242450507.jpg Document A. Charles Baudelaire, « L’Albatros »

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents¹ compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule²,
L’autre mime, en boitant, l’infirme, qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire, «L’albatros »
Les Fleurs du Mal, « Spleen et Idéal », 1857

1. Indolent : nonchalant
2. Brûle-gueule : pipe

arrow.1242450507.jpg Document B. René Daumal, « Les dernières paroles du poète »

Et le poète, dans sa prison, se frappait la tête aux murs. Le bruit de tambour étouffé, le tam-tam funèbre de sa tête contre le mur fut son avant-dernière chanson.
Toute la nuit il essaya de s’arracher du cœur le mot imprononçable. Mais le mot grossissait dans sa poitrine et l’étouffait et lui montait dans la gorge et tournait toujours dans sa tête comme un lion en cage.
Il se répétait :
« De toute façon je serai pendu à l’aube. »
Et il recommençait le tam-tam sourd de sa tête contre le mur. Puis il essayait encore :
« Il n’y aurait qu’un mot à dire. Mais ce serait trop simple. Ils diraient :
– Nous savons déjà. Pendez, pendez ce radoteur. »
Ou bien ils diraient :
– Il veut nous arracher à la paix de nos cœurs, à notre seul refuge en ces temps de malheur. Il veut mettre le doute déchirant dans nos têtes, alors que le fouet de l’envahisseur nous déchire déjà la peau. Ce ne sont pas des paroles de paix, ce ne sont pas des paroles faciles à entendre. Pendez, pendez ce malfaiteur !
Et de toute façon je serai pendu.
Que leur dirai-je ?
On entendit des bruits de baïonnettes et d’éperons. Le délai accordé prenait fin. Sur son cou le poète sentit le chatouillement du chanvre et au creux de l’estomac la patte griffue de la mort. Et alors, au dernier moment, la parole éclata par sa bouche vociférant :
« Aux armes ! À vos fourches, à vos couteaux,
à vos cailloux, à vos marteaux
vous êtes mille, vous êtes forts,
délivrez-vous, délivrez-moi !
je veux vivre, vivez avec moi !
tuez à coups de faux, tuez à coups de pierre !
Faites que je vive et moi, je vous ferai retrouver la parole ! »
Mais ce fut son premier et dernier poème.
Le peuple était déjà bien trop terrorisé.
Et pour avoir trop balancé pendant sa vie, le poète se balance encore après sa mort.
Sous ses pieds les petits mangeurs de pourriture guettent cette charogne qui mûrit à la branche. Au-dessus de sa tête tourne son dernier cri, qui n’a personne où se poser.
(Car c’est souvent le sort – ou le tort – des poètes de parler trop tard ou trop tôt.)

René Daumal, « Les dernières paroles du poète », extrait final
Le Contre-ciel, 1936

arrow.1242450507.jpg Document C. Paul Éluard, extrait d’une conférence prononcée à Londres, le 24 juin 1936.

Depuis plus de cent ans, les poètes sont descendus des sommets sur lesquels ils se croyaient. Ils sont allés dans les rues, ils ont insulté leurs maîtres, ils n’ont plus de dieux, ils osent embrasser la beauté et l’amour sur la bouche, ils ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse et sans se rebuter, essaient de lui apprendre les leurs.

Peu leur importent les sarcasmes et les rires, ils y sont habitués, mais ils ont maintenant l’assurance de parler pour tous. Ils ont leur conscience pour eux.

Paul Éluard, L’Évidence poétique, 1937

arrow.1242450507.jpg Document D. Louis Aragon, « Le discours à la première personne » (extrait)

[…] J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou

Louis Aragon, « Le discours à la première personne », section 3
Les Poètes, 1960
(Paris, Gallimard, 1969)

 

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arrow.1242450507.jpg Présentation du corpus et corrigé de la question

Tous les textes du corpus mettent en relation le poète et la société. Chez Baudelaire et Daumal (et dans une certaine mesure chez Aragon) cet élan vers l’autre aboutit pourtant à un échec : chaque poème en effet est construit sur un schéma dialectique où l’engagement personnel du poète, mais aussi idéologique, comme mise en question d’un ordre social existant, est suivi d’une désillusion minée par le tragique, l’absurde ou le doute, et symbolisée finalement par la mort biologique du poète. Chez les deux premiers auteurs, la quête d’absolu du poète est d’autant plus vouée à l’échec qu’elle se fonde sur un dualisme entre conscience individuelle et conscience collective. C’est bien cette séparation que condamne Paul Éluard (mais aussi Daumal plus implicitement) en faisant au contraire du peuple le médiateur entre le poète et sa mission politique.

_______

Au-delà de la narration d’une scène dramatique de la vie en mer, le poème de Baudelaire amène à un déchiffrement symbolique. L’analogie du vers 13 (« Le Poète est semblable au prince des nuées ») établit en effet le passage de l’anecdote à l’allégorie : alors qu’il partage le même sort que le peuple, dont il est le « compagnon de voyage », l’albatros devient pourtant la figuration du « poète maudit », mis au ban de la société : celui-ci est l’objet de la violence des marins, de leurs sarcasmes et de leurs rires. La dimension pathétique de la chute de l’oiseau, accentuée par sa gaucherie et sa laideur à la troisième strophe, évoque en outre l’indifférence de la société à l’égard de « l’infirme qui volait ».

On pourrait rapprocher ce texte de la figure exigeante du poète imaginée par René Daumal : sur le point d’être pendu, le poète espère que la société le sauvera : « Faites que je vive, et moi je vous ferai retrouver la parole ! ». En liant ainsi son sort à celui du peuple, le poète assume son statut de guide spirituel à l’égard de la société. Pourtant, la « parole » dont parle ici le poète n’est pas la même que pour le peuple, qui ne fera rien pour lui épargner la mort. Ainsi, la fin du texte se conclut-elle de façon très ironique : « Le peuple était déjà bien trop terrorisé. / Et pour avoir trop balancé pendant sa vie, le poète se balance encore après sa mort. »

Comme nous le voyons, les deux premiers textes fonctionnent implicitement comme une critique du pouvoir de la poésie à « parler pour tous » (Éluard) : c’est donc à la fois l’échec personnel du poète mais aussi son échec sur le plan social et historique qui apparaissent finalement. Comment ne pas évoquer ici «Le discours à la première personne » d’Aragon ? En premier lieu, le texte a valeur de témoignage : l’auteur partage avec le peuple une même communauté de destin : « Votre enfer est pourtant le mien/Nous vivons sous le même règne ». Si, comme dans les textes précédents, la présence d’autrui est donc liée à la nécessité de créer (« J’aurais tant voulu vous aider/Vous qui semblez autres moi-même »), ces prédispositions du poète à la quête collective semblent pourtant bien vaines : « Mais les mots qu’au vent noir je sème/Qui sait si vous les entendez/Tout se perd et rien ne vous touche… ».

Néanmoins, quand on connaît l’engagement politique d’Aragon, on ne peut se méprendre sur le sens global du texte. C’est en effet cette quête ardente de l’autre qui justifie le titre : le « Discours à la première personne » ne saurait se concevoir sans porter attention à l’autre. On comprend mieux dès lors l’avertissement d’Éluard : si les poètes « ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse », et s’ils ont « l’assurance de parler pour tous », il n’en demeure pas moins que leur parole risque de se limiter à une sorte d’autosatisfaction s’ils n’ont que « leur conscience pour eux ». Rejetant toute représentation élitiste ou symbolique de la poésie (« les poètes sont descendus des sommets sur lesquels ils se croyaient. Ils sont allés dans les rues, ils ont insulté leurs maîtres, ils n’ont plus de dieux »), l’auteur défend une conception particulière de l’engagement qui passe par la volonté de toucher le lecteur dans son expérience la plus concrète : « ils ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse ».

Pour conclure : « je » très narcissique et malgré tout complaisant chez Baudelaire, alors que la poésie de Daumal cherche à mettre les pouvoirs de la parole au service de la connaissance. Dans les deux cas, recherche assez utopique de la transcendance et de l’absolu. Chez Aragon et surtout Éluard au contraire, la poésie est moins une expérience spirituelle qu’un acte militant et désacralisant allant de pair avec l’engagement parmi les hommes. La parole poétique assume pleinement sa fonction idéologique.

arrow.1242450507.jpg Corrigé de la dissertation
arrow.1242450507.jpg Corrigé du commentaire
arrow.1242450507.jpg Corrigé de l’écriture d’invention
arrow.1242450507.jpg Rapport de correction

Les Clés d’une Dissertation Réussie : Conseils et Méthodologie

Ce support de cours expose les règles fondamentales pour rédiger une dissertation littéraire. Il aborde la méthodologie, les obstacles à éviter et propose des conseils sur la présentation, la gestion du temps, etc. Des exemples de plans sont également fournis pour aider les étudiants à structurer leur écrit avec clarté et précision.

Méthodologie de la Dissertation Littéraire : Étapes Clés

PLAN DU COURS

1.
Définition
2.Connaissances préalables requises
3.
3-1
3-2
3-3
Trois obstacles majeurs à éviter :
La paraphrase
La tendance à la généralisation
Une trop grande implication personnelle

4.
4-1
4-2
4-3
4-4
Analyser le sujet : la méthode « OPLC »
L’objet d’étude
La problématique
Les limites du sujet
La consigne et les différents types de plans
5.La gestion du temps
6.La présentation de la copie et l’expression
7.La recherche des idées
8.Le plan : ordre, progression et cohérence
9.La structure du paragraphe : le principe de l’unité de sens
10.
10-1
10-1-1
10-1-2
10-1-3
10-1-4
10-2
10-3
L’introduction
L’entrée en matière
 
L’accroche par citation
L’accroche par analogie
L’accroche par énumérations ou questionnements
L’accroche en allant du général au particulier
L’annonce du sujet et la définition d’une problématique
L’annonce du plan
11.
11-1
11-2
La conclusion
Le bilan
L’ouverture
12.Sujets d’entraînement

1. DÉFINITION

La dissertation littéraire est un genre qui possède une longue tradition scolaire et universitaire. Relevant de l’argumentation, elle est basée sur un thème défini et elle amène le rédacteur à soutenir un raisonnement répondant à une problématique dans le but de convaincre un lecteur en justifiant ou en confrontant des thèses successives. Par ailleurs, « elle vise à faire acquérir, par les élèves de l’enseignement secondaire général et par les étudiants de lettres, une maîtrise dans l’exposé écrit, cohérent, précis et le plus rigoureux possible, sur un sujet donné »¹.

La particularité de la dissertation littéraire tient au fait qu’elle amène à répondre au sujet posé en exploitant un certain nombre de connaissances au niveau de l’histoire littéraire et au niveau des textes. Pour un candidat à l’Épreuve Anticipée de Français par exemple, il serait aberrant d’entreprendre une dissertation sans avoir un minimum de culture littéraire : les savoirs scolaires et les acquis personnels sont indispensables.

2. CONNAISSANCES PRÉALABLES REQUISES

Certes, une dissertation littéraire peut bien sûr emprunter des connaissances à d’autres domaines de la pensée —historique et philosophique en particulier—, mais son objet est de parler des textes². Sans une connaissance concrète des œuvres dont on parle, elle tombe dans le délayage, les lieux communs, les généralités, les simplifications. L’ennemi mortel de la dissertation est le vague souvenir d’un cours, d’un manuel, ou d’un discours critique.

Attention aux propos allusifs : l’exactitude des connaissances est déterminante. La réussite d’une dissertation dépend donc essentiellement de l’étendue des lectures, et de l’attention accordée aux textes ainsi qu’aux grandes problématiques littéraires. On ne fait pas « allusion » à un auteur ou à un ouvrage au risque de faire « illusion » : les références se doivent d’être précises.

Comme vous le voyez, la dissertation est un exercice de réflexion étayée par un savoir : il est donc impératif de mémoriser des textes, même brefs, de connaître des citations et bien entendu d’effectuer préalablement des recherches personnelles. Relire une fois cinq poèmes que l’on va présenter à l’oral de l’EAF et croire qu’on peut entreprendre de rédiger une dissertation relève d’une ignorance coupable. Comment maîtriser une démonstration si la culture est insuffisante ? La connaissance de données formelles et littéraires est essentielle.

Vous devez vous constituer :

  • des fiches de synthèse : sur le roman, le théâtre, la poésie, etc.
  • des fiches de synthèse : sur les grandes problématiques littéraires et les mouvements culturels. Elles vous aideront à dégager le sens d’un passage dans son contexte d’histoire littéraire et sociale ;
  • des fiches de lecture (sur quelques ouvrages bien ciblés) ;
  • des répertoires de citations ;
  • des fiches sur les notions logiques (vocabulaire de l’argumentation).
  • CPGE : une parfaite connaissance du thème ainsi que des œuvres au programme (notamment les passages clés et les citations).

3. TROIS OBSTACLES MAJEURS À ÉVITER

  1. La paraphrase : on fait de la paraphrase quand on redit ce qu’exprime déjà un texte. C’est un obstacle majeur dans le commentaire littéraire puisqu’elle conduit à délayer le contenu au lieu de l’expliquer. Mais beaucoup de candidats à l’EAF lors de la dissertation font également de la paraphrase, précisément quand leur culture générale leur fait défaut : au lieu de proposer une réflexion organisée mettant en valeur l’exploitation de l’oeuvre au programme et du parcours associé à la lumière de leurs connaissances personnelles, ils se mettent à commenter le sujet proposé et/ou la citation qui l’accompagne. De là une absence totale de raisonnement démonstratif.

  2. La tendance à la généralisation : elle touche un certain nombre de candidats (parfois de valeur) qui éprouvent des difficultés à hiérarchiser et à sélectionner leurs connaissances : ils veulent tout mettre en négligeant les aspects particuliers du sujet, c’est-à-dire sa délimitation. Leur devoir ressemble ainsi à une sorte d’exposé ou de discours très général. Autre cas de figure : vous vous trouvez devant un sujet ressemblant à une problématique déjà traitée, et vous cherchez à réutiliser vos connaissances… le risque est de tomber dans les généralités en oubliant la prise en compte minutieuse du sujet spécifique qui vous est soumis.

  3. Une trop grande implication personnelle : la dissertation n’est pas un exercice de style. On n’attend pas du candidat des gradations, des anaphores, des métaphores colorées, etc. Vous ne devez donc pas vous impliquer émotionnellement ou affectivement dans votre travail, ni interpeller le lecteur comme vous le feriez par exemple dans un article de journal, un discours, un débat, une lettre, etc. Il vous faut  au contraire objectiver votre devoir, c’est-à-dire le rendre objectif par une expression neutre et sobre, qui tient compte de la situation de communication imposée : donc pas de poésie, pas de lyrisme exagéré, et bien entendu pas d’esprit polémique ! Le but étant de convaincre dans une langue qui doit rester toujours soutenue.

4. ANALYSER LE SUJET : LA MÉTHODE « OPLC »

La plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le trac en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé. Tout d’abord, lisez plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage. Puis mobilisez vos connaissances en cernant précisément : l’objet d’étude (O), la problématique (P), les limites (L), la consigne (C) :

  • L’objet d’étude (O) Il s’agit de déterminer précisément le champ thématique dans lequel se situe le sujet (par exemple “la Poésie” ou “le roman”), et d’établir des comparaisons rapides avec d’autres objets d’étude afin de bien cerner les enjeux et de les mettre en perspective : on n’aborde pas le roman comme on aborde le théâtre par exemple. La capacité du candidat à établir des distinctions, à varier les points de vue afin d’ouvrir des perspectives, ou de nuancer des prises de position sont autant de qualités valorisées lors de la notation.
  • La Problématique (P) C’est-à-dire les différentes façons de poser le problème, d’envisager différents points de vue permettant de préciser l’enjeu social, littéraire, culturel soulevé par le sujet. Le plus important ici est de questionner le sujet, de cerner la thèse, c’est-à-dire le point de vue de l’auteur (et donc d’envisager d’autres points de vue). Si le sujet est une citation, vous devez évidemment la reformuler pour en comprendre les significations. C’est aussi l’occasion de vous interroger sur le sens des termes, sur la thèse soutenue, sur les arguments explicites ou implicites qui sous-tendent le jugement ou la démonstration. Je vous renvoie à ces propos éclairants : « On voit donc que l’analyse de la citation est tout entière orientée par la nécessité d’en tirer une problématique. À cette fin, on a tout intérêt à ramener à une phrase-résumé la réflexion de l’auteur, surtout si elle est longue. Car il ne s’agit jamais simplement de « commenter » ses propos, de les paraphraser, de « parler de » ou de « parler sur », il s’agit de savoir où l’on va et donc de commencer par se poser une question. […] Ainsi lancé, le devoir aura toutes les chances, non seulement de maintenir une ligne directrice, mais d’être dynamique, en opposant des points de vue »³. 
    • La problématique consiste donc à faire porter la réflexion sur la validité des présupposés du sujet. Toute dissertation ne prenant pas en compte la problématique du sujet ne saurait obtenir la moyenne ! N’allez pas trop vite ! Exploitez le paratexte : le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage ainsi que sa date de publication peuvent vous aider. Pensez aussi à bien cerner les termes du sujet, et à en comprendre le sens : pour cela, vous devez identifier les mots-clés et les expliciter. Une analyse de notion s’avère également nécessaire le plus souvent : on ne saurait par exemple entreprendre une dissertation sur le Réalisme ou le Naturalisme sans avoir constitué au préalable un minimum de recherches.
      CONSEIL : attention à ne pas confondre la proposition exprimée par la problématique et la démonstration qu’elle implique : la problématique et le plan sont deux étapes différentes. Il arrive en effet parfois qu’un candidat pose si maladroitement la problématique, qu’elle annonce déjà la démonstration, d’où une redondance à la lecture du plan.
  • Les limites (L) Il est essentiel de déterminer les limites d’un énoncé afin d’éviter la généralisation ou le hors-sujet : n’oubliez pas que les devoirs hors-sujet sont notés sur la moitié des points !. Certes, votre connaissance des œuvres et votre culture générale sont essentielles… mais à la condition de les exploiter avec discernement en tenant compte de la spécificité de l’énoncé. Quel est l’intérêt de “recracher” ses connaissances sur le Romantisme ou la poésie si ce qu’on écrit n’a pas de rapport étroit avec la problématique ? Je vous conseille de privilégier une approche restreinte en partant d’une problématique clairement définie plutôt que d’élargir et de prendre le risque de rester dans le vague et les généralités.
  • La Consigne (C) Vous devez la respecter scrupuleusement en vous posant toujours cette question : « Qu’est-ce qu’on attend de moi exactement ? » En règle générale, deux types d’énoncés sont souvent proposés :

a) les sujets sous forme de citation à discuter :

Exemple 1 (sujet sur le roman) : Stendhal place en exergue du chapitre XIII de la première partie de son roman Le Rouge et le noir la citation suivante : « Un roman : c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin ». Vous commenterez et discuterez cette affirmation.

Exemple 2 (sujet sur la poésie) : En quoi votre conception de la poésie s’accorde-t-elle avec ce jugement de Charles Baudelaire (Théophile Gautier, 1859) : « La Poésie, pour peu qu’on veuille descendre en soi-même, interroger son âme, rappeler ses souvenirs d’enthousiasme, n’a pas d’autre but qu’Elle-même ; elle ne peut pas en avoir d’autre, et aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aurait été écrit pour le plaisir d’écrire un poème ».
La consigne, comme c’est le cas ici, impose la plupart du temps un débat contradictoire qui invite à prendre position par rapport à un jugement formulé :

  • Vous commenterez et discuterez…
  • Dans quelle meure…
  • En quoi…
  • Cette affirmation vous paraît-elle ?…
  • Souscrivez-vous à l’opinion de… ? / Partagez-vous cette opinion ?
  • etc.

b) le sujet peut prendre également la forme d’une question ouverte :

  • Qu’est-ce qui pousse selon vous à écrire et à lire des poésies ?
  • Selon vous, qu’est-ce qu’un bon livre ?
  • Quel intérêt un lecteur d’aujourd’hui peut-il éprouver à la lecture des romans du XIXème siècle ?
  • Comment ? Pourquoi ? Que pensez-vous de… ?

La difficulté de tels sujets, malgré leur apparente simplicité, est qu’ils amènent bien souvent l’étudiant inattentif à construire un plan d’exemples, un plan-catalogue, ce qui est à proscrire puisqu’un tel devoir n’amène à aucun raisonnement probant. Les correcteurs vont donc évaluer votre capacité à tenir compte des implications du sujet dans votre démonstration qui doit toujours être dynamique, c’est-à-dire obéir à une finalité.

Les types de plans :

Plan dialectique

Plan critique
ou d’opposition

Plan thématique
ou d’exposition

Plan analytique

Thèse
Antithèse
Synthèse

Hérité de la Philosophie, ce plan est pratiqué quand
le sujet invite à mettre en débat une opinion. Il amène à dépasser dans la synthèse les deux thèses opposées par une nouvelle mise en perspective du sujet.

Hypothèse formulée
Hypothèse débattue
Nouvelle hypothèse

    Comme le plan dialectique dont il est très voisin, le plan critique porte sur le bien-fondé, la validité d’une hypothèse. Il implique cependant une plus nette prise de position par rapport à une situation, à des faits, dont il faut comprendre qu’ils soulèvent un problème que le travail se propose de résoudre après en avoir évalué l’enjeu.
Thème 1
Thème 2
Thème 3

Ce type de plan n’amène pas à une discussion mais à analyser un problème clairement identifiable dans l’énoncé, en centrant le travail sur la mise en relation des notions contenues dans le libellé. La démarche analytique est donc clairement expositive : expliquer, montrer, démontrer, etc.

problème/quoi
causes/comment
solutions/pourquoi

À la différence du plan thématique, le plan analytique est moins descriptif. il exige une réflexion personnelle de la part du candidat. Ce type de plan est fréquemment utilisé dans les matières nécessitant un important réinvestissement des savoirs ou un enjeu décisionnel (Droit, Histoire, Économie, Sciences politiques).

– Plan dialectique : « Moi, j’écris pour agir ». Ces propos de Voltaire s’accordent-ils avec votre conception de la fonction de l’écrivain ?
– Plan dialectique : À un ouvrier qui lui avait demandé : « Conduis-nous vers la vérité », l’écrivain russe Boris Pasternak répondit : « Quelle drôle d’idée ! Je n’ai jamais eu l’intention de conduire quiconque où que ce soit. Le poète est comme un arbre dont les feuilles bruissent dans le vent, mais qui n’a le pouvoir de conduire personne ». Vous discuterez cette affirmation en élargissant votre réflexion à la littérature sous toutes ses formes. (Corrigé)

Attention au plan thématique. Comme il s’agit d’un plan descriptif, s’il est mal maîtrisé, il amène souvent à une restitution maladroite des connaissances, ainsi qu’à une présentation linéaire ou répétitive, sans réelle dynamique de composition. 


– Plan thématique : « Romantisme et poésie en France au XIXème siècle. »
– Plan thématique : « La littérature de fiction au XVIIIème siècle »
– Plan thématique : « Quelles sont les conséquences de Mai 68 en France ? »

– Plan critique : Le théâtre est-il une copie de la réalité ?
– Plan critique : Le romancier doit-il se donner pour but de distraire son lecteur ?

– Plan critique : Faut-il avoir peur du progrès technique ?
– Plan critique : Rabelais est-il un auteur sérieux ? 

– Plan analytique : Certains écrits d’invention à l’EAF exploitent le plan analytique. Ainsi ce sujet (2007, ES/S, centres étrangers) : « Vous avez été témoin, dans votre propre commune, d’une scène proche de celle que décrit Rimbaud dans « Les Effarés ». Vous la racontez (I Constat) dans une lettre à un élu local pour lui faire part de vos émotions (II Causes) et l’inciter à agir » (III Solutions).

5. LA GESTION DU TEMPS

Minutez votre temps : vous devez aller vite pour ne pas être pris de court le jour de l’examen : n’oubliez pas que les brouillons ne sont pas acceptés !

Si vous disposez de 4 heures, vous devez être structuré(e) par ces 4 heures. Si vous disposez de 3 heures, vous devez être structuré(e) par ces 3 heures : c’est fondamental. À chaque session, de nombreux candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail.

N. B. Cet exemple est donné à titre indicatif. Bien entendu, vous pouvez l’adapter à votre convenance !


6. LA PRÉSENTATION DE LA COPIE ET L’EXPRESSION

Comme tout texte argumentatif, la dissertation obéit à une visée clairement didactique : la disposition typographique est donc fondamentale. C’est ce qu’observe en premier lieu le correcteur AVANT de lire votre devoir.

Les découpages (parties, sous-parties ou paragraphes) doivent apparaître à l’œil nu, car ils soulignent la cohérence du plan ainsi que les articulations du raisonnement. Dans l’exemple ci-contre, on peut supposer que la disposition typographique obéit à un plan basé sur la construction thèse/antithèse (chaque partie comportant elle-même trois paragraphes, donc trois arguments).

Comme vous le voyez, la clarté de la présentation est indispensable : votre copie doit donc être aérée par des sauts de ligne qui séparent visuellement l’introduction, chaque partie du développement ainsi que la conclusion.

De même, il faut vous rappeler que chaque paragraphe commence par un alinéa visible. N’oubliez pas en revanche que la dissertation littéraire (tout comme la dissertation philosophique) ne doit comporter NI TITRE, NI NUMÉROTATION : certes, sur votre brouillon, il est tout à fait recommandé de mettre des titres à vos parties afin de visualiser votre parcours démonstratif, mais ces titres ne doivent pas figurer sur votre copie. Vous devez problématiser sous forme de phrase.

Enfin, le plan doit être visible grâce aux mots charnières qui énumèrent (« tout d’abord », « en premier lieu », « pour commencer », « par ailleurs », « en outre », « de plus ») qui annoncent une conséquence (« ainsi », « à cet effet »), etc.

Pensez également à ménager des transitions car elles sont fondamentales : elles traduisent en effet une cohérence dans la démonstration. N’hésitez pas à les mettre en valeur, en les détachant par exemple du paragraphe.

L’orthographe et l’expression

Faut-il revenir sur d’évidentes conventions de graphie ?

  • les coupures de mots en fin de ligne (conson-nes doubles) par exemple.
  • les accents, les règles d’accord du participe passé, notamment les terminaisons verbales en é/er.
  • l’écriture des noms propres, pourtant connus. C’est encore plus sanctionnable quand il s’agit d’auteurs dont le nom est mentionné dans l’intitulé du sujet !
  • les familiarités de langage : n’attendez aucune indulgence, a fortiori dans les examens et concours de haut niveau, pour ce qui concerne tout relâchement au niveau du lexique.
  • Soyez également rigoureux dans le choix du vocabulaire utilisé : attention par exemple à l’usage que vous faites du verbe « citer » : c’est toujours vous qui citez et non l’auteur qui « cite » !
  • Rappelez-vous aussi que les titres des œuvres se soulignent (ou se mettent en italiques dans le cas d’un texte tapé). Si le titre commence par un article défini, le premier substantif nommé doit commencer par une majuscule : Une vie (Maupassant) mais La Vie devant soi (Émile Ajar) ; Un barrage contre le Pacifique mais L’Amant (Duras).
  • Évitez enfin les parenthèses qui, en rompant le rythme de lecture, alourdissent considérablement la rédaction. Veillez aussi à la syntaxe (constructions de phrase).

