Recrutement… Grandes Écoles… Classes Prépa… BTS… C’est la culture générale qui fait la différence !

Cela paraît évident… Comment départager des candidats qui ont la même formation, le même diplôme, les mêmes mentions, si ce n’est par la culture générale? Or en voyant travailler les élèves ou les étudiants, il apparaît qu’une majorité d’entre eux ne comprend pas bien le parti qu’ils pourraient tirer d’une meilleure exploitation de leur culture générale. Voici quelques conseils pour vous aider à surmonter cette difficulté…

Lancement d’une nouvelle rubrique : « Objectif Culture générale »

Vous savez ce qu’on appelle en Français l’intertextualité : c’est la mise en relation des textes entre eux. Or, c’est la même démarche qui doit présider dans votre méthode d’apprentissage. Privilégiez l’interculturalité, c’est-à-dire la confrontation des savoirs et des pratiques culturelles. einstein.1229260469.jpgC’est la raison pour laquelle je lance à partir d’aujourd’hui une nouvelle rubrique : « Objectif Culture générale » : chaque semaine, j’aborderai un sujet mettant en valeur la transdisciplinarité dans la littérature et permettant d’aborder une problématique selon plusieurs points de vue. Prenez par exemple le nouvel article de la rubrique Objectif Culture générale (« Le chien de Pavlov« ) : le problème est envisagé selon différents angles : psychologique, sociologique, comportementaliste, littéraire, politique, éthique… C’est cette mise en relation de points de vue différents qui permet de mieux comprendre la complexité d’un problème.

Les guides de culture générale…

Je ne saurais trop vous conseiller par ailleurs d’acquérir dès la classe de Première un guide de culture générale. C’est fortement recommandé pour les étudiants, et indispensable si vous envisagez une classe Prépa ou une Grande école. N’attendez pas : comme vous le savez maintenant si vous lisez régulièrement les articles de ce manuel électronique, plus vous anticipez et plus vous avez de chances de réussir. Cela commence par lire dès maintenant les sujets proposés aux concours : cela vous permettra d’orienter votre travail selon une logique de réussite précise. N’oubliez pas que si vous attendez de passer le concours pour travailler votre culture générale, ce sera malheureusement trop tard : vous aurez pris des habitudes qui ne vous permettront pas de vous adapter à de nouvelles méthodes, et vous ne parviendrez pas à franchir l’écueil des sélections. En commençant tôt en revanche, vous n’aurez aucun mal à maîtriser l’interdisciplinarité qui est à la base de tous les gands concours de recrutement et des examens de haut niveau.

OBJECTIF CULTURE GÉNÉRALE… Problématique de la semaine : du "chien de Pavlov" au "Meilleur des mondes" d'Huxley

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Chaque semaine, retrouvez une notion-clé de culture générale, utile au Bachelier comme à l’étudiant de BTS… 

Cette semaine : Du chien de Pavlov au Meilleur des Mondes d’Huxley

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L’expérience de Pavlov

Prenez un savantL\\\\\\\\\'expérience de Pavlov (Ivan Petrovich PAVLOV, 1849-1936), ajoutez un chien, accommodez le tout à la sauce « Soviet », et vous obtenez l’une des plus célèbres expériences de Psychologie. Elle donnera naissance à la « théorie des réflexes conditionnés ».

Explication…

L’expérience la plus connue de Pavlov consistait à présenter de la nourriture à un chien en même temps que retentissait un stimulus (*) quelconque : sonnerie, sifflet, clochette, etc. (oui, tout à fait : un peu comme quand vous sentez l’odeur des frites au même moment que retentit la sonnerie de 12h30!). Que se passait-t-il? La vision de la nourriture déclenchait chez le chien une salivation… Puis au bout d’un certain temps Pavlov fit simplement retentir la sonnerie sans donner de nourriture (imaginez que vous entendez la sonnerie mais vous ne sentez plus l’odeur des frites…) : il constata alors que la seule sonnerie provoquait chez le chien le processus de salivation. Pavlov démontra ainsi qu’il est possible de déclencher, par un processus d’apprentissage répétitif un réflexe « conditionné », qui s’apparente à un « dressage ».

Le conditionnement publicitaire

À la suite de Pavlov, de nombreux chercheurs en psychologie sociale, et plus particulièrement en « comportement du consommateur » étendirent ses recherches à l’homme afin de réfléchir à l’influence du conditionnement publicitaire sur les individus. Cpavlov2.1229244874.jpgomme vous le voyez, on est donc tous plus ou moins « le chien de Pavlov » : les théoriciens de la persuasion publicitaire, en particulier les « Behavioristes » (*) se sont en effet beaucoup servis des travaux de ce savant russe : certains « jingles », les logos, les slogans, etc. déclenchent en nous des réflexes « conditionnés », c’est-à-dire des réponse comportementales associées au stimulus ! tel jingle dans une pub va déclencher de notre part une réponse adaptée, telle musique dans une émission de télé-réalité va provoquer une émotion précise (joie, tristesse, etc.). ! La sonnerie de 17h25 provoque ainsi un irrépressible réflexe de sortie !

« Un incroyable dressage »

Plus fondamentalement, l’écrivain et philosophe René Huyghe s’est interrogé sur le conditionnement dont nous sommes victime dans un texte célèbre (**) : « Notre vie, écrit-il, s’organise autour de sensations élémentaires, sonnerie, feu rouge, ou vert, barre sur un disque coloré, etc., qui, par un incroyable dressage, commandent des actes appropriés. » Selon René Huyghe, de par leur simplification excessive, les slogans publicitaires n’amèneraient plus à réfléchir mais à « réagir » à des signaux.  L’auteur ajoute : « L’exposé de la pensée, parallèlement, perd ses caractères discursifs (***) pour produire des effets plus soudains, plus proches de la sensation ; il vise davantage au concentré pour parvenir à cette forme moderne, le slogan, où la notion incluse, à force de se ramasser, en arrive à imiter l’effet d’un choc sensoriel et son automatisme. La phrase glisse au heurt visuel. Stéréotypée, elle ne demande plus à être comprise, mais seulement reconnue ».

