La classe de Seconde 10 présente… Fin’Amor Expo! Aujourd’hui : Hugo M.

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose.
(BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». ,La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères… 

Chaque jour, découvrez un nouveau poème jusqu’en janvier 2020 !

Aujourd’hui… Hugo 

Vendredi 13 décembre : Romane S.
Mercredi 18 décembre : Marie L.

  

« Si votre âme est libre… »

par Hugo M.
Classe de Seconde 10

i votre âme est libre
Ô ma dame, je chercherai votre cœur.
S’il y manque un peu de chaleur
Avec ma lyre, je le réchaufferai.
Ô gente dame qui ne me désirez,
Dans les bois pour vous m’exilerai !
Je suis dans un malheureux amour
Et ne puis trop regarder vos atouts
De peur de n’être pas assez doux pour vous.

Dans vos yeux malices, j’aperçois un lys
Cette fleur doit sans doute avoir un cœur
Qui nous unisse ! J’aimerais cueillir les mélisses
De votre jardin secret…
A part moi nul ne sait
Que vous vous y baladez toutes les heures.
Que ne puis-je, impossible promise,
Me changer en bijou
Pour être toujours près de vous !

Las ! Demeure mon amour malheur,
J’aimerais vous faire don de ma chanson
Mais jamais n’oserai vous ouvrir mon cœur !

« J’aimerais vous faire don de ma chanson
Mais jamais n’oserai vous ouvrir mon cœur ! 
»

Illustration : Guillaume de Lorris, Jean de Meung, Le Roman de la rose, 1340-1460.
BNF Gallica
Source :  Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits. COTE : Français 1567

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Exposition "Transmutations, les chemins de l'invisible"… Loïc L.-P.

La classe de Première 5 et la classe de Première STMG1 du Lycée en Forêt présentent…

Transmutations : les chemins de l’invisible
15 décembre 2019 – 20 janvier 2020

« Extraordinaires banalités »… Une simple chaise, des cailloux, une palissade, un banal réverbère, quelques gouttes d’eau laissées sur un pare-brise, un quai de gare vide ou une photo ratée… Tels ont été les matériaux banals auxquels se sont intéressés les élèves, qui ont rédigé leur texte et l’ont illustré personnellement.

En somme, écrire un poème, n’est-ce pas apprendre à « se faire voyant » tel que l’affirmait Rimbaud pour faire naître du banal l’apparition ? Ainsi, l’ordinaire ouvre non seulement à la quête métaphysique mais aussi à un chemin initiatique : celui d’une élévation intérieure, et d’une poétique de l’invisible…

Pour lire le texte de présentation dans son intégralité, cliquez ici.
Chaque semaine, plusieurs textes seront publiés dans cet Espace pédagogique et rassemblés ultérieurement dans un recueil présenté lors de la journée portes ouvertes du lycée. Ce recueil sera ensuite consultable au CDI du lycée.

Crédit iconographique (affiche de l’exposition) : © Bruno Rigolt, décembre 2019

 

« La haie »

par Loïc L.-P.
Classe de Première 5

« Le plus beau sentiment du monde, c’est le sens du mystère. […]
Celui qui n’a jamais connu cette émotion, […] ses yeux sont fermés. »
Albert Einstein, Comment je vois le monde, 1979
Chaque jour, le vivant
Rampe, marche, roule, vole
Devant cette haie minable et dégarnie
Ils la voient comme une haie qui ne remplit
Même pas son rôle de simple barrière végétale
Ils la voient tellement faible
Et endommagée par la vie
Qu’elle peut à peine
Abriter les oiseaux lors des pluies.
Et moi même, je passe devant la haie
Et moi aussi je marche sans y faire attention
Mais un jour banal, un jour de ciel livide
J’étais face à cette haie
Et je réfléchissais, je me demandais
Depuis quand est-elle là, pourquoi l’avoir plantée, et qui l’a fait ?
Cette haie a peut-être vu passer la nuit des temps
Et après tout, qu’y a-t-il au-delà de la haie ?
Qu’y a-t-il au-delà du temps ?

« Cette haie a peut-être vu passer la nuit des temps… »

Illustration : © Loïc L.-P. 2019

Exposition "Transmutations, les chemins de l'invisible"… Schella K.

La classe de Première 5 et la classe de Première STMG1 du Lycée en Forêt présentent…

Transmutations : les chemins de l’invisible
15 décembre 2019 – 20 janvier 2020

« Extraordinaires banalités »… Une simple chaise, des cailloux, une palissade, un banal réverbère, quelques gouttes d’eau laissées sur un pare-brise, un quai de gare vide ou une photo ratée… Tels ont été les matériaux banals auxquels se sont intéressés les élèves, qui ont rédigé leur texte et l’ont illustré personnellement.

En somme, écrire un poème, n’est-ce pas apprendre à « se faire voyant » tel que l’affirmait Rimbaud pour faire naître du banal l’apparition ? Ainsi, l’ordinaire ouvre non seulement à la quête métaphysique mais aussi à un chemin initiatique : celui d’une élévation intérieure, et d’une poétique de l’invisible…

Pour lire le texte de présentation dans son intégralité, cliquez ici.
Chaque semaine, plusieurs textes seront publiés dans cet Espace pédagogique et rassemblés ultérieurement dans un recueil présenté lors de la journée portes ouvertes du lycée. Ce recueil sera ensuite consultable au CDI du lycée.

Crédit iconographique (affiche de l’exposition) : © Bruno Rigolt, décembre 2019

 

« La pierre »

par Schella K.
Classe de Première STMG 1

Le jour aux lueurs brillantes s’élève et s’endort avec toi.
Ta présence inaperçue s’impose irrévocablement
Et se marie avec le temps.

Ton histoire marque les esprits des hommes
À l’époque appelée Pierre pour certains,
Cailloux pour d’autres.

Il fut un temps où tu étais un dieu
Et les hommes te vénéraient comme une statuette ;
T’adoraient comme l’ombre de l’espoir
Qui comble leur attente.

Ignorée, piétinée par les passants,
Qui vaquent à leurs occupations,
Noyée par la boue du monde,
Malgré tout, solidement tu soutiens leurs pas.

Pierre qui contribues à la création de la Terre,
Dure comme le vent, fine comme la mer,
Forte comme les larmes.

Et même quand ils t’ignorent,
Tu demeures en ton silence
L’Idéal qui déchire l’histoire de ces hommes irréalistes,

Irresponsables…

La pierre fait partie de la création du monde,
Elle a une place dans nos cœurs,
Elle mérite notre reconnaissance

Elle est l’allégorie de l’Histoire…

« Tu demeures en ton silence
L’Idéal qui déchire l’histoire
… »

Illustration : Schella K. (photomontage)

La classe de Seconde 10 présente… Fin'Amor Expo! Aujourd'hui : Romane S.

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose.
(BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». ,La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères… 

Chaque jour, découvrez un nouveau poème jusqu’en janvier 2020 !

