EAF… Tout sur l'épreuve orale au Bac…

Voir aussi cet article : Oral du Bac, les questions les plus fréquemment posées.
 

Prérequis

Commencez à planifier vos révisions… et lisez impérativement cet article qui fait le point sur l’oral. Pour vous préparer à l’épreuve, j’insiste sur l’absolue nécessité de vous constituer des fiches de synthèse sur :
  1. les objets d’étude (par exemple, la poésie) ;
  2. les mouvements littéraires et culturels abordés ;
  3. les textes étudiés.

Concernant les fiches sur les textes, vous pouvez d’abord noter quelques points essentiels sur l’auteur (époque, mouvement, œuvres principales), le texte et le contexte (contextualisation, problématisation). Mentionnez évidemment les axes principaux en détaillant si besoin les aspects les plus importants ou les plus difficiles. N’oubliez pas d’accorder une grande importance à l’analyse textuelle GLOBALE : vos remarques de détail sont évidemment essentielles mais elles n’ont d’intérêt que si elles permettent à votre lecteur ou à votre auditeur de saisir le sens global du texte (de même que le texte doit être rattaché à l’œuvre, l’œuvre au mouvement, le mouvement à l’époque. Il faut toujours aller du particulier au général, du concret à l’abstrait).

  La préparation à l’oral dure 30 minutes le jour de l’épreuve. Votre exposé sur le texte doit durer 10 minutes environ. Il sera suivi d’un entretien de 10 minutes qui fera le point sur vos connaissances et l’ensemble des activités que vous aurez menées. Il pourra parfois être élargi à des questionnements plus larges de culture générale.

L’exposé…

La première partie de l’épreuve orale est consacrée à la lecture analytique d’un texte. Les instructions officielles indiquent nettement l’esprit de cet exercice : il s’agit en 10 minutes environ d’explorer de façon organisée un texte en répondant à une problématique précisée au départ. Cette épreuve vise pour l’examinateur à s’assurer de la bonne compréhension du texte, de la culture littéraire, de l’aptitude à construire la réflexion, en privilégiant des outils spécifiques de stylistique, d’expression et de communication.

Le travail de préparation…

Quand vous allez préparer votre exposé, ayez toujours à l’esprit que la lecture analytique est un processus de construction du sens : elle correspond au travail d’approche que vous pourriez faire pour un commentaire littéraire.

Avant toute chose, il convient donc d’avoir à l’esprit plusieurs éléments :

  • en premier lieu, n’oubliez pas que tout texte est le résultat d’un acte d’énonciation par un auteur donné, à un moment donné, en un lieu donné. Ces différents paramètres définissent un cadre essentiel pour l’explication : c’est la position de l’énonciateur vis-à-vis d’un « contexte » : ce contexte est essentiel pour comprendre le cadre culturel et social qui entoure le texte à étudier.
  • Vous devez y ajouter 2 éléments : à qui est destiné le texte? et quelle est l’intention de l’auteur? Ces différentes observations doivent vous amener à répondre aux questions suivantes : Quelle est l’idée directrice du texte? Quels sont les moyens essentiels utilisés pour servir cette idée?

Cette première approche globale du texte va vous conduire à la deuxième étape : la lecture détaillée.

La lecture détaillée est essentielle. C’est elle qui vous permettra de proposer une observation précise par diverses approches afin de dégager les centres d’intérêt du texte. Soyez attentif tout d’abord à l’organisation du texte (sa structuration thématique), aux mots clés : l’analyse des réseaux lexicaux et thématiques permet bien souvent de guider l’analyse pour la définition des axes de lecture. Mais vous devrez privilégier par ailleurs d’autres outils d’analyse : les registres de langue, l’emploi des temps, l’étude des figures de style, des connotations, etc.

La « positive » attitude !

La connaissance du cours ne suffit pas… Si votre connaissance du cours est évidemment essentielle, vous réussirez exam.1232268815.jpgd’autant mieux cette épreuve que vous adopterez face à l’examinateur une attitude positive, si vous êtes convaincant (et convaincu !). Comment voulez-vous qu’on croie en vous si vous apparaissez penaud, peu sûr, vaincu d’avance? Votre réussite dépend de votre motivation et de votre implication : ce sont vos réactions personnelles de lecteur, votre sensibilité face au texte, votre intérêt et votre motivation qui prouveront que vous possédez les aptitudes pour atteindre les objectifs fixés par l’épreuve. C’est un détail, mais il est essentiel : tenez-vous droit et ne soyez pas nonchalant, avachi sur la table! Votre but, c’est de faire valoir votre culture et votre personnalité. N’importe quel examinateur (moi le premier!) serait agacé par l’attitude désinvolte ou relâché(e) d’un candidat.

Le déroulement de l’exposé

  • L’introduction

Contextualisation : dans votre introduction, vous devez d’abord situer brièvement le passage en portant votre attention sur les éléments qui permettent de le contextualiser dans l’œuvre ou dans le mouvement culturel.

Problématisation : puis vous en présentez brièvement le sujet (c’est-à-dire le problème posé qui correspond souvent à l’idée directrice). Votre problématique doit donc rendre compte de l’essentiel du texte, c’est-à-dire votre hypothèse de lecture que vous allez vérifier tout au long de votre exposé. La présentation doit aussi situer le texte ou le passage (par rapport à l’œuvre), de manière à permettre à l’examinateur de suivre l’explication en lui fournissant tous les éléments qui ne figurent pas dans le texte et sont nécessaires à sa compréhension. Elle doit en même temps être concise : inutile de tout dire : n’oubliez pas qu’on évalue l’aptitude de l’élève à sélectionner dans ses connaissances les éléments pertinents et à hiérarchiser les informations (aptitude à l’esprit de synthèse).

L’annonce du plan : annoncez le plus clairement votre plan : axes d’étude ou plan du texte dans le cas d’une étude linéaire : pensez à bien poser vos axes de lecture. Evitez les formules du style : « Nous verrons l’apparition de thèmes », « d’abord, je dirai…, puis je dirai ensuite… » particulièrement lourdes

  • La lecture du texte

Puis vous lisez le texte en y mettant de l’enthousiasme : adoptez par exemple un timbre de voix vivant. Si vous avez une voix monocorde et plutôt faible, efforcez-vous de corriger ces défauts. Votre lecture en effet doit à la fois être expressive et posée. Elle vise à montrer que le texte est compris : le ton que vous employez est important dans l’évaluation que l’on fait de votre lecture. N’oubliez pas de marquer des pauses. Elles sont importantes non seulement pour mettre en valeur les mots porteurs de sens, mais aussi afin de déstresser le jour de l’examen (vous reprenez votre respiration pendant les pauses). Dernière remarque : en poésie, le respect de la versification est bien entendu déterminant.

  • Le développement

Vous devrez proposer des pistes d’étude à la fois pertinentes (permettant de commenter l’essentiel de ce qui fait l’intérêt du texte, et distinctes (attention aux redites). Pensez à distinguer les éléments essentiels des idées secondaires, qui ne servent qu’à mettre en valeur les points importants, en les illustrant. Annoncez au fur et à mesure les phases d’exploration que vous allez conduire. Pensez à mettre en avant les transitions permettant de suivre le fil de l’exposé. Après chaque analyse, tirez un bref bilan (déduction) avant de poursuivre votre exploration du texte.

Le fond et la forme : l’explication du texte doit associer (sans les dissocier surtout) l’étude du style (remarques précises et variées avec maîtrise des notions et des termes spécifiques) et du sens afin de permettre un repérage et une interprétation efficaces. Ne séparez jamais le fond de la forme : de fait, la forme elle-même contribue au sens. Pour y parvenir, le candidat doit ainsi mettre en œuvre des savoir-faire et utiliser des outils propres à l’examen d’un texte court : c’est également sur la pertinence de leur choix et la qualité de leur utilisation qu’il sera jugé (remarques placées au bon endroit, remarques en cohérence avec l’axe annoncé, remarques ordonnées (progression).

L’examinateur s’assurera par exemple que le candidat va à l’essentiel pour exprimer ce qui fait à ses yeux l’intérêt du passage en s’appuyant sur des sources pertinentes. Vos différentes remarques sur le texte doivent être fondées sur des références précises : quand vous citez le texte, n’oubliez pas de justifier toujours le lien entre l’affirmation que vous proposez et la citation retenue.

Enfin, rappelez-vous que l’examinateur note la manière dont vous serez capable de structurer et d’orienter vos remarques en fonction des conclusions partielles et de la conclusion générale à laquelle vous voulez aboutir : c’est le parcours analytique. La question que se pose un examinateur est celle-ci : un candidat est-il apte à passer du stade de l’observation de détail à celui de l’interprétation en fonction de perspectives plus larges, plus abstraites par exemple ?

  • La conclusion

Pensez à rappeler brièvement vos axes d’étude et proposez un bilan global permettant d’élargir la problématique étudiée vers un point de vue qui englobe le texte et dépasse le cadre de celui-ci. Vous pouvez par exemple élargir au groupement de textes dans votre conclusion, au mouvement culturel, à une autre œuvre étudiée, etc.

L’entretien…

C’est l’occasion par excellence de prouver que vous avez le « physique de l’emploi ». Cherchez à mettre en avant votre capacité à dialoguer : l’aisance dans la communication, l’utilisation pertinente des notes, la valorisation de votre culture générale sont des critères importants. En outre, l’emploi d’un lexique précis, d’une langue correcte, et la connaissance du vocabulaire de l’analyse littéraire, constituent des critères importants de l’évaluation orale. Personnellement, quand je fais passer l’oral du Bac, j’apprécie particulièrement qu’un(e) candidat(e) défende son point de vue sur une problématique de lecture, à la condition que ce point de vue soit fondé bien entendu! Je vous conseille en outre d’être très attentif aux questions posées : certains candidats par exemple n’écoutent pas bien les questions, ce qui les conduit à répondre de façon erronée ou allusive. Rappelez-vous aussi que la nervosité ne sert à rien : mieux vous aurez préparé l’épreuve, plus vous devriez être calme. Enfin, soyez toujours « positif » : ne critiquez pas les textes, encore moins les choix de votre professeur. Lors de la session 2008, un candidat m’a dit : « Notre prof, elle est un peu bizarre : ce texte est ultra ch… » Sans commentaire !