De Pavlov au « Meilleur des Mondes »…

Ainsi, les normes sociales, la culture dominante, la propagande sont d’importants facteurs de conditionnement. Le but de toutemeilleurdesmondes.1229238467.jpg propagande idéologique en effet n’est pas qu’on comprenne les slogans mais qu’on les retienne : c’est la différence entre l’apprentissage et le « dressage », l’éducation et l’endoctrinement, la démocratie et la dictature! Le roman célèbre d’Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes, rédigé quelques années avant la mort de Pavlov (en 1931) est une terrible dystopie (****) qui fait réfléchir à la manière dont le conditionnement peut manipuler les individus : dans ce « meilleur des mondes », l’éducation est remplacée par un conditionnement strict selon la place sociale qu’occuperont les enfants dans la hiérarchie sociale. C’est donc bien par antiphrase qu’il faut comprendre Le Meilleur des mondes. Entièrement manipulés, les individus vivent dans un système unifié et totalitaire  qui contrôle entièrement leurs processus mentaux, leurs comportements, jusqu’à leurs loisirs ou leurs goûts : par exemple, personne ne doit aimer les fleurs! Car n’engendrant pas d’activité économique, les fleurs sont inutiles. Ce beau roman, de plus facile à lire, est une réflexion toujours très actuelle sur les dérives possibles des systèmes politiques. Avec 1984 d’Orwell, c’est un classique de la littérature d’anticipation.

(*) Stimulus (pluriel stimuli) : désigne tout ce qui est de nature à entraîner une réaction de la part de l’individu. Les Behavioristes (« behaviour » = comportement en Anglais) ont voulu étudier « scientifiquement » le comportement humain. Selon eux, nos comportements ne seraient que des « réponses » apprises à des stimuli externes. L’apprentissage des normes sociales conditionnerait donc nos comportements selon un schéma « stimulus-réponse ». (**) René Huyghe, Dialogue avec le visible, éd. Flammarion, Paris 1955. (***) Discursif : qui a le caractère de la pensée réfléchie et organisée. (****) Dystopie : le contraire d’une utopie (voir aussi cette page sur Wikipedia).

OBJECTIF CULTURE GÉNÉRALE… Problématique de la semaine : du « chien de Pavlov » au « Meilleur des mondes » d’Huxley

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Chaque semaine, retrouvez une notion-clé de culture générale, utile au Bachelier comme à l’étudiant de BTS… 

Cette semaine : Du chien de Pavlov au Meilleur des Mondes d’Huxley

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L’expérience de Pavlov

Prenez un savantL\\\\\\\\\'expérience de Pavlov (Ivan Petrovich PAVLOV, 1849-1936), ajoutez un chien, accommodez le tout à la sauce « Soviet », et vous obtenez l’une des plus célèbres expériences de Psychologie. Elle donnera naissance à la « théorie des réflexes conditionnés ».

Explication…

L’expérience la plus connue de Pavlov consistait à présenter de la nourriture à un chien en même temps que retentissait un stimulus (*) quelconque : sonnerie, sifflet, clochette, etc. (oui, tout à fait : un peu comme quand vous sentez l’odeur des frites au même moment que retentit la sonnerie de 12h30!). Que se passait-t-il? La vision de la nourriture déclenchait chez le chien une salivation… Puis au bout d’un certain temps Pavlov fit simplement retentir la sonnerie sans donner de nourriture (imaginez que vous entendez la sonnerie mais vous ne sentez plus l’odeur des frites…) : il constata alors que la seule sonnerie provoquait chez le chien le processus de salivation. Pavlov démontra ainsi qu’il est possible de déclencher, par un processus d’apprentissage répétitif un réflexe « conditionné », qui s’apparente à un « dressage ».

Le conditionnement publicitaire

À la suite de Pavlov, de nombreux chercheurs en psychologie sociale, et plus particulièrement en « comportement du consommateur » étendirent ses recherches à l’homme afin de réfléchir à l’influence du conditionnement publicitaire sur les individus. Cpavlov2.1229244874.jpgomme vous le voyez, on est donc tous plus ou moins « le chien de Pavlov » : les théoriciens de la persuasion publicitaire, en particulier les « Behavioristes » (*) se sont en effet beaucoup servis des travaux de ce savant russe : certains « jingles », les logos, les slogans, etc. déclenchent en nous des réflexes « conditionnés », c’est-à-dire des réponse comportementales associées au stimulus ! tel jingle dans une pub va déclencher de notre part une réponse adaptée, telle musique dans une émission de télé-réalité va provoquer une émotion précise (joie, tristesse, etc.). ! La sonnerie de 17h25 provoque ainsi un irrépressible réflexe de sortie !

« Un incroyable dressage »

Plus fondamentalement, l’écrivain et philosophe René Huyghe s’est interrogé sur le conditionnement dont nous sommes victime dans un texte célèbre (**) : « Notre vie, écrit-il, s’organise autour de sensations élémentaires, sonnerie, feu rouge, ou vert, barre sur un disque coloré, etc., qui, par un incroyable dressage, commandent des actes appropriés. » Selon René Huyghe, de par leur simplification excessive, les slogans publicitaires n’amèneraient plus à réfléchir mais à « réagir » à des signaux.  L’auteur ajoute : « L’exposé de la pensée, parallèlement, perd ses caractères discursifs (***) pour produire des effets plus soudains, plus proches de la sensation ; il vise davantage au concentré pour parvenir à cette forme moderne, le slogan, où la notion incluse, à force de se ramasser, en arrive à imiter l’effet d’un choc sensoriel et son automatisme. La phrase glisse au heurt visuel. Stéréotypée, elle ne demande plus à être comprise, mais seulement reconnue ».

De Pavlov au « Meilleur des Mondes »…

Ainsi, les normes sociales, la culture dominante, la propagande sont d’importants facteurs de conditionnement. Le but de toutemeilleurdesmondes.1229238467.jpg propagande idéologique en effet n’est pas qu’on comprenne les slogans mais qu’on les retienne : c’est la différence entre l’apprentissage et le « dressage », l’éducation et l’endoctrinement, la démocratie et la dictature! Le roman célèbre d’Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes, rédigé quelques années avant la mort de Pavlov (en 1931) est une terrible dystopie (****) qui fait réfléchir à la manière dont le conditionnement peut manipuler les individus : dans ce « meilleur des mondes », l’éducation est remplacée par un conditionnement strict selon la place sociale qu’occuperont les enfants dans la hiérarchie sociale. C’est donc bien par antiphrase qu’il faut comprendre Le Meilleur des mondes. Entièrement manipulés, les individus vivent dans un système unifié et totalitaire  qui contrôle entièrement leurs processus mentaux, leurs comportements, jusqu’à leurs loisirs ou leurs goûts : par exemple, personne ne doit aimer les fleurs! Car n’engendrant pas d’activité économique, les fleurs sont inutiles. Ce beau roman, de plus facile à lire, est une réflexion toujours très actuelle sur les dérives possibles des systèmes politiques. Avec 1984 d’Orwell, c’est un classique de la littérature d’anticipation.