Aujourd’hui… Romane
Jeudi 12 décembre : Dylan Y.
Lundi 16 décembre : Hugo M.

  

« Ce cœur
amoureusement malade »

par Romane S.
Classe de Seconde 10


a vie est si cruelle
Quand je suis devant vous
À trop chanter je deviens fou,
Comme en hiver l’hirondelle !
Capturé par votre lumineuse obscurité,
Mon cœur est comme enfermé
Dans l’Hôtel-Dieu de l’Amour doux.
Le malade a de grands espoirs
Guérira-t-il un jour ? Nul ne peut y croire !

La souffrance m’envahit,
Mais aussi Humiliation, Colère, Tristesse
Reviennent sans cesse !
Affreuse journée et douce nuit
Quand je vous vois, monte en moi
Folie, Jeunesse et Joie
Mais vous, dame de noblesse,
Je ne peux vous approcher
Vous que j’ai tant aimée, belle maîtresse…

Ô gente dame dont souffre mon âme,
Je vous dis adieu avec mon cœur lourd de chagrin
Vous étiez un beau rêve ; à jamais, je pars au loin.

« Guérira-t-il un jour ? Nul ne peut y croire ! »

Illustration : Boccace, Decameron, 1401-1500 (détail)
BNF Gallica


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« Transmutations : les chemins de l’invisible »… Bientôt l’exposition des élèves de Première 5 et de Première STMG1…

La classe de Première 5 et la classe de Première STMG1
du Lycée en Forêt

présentent…Illustration : © Bruno Rigolt, décembre 2019
(photomontage et peinture numérique), d’après René Magritte, « Le Poison » (1939)

« Transmutations »
les chemins de l’invisible

15 décembre 2019 – 20 janvier 2020

 

« Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or »
Charles Baudelaire, « Ébauche d’un épilogue pour la deuxième édition des Fleurs du Mal » (1861).

Voir le banal comme un chemin vers l’invisible, tel est le sens de cette exposition poétique conçue et préparée par les élèves de Première 5 et de Première STMG 1 du Lycée en Forêt. Une simple chaise, des cailloux, une palissade, un banal réverbère, quelques gouttes d’eau laissées sur un pare-brise, un quai de gare vide, une photo ratée, ou même des fleurs fanées, une coupe de fruits sur la table de la cuisine… Tels ont été les matériaux banals auxquels se sont intéressés les jeunes gens.

Faire naître du banal l’apparition

Toute poésie ne relève-t-elle pas en effet d’un cheminement intérieur, d’un travail de réflexion et de questionnement qui va du matériel le plus ordinaire vers une lecture allégorique du monde ? Faire l’éloge de la simplicité, n’est-ce pas rendre à l’humain son aptitude à s’émerveiller ? Si l’imaginaire du merveilleux passe tout d’abord par une esthétique du quotidien, les textes rédigés par les élèves invitent à dépasser les apparences, à considérer le banal comme la clé d’un déchiffrement profondément spirituel du monde, dont il constitue la révélation extraordinaire.

« Extraordinaires banalités », « transmutations »… En somme, écrire un poème, n’est-ce pas apprendre à « se faire voyant » tel que l’affirmait Rimbaud ? Dès lors, toute écriture n’est-elle pas un questionnement du livre de soi-même dont nous tournons chaque jour les pages ? Ainsi, le banal, l’ordinaire ouvrent non seulement à la quête métaphysique mais aussi à un chemin initiatique : celui d’une élévation intérieure, et d’une poétique de l’invisible…

Rendez-vous à partir du dimanche 15 décembre 2019 !

 

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La classe de Seconde 10 présente… Fin'Amor Expo ! Aujourd'hui : Chloé V.

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose.
(BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». ,La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères… 

Chaque jour, découvrez un nouveau poème jusqu’en janvier 2020 !

Aujourd’hui… Chloé
Mardi 10 décembre : Eliott H.-P.
Demain, jeudi 12 décembre : Dylan Y.

  

« Dis-moi belle hirondelle »

par Chloé V.
Classe de Seconde 10

is-moi belle hirondelle
Que j’attends depuis si longtemps
Toi qui annonces le printemps
Tu es venue de tes propres ailes.
Sur ma branche tu t’es posée
Le soleil va paraître,
Et près de mes bourgeons colorés
La nature commence à renaître
Pleine de joie et de gaieté

Ô hirondelle, si gentille et si jolie
Le printemps est bientôt parti
Tu vas devoir quitter le pays.
Dites-moi jolie demoiselle
Diriez vous de rester avec moi
Jusqu’à la fin du mois ?
Mais le mois est maintenant terminé
Mon âme en peine céans
De n’entendre votre rire charmant.

Toi belle hirondelle,
La joie n’aura plus maintenant
Puisque en mon cœur, un trou béant.

« Dites-moi jolie demoiselle
Diriez vous de rester avec moi
… »

Illustration : Codex Manesse, Zurich, 1340 (image modifiée)
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cpg848/0136

La classe de Seconde 10 présente… Fin’Amor Expo ! Aujourd’hui : Eliott H.-P.

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose.
(BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». ,La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères… 

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Aujourd’hui… Eliott

Lundi 9 décembre : Alizéa L.
Demain, mercredi 11 décembre : Chloé V.

  

« Quand allez-vous m’aimer ? »

par Eliott H.-P.
Classe de Seconde 10

ma Dame
Quand allez-vous m’aimer ?
Vous apercevoir, je désire plus que tout !
Rencontrer vos yeux doux
Soyeux, légers et fluides comme mon âme
Remplirait toute ma flamme de joie voluptueuse.

Espoir ou désespoir
Du plus profond de mon être
Sans fin, sans limite
Devant ce temps insaisissable
Qui s’écoule interminable
Jusqu’à lueur du jour tant attendu.

Mon coeur s’embrase en feu ardent
Devant le soleil couchant,
En chatoyantes couleurs étoilées scintille,
S’emplit de flocons exaltants
De blancheur fascinante
Et tombe à vos pieds doucement, léger comme le vent.

Je garde en secret ce désir
De fleurs remplies de vie
Aussi fugitives soient-elles,
Puis-je, Ô ma mie,
Ne fût-ce qu’un temps,
Croiser votre regard et vous aimer céans ?

« Puis-je, Ô ma mie,
Ne fût-ce qu’un temps,
Croiser votre regard et vous aimer céans ?
 »

Illustration : Christine de Pisan,Cent ballades d’amant et de dame, 1400-1410 (image modifiée)
Enlumineurs : Maître de l’Epître Othéa, Maître d’Egerton

Source : BNF Gallica

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La classe de Seconde 10 présente… Fin'Amor Expo ! Aujourd'hui : Alizéa L.

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose.
(BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». ,La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères… 

Chaque jour, découvrez un nouveau poème jusqu’en janvier 2020 !