Attention aux fautes sur du vocabulaire d’usage qui dénotent un manque de rigueur (d’autant plus qu’il n’est quand même pas compliqué d’apprendre une fois pour toutes l’orthographe de certaines expressions !) :

  • Quand à pour quant à
  • malgrés pour malgré
  • (malgré que : sans être incorrecte, cette expression est néanmoins lourde et jugée par la doctrine fort peu littéraire. Elle suscite d’ailleurs de nombreux débats : un certain nombre de « puristes » estimant que, dans un registre soutenu, malgré que doit s’employer uniquement avec avoir au subjonctif : malgré que j’en aie, qu’il en ait, etc. Dans le doute, préférez « bien que ». 
  • Voir (dans le sens de « et même ») au lieu de voire
  • quatres pour quatre
  • de faite pour de fait (en raison de la prononciation du « t » à l’oral qui n’est pas recommandable)
  • etc.

Je ne saurais trop en outre insister sur la correction de la langue et de l’expression, qui doit rester soutenue : n’oubliez pas qu’une dissertation constitue un test de culture générale. La clarté (attention aux copies-brouillon) ainsi que la maîtrise de l’écriture sont donc essentielles. 

7. LA RECHERCHE DES IDÉES

Le plus facile est de prendre une copie GRAND FORMAT dans le sens de la LONGUEUR et de faire 3 colonnes

  1. Dans la colonne de gauche, vous écrivez toutes les idées (c’est-à-dire les arguments) telles qu’elles se présentent à votre esprit, sans les classer.
  2. Une fois que vous avez terminé, dans la colonne du milieu, vous allez classer vos arguments : il s’agit de reprendre chacune des idées de la colonne de gauche mais EN LES ORDONNANT ET EN LES REGROUPANT.
  3. Dans la colonne de droite, vous allez faire correspondre en face de chaque argument UN OU DEUX EXEMPLES.
dissertation recherche des idées_1

L’avantage de cette méthode est qu’elle vous aide aide à passer d’une phase d’élaboration d’idées à une phase de structuration claire, tout en veillant à ce que chaque argument soit illustré par des exemples.

  • Beaucoup d’étudiants ont tendance à aller trop vite, et à négliger la première étape de brainstorming : or il est important de laisser libre cours à la la recherche d’idées sans se soucier de l’ordre ou de la cohérence. Cette étape aide à capturer spontanément toutes les idées qui viennent à l’esprit, sans passer à côté d’arguments potentiellement pertinents.
  • La deuxième étape est essentielle : il est obligatoire de regrouper et de classer les idées afin de permettre une meilleure structuration de l’argumentation. Cela permet également de repérer les risques de redites et de hiérarchiser les arguments. En classant vos arguments par ordre d’importance, vous structurez votre réflexion de manière logique. La progression de l’argumentation permet en effet de construire un crescendo argumentatif. Vous pouvez ainsi débuter par des idées les moins essentielles pour ensuite développer progressivement des arguments plus forts et percutants. Cette progression capte mieux l’attention du lecteur et renforce la dimension persuasive de votre dissertation. N’oubliez pas qu’une bonne hiérarchisation des idées aide non seulement à la cohérence et à la structuration du plan mais elle vous aide également à mieux gérer votre temps pendant l’épreuve. 

8. LE PLAN : ORDRE, PROGRESSION ET COHÉRENCE

« Un plan, c’est un peu un plan de bataille. Vous allez livrer une sorte de combat : un combat implicite contre les opinions, les préjugés ; un combat explicite contre un sujet partiel, voire partial. Un combat qui ne vise à vaincre personne mais à convaincre votre lecteur fictif, c’est-à-dire vaincre son ignorance ou son parti pris. Et votre lecteur réel, votre correcteur, appréciera VOTRE APTITUDE À MENER CE COMBAT DANS LES RÈGLES. De même qu’il y a un art militaire, il y a aussi un art d’argumenter et de convaincre, un art d’établir un plan stratégique car ce n’est pas une guerre de tranchées que l’on vous demande de mener : vous devez au contraire faire preuve d’efficacité, d’économie. Il faut économiser les mouvements, donner à chaque idée son intensité maximale, c’est-à-dire penser sa dynamique, la façon dont elle en appelle une autre, dont elle s’enchaîne à un exemple, de manière à avancer. »

Hélène Merlin-Kajman, La Dissertation littéraire, 2009,
« Les Fondamentaux de la Sorbonne nouvelle », Presses Sorbonne Nouvelle, page 51.

Il est important, particulièrement dans une dissertation, d’ordonner la réflexion. Les qualités d’un bon plan sont d’abord des qualités logiques permettant la mise en œuvre d’un raisonnement. Votre plan doit donc amener le lecteur à comprendre la logique démonstrative sur laquelle repose votre réflexion.

Comme il a été très bien dit, « il s’agit […] de faire face à la masse de remarques, d’idées, de propositions nées progressivement à mesure que le sujet a été analysé […]. Un travail d’organisation est alors nécessaire : le plan.
[…] Construire un plan revient donc bien à édifier, à permettre l’instauration d’une organisation : il s’agit de parvenir à une construction cohérente et logique font on a d’abord établi la finalité. Il faudra classer, hiérarchiser, choisir les arguments les plus pertinents […] : le plan doit rendre compte à la fois d’une organisation claire en ce qu’il est fixé et d’une pensée dynamique en ce qu’elle exhibe sa construction »⁴. 

Il faut donc structurer le devoir selon une logique de progression qui va toujours du moins important au plus important. Il convient ainsi de partir des idées les plus générales ou les plus évidentes pour les approfondir : une dissertation obéit en effet à une finalité que l’on peut résumer ainsi : « D’où est-ce que je suis parti ? Pour parvenir où ? » 

Ce principe de cohérence est d’autant plus essentiel que la dissertation repose sur une logique démonstrative. Pensez aussi à confronter les points de vue, les textes entre eux : c’est de cette façon que vous enrichirez votre raisonnement, que vous nuancerez vos prises de position.

Pour les sujets qui comportent une thèse à discuter, le plan sera évidemment dialectique (thèse validée/discutée/réajustée = certes/mais/en fait). Évitez à ce titre le plus possible les avis trop tranchés [voir supra : « Une trop grande implication personnelle »]. N’oubliez pas qu’il s’agit d’examiner une problématique : confronter ne veut pas dire nécessairement opposer, mais plus simplement comparer, c’est-à-dire mettre en relation plusieurs approches dans un esprit de curiosité intellectuelle et de tolérance. À ce titre, de moins en moins nombreux sont les candidats qui pensent à utiliser les tournures interro-négatives ou concessives : c’est dommage car elles offrent l’avantage de nuancer subtilement certaines prises de position :

Ne convient-il pas de se demander si la poésie n’a de fonction qu’esthétique ? N’a-t-elle pas aussi un rôle social à jouer dans la société ? (tournure interronégative)

Si l’on ne peut nier la fonction esthétique de la poésie, il importe en revanche de souligner son rôle politique au sein de la société… (tournure concessive)

Afin de guider le correcteur dans votre parcours argumentatif, n’oubliez pas enfin d’utiliser les connecteurs logiques ainsi que les tournures de transition. De fait, il ne faut jamais enchaîner les arguments en se contentant de juxtaposer les idées entre elles. 


9.  LA STRUCTURE DU PARAGRAPHE : le principe de l’unité de sens

Le paragraphe argumentatif doit obéor à une structure dite « déductive » : idée -> exemple -> déduction.

  1. Annoncer l’idée (au moyen d’un connecteur logique marquant la relation au paragraphe précédent). En premier lieu, vous devez présenter l’idée directrice en une ou deux phrases succinctes dans un souci de clarté. Il faut qu’en vous lisant le correcteur (et n’importe quel lecteur) puisse répondre spontanément à la question : « De quoi est-il question dans ce paragraphe ? » Il s’agit en effet pour le candidat de se situer précisément par rapport à d’autres points de vue en énonçant une pensée dont la vérité sera soutenue par le raisonnement. Votre formulation se doit donc d’être précise et claire. Vous lirez ici et là que l’annonce de l’idée principale ne doit pas se situer forcément au début. Certains en effet placent l’idée au milieu voire à la fin du paragraphe. Cela dit, il me paraît souhaitable de respecter la règle selon laquelle tout paragraphe argumentatif commence par l’annonce de l’idée dont découle une déduction à la suite d’un raisonnement. Cette structure est certes un peu rigide mais elle permet d’éviter les maladresses de méthode.

    CONSEIL N’oubliez pas le connecteur logique en début de paragraphe ! Il sert à établir une continuité avec le paragraphe précédent. Cela permet de situer l’argument dans le fil de la réflexion globale.
  2. Développer l’idée. C’est la phase d’approfondissement et d’explicitation : de fait, il est très maladroit de trouver dans certaines copies un argument certes pertinent, mais qui n’est pas développé. D’où une impression de superficialité, puisque le lecteur n’a pas pu suivre et donc comprendre votre logique démonstrative. Avant de passer à l’exemple, il est donc impératif d’étayer l’idée annoncée. N’oubliez pas qu’une idée n’arrive pas « d’un coup » : elle est le fruit d’un processus, d’un travail spécifique que le candidat élabore progressivement en utilisant son intelligence et ses connaissances. Derrière les mots, c’est donc d’abord un raisonnement logique que vous devez mettre en valeur.

    REMARQUE : Un développement bien mené doit rester clair et éviter les digressions inutiles pour ne pas perdre le lecteur !

  3. Illustrer l’idée. C’est la fonction des exemples. Vous ne devez pas les multiplier afin d’éviter l’impression de « catalogue » que présentent certaines mauvaises copies : quelques exemples bien ciblés et rattachés à la problématique sont préférables à une succession d’exemples qui feraient perdre au paragraphe son unité de composition et de sens. Pensez à développer votre exemple : soyez tout d’abord précis dans vos références (titre de l’oeuvre, numéro de chapitre, référence d’acte, de scène, etc.) ; commentez, même brièvement l’exemple choisi en montrant en quoi il vient illustrer l’argument avancé.

    CONSEIL : Si vous voulez présenter 2 exemples, dont l’un est mal maîtrisé, vous pouvez présenter en premier l’exemple que vous maîtrisez le mieux afin de renforcer d’emblée la crédibilité de votre argument. Vous pouvez ensuite introduire l’autre exemple de manière plus succincte. Dans ce cas, veillez à le traiter avec concision afin de ne pas affaiblir votre raisonnement. Vous pouvez également mentionner d’abord l’exemple moins abouti pour ensuite approfondir l’analyse avec celui que vous maîtrisez mieux.
  4. Déduire. Il est évidemment recommandé de ne pas achever le paragraphe sur un exemple. Vous devez dans la mesure du possible proposer une déduction qui confirme l’idée annoncée en début de paragraphe et permette ainsi de mieux lier la démonstration à la problématique d’ensemble.

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La structuration d’une partie dans une dissertation

10. L’INTRODUCTION

L’introduction doit être fluide et se lire aisément. Sa longueur ne doit pas excéder une page environ. Elle se compose de trois étapes essentielles : 

  • L’entrée en matière
  • L’annonce du sujet et la définition d’une problématique
  • L’annonce du plan

10-1 L’entrée en matière

Appelée également « amorce », « accroche » ou « préambule », elle a pour but d’éveiller l’intérêt du lecteur et de susciter sa curiosité intellectuelle. Plus fondamentalement, l’entrée en matière doit amener à situer le cadre du sujet.

10-1-1 L’accroche par citation

Utiliser une citation d’un auteur reconnu afin douvrir sur le thème de la dissertation confère de la légitimité à votre propos et permet d’ouvrir sur une réflexion déjà amorcée par un penseur ou un écrivain célèbre. L’accroche par citation peut se révéler très utile à la condition bien entendu que la citation ait un rapport étroit avec le sujet. À ce titre, on n’introduit jamais (sauf cas très particulier) une citation à commenter ou à discuter par une autre citation : ce serait d’une extrême maladresse. Il y a une manière de citer. De nombreux candidats éprouvent toujours des difficultés dans leur façon d’amener la citation.

Considérons par exemple cette phrase d’accroche : « La poésie est l’étoile » (V. Hugo). Nous allons réfléchir aux fonctions de la poésie. Cela ne convient évidemment pas. De plus, la citation n’est pas mise en valeur. On pourrait imaginer une entrée en matière de ce type : « Dans un texte célèbre, Victor Hugo, chef de file des Romantiques, assigne à la poésie la mission de guider les hommes : « La poésie est l’étoile » écrit-il. De fait, la poésie… »

Conseil : Si l’accroche par citation est souvent pertinente, il faut veiller cependant à ne pas faire de commentaire de cette citation qui amènerait à perdre complètement de vue le sujet !

10-1-2 L’accroche par analogie

Elle consiste à s’appuyer sur une ressemblance entre un autre cas et la situation à traiter selon un principe de spécification. Il y aura donc similitude entre deux situations où les connaissances relatives à l’une sont en partie transférées à l’autre. Dans les exemples qui suivent, l’accroche par analogie est couplée à l’accroche par citation :

|Objet d’étude : le roman : Poésie → roman| Dans un essai célèbre sur Victor Hugo, Baudelaire affirme du poète que c’est « un traducteur, un déchiffreur ». Ces propos nous semblent parfaitement s’appliquer au romancier…

10-1-2 L’accroche par énumérations ou questionnements

Elle part souvent d’anecdotes* ou d’exemples* à valeur factuelle (énoncés de faits, d’événements tirés de l’actualité, d’œuvres, etc.) amenant au questionnement suggéré par le sujet. Sa démarche est donc inductive : alors que le raisonnement déductif dérive d’une règle générale, l’approche inductive va tenter au contraire d’amener à une problématique générale à partir d’informations partielles, ou d’énumération de cas particuliers, d’exemples, de faits.

La passion est-elle une fatalité ? Peut-on même comprendre une passion ? la maîtriser ? |questionnements| Le philosophe Alain, en réponse à ces questions, apporte dans ses Propos sur le bonheur une réponse paradoxale qui montre autant la grandeur que la misère de l’homme passionné : « Ma passion, c’est moi et c’est plus fort que moi » écrit-il. Quel sens donner à cette formule, expression d’une conscience autant que d’une défaillance personnelle ?

Orgueil, humilité, amour, haine… |énumération| Nos passions, bien plus que la raison, régissent souvent nos pensées et nos actes au point de déterminer notre rapport au monde. A ce titre, le philosophe Alain n’hésite pas à affirmer dans ses Propos sur le bonheur  : « Ma passion, c’est moi et c’est plus fort que moi ». Quel sens donner à cette formule, expression d’une conscience malheureuse autant que d’une défaillance personnelle ?

L’anecdote : utiliser une anecdote en accroche consiste à raconter brièvement une situation concrète en lien avec le sujet. Cela permet d’amener de façon vivante le sujet, en créant un lien émotionnel avec le lecteur et en contextualisant l’enjeu de la réflexion. Attention cependant : il conviendra d’être très prudent si vous partez d’une anecdote ou d’exemples, dans la mesure où l’orientation argumentative d’un passage narratif ou descriptif peut se révéler des plus hasardeuses si elle n’est pas maîtrisée. Par son rôle interactif et déclencheur, une anecdote fictive ou autofictive peut s’avérer néanmoins utile dans les discours, les lettres argumentatives, les écritures personnelles (type BTS), etc. car elle a le mérite d’impliquer le destinataire et de mettre en place la discussion. Elle est plutôt à éviter dans une dissertation littéraire ou philosophique.

Les questions rhétoriques : poser plusieurs questions peut susciter l’intérêt, inciter à la réflexion et préparer le terrain pour la problématique. « Dans un monde en pleine mutation, la liberté individuelle est-elle compatible avec les exigences de la vie collective ? » Accroche par questionnements : Est-il possible d’allier le droit à l’indépendance et le devoir de vivre ensemble ? Peut-on harmoniser le besoin de liberté personnelle avec l’impératif de responsabilité sociale ? De fait, particulièrement de nos jours, se pose la difficulté de concilier l’épanouissement individuel et le respect des engagements envers autrui. Ainsi, une question se pose : Dans notre monde en pleine mutation, la liberté individuelle est-elle compatible avec les exigences de la vie collective ?

Le fait historique ou la statistique marquante : commencer par un événement historique ou une donnée chiffrée frappante en lien avec le sujet présente l’avantage d’ancrer le propos dans la réalité et montre la pertinence du sujet à travers le temps ou dans la contemporanéité.Exemple : « En 1789, la Révolution française a bouleversé non seulement l’ordre social, mais aussi la conception de la liberté. C’est ainsi qu’Olympe de Gouges… »

La définition : elle consiste à proposer dès le départ la définition d’un terme-clé du sujet, surtout lorsque ce terme peut prêter à diverses interprétations. Cela clarifie immédiatement le cadre de la réflexion et montre que vous avez identifié l’enjeu sémantique du sujet. Exemple : « La raison, considérée comme la capacité qu’a l’humain de réfléchir par lui-même, sans se laisser déterminer aveuglément par les préjugés, est au cœur de la pensée d’Olympe de Gouges. De fait, … »

10-1-4 L’accroche en allant du général au particulier.

Construire une accroche en allant du général au particulier consiste à partir d’un cadre large pour progressivement orienter l’attention du lecteur vers votre sujet spécifique. Basée sur le raisonnement déductif, elle consiste à partir d’un principe universel ou d’un énoncé volontairement général duquel on pourra dégager un enjeu afin d’amener progressivement le sujet à traiter.

Prenons l’exemple de ce sujet de dissertation de culture générale : « La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population. » Vous commenterez et au besoin discuterez cette affirmation de Pierre Bourdieu (Sur la télévision). Pour réussir l’accroche, il ne faut pas partir du « général » mais du « particulier » (la télévision) et remonter progressivement vers le général :

  • la télévision
  • ensemble plus large : la TV fait partie des médias, des moyens d’information et de communication
  • Ces moyens se sont largement développés pendant les Trente glorieuses avec l’avènement d’une société de consommation.

Il suffit ensuite d’inverser l’ordre en allant du général au particulier (3 puis 2 puis 1) : « L’avènement d’une société de consommation de masse particulièrement sous les Trente Glorieuses (3) a bouleversé l’équilibre des systèmes d’information et de communication (2) au premier rang desquels figure la télévision : n’est-elle pas devenue un véritable phénomène de société ? À ce titre, le sociologue Pierre Bourdieu affirmait… »

Autre exemple de sujet : « Comment concilier la quête de liberté personnelle avec les impératifs de solidarité et de responsabilité sociale ? »

Dans un monde en constante mutation, l’être humain est continuellement confronté à des choix qui définissent son existence à la fois individuellement et collectivement. La liberté, tantôt perçue comme un idéal absolu, tantôt remise en question par les nécessités de la vie collective et du vivre ensemble, a toujours été au cœur des débats philosophiques et moraux. Pourtant une question s epose : dans notre époque moderne, où les droits individuels sont largement reconnus, comment concilier la quête de liberté personnelle avec les impératifs de solidarité et de responsabilité sociale ? Telle est la problématique que nous explorerons dans cette dissertation. »

Autre exemple d’accroche allant du général au particulier :

Sujet : En 1796, on peut lire dans l’Avant-propos du Néologiste français le texte suivant : « Rien de plus naturel que de voir une grande nation, qui tend à rompre des chaînes et à se régénérer, dans l’effervescence du bouleversement général, enfanter à tout instant des idées nouvelles, qui demandent à leur tour des mots neufs pour les exprimer.» En quoi cette affirmation vous semble-t-elle éclairer votre lecture de la Déclaration des droits de la ferme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges ?

« Dans les périodes de grands bouleversements, l’effervescence d’idées nouvelles semble inévitablement s’accompagner d’une transformation du langage, outil indispensable à l’expression d’un renouveau social et politique. Particulièrement à l’époque révolutionnaire, alors que l’Ancien Régime se délite sous le poids des aspirations à la liberté et à l’égalité, la nation se retrouve en quête d’un renouveau linguistique capable de traduire ses rêves d’émancipation. C’est ainsi que dans l’avant-propos du Néologiste français paru en 1796, il est affirmé : « … ».
_

Conseils :
– Ne partez pas de considérations qui, trop éloignées du sujet, en rendraient difficiles la compréhension.
– Lors de la contextualisation, ne rentrez pas dans des détails n’ayant aucun lien avec le sujet et qui déboucheraient sur une sorte d’exposé ou de commentaire à n’en plus finir sur le contexte historique, social, littéraire, etc.

10-2 L’annonce du sujet et la définition d’une problématique

Cette deuxième étape est essentielle puisqu’elle amène à poser la question à laquelle votre devoir va répondre. D’abord, vous devez rappeler l’intitulé du sujet. Si le sujet est une citation à discuter, vous devez la réécrire telle quelle, sans modification. Dans le cas où la citation serait très longue, vous pouvez la condenser en ne citant que les passages clés. Attention à bien relier cette étape avec l’entrée en matière. Rien n’est plus maladroit qu’un sujet annoncé sans lien avec l’accroche. Par ailleurs, n’hésitez pas à reformuler (brièvement, de façon claire et concise) le sujet afin de fournir un éclaircissement.

Prenez par exemple ce sujet de discussion : « Au début de son roman Aden-Arabie (1931), l’écrivain Paul Nizan affirme : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » Vous discuterez ces propos ». Au-delà de sa dimension polémique (la dénonciation de la culture bourgeoise), ce sujet amène en fait à une réflexion sur la jeunesse. La citation de Nizan pourrait être reformulée ainsi : « Remplie de doutes, de révolte, de désirs parfois contradictoires, cette étape de la vie qu’est la jeunesse est considérée par Paul Nizan comme l’âge des désillusions ». La reformulation s’avère ici essentielle. Elle conduit à la problématisation : « Problématiser » un sujet signifie montrer en quoi le sujet légitime un questionnement proposé à la réflexion, et rendant nécessaire la recherche d’une solution. La problématisation implique donc un enjeu, une mise en perspective critique.

Conseil : Évitez à tout prix de réduire le sujet à un banal questionnement qui n’amènerait à aucune réflexion, à aucun enjeu.
– EAF, CPGE : vous devez rappeler l’œuvre (ou les œuvres en CPGE) au programme ! 

10-3 L’annonce du plan

C’est évidemment une étape incontournable puisqu’il s’agit pour le candidat d’annoncer la manière dont il va traiter le sujet, en lien avec la problématique. À ce titre, je vous recommande de ne pas rentrer dans le détail des arguments. Annoncez synthétiquement les grands axes de votre réflexion. « Il faut veiller, lors de cette étape, à être le plus clair possible, et cet impératif de clarté passe souvent par l’emploi d’un vocabulaire simple et précis, ainsi que par un choix judicieux des connecteurs logiques qui jalonnent l’annonce des différentes parties

Les qualités d’un bon plan

L’introduction ne doit pas comporter de longues phrases ET SURTOUT PAS D’EXEMPLES. De même, votre plan doit être un PLAN D’IDÉES et PAS un plan d’exemples. Il a pour but de présenter au lecteur de manière claire et synthétique les grandes lignes du raisonnement.

Ce qui pose le plus de difficultés aux candidats est d’organiser leur plan autour d’idées. Bien souvent, comme dans le commentaire, ce sont malheureusement les exemples qui président à l’élaboration du parcours démonstratif, de là des paragraphes très plats, reposant sur des faits et non des arguments. Je vous rappelle l’une des règles essentielles de la dissertation : à savoir que vous devez structurer chacune des parties autour de deux ou trois arguments en partant de l’argument le plus évident (le moins important) pour arriver à l’idée la plus essentielle à vos yeux. 

11. LA CONCLUSION

Elle se doit d’être brève et synthétique. Elle comporte en général deux étapes :

  1. Le bilan. À la différence de l’introduction qui va du général au particulier, la conclusion va toujours du particulier au général. Dans le bilan, il ne s’agit pas de rappeler les étapes du raisonnement, ce qui vous amènerait à d’inévitables redites, mais les résultats auxquels vous êtes parvenu au terme de votre démonstration. Rappelez-vous que la ou les questions posées par la problématique dans l’introduction doivent trouver en conclusion leur réponse. Plus subtilement, il vous faut mettre l’accent sur la démarche ayant permis de répondre à la problématique posée : « Où est-ce que je suis parvenu par rapport à l’introduction ? » La conclusion doit donc vous amener à une prise de position.

  2. L’ouverture (ou élargissement). Cette question fait souvent débat : est-il utile d’ouvrir les perspectives par un nouveau questionnement, sans tomber dans des considérations qui n’auraient plus aucun rapport avec le sujet ? Oui, à la condition que ce questionnement ait une légitimité, une justification. Or, force est de reconnaître que beaucoup de conclusions débouchent sur des élargissements peu probants d’un point de vue intellectuel, ce qui est pénalisant, particulièrement en fin de devoir : si vous manquez d’inspiration, je vous recommande donc de ne pas élargir. Certes, il est possible d’ouvrir une perspective, mais en restant dans les limites de la problématique posée, au risque de laisser le correcteur sur une mauvaise impression.

Copyright © janvier 2010, Bruno Rigolt. Dernière révision du texte : février 2025.

NOTES
1. Francine Thyrion, La Dissertation : Du lieu commun au texte de réflexion personnelle, éd. De Boeck, Bruxelles 2006, p. 6
2. Voir en particulier ce site : Anagnosis Lettres & classiques.
3. Jacques Deguy, Christian Leroy, Paul Renard, Christian Leroy… [et al.] ; sous la direction d’Yves Baudelle, Dissertations littéraires générales, Paris 2005, Armand Colin « Coll. Cursus », page 13. Une nouvelle édition est sortie en 2014 (notice éditeur).
4. Hervé Bismuth, Martine Jacques, Hélène Monnot, La Dissertation littéraire et ses enjeux. Parcours méthodologique. 2011, Éditions Universitaires de Dijon, page 75. 


Même s’il s’agit d’un ouvrage portant sur la dissertation économique, je vous recommande de lire en particulier les pages 12 à 17 de l’ouvrage de Jean-Luc Dagut, Modèles de dissertations d’économie, remplies de conseils pratiques.

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Méthodologie de la fiche de lecture… Tous niveaux…

           

La Fiche de lecture…

Méthodologie de l’exercice

Que vous soyez lycéen(ne) ou étudiant(e), vous aurez à rédiger des « fiches de lecture ». L’exercice consiste à rendre compte (d’où l’expression parfois employée de « compte-rendu de lecture ») de manière concise et synthétique d’un ouvrage. Ce support de cours expose les règles importantes et la méthode que vous devrez respecter.