(*) Stimulus (pluriel stimuli) : désigne tout ce qui est de nature à entraîner une réaction de la part de l’individu. Les Behavioristes (« behaviour » = comportement en Anglais) ont voulu étudier « scientifiquement » le comportement humain. Selon eux, nos comportements ne seraient que des « réponses » apprises à des stimuli externes. L’apprentissage des normes sociales conditionnerait donc nos comportements selon un schéma « stimulus-réponse ». (**) René Huyghe, Dialogue avec le visible, éd. Flammarion, Paris 1955. (***) Discursif : qui a le caractère de la pensée réfléchie et organisée. (****) Dystopie : le contraire d’une utopie (voir aussi cette page sur Wikipedia).

Emploi du temps… Apprendre à planifier son travail…

La réussite scolaire passe d’abord par une bonne maîtrise de la planification des tâches… Explication…

Du temps linéaire…

Je suis assez surpris de voir que des élèves de Première ne parviennent toujours pas (à 6 mois de l’épreuve anticipée…) à planifier leur emploi du temps. De là des retards parfois importants et préjudiciables au bon déroulement de votre scolarité. La raison tient au fait que beaucoup d’élèves ont pris la (mauvaise) habitude d’utiliser (comme dans les « petites classes ») un agenda ou un cahier de texte qui est une méthode de planification du travail assez sommaire. Explication : la représentation du temps sur un agenda est « linéaire » : elle ne permet pas de visualiser le temps dans son ensemble. De là une vision à très court terme, qui n’offre ni anticipation, ni projection, ni planification.

… au temps stratégique

Ce « temps linéaire » est donc un temps partiel, hérité de la petite école ou du collège : on regarde le lundi ce qu’il y a à faire pour le mardi, le mercredi ce qu’il y a à rendre le jeudi ou le vendredi, etc. Tout fonctionne à peu près bien quand la charge de travail est minime. En revanche, dès que le rythme et la densité des exercices augmentent, la méthode ne marche plus, pour la simple raison que ce n’est pas une méthode de travail. Je vous propose un processus qui a fait ses preuves à 100% à haut niveau : il consiste à gérer son temps de façon « stratégique », c’est-à-dire à visualiser les activités sur une longue période. Au lieu de regarder les activités jour après jour, on les visualise dans leur intégralité selon un principe de planification stratégique. Regardez comment ça marche…

Une méthode efficace et simple

Prenez une grande copie double et faites-vous un calendrier sur un mois (très rapidement… Ne passez pas 10 heures dessus évidemment!). calendrier.1289676143.jpgEnsuite, dès que vous notez un travail à faire, une leçon à apprendre dans votre agenda, prenez l’habitude de reporter le travail à faire sur votre tableau : affichez-le près de votre bureau chaque jour afin de bien visualiser l’ensemble des tâches à accomplir.

Très important : prenez l’habitude de « hiérarchiser » les activités en utilisant des codes de couleur : par exemple, préparer une dissertation de français à la maison demande au moins six heures : j’attribue donc un code rouge! J’attribuerai le rouge à tous les exercices nécessitant un lourd investissement. On peut attribuer le code « bleu » aux exercices nécessitant moins de temps (2 à 3 heures par exemple) et le code « vert » aux travaux qu’on peut effectuer encore plus rapidement.

Savoir anticiper…

Si vous regardez attentivement le calendrier, vous voyez que les quinze premiers jours du mois sont « relativement » calmes. En revanche, tout s’accélère ensuite. Sur un agenda traditionnel, la visualisation linéaire empêche une bonne planification. En revanche ici, vous pouvez d’avance préparer certains exercices afin d’éviter les retards : dans cet exemple, le contrôle d’histoire-géo le 20loupecalendrier.1289676206.jpg, le commentaire de Français le 22, le DST en LV1 le 23 et la prépa de Maths doivent évidemment être planifiés avant : si vous attendez, bonjour la catastrophe !

Pour ce qui me concerne, j’ai été ahuri de voir des élèves de Première affirmer le plus tranquillement du monde qu’ils n’avaient pas eu le temps en 3 semaines de consacrer ne serait-ce que trois heures à préparer une dissertation… Plutôt qu’un relâchement, je préfère voir un gros problème lié à l’organisation du temps de travail. C’est la raison pour laquelle je vous propose cette méthode de planification stratégique. Si vous la suivez, vous n’aurez aucun mal à vous organiser. Je l’ai utilisée même quand j’étais en Doctorat, je l’utilise toujours quand j’ai beaucoup d’activités à finaliser : elle garantit la réussite à 100%. De plus, elle vous amène (plus tard, professionnellement) à mieux vous organiser en améliorant votre efficience afin de favoriser l’atteinte de vos objectifs, à gérer votre travail selon une logique « d’entreprise » en vous fixant des objectifs de réussite. L’avantage du calendrier que je vous propose est qu’il offre en effet une bonne adaptation à la fois à l’environnement externe (les travaux qu’on vous donne, les tâches que vous devez accomplir) et à vos ressources et vos compétences internes (votre capacité et votre rythme de travail) : en planifiant, vous êtes sûr(e) d’y arriver!

La citation de la semaine… Hélène Cixous…

« L’oranje (*) est mon fruit de naissance… La première fois que j’ai coupé un mot c’était elle. »

« Il faut choisir une sanguine. La nuit le sang remonte les âges. Tout le monde vivant a du sang qui remonte la nuit. Pour favoriser la remontée, oran2.1228931021.jpgje mange ma sanguine. Le jus coule par où j’ai parlé, par où je prends silence, par où entre jour et nuit je crie. L’oranje (*) est mon fruit de naissance et ma fleur prophétique. La première fois que j’ai coupé un mot c’était elle. Je l’ai coupé en deux morceaux inégaux, un plus long, un plus court. J’épluche cette oranje (*) en février 1970. Je l’avais déjà fait en trente autres févriers : il n’y a pas un février où je n’aie mangé l’oranje (*). Elle est pleine de temps… »

Hélène Cixous, Portrait du soleil, © Denoël 1973, éd. des femmes 1999 (rééd.)