Aujourd’hui… Alizéa 
Demain, mardi 10 décembre : Eliott H.-P.

  

« En vous voyant ma douce… »

par Alizéa L.
Classe de Seconde 10

n vous voyant ma douce
J’aimerais être l’océan
Pareil à vos yeux bleus,
La brise qui fait balancer
Vos cheveux si soyeux !
Las ! pas un de vos regards
Ne se pose sur moi,

Dans le désarroi je suis et je me noie.
Confus de ce tourment,
Débordant de passion,
Je suis l’ouragan qui se déchaîne,
Un sentiment entre Amour et Peine.
Si heureux je suis
Quand j’imagine ma Dame !

Mon cœur s’enflamme
À rêver de nous deux
Et entre les oiseaux à chantonner
Tout l’amour que j’ai
Envers vous, Dame adorée
Sous un beau ciel bleu d’été
En la douce rosée !

Amour est impossible qui nous est interdit.
Et me sens mourir de ce désir
Car impassible vous passez.

« Amour est impossible qui nous est interdit… »

Illustration : Codex Manesse, Zurich, 1340
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cpg848/0136


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La classe de Seconde 10 présente… Fin’Amor Expo ! Aujourd’hui : Alizéa L.

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose.
(BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». ,La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères… 

Chaque jour, découvrez un nouveau poème jusqu’en janvier 2020 !

Aujourd’hui… Alizéa 

Demain, mardi 10 décembre : Eliott H.-P.

  

« En vous voyant ma douce… »

par Alizéa L.
Classe de Seconde 10

n vous voyant ma douce
J’aimerais être l’océan
Pareil à vos yeux bleus,
La brise qui fait balancer
Vos cheveux si soyeux !
Las ! pas un de vos regards
Ne se pose sur moi,

Dans le désarroi je suis et je me noie.
Confus de ce tourment,
Débordant de passion,
Je suis l’ouragan qui se déchaîne,
Un sentiment entre Amour et Peine.
Si heureux je suis
Quand j’imagine ma Dame !

Mon cœur s’enflamme
À rêver de nous deux
Et entre les oiseaux à chantonner
Tout l’amour que j’ai
Envers vous, Dame adorée
Sous un beau ciel bleu d’été
En la douce rosée !

Amour est impossible qui nous est interdit.
Et me sens mourir de ce désir
Car impassible vous passez.

« Amour est impossible qui nous est interdit… »

Illustration : Codex Manesse, Zurich, 1340
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cpg848/0136

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Lancement de l'exposition "Fin'Amor Expo" Edition 2019-2020

Découvrez bientôt l’exposition de la classe de Seconde 10 :

« Fin’Amor Expo »

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose (BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères…
Chaque jour, découvrez un nouveau poème jusqu’en janvier 2020 !

Lancement de l’expo : lundi 9 décembre 2019

Lancement de l’exposition « Fin’Amor Expo » Edition 2019-2020

Découvrez bientôt l’exposition de la classe de Seconde 10 :

« Fin’Amor Expo »

Maquette graphique : photomontage d’après Le Roman de la rose (BNF, Manuscrits, français 1567, f. 10)

Les élèves de Seconde 10 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2019-2020 de la « Fin’Amor Expo ». La thématique retenue est en effet la fin’amor, thème central du chant courtois, à l’origine de la poésie amoureuse européenne. Les jeunes gens se sont entraînés à rédiger des textes fortement inspirés de la poésie du Moyen Âge, dans lesquels la virtuosité verbale côtoie les accents les plus sincères…
Chaque jour, découvrez un nouveau poème jusqu’en janvier 2020 !

Lancement de l’expo : lundi 9 décembre 2019

Concours AMOPA 2019… Publication des textes primés…

Trois élèves de mes classes se sont brillamment distingué·e·s lors de deux concours organisés cette année par l’AMOPA (Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques) :

  1. Alicia Thébaud : premier Prix d’expression écrite du concours « Défense et Illustration de la langue française » (Catégorie Lycée). Pour voir le règlement du concours, cliquez ici. Pour voir le palmarès complet, cliquez ici. Durée de l’épreuve : 3h00.
  2. Marion Saulnier : premier Prix du concours « Jeune Poésie » (Catégorie Seconde). Pour voir le palmarès complet, cliquez ici.
  3. Ron Sharony ; premier accessit du concours « Jeune Poésie » (Catégorie Seconde).

Voici les textes primés. Bravo également à tou·te·s les élèves pour leur participation enthousiaste et le haut niveau des productions écrites.


Prix « Défense et Illustration de la langue française » (prix d’expression écrite) : Alicia Thébaud, Premier prix

Ce prix rend hommage au grand poète de la Renaissance Joachim du Bellay (1522 ?-1560) qui avec Pierre de Ronsard (1524-1585) et d’autres poètes du groupe de la Pléiade, se donnèrent pour mission de valoriser les richesses de notre langue en publiant en 1549 une célèbre Défense et illustration de la langue française.

Sujet de composition française : « Je suis indéfiniment capable d’émerveillement » disait le cinéaste Federico Fellini (1920-1993). Quelles sont,pour vous les sources de l’émerveillement ? Évoquez-les.

 

u’est-ce que l’émerveillement ?

Cela peut se traduire par le fait de ressentir de l’admiration face à quelque chose, de l’ébahissement ou même une sorte d’enchantement. Cette exubérance est proprement merveilleuse : vous êtes tout à coup subjugué par ce que l’un de vos cinq sens vous retransmet au point de ne plus pouvoir réfléchir convenablement à ce qu’il se passe, tant vos sentiments prennent le dessus sur toute chose.

A ce titre, Federico Fellini disait « Je suis indéfiniment capable d’émerveillement ». Le cinéaste italien le montre d’ailleurs parfaitement par la mélancolie de ses films et un néoréalisme personnel propres à susciter l’imaginaire. Tantôt naïfs, pittoresques, extravagants voire exubérants, les personnages de ses films sont l’illustration de l’émerveillement qui nous saisit face au septième art.

La sensation d’émerveillement dépend de la personne, et peut varier selon chacun. Certains en effet seront émerveillés devant un simple champ de lavande, d’autres par un tour d’illusionnisme, une symphonie de Mozart, un film de Steven Spielberg ou Georges Lucas, ou enfin par un jeu vidéo d’un réalisme saisissant.

Alors pourquoi l’émerveillement est-il aussi diversifié ? D’où vient-il et qu’est-il réellement pour nous ? Pour répondre à ces questionnements, je vais montrer dans une première partie ce qu’est précisément pour moi l’émerveillement, puis dans une deuxième partie je réfléchirai à l’origine du phénomène de l’émerveillement.

C’était un été comme un autre dans le village de Sant Martí d’Empúries, en Catalogne, j’étais en vacances non loin du village avec ma famille. Un village assez banal en soi, dont vous feriez facilement le tour en trente minutes, si ce n’est un peu moins. Le village était assez calme ce jour-là : la grande majorité des touristes préférait se retrouver à Empúries même, où les activités étaient nombreuses par rapport au village. Et pourtant. Je préférais nettement me sentir ici ! J’étais complètement enchantée par cet endroit.

