La classe de Première S2 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter une exposition exceptionnelle : « Dis-moi un Po-aime« … Chaque jour, un(e) élève vous invitera à partager l’une de ses créations poétiques…
Bonne lecture !
Aujourd’hui, vendredi 14 février, la contribution d’Auréline G. (*) Demain, samedi 15 février : Sibylle M.
« Je me souviens… »
par Auréline G. Classe de Première S2
La forêt est un hymne qui s’enfuit
Sous le linceul des feuilles
Et resplendit dans le miroir
Engouffrant de la nuit
Jusqu’aux bords de la vie.
Je me souviens du clair-obscur du vent
Dès qu’il surgit dans la forêt,
Du soir qui tremble dans ses feuilles ;
Je me rappelle le parfum enténébré
Du souffle éternel enlacé de mystère
Les longs cheveux épandus des arbres
Me conduisent sur le chemin
De l’espoir, où s’endort un poème
Qui m’emmène au printemps
Pareil à l’attente d’un ciel d’été…
(*) Ce poème a obtenu le premier du Concours « Écriture en Forêt », lancé cette année au Lycée…
Tout d’abord, ce poème m’a été inspiré par un moment que j’ai vécu. Un après-midi d’automne je suis sortie me promener dans la forêt de Montargis. A force de voir les feuilles tomber, de contempler la sublime et changeante couleur des arbres, je me suis égarée et ne suis rentrée que tard chez moi. J »ai gardé de cette promenade une impression à la fois inquiétante et onirique que j’ai voulu exprimer par ce poème. J’ai donc tout naturellement privilégié le lyrisme subjectif ainsi que la dimension autobiographique : il était important pour moi de transcrire ce que j’avais vraiment ressenti, au plus profond de mon être. Je me rappelle par exemple combien la peur de ne pas rentrer avait paradoxalement suscité en moi un sentiment de crainte et d’indicible liberté.
Pour écrire ce poème, j’ai voulu tout d’abord évoquer ce que la forêt connote d’imaginaire. Pour moi, la forêt ne renvoie pas à l’univers référentiel mais au contraire, elle est un lieu et en même temps un non-lieu. C’est la raison pour laquelle, dans la mesure où j’ai particulièrement aimé le romantisme, j’ai souhaité mettre en valeur l’aspect onirique de la forêt à travers plusieurs métaphores. Ainsi, j’ai voulu évoquer cette relation particulière que j’avais eue avec les arbres en travaillant sur des figures comme la personnification : derrière l’aspect naturel de la forêt se trouve en effet un être caché : peut-être un autre nous-même ? Aux personnes qui ne voient dans la forêt qu’un environnement, j’y vois au contraire une fraternité, une communion. Dans notre monde si déshumanisé, où les arbres de métal et de béton ont remplacé la nature, la forêt apporte du réconfort, tout comme un être humain.
Les classes de Seconde 3 et de Seconde 11
du Lycée en Forêt présentent…
Pour fêter comme il se doit la rentrée littéraire, la classe de Seconde 3 et la classe de Seconde 11 du Lycée en Forêt (promotion 2013-2014) vous invitent à la saison 5 d’Un Automne en Poésie, événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne.
Puisant leur inspiration dans le message poétique du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…
Voici la deuxième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif jusqu’en décembre 2013. Bonne lecture !
Netiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).
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Précieuses confusions
par Maud C., Marianne N. et Juliette B.-L. Classe de Seconde 11
–
Des rames du temps parvient
L’insaisissable amour, tel tes yeux
Renferment les émeraudes cachotières,
Scintillant dans un lointain éphémère.
Glacé par le poison de l’insouciance,
L’éden bucolique de l’enfance
Heurte la porte de mon cœur,
Ton regard s’envole à travers les cieux.
Ouvre-moi l’immensité de tes blessures
Dans l’intime plainte d’un souffle d’argent
Rends précieux le sacrifice de mes larmes
Tes paroles voguent sur la mer du soir
De ta source jaillit un azur brûlant
Et mon cœur à tes lèvres pleure
Et mes cils à tes mots se figent ;
La neige embrase l’amère confusion.
Quand l’aurore apposera son chaste baiser,
Un char parfumé envahira tes jours
Souverain, majestueux, il t’emmènera pour toujours
Sur le soir de la mer…
« Souverain, majestueux, il t’emmènera pour toujours sur le soir de la mer… »
Crédit iconographique : Bruno Rigolt, composition d’après René Magritte : « Poison » (1949)
L’Amour de l’Atlantique
par Sandra C. Classe de Seconde 3
Je suis dans des champs de lumière
Emprisonnée dans mes rêves pleins de sève et de vie
L’étoile filante du voyage a touché mon âme
Un immense cœur de miel s’envole
Comme les rayons de mon être, vers un lieu infini.
Une porte s’ouvre à mes pieds
Et j’observe le futur s’inscrire dans le passé !
J’entends le mythe fabuleux du chant d’éternelle liberté
Transporter le vent de multiples couleurs sur Londres.
Je vois des merveilles dans l’oubli
De la solitude et de l’ombre
Dérober l’amour de l’Atlantique !