Pour l’entraînement…

Pensez à travailler dans 2 directions :

  1. tout d’abord, entraînez-vous à 2 ou 3 par exemple. Interrogez-vous à tour de rôle dans les conditions de l’examen (20 à 25 minutes de préparation et le même temps d’entretien : 2 camarades interrogeant afin de varier l’axe des questions). Utilisez le barème de notation ci-dessous pour vous auto-évaluer !

  2. De plus, essayez d’élargir vos connaissances sur les courants littéraires et les contextes historiques ou culturels afin de pouvoir enrichir vos analyses.

 

Exemple de barème d’évaluation

(source : Académie de Rouen. Cliquez ici pour accéder  à la page).

Exposé : 10 points

 

Critères

Explication

Barème

Expression et

communication

•  Lecture correcte et expressive•  Correction de la langue•  Engagement, conviction

3 points

Réflexion et analyse

(pertinence)

•  Compréhension du texte•  Élaboration d’un projet de lecture en réponse à la question posée•  Validité des références au texte en relation au projet

5 points

Connaissances

•  Contextualisation•  Utilisation du vocabulaire relatif aux objets d’étude et aux perspectives•  L’utilisation pertinente du vocabulaire de l’analyse littéraire est valorisée

2 points

 

Entretien : 10 points

 

Critères

Explication

Barème

Expression et

Communication

•  Aptitude au dialogue : prise en compte de la parole d’autrui et volonté d’entrer dans le dialogue•  Engagement, conviction•  Maîtrise de soi et de son langage 

3 points

Réflexion et analyse

(pertinence)

•  Compréhension des questions posées•  Aptitude à justifier les réponses et à se référer aux documents pour les illustrer

3 points

Connaissances

•  Références aux contenus du descriptif (lectures cursives, activités de classe, etc.)•  Connaissance de l’objet ou des objets d’étude et des perspectives

4 points

EAF… Tout sur l’épreuve orale au Bac…

Voir aussi cet article : Oral du Bac, les questions les plus fréquemment posées.
 

Prérequis

Commencez à planifier vos révisions… et lisez impérativement cet article qui fait le point sur l’oral. Pour vous préparer à l’épreuve, j’insiste sur l’absolue nécessité de vous constituer des fiches de synthèse sur :
  1. les objets d’étude (par exemple, la poésie) ;
  2. les mouvements littéraires et culturels abordés ;
  3. les textes étudiés.

Concernant les fiches sur les textes, vous pouvez d’abord noter quelques points essentiels sur l’auteur (époque, mouvement, œuvres principales), le texte et le contexte (contextualisation, problématisation). Mentionnez évidemment les axes principaux en détaillant si besoin les aspects les plus importants ou les plus difficiles. N’oubliez pas d’accorder une grande importance à l’analyse textuelle GLOBALE : vos remarques de détail sont évidemment essentielles mais elles n’ont d’intérêt que si elles permettent à votre lecteur ou à votre auditeur de saisir le sens global du texte (de même que le texte doit être rattaché à l’œuvre, l’œuvre au mouvement, le mouvement à l’époque. Il faut toujours aller du particulier au général, du concret à l’abstrait).

  La préparation à l’oral dure 30 minutes le jour de l’épreuve. Votre exposé sur le texte doit durer 10 minutes environ. Il sera suivi d’un entretien de 10 minutes qui fera le point sur vos connaissances et l’ensemble des activités que vous aurez menées. Il pourra parfois être élargi à des questionnements plus larges de culture générale.

L’exposé…

La première partie de l’épreuve orale est consacrée à la lecture analytique d’un texte. Les instructions officielles indiquent nettement l’esprit de cet exercice : il s’agit en 10 minutes environ d’explorer de façon organisée un texte en répondant à une problématique précisée au départ. Cette épreuve vise pour l’examinateur à s’assurer de la bonne compréhension du texte, de la culture littéraire, de l’aptitude à construire la réflexion, en privilégiant des outils spécifiques de stylistique, d’expression et de communication.

Le travail de préparation…

Quand vous allez préparer votre exposé, ayez toujours à l’esprit que la lecture analytique est un processus de construction du sens : elle correspond au travail d’approche que vous pourriez faire pour un commentaire littéraire.

Avant toute chose, il convient donc d’avoir à l’esprit plusieurs éléments :

  • en premier lieu, n’oubliez pas que tout texte est le résultat d’un acte d’énonciation par un auteur donné, à un moment donné, en un lieu donné. Ces différents paramètres définissent un cadre essentiel pour l’explication : c’est la position de l’énonciateur vis-à-vis d’un « contexte » : ce contexte est essentiel pour comprendre le cadre culturel et social qui entoure le texte à étudier.
  • Vous devez y ajouter 2 éléments : à qui est destiné le texte? et quelle est l’intention de l’auteur? Ces différentes observations doivent vous amener à répondre aux questions suivantes : Quelle est l’idée directrice du texte? Quels sont les moyens essentiels utilisés pour servir cette idée?

Cette première approche globale du texte va vous conduire à la deuxième étape : la lecture détaillée.

La lecture détaillée est essentielle. C’est elle qui vous permettra de proposer une observation précise par diverses approches afin de dégager les centres d’intérêt du texte. Soyez attentif tout d’abord à l’organisation du texte (sa structuration thématique), aux mots clés : l’analyse des réseaux lexicaux et thématiques permet bien souvent de guider l’analyse pour la définition des axes de lecture. Mais vous devrez privilégier par ailleurs d’autres outils d’analyse : les registres de langue, l’emploi des temps, l’étude des figures de style, des connotations, etc.

La « positive » attitude !

La connaissance du cours ne suffit pas… Si votre connaissance du cours est évidemment essentielle, vous réussirez exam.1232268815.jpgd’autant mieux cette épreuve que vous adopterez face à l’examinateur une attitude positive, si vous êtes convaincant (et convaincu !). Comment voulez-vous qu’on croie en vous si vous apparaissez penaud, peu sûr, vaincu d’avance? Votre réussite dépend de votre motivation et de votre implication : ce sont vos réactions personnelles de lecteur, votre sensibilité face au texte, votre intérêt et votre motivation qui prouveront que vous possédez les aptitudes pour atteindre les objectifs fixés par l’épreuve. C’est un détail, mais il est essentiel : tenez-vous droit et ne soyez pas nonchalant, avachi sur la table! Votre but, c’est de faire valoir votre culture et votre personnalité. N’importe quel examinateur (moi le premier!) serait agacé par l’attitude désinvolte ou relâché(e) d’un candidat.

Le déroulement de l’exposé

  • L’introduction

Contextualisation : dans votre introduction, vous devez d’abord situer brièvement le passage en portant votre attention sur les éléments qui permettent de le contextualiser dans l’œuvre ou dans le mouvement culturel.

Problématisation : puis vous en présentez brièvement le sujet (c’est-à-dire le problème posé qui correspond souvent à l’idée directrice). Votre problématique doit donc rendre compte de l’essentiel du texte, c’est-à-dire votre hypothèse de lecture que vous allez vérifier tout au long de votre exposé. La présentation doit aussi situer le texte ou le passage (par rapport à l’œuvre), de manière à permettre à l’examinateur de suivre l’explication en lui fournissant tous les éléments qui ne figurent pas dans le texte et sont nécessaires à sa compréhension. Elle doit en même temps être concise : inutile de tout dire : n’oubliez pas qu’on évalue l’aptitude de l’élève à sélectionner dans ses connaissances les éléments pertinents et à hiérarchiser les informations (aptitude à l’esprit de synthèse).

L’annonce du plan : annoncez le plus clairement votre plan : axes d’étude ou plan du texte dans le cas d’une étude linéaire : pensez à bien poser vos axes de lecture. Evitez les formules du style : « Nous verrons l’apparition de thèmes », « d’abord, je dirai…, puis je dirai ensuite… » particulièrement lourdes

  • La lecture du texte

Puis vous lisez le texte en y mettant de l’enthousiasme : adoptez par exemple un timbre de voix vivant. Si vous avez une voix monocorde et plutôt faible, efforcez-vous de corriger ces défauts. Votre lecture en effet doit à la fois être expressive et posée. Elle vise à montrer que le texte est compris : le ton que vous employez est important dans l’évaluation que l’on fait de votre lecture. N’oubliez pas de marquer des pauses. Elles sont importantes non seulement pour mettre en valeur les mots porteurs de sens, mais aussi afin de déstresser le jour de l’examen (vous reprenez votre respiration pendant les pauses). Dernière remarque : en poésie, le respect de la versification est bien entendu déterminant.

  • Le développement

Vous devrez proposer des pistes d’étude à la fois pertinentes (permettant de commenter l’essentiel de ce qui fait l’intérêt du texte, et distinctes (attention aux redites). Pensez à distinguer les éléments essentiels des idées secondaires, qui ne servent qu’à mettre en valeur les points importants, en les illustrant. Annoncez au fur et à mesure les phases d’exploration que vous allez conduire. Pensez à mettre en avant les transitions permettant de suivre le fil de l’exposé. Après chaque analyse, tirez un bref bilan (déduction) avant de poursuivre votre exploration du texte.

Le fond et la forme : l’explication du texte doit associer (sans les dissocier surtout) l’étude du style (remarques précises et variées avec maîtrise des notions et des termes spécifiques) et du sens afin de permettre un repérage et une interprétation efficaces. Ne séparez jamais le fond de la forme : de fait, la forme elle-même contribue au sens. Pour y parvenir, le candidat doit ainsi mettre en œuvre des savoir-faire et utiliser des outils propres à l’examen d’un texte court : c’est également sur la pertinence de leur choix et la qualité de leur utilisation qu’il sera jugé (remarques placées au bon endroit, remarques en cohérence avec l’axe annoncé, remarques ordonnées (progression).

L’examinateur s’assurera par exemple que le candidat va à l’essentiel pour exprimer ce qui fait à ses yeux l’intérêt du passage en s’appuyant sur des sources pertinentes. Vos différentes remarques sur le texte doivent être fondées sur des références précises : quand vous citez le texte, n’oubliez pas de justifier toujours le lien entre l’affirmation que vous proposez et la citation retenue.