Le titre du livre, sa date de publication et de réédition

Rappelez le titre de l’œuvre, la date de première publication. Mentionnez précisément l’édition que vous avez utilisée pour réaliser votre fiche de lecture. Par exemple :

La Cantatrice chauve (1950)
(Édition Folio Gallimard, 1986)

L’auteur (5 à 10 lignes)

Vous devrez succinctement présenter l’auteur : ne vous perdez pas dans les détails. De fait, il est inutile de recopier des notices biographiques ou bibliographiques trop longues, qui n’auraient aucun intérêt. Concentrez-vous sur l’essentiel. Par exemple, les détails biographiques n’ont de valeur que s’ils permettent d’éclairer l’œuvre. De même, il serait insensé de mentionner l’ensemble des ouvrages rédigés par un écrivain : quatre à cinq titres représentatifs sont préférables à une liste interminable !

L’histoire (15 à 20 lignes)
(Cette partie n’est évidemment pas à traiter dans le cas d’un essai, d’un ouvrage didactique, etc.)

Vous devez résumer l’histoire en vous concentrant sur l’essentiel. En premier lieu, votre résumé doit être équilibré : il arrive que des étudiants, ayant consacré trop de place à la première partie d’un roman par exemple, négligent carrément la deuxième partie. C’est évidemment très maladroit. De même, certains omettent, parfois volontairement, de résumer la fin ! N’oubliez pas que votre objectif n’est pas de rédiger un texte d’accroche (comme sur une « quatrième » de couverture) suscitant l’envie de lire un livre mais de vous aider à vous remémorer l’histoire, du début jusqu’à la fin. Par ailleurs, ne résumez jamais page par page : cela vous amènerait non seulement à faire de la paraphrase mais à relever des détails certes importants dans un passage mais insignifiants ou superflus au niveau de l’histoire globale : cherchez plutôt à rendre compte des grandes étapes du récit. Votre résumé sera dans la mesure du possible au présent de narration.

La structure du récit (2 à 3 lignes)

Inutile de rappeler l’histoire bien sûr. En revanche, mentionnez brièvement sur quelle durée s’étend la narration : on n’analysera pas de la même façon une nouvelle et un roman, une histoire qui se déroulerait sur une seule journée (par exemple Cosmopolis de l’écrivain américain Don DeLillo) et un récit qui s’étendrait sur plusieurs années (ainsi Une Vie de Maupassant qui retrace le destin douloureux de l’héroïne depuis l’âge de dix-sept ans jusqu’à quarante-six ans).

Le sujet du livre (5 à 10 lignes)

Le sujet n’est surtout pas à confondre avec l’histoire. Il s’agit d’expliquer le problème posé par le livre, c’est-à-dire ce qui fait l’intérêt, l’enjeu (social, historique, littéraire, politique, etc.) de la narration. Par exemple, l’histoire des mineurs dans un roman naturaliste comme Germinal amène à s’interroger sur les conditions de vie et de travail sous le Second Empire, le machinisme et la révolution industrielle, la lutte des classes, les déterminismes sociaux, etc.

Les thèmes

Mentionnez-les brièvement, sans rentrer dans les détails :

  • …
  • …
  • …
  • …
  • …

Les personnages principaux

Trois à cinq lignes par personnage important : portrait physique et caractéristiques morales, intellectuelles, évolution de la personnalité, etc. Il est important de relever ces détails pendant la lecture du livre en notant précisément les numéros de pages, afin de vous y référer facilement lorsque vous rédigerez la fiche de lecture ou ultérieurement, si vous avez besoin de travailler sur le livre. Ne mentionnez les personnages secondaires que s’ils présentent un intérêt particulier.

Le décor (5 à 8 lignes)

Le décor dans un roman est évidemment essentiel. La description des lieux peut avoir une fonction référentielle et documentaire importante permettant de mieux comprendre le fonctionnement de la société, d’une famille, etc. De même, le décor participe souvent à la construction du personnage, à la structuration de l’histoire. Dans Germinal par exemple, le décor a une fonction référentielle (informations précises sur les milieux sociaux, les conditions de travail, etc.) et une forte dynamique symbolique (ainsi la présentation du « Voreux » (la mine) qui semble littéralement « dévorer » les ouvriers). Là encore, indiquez quelques pages caractéristiques.

La tonalité et l’atmosphère (5 à 8 lignes)

Il s’agit de mettre l’accent sur les registres employés par l’auteur afin de créer une atmosphère particulière, et donc de produire des effets sur le lecteur : par exemple, une atmosphère réaliste, un registre comique, épique, merveilleux, fantastique, etc.

Le style (10 à 20 lignes)

Il est important d’étudier le style d’un ouvrage, particulièrement si celui-ci est « littéraire ». Relevez les moyens d’expression employés, les figures de style, intéressez-vous au choix du lexique, aux caractéristiques de la syntaxe, à la manière spécifique d’écrire de tel ou tel écrivain. Faites évidemment des citations de passages que vous trouvez représentatifs (en notant les numéros de page). Attention : dans le cas d’un écrit littéraire, c’est évidemment une partie fondamentale du travail puisqu’elle permet de mieux appréhender les caractéristiques d’un genre, ou de mieux saisir la dimension esthétique d’une œuvre en la rattachant par exemple à un mouvement culturel.

La place de l’œuvre (5 à 8 lignes)

Certaines publications ont « marqué » leur temps ou fait débat : il est donc essentiel de mentionner la place de l’ouvrage, de le situer par rapport à d’autres livres abordant une même problématique (intertextualité), etc. Par exemple, quand Jean Anouilh réécrit en 1944 le mythe antique d’Antigone, il faut relever la rupture introduite par la pièce avec la tragédie grecque de Sophocle. De même, il peut être important de replacer le livre dans son contexte (historique, social) afin de mieux mettre en évidence les enjeux de la publication. Ainsi la série Harry Potter par exemple est intéressante d’un point de vue sociologique car les publications ont constitué un phénomène éditorial et marketing sans précédent touchant à la fois les adolescents et les adultes.

Avis personnel et citations (5 à 10 lignes)

Votre appréciation sur l’œuvre, pour être vraiment probante, se doit d’être étayée par un jugement fondé et objectif. Les avis non motivés, ou purement subjectifs, dénués de nuance n’ont aucun intérêt. Enfin, relevez impérativement quelques phrases que vous avez particulièrement aimées (en indiquant les numéros de page). Vous pouvez également mentionner dans cette partie les chapitres les plus essentiels et leur donner un titre afin de vous en souvenir plus facilement.

Le BTS 2009… Premiers éléments d'analyse…

C’est donc la question du détour qui a été posée à la session 2009 du BTS, et ce choix constitue sans nul doute le plus grand démenti qu’on puisse opposer aux rumeurs qui voulaient que l’épreuve ne porte systématiquement que sur le thème reconduit…
Vous avez été un très grand nombre à vous connecter sur ce site les 13 et 14 mai (4968 connexions en deux jours !), et j’espère de tout cœur que vous aurez eu la sagesse de relire les articles que j’ai consacrés tout au long de l’année au détour, d’autant plus que dans deux supports de cours (le hasard faisant bien les choses), j’avais abordé explicitement deux textes du corpus (Balandier et Brisseau). Pour les autres, plus malchanceux, quelles que soient vos appréhensions, ne vous découragez surtout pas et donnez le meilleur de vous-même pour les épreuves orales qui sont évidemment déterminantes.
Je profite de cet article pour adresser un remerciement très chaleureux à toutes mes étudiantes de deuxième année : que de chemin parcouru ensemble ! Que soient également remerciés les très nombreux visiteurs qui m’ont adressé des messages de sympathie pour le travail accompli dans ce blog.

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arrow.1242450507.jpg Analyse du corpus

Le corpus ne comportait pas de document iconographique. On pourra déceler dans ce parti pris un recentrage, perceptible depuis quelque temps, sur la dimension proprement textuelle et littéraire de l’épreuve.

arrow.1242450507.jpg Le document 1 était extrait d’un essai de Georges Balandier, le Détour, Pouvoir et modernité que j’avais d’ailleurs largement évoqué dans l’article intitulé Vers une sociologie du détour. Paru en 1985, cet ouvrage en appelle à une rupture épistémologique qui pose le détour comme nouveau « contrat social », seule réponse valable aux errements de notre modernité. Dans le passage présenté, le regard anthropologique de Georges Balandier suggère la méthode : voir ailleurs, connaître différemment, et ne pas juger le détour de façon réductrice et forcément sclérosante du fait de nos représentations. S’inspirant d’exemples fameux de la Grèce antique ou de la pensée militaire dans la Chine ancienne (peut-être avez-vous pensé à l’article consacré à la stratégie du détour chez Sun Tzu…) l’auteur se livre à un véritable plaidoyer de la ruse. S’il rappelle qu’elle constitue certes une « tromperie », c’est pour saluer aussitôt le pragmatisme, la raison et finalement l’intelligence de celui qui sait en faire usage. Par définition, la stratégie est donc à situer au premier plan d’une réflexion qui se fonde sur la ruse, le contournement de l’obstacle, la médiation par opposition à la violence guerrière.

arrow.1242450507.jpg Le document 2 était un article de Denis Boisseau, « Ne vaut pas le voyage » paru en 2000 (la référence exacte est celle-ci : Le Détour, collectif, revue La Licorne, UFR Langues Littératures Poitiers, Maison des Sciences de l’Homme et de la Société). Si vous êtes un lecteur attentif de ce cahier de texte, il ne vous aura pas échappé que j’avais cité le même passage de cet article en introduction de mon support de cours sur la stratégie du détour chez Sun Tzu. Dans cet extrait, assez court mais dense, Denis Boisseau met à mal les définitions négatives du détour : le détour en effet signerait l’échec d’une volonté droite ; le plus sommaire serait d’y voir un aveu de faiblesse, une preuve d’impuissance ». L’auteur explique pourquoi une telle considération repose en fait sur l’illusion : « Si l’homme efficace va droit au but, ce n’est pas parce qu’il est surpuissant mais bien parce qu’il […] sait choisir le meilleur détour -et donc aussi le « meilleur » raccourci-, il invente une meilleure réponse, il ne va pas tout droit, mais il bifurque à temps ». Le détour est donc une ruse intelligente contre l’ordre appauvrissant et sclérosant du monde, constitué d’utilitarisme et de vue à court terme.

arrow.1242450507.jpg La fable de La Fontaine, « Le Renard et le Bouc » opposait précisément à la courte vue du bouc, le stratagème du renard. Cet apologue classique était donc très illustratif de la ruse. Si la morale finale, aussi courte que sèche (« En toute chose il faut considérer la fin »), stigmatise le manque d’expérience, la naïveté voire la bêtise du bouc, elle ne légitime pas pour autant la tromperie du renard. Ce serait en effet se méprendre sur les intentions du fabuliste que d’interpréter le texte comme une légitimation du cynisme. Il faut plutôt voir dans la morale (peu édifiante) de la fable un appel à la lucidité et à la raison : si les plus hauts placés dans la hiérarchie de l’intelligence abusent ainsi des plus faibles et des plus démunis, c’est qu’ils en connaissent la vulnérabilité. La fable a donc valeur d’avertissement. L’immaturité, le manque de discernement, la crédulité sont autant de défauts des dupés et des sots ! Leur ignorance et leur bêtise sont à stigmatiser autant, sinon plus, que la malignité des trompeurs qui invite d’abord à la prudence et à la réflexion.

arrow.1242450507.jpg C’était d’ailleurs tout le sens du texte de Jacques Attali, extrait de l’essai Chemins de Sagesse, Traité du Labyrinthe (1996). Le passage présenté proposait une analyse intéressante et relativement simple à comprendre sur la symbolique du labyrinthe. Pour l’auteur en effet, se perdre c’est se retrouver à la condition de faire preuve de sagacité, d’intelligence, de perspicacité. Comme le chasseur aux aguets, celui qui veut sortir du labyrinthe commence par en apprivoiser l’environnement. Les trous d’ombre, les pièges, le mouvant, l’imprévu sont autant de signes qu’il faut savoir écouter et déchiffrer pour se repérer. On aura compris qu’il s’agit évidemment pour Jacques Attali d’une métaphore pour mieux appréhender notre modernité. Dans le « labyrinthe » de la société moderne, l’homme raisonnable doit réapprendre l’intelligence de la ruse. Loin d’être une faiblesse et un mensonge, la ruse est au contraire au cœur même d’une démarche initiatique confrontant l’homme d’aujourd’hui aux illusions de la modernité : pour trouver le bon chemin, il lui faut montrer la sagesse rusée de sa volonté.

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Concernant cette première analyse des documents, je me garderai bien pour le moment de suggérer un quelconque corrigé (*), tant les propositions peuvent différer et rassurer autant qu’inquiéter inutilement. Au niveau de la problématisation de ce corpus, il fallait évidemment rapprocher le thème du détour de son usage par la ruse. Par rapport aux illusions du rationalisme qui se satisfait aveuglément du chemin direct, le détour amène à une dimension beaucoup plus pragmatique et subtile. Les exemples du corpus, empruntés souvent à la mythologie, à la stratégie militaire, ou à l’histoire de la pensée n’avaient d’autre but que de conduire progressivement le candidat à une réflexion critique sur les dérives de notre modernité qui, abusée par la course à la performance, en oublie la réflexion et le discernement. En marge de ce questionnement, les textes soulevaient implicitement la question morale de l’éthique personnelle face aux consignes sociales, à commencer par la légitimité des moyens utilisés pour parvenir à un but. C’était d’ailleurs le sens même du travail d’écriture personnelle qui vous était ensuite proposé.

arrow.1242450507.jpg L’écriture personnelle

Le sujet posé était le suivant : « Selon vous, l’important est-il d’arriver à ses fins, quel que soit le détour utilisé ? » Par rapport à la synthèse, le sujet était sensiblement plus abordable : il amenait en effet à un problème d’ordre moral connu : la « fin » justifie-t-elle les moyens ? Si « l’honnête homme » semble par définition désintéressé, il n’en demeure pas moins qu’il peut se faire gruger par excès de faiblesse, par manque de lucidité ou de perspicacité. Comme le suggère La Fontaine, l’innocence n’est pas forcément une qualité suffisante. Toute la question réside dans le jugement que nous portons alors sur une action : faut-il prendre en compte les moyens pour juger la fin ? Doit-on en effet condamner la ruse, la dissimulation, la tromperie par exemple, sous prétexte qu’elles ne sont pas compatibles avec l’éthique et la morale ? Le sujet invitait cependant à faire preuve d’une certaine retenue : au machiavélisme il fallait préférer la sagesse de Confucius, ou « l’art de la guerre » de Sun Tzu par exemple. Comme le suggéraient Attali ou Balandier, la ruse n’a de sens que dans la mesure où elle satisfait aux exigences d’une éthique comportementale, qui porte sur des valeurs, et particulièrement des valeurs humanistes permettant à l’homme, par la raison et l’intelligence, de donner un sens légitime à ses actes.

(*) pour accéder au corrigé de la synthèse, cliquez ici.

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De nouveau, je vous rappelle qu’il ne s’agit que de remarques personnelles, formulées « à chaud » quelques heures seulement après l’examen. Les jurys de correction savent très bien que les difficultés éprouvées par certain(e)s  face au thème choisi ne sauraient sous-estimer d’autres indices d’appréciation, tout aussi déterminants. Une attention particulière sera évidemment portée à des critères comme les efforts de méthode, la présentation et la problématisation du corpus, la construction d’un plan acceptable, le travail sur l’expression et le style, l’exploitation des documents et de la culture générale dans l’écriture personnelle, etc. Donc surtout pas de découragement, quels que soient vos sentiments, par définition subjectifs sur ce qu’il aurait fallu faire… ou ne pas faire ! Poursuivez avec sérieux vos entraînements pour l’épreuve orale.
Une fois encore, bon courage à toutes et à tous !
Bruno Rigolt, Lycée en Forêt (Montargis, France)

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arrow.1242450507.jpg En annexe : les textes du corpus

Poursuivre la lecture de « Le BTS 2009… Premiers éléments d'analyse… »

Le BTS 2009… Premiers éléments d’analyse…

C’est donc la question du détour qui a été posée à la session 2009 du BTS, et ce choix constitue sans nul doute le plus grand démenti qu’on puisse opposer aux rumeurs qui voulaient que l’épreuve ne porte systématiquement que sur le thème reconduit…
Vous avez été un très grand nombre à vous connecter sur ce site les 13 et 14 mai (4968 connexions en deux jours !), et j’espère de tout cœur que vous aurez eu la sagesse de relire les articles que j’ai consacrés tout au long de l’année au détour, d’autant plus que dans deux supports de cours (le hasard faisant bien les choses), j’avais abordé explicitement deux textes du corpus (Balandier et Brisseau). Pour les autres, plus malchanceux, quelles que soient vos appréhensions, ne vous découragez surtout pas et donnez le meilleur de vous-même pour les épreuves orales qui sont évidemment déterminantes.
Je profite de cet article pour adresser un remerciement très chaleureux à toutes mes étudiantes de deuxième année : que de chemin parcouru ensemble ! Que soient également remerciés les très nombreux visiteurs qui m’ont adressé des messages de sympathie pour le travail accompli dans ce blog.

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arrow.1242450507.jpg Analyse du corpus

Le corpus ne comportait pas de document iconographique. On pourra déceler dans ce parti pris un recentrage, perceptible depuis quelque temps, sur la dimension proprement textuelle et littéraire de l’épreuve.

arrow.1242450507.jpg Le document 1 était extrait d’un essai de Georges Balandier, le Détour, Pouvoir et modernité que j’avais d’ailleurs largement évoqué dans l’article intitulé Vers une sociologie du détour. Paru en 1985, cet ouvrage en appelle à une rupture épistémologique qui pose le détour comme nouveau « contrat social », seule réponse valable aux errements de notre modernité. Dans le passage présenté, le regard anthropologique de Georges Balandier suggère la méthode : voir ailleurs, connaître différemment, et ne pas juger le détour de façon réductrice et forcément sclérosante du fait de nos représentations. S’inspirant d’exemples fameux de la Grèce antique ou de la pensée militaire dans la Chine ancienne (peut-être avez-vous pensé à l’article consacré à la stratégie du détour chez Sun Tzu…) l’auteur se livre à un véritable plaidoyer de la ruse. S’il rappelle qu’elle constitue certes une « tromperie », c’est pour saluer aussitôt le pragmatisme, la raison et finalement l’intelligence de celui qui sait en faire usage. Par définition, la stratégie est donc à situer au premier plan d’une réflexion qui se fonde sur la ruse, le contournement de l’obstacle, la médiation par opposition à la violence guerrière.

arrow.1242450507.jpg Le document 2 était un article de Denis Boisseau, « Ne vaut pas le voyage » paru en 2000 (la référence exacte est celle-ci : Le Détour, collectif, revue La Licorne, UFR Langues Littératures Poitiers, Maison des Sciences de l’Homme et de la Société). Si vous êtes un lecteur attentif de ce cahier de texte, il ne vous aura pas échappé que j’avais cité le même passage de cet article en introduction de mon support de cours sur la stratégie du détour chez Sun Tzu. Dans cet extrait, assez court mais dense, Denis Boisseau met à mal les définitions négatives du détour : le détour en effet signerait l’échec d’une volonté droite ; le plus sommaire serait d’y voir un aveu de faiblesse, une preuve d’impuissance ». L’auteur explique pourquoi une telle considération repose en fait sur l’illusion : « Si l’homme efficace va droit au but, ce n’est pas parce qu’il est surpuissant mais bien parce qu’il […] sait choisir le meilleur détour -et donc aussi le « meilleur » raccourci-, il invente une meilleure réponse, il ne va pas tout droit, mais il bifurque à temps ». Le détour est donc une ruse intelligente contre l’ordre appauvrissant et sclérosant du monde, constitué d’utilitarisme et de vue à court terme.

arrow.1242450507.jpg La fable de La Fontaine, « Le Renard et le Bouc » opposait précisément à la courte vue du bouc, le stratagème du renard. Cet apologue classique était donc très illustratif de la ruse. Si la morale finale, aussi courte que sèche (« En toute chose il faut considérer la fin »), stigmatise le manque d’expérience, la naïveté voire la bêtise du bouc, elle ne légitime pas pour autant la tromperie du renard. Ce serait en effet se méprendre sur les intentions du fabuliste que d’interpréter le texte comme une légitimation du cynisme. Il faut plutôt voir dans la morale (peu édifiante) de la fable un appel à la lucidité et à la raison : si les plus hauts placés dans la hiérarchie de l’intelligence abusent ainsi des plus faibles et des plus démunis, c’est qu’ils en connaissent la vulnérabilité. La fable a donc valeur d’avertissement. L’immaturité, le manque de discernement, la crédulité sont autant de défauts des dupés et des sots ! Leur ignorance et leur bêtise sont à stigmatiser autant, sinon plus, que la malignité des trompeurs qui invite d’abord à la prudence et à la réflexion.

arrow.1242450507.jpg C’était d’ailleurs tout le sens du texte de Jacques Attali, extrait de l’essai Chemins de Sagesse, Traité du Labyrinthe (1996). Le passage présenté proposait une analyse intéressante et relativement simple à comprendre sur la symbolique du labyrinthe. Pour l’auteur en effet, se perdre c’est se retrouver à la condition de faire preuve de sagacité, d’intelligence, de perspicacité. Comme le chasseur aux aguets, celui qui veut sortir du labyrinthe commence par en apprivoiser l’environnement. Les trous d’ombre, les pièges, le mouvant, l’imprévu sont autant de signes qu’il faut savoir écouter et déchiffrer pour se repérer. On aura compris qu’il s’agit évidemment pour Jacques Attali d’une métaphore pour mieux appréhender notre modernité. Dans le « labyrinthe » de la société moderne, l’homme raisonnable doit réapprendre l’intelligence de la ruse. Loin d’être une faiblesse et un mensonge, la ruse est au contraire au cœur même d’une démarche initiatique confrontant l’homme d’aujourd’hui aux illusions de la modernité : pour trouver le bon chemin, il lui faut montrer la sagesse rusée de sa volonté.

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Concernant cette première analyse des documents, je me garderai bien pour le moment de suggérer un quelconque corrigé (*), tant les propositions peuvent différer et rassurer autant qu’inquiéter inutilement. Au niveau de la problématisation de ce corpus, il fallait évidemment rapprocher le thème du détour de son usage par la ruse. Par rapport aux illusions du rationalisme qui se satisfait aveuglément du chemin direct, le détour amène à une dimension beaucoup plus pragmatique et subtile. Les exemples du corpus, empruntés souvent à la mythologie, à la stratégie militaire, ou à l’histoire de la pensée n’avaient d’autre but que de conduire progressivement le candidat à une réflexion critique sur les dérives de notre modernité qui, abusée par la course à la performance, en oublie la réflexion et le discernement. En marge de ce questionnement, les textes soulevaient implicitement la question morale de l’éthique personnelle face aux consignes sociales, à commencer par la légitimité des moyens utilisés pour parvenir à un but. C’était d’ailleurs le sens même du travail d’écriture personnelle qui vous était ensuite proposé.

arrow.1242450507.jpg L’écriture personnelle

Le sujet posé était le suivant : « Selon vous, l’important est-il d’arriver à ses fins, quel que soit le détour utilisé ? » Par rapport à la synthèse, le sujet était sensiblement plus abordable : il amenait en effet à un problème d’ordre moral connu : la « fin » justifie-t-elle les moyens ? Si « l’honnête homme » semble par définition désintéressé, il n’en demeure pas moins qu’il peut se faire gruger par excès de faiblesse, par manque de lucidité ou de perspicacité. Comme le suggère La Fontaine, l’innocence n’est pas forcément une qualité suffisante. Toute la question réside dans le jugement que nous portons alors sur une action : faut-il prendre en compte les moyens pour juger la fin ? Doit-on en effet condamner la ruse, la dissimulation, la tromperie par exemple, sous prétexte qu’elles ne sont pas compatibles avec l’éthique et la morale ? Le sujet invitait cependant à faire preuve d’une certaine retenue : au machiavélisme il fallait préférer la sagesse de Confucius, ou « l’art de la guerre » de Sun Tzu par exemple. Comme le suggéraient Attali ou Balandier, la ruse n’a de sens que dans la mesure où elle satisfait aux exigences d’une éthique comportementale, qui porte sur des valeurs, et particulièrement des valeurs humanistes permettant à l’homme, par la raison et l’intelligence, de donner un sens légitime à ses actes.

(*) pour accéder au corrigé de la synthèse, cliquez ici.

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De nouveau, je vous rappelle qu’il ne s’agit que de remarques personnelles, formulées « à chaud » quelques heures seulement après l’examen. Les jurys de correction savent très bien que les difficultés éprouvées par certain(e)s  face au thème choisi ne sauraient sous-estimer d’autres indices d’appréciation, tout aussi déterminants. Une attention particulière sera évidemment portée à des critères comme les efforts de méthode, la présentation et la problématisation du corpus, la construction d’un plan acceptable, le travail sur l’expression et le style, l’exploitation des documents et de la culture générale dans l’écriture personnelle, etc. Donc surtout pas de découragement, quels que soient vos sentiments, par définition subjectifs sur ce qu’il aurait fallu faire… ou ne pas faire ! Poursuivez avec sérieux vos entraînements pour l’épreuve orale.
Une fois encore, bon courage à toutes et à tous !
Bruno Rigolt, Lycée en Forêt (Montargis, France)

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arrow.1242450507.jpg En annexe : les textes du corpus

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BTS… Bac… Guide de préparation à l'examen : 5 jours pour relever le défi !

Dans quelques jours, les étudiants de BTS vont affronter l’épreuve… Puis ce sera le tour des élèves de Première et de Terminale. Quel que soit votre niveau, lisez attentivement ce guide méthodologique : il vous aide à vous préparer pour l’épreuve. Cinq jours de révisions intensives pour relever le défi de l’examen ? Dites-vous que :

C’EST POSSIBLE !

SE METTRE AU TRAVAIL…

Scénario catastrophe… 8 heures : vous vous réveillez rempli de bonnes résolutions ! Et naturellement vous vous dites qu’aujourd’hui vous allez travailler dur. 9 heures : vous vous mettez devant votre bureau et vous mâchonnez un chewing-gum en regardant pendant vingt minutes vos messages sur Internet… Deux heures plus tard, vous êtes toujours sur votre messagerie en ligne, et vous avez carrément l’esprit qui navigue en haute mer! Evidemment, comme vous êtes angoissé(e) par l’examen, vous vous dispersez et vous n’arrivez pas à vous concentrer… 11 heures : vous grignotez en vous demandant quand sonne midi pour aller manger (quel programme!) Bien sûr vous voudriez travailler avant l’après-midi mais votre esprit s’évade. 14 heures : Pour vous redonner du courage, vous appelez quelques ami(e)s et puis vous acceptez de faire une petite partie de cartes (vraiment la dernière!). 18 heures… Vous n’avez pas avancé mais paradoxalement vous vous sentez fatigué(e), mal dans votre peau, et surtout complètement découragé(e). Sachez que rien n’est plus déprimant que de se dire : « J’aurais dû travailler ». Le travail non réalisé est en fait un refus de voir la réalité en face : on s’installe dans un état d’inertie qui fatigue plus que le travail. Les conséquences sont lourdes pour l’examen : perte de temps, manque d’entraînement, stress, état dépressif…

PAS DE TEMPS À PERDRE !