(*) Hélène Cixous (romancière, essayiste et féministe française) est née en 1937 à Oran (Algérie). On voit ici le jeu de mot : l’orange, fruit méditerranéen par excellence, est associée à sa ville natale : Oran, et au « je » de l’auteure. Mordre dans l’orange revient pour l’écrivaine à « éplucher » sa vie : le jus de l’orange coule ainsi dans le passé et le présent de l’écrivaine en devenant soudain son « sang »… Le texte présenté ici se situe au début de Portrait du soleil, un livre bouleversant entre autoportrait et fiction…

Orientation… Pourquoi élaborer des stratégies d'anticipation…

Cet article est d’abord destiné à la classe de Seconde 12 dont je suis le professeur principal… Mais mes étudiants d’autres sections pourront le lire avec profit…

En matière d’orientation, le maître-mot est « anticipation ». Les spécialistes vous le diront : ceux qui réussissent sont ceux qui anticipent. Même si vous n’êtes qu’en Seconde (et a fortiori en Première), il est évident que plus vous vous projeterez tôt dans l’avenir, et plus vous maîtriserez votre orientation.
Première étape… La simulation…
Je vous recommande de vous faire un CV « pour de faux » en imaginant ce que vous serez dans 5 ou 10 ans… Etudes, projets personnels, professionnels… Serez-vous en France? Dans la région? À l’étranger? Quel sera votre niveau d’étude? Votre profession? Votre place dans la hiérarchie? Que privilégierez-vous au niveau des valeurs? La réussite sociale? Le cadre de vie? Le mariage? La carrière? Autant de questions que vous devez vous poser dès maintenant. Vous verrez : c’est un exercice passionnant parce qu’il amène à se « vieillir » artificiellement et surtout à faire des simulations qui ne vous engagent en rien! Mais qui vous conduisent à enviager les obstacles futurs. Le problème en effet n’est pas l’obstacle, le problème c’est de n’avoir pas prévu l’obstacle, de n’avoir pas anticipé : le Titanic n’aurait pas coulé si on avait prévu l’iceberg! Un peu comme avec une lecture analytique, commencez d’abord par formuler des hypothèses (de formation, de carrière, de choix de vie, etc.) et ensuite essayez en vous projetant dans le futur de vérifier si ces hypothèses cadrent avec votre personnalité, vos aptitudes, vos goûts, vos projets, et si elles cadrent avec l’évolution du contexte économique et social : c’est ce qu’on va voir dans la deuxième étape…cible.1228922755.jpg

Deuxième étape… Les stratégies d’anticipation…

Beaucoup d’élèves de Seconde, sans beaucoup réfléchir à leur avenir, se disent : je vais faire une ES, une STG, une L, une S, etc. Mais ce choix vocationnel répond-il vraiment à une « stratégie »? Bien souvent non ! Or c’est maintenant que vous devez évaluer si le type de cursus que vous envisagez après le bac sera valable d’ici 5 ou 10 ans : une fois que vous avez formulé vos hypothèses, elles doivent en effet cadrer avec ce que sera le monde dans quelques années… Or il est évident que nous sommes rentrés depuis une décennie au moins, dans un nouvel ordre mondial : les bouleversements économiques et politiques que nous traversons vont entraîner des rééquilibrages majeurs dans tous les secteurs de la société. De là le risque d’envisager « à la légère » des études sans avoir mûrement réfléchi aux conséquences de vos choix. Renseignez-vous d’ores et déjà sur les diplômes qualifiants, les filières les plus intéressantes, les métiers qui vont « rapporter », etc. Je vous recommande fortement la lecture de l’Express du 9 au 15 octobre 2008. Cet excellent magazine d’information recense « les diplômes qui marchent ». Le dossier est très exhaustif et offre des pistes de recherche intéressantes que vous pouvez consulter sur le net :

  • « Les diplômes qui marchent »… Vous pouvez accéder à l’étude en ligne en cliquant ici.
  • Par ailleurs, lisez cette page consacrée aux diplômes « anti-chômage » : elle fait le point sur les filières les plus qualifiantes selon le cursus et le niveau d’étude. Vous pouvez consulter la page en cliquant ici.

Orientation… Pourquoi élaborer des stratégies d’anticipation…

Cet article est d’abord destiné à la classe de Seconde 12 dont je suis le professeur principal… Mais mes étudiants d’autres sections pourront le lire avec profit…

En matière d’orientation, le maître-mot est « anticipation ». Les spécialistes vous le diront : ceux qui réussissent sont ceux qui anticipent. Même si vous n’êtes qu’en Seconde (et a fortiori en Première), il est évident que plus vous vous projeterez tôt dans l’avenir, et plus vous maîtriserez votre orientation.

Première étape… La simulation…

Je vous recommande de vous faire un CV « pour de faux » en imaginant ce que vous serez dans 5 ou 10 ans… Etudes, projets personnels, professionnels… Serez-vous en France? Dans la région? À l’étranger? Quel sera votre niveau d’étude? Votre profession? Votre place dans la hiérarchie? Que privilégierez-vous au niveau des valeurs? La réussite sociale? Le cadre de vie? Le mariage? La carrière? Autant de questions que vous devez vous poser dès maintenant. Vous verrez : c’est un exercice passionnant parce qu’il amène à se « vieillir » artificiellement et surtout à faire des simulations qui ne vous engagent en rien! Mais qui vous conduisent à enviager les obstacles futurs. Le problème en effet n’est pas l’obstacle, le problème c’est de n’avoir pas prévu l’obstacle, de n’avoir pas anticipé : le Titanic n’aurait pas coulé si on avait prévu l’iceberg! Un peu comme avec une lecture analytique, commencez d’abord par formuler des hypothèses (de formation, de carrière, de choix de vie, etc.) et ensuite essayez en vous projetant dans le futur de vérifier si ces hypothèses cadrent avec votre personnalité, vos aptitudes, vos goûts, vos projets, et si elles cadrent avec l’évolution du contexte économique et social : c’est ce qu’on va voir dans la deuxième étape…cible.1228922755.jpg