Enfin, rappelez-vous que l’examinateur note la manière dont vous serez capable de structurer et d’orienter vos remarques en fonction des conclusions partielles et de la conclusion générale à laquelle vous voulez aboutir : c’est le parcours analytique. La question que se pose un examinateur est celle-ci : un candidat est-il apte à passer du stade de l’observation de détail à celui de l’interprétation en fonction de perspectives plus larges, plus abstraites par exemple ?

  • La conclusion

Pensez à rappeler brièvement vos axes d’étude et proposez un bilan global permettant d’élargir la problématique étudiée vers un point de vue qui englobe le texte et dépasse le cadre de celui-ci. Vous pouvez par exemple élargir au groupement de textes dans votre conclusion, au mouvement culturel, à une autre œuvre étudiée, etc.

L’entretien…

C’est l’occasion par excellence de prouver que vous avez le « physique de l’emploi ». Cherchez à mettre en avant votre capacité à dialoguer : l’aisance dans la communication, l’utilisation pertinente des notes, la valorisation de votre culture générale sont des critères importants. En outre, l’emploi d’un lexique précis, d’une langue correcte, et la connaissance du vocabulaire de l’analyse littéraire, constituent des critères importants de l’évaluation orale. Personnellement, quand je fais passer l’oral du Bac, j’apprécie particulièrement qu’un(e) candidat(e) défende son point de vue sur une problématique de lecture, à la condition que ce point de vue soit fondé bien entendu! Je vous conseille en outre d’être très attentif aux questions posées : certains candidats par exemple n’écoutent pas bien les questions, ce qui les conduit à répondre de façon erronée ou allusive. Rappelez-vous aussi que la nervosité ne sert à rien : mieux vous aurez préparé l’épreuve, plus vous devriez être calme. Enfin, soyez toujours « positif » : ne critiquez pas les textes, encore moins les choix de votre professeur. Lors de la session 2008, un candidat m’a dit : « Notre prof, elle est un peu bizarre : ce texte est ultra ch… » Sans commentaire !

Pour l’entraînement…

Pensez à travailler dans 2 directions :

  1. tout d’abord, entraînez-vous à 2 ou 3 par exemple. Interrogez-vous à tour de rôle dans les conditions de l’examen (20 à 25 minutes de préparation et le même temps d’entretien : 2 camarades interrogeant afin de varier l’axe des questions). Utilisez le barème de notation ci-dessous pour vous auto-évaluer !

  2. De plus, essayez d’élargir vos connaissances sur les courants littéraires et les contextes historiques ou culturels afin de pouvoir enrichir vos analyses.

 

Exemple de barème d’évaluation

(source : Académie de Rouen. Cliquez ici pour accéder  à la page).

Exposé : 10 points

 

Critères

Explication

Barème

Expression et

communication

•  Lecture correcte et expressive•  Correction de la langue•  Engagement, conviction

3 points

Réflexion et analyse

(pertinence)

•  Compréhension du texte•  Élaboration d’un projet de lecture en réponse à la question posée•  Validité des références au texte en relation au projet

5 points

Connaissances

•  Contextualisation•  Utilisation du vocabulaire relatif aux objets d’étude et aux perspectives•  L’utilisation pertinente du vocabulaire de l’analyse littéraire est valorisée

2 points

 

Entretien : 10 points

 

Critères

Explication

Barème

Expression et

Communication

•  Aptitude au dialogue : prise en compte de la parole d’autrui et volonté d’entrer dans le dialogue•  Engagement, conviction•  Maîtrise de soi et de son langage 

3 points

Réflexion et analyse

(pertinence)

•  Compréhension des questions posées•  Aptitude à justifier les réponses et à se référer aux documents pour les illustrer

3 points

Connaissances

•  Références aux contenus du descriptif (lectures cursives, activités de classe, etc.)•  Connaissance de l’objet ou des objets d’étude et des perspectives

4 points

BIENTÔT LE DEUXIÈME ÉCRIT BLANC FACULTATIF…

J’organiserai pour mes classes le deuxième entraînement à l’écrit du Bac de Français le mercredi 11 février 2009 à partir de 13h30 (horaire à confirmer).

Objet d’étude : l’argumentation

Candide (Voltaire) devra être connu dans ses grandes lignes uniquement (genre du conte philosophique, contextualisation, problématisation, progression narrative et thématique) ainsi que les principaux registres utilisés par Voltaire (réaliste, ironique, satirique). Vous devrez également savoir ce qu’a apporté la critique de la société entreprise par le Siècle des Lumières. Des aides, parfois très précieuses, sont disponibles en ligne : référez-vous au mois de janvier du cahier de texte pour en connaître le détail et voir les liens.

Comme pour le premier Bac blanc, les notes ne seront comptabilisées que si elles avantagent la moyenne de l’élève participant.

Concours d'expression orale… Entraînement n°1

Le déroulement de l’épreuve…

Dans moins d’un mois (*) vous aurez affronté la demi-finale! Il s’agit donc de ne pas tarder et de vous entraîner dès maintenant. Le jour de l’épreuve, vous aurez le choix entre 4 sujets imposés. Après avoir pris connaissance des sujets, vous n’en retiendrez qu’un seul, que vous préparerez sur place en 30 minutes exactement. Les sujets proposés portent sur des questions de culture générale (Économie et Société, littérature et philosophie, sciences et techniques, et pour la demi-finale des sujets « inclassables », faisant davantage appel à vos capacités d’originalité).

Huit exemples de sujets inédits (dans l’esprit du Concours) :
  • Histoire et société : 1) Réussir sa vie, c’est être riche de… 2) La mondialisation : chance ou péril?
  • Littérature et Philosophie : 1) C’est quoi, être libre? 2) Quel est l’avantage d’apprendre le Français dans le monde contemporain?
  • Sciences et Techniques : 1) Les robots « humanoïdes » sont de plus en plus répandus dans le monde : faut-il en avoir peur? 2) Comment se dérouleront les cours au Lycée en 2050?
  • Sujets « atypiques » : 1) Pourquoi est-ce blanc plutôt que noir? 2) C’est quoi un « po-aime »?

Votre prestation doit durer 5 minutes au moins ! Le jury attend évidemment des exposés argumentés et réfléchis, ce qui n’empêche nullement l’improvisation : mettez-vous en scène, interpellez votre public un peu comme un acteur « qui fait son numéro »! Pourquoi pas du Slam si vous en avez le talent? Rien n’est pire qu’un exposé lu de façon monocorde : surprenez le jury!

Comprendre le barème d’évaluation :
  1. L’art oratoire et l’éloquence (10 points);
  2. La rhétorique : l’art du « discours », la qualité de vos arguments et de vos exemples (10 points).
  1. L’art oratoire touche à « l’art de bien parler ». Un orateur persuasif est celui qui sait s’exprimer avec aisance et clarté, moduler le son de sa voix afin d’éviter la monotonie par exemple. La capacité d’émouvoir, de persuader par la parole sont donc essentielles. Au niveau de l’évaluation, la diction est fondamentale puisque vous devez persuader d’abord par la parole! Ne négligez surtout pas le travail sur la langue : c’est ce qu’on appelle l’élocution, c’est-à-dire le choix du style. Par exemple, l’emploi de figures de rhétorique semble tout indiqué : métaphores, comparaisons, interpellation de votre auditoire, interrogations oratoires, etc.
  2. La rhétorique, c’est l’art du discours. Vous avez toutes et tous déjà travaillé sur l’écrit d’invention : cela va vous servir pour le concours ! L’invention, au sens étymologique (du latin « inventio ») est la capacité de savoir construire un projet, c’est-à-dire de convaincre en organisant votre propos. Vous serez donc noté sur la manière dont vous avez disposé vos idées, structuré votre parcours argumentatif. Pensez à utiliser les procédés propres au discours (choix des arguments, des exemples, des techniques de persuasion, techniques d’amplification, voire de dramatisation) en rapport avec le sujet.

L’entraînement…
Commencez d’ores et déjà à vous entraîner sur les quelques sujets proposés ici. Accordez-vous 15 à 20 minutes de préparation et lancez-vous, sans lire vos notes (vous pouvez même vous entraîner dans les transports en commun pour la recherche des arguments) : essayez de trouver des idées créatives, originales, et faites si possible votre exposé devant d’autres personnes : des copains ou des copines, la famille, etc. afin de vous confronter à un public. Si vous êtes seul chez vous, mettez-vous devant une glace et parlez HAUT et FORT en vous regardant : c’est un excellent exercice souvent pratiqué dans les écoles de Communication. N’oubliez pas d’introduire votre discours par une introduction susceptible d’attirer l’attention de l’audience : l’accroche (ou amorce) est importante car elle va amener le sujet de manière originale, inattendue. N’oubliez pas non plus pour votre développement qu’on vous évaluera sur votre capacité à produire un texte original, et non à vous contenter de commenter une citation ou une expression. Sachez trouver le ton, les mots qui conviennent : évitez absolument l’interchangeable, le « prêt-à-porter » linguistique. Quant à votre conclusion, elle devra être percutante. Ne vous contentez pas de résumer vos arguments, privilégiez l’effet de « chute »!

Rappel : Réunion d’information pour les élèves inscrits : le mardi 20 janvier 2009 à 14h30 à l’amphithéâtre (*).
Les demi-finales auront lieu en février : Pour les classes de Première (*) : mardi 3 février (de 13h30 à 17h30). Pour les classes de Seconde (*) : mardi 10 février, le matin (à partir de 10 heures) ET l’après-midi. La finale aura lieu le mardi 10 mars (*) le matin et l’après-midi.

___________

(*) Les dates et horaires sont donnés à titre indicatif, sous réserve d’erreurs typographiques ou de modifications ultérieures.

Concours d’expression orale… Entraînement n°1

Le déroulement de l’épreuve…

Dans moins d’un mois (*) vous aurez affronté la demi-finale! Il s’agit donc de ne pas tarder et de vous entraîner dès maintenant. Le jour de l’épreuve, vous aurez le choix entre 4 sujets imposés. Après avoir pris connaissance des sujets, vous n’en retiendrez qu’un seul, que vous préparerez sur place en 30 minutes exactement. Les sujets proposés portent sur des questions de culture générale (Économie et Société, littérature et philosophie, sciences et techniques, et pour la demi-finale des sujets « inclassables », faisant davantage appel à vos capacités d’originalité).