Premier impératif : planifiez votre travail en vous créant un calendrier de révisions selon un emploi du temps précis et TENEZ-VOUS à ce calendrier. Imposez-vous également le minutage de vos activités afin d’accroître votre rendement. La réussite à votre examen passe en effet d’abord par une bonne maîtrise de la planification des tâches. Dans un article précédent (Emploi du temps : apprendre à planifier son travail) je vous rappelais les avantages de la planification des tâches : elle consiste à gérer son temps de façon “stratégique”, emploidutempsbts.1241757331.jpgc’est-à-dire à visualiser les activités sur une période de temps donnée. Au lieu d’effectuer les tâches jour après jour (donc de façon linéaire sans organisation), on les visualise dans leur intégralité selon un principe de planification stratégique : cela vous permet d’anticiper et de mieux vous projeter dans le temps. Prenez par exemple une grande copie double et faites-vous un calendrier sur cinq jours (très rapidement… Ne passez pas 10 heures dessus évidemment!). Ensuite, faites le point sur vos difficultés, sur les séquences à revoir en priorité, les cours à réapprendre. Une fois que vous avez établi la liste des activités à mener, reportez-les sur votre tableau. Si vous le souhaitez, vous pouvez les « hiérarchiser » en utilisant des codes de couleur : on attribuera par exemple la couleur rouge à toutes les activités nécessitant un lourd investissement. emploidutempseaf.1241769725.jpgOn peut attribuer le code “bleu” aux exercices moins denses et le code “vert” aux travaux qu’on peut effectuer plus rapidement.

L’avantage du calendrier que je vous propose dans ces deux exemples (BTS et EAF) est qu’il offre en effet une bonne adaptation à la fois à l’environnement externe (les tâches que vous devez accomplir pour vous préparer à l’examen) et à vos ressources et vos compétences internes (votre capacité et votre rythme de travail) : en planifiant, vous êtes sûr(e) d’y arriver ! 

LA CHASSE AUX TEMPS MORTS

L’important, quand on est en période de révision intensive, est de fuir la « flânerie » pour gagner en productivité. Il faut donc que vous fassiez la chasse aux temps morts. Même si vous ne disposez que de cinq minutes, cela ne signifie pas que ce laps de temps est inutilisable. Bien au contraire, profitez-en pour effectuer quelques révisions rapides, pour mémoriser du vocabulaire, des définitions, pour retenir quelques citations. Le temps passé dans les transports, les moments d’inactivité ou d’attente représentent plusieurs heures par semaine ! Rentabilisez-les : remémorez-vous mentalement vos cours en essayant d’en saisir le sens global : quel était le sujet ? Qu’est-ce que j’ai bien compris ? Qu’est-ce qui m’a paru obscur ? Et notez sur une feuille ou un petit carnet les points nécessitant un réinvestissement des connaissances. Cette opération est très importante. Ainsi, lorsque vous vous installerez à votre bureau, vous saurez ce qu’il faut réapprendre ou compléter en priorité.

LA MÉMOIRE AUDITIVE

Utilisez également la mémoire auditive en enregistrant par exemple les points clés de vos cours sur MP3 (cliquez ici pour en savoir plus sur la méthode). Si vous n’apprenez pas de chez vous (par exemple, lorsque vous êtes dans le bus, dans la rue, en voyage), cette méthode se révélera très utile : elle permet de réviser “sans en avoir l’air”, sans être obligé de sortir son classeur, ou d’ouvrir ses cahiers. Si vous la pratiquez rigoureusement, vous verrez que la technique est infaillible, surtout quand on a un grand volume d’informations à mémoriser. Elle complète efficacement l’indispensable travail sur les fiches de synthèse. Autre avantage de la méthode : après une journée de travail, la mémoire visuelle est souvent défaillante, surtout si l’on veille tard le soir : fatigue oculaire, difficultés de concentration, troubles de la vision… De plus, votre cerveau est un peu comme un disque dur d’ordinateur : à un certain moment, il ne parvient plus à gérer cette multiplication de signes : il se produit ce que les spécialistes appellent un phénomène de “surcharge cognitive”. Le “disque dur” de votre cerveau est littéralement “fragmenté” : impossible pour lui de restituer convenablement les connaissances. Au contraire, en révisant avec votre MP3, surtout le soir avant de vous endormir, vous pouvez tranquillement réapprendre les notions : allongez-vous sur votre lit, fermez les yeux pour ne pas être sollicité par l’environnement : vous mémoriserez vite et bien tout en relaxant votre corps.

LE TRAVAIL DE GROUPE

Intellectuellement, le travail en équipe est un excellent entraînement. À la condition d’être pratiqué rigoureusement, il stimule et apporte un enrichissement mutuel, chacun pouvant communiquer aux autres ses points forts dans le cadre d’un groupe de travail. Si vous êtes en BTS, prenez par exemple un thème (Faire voir) et une problématique (les questions posées par l’image, le voyeurisme à la télévision, la télésurveillance et le contrôle social, etc.). Si vous êtes en Première, sélectionnez un objet d’étude (la poésie, le théâtre, etc.) et cherchez ensemble à le développer en confrontant vos points de vue et vos connaissances. Vous pouvez aussi faire des simulations (l’oral de l’EAF par exemple : un ou plusieurs élèves jouant le rôle de l’examinateur). Le travail de groupe encourage et se révèle une aide précieuse particulièrement dans les moments de démotivation. Il vous permet aussi de vérifier que vous avez bien compris le cours et que vous êtes capable de le restituer. Pouvoir expliquer à autrui est la preuve que les connaissances sont réellement assimilées. Vous pouvez également partir d’une problématique et tenter d’y répondre collectivement en exploitant vos connaissances.

QUELQUES ENTRAÎNEMENTS…

  1. Un exercice très utile pour la préparation aux examens consiste à lire un paragraphe de votre cours (quel qu’il soit) ou d’un document, d’un texte quelconque. La lecture doit s’effectuer impérativement à voix haute. Lisez lentement en détachant bien toutes les syllabes, et en accentuant si possible les mots clés, c’est-à-dire les mots qui vous paraissent porteurs de sens. Une fois la lecture terminée, essayez de synthétiser ce que vous venez de lire en une courte phrase récapitulative.
  2. Un autre exercice, difficile mais très adapté aux examens (bac, classes prépa, BTS, etc.) et aux concours de la fonction publique consiste à prendre des questions sur n’importe quel sujet et à vous obliger d’y répondre à partir d’un texte, même si les questions vous semblent éloignées du texte, ceci afin de pratiquer une gymnastique intellectuelle facilitant la confrontation des idées et la lecture comparative des documents. Quelques exemples :
  • la caricature, quel impact ?
  • l’image du corps dans la société actuelle
  • Pourquoi écrit-on ?
  • la société de consommation est-elle une société du spectacle ?
  • la norme et le détour
  • la citoyenneté
  • le livre et l’image
  • etc.

De la même manière, essayez de rapprocher deux ou trois textes d’époque et de problématique différentes et posez une question commune à tous ces textes. Dans votre réponse, reprenez les éléments de la question en les intégrant dans une synthèse objective et un point de vue personnel.

    

AFFRONTER L’EXAMEN

La veille de l’examen, préparez soigneusement ce dont vous aurez besoin :

  • carte d’identité ;
  • convocation ;
  • plusieurs stylos, des cartouches, du liquide correcteur, des surligneurs de couleur différente, une règle, etc.
  • Emportez également quelques aliments riches en glucose et une petite bouteille d’eau.

Le soir, mangez des sucres lents : ils améliorent la forme et favorisent l’endormissement. Évitez de vous mettre au lit plus tôt que d’habitude mais couchez-vous à une heure raisonnable (surtout ne révisez pas toute la nuit : ce serait contre-productif !). Si vous ne parvenez pas à dormir, allongez-vous tranquillement et faites le vide en vous disant que de toute façon vous avez fait le nécessaire et que vous disposez de tous les atouts pour réussir. Positivez, croyez en votre valeur, refusez de vous complaire dans le découragement qui est toujours une facilité, et qui ne mène à rien.

Le jour J, ne partez en aucun cas le ventre vide : déjeunez le matin et emportez avec vous des aliments riches en glucose : ils vous permettront d’optimiser vos capacités intellectuelles car leur assimilation est rapide. Le cerveau en effet utilise le glucose comme « carburant ». Pendant l’examen, dès que vous sentirez votre rendement diminuer (en général après une heure ou deux), mangez une confiserie : elle apportera immédiatement à votre organisme l’énergie nécessaire. En outre, pensez à vous tenir droit(e), sûr(e) de vous, et surtout pas avachi(e) sur la table : c’est le meilleur moyen pour s’endormir et se décourager. Comment voulez-vous croire en votre valeur si vous apparaissez penaud(e), vaincu(e) d’avance? Votre réussite dépend d’abord de votre motivation et de votre implication !

MAÎTRISER L’ÉPREUVE

La gestion de votre temps est fondamentale. C’est elle qui conditionne en grande partie le bon déroulement de l’épreuve.
Si vous disposez de 4 heures, vous devez donc être structuré(e) par ces 4 heures (et non trois heures : si vous vous contentez du service minimum, adieu le diplôme !). À chaque session, de nombreux candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte par exemple, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail. Un conseil que je vous avais déjà donné en cours : lisez rapidement les textes et ne vous perdez pas dans des questionnements indéfinis si vous n’avez pas compris un terme ou une expression. Allez à l’essentiel en adoptant une lecture rapide. Le premier avantage de la lecture rapide est évidemment le gain de temps : moins vous mettrez de temps pour lire le corpus, plus vous pourrez structurer le plan de votre synthèse et améliorer les qualités rédactionnelles de vos travaux. L’autre avantage de la lecture rapide est qu’elle aide à problématiser en privilégiant l’interprétation textuelle globale.

Attention toutefois, car lire vite et donc mieux est un atout mais le but de l’épreuve n’est pas de lire tous les documents en un minimum de temps ; c’est de les comprendre. Le bon lecteur absorbe un grand nombre d’informations, dépouille une documentation, cherche rapidement un chiffre ou une donnée dans un texte. Mais il ne suffit pas de les enregistrer, encore faut-il les traiter correctement en hiérarchisant les informations. Trois opérations sont indispensables, lors de l’épreuve :

  1. répartir son temps,
  2. analyser le sujet,
  3. mobiliser ses connaissances.
 
  1. Répartir son temps : entraînez-vous impérativement chez vous pour savoir d’avance quels sont vos points forts et vos limites. Voici 2 exemples de gestion du temps pour l’écriture personnelle, en fonction de sensibilités et de compétences différentes. Voyez celui qui vous convient le mieux :
    1. cas de figure n°1 : le travail d’écriture personnelle durant 1h30 environ (en comptant qu’on a passé 2h30 sur la synthèse), comptez 20 minutes pour la recherche des idées ; 10 minutes pour l’élaboration du plan ; 30 minutes pour le développement ; 10 minutes pour l’introduction ;10 minutes pour la conclusion ; 10 minutes pour la relecture.
    2. cas de figure n°2 : analyse du sujet, 10 minutes. Pensez à Lire et à comprendre le sujet. Il exige toujours une grande rigueur logique dans l’appréciation de la problématique posée. Prise de notes pour la préparation du sujet : 20 minutes. Plan : 20 minutes. Rédaction : 40 minutes. Relecture : 10 minutes (5 minutes au pire). Votre relecture doit être attentive. L’idéal étant de relire votre copie comme si elle était écrite par un autre.
  2. Analyser le sujet : la plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le stress en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé : du coup, l’étudiant devient une sorte d' »automate » : ou bien il récite son cours sans discernement, ou bien (cas le plus fréquent) il produit une srte de « synthèse bis », impersonnelle et confuse. Pour pallier ces inconvénients, lisez tout d’abord plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage. Si vous avez du mal à faire une phrase, notez simplement les mots clés que vous inspire le sujet : ils vous aideront à trouver vos idées. Un conseil au passage : lisez l’intitulé du sujet d’écriture personnelle AVANT de lire le corpus. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, c’est le sujet d’écriture personnelle qui va conditionner et orienter votre lecture des documents.
  3. Mobiliser ses connaissances en cernant le sujet. Attention aux risques de débordement, aux digressions. N’oubliez pas aussi d’exploiter votre culture générale : c’est ESSENTIEL. Quel que soit l’examen, vous n’obtiendrez PAS la moyenne si dans votre travail d’écriture vous ne montrez pas vos connaissances. N’hésitez pas à dépasser le cadre scolaire ou universitaire, pensez par exemple à l’actualité, retrouvez des souvenirs liés à une émission télévisée, à une lecture, des discussions… Essayez aussi d’explorer toutes les voies possibles. En voici quelques unes :
    • la piste interdisciplinaire : elle favorise la recherche des interactions. Pensez à tous les angles, tous les aspects sous lesquels le sujet peut être abordé : angle historique, géographique, politique, social, philosophique, moral, scientifique, etc.

    • la piste conceptuelle : étudiez la problématique selon un angle antithétique : aujourd’hui/hier ; individuel/collectif ; dénotation/connotation ; public/privé ; écrit/oral, etc.

    • la piste « point de vue » est également intéressante : formulez le problème en comparant et en confrontant les points de vue. Point de vue de l’individu, de la société ; point de vue objectif, subjectif ; points de vue divergents à partir d’une même problématique, points de vue générationnels…

EXPLOITEZ VOTRE CULTURE GÉNÉRALE !

Regardez l’exemple suivant : dans la colonne de gauche, vous avez un texte correct certes, mais qui n’a pas été « retravaillé » du point de vue de la culture générale. Dans la colonne de droite, vous avez le même texte, mais qui a fait l’objet d’un réinvestissement, somme toute modeste (quelques noms de peintres du Pop’art, l’allusion à une publicité, une courte citation et une référence à un roman). Or, tout cela, n’importe quel étudiant le connaît, mais il n’y pense pas forcément le jour de l’épreuve. C’est ce qui fait la différence entre un travail « commun » et une copie qui se remarque grâce à la mise en valeur de la culture personnelle.

Dans une société dominée par la banalisation de l’image, la course vers le spectaculaire a transformé notre rapport à la culture. L’œuvre d’art a perdu son statut clair et repérable. Elle est noyée au milieu des objets de la société de consommation ; alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre  à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime : vidée de son signifié, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Que dire de ces émissions de télé-réalité, où l’on vend les participants comme des produits !

Comme on le pressent, ces changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image doivent aussi nous interpeller politiquement. Le contrôle des medias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : faire voir, mais quoi ? Dans quel but ? Autant de questions que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire.

Dans une société dominée par la banalisation de l’image, la course vers le spectaculaire a transformé notre rapport à la culture. L’œuvre d’art a perdu son statut clair et repérable. Elle est noyée au milieu des objets de la société de consommation comme le signifient les artistes du Pop’art : Roy Lichtenstein ou Andy Warhol ont en effet désacralisé l’image artistique au point de la vider peut-être de son contenu sémantique. Alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre  à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime. De contre-culture dans les années 70, l’image est devenue culture de masse. Faut-il dès lors s’étonner qu’un opérateur de téléphonie se serve implicitement de l’œuvre de van Gogh pour vendre un forfait « tout compris » ? Comme l’annonçait le philosophe canadien Mc Luhan, « le media est le message » : vidée de son signifié, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Il n’est donc pas étonnant que le « village global » soit devenu un immense champ de « politique spectacle », loin des normes esthétiques traditionnelles ou des conventions de la morale. Que dire de ces émissions de télé-réalité, où l’on vend les participants comme des produits ! Comme on le pressent, ces changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image doivent aussi nous interpeller politiquement. Le « village global » de Mc Luhan semble bien préfigurer ce qu’on a appelé « la démocratie occulte » de notre monde. Le contrôle des médias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : « Big Brother » n’est pas seulement une référence à un roman d’anticipation ! L’œuvre  magistrale qu’Orwell écrivit en 1948 nous impose une réflexion éthique et morale : faire voir, mais quoi ? Dans quel but ? Autant de questions que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire…  

MON CONSEIL

Mettez-vous à la place du correcteur afin de porter un regard « distancié » et critique sur votre travail. Soyez « malin » : cherchez à savoir à quelle sauce vous allez être mangé(e) ! De fait, il faut toujours prendre en compte le destinataire : en lisant les « chartes de correction » destinées aux enseignants, vous comprendrez mieux par rapport à quels critères d’appréciation les copies sont évaluées.

  • si vous êtes en BTS lisez attentivement ce document.
  • Si vous passez l’EAF téléchargez la charte des correcteurs au Bac en cliquant ici.

Relisez plusieurs fois ces documents (si possible une fois par jour) : cela vous permettra de vous remémorer la façon dont le correcteur va appréhender et juger votre travail en fonction de consignes qu’il doit lui-même respecter. Il n’y a en effet rien d’arbitraire (a fortiori un jour d’examen) dans la notation : elle obéit à un référentiel qui fixe les obligations des candidats et les attentes du jury en matière de méthode, d’expression, d’exploitation de la culture générale, etc. En lisant la « charte », vous pourrez ainsi mieux adapter vos connaissances et vos pratiques à l’épreuve.

QUELQUES RAPPELS POUR FINIR…

Voici quatre points essentiels à mémoriser pour l’examen :

  1. Est-ce que mon texte colle aux consignes, c’est-à-dire aux attentes du jury ?
  2. Est-ce que mon travail « me ressemble » ? N’oubliez pas qu’une copie est un peu le reflet de l’image que vous voulez donner de vous-même. Soignez la présentation, l’orthographe, la forme.
  3. Est-ce que ma culture générale est suffisamment mise en valeur ? La culture générale est en effet déterminante. Pensez obligatoirement à mobiliser vos connaissances : citer un auteur, faire une allusion à un essai connu, à un mouvement culturel permet non seulement d’augmenter la note dans des proportions importantes, mais de susciter par ailleurs de nouvelles idées.
  4. Mon texte est-il « facile » à lire ?

N’oubliez pas de structurer vos paragraphes en les organisant autour d’une idée directrice, justifiée par un argument et illustrée par ou deux exemples.

Préférez les phrases courtes aux phrases longues, qui risquent de vous entraîner à commettre des fautes de syntaxe. Avant de rédiger votre phrase, prononcez-la dans votre tête (un peu quand on chantonne) de manière à l’entendre.

Pensez à nuancer vos jugements : en introduisant des tournures concessives : certes… mais…/si… en revanche ; en utilisant des verbes (se demander si, croire, supposer…) ou des modes (le conditionnel par exemple : « le progrès serait responsable de »…) impliquant une prise de distance.

Évitez aussi d’aligner dans un plan-catalogue des considérations interminables qui ne déboucheraient sur aucune problématique et vous conduiraient à un travail désordonné, sans logique interne.

Soignez particulièrement l’introduction et la conclusion : elles sont déterminantes dans l’attribution de la note : le correcteur les lit souvent en premier afin d’apprécier la cohérence de votre raisonnement. Bien souvent, la conclusion est rédigée « à la va-vite » : n’oubliez pas qu’une forme négligée amène toujours à une mauvaise formulation du fond.

Bien entendu (mais faut-il le rappeler ?), ne partez EN AUCUN CAS avant les quatre heures : vous ne pourriez pas mener à leur terme (de façon efficiente) les activités. Vous auriez certes l’impression d’avoir terminé le travail mais vous ne l’auriez en fait qu’ébauché…

Bon courage à toutes et à tous pour l’examen !

© mai 2009, Bruno Rigolt
Espace Pédagogique Contributif / Lycée en Forêt (Montargis, France)

BTS… Bac… Guide de préparation à l’examen : 5 jours pour relever le défi !

Dans quelques jours, les étudiants de BTS vont affronter l’épreuve… Puis ce sera le tour des élèves de Première et de Terminale. Quel que soit votre niveau, lisez attentivement ce guide méthodologique : il vous aide à vous préparer pour l’épreuve. Cinq jours de révisions intensives pour relever le défi de l’examen ? Dites-vous que :

C’EST POSSIBLE !

SE METTRE AU TRAVAIL…

Scénario catastrophe… 8 heures : vous vous réveillez rempli de bonnes résolutions ! Et naturellement vous vous dites qu’aujourd’hui vous allez travailler dur. 9 heures : vous vous mettez devant votre bureau et vous mâchonnez un chewing-gum en regardant pendant vingt minutes vos messages sur Internet… Deux heures plus tard, vous êtes toujours sur votre messagerie en ligne, et vous avez carrément l’esprit qui navigue en haute mer! Evidemment, comme vous êtes angoissé(e) par l’examen, vous vous dispersez et vous n’arrivez pas à vous concentrer… 11 heures : vous grignotez en vous demandant quand sonne midi pour aller manger (quel programme!) Bien sûr vous voudriez travailler avant l’après-midi mais votre esprit s’évade. 14 heures : Pour vous redonner du courage, vous appelez quelques ami(e)s et puis vous acceptez de faire une petite partie de cartes (vraiment la dernière!). 18 heures… Vous n’avez pas avancé mais paradoxalement vous vous sentez fatigué(e), mal dans votre peau, et surtout complètement découragé(e). Sachez que rien n’est plus déprimant que de se dire : « J’aurais dû travailler ». Le travail non réalisé est en fait un refus de voir la réalité en face : on s’installe dans un état d’inertie qui fatigue plus que le travail. Les conséquences sont lourdes pour l’examen : perte de temps, manque d’entraînement, stress, état dépressif…

PAS DE TEMPS À PERDRE !

Premier impératif : planifiez votre travail en vous créant un calendrier de révisions selon un emploi du temps précis et TENEZ-VOUS à ce calendrier. Imposez-vous également le minutage de vos activités afin d’accroître votre rendement. La réussite à votre examen passe en effet d’abord par une bonne maîtrise de la planification des tâches. Dans un article précédent (Emploi du temps : apprendre à planifier son travail) je vous rappelais les avantages de la planification des tâches : elle consiste à gérer son temps de façon “stratégique”, emploidutempsbts.1241757331.jpgc’est-à-dire à visualiser les activités sur une période de temps donnée. Au lieu d’effectuer les tâches jour après jour (donc de façon linéaire sans organisation), on les visualise dans leur intégralité selon un principe de planification stratégique : cela vous permet d’anticiper et de mieux vous projeter dans le temps. Prenez par exemple une grande copie double et faites-vous un calendrier sur cinq jours (très rapidement… Ne passez pas 10 heures dessus évidemment!). Ensuite, faites le point sur vos difficultés, sur les séquences à revoir en priorité, les cours à réapprendre. Une fois que vous avez établi la liste des activités à mener, reportez-les sur votre tableau. Si vous le souhaitez, vous pouvez les « hiérarchiser » en utilisant des codes de couleur : on attribuera par exemple la couleur rouge à toutes les activités nécessitant un lourd investissement. emploidutempseaf.1241769725.jpgOn peut attribuer le code “bleu” aux exercices moins denses et le code “vert” aux travaux qu’on peut effectuer plus rapidement.

L’avantage du calendrier que je vous propose dans ces deux exemples (BTS et EAF) est qu’il offre en effet une bonne adaptation à la fois à l’environnement externe (les tâches que vous devez accomplir pour vous préparer à l’examen) et à vos ressources et vos compétences internes (votre capacité et votre rythme de travail) : en planifiant, vous êtes sûr(e) d’y arriver ! 

LA CHASSE AUX TEMPS MORTS

L’important, quand on est en période de révision intensive, est de fuir la « flânerie » pour gagner en productivité. Il faut donc que vous fassiez la chasse aux temps morts. Même si vous ne disposez que de cinq minutes, cela ne signifie pas que ce laps de temps est inutilisable. Bien au contraire, profitez-en pour effectuer quelques révisions rapides, pour mémoriser du vocabulaire, des définitions, pour retenir quelques citations. Le temps passé dans les transports, les moments d’inactivité ou d’attente représentent plusieurs heures par semaine ! Rentabilisez-les : remémorez-vous mentalement vos cours en essayant d’en saisir le sens global : quel était le sujet ? Qu’est-ce que j’ai bien compris ? Qu’est-ce qui m’a paru obscur ? Et notez sur une feuille ou un petit carnet les points nécessitant un réinvestissement des connaissances. Cette opération est très importante. Ainsi, lorsque vous vous installerez à votre bureau, vous saurez ce qu’il faut réapprendre ou compléter en priorité.

LA MÉMOIRE AUDITIVE

Utilisez également la mémoire auditive en enregistrant par exemple les points clés de vos cours sur MP3 (cliquez ici pour en savoir plus sur la méthode). Si vous n’apprenez pas de chez vous (par exemple, lorsque vous êtes dans le bus, dans la rue, en voyage), cette méthode se révélera très utile : elle permet de réviser “sans en avoir l’air”, sans être obligé de sortir son classeur, ou d’ouvrir ses cahiers. Si vous la pratiquez rigoureusement, vous verrez que la technique est infaillible, surtout quand on a un grand volume d’informations à mémoriser. Elle complète efficacement l’indispensable travail sur les fiches de synthèse. Autre avantage de la méthode : après une journée de travail, la mémoire visuelle est souvent défaillante, surtout si l’on veille tard le soir : fatigue oculaire, difficultés de concentration, troubles de la vision… De plus, votre cerveau est un peu comme un disque dur d’ordinateur : à un certain moment, il ne parvient plus à gérer cette multiplication de signes : il se produit ce que les spécialistes appellent un phénomène de “surcharge cognitive”. Le “disque dur” de votre cerveau est littéralement “fragmenté” : impossible pour lui de restituer convenablement les connaissances. Au contraire, en révisant avec votre MP3, surtout le soir avant de vous endormir, vous pouvez tranquillement réapprendre les notions : allongez-vous sur votre lit, fermez les yeux pour ne pas être sollicité par l’environnement : vous mémoriserez vite et bien tout en relaxant votre corps.

LE TRAVAIL DE GROUPE

Intellectuellement, le travail en équipe est un excellent entraînement. À la condition d’être pratiqué rigoureusement, il stimule et apporte un enrichissement mutuel, chacun pouvant communiquer aux autres ses points forts dans le cadre d’un groupe de travail. Si vous êtes en BTS, prenez par exemple un thème (Faire voir) et une problématique (les questions posées par l’image, le voyeurisme à la télévision, la télésurveillance et le contrôle social, etc.). Si vous êtes en Première, sélectionnez un objet d’étude (la poésie, le théâtre, etc.) et cherchez ensemble à le développer en confrontant vos points de vue et vos connaissances. Vous pouvez aussi faire des simulations (l’oral de l’EAF par exemple : un ou plusieurs élèves jouant le rôle de l’examinateur). Le travail de groupe encourage et se révèle une aide précieuse particulièrement dans les moments de démotivation. Il vous permet aussi de vérifier que vous avez bien compris le cours et que vous êtes capable de le restituer. Pouvoir expliquer à autrui est la preuve que les connaissances sont réellement assimilées. Vous pouvez également partir d’une problématique et tenter d’y répondre collectivement en exploitant vos connaissances.