Deuxième étape… Les stratégies d’anticipation…

Beaucoup d’élèves de Seconde, sans beaucoup réfléchir à leur avenir, se disent : je vais faire une ES, une STG, une L, une S, etc. Mais ce choix vocationnel répond-il vraiment à une « stratégie »? Bien souvent non ! Or c’est maintenant que vous devez évaluer si le type de cursus que vous envisagez après le bac sera valable d’ici 5 ou 10 ans : une fois que vous avez formulé vos hypothèses, elles doivent en effet cadrer avec ce que sera le monde dans quelques années… Or il est évident que nous sommes rentrés depuis une décennie au moins, dans un nouvel ordre mondial : les bouleversements économiques et politiques que nous traversons vont entraîner des rééquilibrages majeurs dans tous les secteurs de la société. De là le risque d’envisager « à la légère » des études sans avoir mûrement réfléchi aux conséquences de vos choix. Renseignez-vous d’ores et déjà sur les diplômes qualifiants, les filières les plus intéressantes, les métiers qui vont « rapporter », etc. Je vous recommande fortement la lecture de l’Express du 9 au 15 octobre 2008. Cet excellent magazine d’information recense « les diplômes qui marchent ». Le dossier est très exhaustif et offre des pistes de recherche intéressantes que vous pouvez consulter sur le net :

  • « Les diplômes qui marchent »… Vous pouvez accéder à l’étude en ligne en cliquant ici.
  • Par ailleurs, lisez cette page consacrée aux diplômes « anti-chômage » : elle fait le point sur les filières les plus qualifiantes selon le cursus et le niveau d’étude. Vous pouvez consulter la page en cliquant ici.

La citation de la semaine… Paul Valéry…

« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. »

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs scievalery.1228915225.jpgnces pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n’étaient pas notre affaire.
Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie.

Paul Valéry, La Crise de l’esprit, 1919

Méthodes de travail…

Bac blanc… Tous les conseils pratiques…

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Rappels

L’épreuve commencera mercredi à 8h30. Arrivez impérativement à l’heure, c’est-à-dire au moins 10 minutes à l’avance. Pour ce premier Bac, apportez des copies (elles ne sont pas fournies). Prenez aussi avec vous des surligneurs (ou des stylos de couleur) afin de mettre en évidence les mots clés des textes. Vous aurez évidemment des Poursuivre la lecture de « Méthodes de travail… »

Méthodes de travail… Apprendre avec son MP3 !

Apprendre avec son MP3 ? Non vous ne rêvez pas ! 

Tout le monde connaît les lecteurs-enregistreurs MP3… Mais quand on est étudiant (et même après!), on les utilise davantage pour écouter de la musique que pour potasser ses leçons… Pourtant ils se révèlent un accessoire indispensable à l’apprentissage de n’importe quel cours, particulièrement pour les enseignements de Lettres ou de Sciences Humaines.

 

Explication…

Après une journée de travail, la mémoire visuelle est souvent défaillante, surtout si l’on veille tard le soir : fatigue oculaire, difficultés de concentration, troubles de la vision… De plus, votre cerveau est un peu comme un disque dur d’ordinateur : après plusieurs heures de cours sur des matières complètement différentes, une fois rentré chez vous, l’ordinateur, la télévision, les jeux vidéo sollicitent de nouveau votre cerveau. À un certain moment, il ne parvient plus à gérer cette multiplication de signes : il se produit ce que les spécialistes appellent un phénomène de « surcharge cognitive ». Le « disque dur » de votre cerveau est littéralement « fragmenté » : impossible pour lui de restituer convenablement les connaissances, de là de nombreuses confusions, souvent très lourdes de conséquences en situation d’évaluation.

Les limites de la mémoire visuelle…

De plus, l’une des limites bien connue de la mémoire visuelle tient à sa difficulté à élaborer du sens : quand on est fatigué, les mots que nous lisons sont transformés en « images », on dit qu’ils sont « chosifiés » car ils ne forment que des « tâches » sur le papier, ne signifiant plus grand chose : on voit des « signes » au lieu de trouver du « sens » à ce qu’on lit. Par ailleurs, en fonctionnant un peu comme un objectif d’appareil photo, la mémoire visuelle capte tout en « rafale », de façon très éphémère, sans hiérarchiser les informations : on se focalisera avec la même attention sur une notion de Français que sur un SMS ou un message de chat ! À l’inverse, travailler la mémoire auditive avec son MP3 présente un grand avantage, à la condition de respecter quelques règles strictes d’utilisation…

La « méthode MP3 »

Si l’image ne s’affiche pas, actualisez la page pour voir la méthode

Si vous êtes chez vous, faites absolument le vide : refusez toute sollicitation extérieure : éteignez la lumière, allongez-vous au lit, fermez les yeux, et détendez-vous. Ecoutez votre cours le plus attentivement possible, en vous concentrant sur le son de votre voix et le sens des mots. Pendant les silences, répétez à voix haute ce que vous avez entendu. Vous verrez que même les intervalles musicaux sont importants pour la réussite de l’exercice : ils permettent au cerveau de faire une pause, et de restructurer l’information. Préférez les musiques avec peu de paroles, afin de ne pas perturber le travail de mémorisation, et avec des sons agréables afin de créer une ambiance apaisante (surtout pas de rap ou de Metal!). Pendant ce laps de temps, vous pouvez repenser tranquillement à ce que vous avez appris, en essayant de le synthétiser.

Si vous n’apprenez pas de chez vous (par exemple, lorsque vous êtes dans le bus, dans la rue, en voyage), cette méthode se révèlera très utile particulièrement avant les examens. Elle permet de réviser « sans en avoir l’air », sans être obligé de sortir son classeur, ou d’ouvrir ses cahiers. Si vous la pratiquez rigoureusement, vous verrez que la technique est infaillible, surtout quand on a un grand volume d’informations à mémoriser.

  • Cette méthode complète efficacement l’indispensable travail sur les fiches de synthèse. Je vous la recommande pour le Bac et même pour les examens ou concours de haut niveau : BTS, Licence professionnelle, mais aussi classes Prépas, Master, Grandes Ecoles… Plus vous le pratiquerez, et mieux vous maîtriserez l’exercice.

La citation de la semaine… Marguerite Duras…

« Je me suis dit qu’on écrivait toujours sur le corps mort du monde »…

« L’histoire de ma vieMarguerite Duras... n’existe pas. Ça n’existe pas. Il n’y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l’on fait croire qu’il y avait quelqu’un, ce n’est pas vrai il n’y avait personne.