Huit exemples de sujets inédits (dans l’esprit du Concours) :
  • Histoire et société : 1) Réussir sa vie, c’est être riche de… 2) La mondialisation : chance ou péril?
  • Littérature et Philosophie : 1) C’est quoi, être libre? 2) Quel est l’avantage d’apprendre le Français dans le monde contemporain?
  • Sciences et Techniques : 1) Les robots « humanoïdes » sont de plus en plus répandus dans le monde : faut-il en avoir peur? 2) Comment se dérouleront les cours au Lycée en 2050?
  • Sujets « atypiques » : 1) Pourquoi est-ce blanc plutôt que noir? 2) C’est quoi un « po-aime »?

Votre prestation doit durer 5 minutes au moins ! Le jury attend évidemment des exposés argumentés et réfléchis, ce qui n’empêche nullement l’improvisation : mettez-vous en scène, interpellez votre public un peu comme un acteur « qui fait son numéro »! Pourquoi pas du Slam si vous en avez le talent? Rien n’est pire qu’un exposé lu de façon monocorde : surprenez le jury!

Comprendre le barème d’évaluation :
  1. L’art oratoire et l’éloquence (10 points);
  2. La rhétorique : l’art du « discours », la qualité de vos arguments et de vos exemples (10 points).
  1. L’art oratoire touche à « l’art de bien parler ». Un orateur persuasif est celui qui sait s’exprimer avec aisance et clarté, moduler le son de sa voix afin d’éviter la monotonie par exemple. La capacité d’émouvoir, de persuader par la parole sont donc essentielles. Au niveau de l’évaluation, la diction est fondamentale puisque vous devez persuader d’abord par la parole! Ne négligez surtout pas le travail sur la langue : c’est ce qu’on appelle l’élocution, c’est-à-dire le choix du style. Par exemple, l’emploi de figures de rhétorique semble tout indiqué : métaphores, comparaisons, interpellation de votre auditoire, interrogations oratoires, etc.
  2. La rhétorique, c’est l’art du discours. Vous avez toutes et tous déjà travaillé sur l’écrit d’invention : cela va vous servir pour le concours ! L’invention, au sens étymologique (du latin « inventio ») est la capacité de savoir construire un projet, c’est-à-dire de convaincre en organisant votre propos. Vous serez donc noté sur la manière dont vous avez disposé vos idées, structuré votre parcours argumentatif. Pensez à utiliser les procédés propres au discours (choix des arguments, des exemples, des techniques de persuasion, techniques d’amplification, voire de dramatisation) en rapport avec le sujet.

L’entraînement…

Commencez d’ores et déjà à vous entraîner sur les quelques sujets proposés ici. Accordez-vous 15 à 20 minutes de préparation et lancez-vous, sans lire vos notes (vous pouvez même vous entraîner dans les transports en commun pour la recherche des arguments) : essayez de trouver des idées créatives, originales, et faites si possible votre exposé devant d’autres personnes : des copains ou des copines, la famille, etc. afin de vous confronter à un public. Si vous êtes seul chez vous, mettez-vous devant une glace et parlez HAUT et FORT en vous regardant : c’est un excellent exercice souvent pratiqué dans les écoles de Communication. N’oubliez pas d’introduire votre discours par une introduction susceptible d’attirer l’attention de l’audience : l’accroche (ou amorce) est importante car elle va amener le sujet de manière originale, inattendue. N’oubliez pas non plus pour votre développement qu’on vous évaluera sur votre capacité à produire un texte original, et non à vous contenter de commenter une citation ou une expression. Sachez trouver le ton, les mots qui conviennent : évitez absolument l’interchangeable, le « prêt-à-porter » linguistique. Quant à votre conclusion, elle devra être percutante. Ne vous contentez pas de résumer vos arguments, privilégiez l’effet de « chute »!

Rappel : Réunion d’information pour les élèves inscrits : le mardi 20 janvier 2009 à 14h30 à l’amphithéâtre (*).
Les demi-finales auront lieu en février : Pour les classes de Première (*) : mardi 3 février (de 13h30 à 17h30). Pour les classes de Seconde (*) : mardi 10 février, le matin (à partir de 10 heures) ET l’après-midi. La finale aura lieu le mardi 10 mars (*) le matin et l’après-midi.

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(*) Les dates et horaires sont donnés à titre indicatif, sous réserve d’erreurs typographiques ou de modifications ultérieures.

Bac blanc du 3 décembre… Rapport du jury…

bac.1234113552.jpgVoici le rapport que j’ai établi pour ce premier baccalauréat blanc, sur la base des remarques de ma collègue et de mes propres observations.

arrow.1242450507.jpg Voir également le rapport de correction pour le Bac blanc du 28 janvier 2010.
Un bilan mitigé

La moyenne générale obtenue pour ce premier bac blanc est de 9,38 pour la classe de 1ère ES4  (9,2 pour le correcteur 2) et de 8,97 pgraph.1230532778.JPGour la classe de 1ère S5 (correcteur 2 : 8,46). L’anonymat des copies ainsi que la double correction (effectuée « en aveugle ») ont permis une totale impartialité dans l’établissement des notes. Comme vous le voyez, il n’y a pas eu d’amplitude très significative, au niveau des scores, entre mes notes et celles du deuxième correcteur dans la plupart des cas (moins de 0,2 point en ES4 ; à noter cependant un écart plus important en Première S5 de l’ordre d’un demi-point en raison de quelques travaux posant problème). Concernant les résultats, sans être alarmant, le bilan reste cependant nuancé et devra amener certains élèves (en particulier en Première S5 : très décevante) à se mettre sérieusement en question. Un certain nombre d’élèves d’ailleurs sont sortis une heure avant la fin de l’épreuve, ce qui les a pénalisés quoi qu’ils en pensent (« l’enfer c’est les autres » c’est bien connu!). Partir avant, comme je l’avais d’ailleurs dit et répété (en classe et sur ce blog) est évidemment une chose à ne jamais faire, surtout lors d’un examen. Plus qu’une absence de sérieux, j’y vois davantage un manque de discernement : la difficulté en Français c’est en effet de travailler avec peu de consignes, ce qui déstabilise beaucoup d’élèves, habitués plus qu’ils ne l’imaginent, à être « dirigés », et guidés par les consignes : si vous regardez attentivement la question d’ensemble comme le travail d’écriture, vous verrez qu’ils vous amènent en fait à déterminer vous-même ce qu’il convient de faire : la marche à suivre étant davantage laissée à votre libre-arbitre, à votre appréciation personnelle, qu’à une succession de contraintes à respecter. Prenons comme exemple l’introduction du commentaire : je suis certain que si l’on avait dit : 1) vous ferez d’abord une introduction qui comprendra obligatoirement a) une amorce, puis b) la contextualisation du texte ainsi que c) sa problématisation, et enfin d) l’annonce du plan, certains élèves (qui n’ont rien fait de tout ça) auraient scrupuleusement exécuté ce qu’on leur disait de faire. Mais quand on leur dit seulement « Faites le commentaire », ces étudiants sont décontenancés parce que c’est à eux tout à coup à déterminer la marche à suivre, en s’adaptant de surcroît à un support textuel qu’ils ne connaissent pas. Ce sont ces mêmes élèves qui attendent en classe qu’on leur dise de prendre des notes en cours… Bref qui attendent qu’on leur donne des directives, incapables qu’ils sont d’être autonomes… En réalité, malgré leur absence apparente, les consignes sont bien là, mais elles sont implicites : vous êtes censés les connaître et les appliquer.

L’obligation de faire des fiches

C’est la raison pour laquelle je ne saurais trop vous recommander de vous constituer d’avance des « fiches de synthèse » sur les trois types d’exercices (commentaire, dissertation, invention) en notant dessus tout ce que vous devez faire, un peu comme une « check-liste » afin de vous créer des automatismes le jour de l’examen. Cela passe aussi par des entraînements personnels réguliers. À ce titre, j’ai été assez décontenancé de voir le peu d’élèves (surtout en 1ère S5) ayant accepté de venir avant le bac afin de s’entraîner. Quant à ceux qui sont venus, le travail de préparation n’a pas été souvent à la hauteur. Sachez que la préparation de l’EAF exige de votre part un investissement que certains n’imaginent pas. Qu’en sera-t-il de l’oral par exemple si vous ne préparez aucune fiche de synthèse sur les textes, les mouvements, les genres étudiés en classe ?

L’analyse du sujetgraphique-bac.1230296571.jpg

Le choix avait été fait par l’équipe pédagogique de proposer un corpus qui, par son caractère générique (la poésie) permettait d’évaluer les capacités d’apprentissage, d’analyse et les qualités littéraires des candidats. La question d’invention comme les trois sujets d’écriture ont en effet pour but de mesurer des compétences de fond, qui doivent être celles de tout lycéen. Pour le commentaire par exemple, les professeurs ont voulu prendre en compte l’adaptation aux spécificités et à l’intérêt du texte et la maîtrise des outils utilisés pour en approfondir l’étude. Pour tous les sujets, les correcteurs ont également tenu compte de la capacité des élèves à construire un travail selon une argumentation problématisée, soumise aux contraintes de la rédaction, de la cohérence du parcours argumentatif, et de la progressivité du propos : « D’où est-ce que je suis parti… pour parvenir où? » ; « Qu’est-ce que je veux prouver? » : telles sont les questions que tout candidat au Bac doit se poser lorsqu’il rédige son travail de Français.