QUELQUES ENTRAÎNEMENTS…

  1. Un exercice très utile pour la préparation aux examens consiste à lire un paragraphe de votre cours (quel qu’il soit) ou d’un document, d’un texte quelconque. La lecture doit s’effectuer impérativement à voix haute. Lisez lentement en détachant bien toutes les syllabes, et en accentuant si possible les mots clés, c’est-à-dire les mots qui vous paraissent porteurs de sens. Une fois la lecture terminée, essayez de synthétiser ce que vous venez de lire en une courte phrase récapitulative.
  2. Un autre exercice, difficile mais très adapté aux examens (bac, classes prépa, BTS, etc.) et aux concours de la fonction publique consiste à prendre des questions sur n’importe quel sujet et à vous obliger d’y répondre à partir d’un texte, même si les questions vous semblent éloignées du texte, ceci afin de pratiquer une gymnastique intellectuelle facilitant la confrontation des idées et la lecture comparative des documents. Quelques exemples :
  • la caricature, quel impact ?
  • l’image du corps dans la société actuelle
  • Pourquoi écrit-on ?
  • la société de consommation est-elle une société du spectacle ?
  • la norme et le détour
  • la citoyenneté
  • le livre et l’image
  • etc.

De la même manière, essayez de rapprocher deux ou trois textes d’époque et de problématique différentes et posez une question commune à tous ces textes. Dans votre réponse, reprenez les éléments de la question en les intégrant dans une synthèse objective et un point de vue personnel.

    

AFFRONTER L’EXAMEN

La veille de l’examen, préparez soigneusement ce dont vous aurez besoin :

  • carte d’identité ;
  • convocation ;
  • plusieurs stylos, des cartouches, du liquide correcteur, des surligneurs de couleur différente, une règle, etc.
  • Emportez également quelques aliments riches en glucose et une petite bouteille d’eau.

Le soir, mangez des sucres lents : ils améliorent la forme et favorisent l’endormissement. Évitez de vous mettre au lit plus tôt que d’habitude mais couchez-vous à une heure raisonnable (surtout ne révisez pas toute la nuit : ce serait contre-productif !). Si vous ne parvenez pas à dormir, allongez-vous tranquillement et faites le vide en vous disant que de toute façon vous avez fait le nécessaire et que vous disposez de tous les atouts pour réussir. Positivez, croyez en votre valeur, refusez de vous complaire dans le découragement qui est toujours une facilité, et qui ne mène à rien.

Le jour J, ne partez en aucun cas le ventre vide : déjeunez le matin et emportez avec vous des aliments riches en glucose : ils vous permettront d’optimiser vos capacités intellectuelles car leur assimilation est rapide. Le cerveau en effet utilise le glucose comme « carburant ». Pendant l’examen, dès que vous sentirez votre rendement diminuer (en général après une heure ou deux), mangez une confiserie : elle apportera immédiatement à votre organisme l’énergie nécessaire. En outre, pensez à vous tenir droit(e), sûr(e) de vous, et surtout pas avachi(e) sur la table : c’est le meilleur moyen pour s’endormir et se décourager. Comment voulez-vous croire en votre valeur si vous apparaissez penaud(e), vaincu(e) d’avance? Votre réussite dépend d’abord de votre motivation et de votre implication !

MAÎTRISER L’ÉPREUVE

La gestion de votre temps est fondamentale. C’est elle qui conditionne en grande partie le bon déroulement de l’épreuve.
Si vous disposez de 4 heures, vous devez donc être structuré(e) par ces 4 heures (et non trois heures : si vous vous contentez du service minimum, adieu le diplôme !). À chaque session, de nombreux candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte par exemple, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail. Un conseil que je vous avais déjà donné en cours : lisez rapidement les textes et ne vous perdez pas dans des questionnements indéfinis si vous n’avez pas compris un terme ou une expression. Allez à l’essentiel en adoptant une lecture rapide. Le premier avantage de la lecture rapide est évidemment le gain de temps : moins vous mettrez de temps pour lire le corpus, plus vous pourrez structurer le plan de votre synthèse et améliorer les qualités rédactionnelles de vos travaux. L’autre avantage de la lecture rapide est qu’elle aide à problématiser en privilégiant l’interprétation textuelle globale.

Attention toutefois, car lire vite et donc mieux est un atout mais le but de l’épreuve n’est pas de lire tous les documents en un minimum de temps ; c’est de les comprendre. Le bon lecteur absorbe un grand nombre d’informations, dépouille une documentation, cherche rapidement un chiffre ou une donnée dans un texte. Mais il ne suffit pas de les enregistrer, encore faut-il les traiter correctement en hiérarchisant les informations. Trois opérations sont indispensables, lors de l’épreuve :

  1. répartir son temps,
  2. analyser le sujet,
  3. mobiliser ses connaissances.
 
  1. Répartir son temps : entraînez-vous impérativement chez vous pour savoir d’avance quels sont vos points forts et vos limites. Voici 2 exemples de gestion du temps pour l’écriture personnelle, en fonction de sensibilités et de compétences différentes. Voyez celui qui vous convient le mieux :
    1. cas de figure n°1 : le travail d’écriture personnelle durant 1h30 environ (en comptant qu’on a passé 2h30 sur la synthèse), comptez 20 minutes pour la recherche des idées ; 10 minutes pour l’élaboration du plan ; 30 minutes pour le développement ; 10 minutes pour l’introduction ;10 minutes pour la conclusion ; 10 minutes pour la relecture.
    2. cas de figure n°2 : analyse du sujet, 10 minutes. Pensez à Lire et à comprendre le sujet. Il exige toujours une grande rigueur logique dans l’appréciation de la problématique posée. Prise de notes pour la préparation du sujet : 20 minutes. Plan : 20 minutes. Rédaction : 40 minutes. Relecture : 10 minutes (5 minutes au pire). Votre relecture doit être attentive. L’idéal étant de relire votre copie comme si elle était écrite par un autre.
  2. Analyser le sujet : la plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le stress en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé : du coup, l’étudiant devient une sorte d' »automate » : ou bien il récite son cours sans discernement, ou bien (cas le plus fréquent) il produit une srte de « synthèse bis », impersonnelle et confuse. Pour pallier ces inconvénients, lisez tout d’abord plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage. Si vous avez du mal à faire une phrase, notez simplement les mots clés que vous inspire le sujet : ils vous aideront à trouver vos idées. Un conseil au passage : lisez l’intitulé du sujet d’écriture personnelle AVANT de lire le corpus. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, c’est le sujet d’écriture personnelle qui va conditionner et orienter votre lecture des documents.
  3. Mobiliser ses connaissances en cernant le sujet. Attention aux risques de débordement, aux digressions. N’oubliez pas aussi d’exploiter votre culture générale : c’est ESSENTIEL. Quel que soit l’examen, vous n’obtiendrez PAS la moyenne si dans votre travail d’écriture vous ne montrez pas vos connaissances. N’hésitez pas à dépasser le cadre scolaire ou universitaire, pensez par exemple à l’actualité, retrouvez des souvenirs liés à une émission télévisée, à une lecture, des discussions… Essayez aussi d’explorer toutes les voies possibles. En voici quelques unes :
    • la piste interdisciplinaire : elle favorise la recherche des interactions. Pensez à tous les angles, tous les aspects sous lesquels le sujet peut être abordé : angle historique, géographique, politique, social, philosophique, moral, scientifique, etc.

    • la piste conceptuelle : étudiez la problématique selon un angle antithétique : aujourd’hui/hier ; individuel/collectif ; dénotation/connotation ; public/privé ; écrit/oral, etc.

    • la piste « point de vue » est également intéressante : formulez le problème en comparant et en confrontant les points de vue. Point de vue de l’individu, de la société ; point de vue objectif, subjectif ; points de vue divergents à partir d’une même problématique, points de vue générationnels…

EXPLOITEZ VOTRE CULTURE GÉNÉRALE !

Regardez l’exemple suivant : dans la colonne de gauche, vous avez un texte correct certes, mais qui n’a pas été « retravaillé » du point de vue de la culture générale. Dans la colonne de droite, vous avez le même texte, mais qui a fait l’objet d’un réinvestissement, somme toute modeste (quelques noms de peintres du Pop’art, l’allusion à une publicité, une courte citation et une référence à un roman). Or, tout cela, n’importe quel étudiant le connaît, mais il n’y pense pas forcément le jour de l’épreuve. C’est ce qui fait la différence entre un travail « commun » et une copie qui se remarque grâce à la mise en valeur de la culture personnelle.

Dans une société dominée par la banalisation de l’image, la course vers le spectaculaire a transformé notre rapport à la culture. L’œuvre d’art a perdu son statut clair et repérable. Elle est noyée au milieu des objets de la société de consommation ; alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre  à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime : vidée de son signifié, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Que dire de ces émissions de télé-réalité, où l’on vend les participants comme des produits !

Comme on le pressent, ces changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image doivent aussi nous interpeller politiquement. Le contrôle des medias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : faire voir, mais quoi ? Dans quel but ? Autant de questions que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire.

Dans une société dominée par la banalisation de l’image, la course vers le spectaculaire a transformé notre rapport à la culture. L’œuvre d’art a perdu son statut clair et repérable. Elle est noyée au milieu des objets de la société de consommation comme le signifient les artistes du Pop’art : Roy Lichtenstein ou Andy Warhol ont en effet désacralisé l’image artistique au point de la vider peut-être de son contenu sémantique. Alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre  à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime. De contre-culture dans les années 70, l’image est devenue culture de masse. Faut-il dès lors s’étonner qu’un opérateur de téléphonie se serve implicitement de l’œuvre de van Gogh pour vendre un forfait « tout compris » ? Comme l’annonçait le philosophe canadien Mc Luhan, « le media est le message » : vidée de son signifié, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Il n’est donc pas étonnant que le « village global » soit devenu un immense champ de « politique spectacle », loin des normes esthétiques traditionnelles ou des conventions de la morale. Que dire de ces émissions de télé-réalité, où l’on vend les participants comme des produits ! Comme on le pressent, ces changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image doivent aussi nous interpeller politiquement. Le « village global » de Mc Luhan semble bien préfigurer ce qu’on a appelé « la démocratie occulte » de notre monde. Le contrôle des médias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : « Big Brother » n’est pas seulement une référence à un roman d’anticipation ! L’œuvre  magistrale qu’Orwell écrivit en 1948 nous impose une réflexion éthique et morale : faire voir, mais quoi ? Dans quel but ? Autant de questions que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire…  

MON CONSEIL

Mettez-vous à la place du correcteur afin de porter un regard « distancié » et critique sur votre travail. Soyez « malin » : cherchez à savoir à quelle sauce vous allez être mangé(e) ! De fait, il faut toujours prendre en compte le destinataire : en lisant les « chartes de correction » destinées aux enseignants, vous comprendrez mieux par rapport à quels critères d’appréciation les copies sont évaluées.

  • si vous êtes en BTS lisez attentivement ce document.
  • Si vous passez l’EAF téléchargez la charte des correcteurs au Bac en cliquant ici.

Relisez plusieurs fois ces documents (si possible une fois par jour) : cela vous permettra de vous remémorer la façon dont le correcteur va appréhender et juger votre travail en fonction de consignes qu’il doit lui-même respecter. Il n’y a en effet rien d’arbitraire (a fortiori un jour d’examen) dans la notation : elle obéit à un référentiel qui fixe les obligations des candidats et les attentes du jury en matière de méthode, d’expression, d’exploitation de la culture générale, etc. En lisant la « charte », vous pourrez ainsi mieux adapter vos connaissances et vos pratiques à l’épreuve.

QUELQUES RAPPELS POUR FINIR…

Voici quatre points essentiels à mémoriser pour l’examen :

  1. Est-ce que mon texte colle aux consignes, c’est-à-dire aux attentes du jury ?
  2. Est-ce que mon travail « me ressemble » ? N’oubliez pas qu’une copie est un peu le reflet de l’image que vous voulez donner de vous-même. Soignez la présentation, l’orthographe, la forme.
  3. Est-ce que ma culture générale est suffisamment mise en valeur ? La culture générale est en effet déterminante. Pensez obligatoirement à mobiliser vos connaissances : citer un auteur, faire une allusion à un essai connu, à un mouvement culturel permet non seulement d’augmenter la note dans des proportions importantes, mais de susciter par ailleurs de nouvelles idées.
  4. Mon texte est-il « facile » à lire ?

N’oubliez pas de structurer vos paragraphes en les organisant autour d’une idée directrice, justifiée par un argument et illustrée par ou deux exemples.

Préférez les phrases courtes aux phrases longues, qui risquent de vous entraîner à commettre des fautes de syntaxe. Avant de rédiger votre phrase, prononcez-la dans votre tête (un peu quand on chantonne) de manière à l’entendre.

Pensez à nuancer vos jugements : en introduisant des tournures concessives : certes… mais…/si… en revanche ; en utilisant des verbes (se demander si, croire, supposer…) ou des modes (le conditionnel par exemple : « le progrès serait responsable de »…) impliquant une prise de distance.

Évitez aussi d’aligner dans un plan-catalogue des considérations interminables qui ne déboucheraient sur aucune problématique et vous conduiraient à un travail désordonné, sans logique interne.

Soignez particulièrement l’introduction et la conclusion : elles sont déterminantes dans l’attribution de la note : le correcteur les lit souvent en premier afin d’apprécier la cohérence de votre raisonnement. Bien souvent, la conclusion est rédigée « à la va-vite » : n’oubliez pas qu’une forme négligée amène toujours à une mauvaise formulation du fond.

Bien entendu (mais faut-il le rappeler ?), ne partez EN AUCUN CAS avant les quatre heures : vous ne pourriez pas mener à leur terme (de façon efficiente) les activités. Vous auriez certes l’impression d’avoir terminé le travail mais vous ne l’auriez en fait qu’ébauché…

Bon courage à toutes et à tous pour l’examen !

© mai 2009, Bruno Rigolt
Espace Pédagogique Contributif / Lycée en Forêt (Montargis, France)

Guide méthodologique d'aide à l'expression écrite. Corrigé n°3 et entraînement n°4

Classes de Première S5 et Première ES4.

 

Voici le corrigé du troisième exercice et le quatrième entraînement (à rendre avant le jeudi 16 avril, 21:00). 
Rappel du calendrier d’entraînement :
  • Dimanche 8 mars : exploiter la métaphore filée, les anaphores, les interrogations oratoires
  • Samedi 21 mars : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer (+ corrigé n°1)
  • Jeudi 9 avril : structurer un paragraphe argumentatif (+ corrigé n°2)
  • Jeudi 16 avril : introduire et conclure un écrit d’invention (+ corrigé n°3)

Corrigé de l’entraînement n°3 : structurer un paragraphe argumentatif.
Concernant la structure du paragraphe argumentatif, cliquer ici.
Dans cet exercice, vous deviez répondre à une question (l’importance de la littérature) à travers deux paragraphes argumentés :

  • La littérature donne à voir (elle éclaire)

  • Elle est une prise de conscience

En premier lieu, la littérature donne à voir. Par « littérature », il faut entendre l’ensemble des œuvres ayant pour finalité une recherche esthétique au service du sens. D’autres arts comme la musique, la peinture ou le cinéma assument plus ou moins cette fonction plastique et didactique. Mais la spécificité du texte littéraire est de mettre le mot au service du fond, de l’idée. L’écrivain en effet se doit non seulement d’éclairer par ses écrits le monde qui nous entoure, mais de le mettre en forme verbalement. Ce pouvoir accordé au mot, au  style, fait la valeur de l’art littéraire : s’il est l’observateur, le témoin particulier, le porte-parole de notre monde, l’écrivain est aussi selon l’expression de l’écrivain Edouard Glissant un « bâtisseur de langage ». Ce n’est pas tant de meubler une page blanche, de l’orner, de l’enrichir par un style particulier qui font la valeur du texte littéraire mais d’assigner à ce travail sur le langage une mission d’éducation qui confère à la pratique de la lecture un véritable principe d’action. Lire, c’est accepter l’invitation de l’écrivain, c’est assumer le fait d’être dérangé dans ses convictions, ses présupposés, ses croyances. Dans cette invitation au débat d’idées réside la particularité de la littérature qui est de permettre une communion avec le lecteur. Il ne s’agit pas seulement de « donner à voir » le monde, il importe de le donner à voir selon un certain point de vue. C’est Jean-Paul Sartre qui écrivait en 1976 dans Situations 10 « L’écrivain, selon moi, doit parler du monde tout entier en parlant de lui-même tout entier ». Avant d’engager les autres, l’écrivain s’engage et nous livre sa propre vision, par définition personnelle et subjective. Le texte littéraire à ce titre met en scène des attitudes de vie, des situations existentielles qui engagent l’homme tout entier. Quand Voltaire dans Candide critique les absolutismes, quand Hugo dans « Fonction du Poète » met le lyrisme au service de l’engagement, ils le font en leur nom certes, mais nous impliquent du même coup dans cette relation dialogique. À l’opposé de la neutralité d’un narrateur omniscient, l’écrivain au contraire nous éclaire sur le monde. Il nous permet d’en débattre sous des angles différents, opposés, capables de conférer à l’œuvre littéraire une tâche spirituelle.

Par définition, la littérature débouche conséquemment sur une prise de conscience. Si elle éclaire l’homme, c’est en l’éveillant, en lui permettant de découvrir sa propre voix. De l’expérience de la lecture peut naître l’engagement. Pourquoi nous intéresserions-nous par exemple à la littérature des Lumières dans une société où tant de combats menés jadis semblent aujourd’hui acquis ? Si c’est aux Lumières que nous devons la grande idée des Droits de l’Homme,  c’est qu’elles ont amené précisément à une prise de conscience. « Osez penser par vous-même » écrivait Voltaire dans le Dictionnaire philosophique… La leçon est toujours d’actualité ! Lire, en ce sens, amène le lecteur à pratiquer un déchiffrement, une recherche du sens. C’est cette herméneutique qui le conduit à prendre conscience de son rôle dans l’Histoire. Lire un livre, c’est vivre avec son époque, c’est penser avec elle. Qui n’a pas en mémoire l’incipit de Germinal ? La subjectivisation de la description (la grande route de Marchiennes) prépare déjà les luttes à venir. Ce paysage hostile du Nord, si stéréotypé soit-il sous la plume de Zola, amène le lecteur à se projeter dans le contexte social du second Empire. Nous nous identifions à Étienne : nous partageons sa souffrance ; sa révolte devient notre prise de conscience. Le paysage réel des mines se métamorphose en un espace mythique dont la fameuse métaphore filée de la germination dans la dernière page, semble préfigurer ce grand souffle épique de l’histoire sociale en marche. Toute littérature est ainsi une prise de conscience dans la mesure où elle confronte l’homme avec le monde et avec lui-même. Cette fonction de la littérature ne tendrait-elle pas vers la tragédie, c’est-à-dire vers la conscience que l’homme a de son propre destin ? Même une pièce de théâtre comme la Cantatrice chauve, en apparence simple farce absurde, débouche sur une interprétation allégorique. Le couple stéréotypé des Smith est révélateur d’un vide existentiel. Le ressort dramatique de la pièce consiste dans la manifestation d’une existence séparée de son sens. Pour le spectateur, si la scène se constitue comme le tableau pathétique et désespéré de la condition humaine, elle l’amène à assumer son rôle dans le monde. La littérature va ainsi de la fiction au réel, de l’illusion au social, de l’imagination à l’Histoire.

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Entraînement n°4 : introduire et conclure un écrit d’invention (l’apologue)

Vous rédigez le premier et le dernier paragraphe d’un apologue. Rédigé en vers ou en prose, l’apologue contient deux parties, coordonnées mais distinctes:

  1. D’une part, il privilégie le discours narratif. Mais s’il tient du récit, l’apologue est une ressource de l’argumentation. De nombreux chapitres de Candide par exemple sont des apologues. Au-delà de l’histoire racontée, le récit est toujours à visée argumentative et didactique.

  2. La morale… L’apologue est très souvent allégorique. Le fait concret qui est raconté débouche ainsi sur une réflexion plus abstraite, qui renferme un enseignement,  une morale pratique. On pensera naturellement aux fables, mais le dernier chapitre de Candide, « l’Albatros » de Baudelaire ou « Le crapaud » de Corbière sont également de bons exemples.

Le sujet : Vous allez rédiger un apologue (premier et dernier paragraphe). Le sujet est libre. Votre premier paragraphe exposera un fait. Le dernier paragraphe amènera à la morale.

Mon conseil : réfléchissez d’abord à la morale, donc au sujet, au problème que vous voulez évoquer et non au fait lui-même. De nombreux candidats se creusent parfois la tête pour trouver « une histoire ». Le risque, c’est qu’ils racontent des événements en oubliant que le but est d’amener à l’argumentation. Posez-vous toujours cette question : « Qu’est-ce que je veux prouver exactement ? » Dans l’apologue, il faut toujours passer du fait raconté à l’idée. Les problématiques sociales (guerre, racisme, misère, etc.) sont hélas de bons sujets dans la mesure où elles sollicitent le lecteur dans la recherche d’une vérité et d’un sens moral.

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Bonne chance à vous. N’oubliez pas de me remettre vos propositions avant le jeudi 16 avril, 21:00 pour bénéficier du bonus !

Guide méthodologique d’aide à l’expression écrite. Corrigé n°3 et entraînement n°4

Classes de Première S5 et Première ES4.

 

Voici le corrigé du troisième exercice et le quatrième entraînement (à rendre avant le jeudi 16 avril, 21:00). 
Rappel du calendrier d’entraînement :
  • Dimanche 8 mars : exploiter la métaphore filée, les anaphores, les interrogations oratoires
  • Samedi 21 mars : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer (+ corrigé n°1)
  • Jeudi 9 avril : structurer un paragraphe argumentatif (+ corrigé n°2)
  • Jeudi 16 avril : introduire et conclure un écrit d’invention (+ corrigé n°3)

Corrigé de l’entraînement n°3 : structurer un paragraphe argumentatif.
Concernant la structure du paragraphe argumentatif, cliquer ici.
Dans cet exercice, vous deviez répondre à une question (l’importance de la littérature) à travers deux paragraphes argumentés :

  • La littérature donne à voir (elle éclaire)

  • Elle est une prise de conscience

En premier lieu, la littérature donne à voir. Par « littérature », il faut entendre l’ensemble des œuvres ayant pour finalité une recherche esthétique au service du sens. D’autres arts comme la musique, la peinture ou le cinéma assument plus ou moins cette fonction plastique et didactique. Mais la spécificité du texte littéraire est de mettre le mot au service du fond, de l’idée. L’écrivain en effet se doit non seulement d’éclairer par ses écrits le monde qui nous entoure, mais de le mettre en forme verbalement. Ce pouvoir accordé au mot, au  style, fait la valeur de l’art littéraire : s’il est l’observateur, le témoin particulier, le porte-parole de notre monde, l’écrivain est aussi selon l’expression de l’écrivain Edouard Glissant un « bâtisseur de langage ». Ce n’est pas tant de meubler une page blanche, de l’orner, de l’enrichir par un style particulier qui font la valeur du texte littéraire mais d’assigner à ce travail sur le langage une mission d’éducation qui confère à la pratique de la lecture un véritable principe d’action. Lire, c’est accepter l’invitation de l’écrivain, c’est assumer le fait d’être dérangé dans ses convictions, ses présupposés, ses croyances. Dans cette invitation au débat d’idées réside la particularité de la littérature qui est de permettre une communion avec le lecteur. Il ne s’agit pas seulement de « donner à voir » le monde, il importe de le donner à voir selon un certain point de vue. C’est Jean-Paul Sartre qui écrivait en 1976 dans Situations 10 « L’écrivain, selon moi, doit parler du monde tout entier en parlant de lui-même tout entier ». Avant d’engager les autres, l’écrivain s’engage et nous livre sa propre vision, par définition personnelle et subjective. Le texte littéraire à ce titre met en scène des attitudes de vie, des situations existentielles qui engagent l’homme tout entier. Quand Voltaire dans Candide critique les absolutismes, quand Hugo dans « Fonction du Poète » met le lyrisme au service de l’engagement, ils le font en leur nom certes, mais nous impliquent du même coup dans cette relation dialogique. À l’opposé de la neutralité d’un narrateur omniscient, l’écrivain au contraire nous éclaire sur le monde. Il nous permet d’en débattre sous des angles différents, opposés, capables de conférer à l’œuvre littéraire une tâche spirituelle.

Par définition, la littérature débouche conséquemment sur une prise de conscience. Si elle éclaire l’homme, c’est en l’éveillant, en lui permettant de découvrir sa propre voix. De l’expérience de la lecture peut naître l’engagement. Pourquoi nous intéresserions-nous par exemple à la littérature des Lumières dans une société où tant de combats menés jadis semblent aujourd’hui acquis ? Si c’est aux Lumières que nous devons la grande idée des Droits de l’Homme,  c’est qu’elles ont amené précisément à une prise de conscience. « Osez penser par vous-même » écrivait Voltaire dans le Dictionnaire philosophique… La leçon est toujours d’actualité ! Lire, en ce sens, amène le lecteur à pratiquer un déchiffrement, une recherche du sens. C’est cette herméneutique qui le conduit à prendre conscience de son rôle dans l’Histoire. Lire un livre, c’est vivre avec son époque, c’est penser avec elle. Qui n’a pas en mémoire l’incipit de Germinal ? La subjectivisation de la description (la grande route de Marchiennes) prépare déjà les luttes à venir. Ce paysage hostile du Nord, si stéréotypé soit-il sous la plume de Zola, amène le lecteur à se projeter dans le contexte social du second Empire. Nous nous identifions à Étienne : nous partageons sa souffrance ; sa révolte devient notre prise de conscience. Le paysage réel des mines se métamorphose en un espace mythique dont la fameuse métaphore filée de la germination dans la dernière page, semble préfigurer ce grand souffle épique de l’histoire sociale en marche. Toute littérature est ainsi une prise de conscience dans la mesure où elle confronte l’homme avec le monde et avec lui-même. Cette fonction de la littérature ne tendrait-elle pas vers la tragédie, c’est-à-dire vers la conscience que l’homme a de son propre destin ? Même une pièce de théâtre comme la Cantatrice chauve, en apparence simple farce absurde, débouche sur une interprétation allégorique. Le couple stéréotypé des Smith est révélateur d’un vide existentiel. Le ressort dramatique de la pièce consiste dans la manifestation d’une existence séparée de son sens. Pour le spectateur, si la scène se constitue comme le tableau pathétique et désespéré de la condition humaine, elle l’amène à assumer son rôle dans le monde. La littérature va ainsi de la fiction au réel, de l’illusion au social, de l’imagination à l’Histoire.