Joseph Mallord William Turner, « Le Dernier Voyage du Téméraire » (1839). Huile sur toile, Londres, National Gallery.
Haïkus
par Lynne C. et Matthis L. Classe de Seconde 11
La liberté de l’oiseau
Vaut cent mille fleurs,
Ses ailes ont troublé
Les millénaires
L’enfance est une bougie
Qui se consume
Laissant des perles de cire derrière elle
La mer a la même durée de vie
Que l’amour. Son doux vol traverse les ténèbres
Vers l’infini du cœur…
–
–
Voyage — Éternité
par Pauline O. et Idriss Classe de Seconde 3
Oublier les servitudes des villes de chagrin
Pour l’aventure infinie de l’espace
Je navigue tel un oiseau cherchant où migrer
Vers un bonheur éternel où passe
La lumière bleue du soir.
Voyage interdit vers un bonheur éternel,
Pour recevoir l’illusion de l’instantanément
ouvert au soleil.
Couleur azur qui envahit mes pensées
Mythe de la déesse de l’amour
Lointaine et constellée
À l’inquisition d’un trésor perdu.
Infinitié bleue de la mer
Qui embesogne
L’horizon de mes pensées
Où se repose le soir…
« Oublier les servitudes des villes de chagrin
Pour l’aventure infinie de l’espace… »
Sachant que toute fonction linéaire est une fonction affine dont le terme constant est égal au voyage…
J’ai calculé l’équation de ton cœur
En m’aidant de mes sentiments
Et de quelques fonctions affines.
Dans le plan munie d’un repère,
J’ai conjecturé la valeur de ton nom.
Avec toute cette liberté proportionnelle
J’ai démontré la majestueuse rosée de l’espace
Et donné ton utilité en horizon.
Par ce résultat,
J’ai calculé la pureté de mes faiblesses
Goutte après goutte qui tombe
Rien qu’un instant sur mon cœur seulement…
« … en m’aidant de mes sentiments et de quelques fonctions affines… »
Photomontage et peinture numérique : B. R.
À brève échéance
Création collective (Charline, Maelys, Matthieu, Sari, Loïc, Marjorie, Salim, Oriana, Matthis,
Thomas, Amélie, Marianne, Camille H., Héloïse, Valentin, Camille G.)
Classe de Seconde 11
Les étoiles de la nuit ont émigré vers mon cœur La mer est un étalement bleu d’exil Partie en voyage.
La famine de mes sentiments à brève échéance S’est nourrie de caps de bonne espérance Et de latitudes en partance.
L’invention extraordinaire de l’aube Citoyenne arctique de l’homme A déforesté mes forêts de chagrins et de larmes
Ma vie, peuplée jadis de solitude
A frôlé le grand méridien
Tracé sur les lèvres de la mer…
La monarchie de mon cœur a engendré une espèce de civilisation
Douloureuse et silencieuse aux confins de mes larmes
un peu plus loin encore…
Solitaire arc-en-ciel, le perroquet ouvre ses ailes aux profondeurs chagrines
Et quand il inonde dans un souffle profond l’exotique aquilon
L’impossible transgression de l’ailleurs se dévoile à mes yeux.
Le perroquet se lève, douloureux vertige qui produit l’irréel
Des tourments révélés.
Quelle est cette lumière ?
par William S. et Alexandre H. Classe de Seconde 3
J’étais en train de poursuivre mon passé
Et non mon lendemain
Mais une fée a pris mon cœur
Pour l’emmener au bout du monde.
Quelle est cette lumière entre tes mains
Qui éclaire mon avenir ?
C’est un nouveau matin
Que j’ai enfin trouvé où dort le souvenir…
Comme un abîme fleuri de chagrins
par Maud C. Classe de Seconde 11
À l’approche de l’abîme solitaire de mon âme
L’aube nourrie de baies généreuses
S’est refermée comme un abîme fleuri de chagrins
Où l’heure naissante ne bat qu’à demi,
Où le temps n’apparait qu’à demain.
Je dévale cette pente vers l’oubli
Vert de bleu que je ne saurais taire
Vert de nuit que je ne saurai dire.
Une montagne dans le vague tenait les chants du colibri
Simplicité mouvante de promesse,
Elle m’enivre et me blesse
M’entrainant par delà les latitudes dévastées
Au pays où l’alouette sourit au futur bruissement.
Je dévale cette pente vers le vent
Vert de nuit que je ne saurais dire
Vert de bleu que je ne saurai taire.
Tremper sa solitude dans l’azur de l’oubli
Soutenir le bateau des merveilles du passé
Et dérober les chaleureux trésors de l’amour
Pour nager à l’autre bout de la terre
Échapper aux pirates des villes
À leurs canons de pollution
Et laisser les combats du chagrin
Pour naviguer jusqu’aux îles du Bonheur
Ces îles de nuits de l’autre côté de la mer
Là où vivent les fleurs protectrices de joie
Là où tristesse et peur n’existent pas
Elles aiment et adoptent le voyageur.
« … Pour naviguer jusqu’aux îles du Bonheur/Ces îles de nuits de l’autre côté de la mer… »
La deuxième livraison de textes est terminée.