La question d’ensemble : comprendre le choix des textes et leurs enjeux

La première chose que devrait faire chaque élève, c’est d’être sensible aux principes de cohérence qui ont guidé l’élaboration du corpus. Dites-vous que les documents ne sont évidemment jamais choisis au hasard. Vous devez donc chercher à en comprendre la teneur et les enjeux, c’est-à-dire la cohérence générique (le genre des textes) ou typologique (les types de discours en présence) ou historique (l’époque, le mouvement littéraire). Le corpus proposait quatre textes amenant à une réflexion sur la fonction allégorique de la poésie (l’animal comme métaphore du poète). La question préalable a été dans l’ensemble bien comprise (moyenne : 2,5/4). Il faut dire que nous avions pas mal travaillé en classe sur la condition et la mission du poète, et que « l’Albatros » de Baudelaire avait fait l’objet d’une lecture analytique… Quoi qu’il en soit, vous avez relevé la condition singulière du poète (sacrifice de sa vie par le pélican = souffrance du poète pour trouver l’inspiration ; maladresse piteuse de l’albatros = malédiction du poète « maudit », marginalisé dans la société, mais aspirant à l’élévation spirituelle ; chant cacophonique du crapaud, à l’image de l’écriture discordante du poète décadent qui semble ironiser sur sa condition, travail de la terre par le lombric évoquant le travail du langage par le poète). Il fallait évidemment mettre en relation les textes. Certains élèves ont encore traité les textes isolément. Sauf exception, c’est à ne jamais faire : vous êtes évalués sur votre capacité à confronter les documents et à en éclairer les contenus selon une démarche dialectique (ce qui oppose les textes) ou analogique (ce qui les rapproche) afin de mettre en lumière la problématique globale du corpus.

Quelques élèves ont délibérément choisi de ne pas traiter la question d’ensemble. C’est un parti-pris très risqué. Contrairement à la représentation qu’ils semblent s’en faire, la question préalable est essentielle car elle guide l’élève pour le travail d’écriture, en lui permettant de voir les nuances, les positions explicites ou implicites sous-tendues par les différents textes, en lui proposant des pistes de réflexion.

Les difficultés les plus rencontrées

Ma collègue et moi-même avons regretté le caractère superficiel, voire indigent des développements de certains travaux, particulièrement pour les écrits d’invention (moyenne : 7/20) et la dissertation (moyenne 8,5/20). C’est d’abord la méconnaissance des principes de l’exercice qui a été le plus pénalisant : comment imaginer par exemple une dissertation littéraire ne comportant qu’un seul exemple? Ou des parties ne présentant aucun paragraphe (donc sans parcours argumentatif). Au niveau du commentaire, ce qui nous a gênés a été souvent l’incapacité de beaucoup d’élèves à dégager la problématique du texte ; voire la non-compréhension des données clés du texte : le commentaire amenait à souligner bien entendu la problématique typiquement romantique de la souffrance comme moteur de la création littéraire ; la nature tourmentée du poète s’accordant bien avec le registre pathétique et le symbolisme sentimental de cette scène allégorique.

Nous avons en outre souvent déploré la paraphrase du texte dans de trop nombreuses copies ou bien la substitution à l’exercice du commentaire d’un exposé sur un texte plus ou moins proche de celui abordé par le texte proposé : par exemple quelques copies substituant au commentaire du « Pélican » celui de « l’Albatros » (sous prétexte que le texte avait été étudié en classe), d’où un taux élevé de passages « hors sujet ».

Soulignons enfin, dans de trop nombreux devoirs, l’application mécanique de certaines notions apprises en cours qui étaient, en l’occurrence, inopérantes : quel est l’intérêt de « recracher » ses connaissances sur le Romantisme ou la poésie si ce qu’on écrit n’a pas de rapport étroit avec la problématique ? Nous avons voulu être « indulgents » car ces copies représentent à l’évidence un profil d’élève « sérieux » mais ce genre de méprise ne passera pas au prochain examen blanc. Que les candidats au Bac se persuadent que l’épreuve suppose de savoir traiter intelligemment l’information. Comme vous le savez, « trop d’information tue l’information » : cela passe donc par une prise en compte de ce qui fait l’intérêt du ou des textes composant le corpus et donc par la capacité à déterminer les orientations de votre travail, à sélectionner les informations pertinentes, à les hiérarchiser, etc. Tout dire ne sert à rien si cela n’a pas de rapport avec ce qui est demandé.

Oserais-je évoquer ici certains travaux ne dépassant pas une page… Pour un bac? Ce n’est même pas ce qui est demandé au Brevet… où un minimum de deux pages est requis! Ecrire trente lignes, c’est une façon de dire au correcteur : « je me f… complètement de l’épreuve ». Ou alors, c’est d’une suffisance telle qu’on peut supposer que le candidat, si sûr de son « génie », ne daigne pas à s’abaisser à rédiger davantage. Dans tous les cas, la note est évidemment faible : car il est tout bonnement inconcevable de construire une réflexion structurée et argumentée en une page!

Orthographe et syntaxe

Vous avez été nombreux à faire attention à l’orthographe : c’est une nouvelle encourageante: seulement 9% des travaux de ES et 15% en S présentaient des fautes graves répétées. Ce sont les accords (genre, nombre, participes passés, etc.) qui constituent les fautes les plus fréquemment commises : des erreurs relevant du programme de… Primaire (l’entrée en Sixième pour être optimiste) : ne vous attendez à aucune indulgence dans ce cas-là. C’est inadmissible. Une maîtrise minimale du discours écrit est donc un pré-requis minimal pour qui se destine à passer le Baccalauréat. Nous avons relevé parfois, rien qu’au niveau de la présentation de la copie, des énormités stupéfiantes, qu’un élève de Sixième, plus habitué « à faire attention » n’oserait même pas imaginer : absence de majuscules, de ponctuation, d’alinéas, relâchement total de l’écriture, etc. Sachez-le : les copies qui ont une écriture, un style et une présentation laissant à désirer sont presque toujours de mauvaises copies. Nous avons constaté avec consternation le niveau de langue parfois catastrophique de certaines copies qui ne sont que de l’oralité, de piètre qualité d’ailleurs, transcrite tant bien que mal. Je me permets de citer ici une « perle » : « les poètes i (sic) veulent faire comprendre que la poésie c’est d’être marginal, ils se sentent comme Dieu parce que Baudelaire est un albatros il aime le ciel ». J’ai évidemment renoncé à transcrire les fautes d’orthographe… Mais la question que je me pose est la suivante : qu’est-ce que ce texte veut dire? Suis-je censé le déchiffrer? Tout cela donne trop souvent l’impression d’une rédaction au fil de la plume, relâchée et confuse qui transforme le travail de correction en véritable calvaire. Il ne s’agit évidemment pas de sanctionner systématiquement la moindre erreur d’orthographe ou de syntaxe, mais de pénaliser la répétition de défaillances graves manifestant à l’évidence d’inadmissibles lacunes dans la maîtrise de la langue. Voici quelques fautes qui m’agacent personnellement : « loing » au lieu de « loin », « tout les auteurs » au lieu de « tous les auteurs », confusion de « quand » et de « quant », « language » au lieu de « langage », « ou » et « où », accords du participe passé, noms d’auteurs mal orthographiés (« Beaudelaire » au lieu de Baudelaire, etc.).

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L’écrit d’invention : des exigences mal perçues…

Selon les textes officiels : « L’écriture d’invention contribue […] à tester l’aptitude du candidat à lire et comprendre un texte, à en saisir les enjeux, à percevoir les caractères singuliers de son écriture. […] L’exercice se fonde […] sur une lecture intelligente et sensible du corpus, et exige du candidat qu’il se soit approprié la spécificité des textes dont il dispose (langue, style, pensée), afin d’être capable de les reproduire, de les prolonger, de s’en démarquer ou de les critiquer ». Comme vous le voyez, l’exercice est exigeant! Or, il faut bien le reconnaître : beaucoup de candidats croient s’en tirer à bon compte en choisissant l’écrit d’invention faute de préparation rigoureuse. Je dois, et fort malheureusement, faire un constat globalement négatif à propos du niveau général des élèves ayant choisi cet exercice ; sauf quelques bonnes (même très bonnes) copies, le manque de préparation, aussi bien stylistique que culturelle, des candidats est inquiétant. On a l’impression que certains choisissent cet exercice, tout simplement parce qu’ils n’ont rien appris : sur deux classes, une dizaine de copies est inférieure à 5 ! parmi ces copies, aucun candidat n’aurait simplement l’aptitude à réussir le… Brevet des collèges si l’on appliquait les consignes à la lettre! Tant l’accumulation des fautes les plus élémentaires est au-delà de ce qui se peut concevoir : aucune référence culturelle, alors que les consignes mentionnaient explicitement l’exploitation des connaissances apprises en cours sur les mouvements littéraires et le genre poétique. 

De rares élèves n’avaient, semble-t-il, aucune connaissance, fût-ce minimale, du contexte historique ou culturel du Romantisme qui leur aurait pourtant permis de saisir le sens de l’exercice attendu d’eux : de là quelques écrits désolants : nous avons eu droit par exemple dans deux devoirs à un exposé sur la vie des animaux, et leur mode d’alimentation!)… Par ailleurs, beaucoup d’élèves, pourtant sérieux, ont oublié d’exploiter leurs connaissances pour ce sujet : ils se sont sans doute « cassé » la tête à chercher un animal et à en faire le portrait, au lieu de partir d’abord de leurs acquis scolaires : par exemple, l’individualisme, le lyrisme, la sensibilité, le goût pour la solitude et le voyage, etc. Autant de caractéristiques du Romantisme que l’on pouvait facilement mettre en évidence dans la description de l’animal. Une description qui devait évidemment s’inscrire dans la perspective allégorique du corpus. N’oubliez pas que le correcteur vous juge d’abord sur des connaissances (le fond) et la manière dont vous allez les exploiter au niveau rédactionnel (la forme). Nous ne saurions trop vous rappeler que cet exercice exige, tout comme le commentaire et la dissertation, de la méthode. Un écrit d’invention ne s’improvise pas : cela passe d’abord par un strict respect des contraintes imposées par le sujet et par un entraînement personnel.

Le commentaire…

Que ce soit en ES ou en S, le choix du commentaire a été majoritaire : vous l’avez privilégié à plus de 45%! Le sujet vous a sans doute paru plus familier, en raison de la fréquence de l’entraînement à l’analyse de textes courts pour l’oral de l’EAF. Attention toutefois à ne pas faire du commentaire une « valeur-refuge » car cet exercice impose des contraintes strictes. Cela dit, le texte support était assez accessible : vous avez généralement bien compris la dimension dialogique du poème (la Muse tentant de donner du courage au poète). En revanche, l’aspect allégorique n’a pas été toujours bien problématisé : l’image du pélican qui se sacrifie pour ses enfants était pourtant essentielle ici. À travers cette allégorie, la Muse montre au poète qu’il ne doit pas prétexter de sa douleur pour ne pas écrire mais au contraire l’utiliser comme source d’inspiration et de sublimation : il y avait donc une visée didactique dans le texte que certains élèves ont très bien cernée : nous avons fortement encouragé de tels devoirs.