Pourquoi ? Peut-être à cause de ce sentiment de calme et de plénitude que l’on ressentait à l’intérieur du petit village, de ces quelques vestiges d’Histoire qui trônaient là : cette église d’un style simple et qui pourtant s’accordait parfaitement avec l’austérité du paysage, et enfin cette plage comme on en retrouve sans doute partout ailleurs en Méditerranée, mais elle me paraissait à moi bien différente de toutes celles que j’avais connues jusqu’alors. 

« Comme une excellente surprise qu’on ne voyait pas venir… »

Voilà quel est pour moi l’émerveillement : une sorte d’enchantement face à un lieu dont à la base vous ne vous attendez à rien d’autre qu’un simple petit village avec peut-être deux ou trois ruines. L’émerveillement est ainsi un ébahissement devant quelque chose dont on n’attendait rien, qui n’avait alors jusqu’ici aucune valeur sentimentale ou autre et qui devient tout à coup chargé de valeur au point de provoquer un éveil des sens incomparable. Comme une excellente surprise qu’on ne voyait pas venir.

Je pense également que l’émerveillement ne tient pas seulement à la surprise des choses mais à la symbolique dont il est porteur. Cette symbolique dépend bien souvent de la personne, de son ressenti face à cet « objet » d’émerveillement. Généralement, les personnes le voient comme une sorte d’Eden qu’elles auraient longuement cherché, un petit coin de paradis qu’elles auraient enfin atteint après maintes tentatives pour y arriver. Cet émerveillement est alors vu comme le fruit d’un long travail : dur et laborieux. Un rêve qui vient de se concrétiser.

« Un rêve qui devient alors réalité… »

Je me rappellerai toujours d’une femme que je connaissais dont le souhait le plus cher était de devenir mère. A plusieurs reprises, elle avait tenté d’avoir un enfant, mais sans cesse sa grossesse se finissait par une fausse couche. Plus le temps passait, et plus ce rêve lui paraissait lointain. Elle finit même par abandonner l’idée, jusqu’au jour où elle se trouva de plus en plus de rondeurs. Ainsi, au terme de ces neuf mois, ce qu’elle avait tant espéré depuis des années prit corps : elle avait enfin un enfant et elle ressentit comme une sensation d’éblouissement devant ce petit être qu’elle tenait, mêlée à une joie immense et à de la fierté.

L’émerveillement vient donc soit d’un rêve qui devient alors réalité, soit d’une surprise totale face à un événement inattendu, Mais l’émerveillement tire plus fondamentalement son origine de quelque chose de plus profond, en nous-même, qui nous permet, en allant au-delà des apparences, de transcender la réalité.

Cette sensation d’ébahissement, d’admiration ou d’étonnement n’est en effet pas seulement rattachée à la concrétisation d’un fantasme ou d’un rêve inaccessible, mais surtout à notre personnalité : de fait, notre « moi-profond » influe en très grande partie sur l’émerveillement. Ainsi, nous nous émerveillons devant quelque chose qui pourra paraître aux autres totalement banal, ordinaire et peut-être indigne de susciter le moindre intérêt.

A ce titre, je pense que la sensation d’émerveillement est aussi rattachée à l’éducation que nous avons reçue de nos parents. Un enfant sera plus sensible aux charmes de la nature, si un de ses parents les lui aura inculqués ou si d’un naturel solitaire, il a l’habitude d’aller se ressourcer dehors, contrairement à un autre qui n’y trouvera aucun intérêt si un de ses parents lui aura répété sans cesse qu’il n’y pas d’utilité à s’intéresser à la nature.

S’émerveiller, c’est « savoir s’ouvrir aux chemins de la connaissance… »

En outre, notre vision du monde et la manière dont nous voyons les choses influencent  la source de notre émerveillement. Ainsi l’émerveillement n’est pas obligatoirement quelque chose de complètement incroyable et hors du commun, mais surtout quelque chose que nous affectionnons particulièrement ou qui modifie notre perception du monde. Plus nous sommes intéressés et passionnés par certaines choses, plus grand est l’enchantement.

On ne peut nier le fait que nous sommes en admiration devant les peintures de Michel-Ange ou Léonard de Vinci, parce que pour bon nombre d’entre nous avons appris à aimer les peintures de la Renaissance, notamment pour leurs détails brillants de réalisme. Ou encore le fait qu’une personne puisse trouver de l’émerveillement en lisant un simple livre, sans bouger de chez elle. Le tout est d’être curieux et de savoir s’ouvrir aux chemins de la connaissance.

L’émerveillement découle donc de plusieurs sources : de notre caractère et de notre éducation qui dirigeront nos centres d’intérêts ; de notre vision du monde, mais aussi de la surprise créée par la confrontation avec l’inattendu.

« L’émerveillement revient à prouver que la magie existe en chaque être humain… »

omme j’ai essayé de le montrer, chacun de nous perçoit différemment l’émerveillement et le définit personnellement et subjectivement : selon moi, l’émerveillement revient à prouver que la magie existe en chaque être humain.

La source de ce sentiment d’admiration vient simplement et seulement de nous, c’est-à-dire de notre capacité à apprécier chaque chose, peu importe ce qu’elle est du moment que nous savons en percevoir le mystère derrière l’apparence.

Un peu à la manière de l’homme émerveillé devant les nuages dans « L’étranger » de Baudelaire, il ne tient qu’à nous de s’émerveiller devant les choses les plus simples de la vie, devant les « merveilleux nuages »…

© Alicia Thébaud, mars 2019.
Juin 2019 pour la présente version (mise en forme légèrement modifiée par rapport à la version originale).

Bord de mer à Sant Martí d’Empúries (Espagne, Catalogne)
© BR 2019 (cliché modifié numériquement)

Prix de la Jeune poésie 2019 :

  • Marion Saulnier, Premier prix
  • Ron Sharony, Premier accessit

« Aurore »

par Marion Saulnier
Classe de Seconde 11


Voilà la journée entrer avec prudence
C’est la curiosité qui l’attrape
Elle finit par tomber
Sur cette énigme entremêlant
L’annonce des falaises,
L’incertitude d’un sourire…

Le rêve-veille du jour sonne
Me coupant du voyage prévu
Le rapide coup d’œil est lancé
Et je souffle, je souffle
Au vent qui murmure
Que le jour s’est déjà levé.

© Marion Saulnier, mars 2019.


Illustration : © Bruno Rigolt, Juin 2019 (Photomontage et peinture numérique)

« Omniscient je deviens ! »

par Ron Sharony
Classe de Seconde 11

Dans la boucle éternelle,
Les jours se linéarisent
Mes temps éphémères
Ne servent plus à rien :
Mais arrive l’obscur lacté parfumé
De lumières aveuglantes
Que rend rêveuses mes âmes
Haineuses des mortels ignorants.