Prochaine livraison : samedi 23 novembre 2013
Les classes de Seconde 3 et de Seconde 11
du Lycée en Forêt présentent…
Pour fêter comme il se doit la rentrée littéraire, la classe de Seconde 3 et la classe de Seconde 11 du Lycée en Forêt (promotion 2013-2014) vous invitent à la saison 5 d’Un Automne en Poésie, événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne.
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Netiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).
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Sous cet horizon vêtu de soir
par Cléa F. et Alexis G. Classe de Seconde 11
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Sous cet horizon vêtu de soir
Une étrange vision de bois sombres
Je sens que m’effeurent les ombres
Ainsi que d’une fleur le soupir lointain.
Le frisson de la nuit s’étend à l’infini
Un tremblement d’étoile surgit là-bas,
De mon cœur tombe goutte à goutte
Un chagrin en sursis
Dans la pénombre je vois la pluie qui tombe
Puis un rayon de lumière
Et sur le sable une lueur d’espoir
Comme le vent sur les vitres de la mer…
« Dans la pénombre je vois la pluie qui tombe puis un rayon de lumière… »
Crédit iconographique : Bruno Rigolt, d’après Caspar David Friedrich « Meeresufer im Mondschein » (« Rivage au clair de lune »), 1835-36, Kunsthalle, Hambourg (Allemagne)
Vers Toi
par Tiffany Z. et Audrey L. Classe de Seconde 3
C’est le soir. Voici l’heure où mon cœur déchiré te pleure
Malgré ton combat
Le ciel t’a emmenée vers une rivière bordée de fleurs vermeilles
Sous un ciel d’orage d’ombre.
La nuit déterminée du cancer a gagné
Je lève un peu la tête vers toi,
La pluie dégringole comme une aube venue de toi,
Comme des fleurs venues de toi…
Une étoile scintille au bord du chemin
Et je sais que c’est toi que je vois là
Vers le soleil du matin…
Octobre 2013
« Et je sais que c’est toi que je vois là… »
Louis Janmot (1814–1892), Le Poème de l’âme, « Le Vol de l’âme » (détail) (Lyon, Musée des Beaux-Arts)
Un oiseau a chanté
par Léanna H. et Joanna B. Classe de Seconde 3
Délaissées les servitudes des villes monotones
Pour une métamorphose éternelle d’ombre et de soleil
Et pour me souvenir de l’interminable parfum
Du voyage.
Mes yeux sont des rivages vers un bonheur passé
Un oiseau a chanté un voyage interdit
Un voyage peint en bleu vers l’aveugle lumière
De l’infini.
Le jour songe en silence.
Le jour s’est couvert d’une toile blanche
Et me fait tomber parmi le monde entier
De ma douce destinée…
« Et pour me souvenir de l’interminable parfum du voyage… »
Les cheveux du vent semaient un peu de clarté révolue
Dans la remise des coteaux verdâtres du trépas.
L’amoureux de la longue plainte des saules
Respirait l’air bleu de la nuit.
Quelles chimères souffrant aux mille combats
Tariront la flamme de mon cœur appauvri ?
Et le souffle dénudé de ta main, à la musique de l’aube,
S’est levé dans la robe fleurie du salut.
Je te demanderai quelques discrétions absurdes,
Dans l’écho négligeable de tes yeux où le soleil s’éteint.
Un berceau de brume te cachait à la vie,
Assoupi dans une neige tiède de mélancolie.
Des larmes, soudain, perlaient sur ta solitude
Orpheline qui cueillait des fleurs.
Une cloche lointaine réveillait les songes des étoiles,
Tandis qu’une feuille mordorée
Voguait parmi les flots limpides
Du soir sans fin, longtemps, toujours plus loin.
Le rêve était fragile, le chant du repos sucré…
Et je cueille avec ardeur l’immensité de ton nom…
« … parmi les flots limpides du soir sans fin, longtemps, toujours plus loin… »
Crédit iconographique : Bruno Rigolt
–
–
Cette chanson de nuit…
par Benjamin C. Classe de Seconde 11
J’ai souvent une chanson dans la tête
C’est un chant médiéval
Aux paroles de foudre et de tempête
Et le musicien oriental
Joue sur l’instrument infini
Et le chanteur part sur les ailes de l’âme
Laissant loin le feu et les flammes.
Céleste mélodie,
Chanson de nuit
Qui apaise doucement mon cœur
Et jusque dans la douleur
Me laisse partir au soleil de la vie.
← Juan Gris
« Nature morte aux fruits et à la mandoline »
(détail, 1919. Coll. privée)
La Lumière dessine un soir
par Valentin G. Classe de Seconde 11
J’observe la mer, cette avenue vers l’inconnu…
Un signe lointain me guide
La lumière dessine un soir
Le tableau interminé du jour
S’efface alors. Je me dirige
Dans le cadre solitaire de l’espoir
M’assieds au pied de cet arbre blanc
Et je m’endors
Vers la grande ville de l’Amour…
« J’observe la mer, cette avenue vers l’inconnu… »
Crédit iconographique : Edward McKnight Kauffer (1890-1954), « Go Great Western to Cornwall » New York, Museum of Modern Art
Retour vers l’enfance
par Melvin C. Classe de Seconde 11
L’encadrement de cette photo me remplit de tristesse.