Peu d’élèves ont pensé à problématiser le texte par rapport au « mal du siècle » propre aux Romantiques : c’était pourtant évident. Je ne comprends pas pourquoi vous avez été si nombreux à situer ce poème dans le Symbolisme alors qu’il date de… 1835! C’est une erreur incroyable : nous avons été indulgents pour la correction, mais reconnaissez tout de même que c’est navrant! Certains élèves se sont justifiés en arguant du fait que l’auteur n’ayant pas été étudié, il leur était diffcile de bien le contextualiser… Mais voilà toute la différence entre un collégien et un lycéen! En Première, on attend de vous un investissement personnel. Si vous êtes allés sur les sites que j’ai conseillés sur ce cahier de texte en ligne, vous ne pouviez pas ignorer que Musset est un poète très représentatif des Romantiques. 

En outre, j’ai regretté pour ma part le peu de candidats ayant pensé à réfléchir à partir de ce texte à la condition du poète (un être à part de la société) et sa mission : sublimer sa souffrance par un appel à l’idéal ; recherche dans la nature d’une échappatoire à la souffrance (physique et morale) par un appel à la divinité. Les élèves ayant bien appris leur lecture analytique sur « l’Albatros » ou « Fonction du poète » n’ont eu aucun mal à organiser leurs axes : l’assimilation stylistique entre le poète et l’animal ayant déjà été travaillée chez Baudelaire ; quant au poème de Hugo, les nombreuses images du sacrifice christique (transfiguration de la douleur en particulier), la visée didactique du texte, etc. devaient vous fournir des pistes de réflexion pertinentes.

La dissertation

Vous avez été peu nombreux à choisir la dissertation : à peine 20%. Ce faible pourcentage s’explique moins par le sujet (qui n’était pas si difficile que cela) que par la crainte de ne pas être à la hauteur faute d’une pratique suffisante. Je ne peux que vous conseiller de vous familiariser avec l’exercice en vous entraînant davantage : à part deux excellents devoirs, et quelques travaux certes plus moyens mais acceptables, la plupart des copies présentaient des lacunes méthodologiques ou culturelles parfois préoccupantes. Je crois utile de rappeler ici les principes qui régissent cet exercice. Le sujet de dissertation doit permettre à des candidats (qui se sont obligatoirement préparés) de mettre en valeur leurs connaissances littéraires. Certains élèves ne semblent toujours pas bien comprendre ce qu’on attend d’eux et traitent cet exercice exigeant comme une sorte de vague paragraphe argumentatif… Le premier travail à faire consistait à analyser le sujet : n’oubliez pas que la différence entre les copies s’opère essentiellement au moment clé de l’analyse du sujet. Un parcours trop superficiel de la citation et des consignes, qui consiste uniquement à repérer quelques éléments permettant d’utiliser des développements tout préparés ne permet pas de satisfaire aux exigences de la dissertation mais aboutit à un collage de considérations sans grand intérêt.

Vous deviez donc commencer par reformuler le sujet. L’idée énoncée était la suivante : pour produire des poèmes qui touchent les lecteurs, le poète doit puiser son inspiration dans sa souffrance. On voit bien ici la problématique suggérée : la souffrance est-elle nécessaire à la création poétique? Le libellé du sujet vous a amenés à un plan le plus souvent dialectique : 1) la souffrance, source nécessaire de l’inspiration ; 2) on ne peut pas réduire l’inspiration à la seule souffrance. La citation a semblé gêner, voire déstabiliser certains élèves qui se sont perdus dans de longs commentaires, souvent hors sujet sur la poésie, mélangeant allègrement des bribes de lectures analytiques à des jugements personnels, au détriment d’une problématique organisée. Pensez à bien lire le sujet qui proposé. Si les bonnes copies témoignent d’une maturité intellectuelle et d’une préparation solide, beaucoup de travaux en revanche ont été beaucoup trop superficiels, témoignant d’un apprentissage déficient : que dire des candidats ne citant aucun texte, alors que c’est l’essentiel du travail? Quant à la forme… Certains élèves n’ont même pas rédigé d’introduction ou de conclusion!

Le respect de la forme de la dissertation, loin d’être un pur formalisme, se révèle en fait une aide structurante permettant la mise en ordre raisonnée d’une pensée personnelle étayée par l’exploitation du corpus et de la culture littéraire. En particulier, j’ai apprécié les élèves cherchant à exploiter leurs connaissances. Les dissertations bien construites, avec un plan annoncé (et respecté!), comportant une introduction, des parties structurées autour de paragraphes, des transitions, et une conclusion, écrites dans un français syntaxiquement correct, sont toujours des copies qui font nettement la différence. En revanche, nous avons sanctionné les travaux accumulant les banalités : quand je dis que la dissertation doit privilégier la réflexion personnelle, cela ne signifie nullement que vous devez raconter votre vie! Voici un exemple édifiant : « En cours, nous avons fait de l’écriture automatique, ça consiste à mettre des mots au hasard, alors pour exprimer la souffrance, ce n’est pas la peine d’être triste »… Affligeant n’est-ce pas? À l’inverse, attention à ne pas transformer votre travail en exposé : nous avons eu droit parfois à des collages de notes de cours sans aucun discernement. Une telle accumulation gratuite de connaissances est malheureusement le signe ou bien d’un manque de méthode, ou bien le reflet d’un manque de pensée personnelle, ce qui est beaucoup plus grave.

En conclusion, nous ne saurions trop vous rappeler que la dissertation est un exercice exigeant sur le plan de la forme et de la méthode, qui répond à des règles précises et qui nécessite un apprentissage rigoureux. 

Emploi du temps… Apprendre à planifier son travail…

Illustrations gratuites de ÉtudiantLa réussite scolaire passe d’abord par une bonne maîtrise de la planification des tâches. 

Explication…

Du temps linéaire…

Nombreux sont les élèves qui éprouvent des difficultés à planifier leur emploi du temps. De là des retards parfois importants et préjudiciables au bon déroulement de leur scolarité. La raison tient au fait que beaucoup d’élèves ont pris la (mauvaise) habitude d’utiliser (comme dans les « petites classes ») un agenda ou un cahier de texte qui est une méthode de planification du travail assez sommaire. Explication : la représentation du temps sur un agenda est « linéaire » : elle ne permet pas de visualiser le temps dans son ensemble. De là une vision à très court terme, qui n’offre ni anticipation, ni projection, ni planification.

… au temps stratégique

Ce « temps linéaire » est donc un temps partiel, hérité de la petite école ou du collège : on regarde le lundi ce qu’il y a à faire pour le mardi, le mercredi ce qu’il y a à rendre le jeudi ou le vendredi, etc. Tout fonctionne à peu près bien quand la charge de travail est minime. En revanche, dès que le rythme et la densité des exercices augmentent, la méthode ne marche plus, pour la simple raison que ce n’est pas une méthode de travail. Je vous propose un processus qui a fait ses preuves à 100% à haut niveau : il consiste à gérer son temps de façon « stratégique », c’est-à-dire à visualiser les activités sur une longue période. Au lieu de regarder les activités jour après jour, on les visualise dans leur intégralité selon un principe de planification stratégique.

Une méthode efficace et simple

Prenez une grande copie double et faites-vous un calendrier sur un mois (très rapidement… Ne passez pas 10 heures dessus évidemment!). Ensuite, dès que vous notez un travail à faire, une leçon à apprendre dans votre agenda, prenez l’habitude de reporter le travail à faire sur votre tableau : affichez-le près de votre bureau chaque jour afin de bien visualiser l’ensemble des tâches à accomplir.

Très important : prenez l’habitude de « hiérarchiser » les activités en utilisant des codes de couleur : par exemple, préparer une dissertation de français à la maison demande au moins six heures : j’attribue donc un code rouge! J’attribuerai le rouge à tous les exercices nécessitant un lourd investissement. On peut attribuer le code « bleu » aux exercices nécessitant moins de temps (2 à 3 heures par exemple) et le code « vert » aux travaux qu’on peut effectuer encore plus rapidement.

Savoir anticiper…

Si vous regardez attentivement le calendrier, vous voyez que les quinze premiers jours du mois sont « relativement » calmes. En revanche, tout s’accélère ensuite. Sur un agenda traditionnel, la visualisation linéaire empêche une bonne planification. Au contraire ici, vous pouvez d’avance préparer certains exercices afin d’éviter les retards : dans cet exemple, le contrôle d’histoire-géographie le 20, le commentaire de Français le 22, le DST en LV1 le 23 et la prépa de Maths doivent évidemment être planifiés avant : si vous attendez, bonjour la catastrophe !

Personnellement, j’ai été ahuri de voir des élèves de Première affirmer le plus tranquillement du monde qu’ils n’avaient pas eu le temps en 3 semaines de consacrer ne serait-ce que trois heures à préparer une dissertation… Plutôt qu’un relâchement, je préfère voir un gros problème lié à l’organisation du temps de travail. C’est la raison pour laquelle je vous propose cette méthode de planification stratégique. Si vous la suivez, vous n’aurez aucun mal à vous organiser. Je l’ai utilisée même quand j’étais en Doctorat, je l’utilise toujours quand j’ai beaucoup d’activités à finaliser : elle garantit la réussite à 100%.

De plus, elle vous amène (plus tard, professionnellement) à mieux vous organiser en améliorant votre efficience afin de favoriser l’atteinte de vos objectifs, à gérer votre travail selon une logique « d’entreprise » en vous fixant des objectifs de réussite. L’avantage du calendrier que je vous propose est qu’il offre en effet une bonne adaptation à la fois à l’environnement externe (les travaux qu’on vous donne, les tâches que vous devez accomplir) et à vos ressources et vos compétences internes (votre capacité et votre rythme de travail) : en planifiant, vous êtes sûr(e) d’y arriver !