Ô Ronces humaines lacérant mes esprits !
L’unique parmi tous enfin règne
Submergé d’épines du souvenir.
S’enfoncèrent et ruissellent
Mes bontés protectrices,
Mes courroux ravageurs,
Mes infinités pensives,
Mes projets illusoires,

Et je subis l’inconnu,
J’ordonne les Galaxies !
Les dimensions me connaissent :
Omniscient je deviens !

© Ron Sharony, mars 2019

 

Illustration : © Bruno Rigolt, juin 2019, "L’œil omniscient" 
Photomontage, peinture numérique

Prix AMOPA 2019 le Lycée en Forêt double champion de France

PRIX D’EXPRESSION ÉCRITE DE LA LANGUE FRANÇAISE

L’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques (AMOPA) vient de décerner le premier Prix du concours « Défense et Illustration de la langue française » (Section Lycée) à l’une de mes élèves de Première S2 (promotion 2018-2019) : Alicia Thébaud, pour sa brillante dissertation qui portait sur le thème de l’émerveillement.

Le sujet de composition française, particulièrement ardu, était le suivant :

Je suis indéfiniment capable d’émerveillement
disait le cinéaste Federico Fellini (1920-1993). Quelles sont
pour vous les sources de l’émerveillement ? Évoquez-les.

Voir le palmarès complet sur le site de l’AMOPA.

PRIX DE LA JEUNE POÉSIE

Par ailleurs, deux autres de mes élèves de la classe de Seconde 11 ont été primés au niveau national pour le prix de la jeune poésie :

  1. Marion Saulnier, Premier Prix national
  2. Ron Sharony, Premier Accessit

Voir le palmarès complet sur le site de l’AMOPA.

Bravo enfin à tous les élèves de Seconde 11 et de Première S2 (promotion 2018-2019) pour leur remarquable implication.

Les productions écrites des lauréat·e·s viennent d’être mises en ligne sur cet Espace Pédagogique Contributif (cliquez ici pour les découvrir).

Exposition « Un Automne en Poésie » Saison 9 Cinquième et dernière livraison

Exposition « Un Automne en Poésie » cinquième livraison
— Saison 9 —
_________

Maquette graphique : © Bruno Rigolt, janvier 2019 (Photomontage et peinture numérique)

Les élèves de Seconde 11 sont fiers de vous présenter l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Voici la dernière livraison de textes.

  

Aurore

par Marion S.
Classe de Seconde 11

(Ce poème a obtenu le Premier Prix
du Concours « Jeune poésie 2019 » organisé par l’AMOPA)


Voilà la journée entrer avec prudence
C’est la curiosité qui l’attrape
Elle finit par tomber
Sur cette énigme entremêlant
L’annonce des falaises,
L’incertitude d’un sourire…

Le rêve-veille du jour sonne
Me coupant du voyage prévu
Le rapide coup d’œil est lancé
Et je souffle, je souffle
À cet aigle qui murmure
Que le jour s’est déjà levé.

« Voilà la journée entrer avec prudence... »

 Frederic Edwin Church (1826-1900), « Cross in the Wilderness » (détail), 1857
Madrid, musée Thyssen-Bornemisza

_

_

Haïkus contemporains

par Kathleen R.
Classe de Seconde 11


Fin de la journée

Manteau rouge de lunes
Vers le port de la colline
Et la bicyclette s’envole

D'après Charles-Édouard Crespy Le Prince (1784-1850),  © Montmorency, musée Jean-Jacques Rousseau
© Direction des musées de France, 2007 Crédit photographique © Robin Laurence  

Début de la nuit

La lune attendant la nuit
Pierre blanche de rêve
Pour repousser le soleil

Félix Vallotton, « Clair de lune », vers 1895 (huile sur toile). Paris, musée d’Orsay

Le lever du jour

L’heure où l’horizon se dévoile,
Mort des mots
Arrache les pétales de mon cœur

Le point de vue de l’auteure

Le premier haïku que j’ai créé m’a été inspiré par une photographie trouvée dans un manuel. On distinguait un cycliste sous la lune si je me rappelle bien… Mais très vite l’imaginaire a pris le dessus : j’imaginais un enfant rentrant de l’école ; un enfant rêvant de s’envoler au pays des rêves pour échapper enfin à l’échéance de la vie… Les autres poèmes sont comme une suite. Le début de la nuit ouvre à tous les possibles, à tous les voyages jusqu’au lever du jour, qui est le retour à la réalité. Face à la nuit qui est comme le triomphe de l’imagination créatrice, l’aube ramène au contexte d’une journée ordinaire. Le lever du jour est peut-être le pire moment, où on ne peut plus rêver…

_

_

Harcèlement

par Hugo C.
Classe de Seconde 11

              

Au cœur d’un Royaume sombre,
Esprit nourri de chagrin
Secrets immortels
Dormirent dans la tombe

Plus douloureux qu’une larme
Plus fréquent qu’un crime
Nombreux sont touchés
Nombreux en ont désiré la mort

Le point de vue de l’auteur

Le thème que j’ai choisi pour ce poème est celui du harcèlement qui touche beaucoup de jeunes. Je pense notamment au harcèlement scolaires dont sont victimes de nombreux enfants. Rares sont ceux qui osent se confier, prisonniers de ce « royaume sombre », sans d’autre issue parfois que le suicide. Alors, réagissons tous !

Pour en savoir plus sur le harcèlement, rendez-vous sur education.gouv.fr

« Tous mobilisés contre le harcèlement à l’école »
Crédit iconographique : Affiche contre le harcèlement. Principauté de Monaco © – DR

L’étrange Dictionnaire du Poète (2/2)

par Agathe P.
Classe de Seconde 11

Lois : règles ou ensemble de règles obligatoires
où l’art dessine des mots magiques.
Loi du vent, loi du ciel et des oiseaux…

Papillon : subst. masc.
Insecte lépidoptère, diurne ou nocturne
qui se pose sur les pages du livre,
ou sur les lèvres du jour.