Seul le bulleur de l’aquarium respire encore.
Le parallélisme de ses bulles donne l’illusion de mes larmes.
Désormais, l’algorithme de l’amour est inversé.
La courbe de la mer lointaine traduit
L’équation de mes sentiments.
« La courbe de la mer lointaine traduit l’équation de mes sentiments… »
L’événement littéraire de la rentrée lycéenne revient bientôt…
Un Automne en Poésie Saison 5 (2013-2014)
Des centaines d’internautes l’an passé ont visité l’exposition poétique des classes de Seconde : « Un automne en Poésie »… Pour cette cinquième édition, ce sont les classes de Seconde 3 et de Seconde 11 du Lycée en Forêt de Montargis qui auront la lourde charge de relever brillamment le défi !
En exclusivité pour l’édition 2013-2014 : la version ebook¹ de l’intégralité des textes !
Rendez-vous sur ce site le lundi 21 octobre pour le lancement officiel de l’expo !
L’événement littéraire de la rentrée lycéenne revient bientôt…
Un Automne en Poésie Saison 5 (2013-2014)
Des centaines d’internautes l’an passé ont visité l’exposition poétique des classes de Seconde : « Un automne en Poésie »… Pour cette cinquième édition, ce sont les classes de Seconde 3 et de Seconde 11 du Lycée en Forêt de Montargis qui auront la lourde charge de relever brillamment le défi !
En exclusivité pour l’édition 2013-2014 : la version ebook¹ de l’intégralité des textes !
Rendez-vous sur ce site le lundi 21 octobre pour le lancement officiel de l’expo !
Dans le cadre de ses missions de valorisation de la place accordée aux femmes dans l’histoire culturelle (*), de promotion de l’écriture poétique, ainsi que des littératures francophones et étrangères, l’Espace Pédagogique Contributif a présenté du lundi 22 juillet au jeudi 22 août 2013 inclus une exposition inédite : « Un été en poésie ». Mêlant écriture et arts visuels, ce tour du monde poétique avait pour but de faire découvrir la poésie dans sa diversité.
L’ensemble des textes vient d’être rassemblé sur une même page afin de faciliter la visite de l’exposition…
(*) Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité hommes-femmes a été strictement respecté.
Netiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, cette exposition est mise à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner l’URL de la page (http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/un-ete-en-poesie-saison-1-22-juillet-22-aout-2013/) ainsi que la source (Bruno Rigolt, Espace Pédagogique Contributif).
Dans le cadre de ses missions de valorisation de la place accordée aux femmes dans l’histoire culturelle (*), de promotion de l’écriture poétique, ainsi que des littératures francophones et étrangères, l’Espace Pédagogique Contributif a présenté du lundi 22 juillet au jeudi 22 août 2013 inclus une exposition inédite : « Un été en poésie ». Mêlant écriture et arts visuels, ce tour du monde poétique avait pour but de faire découvrir la poésie dans sa diversité.
L’ensemble des textes vient d’être rassemblé sur une même page afin de faciliter la visite de l’exposition…
(*) Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité hommes-femmes a été strictement respecté.
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Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Marie Noël (1883 — 1967, Auxerre) … FRANCE
Hier, mercredi 21 août : Georges Séféris… GRÈCE ; Marguerite Duras… FRANCE
Aujourd’hui, jeudi 22 août : 3 livraisons – Nicole Barrière… FRANCE (livraison du matin) – Paul Valéry… FRANCE (livraison de l’après-midi) – Marie Noël… FRANCE ( livraison de la nuit : dernière livraison de l’édition 2013 d’Un été en Poésie).
Chanson
Quand il est entré dans mon logis clos,
J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?
Et je cousais, je cousais, je cousais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
Il m’a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,
Qu’ils semblaient, —si gais, si légers, si doux,—
Deux petits oiseaux caressant la dalle
De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?
Il m’a demandé du beurre, du pain,
— ma main en l’ouvrant caressait la huche —
Du cidre nouveau, j’allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.
Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?
Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.
J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid, du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…
Et je causais, je causais, je causais…
— Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?
Quand il est parti, pour finir l’ourlet Que j’avais laissé, je me suis assise… L’aiguille chantait, l’aiguille volait, Mes doigts caressaient notre toile bise…
Et je cousais, je cousais, je cousais… — Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
Marie Noël Les Chansons et les Heures, 1920
Françoise Duparc (1726-1778), « Femme cousant » c. 1750-1760 Marseille, Musée des Beaux-Arts
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Paul Valéry (1871, Sète — 1945, Paris) … FRANCE
Hier, mercredi 21 août : Georges Séféris… GRÈCE ; Marguerite Duras… FRANCE
Aujourd’hui, jeudi 22 août : 3 livraisons – Nicole Barrière… FRANCE (livraison du matin) – Paul Valéry… FRANCE (livraison de l’après-midi) – Marie Noël… FRANCE ( livraison de la nuit : dernière livraison de l’édition 2013 d’Un été en Poésie).