La citation de la semaine… Paul Valéry…

« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. »

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs scievalery.1228915225.jpgnces pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n’étaient pas notre affaire.
Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie.

Paul Valéry, La Crise de l’esprit, 1919

Méthodes de travail…

Bac blanc… Tous les conseils pratiques…

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Rappels

L’épreuve commencera mercredi à 8h30. Arrivez impérativement à l’heure, c’est-à-dire au moins 10 minutes à l’avance. Pour ce premier Bac, apportez des copies (elles ne sont pas fournies). Prenez aussi avec vous des surligneurs (ou des stylos de couleur) afin de mettre en évidence les mots clés des textes. Vous aurez évidemment des Poursuivre la lecture de « Méthodes de travail… »

Méthodes de travail… Apprendre avec son smartphone !

Apprendre avec son smartphone ? Non vous ne rêvez pas ! 

Tout le monde a un smartphone… Mais quand on est étudiant (et même après !), on l’utilise davantage pour écouter de la musique que pour potasser ses leçons… Pourtant le smartphone se révèle un accessoire très utile à l’apprentissage de n’importe quel cours, particulièrement pour les enseignements de Lettres ou de Sciences Humaines.

Explication…

Après une journée de travail, la mémoire visuelle est souvent défaillante, surtout si l’on veille tard le soir : fatigue oculaire, difficultés de concentration, troubles de la vision… De plus, votre cerveau est un peu comme un disque dur d’ordinateur : après plusieurs heures de cours sur des matières complètement différentes, une fois rentré chez vous, l’ordinateur, la télévision, les jeux vidéo sollicitent de nouveau votre cerveau. À un certain moment, il ne parvient plus à gérer cette multiplication de signes : il se produit ce que les spécialistes appellent un phénomène de « surcharge cognitive ». Le « disque dur » de votre cerveau est littéralement « fragmenté » : impossible pour lui de restituer convenablement les connaissances, de là de nombreuses confusions, souvent très lourdes de conséquences en situation d’évaluation.

Les limites de la mémoire visuelle

De plus, l’une des limites bien connue de la mémoire visuelle tient à sa difficulté à élaborer du sens : quand on est fatigué, les mots que nous lisons sont transformés en « images », on dit qu’ils sont « chosifiés » car ils ne forment que des « tâches » sur le papier, ne signifiant plus grand chose : on voit des « signes » au lieu de trouver du « sens » à ce qu’on lit. Par ailleurs, en fonctionnant un peu comme un objectif d’appareil photo, la mémoire visuelle capte tout en « rafale », de façon très éphémère, sans hiérarchiser les informations : on se focalisera avec la même attention sur une notion de Français que sur un SMS ou un message de chat !

Les avantages de la mémoire auditive

À l’inverse, travailler la mémoire auditive avec son smartphone présente un grand avantage, à la condition de respecter quelques règles strictes d’utilisation…Si l’image ne s’affiche pas, actualisez la page pour voir la méthode

Si vous êtes chez vous, faites absolument le vide : refusez toute sollicitation extérieure. Éteignez la lumière, allongez-vous au lit, fermez les yeux, et détendez-vous. Ecoutez votre cours le plus attentivement possible, en vous concentrant sur le son de votre voix et le sens des mots. Pendant les silences, répétez à voix haute ce que vous avez entendu (les définitions, les consignes, les formules, etc.).

Vous verrez que même les intervalles musicaux sont importants pour la réussite de l’exercice : ils permettent au cerveau de faire une pause, et de restructurer l’information. Préférez les musiques avec peu de paroles, afin de ne pas perturber le travail de mémorisation, et avec des sons agréables afin de créer une ambiance apaisante (évitez le rap ou le Metal !). Pendant ce laps de temps, vous pouvez repenser tranquillement à ce que vous avez appris, en essayant de le synthétiser et en mémorisant les informations importantes.

Si vous n’apprenez pas de chez vous (par exemple, lorsque vous êtes dans le bus, dans la rue, en voyage), cette méthode se révèlera très utile particulièrement avant les examens. Elle permet de réviser « sans en avoir l’air », sans être obligé de sortir son classeur, ou d’ouvrir ses cahiers. Si vous la pratiquez rigoureusement, vous verrez que la technique est infaillible, surtout quand on a un grand volume d’informations à mémoriser.

  • Cette méthode complète efficacement l’indispensable travail sur les fiches de synthèse. Je vous la recommande pour le Bac et même pour les examens ou concours de haut niveau : BTS, Licence professionnelle, mais aussi classes Prépas, Master, Grandes Ecoles… Plus vous le pratiquerez, et mieux vous maîtriserez l’exercice.

Méthodes de travail…

Le cours… De la prise de notes à la fiche de synthèse…

L’une des difficultés majeures quand on est étudiant réside dans la prise de notes et l’apprentissage du cours.

Les dangers d’un cours appris « mot à mot »

Ne vous contentez jamais de « recopier le tableau » et d’en apprendre tel quel le contenu : un peu comme avec une greffe, il y a toujours un risque de « rejet » en ce sens que le cours qu’on recopie, c’est un peu le cours « de quelqu’un d’autre » : on ne retient que des mots, et pas du sens! Prenons le cas d’un élève de Première : il présente au Bac 25 textes. Chaque lecture analytique occupe une copie double environ, soit 100 pages rien que pour l’oral. Il est évident que s’il ne constitue pas de fiches de synthèse il lui sera presque impossible d’affronter l’examen dans de bonnes conditions, tout simplement parce que personne ne peut apprendre correctement une centaine de feuilles : l’esprit se perd dans le détail des pages, on n’a pas de vision nette des notions, on fait des confusions nombreuses, on n’est pas capable de distinguer ce qui a de l’importance du détail inutile…

Privilégiez la pensée globale

À l’opposé, si vous vous réappropriez le cours (en le synthétisant), vous l’apprendrez beaucoup plus facilement. Particulièrement pour le Bac et le BTS, je vous conseille d’établir dès à présent des fiches de synthèse par thèmes (BTS) ou par objets d’étude (Bac) : reprenez vos cours, vos notes de lecture, vos exercices sur les œuvres ou les textes étudiés et faites-vous des synthèses qui privilégient la vision d’ensemble (et non les détails). De fait, à la différence d’un cours recopié « mot à mot » qui ne sollicite que la mémoire immédiate, un cours synthétisé sous forme de fiche met en jeu la mémoire à plus long terme : en ne mentionnant que l’essentiel, on mémorise plus rapidement. Le but, c’est d’être capable de partir du sens global et de reconstituer les points de détail à partir des mots clés qu’on a notés. La pensée est ainsi plus synthétique : au lieu de se noyer dans les faits, elle privilégie l’abstraction et l’idée, c’est-à-dire le sens.

Faites-vous des fiches de synthèse

Vous devez donc vous constituer tout au long de l’année un « catalogue » de fiches thématiques : tout d’abord, répertoriez les notions, les concepts essentiels, les idées que vous avez sur une question d’ensemble, un objet d’étude, un texte important, une problématique, un mouvement, etc. Reprenez ensuite vos cours, les corrigés, ou certains passages de devoirs utiles à votre réflexion et mentionnez seulement les points importants sous forme de mots clés ou de phrases nominales brèves. Mentionnez quelques œuvres « incontournables » en rapport avec le thème, des auteurs connus (en privilégiant si vous le pouvez l’intertextualité), quelques citations qui donneront à votre travail une certaine densité intellectuelle. C’est comme cela que vous développerez votre culture générale et votre aptitude à la réflexion abstraite.

Classes de Première… Prépa au Bac blanc du 3 décembre : l’écrit d’invention.

Tout d’abord, référez-vous à l’article du 9 novembre qui fait le point sur les différents exercices. Pour celles et ceux tentés par l’écriture d’invention, je leur suggère de se préparer de façon très spécifique. Voici trois sujets intéressants pour vos entraînements. Je vous conseille de les traiter dès maintenant !

  • Sujet n°1 : « Choisissez un poème dans votre anthologie. Imaginez que vous l’envoyez à une revue de poésie : dans votre lettre d’accompagnement, vous en défendez l’intérêt par rapport à d’autres types de poèmes. » C’est un sujet très complet : il impose de travailler l’épistolaire (spécificité de la lettre, choix des formules, typographie, etc). Par ailleurs il vous amène à confronter différents types de poèmes : c’est là que vous devez réfléchir aux fonctions de la poésie (par exemple poésie « engagée » par opposition à « l’art pour l’art », etc.). Le plan utilisé peut être de type concessif (« certes… mais… » ; « si… en revanche… »).
  • Sujet n°2 : « Deux lecteurs débattent de leurs goûts en matière de poésie, l’un penchant pour les formes anciennes, l’autre pour des formes nouvelles. Vous rédigerez leur dialogue en veillant à y intégrer des exemples précis ». Dans ce sujet, on vous demande de nouveau deux compétences. Au niveau de la forme, c’est un dialogue (utilisez les verbes introducteurs, rendez votre dialogue vivant par l’emploi d’exclamatives, d’interrogations oratoires, etc.). Pour ce qui concerne les idées, le sujet est plus difficile qu’il n’y paraît car il exige de connaître les contraintes d’écriture propres à la poésie traditionnelle (forme fixe comme le sonnet par exemple, importance de la rime, décompte syllabique, donc une poésie de contraintes et de règles), et en même temps de montrer combien les « Modernes » à partir de Hugo, et surtout des Symbolistes (Baudelaire, Mallarmé) ont transformé la poésie, par exemple en amenant le poème en prose. A ce titre, il est nécessaire évidemment d’envisager la révolution surréaliste (à partir d’Apollinaire qui va renouveler considérablement le langage (arythmie, écriture automatique…).
  • Sujet n°3 : « Pour une revue de poésie créée avec des camarades, vous devez écrire un article intitulé : « Je n’aime pas les vers : j’aime la poésie ! ». Rédigez cet article en l’illustrant de citations tirées de vos lectures scolaires ou personnelles. Vous donnerez à votre prose un ton convaincu, sans aucune familiarité ». Concernant la rédaction d’un article de journal, pas de difficulté majeure : vous avez déjà travaillé sur ce genre. En revanche, le sujet est basé sur un paradoxe qui amène (un peu comme dans le sujet précédent) à envisager la poésie sous un autre angle et à en reproposer la définition. Certains auteurs à partir de Lautréamont ou Rimbaud ont proposé une autre conception du poème : recherches rythmiques, curiosité de phrases, étrangeté de la métaphore, néologismes, etc. redéfinissant les rapports de la prose et du vers. C’est un aspect essentiel sur lequel vous devez travailler.
Mon conseil : pour chacun des sujets, essayez d’en préparer rapidement le plan. Imaginez en une trentaine de minutes la façon dont vous pourriez organiser votre discours à partir d’une problématique, c’est-à-dire d’un questionnement, et surtout (le plus important) réfléchissez à des exemples littéraires que vous pourriez utiliser pour étayer votre propos. Faites-en sorte qu’ils soient précis : auteurs, textes, citations, mouvements, etc.). Evitez absolument le vague saupoudrage, les allusions, l’écriture « au fil de la plume ». N’oubliez pas que pour l’écriture d’invention, une grande partie de la note concerne votre aptitude à exploiter votre culture générale et à la mettre en valeur en exploitant des techniques rédactionnelles.
Enfin, si vous avez bien observé les sujets, vous avez constaté que chacun des intitulés exige deux compétences :
  • la première est d’ordre formel, rédactionnel : c’est le choix du support textuel : article, lettre, discours, dialogue, etc.
  • la deuxième concerne l’exploitation de l’objet d’étude (la poésie, le théâtre, le roman, etc.).
Si vous êtes astucieux, il vous suffit une fois pour toutes de vous faire une fiche par objet d’étude, et une fiche par contrainte de genre (dialogue, monologue, discours, etc.). Cela facilitera considérablement vos révisions!