Je n’ai jamais écrit, croyant le faire, je n’ai jamais aimé, croyant aimer, je n’ai jamais rien fait qu’attendre devant la porte fermée.

Je me suis dit qu’on écrivait toujours sur le corps mort du monde et, de même, sur le corps mort de l’amour. Que c’était dans les états d’absence que l’écrit s’engouffrait pour ne remplacer rien de ce qui avait été vécu ou supposé l’avoir été, mais pour en consigner le désert par lui laissé »

Marguerite Duras, L’Été 80, les Éditions de minuit, Paris 1980

Méthodes de travail…

Le cours… De la prise de notes à la fiche de synthèse…

L’une des difficultés majeures quand on est étudiant réside dans la prise de notes et l’apprentissage du cours.

Les dangers d’un cours appris « mot à mot »

Ne vous contentez jamais de « recopier le tableau » et d’en apprendre tel quel le contenu : un peu comme avec une greffe, il y a toujours un risque de « rejet » en ce sens que le cours qu’on recopie, c’est un peu le cours « de quelqu’un d’autre » : on ne retient que des mots, et pas du sens! Prenons le cas d’un élève de Première : il présente au Bac 25 textes. Chaque lecture analytique occupe une copie double environ, soit 100 pages rien que pour l’oral. Il est évident que s’il ne constitue pas de fiches de synthèse il lui sera presque impossible d’affronter l’examen dans de bonnes conditions, tout simplement parce que personne ne peut apprendre correctement une centaine de feuilles : l’esprit se perd dans le détail des pages, on n’a pas de vision nette des notions, on fait des confusions nombreuses, on n’est pas capable de distinguer ce qui a de l’importance du détail inutile…

Privilégiez la pensée globale

À l’opposé, si vous vous réappropriez le cours (en le synthétisant), vous l’apprendrez beaucoup plus facilement. Particulièrement pour le Bac et le BTS, je vous conseille d’établir dès à présent des fiches de synthèse par thèmes (BTS) ou par objets d’étude (Bac) : reprenez vos cours, vos notes de lecture, vos exercices sur les œuvres ou les textes étudiés et faites-vous des synthèses qui privilégient la vision d’ensemble (et non les détails). De fait, à la différence d’un cours recopié « mot à mot » qui ne sollicite que la mémoire immédiate, un cours synthétisé sous forme de fiche met en jeu la mémoire à plus long terme : en ne mentionnant que l’essentiel, on mémorise plus rapidement. Le but, c’est d’être capable de partir du sens global et de reconstituer les points de détail à partir des mots clés qu’on a notés. La pensée est ainsi plus synthétique : au lieu de se noyer dans les faits, elle privilégie l’abstraction et l’idée, c’est-à-dire le sens.

Faites-vous des fiches de synthèse

Vous devez donc vous constituer tout au long de l’année un « catalogue » de fiches thématiques : tout d’abord, répertoriez les notions, les concepts essentiels, les idées que vous avez sur une question d’ensemble, un objet d’étude, un texte important, une problématique, un mouvement, etc. Reprenez ensuite vos cours, les corrigés, ou certains passages de devoirs utiles à votre réflexion et mentionnez seulement les points importants sous forme de mots clés ou de phrases nominales brèves. Mentionnez quelques œuvres « incontournables » en rapport avec le thème, des auteurs connus (en privilégiant si vous le pouvez l’intertextualité), quelques citations qui donneront à votre travail une certaine densité intellectuelle. C’est comme cela que vous développerez votre culture générale et votre aptitude à la réflexion abstraite.

La citation de la semaine… Jean-Marie Gustave Le Clézio…

« L’écrivain est un faiseur de paraboles »…

Jean-Marie Le Clézio, Prix Nobel de Littérature 2008 (*)

« Écrire, si ça sert à quelque chose, ce doit être à ça : à témoigner. […]. L’écrivain est un faiseur de paraboles. Son univers ne naît pas de l’illusion de la réalité, mais de la réalité de la fiction. leclezio.1289657074.jpgIl avance ainsi, splendidement aveugle, par à-coups, par duperies, par mensonges, par minuscules complaisances. Ce qu’il crée n’est pas créé pour toujours. Ça doit avoir la joie et la douleur des choses mortelles. Ça doit avoir la puissance de l’imperfection. Et ça doit être doux à écouter, doux et émouvant comme une aventure imaginée. S’il pose des jalons, ce ne sont pas ceux de la vie humaine. Comme une formule d’algèbre, il réduit le monde à l’expression de figures en relation avec un quelconque système cohérent. Et le problème qu’il pose est toujours résolu. L’écriture est la seule forme parfaite du temps. Il y avait un début, il y aura une fin. Il y avait un signe, il y aura une signification.« 

J-M G Le Clézio, « Écrire », L’Extase matérielle (éd. Gallimard, coll. « Le Chemin », Paris 1967)

(*) Le jury du Prix Nobel a célébré chez Le Clézio « l’écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante ».
Crédit photographique : Service de Presse Gallimard

Classes de Première… Prépa au Bac blanc du 3 décembre : l'écrit d'invention.

Tout d’abord, référez-vous à l’article du 9 novembre qui fait le point sur les différents exercices. Pour celles et ceux tentés par l’écriture d’invention, je leur suggère de se préparer de façon très spécifique. Voici trois sujets intéressants pour vos entraînements. Je vous conseille de les traiter dès maintenant !