Sur l’obscur de la mer(*)
__Une mer qui semble unie, — çà et là dans le plan,
çà et là dans le temps — éclate un petit fait d’écume ; __un événement candide sur l’obscur de la mer,
ici ou là ; __Jamais au même lieu ; __un épisode, __un indice de chocs entre des puissances invisibles __et des différences internes, __çà et là, ici ou là. __L’eau changée en neige, l’instant du choc changé
en blancheur, et le mouvement massif en désordre de
gouttes que l’ordre pesant résorbe aussitôt.
(*) titre donné à partir d’une expression du texte, non choisi par P. Valéry
Paul Valéry Poèmes et PPA (Petits Poèmes Abstraits), 1929 Édition utilisée : Paul Valéry, Poésie perdue. Les poèmes en prose des Cahiers Édition de Michel Jarrety, NRF Gallimard, Paris 2000, page 192.
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Nicole Barrière (contemporaine) … FRANCE
Hier, mercredi 21 août : Georges Séféris… GRÈCE ; Marguerite Duras… FRANCE
Aujourd’hui, jeudi 22 août : 3 livraisons – Nicole Barrière… FRANCE (livraison du matin) – Paul Valéry… FRANCE (livraison de l’après-midi) – Marie Noël… FRANCE ( livraison de la nuit : dernière livraison de l’édition 2013 d’Un été en Poésie).
[sans titre]
Revient indemne l’Ombre
L’enfance criant son mutisme
L’énigme du poème qui contient tout entier La même femme
Elle veille la lumière secrète d’autres rêves
Dont tu ne sais rien
Femme debout, de face
Elle a fait la rencontre endeuillée de l’histoire
Tu ne sais rien de sa clarté
Elle a conquis seule la grande plaine du ciel et la liberté d’espace
Tu demeures comme elle, blessé à demi-mot
Tu l’aimeras errante, endormie, enroulée de linceul ou debout face au mur
Défais ta vie de ses fragiles habits
Aime, aime ses chevauchées d’azur dans ton pays écorché
Quand la brise court sur les oliviers
Ose ses lèvres, ose la rose dans sa nacre vivante
Ce monde de beauté où tu la vois dormir.
Nicole Barrière Femmes en parallèle : Anthologie personnelle L’Harmattan, Paris 2010. Page 15.
« Elle a conquis seule la grande plaine du ciel et la liberté d’espace »
Illustration : Kay Sage (1898-1963), « I Saw Three Cities », 1944 Princeton University Art Museum Crédit photographique : Bruce M. White
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Marguerite Duras (1914, Saigon — 1996, Paris)… FRANCE
Hier, mardi 20 août : Marie-Claire Bancquart… FRANCE ; Robert Frost… ÉTATS-UNIS
Ce matin : Georges Séféris… GRÈCE
Demain, jeudi 22 août : 3 livraisons
– Nicole Barrière… FRANCE (livraison du matin)
– Paul Valéry… FRANCE (livraison de l’après-midi)
– Marie Noël… FRANCE ( livraison de la nuit : dernière livraison de l’édition 2013 d’Un été en Poésie).
Les Mains négatives
On appelle mains négatives, les peintures de mains trouvées dans les grottes magdaléniennes de l’Europe Sub-Atlantique. Le contour de ces mains —posées grandes ouvertes sur la pierre— était enduit de couleur. Le plus souvent de bleu, de noir. Parfois de rouge. Aucune explication n’a été trouvée à cette pratique.
Devant l’océan sous la falaise sur la paroi de granit
ces mains ouvertes
Bleues Et noires
Du bleu de l’eau Du noir de la nuit
L’homme est venu seul dans la grotte face à l’océan Toutes les mains ont la même taille il était seul
L’homme seul dans la grotte a regardé dans le bruit dans le bruit de la mer l’immensité des choses
Et il a crié
Toi qui es nommée toi qui es douée d’identité je t’aime
Ces mains du bleu de l’eau du noir du ciel
Plates
Posées écartelées sur le granit gris
Pour que quelqu’un les ait vues.
Je suis celui qui appelle Je suis celui qui appelait qui criait il y a trente mille ans
Je t’aime
Je crie que je veux t’aimer, je t’aime
J’aimerai quiconque entendra que je crie
Sur la terre vide resteront ces mains sur la paroi de granit face au fracas de l’océan
Insoutenable
Personne n’entendra plus
Ne verra
Trente mille ans Ces mains-là, noires
La réfraction de la lumière sur la mer fait frémir la paroi de la pierre
Je suis quelqu’un je suis celui qui appelait
qui criait dans cette lumière blanche
Le désir le mot n’est pas encore inventé
Il a regardé l’immensité des choses dans le fracas des vagues, l’immensité de sa force
et puis il a crié
Au-dessus de lui les forêts d’Europe, sans fin
Il se tient au centre de la pierre des couloirs des voies de pierre de toutes parts
Toi qui es nommée toi qui es douée d’identité
je t’aime d’un amour indéfini
Il fallait descendre la falaise vaincre la peur
Le vent souffle du continent il repousse l’océan Les vagues luttent contre le vent Elles avancent ralenties par sa force et patiemment parviennent à la paroi
Tout s’écrase
Je t’aime plus loin que toi J’aimerai quiconque entendra que je crie que je t’aime
Trente mille ans J’appelle J’appelle celui qui me répondra
Je veux t’aimer je t’aime
Depuis trente mille ans je crie devant la mer le spectre blanc
Je suis celui qui criait qu’il t’aimait, toi.