Classes de Première… Prépa au Bac blanc du 3 décembre : l'écrit d'invention.

Tout d’abord, référez-vous à l’article du 9 novembre qui fait le point sur les différents exercices. Pour celles et ceux tentés par l’écriture d’invention, je leur suggère de se préparer de façon très spécifique. Voici trois sujets intéressants pour vos entraînements. Je vous conseille de les traiter dès maintenant !

  • Sujet n°1 : « Choisissez un poème dans votre anthologie. Imaginez que vous l’envoyez à une revue de poésie : dans votre lettre d’accompagnement, vous en défendez l’intérêt par rapport à d’autres types de poèmes. » C’est un sujet très complet : il impose de travailler l’épistolaire (spécificité de la lettre, choix des formules, typographie, etc). Par ailleurs il vous amène à confronter différents types de poèmes : c’est là que vous devez réfléchir aux fonctions de la poésie (par exemple poésie « engagée » par opposition à « l’art pour l’art », etc.). Le plan utilisé peut être de type concessif (« certes… mais… » ; « si… en revanche… »).
  • Sujet n°2 : « Deux lecteurs débattent de leurs goûts en matière de poésie, l’un penchant pour les formes anciennes, l’autre pour des formes nouvelles. Vous rédigerez leur dialogue en veillant à y intégrer des exemples précis ». Dans ce sujet, on vous demande de nouveau deux compétences. Au niveau de la forme, c’est un dialogue (utilisez les verbes introducteurs, rendez votre dialogue vivant par l’emploi d’exclamatives, d’interrogations oratoires, etc.). Pour ce qui concerne les idées, le sujet est plus difficile qu’il n’y paraît car il exige de connaître les contraintes d’écriture propres à la poésie traditionnelle (forme fixe comme le sonnet par exemple, importance de la rime, décompte syllabique, donc une poésie de contraintes et de règles), et en même temps de montrer combien les « Modernes » à partir de Hugo, et surtout des Symbolistes (Baudelaire, Mallarmé) ont transformé la poésie, par exemple en amenant le poème en prose. A ce titre, il est nécessaire évidemment d’envisager la révolution surréaliste (à partir d’Apollinaire qui va renouveler considérablement le langage (arythmie, écriture automatique…).
  • Sujet n°3 : « Pour une revue de poésie créée avec des camarades, vous devez écrire un article intitulé : « Je n’aime pas les vers : j’aime la poésie ! ». Rédigez cet article en l’illustrant de citations tirées de vos lectures scolaires ou personnelles. Vous donnerez à votre prose un ton convaincu, sans aucune familiarité ». Concernant la rédaction d’un article de journal, pas de difficulté majeure : vous avez déjà travaillé sur ce genre. En revanche, le sujet est basé sur un paradoxe qui amène (un peu comme dans le sujet précédent) à envisager la poésie sous un autre angle et à en reproposer la définition. Certains auteurs à partir de Lautréamont ou Rimbaud ont proposé une autre conception du poème : recherches rythmiques, curiosité de phrases, étrangeté de la métaphore, néologismes, etc. redéfinissant les rapports de la prose et du vers. C’est un aspect essentiel sur lequel vous devez travailler.
Mon conseil : pour chacun des sujets, essayez d’en préparer rapidement le plan. Imaginez en une trentaine de minutes la façon dont vous pourriez organiser votre discours à partir d’une problématique, c’est-à-dire d’un questionnement, et surtout (le plus important) réfléchissez à des exemples littéraires que vous pourriez utiliser pour étayer votre propos. Faites-en sorte qu’ils soient précis : auteurs, textes, citations, mouvements, etc.). Evitez absolument le vague saupoudrage, les allusions, l’écriture « au fil de la plume ». N’oubliez pas que pour l’écriture d’invention, une grande partie de la note concerne votre aptitude à exploiter votre culture générale et à la mettre en valeur en exploitant des techniques rédactionnelles.
Enfin, si vous avez bien observé les sujets, vous avez constaté que chacun des intitulés exige deux compétences :
  • la première est d’ordre formel, rédactionnel : c’est le choix du support textuel : article, lettre, discours, dialogue, etc.
  • la deuxième concerne l’exploitation de l’objet d’étude (la poésie, le théâtre, le roman, etc.).
Si vous êtes astucieux, il vous suffit une fois pour toutes de vous faire une fiche par objet d’étude, et une fiche par contrainte de genre (dialogue, monologue, discours, etc.). Cela facilitera considérablement vos révisions!

Premier Bac blanc le 3 décembre…

Conseils de méthode

Je rappelle aux classes de Première (1S5, 1ES4) que le mercredi 3 décembre aura lieu le premier baccalauréat blanc entraînant à l’Epreuve Anticipée de Français (EAF). Coefficienté 3, cet examen blanc écrit sera d’une durée de quatre heures et portera sur le premier objet d’étude : « La Poésie ».

  • Outre un savoir correct des auteurs, des textes étudiés, des mouvements littéraires abordés, il paraît souhaitable que les étudiants aient une maîtrise suffisante du vocabulaire de l’analyse littéraire, particulièrement si vous choisissez le commentaire organisé. A ce titre, le site etudes-litteraires propose un index des figures de style et des principales notions littéraires. En outre, si vous optez pour la dissertation et l’écriture d’invention, il est recommandé d’étayer votre culture littéraire par des recherches personnelles sur des auteurs, ou des textes (cliquez ici pour vous connecter à une base de données poétique de plus de 6000 textes).
  • Concernant le commentaire, mieux vous maîtriserez le vocabulaire de l’analyse littéraire, et plus vous éviterez le piège de la paraphrase ou la tentation (très fréquente) de « décrire » ou bien de « raconter » le texte avec ses propres mots, ce qui amène souvent à des travaux d’un niveau faible, faute de « matière ». N’oubliez pas que l’enjeu d’un bon commentaire (c’est également valable pour la question d’ensemble qui vous est posée sur le corpus) n’est pas de « décrire » un texte mais de partir d’abord d’une approche stylistique (rythme, versification, images, valeur des temps, etc) et lexicale qui mette en évidence de manière thématique et structurée la signification intrinsèque du texte, tout en proposant une interprétation personnelle permettant de passer des remarques de détail à une interprétation textuelle globale. Quelques sites proposent des ressources intéressantes : d’abord le site bacfrancais.com ou bien le site toujours très documenté etudes-litteraires.com.
  • Si vous choisissez la dissertation, ne vous sentez pas tenu de proposer le plan traditionnel en trois parties (thèse, antithèse, synthèse) si vous maîtrisez mal la synthèse. En revanche, votre plan doit s’appuyer sur une problématique clairement définie : votre parcours analytique doit être conçu dans l’optique d’une progression allant du moins important au plus fondamental. Par ailleurs, vous devez toujours vous dire : « Qu’est-ce que je veux prouver? » ; « d’où est-ce que je suis parti, pour parvenir où? » La pire des choses est un plan qui ne progresse pas, où on a l’impression que le candidat « part à la dérive ». Vous devez donc toujours avoir à l’esprit cette idée de « parcours » argumentatif qui doit idéalement amener à votre conclusion. Bien entendu un certain bagage littéraire est indispensable pour la dissertation (connaissance d’auteurs, de citations, de textes, etc.). Cliquez ici pour obtenir des conseils sur des types de sujets ou de plans possibles. Le site de l’Académie de Reims propose quant à lui une page très étayée sur la méthodologie de la dissertation.
  • Pour celles et ceux qui seraient tentés par l’écrit d’invention, vous pouvez consulter cette page qui fait le point sur l’épreuve. Je vous mets en garde contre le risque majeur de choisir ce sujet uniquement parce qu’il vous paraîtrait plus “facile”. Tous les correcteurs au Baccalauréat sont particulièrement exigeants quant à la qualité du travail attendu. Vous devez donc privilégier la cohérence du parcours argumentatif, la qualité de l’argumentation (richesse des exemples, exploitation des textes du corpus et/ou de la culture générale), la prise en compte éventuelle du point de vue adverse dans la démonstration. Enfin, quel que soit le sujet, on attend du candidat qu’il ait (surtout pour un objet d’étude comme la poésie) une bonne maîtrise des registres employés (lyrique, élégiaque, pathétique, didactique, polémique, etc.), ainsi qu’une rédaction « littéraire » : l’emploi de figures de style nombreuses et variées semble une exigence incontournable pour appuyer et mettre en valeur le fond de votre pensée.