  • Sujet n°1 : « Choisissez un poème dans votre anthologie. Imaginez que vous l’envoyez à une revue de poésie : dans votre lettre d’accompagnement, vous en défendez l’intérêt par rapport à d’autres types de poèmes. » C’est un sujet très complet : il impose de travailler l’épistolaire (spécificité de la lettre, choix des formules, typographie, etc). Par ailleurs il vous amène à confronter différents types de poèmes : c’est là que vous devez réfléchir aux fonctions de la poésie (par exemple poésie « engagée » par opposition à « l’art pour l’art », etc.). Le plan utilisé peut être de type concessif (« certes… mais… » ; « si… en revanche… »).
  • Sujet n°2 : « Deux lecteurs débattent de leurs goûts en matière de poésie, l’un penchant pour les formes anciennes, l’autre pour des formes nouvelles. Vous rédigerez leur dialogue en veillant à y intégrer des exemples précis ». Dans ce sujet, on vous demande de nouveau deux compétences. Au niveau de la forme, c’est un dialogue (utilisez les verbes introducteurs, rendez votre dialogue vivant par l’emploi d’exclamatives, d’interrogations oratoires, etc.). Pour ce qui concerne les idées, le sujet est plus difficile qu’il n’y paraît car il exige de connaître les contraintes d’écriture propres à la poésie traditionnelle (forme fixe comme le sonnet par exemple, importance de la rime, décompte syllabique, donc une poésie de contraintes et de règles), et en même temps de montrer combien les « Modernes » à partir de Hugo, et surtout des Symbolistes (Baudelaire, Mallarmé) ont transformé la poésie, par exemple en amenant le poème en prose. A ce titre, il est nécessaire évidemment d’envisager la révolution surréaliste (à partir d’Apollinaire qui va renouveler considérablement le langage (arythmie, écriture automatique…).
  • Sujet n°3 : « Pour une revue de poésie créée avec des camarades, vous devez écrire un article intitulé : « Je n’aime pas les vers : j’aime la poésie ! ». Rédigez cet article en l’illustrant de citations tirées de vos lectures scolaires ou personnelles. Vous donnerez à votre prose un ton convaincu, sans aucune familiarité ». Concernant la rédaction d’un article de journal, pas de difficulté majeure : vous avez déjà travaillé sur ce genre. En revanche, le sujet est basé sur un paradoxe qui amène (un peu comme dans le sujet précédent) à envisager la poésie sous un autre angle et à en reproposer la définition. Certains auteurs à partir de Lautréamont ou Rimbaud ont proposé une autre conception du poème : recherches rythmiques, curiosité de phrases, étrangeté de la métaphore, néologismes, etc. redéfinissant les rapports de la prose et du vers. C’est un aspect essentiel sur lequel vous devez travailler.
Mon conseil : pour chacun des sujets, essayez d’en préparer rapidement le plan. Imaginez en une trentaine de minutes la façon dont vous pourriez organiser votre discours à partir d’une problématique, c’est-à-dire d’un questionnement, et surtout (le plus important) réfléchissez à des exemples littéraires que vous pourriez utiliser pour étayer votre propos. Faites-en sorte qu’ils soient précis : auteurs, textes, citations, mouvements, etc.). Evitez absolument le vague saupoudrage, les allusions, l’écriture « au fil de la plume ». N’oubliez pas que pour l’écriture d’invention, une grande partie de la note concerne votre aptitude à exploiter votre culture générale et à la mettre en valeur en exploitant des techniques rédactionnelles.
Enfin, si vous avez bien observé les sujets, vous avez constaté que chacun des intitulés exige deux compétences :
  • la première est d’ordre formel, rédactionnel : c’est le choix du support textuel : article, lettre, discours, dialogue, etc.
  • la deuxième concerne l’exploitation de l’objet d’étude (la poésie, le théâtre, le roman, etc.).
Si vous êtes astucieux, il vous suffit une fois pour toutes de vous faire une fiche par objet d’étude, et une fiche par contrainte de genre (dialogue, monologue, discours, etc.). Cela facilitera considérablement vos révisions!

Classes de Première… Prépa au Bac blanc du 3 décembre : l’écrit d’invention.

Tout d’abord, référez-vous à l’article du 9 novembre qui fait le point sur les différents exercices. Pour celles et ceux tentés par l’écriture d’invention, je leur suggère de se préparer de façon très spécifique. Voici trois sujets intéressants pour vos entraînements. Je vous conseille de les traiter dès maintenant !

  • Sujet n°1 : « Choisissez un poème dans votre anthologie. Imaginez que vous l’envoyez à une revue de poésie : dans votre lettre d’accompagnement, vous en défendez l’intérêt par rapport à d’autres types de poèmes. » C’est un sujet très complet : il impose de travailler l’épistolaire (spécificité de la lettre, choix des formules, typographie, etc). Par ailleurs il vous amène à confronter différents types de poèmes : c’est là que vous devez réfléchir aux fonctions de la poésie (par exemple poésie « engagée » par opposition à « l’art pour l’art », etc.). Le plan utilisé peut être de type concessif (« certes… mais… » ; « si… en revanche… »).
  • Sujet n°2 : « Deux lecteurs débattent de leurs goûts en matière de poésie, l’un penchant pour les formes anciennes, l’autre pour des formes nouvelles. Vous rédigerez leur dialogue en veillant à y intégrer des exemples précis ». Dans ce sujet, on vous demande de nouveau deux compétences. Au niveau de la forme, c’est un dialogue (utilisez les verbes introducteurs, rendez votre dialogue vivant par l’emploi d’exclamatives, d’interrogations oratoires, etc.). Pour ce qui concerne les idées, le sujet est plus difficile qu’il n’y paraît car il exige de connaître les contraintes d’écriture propres à la poésie traditionnelle (forme fixe comme le sonnet par exemple, importance de la rime, décompte syllabique, donc une poésie de contraintes et de règles), et en même temps de montrer combien les « Modernes » à partir de Hugo, et surtout des Symbolistes (Baudelaire, Mallarmé) ont transformé la poésie, par exemple en amenant le poème en prose. A ce titre, il est nécessaire évidemment d’envisager la révolution surréaliste (à partir d’Apollinaire qui va renouveler considérablement le langage (arythmie, écriture automatique…).
  • Sujet n°3 : « Pour une revue de poésie créée avec des camarades, vous devez écrire un article intitulé : « Je n’aime pas les vers : j’aime la poésie ! ». Rédigez cet article en l’illustrant de citations tirées de vos lectures scolaires ou personnelles. Vous donnerez à votre prose un ton convaincu, sans aucune familiarité ». Concernant la rédaction d’un article de journal, pas de difficulté majeure : vous avez déjà travaillé sur ce genre. En revanche, le sujet est basé sur un paradoxe qui amène (un peu comme dans le sujet précédent) à envisager la poésie sous un autre angle et à en reproposer la définition. Certains auteurs à partir de Lautréamont ou Rimbaud ont proposé une autre conception du poème : recherches rythmiques, curiosité de phrases, étrangeté de la métaphore, néologismes, etc. redéfinissant les rapports de la prose et du vers. C’est un aspect essentiel sur lequel vous devez travailler.
Mon conseil : pour chacun des sujets, essayez d’en préparer rapidement le plan. Imaginez en une trentaine de minutes la façon dont vous pourriez organiser votre discours à partir d’une problématique, c’est-à-dire d’un questionnement, et surtout (le plus important) réfléchissez à des exemples littéraires que vous pourriez utiliser pour étayer votre propos. Faites-en sorte qu’ils soient précis : auteurs, textes, citations, mouvements, etc.). Evitez absolument le vague saupoudrage, les allusions, l’écriture « au fil de la plume ». N’oubliez pas que pour l’écriture d’invention, une grande partie de la note concerne votre aptitude à exploiter votre culture générale et à la mettre en valeur en exploitant des techniques rédactionnelles.
Enfin, si vous avez bien observé les sujets, vous avez constaté que chacun des intitulés exige deux compétences :
  • la première est d’ordre formel, rédactionnel : c’est le choix du support textuel : article, lettre, discours, dialogue, etc.
  • la deuxième concerne l’exploitation de l’objet d’étude (la poésie, le théâtre, le roman, etc.).
Si vous êtes astucieux, il vous suffit une fois pour toutes de vous faire une fiche par objet d’étude, et une fiche par contrainte de genre (dialogue, monologue, discours, etc.). Cela facilitera considérablement vos révisions!