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Entraînement n°4 : introduire et conclure un écrit d’invention (l’apologue)

Vous rédigez le premier et le dernier paragraphe d’un apologue. Rédigé en vers ou en prose, l’apologue contient deux parties, coordonnées mais distinctes:

  1. D’une part, il privilégie le discours narratif. Mais s’il tient du récit, l’apologue est une ressource de l’argumentation. De nombreux chapitres de Candide par exemple sont des apologues. Au-delà de l’histoire racontée, le récit est toujours à visée argumentative et didactique.

  2. La morale… L’apologue est très souvent allégorique. Le fait concret qui est raconté débouche ainsi sur une réflexion plus abstraite, qui renferme un enseignement,  une morale pratique. On pensera naturellement aux fables, mais le dernier chapitre de Candide, « l’Albatros » de Baudelaire ou « Le crapaud » de Corbière sont également de bons exemples.

Le sujet : Vous allez rédiger un apologue (premier et dernier paragraphe). Le sujet est libre. Votre premier paragraphe exposera un fait. Le dernier paragraphe amènera à la morale.

Mon conseil : réfléchissez d’abord à la morale, donc au sujet, au problème que vous voulez évoquer et non au fait lui-même. De nombreux candidats se creusent parfois la tête pour trouver « une histoire ». Le risque, c’est qu’ils racontent des événements en oubliant que le but est d’amener à l’argumentation. Posez-vous toujours cette question : « Qu’est-ce que je veux prouver exactement ? » Dans l’apologue, il faut toujours passer du fait raconté à l’idée. Les problématiques sociales (guerre, racisme, misère, etc.) sont hélas de bons sujets dans la mesure où elles sollicitent le lecteur dans la recherche d’une vérité et d’un sens moral.

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Bonne chance à vous. N’oubliez pas de me remettre vos propositions avant le jeudi 16 avril, 21:00 pour bénéficier du bonus !

Guide méthodologique d'aide à l'expression écrite. Corrigé et entraînement n°2…

Classes de Première…

Voici le corrigé du premier exercice et le deuxième exercice (à rendre jeudi 26 mars). Désolé pour ce léger retard mais j’ai tenu compte d’une part des mouvements sociaux empêchant certains élèves de me rendre à temps leur travail lors du cours de Français le jeudi 19 mars. Par ailleurs l’organisation du Salon du Livre de Montargis où toutes les classes exposent, ainsi que la préparation de la Journée Portes Ouvertes m’ont demandé un très lourd investissement.
Rappel du calendrier d’entraînement :
  • Dimanche 8 mars : exploiter la métaphore filée, les anaphores, les interrogations oratoires
  • Samedi 21 mars : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer (+ corrigé n°1)
  • Vendredi 27 mars : structurer un paragraphe argumentatif (+ corrigé n°2)
  • Jeudi 02 avril : introduire et conclure un écrit d’invention (+ corrigé n°3)

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Entraînement n°1… Le corrigé !

Métaphore filée, anaphores, interrogations oratoires

Comme vous le savez, la métaphore filée est une métaphore qui se prolonge. En fait, c’est une succession de métaphores  ou de comparaisons développées, parfois dans tout un paragraphe et qui s’appuient le plus souvent sur un même réseau lexical. Si elle est très employée en poésie, la métaphore filée constitue également un procédé oratoire de premier plan. Il vous était demandé dans ce premier exercice de « filer » la métaphore dans un discours vous amenant à plaider pour plus de justice sociale. Vous deviez par ailleurs utiliser obligatoirement  le champ lexical du voyage ou du déplacement. Quelques erreurs ont été commises, mais il y a eu également de bonnes surprises. Voyons tout cela ensemble…

Au niveau des difficultés, le (rare) contresens a consisté pour certain(e)s à parler du voyage. Attention : là, c’est une faute majeure dans la mesure où le thème ne portait pas sur le voyage mais sur la justice sociale (le comparé). Le voyage constituait donc le comparant. 

Voyons maintenant quelques extraits de propositions. J’ai sélectionné une élève de Première ES4, et deux élèves de Première S5 :

Propositions d’élèves

L’avis du Prof

« Plus de justice sociale permettra d’améliorer les conditions de vie et le monde : il faut en effet briser les routes qui nous séparent, briser les routes de l’indifférence… »  Ici, l’idée de départ était convaincante ; en revanche, le verbe briser ne convient pas pour une « route ». De plus, le mot route a une connotation positive (la route, c’est ce qui conduit symboliquement à l’avenir) : il était donc maladroit d’associer le terme à un sens négatif. Il valait mieux par exemple utiliser le terme « barrière » qui suggère bien l’idée de fermeture et d’ethnocentrisme, par opposition à la route, symbole d’ouverture culturelle.
« Malheureusement, dans un monde où la loi du « chacun pour soi » plane sur la plupart des hommes, il est difficile pour les plus démunis de voguer tranquillement sur des rivières de bonheur. Marchons ensemble vers une nouvelle destination, vers une meilleure fin de voyage, vers un Eldorado de fraternité. » On repère bien ici la métaphore filée. Quelques termes en revanche semblent parfois un peu maladroits : l’adverbe « tranquillement » paraît un peu banal, associé à l’idée de bonheur, qui est un concept moral et spirituel fort. L’expression « rivières de bonheur » est une bonne idée mais personnellement j’aurais employé l’expression « les rivières du bonheur » plus marquante par l’emploi du déterminant défini. De même, je n’ai pas été très convaincu par l’expression « meilleure fin de voyage » qui donne une impression un peu morbide (le dernier voyage…). Bravo par contre pour « L’Eldorado de fraternité ». Voilà une façon originale de se réapproprier le chapitre 18 de Candide !
« Le monde, c’est notre voyage à tous. [… Il faut] s’envoler vers les contrées inexplorées de l’esprit’ Je trouve ce passage très judicieux. La problématique selon laquelle le monde pourrait être un voyage suggère non seulement l’idée de progrès, mais en même temps elle amène symboliquement à l’idée de positivisme, donc de dynamisme social. En outre, l’expression de « contrées inexplorées » me semble appropriée car une contrée, par définition, c’est une « étendue de pays », donc on retrouve là encore l’idée d’un territoire à conquérir !
« Plus de justice sociale nous permettra d’évoluer, d’avancer sur la route de l’égalité. Nous devons voguer vers un monde meilleur, où tous les chemins mènent au bonheur. Il n’est pas trop tard pour nous envoler vers un monde plus respectueux des valeurs sans sombrer sous les nuages du racisme et de l’égoïsme. La métaphore filée apparaît bien ici. Le champ lexical de l’envol est exploité avec pertinence : l’opposition des nuages et du ciel renvoie de façon allégorique au malheur et au bonheur. Le filon aurait pu être d’ailleurs davantage creusé !

Propositions de corrigé

Concernant les interrogations oratoires, pas de problème, vous les maîtrisez bien. En revanche, j’ai été souvent déçu par les anaphores : à part « Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs »… Beaucoup d’entre vous sont en panne d’inspiration ! Par définition, l’anaphore se doit d’être originale. Répéter une formule banale ne sert strictement à rien, sinon à alourdir et à laisser une impression défavorable chez le correcteur (« Propos indigents, peu d’intérêt, manque d’originalité », etc.). Il faut au contraire choisir une formule frappante, susceptible de marquer votre lecteur ou votre auditeur. Pensez par exemple à l’univers de la chanson ; le refrain est caractéristique de l’anaphore : souvent les sonorités (allitérations ou assonances) peuvent jouer un rôle clé dans ce processus d’insistance. Dans sa chanson célèbre « SOS d’un terrien en détresse » (1978), Balavoine joue avec les allitérations en |s| qui créent ici une insistance pathétique et sollicitent l’attention de l’auditeur. L’anaphore est souvent investie par le destinataire d’une charge symbolique forte qu’il est intéressant d’exploiter. Regardez ce passage du discours de François Mitterrand, le 8 mai 1988, à l’annonce de sa victoire : outre la tonalité, empreinte de solennité et de lyrisme, les reprises anaphoriques, associées aux correspondances sonores en |o| permettent de renforcer l’impératif de la solidarité nationale : « Il y a trop d’angoisses, trop de difficultés, trop d’incertitudes pour trop des nôtres dans notre société, pour que nous oublions que le premier devoir est celui de la solidarité nationale. Chacun selon ses moyens doit concourir au bien de tous. »
 
La métaphore filée du voyage…

Le sujet vous invitait prioritairement à exploiter la métaphore filée sur le thème du voyage, du déplacement. L’éventail de mots à utiliser était très large : « chemin, route, avenue, autoroute, se déplacer, partir, là-bas, horizon, ailleurs, avenir, parcours/parcourir, itinéraire, horizon, etc. » Comment ne pas évoquer ici ces propos à juste titre si connus du Général de GAULLE à Matignon, lors de son retour au pouvoir le 13 juin 1958 ? « La route est dure mais qu’elle est belle ! Le but est difficile mais qu’il est grand ! Allons ! Le Départ est donné ! » Les mots de « route », de « but » et de « Départ » résonnent comme un « appel » (les Français de l’époque ont dû songer au célèbre « Appel » du 18 juin) vers la rénovation de la politique, et la fraternité. Comme vous le voyez, la métaphore filée joue avec les codes culturels et affectifs inscrits souvent dans l’inconscient collectif : c’est là  son intérêt dans le discours.
Mon corrigé

Pour ce corrigé, je suis resté dans le lyrisme politique et l’éloquence des exemples précédents afin de vous montrer comment une idée simple peut être exploitée sur le plan oratoire.

« Mesdames et Messieurs, frères d’armes et de larmes, un chemin s’ouvre à nous si vous le souhaitez. Mais d’abord, il faut accepter de courir le risque. Car je ne vous propose pas une aventure, ordinaire, commune, banale parmi d’autres… Non : l’aventure que je vous propose est l’Aventure humaine, la grande Aventure de l’Histoire et de l’Homme. Franchissons ensemble si vous le voulez les barrières de l’indifférence, les terrains clos de l’ethnocentrisme, les champs clôturés de la haine qui n’ouvrent aucune perspective. Partons vers Demain : l’avenir nous tend les mains.
Mesdames et Messieurs, frères d’armes et de larmes, le départ que je vous propose est d’abord une avancée vers plus de justice sociale, cette grande aventure que je vous demande de vivre avec moi, notre grande aventure ne pourra se faire qu’avec davantage de solidarité et de fraternité. Oui, c’est tous ensemble que nous réussirons. Ne dites pas que le départ est impossible. Auriez-vous peur d’être vous-même ? Ne croyez pas qu’une autre voie n’est pas envisageable. Abandonneriez-vous à l’indifférence et aux désillusions votre courage, vos valeurs, votre foi en l’espérance ?
Non : je sais que vous êtes capable de marcher sur la route qui se dessine devant vous. Qu’importent les pierres sur le chemin ? Nous réussirons. Qu’importent les obstacles ? Nous les franchirons. Qu’importent les montagnes puisqu’il y a des sommets à franchir et que nous les franchirons. Mesdames et Messieurs, frères d’armes et de larmes, je sais que les avenues de l’Histoire s’ouvriront devant nous si nous les empruntons. Regardez : la vie est en partance, de toute part des hommes et des femmes s’engagent dans le chemin.  Alors, la question que je vous pose aujourd’hui est simple : êtes-vous prêts à tenter l’Aventure ? Voulez-vous transformer une volonté en Histoire ? »
________________
Analyse…
Comme vous le voyez, j’ai également exploité ici la technique de la gradation ternaire : une série de trois mots vont en progression afin d’amplifier l’idée selon une logique de dramatisation : « les barrières de l’indifférence, les terrains clos de l’ethnocentrisme, les champs clôturés de la haine « . On a même ici une double gradation ternaire : barrières, terrains clos, champs clôturés d’une part ; indifférence, ethnocentrisme, haine d’autre part. Une bonne idée aussi est d’interpeller le destinataire en le faisant parler à sa place. Cela fonctionne très bien avec les interrogations oratoires selon une logique antithétique : « Ne dites pas que le départ est impossible. Auriez-vous peur d’être vous-même ? Ne croyez pas qu’une autre voie n’est pas envisageable. Abandonneriez-vous à l’indifférence et aux désillusions votre courage, vos valeurs, votre foi en l’espérance ?« . Au passage, vous remarquerez que la deuxième interrogation oratoire s’achève à nouveau sur une gradation ternaire : « courage, valeurs, foi » qui permet de faire passer l’action du terrain de la vertu (le courage) à celui de la morale (les valeurs) et enfin de l’adhésion spirituelle (la foi).

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Exercice n°2 : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer

Dans cet entraînement, je vous invite à travailler sur le réquisitoire et le plaidoyer. Ces exercices étant souvent proposés à l’EAF, il est important que vous les maîtrisiez. Tout d’abord, allez voir sur site-magister.com les rappels utiles consacrés aux techniques de persuasion, et plus particulièrement au registre oratoire. Comme vous le voyez, le plaidoyer et le réquisitoire sont évalués au Baccalauréat selon des critères précis que vous devez respecter.
Sujet : dans un discours devant un public de députés européens, vous cherchez à justifier ou au contraire à dénoncer la généralisation de l’Anglais comme langue de trvail unique au Parlement européen. Quelle que soit votre prise de position, vous rédigerez obligatoirement 3 paragraphes centrés chacun sur UNE seule idée. Vous devez donc trouver en tout TROIS idées, que vous exposerez selon une logique de progression (du moins important au plus important). Bien entendu, vous devez exploiter toutes les techniques oratoires vues jusqu’ici, y compris celles proposées dans le corrigé.

Rappel concernant la structure du paragraphe argumentatif… Un paragraphe argumentatif est composé de la façon suivante :
  1. On annonce l’idée.
  2. On la développe, on l’approfondit.
  3. On l’illustre avec un ou deux exemples.

Même si un discours n’obéira pas tout à fait à la même rigueur de construction qu’une dissertation (du fait même de sa charge émotionnelle et affective), il doit cependant respecter cette structure selon une logique clairement identifiable.
AVANT de commencer, regardez bien le tableau ci-dessous qui fait le point sur le plaidoyer et le réquisitoire.

PLAIDOYER

RÉQUISITOIRE

Qui parle ? Il s’agit d’un discours. Donc la fonction expressive du langage sera privilégiée (emploi du je + implication forte de l’énonciateur)
A qui ?

Utilisation de la fonction impressive (ou conative) : la fonction conative met l’accent sur le destinataire, en cherchant à agir sur lui : le but est de mettre en cause le récepteur (une personne, le public, vos lecteurs) en le contraignant à faire quelque chose qui va dans votre sens.

De qui,
de quoi ?
D’une personne ou d’une cause qu’on cherchera à défendre. D’une personne ou d’une cause qu’on cherchera à discréditer (le héros que l’on croyait n’est en fait qu’un coupable ; la thèse que certains défendent est fausse et illusoire).
Lexique Laudatif (louer quelqu’un, faire son éloge) et mélioratif (termes à connotation positive)

Péjoratif et dépréciatif

Registre

Lyrique, pathétique et injonctif

Polémique et injonctif

Procédés oratoires

Antithèses, Interrogations oratoires, anaphores, injonctions, exclamations exprimant l’émotion, la colère, l’indignation ; phrases rythmées sur le principe de la gradation ternaire, etc.

Parcours argumentatif visible et ciblé (cohérence des arguments, forte visée démonstrative, nécessité d’aller du moins important au plus important.

Bonne chance à vous. N’oubliez pas de me remettre vos propositions avant vendredi 27 mars, 21:00 pour bénéficier du bonus !

Guide méthodologique d’aide à l’expression écrite. Corrigé et entraînement n°2…

Classes de Première…

Voici le corrigé du premier exercice et le deuxième exercice (à rendre jeudi 26 mars). Désolé pour ce léger retard mais j’ai tenu compte d’une part des mouvements sociaux empêchant certains élèves de me rendre à temps leur travail lors du cours de Français le jeudi 19 mars. Par ailleurs l’organisation du Salon du Livre de Montargis où toutes les classes exposent, ainsi que la préparation de la Journée Portes Ouvertes m’ont demandé un très lourd investissement.
Rappel du calendrier d’entraînement :
  • Dimanche 8 mars : exploiter la métaphore filée, les anaphores, les interrogations oratoires
  • Samedi 21 mars : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer (+ corrigé n°1)
  • Vendredi 27 mars : structurer un paragraphe argumentatif (+ corrigé n°2)
  • Jeudi 02 avril : introduire et conclure un écrit d’invention (+ corrigé n°3)

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Entraînement n°1… Le corrigé !

Métaphore filée, anaphores, interrogations oratoires

Comme vous le savez, la métaphore filée est une métaphore qui se prolonge. En fait, c’est une succession de métaphores  ou de comparaisons développées, parfois dans tout un paragraphe et qui s’appuient le plus souvent sur un même réseau lexical. Si elle est très employée en poésie, la métaphore filée constitue également un procédé oratoire de premier plan. Il vous était demandé dans ce premier exercice de « filer » la métaphore dans un discours vous amenant à plaider pour plus de justice sociale. Vous deviez par ailleurs utiliser obligatoirement  le champ lexical du voyage ou du déplacement. Quelques erreurs ont été commises, mais il y a eu également de bonnes surprises. Voyons tout cela ensemble…

Au niveau des difficultés, le (rare) contresens a consisté pour certain(e)s à parler du voyage. Attention : là, c’est une faute majeure dans la mesure où le thème ne portait pas sur le voyage mais sur la justice sociale (le comparé). Le voyage constituait donc le comparant. 

Voyons maintenant quelques extraits de propositions. J’ai sélectionné une élève de Première ES4, et deux élèves de Première S5 :

Propositions d’élèves

L’avis du Prof

« Plus de justice sociale permettra d’améliorer les conditions de vie et le monde : il faut en effet briser les routes qui nous séparent, briser les routes de l’indifférence… »  Ici, l’idée de départ était convaincante ; en revanche, le verbe briser ne convient pas pour une « route ». De plus, le mot route a une connotation positive (la route, c’est ce qui conduit symboliquement à l’avenir) : il était donc maladroit d’associer le terme à un sens négatif. Il valait mieux par exemple utiliser le terme « barrière » qui suggère bien l’idée de fermeture et d’ethnocentrisme, par opposition à la route, symbole d’ouverture culturelle.
« Malheureusement, dans un monde où la loi du « chacun pour soi » plane sur la plupart des hommes, il est difficile pour les plus démunis de voguer tranquillement sur des rivières de bonheur. Marchons ensemble vers une nouvelle destination, vers une meilleure fin de voyage, vers un Eldorado de fraternité. » On repère bien ici la métaphore filée. Quelques termes en revanche semblent parfois un peu maladroits : l’adverbe « tranquillement » paraît un peu banal, associé à l’idée de bonheur, qui est un concept moral et spirituel fort. L’expression « rivières de bonheur » est une bonne idée mais personnellement j’aurais employé l’expression « les rivières du bonheur » plus marquante par l’emploi du déterminant défini. De même, je n’ai pas été très convaincu par l’expression « meilleure fin de voyage » qui donne une impression un peu morbide (le dernier voyage…). Bravo par contre pour « L’Eldorado de fraternité ». Voilà une façon originale de se réapproprier le chapitre 18 de Candide !
« Le monde, c’est notre voyage à tous. [… Il faut] s’envoler vers les contrées inexplorées de l’esprit’ Je trouve ce passage très judicieux. La problématique selon laquelle le monde pourrait être un voyage suggère non seulement l’idée de progrès, mais en même temps elle amène symboliquement à l’idée de positivisme, donc de dynamisme social. En outre, l’expression de « contrées inexplorées » me semble appropriée car une contrée, par définition, c’est une « étendue de pays », donc on retrouve là encore l’idée d’un territoire à conquérir !
« Plus de justice sociale nous permettra d’évoluer, d’avancer sur la route de l’égalité. Nous devons voguer vers un monde meilleur, où tous les chemins mènent au bonheur. Il n’est pas trop tard pour nous envoler vers un monde plus respectueux des valeurs sans sombrer sous les nuages du racisme et de l’égoïsme. La métaphore filée apparaît bien ici. Le champ lexical de l’envol est exploité avec pertinence : l’opposition des nuages et du ciel renvoie de façon allégorique au malheur et au bonheur. Le filon aurait pu être d’ailleurs davantage creusé !

Propositions de corrigé

Concernant les interrogations oratoires, pas de problème, vous les maîtrisez bien. En revanche, j’ai été souvent déçu par les anaphores : à part « Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs »… Beaucoup d’entre vous sont en panne d’inspiration ! Par définition, l’anaphore se doit d’être originale. Répéter une formule banale ne sert strictement à rien, sinon à alourdir et à laisser une impression défavorable chez le correcteur (« Propos indigents, peu d’intérêt, manque d’originalité », etc.). Il faut au contraire choisir une formule frappante, susceptible de marquer votre lecteur ou votre auditeur. Pensez par exemple à l’univers de la chanson ; le refrain est caractéristique de l’anaphore : souvent les sonorités (allitérations ou assonances) peuvent jouer un rôle clé dans ce processus d’insistance. Dans sa chanson célèbre « SOS d’un terrien en détresse » (1978), Balavoine joue avec les allitérations en |s| qui créent ici une insistance pathétique et sollicitent l’attention de l’auditeur. L’anaphore est souvent investie par le destinataire d’une charge symbolique forte qu’il est intéressant d’exploiter. Regardez ce passage du discours de François Mitterrand, le 8 mai 1988, à l’annonce de sa victoire : outre la tonalité, empreinte de solennité et de lyrisme, les reprises anaphoriques, associées aux correspondances sonores en |o| permettent de renforcer l’impératif de la solidarité nationale : « Il y a trop d’angoisses, trop de difficultés, trop d’incertitudes pour trop des nôtres dans notre société, pour que nous oublions que le premier devoir est celui de la solidarité nationale. Chacun selon ses moyens doit concourir au bien de tous. »
 
La métaphore filée du voyage…

Le sujet vous invitait prioritairement à exploiter la métaphore filée sur le thème du voyage, du déplacement. L’éventail de mots à utiliser était très large : « chemin, route, avenue, autoroute, se déplacer, partir, là-bas, horizon, ailleurs, avenir, parcours/parcourir, itinéraire, horizon, etc. » Comment ne pas évoquer ici ces propos à juste titre si connus du Général de GAULLE à Matignon, lors de son retour au pouvoir le 13 juin 1958 ? « La route est dure mais qu’elle est belle ! Le but est difficile mais qu’il est grand ! Allons ! Le Départ est donné ! » Les mots de « route », de « but » et de « Départ » résonnent comme un « appel » (les Français de l’époque ont dû songer au célèbre « Appel » du 18 juin) vers la rénovation de la politique, et la fraternité. Comme vous le voyez, la métaphore filée joue avec les codes culturels et affectifs inscrits souvent dans l’inconscient collectif : c’est là  son intérêt dans le discours.

Mon corrigé

Pour ce corrigé, je suis resté dans le lyrisme politique et l’éloquence des exemples précédents afin de vous montrer comment une idée simple peut être exploitée sur le plan oratoire.

« Mesdames et Messieurs, frères d’armes et de larmes, un chemin s’ouvre à nous si vous le souhaitez. Mais d’abord, il faut accepter de courir le risque. Car je ne vous propose pas une aventure, ordinaire, commune, banale parmi d’autres… Non : l’aventure que je vous propose est l’Aventure humaine, la grande Aventure de l’Histoire et de l’Homme. Franchissons ensemble si vous le voulez les barrières de l’indifférence, les terrains clos de l’ethnocentrisme, les champs clôturés de la haine qui n’ouvrent aucune perspective. Partons vers Demain : l’avenir nous tend les mains.

Mesdames et Messieurs, frères d’armes et de larmes, le départ que je vous propose est d’abord une avancée vers plus de justice sociale, cette grande aventure que je vous demande de vivre avec moi, notre grande aventure ne pourra se faire qu’avec davantage de solidarité et de fraternité. Oui, c’est tous ensemble que nous réussirons. Ne dites pas que le départ est impossible. Auriez-vous peur d’être vous-même ? Ne croyez pas qu’une autre voie n’est pas envisageable. Abandonneriez-vous à l’indifférence et aux désillusions votre courage, vos valeurs, votre foi en l’espérance ?

Non : je sais que vous êtes capable de marcher sur la route qui se dessine devant vous. Qu’importent les pierres sur le chemin ? Nous réussirons. Qu’importent les obstacles ? Nous les franchirons. Qu’importent les montagnes puisqu’il y a des sommets à franchir et que nous les franchirons. Mesdames et Messieurs, frères d’armes et de larmes, je sais que les avenues de l’Histoire s’ouvriront devant nous si nous les empruntons. Regardez : la vie est en partance, de toute part des hommes et des femmes s’engagent dans le chemin.  Alors, la question que je vous pose aujourd’hui est simple : êtes-vous prêts à tenter l’Aventure ? Voulez-vous transformer une volonté en Histoire ? »

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Analyse…

Comme vous le voyez, j’ai également exploité ici la technique de la gradation ternaire : une série de trois mots vont en progression afin d’amplifier l’idée selon une logique de dramatisation : « les barrières de l’indifférence, les terrains clos de l’ethnocentrisme, les champs clôturés de la haine « . On a même ici une double gradation ternaire : barrières, terrains clos, champs clôturés d’une part ; indifférence, ethnocentrisme, haine d’autre part. Une bonne idée aussi est d’interpeller le destinataire en le faisant parler à sa place. Cela fonctionne très bien avec les interrogations oratoires selon une logique antithétique : « Ne dites pas que le départ est impossible. Auriez-vous peur d’être vous-même ? Ne croyez pas qu’une autre voie n’est pas envisageable. Abandonneriez-vous à l’indifférence et aux désillusions votre courage, vos valeurs, votre foi en l’espérance ?« . Au passage, vous remarquerez que la deuxième interrogation oratoire s’achève à nouveau sur une gradation ternaire : « courage, valeurs, foi » qui permet de faire passer l’action du terrain de la vertu (le courage) à celui de la morale (les valeurs) et enfin de l’adhésion spirituelle (la foi).

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Exercice n°2 : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer

Dans cet entraînement, je vous invite à travailler sur le réquisitoire et le plaidoyer. Ces exercices étant souvent proposés à l’EAF, il est important que vous les maîtrisiez. Tout d’abord, allez voir sur site-magister.com les rappels utiles consacrés aux techniques de persuasion, et plus particulièrement au registre oratoire. Comme vous le voyez, le plaidoyer et le réquisitoire sont évalués au Baccalauréat selon des critères précis que vous devez respecter.

Sujet : dans un discours devant un public de députés européens, vous cherchez à justifier ou au contraire à dénoncer la généralisation de l’Anglais comme langue de trvail unique au Parlement européen. Quelle que soit votre prise de position, vous rédigerez obligatoirement 3 paragraphes centrés chacun sur UNE seule idée. Vous devez donc trouver en tout TROIS idées, que vous exposerez selon une logique de progression (du moins important au plus important). Bien entendu, vous devez exploiter toutes les techniques oratoires vues jusqu’ici, y compris celles proposées dans le corrigé.