Marguerite Duras Les Mains négatives, 1978 Marguerite Duras, Le Navire Night – Césarée – Les Mains négatives – Aurélia Steiner Mercure de France, Paris 1979, page 97 et suivantes.
La Cueva de las Manos (la Grotte des mains) Patagonie, Argentine
Le court métrage réalisé en 1979 par Marguerite Duras Sur les images de Paris la nuit, désert, Marguerite Duras interprète comme un appel les traces de mains peintes dans les grottes préhistoriques d’Espagne
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Georges Séféris (1900, [Smyrne] Izmir — 1971, Athènes)… GRÈCE
Hier, mardi 20 août : Marie-Claire Bancquart… FRANCE ; Robert Frost… ÉTATS-UNIS
Cet après-midi : Marguerite Duras… FRANCE
Demain, jeudi 22 août : 3 livraisons
– Nicole Barrière… FRANCE (livraison du matin)
– Paul Valéry… FRANCE (livraison de l’après-midi)
– Marie Noël… FRANCE ( livraison de la nuit : dernière livraison de l’édition 2013 d’Un été en Poésie).
Le Dernier Jour (extrait)
Le ciel était couvert. Nul ne se décidait.
Un vent léger soufflait. « Ce n’est pas le grégos, c’est le sirocco » fit quelqu’un.
Quelques minces cyprès cloués sur le versant et la mer grise,
avec des flaques de lumière, un peu plus loin.
Les soldats présentaient les armes quand la bruine se mit à tomber.
« Ce n’est pas le grégos, c’est le sirocco. » Ce fut la seule chose précise que l’on entendit.
Pourtant, nous le savions que dès l’aube suivante
Rien ne nous resterait, pas même la femme buvant près de nous le sommeil
Pas même le souvenir d’avoir été, jadis, hommes,
Rien, dès l’aube suivante.
« Ce vent fait songer au printemps » disait l’amie qui marchait près de moi.
En regardant au loin, « le printemps
Tombé soudain en plein hiver près de la mer bouchée.
Printemps si imprévu. Tant d’années ont passé. Comment allons-nous mourir ? »
[…]
Georges Séféris Poèmes. 1933-1955, suivis de Trois poèmes secrets
→ Pour mieux comprendre le contexte politique évoqué dans ce poème, voyez cette page de l’ouvrage de Jean Bessière et Judit Maár, L’Écriture empoisonnée (L’Harmattan, Paris 2007).
Yiánnis Móralis (« Dix dessins en couleur pour les poèmes de Georges Séféris« , 1965)
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Robert Frost (1874, San Francisco — 1963, Boston )… ÉTATS-UNIS
Hier, lundi 19 août : Anne Hébert… CANADA ; André Pieyre de Mandiargues… FRANCE
Ce matin : Marie-Claire Bancquart… FRANCE Demain, mercredi 21 août : 2 livraisons
– Georges Séféris… GRÈCE (publication du matin)
– Marguerite Duras… FRANCE (publication de l’après-midi)
The Road Not Taken
Two roads diverged in a yellow wood, And sorry I could not travel both And be one traveler, long I stood And looked down one as far as I could To where it bent in the undergrowth;
Then took the other, as just as fair, And having perhaps the better claim, Because it was grassy and wanted wear; Though as for that the passing there Had worn them really about the same,
And both that morning equally lay In leaves no step had trodden black. Oh, I kept the first for another day! Yet knowing how way leads on to way, I doubted if I should ever come back.
I shall be telling this with a sigh Somewhere ages and ages hence: Two roads diverged in a wood, and I— I took the one less traveled by, And that has made all the difference.
Robert Frost Mountain Interval, 1916
La route non empruntée
Deux routes bifurquaient dans un bois jaune
Et au regret de ne pouvoir prendre les deux Car voyageant seul, je suis resté longtemps Les yeux fixés sur l’une des deux aussi loin que je le pouvais Jusqu’à un virage qui se perdait dans les broussailles ;
Alors j’ai suivi l’autre route, tout aussi envisageable Et peut-être même plus justifiée encore Parce que recouverte d’herbes ne demandant qu’à être foulées ; Cependant, ceux qui étaient passés par là Les avaient empruntées de façon assez semblable.
Et toutes deux en ce matin s’étiraient Parmi des feuilles qu’aucun pas n’avait encore souillées Je réservais la première route pour une autre fois Sachant pourtant qu’un chemin menant à un autre chemin, Je doutais d’y revenir jamais.
Un jour, dans des années et des années Je conterai tout cela en soupirant, à savoir que Deux routes bifurquaient dans un bois, et que moi — J’ai suivi celle par laquelle on chemine le moins souvent Et cela a fait toute la différence.