La citation de la semaine… Nina Bouraoui…

L’écriture, c’est mon vrai pays, le seul dans lequel je vis vraiment, la seule terre que je maîtrise

 
 

Nina BouraouiLongtemps, j’ai eu du mal à communiquer avec les autres. J’ai commencé à écrire, à parler et à aimer en même temps, quand j’étais enfant.

Née d’une mère française et d’un père algérien, j’ai passé les quatorze premières années de ma vie en Algérie, pays dont je ne possédais pas la langue. J’étais une enfant sauvage, réservée, solitaire, et j’ai commencé à écrire sur moi pour compenser cette fuite de la deuxième langue, pour me faire aimer des autres, pour me trouver une place dans ce monde. C’était une forme de quête identitaire. L’écriture, c’est mon vrai pays, le seul dans lequel je vis vraiment, la seule terre que je maîtrise.

Lire le texte complet sur le site de l’Express livres.
Crédit photographique : L'écrivaine Nina Bouraoui en 2005 (prix Renaudot). AFP/J. Demarthon

Premier Bac blanc le 3 décembre…

Conseils de méthode

Je rappelle aux classes de Première (1S5, 1ES4) que le mercredi 3 décembre aura lieu le premier baccalauréat blanc entraînant à l’Epreuve Anticipée de Français (EAF). Coefficienté 3, cet examen blanc écrit sera d’une durée de quatre heures et portera sur le premier objet d’étude : « La Poésie ».

  • Outre un savoir correct des auteurs, des textes étudiés, des mouvements littéraires abordés, il paraît souhaitable que les étudiants aient une maîtrise suffisante du vocabulaire de l’analyse littéraire, particulièrement si vous choisissez le commentaire organisé. A ce titre, le site etudes-litteraires propose un index des figures de style et des principales notions littéraires. En outre, si vous optez pour la dissertation et l’écriture d’invention, il est recommandé d’étayer votre culture littéraire par des recherches personnelles sur des auteurs, ou des textes (cliquez ici pour vous connecter à une base de données poétique de plus de 6000 textes).
  • Concernant le commentaire, mieux vous maîtriserez le vocabulaire de l’analyse littéraire, et plus vous éviterez le piège de la paraphrase ou la tentation (très fréquente) de « décrire » ou bien de « raconter » le texte avec ses propres mots, ce qui amène souvent à des travaux d’un niveau faible, faute de « matière ». N’oubliez pas que l’enjeu d’un bon commentaire (c’est également valable pour la question d’ensemble qui vous est posée sur le corpus) n’est pas de « décrire » un texte mais de partir d’abord d’une approche stylistique (rythme, versification, images, valeur des temps, etc) et lexicale qui mette en évidence de manière thématique et structurée la signification intrinsèque du texte, tout en proposant une interprétation personnelle permettant de passer des remarques de détail à une interprétation textuelle globale. Quelques sites proposent des ressources intéressantes : d’abord le site bacfrancais.com ou bien le site toujours très documenté etudes-litteraires.com.
  • Si vous choisissez la dissertation, ne vous sentez pas tenu de proposer le plan traditionnel en trois parties (thèse, antithèse, synthèse) si vous maîtrisez mal la synthèse. En revanche, votre plan doit s’appuyer sur une problématique clairement définie : votre parcours analytique doit être conçu dans l’optique d’une progression allant du moins important au plus fondamental. Par ailleurs, vous devez toujours vous dire : « Qu’est-ce que je veux prouver? » ; « d’où est-ce que je suis parti, pour parvenir où? » La pire des choses est un plan qui ne progresse pas, où on a l’impression que le candidat « part à la dérive ». Vous devez donc toujours avoir à l’esprit cette idée de « parcours » argumentatif qui doit idéalement amener à votre conclusion. Bien entendu un certain bagage littéraire est indispensable pour la dissertation (connaissance d’auteurs, de citations, de textes, etc.). Cliquez ici pour obtenir des conseils sur des types de sujets ou de plans possibles. Le site de l’Académie de Reims propose quant à lui une page très étayée sur la méthodologie de la dissertation.
  • Pour celles et ceux qui seraient tentés par l’écrit d’invention, vous pouvez consulter cette page qui fait le point sur l’épreuve. Je vous mets en garde contre le risque majeur de choisir ce sujet uniquement parce qu’il vous paraîtrait plus “facile”. Tous les correcteurs au Baccalauréat sont particulièrement exigeants quant à la qualité du travail attendu. Vous devez donc privilégier la cohérence du parcours argumentatif, la qualité de l’argumentation (richesse des exemples, exploitation des textes du corpus et/ou de la culture générale), la prise en compte éventuelle du point de vue adverse dans la démonstration. Enfin, quel que soit le sujet, on attend du candidat qu’il ait (surtout pour un objet d’étude comme la poésie) une bonne maîtrise des registres employés (lyrique, élégiaque, pathétique, didactique, polémique, etc.), ainsi qu’une rédaction « littéraire » : l’emploi de figures de style nombreuses et variées semble une exigence incontournable pour appuyer et mettre en valeur le fond de votre pensée.