Rappel concernant la structure du paragraphe argumentatif… Un paragraphe argumentatif est composé de la façon suivante :
  1. On annonce l’idée.
  2. On la développe, on l’approfondit.
  3. On l’illustre avec un ou deux exemples.

Même si un discours n’obéira pas tout à fait à la même rigueur de construction qu’une dissertation (du fait même de sa charge émotionnelle et affective), il doit cependant respecter cette structure selon une logique clairement identifiable.

AVANT de commencer, regardez bien le tableau ci-dessous qui fait le point sur le plaidoyer et le réquisitoire.

PLAIDOYER

RÉQUISITOIRE

Qui parle ? Il s’agit d’un discours. Donc la fonction expressive du langage sera privilégiée (emploi du je + implication forte de l’énonciateur)
A qui ?

Utilisation de la fonction impressive (ou conative) : la fonction conative met l’accent sur le destinataire, en cherchant à agir sur lui : le but est de mettre en cause le récepteur (une personne, le public, vos lecteurs) en le contraignant à faire quelque chose qui va dans votre sens.

De qui,
de quoi ?
D’une personne ou d’une cause qu’on cherchera à défendre. D’une personne ou d’une cause qu’on cherchera à discréditer (le héros que l’on croyait n’est en fait qu’un coupable ; la thèse que certains défendent est fausse et illusoire).
Lexique Laudatif (louer quelqu’un, faire son éloge) et mélioratif (termes à connotation positive)

Péjoratif et dépréciatif

Registre

Lyrique, pathétique et injonctif

Polémique et injonctif

Procédés oratoires

Antithèses, Interrogations oratoires, anaphores, injonctions, exclamations exprimant l’émotion, la colère, l’indignation ; phrases rythmées sur le principe de la gradation ternaire, etc.

Parcours argumentatif visible et ciblé (cohérence des arguments, forte visée démonstrative, nécessité d’aller du moins important au plus important.

Bonne chance à vous. N’oubliez pas de me remettre vos propositions avant vendredi 27 mars, 21:00 pour bénéficier du bonus !

Guide méthodologique d’aide à l’expression écrite. Entraînement n°1 : Métaphore filée, anaphores, interrogations oratoires

eaf.1236521947.jpgÉpreuve Anticipée de Français (EAF) : bientôt le deuxième baccalauréat blanc ! Les résultats souvent mitigés voire inquiétants pour certaines ou certains doivent les interpeller. Ce n’est pas tant au niveau de la question ou de la compréhension du corpus que les problèmes sont le plus préoccupants mais plutôt d’un point de vue analytique et rédactionnel. L’écrit d’invention en particulier a été décevant lors du premier examen blanc, pour des raisons qui tiennent à une mauvaise prise en compte des consignes posées et de l’utilisation du temps. De fait, beaucoup d’entre vous éprouvent des difficultés à comprendre ce qui est attendu d’eux, plus particulièrement d’un point de vue stylistique et rédactionnel. C’est la raison pour laquelle chaque semaine avant le prochain examen blanc, je reviendrai sur la méthodologie de l’écrit d’invention.
        
Calendrier d’entraînement :
  • Dimanche 8 mars : exploiter la métaphore filée, les anaphores, les interrogations oratoires
  • Jeudi 19 mars : rédiger un réquisitoire ou un plaidoyer (+ corrigé n°1)
  • Jeudi 26 mars : structurer un paragraphe argumentatif (+ corrigé n°2)
  • Jeudi 02 avril : introduire et conclure un écrit d’invention (+ corrigé n°3)

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Entraînement n°1

Métaphore filée, anaphores, interrogations oratoires

De nombreux sujets vous amènent à devoir rédiger une lettre, un discours, un article de presse, etc. Malgré les apparences, ces sujets obéissent tous à la même règle. Si vous êtes malin, préparez-vous deux ou trois modèles-type qui vous aideront à aller plus vite dans la recherche des idées, et de consacrer davantage de temps à la rédaction. Il vous suffira de modifier certains aspects en fonction du sujet à traiter (en travaillant surtout les expansions nominales).

1. La métaphore filée

Prenons un sujet type : il vous est demandé par exemple de rédiger un discours vous amenant à plaider pour plus de justice sociale. Si vous êtes astucieux, vous allez exploiter la technique de la métaphore filée. Comme vous le savez, on entend par là une métaphore qui se prolonge, qui est développée à travers un même réseau lexical. Si vous avez du mal à trouver ou à formuler vos idées, la métaphore filée constitue une aide précieuse. Imaginons un candidat qui n’a que peu d’arguments, par exemple « plus de justice sociale permettra d’améliorer les conditions de vie et le monde ». Malgré sa justesse, l’idée en elle-même est assez pauvre et banale du fait de son manque d’originalité. Néanmoins, vous allez voir comment une métaphore filée peut la transformer. Pensez par exemple au champ lexical de la construction : « rebâtir, construire, fondations, pierre, maison, édifice, murs… » etc.

Reprenons maintenant notre idée de départ en l’étayant grâce à une métaphore filée :

« Plus de justice sociale permettra d’améliorer les conditions de vie et le monde : il faut en effet que tous les murs qui séparent les hommes tombent : mur de l’indifférence, mur du racisme, mur de l’égoïsme. Le monde n’est pas seulement un ensemble de continents, c’est notre maison commune. En ce début de vingt-et-unième siècle, il est peut-être temps de rebâtir le monde pour plus de justice sociale, de construire une nouvelle société, plus humaine, plus fraternelle. I1 nous appartient de poser les fondations d’un monde plus respectueux des valeurs communes. Un nouvel humanisme est nécessaire ! Alors que le vieil édifice s’écroule, des voix rappellent qu’il faut poser la première pierre de la fraternité ! »

2. Même exemple que précédemment mais avec des anaphores et des interrogations oratoires :

« Mesdames, Messieurs, Chers frères humains, voilà ce que je vous propose : il faut que tous les murs qui séparent les hommes tombent : mur de l’indifférence, mur de la misère, mur de l’égoïsme. Peut-on accepter de vivre ainsi ? Avons-nous été créés pour nous déchirer ? Pour nous haïr ? Plus de justice sociale ne permettrait-elle pas d’améliorer les conditions de vie et le monde ?

Mesdames, Messieurs, Chers frères humains, notre monde en effet n’est pas seulement un ensemble de continents, c’est notre maison commune. Devons-nous accepter de laisser mourir cette maison et d’en voir s’écrouler les fondations? Devons-nous nous résoudre à partir en laissant les clés sur la porte ? Notre terre doit-elle être condamnée à devenir une maison abandonnée ? En ce début de vingt-et-unième siècle, il est peut-être temps de rebâtir le monde, de construire une nouvelle société, plus humaine, plus fraternelle.

Mesdames, Messieurs, Chers frères humains, il nous appartient de poser les fondations d’un monde plus respectueux des valeurs communes. Un nouvel humanisme est nécessaire ! Alors que le vieil édifice s’écroule, des voix rappellent qu’il faut poser la première pierre de la fraternité ! »

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3. Gagner des points pour la moyenne… C’est trop facile ! Faites chaque semaine l’exercice d’entraînement proposé ! Durée :1 heure (à 1h15) environ.

  • Exercice n°1 : Gardez le sujet de départ et refaites l’exercice en respectant le même ordre : 1) métaphore filée, 2) métaphore filée + anaphores et interrogations oratoires) mais en utilisant le champ lexical du voyage ou du déplacement (route, partir, etc.) : comme vous l’avez vu, c’est d’abord un travail de style et d’approfondissement qui est attendu de vous. Jeudi prochain à 21 heures précises, je mettrai en ligne un corrigé type avec le deuxième entraînement. D’ici là, vous pouvez m’envoyer en ligne vos contributions ou me les remettre en cours (Jeudi prochain dernière limite). Elles seront prises en compte comme bonus dans le calcul de la moyenne du troisième trimestre (selon les modalités expliquées en cours). Attention : pour bénéficier du bonus, vous devez impérativement faire les 4 exercices en respectant le calendrier proposé ! Bon courage !

BTS blanc du 20 février… Rapport du Jury…

Voici le rapport que j’ai établi pour ce BTS blanc, sur la base des remarques de ma collègue et de mes propres observations.

Rappel du sujet

  • Corpus :
  • Consignes :
    • Première partie (synthèse) : Vous ferez une synthèse concise, objective et ordonnée des documents du corpus
    • Deuxième partie (écriture personnelle) : Selon vous, le mot “star” a-t-il encore un sens aujourd’hui?
  • Un bilan fortement nuancé…

    La moyenne générale est de 8,77. Les écarts de notes entre correcteurs sont infimes pour la synthèse, à peine plus marqués pour l’écriture personnelle :

    • Synthèse : 17,7/40 pour le correcteur 1 (moi), 18/40 pour le correcteur 2 ;
    • Écriture personnelle : 07,3 pour le correcteur 1, 08,3/20 pour le correcteur 2.

    Reconnaissons-le : les notes sont décevantes. La raison principale tient au fait que beaucoup d’étudiantes n’ont sans doute pas mesuré les enjeux de cet examen blanc. Quand je suis arrivé dans la salle pour prendre la relève de la surveillance, j’ai été un peu « étonné » (c’est un euphémisme) de voir des téléphones portables posés sur certaines tables… De même, en parcourant l’intitulé des copies, j’ai lu « contrôle » sur l’une d’elles alors qu’il s’agit d’un examen… Ce sont des signes qu’il faut savoir interpréter : à l’évidence, vous n’avez pas suffisamment pris en compte la nature de l’épreuve. La préparation personnelle a d’ailleurs été insuffisante : au niveau de la synthèse de documents, les fautes les plus élémentaires se sont multipliées (textes non présentés parfois, annonce du plan oubliée dans l’introduction, etc.). Quant à l’écriture personnelle, oserais-je mentionner ici ce qui est plus grave encore ? Le fait d’avoir arrêté de travailler une heure avant la fin de l’épreuve pour la moitié d’entre vous. C’est tout bonnement inadmissible : quatre heures, c’est quatre heures, et pas trois heures trente, et encore moins trois heures ! Ma collègue et moi-même serons clairs sur ce point : la durée de l’épreuve revêt une importance cruciale : si vous n’utilisez pas le temps dont vous disposez, beaucoup d’entre vous ne pourront pas réussir.

    Je voudrais donc profiter de ce rapport pour dresser un bilan critique des problèmes qui se sont posés et rappeler un certain nombre de règles ou conseils utiles pour l’examen.

    L’orthographe et la syntaxe.

    Elles ont été pour quelques unes d’entre vous désastreuses. Si cette remarque vous fait sourire, n’oubliez pas qu’au-delà de l’examen du BTS, vous êtes censées être des professionnelles assistant des chefs d’entreprise. À la lecture de certaines copies, ma collègue et moi-même sommes restés sans voix : près de 50 fautes d’orthographe dans deux devoirs ! C’est tout bonnement inadmissible : sachez qu’un grand nombre d’impropriétés grammaticales dans une lettre de candidature à un emploi est éliminatoire. Pour en rester au niveau de l’examen, je peux vous dire qu’un correcteur au BTS interprète en général de tels manquements non pas comme l’indice d’une méconnaissance regrettable (surtout pour des fautes relevant de l’école primaire) mais comme un relâchement, une négligence coupable, une désinvolture à l’encontre de l’épreuve. Comment un candidat peut-il prétendre assister un chef d’entreprise, alors qu’il néglige ces bases les plus élémentaires de la communication que sont l’orthographe et la syntaxe ? On ne fait pas mieux pour dévaloriser un diplôme ! Pour parler chiffres, une orthographe et une syntaxe relâchées vous feront perdre entre 3 et 4 points.

    Voici par exemple quelques extraits qui en disent long sur les problèmes évoqués ci-dessus :

    « Le mot « star » a toujours un sens car, il y a une grande differénce qui permet de dire que le mot star signifit toujours quelque chose. Ces personnes célèbres pour la plus part, ils ont un réel talent ».

    Dans ce court extrait, l’accumulation des fautes pose évidemment problème : le mauvais placement de la virgule (après « car » au lieu d’être avant), la répétition de l’adverbe « toujours », l’accent aigu mal positionné sur le nom « différence », la terminaison du verbe « signifier », le mot « plupart » mal orthographié. Et que dire de la double faute sur « ils » : grammaticalement, c’est incorrect puisque le sujet est « personnes », nom féminin, mais syntaxiquement c’est une impropriété totale. Il aurait fallu écrire : « Ces personnes célèbres ont pour la plupart un réel talent ».
    « Le problème que l’on pourrait se poser est : est-ce que le mot « star » a-t-il encore un sens? » 
    Au lieu de : est-ce que le mot « star » a encore un sens? » ou bien : « le mot « star » a-t-il encore un sens? »

    Les impropriétés lexicales ou sémantiques

    « Tout d’abord, Edgar Morin dans Les Stars critique le capitalisme« .
    Il y a erreur ici : le but de l’auteur est d’envisager de façon critique le « star-system » et non de critiquer le système capitaliste.
    « Il serait alors intéressant de nous interroger sur la star et sa vie. Pouvons-nous dire que l’on aimerait vraiment vivre comme ces stars? »
    Le problème majeur de ce passage extrait d’une introduction de synthèse est qu’il problématise mal le corpus : la candidate sort du thème (la fascination exercée par les stars, le marketing, etc.) pour dévier sur un autre problème : « aimeriez-vous vivre comme les stars? ». Aucun auteur n’aborde explicitement ce questionnement!
    « En effet, pour certains, la star est assimilée à tout autre chose« 
     Les expressions « pour certains » ou « tout autre chose » ne sont pas judicieuses ici : qui sont « certains »? Des journalistes? Des critiques? Des essayistes? De même, l’expression « tout autre chose » ne renseigne en rien sur l’idée.
    « Le mot « star » ne renvoit pas à son sens premier qui est le talent mais à tout autre domaines« .
    Outre l’orthographe, ce qui est gênant ici c’est d’abord la relation analogique trop arbitraire entre le talent et la star, mais surtout l’expression « tout autre domaine » manque de précision, puisqu’elle n’éclaire pas  le lecteur.
    « De tout temps, on n’a jamais été donné à se faire voir« 
    Il s’agissait de la première phrase de l’introduction ! D’entrée, un tel charabia ne prédispose pas favorablement le correcteur!

    Les répétitions et incohérences logiques

    « Tout d’abord, nous verrons que dorénavant la star est assimilée à la société de consommation et donc tend plus à une destinée capitaliste. Cependant, nous verrons que toutefois… »
    La question que l’on pourrait poser ici est de savoir si la candidate s’est relue : le verbe voir répété deux fois, la multiplication des connecteurs logiques (tout d’abord, donc, cependant, toutefois) rend le texte difficile à  comprendre. On pourrait relever également l’expression « destinée capitaliste » qui n’a pas vraiment de sens ici.
    « Une vraie star est une personne très connue qui est et reste populaire pendant des années […].  Une vraie star est une personne qui est et reste connue des années« .
    De telles redites à quelques lignes d’intervalle sont évidemment lourdement pénalisées.

    Les erreurs sur les genres ou les types

    Beaucoup de candidates se sont trompées sur les genres des textes en qualifiant d' »article » ou même de « roman » l’essai d’Edgar Morin. De même, à propos d’Ingrid Caven de Jean-Jacques Schuhl, deux candidates ont parlé d’article ou d’essai. Pourtant, le paratexte devait vous mettre sur la voie : « Le narrateur évoque Ingrid Caven, chanteuse et actrice née en 1944 (elle vit actuellement avec l’auteur du roman) ». Les termes de « narrateur » et de « roman » étaient ici très clairs. Dans une copie, nous avons trouvé l’expression : « Edgar Morin raconte » : si l’auteur « raconte », c’est que le texte est narratif!

    Je pourrais multiplier les exemples à l’envi (*) ! Je me bornerai ici à rappeler quelques points essentiels.

    La gestion du temps pendant l’épreuve

    La gestion de votre temps est fondamentale. C’est elle qui conditionne en grande partie la réussite de l’épreuve.
    Vous disposez de 4 heures : vous devez donc être structurées par ces 4 heures (et non trois heures!). À chaque session, un nombre important de candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail. Un conseil que je vous avais déjà donné en cours : lisez rapidement les textes et ne vous perdez pas dans des questionnements indéfinis si vous n’avez pas compris un terme ou une expression. Allez à l’essentiel en adoptant une lecture rapide. Le premier avantage de la lecture rapide est évidemment le gain de temps : moins vous mettrez de temps pour lire le corpus, plus vous pourrez structurer le plan de votre synthèse et améliorer les qualités rédactionnelles de vos travaux.

    Attention toutefois, car lire vite et donc mieux est un atout mais le but de l’épreuve n’est pas de lire tous les documents en un minimum de temps ; c’est de les comprendre. Le bon lecteur absorbe un grand nombre d’informations, dépouille une documentation, cherche rapidement un chiffre ou une information dans un texte. Mais il ne suffit pas de les enregistrer, encore faut-il les traiter correctement en hiérarchisant les informations. Trois opérations sont indispensables, lors de l’épreuve :

    1. répartir son temps,
    2. analyser le sujet,
    3. mobiliser ses connaissances.

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    1. Répartir son temps : entraînez-vous impérativement chez vous pour savoir d’avance quels sont vos points forts et vos limites. Voici 2 exemples de gestion du temps pour l’écriture personnelle, en fonction de sensibilités et de compétences différentes. Voyez celui qui vous convient le mieux :

      • cas de figure n°1 : le travail d’écriture personnelle durant 1h30 environ (en comptant qu’on a passé 2h30 sur la synthèse), comptez 20 minutes pour la recherche des idées ; 10 minutes pour l’élaboration du plan ; 30 minutes pour le développement ; 10 minutes pour l’introduction ;10 minutes pour la conclusion ; 10 minutes pour la relecture.

      • cas de figure n°2 : analyse du sujet, 10 minutes. Pensez à Lire et à comprendre le sujet. Il exige toujours une grande rigueur logique dans l’appréciation de la problématique posée. Prise de notes pour la préparation du sujet : 20 minutes. Plan : thèse, antithèse, etc. 20 minutes. Rédaction : 40 minutes. Relecture : 10 minutes (5 minutes au pire). Votre relecture doit être attentive. L’idéal étant de relire votre copie comme si elle était écrite par un autre.

    2. Analyser le sujet : la plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le stress en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé.Tout d’abord, lisez plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage. Un conseil au passage : lisez l’intitulé du sujet d’écriture personnelle AVANT de lire le corpus. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, c’est le sujet d’écriture personnelle qui va conditionner et orienter votre lecture des documents.

    3. Mobiliser ses connaissances en cernant le sujet. Rappelez-vous de ces quatre lettres : « T.L.P.C. ».

      1. Le Thème (T) : il s’agit de déterminer le champ dans lequel se situe le sujet (par exemple « Faire voir » ou « le détour », et d’établir des comparaisons avec d’autres thèmes afin d’enrichir l’écriture personnelle.

      2. Les limites (L) : il est essentiel de déterminer les limites d’un thème, d’un sujet : une étudiante a cru bon dans le travail de synthèse d’évoquer Orwell et Big Brother : très franchement, quel rapport avec un sujet portant sur le star-system? Cette question des limites du thème est fondamentale. Ne pas en tenir compte, c’est courir le risque du hors-sujet. Prenons par exemple cet extrait de devoir : « Quant à l’affiche du quarante-sixième festival international du Film en 1993, elle nous montre bien l’importance de l’image de la star et combien ce film doit être spectaculaire… ». Ici, la candidate est en train de dévier sur une autre question qui est la spectacularisation de l’image dans les médias. Mais ce n’était pas du tout l’angle d’approche de ce corpus !

      3. La Problématique (P) : c’est-à-dire les différentes façons de poser le problème, d’envisager différents points de vue, les particularités, les solutions… Le plus important ici est de questionner le sujet : par exemple, pourquoi y a-t-il eu des stars? Par rapport à quoi ? Pourquoi parle-t-on davantage maintenant de « People » et moins de stars? etc.

      4. La Consigne (C). Vous devez évidemment la respecter scrupuleusement en vous posant toujours cette question : « Qu’est-ce qu’on attend de moi exactement? »

    La synthèse de documents.

    Le but de l’épreuve est de dégager les éléments essentiels d’un dossier et les organiser selon un point de vue et en fonction d’objectifs déterminés. Le corpus présenté, largement tourné autour de la sphère cinématographique, abordait deux aspects clés du « star-system » : la fascination et le marketing. Il était essentiel de bien cerner les limites du sujet et de ne pas s’en écarter. Certaines candidates ont cru bon d’aborder dans la synthèse la question des people et de la télé-réalité. Cela ne convenait pas, en tout cas, pour la synthèse.
    Trois grands champs de compétences sont évalués le jour de l’examen :
    1. La compréhension synthétique des documents (dégager les idées principales d’un texte et les reformuler) ;
    2. La visée démonstrative du raisonnement par confrontation des documents ;
    3. Les qualités d’expression, de style, etc.

    • Comme vous le voyez, la lecture des documents se doit d’abord d’être fidèle et synthétique : allez toujours vers l’interprétation textuelle globale. Un point de détail n’est intéressant à remarquer que s’il conduit vers une interprétation d’ensemble (mettre en évidence la problématique du corpus). Il est évident qu’une restitution fidèle des documents exige une lecture attentive et objective. L’exemple qui suit est caractéristique  de ce qui est fortement pénalisé lors d’une épreuve :

    « Dans le roman de J.-J. Schuhl, nous pouvons voir une mise en scène de la femme marionnette. L’auteur idéalise cette personne. Il n’y a plus de frontière entre le réel et le surnaturel. Le medium communique avec les choses matérielles. Nous pouvons donc rattacher ceci au Big Brother. Plus aucune limite entre la vie privée et professionnelle. Tout se sait grâce ou à cause d’une « police de la pensée ».

    Un tel texte laisse perplexe : la question qu’on peut en effet se poser est de savoir pourquoi la candidate a surinterprété un document pourtant assez simple (le texte de J.-J. Schuhl ne présentait aucune difficulté de compréhension) ? Quel rapport entre la star-pantin manipulée sur la scène et l’idée de manipulation politico-idéologique propre à la contre-utopie d’Orwell? Ici, non seulement nous avons affaire à un contresens mais qui plus est à un commentaire personnel (la « police de la pensée »). Je ferai une remarque assez similaire concernant une étudiante qui dans un devoir très sérieux par ailleurs fait référence explicitement à Shakespeare en affirmant à propos du texte de Schuhl et de l’affiche de Cannes que « le monde entier est un théâtre ». Cette citation n’a rien à faire dans la synthèse puisque le propre de l’épreuve est de s’en tenir au corpus. De plus, elle faussait l’interprétation des documents. À la rigueur, on pouvait l’exploiter dans l’écriture personnelle (Stars et télé-réalité) même si ce passage d’une tirade célèbre convient peut-être mieux pour des problématiques comme la politique-spectacle, le vrai et l’illusion, le réel et le virtuel, etc.

    Comprenez bien que le but n’est pas de stigmatiser ici tel ou tel candidat au BTS, mais de bien faire comprendre les exigences de forme et de fond attendues lors de l’épreuve. La synthèse de documents est un exercice qui ne s’improvise pas : c’est avant tout un exercice de rigueur et de réflexion.

    • Attention aussi à ne pas oublier de document ! Une étudiante sans doute peu inspirée par le texte de J.-J. Schuhl a tout simplement oublié d’en parler dans sa synthèse ! Je vous rappelle donc les instructions officielles : vous devez faire une référence explicite à tous les documents du corpus : toute omission est lourdement sanctionnée.

    • Au niveau de l’organisation de la synthèse, quelques candidates, abusées peut-être par la simplicité apparente du dossier, se sont limitées à un plan « linéaire », se contentant de juxtaposer de façon mécanique et non réfléchie les analyses de documents : cela les a amenées trop souvent à écrire ce qui leur venait à l’esprit, sans logique thématique ou démonstrative, et bien sûr à faire de la paraphrase de textes au détriment d’une confrontation critique. N’oubliez pas que cela entraîne presque toujours le refus de la moyenne. Vous devez adopter un plan « dynamique » vous amenant à mettre en perspective les documents entre eux.

    • Concernant l’introduction (je ne reviens pas sur ce que j’ai déjà évoqué), je rappelle que si vous ne présentez pas les documents en introduction, vous devez impérativement les identifier précisément lors de leur première utilisation : à ce sujet, que d’oublis de date, éditeurs, année de publication, date de parution pour un article de journal, etc. J’insiste en outre sur la nécessité de rappeler le thème et de situer la problématique par rapport à ce thème. Quant au plan, il est bien entendu nécessaire de l’annoncer dans l’introduction.

    • La conclusion : certaines candidates se croient toujours obligées malgré tout ce qui a été dit, de proposer une « conclusion personnelle ». Dans la mesure où l’on vous demande ensuite de rédiger un travail d’écriture personnelle, il s’avère donc inutile (et souvent maladroit) de rédiger quelques lignes, le plus souvent indigentes, quant à votre point de vue. Tenez-vous-en au corpus en employant quelques formules conclusives amenant à un bilan global.

    L’écriture personnelle

    La longueur attendue est de deux pages. Les jurys d’examen souhaitent un travail achevé (introduction, développement, conclusion) et construit selon une logique démonstrative. Dans le cas présent, la question posée vous invitait implicitement à opposer la star d’hier, objet de rêve et de fascination, aux people d’aujourd’hui. Le supplément de cours publié récemment sur ce site (« Les people et l’image : entre sublimation et désublimation« ) constituait une aide appréciable, à la condition évidemment d’avoir travaillé sérieusement sur le sujet. Le problème qui s’est posé pour certaines d’entre vous a été la redite du corpus : l’écriture personnelle, comme son intitulé l’indique, se doit d’amener et de justifier un point de vue personnel : ce n’est donc pas une paraphrase des textes. Une bonne copie est celle qui, prenant la problématique du corpus comme un point de départ, est capable de défendre une prise de position nourrie de réflexions personnelles vis-à-vis des thèses des auteurs. À ce titre, que de plans catalogue dont l’argumentation ne progressait pas!

    Vous avez souvent opté pour un plan en deux parties. C’était tout à fait acceptable, sous réserve cependant qu’on perçoive une discussion critique. Attention au caractère parfois très sclérosant du plan antithétique, qui finit par un travail du type : le pour et le contre. De là des essais argumentatifs amenant à la présentation stéréotypée et impersonnelle d’un problème, quand le jury recherche avant tout la qualité de la discussion d’idées ou d’une thèse, la progression du raisonnement, la rigueur de la démonstration, la capacité du candidat à réfléchir par lui-même.