Le point de vue de l’auteure
J’ai écrit ces poèmes de telle manière qu’ils évoquent à la première lecture un dictionnaire : définitions, phrases brèves… Mais très vite ce dictionnaire fait entrer le lecteur dans l’onirique : les définitions se dérèglent, les mots prennent des sens différents. Telle est la définition de la poésie : provoquer un écart entre ce qui est attendu, prévisible et l’imaginaire des mots…

Abandon

par Dorian L. B.
Classe de Seconde 11

                      

Plongé dans un désert obscur,
Observant la tristesse du deuil,
Je m’effondre de larmes qui ne coulent plus.
Sur ces rêves inimaginables
Je me contente d’une couronne mélancolique
Échoué sur mon bateau,
Naviguant sur l’eau de la vie
À la recherche d’un mot :
Mon indicible tourment

Le point de vue de l’auteur

Dans ce poème, j’ai voulu représenter la tristesse qui nous envahit parfois, lorsque nous sommes prisonniers de souvenirs. Ces souvenirs nous paralysent au point de nous faire changer notre vision du monde. Ainsi, cette poésie évoque-t-elle l’histoire d’une personne seule qui recherche quelque chose dans ses souvenirs. L’absence de rimes peut s’interpréter comme l’absence de ce qui est rassurant et attendu. Son monde est fait de contradictions. D’où les tournures oxymoriques : « désert obscur », « larmes qui ne coulent plus ». J’ai voulu aussi représenter la solitude à travers la métaphore filée du voyage : la vie est ainsi cette quête, si difficile, de quelque chose : « recherche d’un mot »… Comment le dire ? Comment l’écrire ? L’adolescence est ainsi cette période où nous recherchons une indicible vérité…

« Échoué sur mon bateau,
Naviguant sur l’eau de la vie
À la recherche d’un mot…
 »

Illustration : Bruno Rigolt (peinture numérique)
© Bruno Rigolt, 2018

            

                  

Volcan éternel

par Nathan B.
Classe de Seconde 11

              

Les droites aux bords courbés
Sur les plaines remplies de bosses
Comme un pique qui sort du sol
Et les braises de ce cratère fumant

Mais éteint, ce n’est plus qu’un
Pique de glace lorsque la saison froide arrive.
Des plaques blanches apparaissent
Et recouvrent ces cônes de pierres.

« Des plaques blanches apparaissent
Et recouvrent ces cônes de pierres.
… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Haïkus contemporains

par Tommy G.
Classe de Seconde 11

Le maigre matin
Endort le soleil,
Ignorant la nuit
Aux mystérieuses brûlures

Dansent les flammes
Dans l’insert de la cheminée :
La chaleur au cœur de l’hiver

Bourdonnement de l’abeille…
Les fleurs du printemps
Savent une mystérieuse histoire,
Complice de la nature

       

                              

Moi, mon moi et moi-même 

par Ron S.
Classe de Seconde 11

              

Moi, qui me suis lâchement fait duper,
Que m’est-il arrivé ?
Moi qui, obstinément, me croyais,
Immortel, tristement j’espérais
Que ce moi resterait éternel à jamais

Je me suis enfin rendu compte,
Qu’irréel, j’étais, sans moi,
Chaque nuit silencieuse, je me taisais,
Méditant mes mécomptes
Je me suis longuement forgé

Désormais, dépourvu de moi-même,
Mais seul face à soi-même,
Je n’ai d’autres choix que de rudement
Fondre ces faux-comptes faussés
Pour me libérer, en m’unissant à mon être

Pour me communier, avec mon moi-être,
Qui aujourd’hui est
Ce que je m’appelle
Et ce qui me représente,
Ma figure corporelle

Et c’est à l’aube du soir fatigué,
Au crépuscule du matin éveillé,
Hors du temps et de la vulnérabilité
Que moi, mon moi et moi-même
Peux continuellement prospérer.

« Mais seul face à soi-même… »

Illustration : René Magritte, « La reproduction interdite » (1937), Rotterdam, Museum Boijmans Van Beuningen

Balade du temps

par Mathéo C.
Classe de Seconde 11

                 

Je me noyais dans cet océan
Je  revoyais des images
D’ombre et de lumière ; de foule et de néant
Je me battais pour avancer, pour remonter

Dans mes souvenirs
La moindre étincelle d’une étoile
La grande roue de l’univers
La nuit profonde dans mon âme

Mais toutes les senteurs me ramènent vers toi
Quand nous nous retrouvons dans chaque page
De ce livre du temps
Et chaque morceau d’heures passées

Me ramènera dans tes bras pour enlacer
Les couleurs de mon enfance
Les horloges de ma peur et toutes les minutes de tes yeux
Enfin reviendront à la surface et nous pourrons avancer.

« Et chaque morceau d’heures passées
Me ramènera dans tes bras pour enlacer
Les couleurs de mon enfance »

© janvier 2019, Bruno Rigolt, peinture numérique

                      

La numérisation de la cinquième livraison de textes est terminée.

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).
Crédit iconographique : Bruno Rigolt (sauf mention contraire).

Exposition "Un Automne en Poésie" Saison 9 Deuxième livraison

Exposition « Un Automne en Poésie » deuxième livraison
— Saison 9 —
_________

Maquette graphique : © Bruno Rigolt, décembre 2018 (Peinture numérique)

Les élèves de Seconde 11 sont fiers de vous présenter l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Voici la deuxième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 30 décembre 2018 (dernière livraison).

Prochaine livraison : mercredi 19 décembre
Cliquez ici pour voir les premiers textes publiés.

  

Vivre, c’est partir

par Gwendoline L.
Classe de Seconde 11


Dans la ville il y a un parc ;
Un parc d’enfants,
Un endroit rempli de joie.

Des petites étincelles scintillantes
Clignent dans leurs yeux.
On pourrait croire qu’elles volent
Volent vers l’incompris.

Personne ne peut les voir
Elles continuent leur chemin
Peut-être sont-elles parties dans une autre vie ?

« Dans la ville il y a un parc ;
Un parc d’enfants..
. »

 Illustration : Georges Lacombe (1868-1916), « Marine bleue, effet de vagues » (vers 1893)
Peinture à l’œuf sur toile. Rennes, Musée des Beaux-Arts 


_
_

Les nuages sont des larmes…

par Meïssane M.
Classe de Seconde 11

              

Les nuages sont des larmes qui obscurcissent l’azur
Et nous emportent vers des terres d’ailleurs.
Là-bas, le vent chante et danse,

Au sommet des montagnes :
Poudre de coton
Qui réchauffe les cœurs

Et s’endort à travers les sommets.
Des diamants apparaissent dans le soir :
Ils illuminent le ciel de claire noirté.

« Des diamants apparaissent dans le soir.
Ils illuminent le ciel de claire noirté… »

Illustration : Bruno Rigolt, décembre 2018

Couleurs promenantes

par Mattéo S.
Classe de Seconde 11

L’autre jour, je me promenais
Sur la plage jaune-orangée…
À ma droite, des hôtels-restaurants,
À ma gauche une énorme masse bleue
Avec au-dessus d’elle
Des couleurs coucher de soleil
Qui se promenaient dans le ciel.

« Des couleurs coucher de soleil
Qui se promenaient dans le ciel…
 »

Raoul Dufy(1877-1953), « Vue de la terrasse de Sainte-Adresse, soleil couchant », vers 1925
Huile sur toile. Nancy, Musée des beaux-arts. © Nancy, musée des Beaux-Arts / C. Philippot, © ADAGP, Paris, 2017

            

                  

Inatteignables nuages

par Sirikit B.
Classe de Seconde 11

              

Allongé indéfiniment
Sur d’inatteignables nuages
Le bruit illumine les cristaux.
Du haut du ciel tombaient des oiseaux.
Harmonie de l’aurore
Qui dissipe la nuit
Emportant la tristesse du soir.