Robert Frost Mountain Interval, 1916
Traduction : Bruno Rigolt
À propos de la traduction : On trouve sur le net quelques traductions plus ou moins heureuses, et souvent contestables de ce très beau texte. Aucune ne répondant à mes attentes, j’ai donc proposé une nouvelle traduction, sachant que la syntaxe française rend difficilement compte de la structure rythmique et métrique très particulière du texte composé d’ennéasyllabes (vers de 9 syllabes). Enfin, ce poème, le premier du recueil Mountain Interval est en italiques dans la première édition (1916). C’est la raison pour laquelle il figure en italiques ici.
Pour en savoir plus sur les interprétations de ce poème complexe et souvent mal compris,voyez cette page (en anglais, mais passionnante à lire, et d’un haut niveau d’analyse, qui m’a été particulièrement utile pour aborder la traduction).
← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.
En été, hydratez votre cerveau au maximum !
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Marie-Claire Bancquart (1932, Aubin — )… FRANCE
Hier, lundi 19 août : Anne Hébert… CANADA ; André Pieyre de Mandiargues… FRANCE
Cet après-midi : Robert Frost… ÉTATS-UNIS Demain, mercredi 21 août : 2 livraisons
– Georges Séféris… GRÈCE (publication du matin)
– Marguerite Duras… FRANCE (publication de l’après-midi)
UTOPIQUES
Massacres, guerres s’éparpillent
s’écartent
recommencent dans le fracas. Qui a soif de sang, qu’il morde son siècle.
Ah, que les mots se reprennent au fil
d’un futur sans visibilité arrière
qu’ils soient miraculeux feuillages sans racines où le vent jouerait libre jeu.
Mais tuer la mémoire commencer de rien ?
Pas possible
l’inhumain
l’inanimal
n’en finissent pas.
Seulement, comme sourit et parle un grand malade,
remplir une proche seconde
avec le livre ouvert
dans le silence, sauf le bruit de tourner la page.
Marie-Claire Bancquart in Le Nouveau recueil, revue trimestrielle de littérature et de critique Champ Vallon 62, mars-mai 2002.Page 82.
« l’inhumain / l’inanimal / n’en finissent pas »
Illustration : Otto Dix (1891-1969) « Sturmtruppe geht unter Gas vor » (« Assaut sous les gaz »), 1924 Gravure aquatinte. Berlin, Deutsches Historiches Museum
← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.
En été, hydratez votre cerveau au maximum !
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… André Pieyre de Mandiargues (1909 — 1991, Paris)… FRANCE
Hier, dimanche 18 août : Jean-Baptiste Tati Loutard… CONGO
Ce matin, Anne Hébert… CANADA
Demain, mardi 20 août : 2 livraisons
– Marie-Claire Bancquart… FRANCE (publication du matin)
– Robert FROST… ÉTATS-UNIS (publication de l’après-midi)
Lèvres bleues
Les lèvres bleues du canot
Sur le sable gris de la plage
Qu’un reflet de lune illumine
Dirais-tu qu’elles vont ouvrir
Une bouche de noyée
Pour dire ce que toute femme
Aurait pu dire à tout homme
Et que nulle n’a jamais dit ?
Illustration : Man Ray, 1936. D’après « À l’heure de l’observatoire : les amoureux ». Photographie réalisée pour Harper’s Bazaar : « Modèle allongé bras levé sous un tableau de Man Ray » Image colorisée.
← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.
En été, hydratez votre cerveau au maximum !
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Anne Hébert (1916 — 2000, province du Québec)… CANADA
Hier, dimanche 18 août : Jean-Baptiste Tati Loutard… CONGO
Cet après-midi : André Pieyre de Mandiargues… FRANCE Demain, mardi 20 août : 2 livraisons
– Marie-Claire Bancquart… FRANCE (publication du matin)
– Robert Frost… ÉTATS-UNIS (publication de l’après-midi)
Les Mains
Elle est assise au bord des saisons
Et fait miroiter ses mains comme des rayons.
Elle est étrange
Et regarde ses mains que colorent les jours.
Les jours sur ses mains
L’occupent et la captivent.
Elle ne les referme jamais
Et les tend toujours.
Les signes du monde
Sont gravés à même ses doigts.
Tant de chiffres profonds
L’accablent de bagues massives et travaillées.
D’elle pour nous
Nul lieu d’accueil et d’amour
Sans cette offrande impitoyable
Des mains de douleurs parées
Ouvertes au soleil.
← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.
En été, hydratez votre cerveau au maximum !
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Hier, samedi 17 août : Mousse Boulanger… SUISSE Demain, lundi 19 août : 2 livraisons – Anne Hébert… CANADA (publication du matin) – André Pieyre de Mandiargues… FRANCE (publication de l’après-midi)
L’envers du soleil (Des chômeurs dans la nuit)
À présent plus de soleil fertile Où midi cultivait des rayons Pour l’enchantement du retour.
C’est une nuit opaque comme un brouet noir
Dans la grande écuelle du Ciel ;
C’est une nuit qui traverse la terre
Sans son monocle lunaire
Et se brise aux rares lampes du chemin
En fragments jaunâtres dont les noctuelles
Font leur miel et leur feu de joie.
Passe la longue caravane des arbres,
Vers quel autre cirque du lendemain ?