    Au risque de surprendre peut-être certaines étudiantes, je rappelle que l’écriture personnelle n’est pas un paragraphe argumentatif, encore moins une rédaction « au fil de la plume ». Il s’agit d’évaluer les capacités de l’étudiant à mobiliser ses connaissances et sa culture tout en utilisant des outils intellectuels nécessaires à la conduite cohérente et logique d’une démonstration visant à une prise de position. On attendait à ce titre un minimum de culture générale. Je ne reviens pas sur l’orthographe et la syntaxe : j’en ai longuement parlé au début : je rappelle simplement que trop de maladresses de style ou d’expression est extrêmement pénalisant : jusqu’à 3 points (sur 20) rien que pour l’écriture personnelle !

    Proposition de remédiation

    Je souhaite que les étudiantes volontaires reprennent ce travail de façon sérieuse et méthodique, Vous possédez en effet largement le potentiel pour réussir : ce relatif échec comme je l’ai dit est dû essentiellement à un relâchement ponctuel. Si vous n’avez pas gardé le sujet avec vous, demandez-le moi : je vous le ferai parvenir par courriel. J’attacherai la plus grande importance à ce travail de remédiation. Il n’est nullement obligatoire bien entendu mais je vous recommande fortement de le faire.

    Dans tous les cas, vos travaux complets devront me parvenir par voie électronique avant le 16 mars 2009, afin que je puisse vous rendre vos travaux le 23 mars, jour de votre reprise.  Les deux étudiantes absentes doivent évidemment traiter le sujet.

    Pour vous aider concernant le plan de la synthèse… Dans une première partie, vous pouvez vous intéresser au statut de la star. Premier  paragraphe : Quoi? Définitions du mot (performances, talent, toute-puissance, etc.), deuxième paragraphe : Comment ? Exposition médiatique, manipulation, etc. Dans une deuxième partie, vous pouvez aborder la question de la fascination qu’exercent les stars (Pour quoi?) selon une double perspective : pensez à confronter les documents : E. Morin ou la journaliste R. Azimi ont une vision plus matérielle et mercantile de la star, tandis que Jean-Jacques Schuhl ou l’affiche du festival de Cannes semblent célébrer davantage sa dimension quasi mythique.

    Quant à l’écriture personnelle, je fais confiance à votre investissement. Inutile cependant d’en écrire trop : rédigez un travail fortement structuré et argumenté, avec un bon niveau de connaissance, d’analyse et de réflexion personnelle. N’oubliez pas de consulter la fiche de synthèse distribuée en cours sur les essais (Morin, Debord, etc.). Vous devez l’exploiter. Je serai intraitable concernant l’orthographe et j’appliquerai à la lettre les consignes données aux correcteurs lors de l’examen :

    • Jusqu’à 10 fautes, on ne pénalise pas
    • Entre 10 et 15 fautes : -1/20
    • Entre 16 et 20 fautes : -2/20
    • Au-delà : -3 à -4/20

    Pensez à m’envoyer vos travaux avant le 16 mars. Si vous avez besoin d’un conseil sur un point précis, vous pouvez m’adresser un courriel. Bon courage pour votre stage. N’oubliez pas de consulter régulièrement le cahier de texte afin de vous entraîner (il y aura d’autres supports de cours ainsi que des exercices d’entraînement).

    Bruno Rigolt

    __________

    (*) à l’envi : toujours plus, à l’excès.

    Sections d’examen : calendrier prévisionnel de publication en ligne des supports de cours

    Afin de permettre aux étudiant(e)s de mieux planifier leur travail, j’actualiserai chaque semaine le calendrier de mise en ligne des supports de cours. Ce calendrier ne concerne que les articles destinés aux sections d’examen.

    Classes de Première :

    • EAF Méthodologie du commentaire organisé : mise en ligne dimanche 8 février, 21:00 Mis en ligne
    • Support de cours Séquence 3 Le style de Voltaire dans Candide : mise en ligne dimanche 8 mars, 21:00
    • Support de cours Séquence 3 Candide ou le combat des Lumières : mise en ligne lundi 2 mars, 21:00 (reportée au mercredi 4 mars).

    BTS PME2 :

    • Thème 2 Romantisme et détour : mise en ligne mercredi 4 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 2 Support de cours. Le détour, thème et variations : mise en ligne dimanche 8 février, 21:00 Mis en ligne
    • Entraînement BTS n°1 (Le détour) : mise en ligne mardi 10 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 1 L’image People : entre sublimation et désublimation : mise en ligne dimanche 15 février, 21:00 Mis en ligne
    • BTS blanc du 20 février. Rapport du jury : Le dossier de synthèse et l’écriture personnelle : mise en ligne lundi 23 février Mis en ligne
    • Thème 2 Langage et Sémiotique du détour : mise en ligne vendredi 27 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 2 Sociologie du détour : crise des modèles et ruptures sociétales : mise en ligne samedi 28 février, 21:00 Reportée (après les vacances d’hiver).
    • Entraînement BTS n°2 (Faire voir) : mise en ligne mardi 24 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 1 L’image de soi à la télévision ; du corps biologique au corps médiatique : mise en ligne mardi 3 mars, 21:00 Reportée (après les vacances d’hiver).
    © Bruno Rigolt, Les articles de ce blog sont protégés par copyright. Vous pouvez les utiliser librement à titre privé. Leur diffusion ou inclusion dans un support public doit mentionner explicitement le nom de l’auteur et l’origine de la source (http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/). Tous les autres documents (textuels, iconographiques) mentionnés dans ce blog sont la propriété exclusive de leurs auteurs ou de leurs détenteurs respectifs. Merci à eux d’en faciliter l’exploitation à des fins pédagogiques.

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    Classes de Première :

    • EAF Méthodologie du commentaire organisé : mise en ligne dimanche 8 février, 21:00 Mis en ligne
    • Support de cours Séquence 3 Le style de Voltaire dans Candide : mise en ligne dimanche 8 mars, 21:00
    • Support de cours Séquence 3 Candide ou le combat des Lumières : mise en ligne lundi 2 mars, 21:00 (reportée au mercredi 4 mars).

    BTS PME2 :

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    • Thème 2 Support de cours. Le détour, thème et variations : mise en ligne dimanche 8 février, 21:00 Mis en ligne
    • Entraînement BTS n°1 (Le détour) : mise en ligne mardi 10 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 1 L’image People : entre sublimation et désublimation : mise en ligne dimanche 15 février, 21:00 Mis en ligne
    • BTS blanc du 20 février. Rapport du jury : Le dossier de synthèse et l’écriture personnelle : mise en ligne lundi 23 février Mis en ligne
    • Thème 2 Langage et Sémiotique du détour : mise en ligne vendredi 27 février, 21:00 Mis en ligne
    • Thème 2 Sociologie du détour : crise des modèles et ruptures sociétales : mise en ligne samedi 28 février, 21:00 Reportée (après les vacances d’hiver).
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    • Thème 1 L’image de soi à la télévision ; du corps biologique au corps médiatique : mise en ligne mardi 3 mars, 21:00 Reportée (après les vacances d’hiver).
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    Concours d’expression orale… Entraînement n°2

    Savoir prendre la parole en public… une exigence indispensable pour votre vie future.

    Au-delà de ce concours, vous verrez combien votre vie scolaire (à commencer par l’oral du Bac) vous amènera de plus en plus à devoir prendre la parole en public. Un très grand nombre de formations (BTS, DUT, Grandes Écoles de Commerce ou d’Administration, licences, masters…) conditionnent l’inscription définitive (outre les résultats scolaires) à la réussite d’un entretien de sélection dans lequel la motivation mais aussi la prise de parole en public sont déterminants. Certains oraux, comme celui d’HEC par exemple, se passent non seulement devant un public, mais dans le cadre d’un entretien à plusieurs : le candidat retenu étant celui qui aura su imposer son leadership et son charisme face à d’autres étudiants ! 

    Quant à la vie professionnelle, vous verrez que les entreprises multiplient les occasions de devoir prendre la parole en public : beaucoup d’entretiens d’embauche sont en fait des entretiens de groupe ! Cas de figure classique : plusieurs candidats sont réunis ensemble autour d’un recruteur qui observe les réactions : untel qui aura du leadership saura se mettre en avant… Tel autre parlera pour ne rien dire… Celui-ci saura gérer son capital émotionnel tandis qu’un autre répondra correctement mais ne maîtrisera pas sa voix…

    Les compétences requises pour le concours…

    La prise de parole en public requiert plusieurs compétences. Voici cette semaine quelques conseils pour affronter l’épreuve…

    1. Commencez d’abord à vous préparer « physiquement » à la prise de parole. Choisissez avec soin votre tenue ce jour-là : certes, ce n’est pas un défilé de mode, mais vous parlerez d’autant mieux que vous vous sentirez à l’aise dans vos vêtements. N’oubliez pas non plus que la principale difficulté… C’est vous : donc inutile de vous mettre trop la pression avant! Soyez sûr(e) de vous : partez gagnant(e) en vous disant que de toute façon vous n’avez strictement rien à perdre. Dès que vous rentrez, pensez aussi à dire Bonjour ! Cela paraît évident mais parfois, avec le trac…
    2. Regardez votre public. N’oubliez pas non plus que même si une personne du jury ne semble pas faire attention à votre présence quand vous parlez, cela ne veut rien dire : elle donnera un avis sur vous juste après votre départ. Donc regardez tout le monde (et pas seulement une seule personne parce qu’elle vous aura regardé(e) avec bienveillance ou parce que vous la connaissez (votre prof par exemple). Veillez également à vous tenir correctement : inutile de se raidir, mais il ne faut pas non plus être avachi !
    3. Improviser… Mais pas trop ! Bien sûr, le concours exige une certaine part d’improvisation, mais n’en faites pas trop non plus, car cela risquerait de vous entraîner sur un terrain parfois glissant, en particulier au niveau de la maîtrise du non-verbal (la gestuelle) : quand on improvise, on a tendance à « théâtraliser » un peu trop parfois : en libérant la parole, on libère trop ses gestes et on en arrive à « gesticuler ». Donc, gardez toujours une certaine distance en essayant d’articuler au mieux le geste et les registres de langue que vous allez employer (didactique, comique, lyrique, etc.)
    4. S’entraîner avec… une glace et un MP3 ! Voici un excellent exercice qui vous permettra de vérifier que vous maîtrisez votre voix et votre respiration lors de la prise de parole : chez vous, essayez en vous regardant obligatoirement devant une glace (une grande : celle de la salle de bain fera l’affaire!) de parler HAUT et FORT. L’exercice d’entraînement que je vous propose consiste à lire un texte neutre (une définition de cours par exemple, comme ça vous ne perdez pas de temps) en regardant le moins possible votre support et en vous fixant le plus possible dans la glace. Relisez plusieurs fois votre texte en variant l’intonation (neutralité, colère, joie, rire, émotion, interpellation, etc.). Si possible, enregistrez-vous avec un MP3 et écoutez ce que ça donne afin de corriger les petits problèmes (placement de la voix par exemple).
    Rappel : dans l’entraînement n°1, il y a 8 sujets inédits sur lesquels vous pouvez vous entraîner!
    Bonne chance à toutes et à tous !

    Concours d'expression orale… Entraînement n°2

    Savoir prendre la parole en public… une exigence indispensable pour votre vie future.

    Au-delà de ce concours, vous verrez combien votre vie scolaire (à commencer par l’oral du Bac) vous amènera de plus en plus à devoir prendre la parole en public. Un très grand nombre de formations (BTS, DUT, Grandes Écoles de Commerce ou d’Administration, licences, masters…) conditionnent l’inscription définitive (outre les résultats scolaires) à la réussite d’un entretien de sélection dans lequel la motivation mais aussi la prise de parole en public sont déterminants. Certains oraux, comme celui d’HEC par exemple, se passent non seulement devant un public, mais dans le cadre d’un entretien à plusieurs : le candidat retenu étant celui qui aura su imposer son leadership et son charisme face à d’autres étudiants ! 
    Quant à la vie professionnelle, vous verrez que les entreprises multiplient les occasions de devoir prendre la parole en public : beaucoup d’entretiens d’embauche sont en fait des entretiens de groupe ! Cas de figure classique : plusieurs candidats sont réunis ensemble autour d’un recruteur qui observe les réactions : untel qui aura du leadership saura se mettre en avant… Tel autre parlera pour ne rien dire… Celui-ci saura gérer son capital émotionnel tandis qu’un autre répondra correctement mais ne maîtrisera pas sa voix…

    Les compétences requises pour le concours…

    La prise de parole en public requiert plusieurs compétences. Voici cette semaine quelques conseils pour affronter l’épreuve…

    1. Commencez d’abord à vous préparer « physiquement » à la prise de parole. Choisissez avec soin votre tenue ce jour-là : certes, ce n’est pas un défilé de mode, mais vous parlerez d’autant mieux que vous vous sentirez à l’aise dans vos vêtements. N’oubliez pas non plus que la principale difficulté… C’est vous : donc inutile de vous mettre trop la pression avant! Soyez sûr(e) de vous : partez gagnant(e) en vous disant que de toute façon vous n’avez strictement rien à perdre. Dès que vous rentrez, pensez aussi à dire Bonjour ! Cela paraît évident mais parfois, avec le trac…
    2. Regardez votre public. N’oubliez pas non plus que même si une personne du jury ne semble pas faire attention à votre présence quand vous parlez, cela ne veut rien dire : elle donnera un avis sur vous juste après votre départ. Donc regardez tout le monde (et pas seulement une seule personne parce qu’elle vous aura regardé(e) avec bienveillance ou parce que vous la connaissez (votre prof par exemple). Veillez également à vous tenir correctement : inutile de se raidir, mais il ne faut pas non plus être avachi !
    3. Improviser… Mais pas trop ! Bien sûr, le concours exige une certaine part d’improvisation, mais n’en faites pas trop non plus, car cela risquerait de vous entraîner sur un terrain parfois glissant, en particulier au niveau de la maîtrise du non-verbal (la gestuelle) : quand on improvise, on a tendance à « théâtraliser » un peu trop parfois : en libérant la parole, on libère trop ses gestes et on en arrive à « gesticuler ». Donc, gardez toujours une certaine distance en essayant d’articuler au mieux le geste et les registres de langue que vous allez employer (didactique, comique, lyrique, etc.)
    4. S’entraîner avec… une glace et un MP3 ! Voici un excellent exercice qui vous permettra de vérifier que vous maîtrisez votre voix et votre respiration lors de la prise de parole : chez vous, essayez en vous regardant obligatoirement devant une glace (une grande : celle de la salle de bain fera l’affaire!) de parler HAUT et FORT. L’exercice d’entraînement que je vous propose consiste à lire un texte neutre (une définition de cours par exemple, comme ça vous ne perdez pas de temps) en regardant le moins possible votre support et en vous fixant le plus possible dans la glace. Relisez plusieurs fois votre texte en variant l’intonation (neutralité, colère, joie, rire, émotion, interpellation, etc.). Si possible, enregistrez-vous avec un MP3 et écoutez ce que ça donne afin de corriger les petits problèmes (placement de la voix par exemple).
    Rappel : dans l’entraînement n°1, il y a 8 sujets inédits sur lesquels vous pouvez vous entraîner!
    Bonne chance à toutes et à tous !

    EAF… Tout sur l'épreuve orale au Bac…

    Voir aussi cet article : Oral du Bac, les questions les plus fréquemment posées.
     

    Prérequis

    Commencez à planifier vos révisions… et lisez impérativement cet article qui fait le point sur l’oral. Pour vous préparer à l’épreuve, j’insiste sur l’absolue nécessité de vous constituer des fiches de synthèse sur :
    1. les objets d’étude (par exemple, la poésie) ;
    2. les mouvements littéraires et culturels abordés ;
    3. les textes étudiés.

    Concernant les fiches sur les textes, vous pouvez d’abord noter quelques points essentiels sur l’auteur (époque, mouvement, œuvres principales), le texte et le contexte (contextualisation, problématisation). Mentionnez évidemment les axes principaux en détaillant si besoin les aspects les plus importants ou les plus difficiles. N’oubliez pas d’accorder une grande importance à l’analyse textuelle GLOBALE : vos remarques de détail sont évidemment essentielles mais elles n’ont d’intérêt que si elles permettent à votre lecteur ou à votre auditeur de saisir le sens global du texte (de même que le texte doit être rattaché à l’œuvre, l’œuvre au mouvement, le mouvement à l’époque. Il faut toujours aller du particulier au général, du concret à l’abstrait).

      La préparation à l’oral dure 30 minutes le jour de l’épreuve. Votre exposé sur le texte doit durer 10 minutes environ. Il sera suivi d’un entretien de 10 minutes qui fera le point sur vos connaissances et l’ensemble des activités que vous aurez menées. Il pourra parfois être élargi à des questionnements plus larges de culture générale.

    L’exposé…

    La première partie de l’épreuve orale est consacrée à la lecture analytique d’un texte. Les instructions officielles indiquent nettement l’esprit de cet exercice : il s’agit en 10 minutes environ d’explorer de façon organisée un texte en répondant à une problématique précisée au départ. Cette épreuve vise pour l’examinateur à s’assurer de la bonne compréhension du texte, de la culture littéraire, de l’aptitude à construire la réflexion, en privilégiant des outils spécifiques de stylistique, d’expression et de communication.

    Le travail de préparation…

    Quand vous allez préparer votre exposé, ayez toujours à l’esprit que la lecture analytique est un processus de construction du sens : elle correspond au travail d’approche que vous pourriez faire pour un commentaire littéraire.

    Avant toute chose, il convient donc d’avoir à l’esprit plusieurs éléments :

    • en premier lieu, n’oubliez pas que tout texte est le résultat d’un acte d’énonciation par un auteur donné, à un moment donné, en un lieu donné. Ces différents paramètres définissent un cadre essentiel pour l’explication : c’est la position de l’énonciateur vis-à-vis d’un « contexte » : ce contexte est essentiel pour comprendre le cadre culturel et social qui entoure le texte à étudier.
    • Vous devez y ajouter 2 éléments : à qui est destiné le texte? et quelle est l’intention de l’auteur? Ces différentes observations doivent vous amener à répondre aux questions suivantes : Quelle est l’idée directrice du texte? Quels sont les moyens essentiels utilisés pour servir cette idée?

    Cette première approche globale du texte va vous conduire à la deuxième étape : la lecture détaillée.

    La lecture détaillée est essentielle. C’est elle qui vous permettra de proposer une observation précise par diverses approches afin de dégager les centres d’intérêt du texte. Soyez attentif tout d’abord à l’organisation du texte (sa structuration thématique), aux mots clés : l’analyse des réseaux lexicaux et thématiques permet bien souvent de guider l’analyse pour la définition des axes de lecture. Mais vous devrez privilégier par ailleurs d’autres outils d’analyse : les registres de langue, l’emploi des temps, l’étude des figures de style, des connotations, etc.

    La « positive » attitude !

    La connaissance du cours ne suffit pas… Si votre connaissance du cours est évidemment essentielle, vous réussirez exam.1232268815.jpgd’autant mieux cette épreuve que vous adopterez face à l’examinateur une attitude positive, si vous êtes convaincant (et convaincu !). Comment voulez-vous qu’on croie en vous si vous apparaissez penaud, peu sûr, vaincu d’avance? Votre réussite dépend de votre motivation et de votre implication : ce sont vos réactions personnelles de lecteur, votre sensibilité face au texte, votre intérêt et votre motivation qui prouveront que vous possédez les aptitudes pour atteindre les objectifs fixés par l’épreuve. C’est un détail, mais il est essentiel : tenez-vous droit et ne soyez pas nonchalant, avachi sur la table! Votre but, c’est de faire valoir votre culture et votre personnalité. N’importe quel examinateur (moi le premier!) serait agacé par l’attitude désinvolte ou relâché(e) d’un candidat.

    Le déroulement de l’exposé

    • L’introduction

    Contextualisation : dans votre introduction, vous devez d’abord situer brièvement le passage en portant votre attention sur les éléments qui permettent de le contextualiser dans l’œuvre ou dans le mouvement culturel.

    Problématisation : puis vous en présentez brièvement le sujet (c’est-à-dire le problème posé qui correspond souvent à l’idée directrice). Votre problématique doit donc rendre compte de l’essentiel du texte, c’est-à-dire votre hypothèse de lecture que vous allez vérifier tout au long de votre exposé. La présentation doit aussi situer le texte ou le passage (par rapport à l’œuvre), de manière à permettre à l’examinateur de suivre l’explication en lui fournissant tous les éléments qui ne figurent pas dans le texte et sont nécessaires à sa compréhension. Elle doit en même temps être concise : inutile de tout dire : n’oubliez pas qu’on évalue l’aptitude de l’élève à sélectionner dans ses connaissances les éléments pertinents et à hiérarchiser les informations (aptitude à l’esprit de synthèse).

    L’annonce du plan : annoncez le plus clairement votre plan : axes d’étude ou plan du texte dans le cas d’une étude linéaire : pensez à bien poser vos axes de lecture. Evitez les formules du style : « Nous verrons l’apparition de thèmes », « d’abord, je dirai…, puis je dirai ensuite… » particulièrement lourdes

    • La lecture du texte

    Puis vous lisez le texte en y mettant de l’enthousiasme : adoptez par exemple un timbre de voix vivant. Si vous avez une voix monocorde et plutôt faible, efforcez-vous de corriger ces défauts. Votre lecture en effet doit à la fois être expressive et posée. Elle vise à montrer que le texte est compris : le ton que vous employez est important dans l’évaluation que l’on fait de votre lecture. N’oubliez pas de marquer des pauses. Elles sont importantes non seulement pour mettre en valeur les mots porteurs de sens, mais aussi afin de déstresser le jour de l’examen (vous reprenez votre respiration pendant les pauses). Dernière remarque : en poésie, le respect de la versification est bien entendu déterminant.

    • Le développement

    Vous devrez proposer des pistes d’étude à la fois pertinentes (permettant de commenter l’essentiel de ce qui fait l’intérêt du texte, et distinctes (attention aux redites). Pensez à distinguer les éléments essentiels des idées secondaires, qui ne servent qu’à mettre en valeur les points importants, en les illustrant. Annoncez au fur et à mesure les phases d’exploration que vous allez conduire. Pensez à mettre en avant les transitions permettant de suivre le fil de l’exposé. Après chaque analyse, tirez un bref bilan (déduction) avant de poursuivre votre exploration du texte.

    Le fond et la forme : l’explication du texte doit associer (sans les dissocier surtout) l’étude du style (remarques précises et variées avec maîtrise des notions et des termes spécifiques) et du sens afin de permettre un repérage et une interprétation efficaces. Ne séparez jamais le fond de la forme : de fait, la forme elle-même contribue au sens. Pour y parvenir, le candidat doit ainsi mettre en œuvre des savoir-faire et utiliser des outils propres à l’examen d’un texte court : c’est également sur la pertinence de leur choix et la qualité de leur utilisation qu’il sera jugé (remarques placées au bon endroit, remarques en cohérence avec l’axe annoncé, remarques ordonnées (progression).

    L’examinateur s’assurera par exemple que le candidat va à l’essentiel pour exprimer ce qui fait à ses yeux l’intérêt du passage en s’appuyant sur des sources pertinentes. Vos différentes remarques sur le texte doivent être fondées sur des références précises : quand vous citez le texte, n’oubliez pas de justifier toujours le lien entre l’affirmation que vous proposez et la citation retenue.

    Enfin, rappelez-vous que l’examinateur note la manière dont vous serez capable de structurer et d’orienter vos remarques en fonction des conclusions partielles et de la conclusion générale à laquelle vous voulez aboutir : c’est le parcours analytique. La question que se pose un examinateur est celle-ci : un candidat est-il apte à passer du stade de l’observation de détail à celui de l’interprétation en fonction de perspectives plus larges, plus abstraites par exemple ?

    • La conclusion

    Pensez à rappeler brièvement vos axes d’étude et proposez un bilan global permettant d’élargir la problématique étudiée vers un point de vue qui englobe le texte et dépasse le cadre de celui-ci. Vous pouvez par exemple élargir au groupement de textes dans votre conclusion, au mouvement culturel, à une autre œuvre étudiée, etc.

    L’entretien…

    C’est l’occasion par excellence de prouver que vous avez le « physique de l’emploi ». Cherchez à mettre en avant votre capacité à dialoguer : l’aisance dans la communication, l’utilisation pertinente des notes, la valorisation de votre culture générale sont des critères importants. En outre, l’emploi d’un lexique précis, d’une langue correcte, et la connaissance du vocabulaire de l’analyse littéraire, constituent des critères importants de l’évaluation orale. Personnellement, quand je fais passer l’oral du Bac, j’apprécie particulièrement qu’un(e) candidat(e) défende son point de vue sur une problématique de lecture, à la condition que ce point de vue soit fondé bien entendu! Je vous conseille en outre d’être très attentif aux questions posées : certains candidats par exemple n’écoutent pas bien les questions, ce qui les conduit à répondre de façon erronée ou allusive. Rappelez-vous aussi que la nervosité ne sert à rien : mieux vous aurez préparé l’épreuve, plus vous devriez être calme. Enfin, soyez toujours « positif » : ne critiquez pas les textes, encore moins les choix de votre professeur. Lors de la session 2008, un candidat m’a dit : « Notre prof, elle est un peu bizarre : ce texte est ultra ch… » Sans commentaire !

    Pour l’entraînement…

    Pensez à travailler dans 2 directions :

    1. tout d’abord, entraînez-vous à 2 ou 3 par exemple. Interrogez-vous à tour de rôle dans les conditions de l’examen (20 à 25 minutes de préparation et le même temps d’entretien : 2 camarades interrogeant afin de varier l’axe des questions). Utilisez le barème de notation ci-dessous pour vous auto-évaluer !

    2. De plus, essayez d’élargir vos connaissances sur les courants littéraires et les contextes historiques ou culturels afin de pouvoir enrichir vos analyses.

     

    Exemple de barème d’évaluation

    (source : Académie de Rouen. Cliquez ici pour accéder  à la page).

    Exposé : 10 points

     

    Critères

    Explication

    Barème

    Expression et

    communication

    •  Lecture correcte et expressive•  Correction de la langue•  Engagement, conviction

    3 points

    Réflexion et analyse

    (pertinence)

    •  Compréhension du texte•  Élaboration d’un projet de lecture en réponse à la question posée•  Validité des références au texte en relation au projet

    5 points

    Connaissances

    •  Contextualisation•  Utilisation du vocabulaire relatif aux objets d’étude et aux perspectives•  L’utilisation pertinente du vocabulaire de l’analyse littéraire est valorisée

    2 points

     

    Entretien : 10 points

     

    Critères

    Explication

    Barème

    Expression et

    Communication

    •  Aptitude au dialogue : prise en compte de la parole d’autrui et volonté d’entrer dans le dialogue•  Engagement, conviction•  Maîtrise de soi et de son langage 

    3 points

    Réflexion et analyse

    (pertinence)

    •  Compréhension des questions posées•  Aptitude à justifier les réponses et à se référer aux documents pour les illustrer

    3 points

    Connaissances

    •  Références aux contenus du descriptif (lectures cursives, activités de classe, etc.)•  Connaissance de l’objet ou des objets d’étude et des perspectives

    4 points