« Harmonie de l’aurore
Qui dissipe la nuit
Emportant la tristesse du soir… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Voyage avec le ciel

par Eva L. C.
Classe de Seconde 11

              

Sur la place du voyage où défilent les trains siffleurs
Passent les gens, passent les heures
Pressées par mes aiguilles impitoyables du temps.
Agitation, animation, bruit :
Rien ne semble m’éloigner de cette cacophonie.

Je rêve de m’envoler, quitter cette réalité
Rejoindre l’éternel voyageur bleu,
Porter avec lui ses valises
De nuages étourdis pour écouter avec les oiseaux
Les secrets murmures du vent.

« … Rejoindre l’éternel voyageur bleu,
Porter avec lui ses valises
De nuages étourdis… »

Illustration : Bruno Catalano, « Voyageurs » (bronze)

Haïkus contemporains

par Lilibeth J.
Classe de Seconde 11

Ce paysage apparaît devant moi comme la peinture sur la toile :
montagnes cristallisées par le froid, conifères épineux comme ardents…

Le chant du colibri égayant la vallée remplie de cristaux
me rappelle l’améthyste de tes yeux
L’onde d’un torrent apparaît peu à peu comme les traits de ton visage.

L’aube miroitait dans la rosée du matin, parti sur les pétales d’une fleur

Photomontage à partir d’une aquarelle de Pierre-Joseph Redouté (« Les roses« )

       

                              

Omniscient je deviens !

par Ron S.
Classe de Seconde 11

                 

Dans la boucle éternelle,
Les jours se linéarisent
Mes temps éphémères
Ne servent plus à rien :
Mais arrive l’obscur lacté parfumé
De lumières aveuglantes
Que rend rêveuses mes âmes
Haineuses des mortels ignorants.

Ô Ronces humaines lacérant mes esprits !
L’unique parmi tous enfin règne
Submergé d’épines du souvenir.
S’enfoncèrent et ruissellent
Mes bontés protectrices,
Mes courroux ravageurs,
Mes infinités pensives,
Mes projets illusoires,

Et je subis l’inconnu,
J’ordonne les Galaxies !
Les dimensions me connaissent :
Omniscient je deviens !

« Les dimensions me connaissent :
Omniscient je deviens ! »

Odilon Redon (1840-1916), « L’œil, comme un ballon se dirige vers l’INFINI » (lithographie, 1882)
Texte : E.-A. Poe, Crédit iconographique :  BnF

Le point de vue de l’auteur…

Ce texte est clairement symboliste. J’ai voulu montrer que le quotidien (la « boucle éternelle ») est quelque chose de lassant et qui ruine la courte vie de l’être humain : « Mes temps éphémères », « Ne servent plus à rien »… Autant d’expressions qui évoquent le réalisme dans tout ce qu’il a de passager et de superficiel : le quotidien gâche ainsi la vie humaine car les journées «linéarisent » la vie. Par ce néologisme, j’ai souhaité suggérer, dans le sillage de Mallarmé, le bal et le quotidien.

La suite du texte joue au contraire sur les contrastes comme le suggère le cinquième vers : « Mais arrive l’obscur lacté ». Par cet oxymore, on comprend que pendant la nuit si belle et calme, la passion réveille l’esprit, en lutte contre les âmes rageuses de l’ignorance humaine. Tout un réseau lexical se met en place : les « ronces humaines » ici font référence aux mensonges, propagandes qui manipulent, « lacèrent » l’avis du peuple.

En écrivant « L’unique parmi tous enfin règne », je parle bien sûr de la Vérité, c’est-à-dire le Verbe qu’on s’est forgé soi-même, malgré les mensonges et propagandes. Cet esprit-là qui règne nous permet de rêver et d’oublier les malheurs du passé, car les « épines » sont celles des ronces, qui désormais appartiennent au passé.

Les épines s’enfoncent vers l’oubli, et font ruisseler le rêve qui semble idéaliser le réel et constituer une voie d’accès à la conscience véritable. Dans ce poème, le rêve que j’ai voulu évoquer est ainsi celui qui me permet d’avoir mon monde à moi, celui que je contrôle, avec ma bonté, mes courroux, mes projets. C’est ce rêve qui nous permet de savoir et de connaître véritablement, de devenir « omniscient » ! De même que Rimbaud affirmant « Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir », la poésie me permet de m’inventer un monde parfait.
R. S.

           

                            

Infiniment petit

par Mathéo C.
Classe de Seconde 11

                      

Là où le monde  a commencé
Où les cinq sens ne servent à rien
Le silence de mon cri
Hurle l’aveuglement de mes yeux :

Millions de paillettes dans ce noir si ténébreux !
Ce vide de mon âme met mon excitation
À son paroxysme. Grondement de l’infini,
Ce cœur ardent qui veille sur ma vie,

Ce cœur froid qui égaye mes absences
Dans le désert noir des âmes en fuite.
Au croisement de l’invisible et du visible
J’atteins cette lueur et je m’éteins à jamais.

« Au croisement de l’invisible et du visible
J’atteins cette lueur et je m’éteins à jamais
.
.. »

Illustration : © Bruno Rigolt

__

__

Ciel bleu et sombre bonheur

par Nathan B. et Hugo C.
Classe de Seconde 11

                  

Le doux son de la nuit m »apaise
D’une profonde tristesse
Les oiseaux s’envolent dans la pluie
Un nuage d’acier flotte dans l’eau

Ciel bleu et sombre bonheur
Disparaît le vide dans le néant
L’or du matin rouille à la chaleur
Les fleurs au parfum amer.

La glace détruira les ténèbres joyeuses
Je vois des étoiles aspirées par l’infini
La ville noire et sa fantastique faiblesse
Et des voitures qui s’envolent vers la voie lactée…

« … La ville noire et sa fantastique faiblesse
Et des voitures qui s’envolent vers la voie lactée
 »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt, décembre 2018

           

                            

LUNE

par Kathleen R.
Classe de Seconde 11

                      

Devant le reflet de sa brillance éternelle
À l’écoute du fantôme de son miroir,
La lune
Jouant de sa beauté immortelle
Dans le ciel, entre les portes de son sourire

La lune de son puissant voile de lumière
Éclaire de sa peau Blanche-Neige
Le ciel
Tandis que ses yeux ténébreux plongent
Dans les profondeurs du néant.