Ceux qui la suivent titubent de fatigue,
Et leurs noms manquent au registre du travail !
Ils ont planté sans répit leurs jambes
Dans la clarté du jour
Et n’ont récolté que le bruit de leurs pas.
Maintenant, ils préfèrent suivre les arbres
Dans la fosse commune de la nuit.
Que son ombre leur soit légère !
Jean-Baptiste Tati Loutard L’Envers du soleil, L’Harmattan, Paris 1978, page 9 Première édition : 1970 (éd. Pierre-Jean Oswald)
Illustration : Leon Bibel (1913–1995) « Unemployed Marchers » (lithographie en couleur, c. 1938)
← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.
En été, hydratez votre cerveau au maximum !
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Hier, vendredi 16 août : Pablo Neruda… CHILI
Demain, dimanche 18 août : Jean-Baptiste Tati Loutard… CONGO
Quel temps fait-il en moi ?
Les fourmis déménagent
l’innocence meurt
avant l’apprentissage de la morsure
Une mésange picore les moucherons endormis sur le grillage du jardin la pluie du matin coule sur le fil les gouttes se pourchassent comme les enfants partis
Lente extinction de la nuit vers les jades du matin des fleurs d’étoiles traînent sur le jardin
bourdonnement d’abeilles semblable à la marelle des quatre vents
Quel destin a posé un doigt au cœur ? Les larmes se perdent dans un mouchoir
Le ciel reste bleu.
Mousse Boulanger L’Écuelle des souvenirs. Récit-poème L’Âge d’Homme, Lausanne (Suisse) 2000. Page 17 (« Quel temps fait-il en moi ? »), page 13
Illustration : Vincent Van Gogh « Le Jardin de l’hôpital Saint-Paul » (huile sur toile, 1889) collection privée, Genève
Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.
Aujourd’hui… Pablo Neruda (1904, Parral — 1973, Santiago)… CHILI
Hier, jeudi 15 août : Marguerite Yourcenar.. FRANCE/ÉTATS-UNIS
Demain, samedi 17 août : Mousse Boulanger… SUISSE
Poema XV
Me gustas cuando callas porque estás como ausente,
y me oyes desde lejos, y mi voz no te toca.
Parece que los ojos se te hubieran volado
y parece que un beso te cerrara la boca.
Como todas las cosas están llenas de mi alma
emerges de las cosas, llena del alma mía.
Mariposa de sueño, te pareces a mi alma,
y te pareces a la palabra melancolía.
Me gustas cuando callas y estás como distante.
Y estás como quejándote, mariposa en arrullo.
Y me oyes desde lejos, y mi voz no te alcanza:
déjame que me calle con el silencio tuyo.
Déjame que te hable también con tu silencio
claro como una lámpara, simple como un anillo.
Eres como la noche, callada y constelada.
Tu silencio es de estrella, tan lejano y sencillo.
Me gustas cuando callas porque estás como ausente.
Distante y dolorosa como si hubieras muerto.
Una palabra entonces, una sonrisa bastan.
Y estoy alegre, alegre de que no sea cierto.
Pablo Neruda Veinte poemas de amor y una canción desesperada, 1924 Editorial EDAF, Madrid 2009, page 85
Poème XV
Tu me plais quand tu te tais car tu es comme absente, et tu m’entends de loin, et ma voix point ne te touche. On dirait que tes yeux se sont envolés et on dirait qu’un baiser t’aurait scellé la bouche.
Comme toutes les choses sont emplies de mon âme tu émerges des choses, de toute mon âme emplie. Papillon de songe, tu ressembles à mon âme, et tu ressembles au mot mélancolie.
Tu me plais quand tu te tais et sembles distante. Et tu sembles gémir, papillon dans la berceuse. Et tu m’entends de loin, et ma voix ne t’atteint pas : laisse-moi me taire avec ton silence.
Laisse-moi aussi te parler avec ton silence clair comme une lampe, simple comme un anneau. Tu es comme la nuit, muette et constellée. Ton silence est d’étoile, si lointain et simple.
Tu me plais quand tu te tais car tu es comme absente. Distante et endolorie comme si tu étais morte. Un mot alors, un sourire suffisent. Et la joie que ce ne soit pas vrai, la joie m’emporte.
Pablo Neruda Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée suivi de Les Vers du capitaine Traduction de Claude Couffon et Christian Rinderknecht Gallimard « Poésie », édition bilingue, Paris 1998. Pages 66-67.
« Papillon de songe, tu ressembles à mon âme, et tu ressembles au mot mélancolie. »
Illustration : Kay Sage (1898, New York — 1963, Woodbury) « Le Passage » (autoportrait), 1956 (collection particulière)
← Illustration : d’après François Bensa (Nice 1811-1895), « Le quartier du Lazaret avec la Réserve » (détail). Nice, Villa Masséna.
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Du lundi 22 juillet au jeudi 22 août inclus, découvrez une exposition inédite : « Un été en poésie« : chaque jour, un poème sera publié. En tout, plus de vingt pays seront représentés dans ce tour du monde poétique. Conformément au cahier des charges éditorial de ce blog de Lettres, le principe de la parité sera strictement respecté.