« Devant le reflet de sa brillance éternelle
À l’écoute du fantôme de son miroir,
La lune
.
.. »

Illustration : Crédit iconographique : Bruno Rigolt, d’après Caspar David Friedrich « Meeresufer im Mondschein »
(« Rivage au clair de lune »), 1835-36, Kunsthalle, Hambourg (Allemagne)

                 

La numérisation de la deuxième livraison  de textes est terminée.
Troisième mise en ligne de textes : mercredi 19 décembre 2018…

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Exposition « Un Automne en Poésie » Saison 9 Deuxième livraison

Exposition « Un Automne en Poésie » deuxième livraison
— Saison 9 —
_________

Maquette graphique : © Bruno Rigolt, décembre 2018 (Peinture numérique)

Les élèves de Seconde 11 sont fiers de vous présenter l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Voici la deuxième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 30 décembre 2018 (dernière livraison).

Prochaine livraison : mercredi 19 décembre
Cliquez ici pour voir les premiers textes publiés.

  

Vivre, c’est partir

par Gwendoline L.
Classe de Seconde 11


Dans la ville il y a un parc ;
Un parc d’enfants,
Un endroit rempli de joie.

Des petites étincelles scintillantes
Clignent dans leurs yeux.
On pourrait croire qu’elles volent
Volent vers l’incompris.

Personne ne peut les voir
Elles continuent leur chemin
Peut-être sont-elles parties dans une autre vie ?

« Dans la ville il y a un parc ;
Un parc d’enfants..
. »

 Illustration : Georges Lacombe (1868-1916), « Marine bleue, effet de vagues » (vers 1893)
Peinture à l’œuf sur toile. Rennes, Musée des Beaux-Arts 

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Les nuages sont des larmes…

par Meïssane M.
Classe de Seconde 11

              

Les nuages sont des larmes qui obscurcissent l’azur
Et nous emportent vers des terres d’ailleurs.
Là-bas, le vent chante et danse,

Au sommet des montagnes :
Poudre de coton
Qui réchauffe les cœurs

Et s’endort à travers les sommets.
Des diamants apparaissent dans le soir :
Ils illuminent le ciel de claire noirté.

« Des diamants apparaissent dans le soir.
Ils illuminent le ciel de claire noirté… »

Illustration : Bruno Rigolt, décembre 2018

Couleurs promenantes

par Mattéo S.
Classe de Seconde 11

L’autre jour, je me promenais
Sur la plage jaune-orangée…
À ma droite, des hôtels-restaurants,
À ma gauche une énorme masse bleue
Avec au-dessus d’elle
Des couleurs coucher de soleil
Qui se promenaient dans le ciel.

« Des couleurs coucher de soleil
Qui se promenaient dans le ciel…
 »

Raoul Dufy(1877-1953), « Vue de la terrasse de Sainte-Adresse, soleil couchant », vers 1925
Huile sur toile. Nancy, Musée des beaux-arts. © Nancy, musée des Beaux-Arts / C. Philippot, © ADAGP, Paris, 2017

            

                  

Inatteignables nuages

par Sirikit B.
Classe de Seconde 11

              

Allongé indéfiniment
Sur d’inatteignables nuages
Le bruit illumine les cristaux.
Du haut du ciel tombaient des oiseaux.
Harmonie de l’aurore
Qui dissipe la nuit
Emportant la tristesse du soir.


« Harmonie de l’aurore
Qui dissipe la nuit
Emportant la tristesse du soir… »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

Voyage avec le ciel

par Eva L. C.
Classe de Seconde 11

              

Sur la place du voyage où défilent les trains siffleurs
Passent les gens, passent les heures
Pressées par mes aiguilles impitoyables du temps.
Agitation, animation, bruit :
Rien ne semble m’éloigner de cette cacophonie.

Je rêve de m’envoler, quitter cette réalité
Rejoindre l’éternel voyageur bleu,
Porter avec lui ses valises
De nuages étourdis pour écouter avec les oiseaux
Les secrets murmures du vent.

« … Rejoindre l’éternel voyageur bleu,
Porter avec lui ses valises
De nuages étourdis… »

Illustration : Bruno Catalano, « Voyageurs » (bronze)

Haïkus contemporains

par Lilibeth J.
Classe de Seconde 11

Ce paysage apparaît devant moi comme la peinture sur la toile :
montagnes cristallisées par le froid, conifères épineux comme ardents…

Le chant du colibri égayant la vallée remplie de cristaux
me rappelle l’améthyste de tes yeux
L’onde d’un torrent apparaît peu à peu comme les traits de ton visage.

L’aube miroitait dans la rosée du matin, parti sur les pétales d’une fleur

Photomontage à partir d’une aquarelle de Pierre-Joseph Redouté (« Les roses« )

       

                              

Omniscient je deviens !

par Ron S.
Classe de Seconde 11

                 

Dans la boucle éternelle,
Les jours se linéarisent
Mes temps éphémères
Ne servent plus à rien :
Mais arrive l’obscur lacté parfumé
De lumières aveuglantes
Que rend rêveuses mes âmes
Haineuses des mortels ignorants.

Ô Ronces humaines lacérant mes esprits !
L’unique parmi tous enfin règne
Submergé d’épines du souvenir.
S’enfoncèrent et ruissellent
Mes bontés protectrices,
Mes courroux ravageurs,
Mes infinités pensives,
Mes projets illusoires,

Et je subis l’inconnu,
J’ordonne les Galaxies !
Les dimensions me connaissent :
Omniscient je deviens !

« Les dimensions me connaissent :
Omniscient je deviens ! »

Odilon Redon (1840-1916), « L’œil, comme un ballon se dirige vers l’INFINI » (lithographie, 1882)
Texte : E.-A. Poe, Crédit iconographique :  BnF

Le point de vue de l’auteur…

Ce texte est clairement symboliste. J’ai voulu montrer que le quotidien (la « boucle éternelle ») est quelque chose de lassant et qui ruine la courte vie de l’être humain : « Mes temps éphémères », « Ne servent plus à rien »… Autant d’expressions qui évoquent le réalisme dans tout ce qu’il a de passager et de superficiel : le quotidien gâche ainsi la vie humaine car les journées «linéarisent » la vie. Par ce néologisme, j’ai souhaité suggérer, dans le sillage de Mallarmé, le bal et le quotidien.

La suite du texte joue au contraire sur les contrastes comme le suggère le cinquième vers : « Mais arrive l’obscur lacté ». Par cet oxymore, on comprend que pendant la nuit si belle et calme, la passion réveille l’esprit, en lutte contre les âmes rageuses de l’ignorance humaine. Tout un réseau lexical se met en place : les « ronces humaines » ici font référence aux mensonges, propagandes qui manipulent, « lacèrent » l’avis du peuple.

En écrivant « L’unique parmi tous enfin règne », je parle bien sûr de la Vérité, c’est-à-dire le Verbe qu’on s’est forgé soi-même, malgré les mensonges et propagandes. Cet esprit-là qui règne nous permet de rêver et d’oublier les malheurs du passé, car les « épines » sont celles des ronces, qui désormais appartiennent au passé.

Les épines s’enfoncent vers l’oubli, et font ruisseler le rêve qui semble idéaliser le réel et constituer une voie d’accès à la conscience véritable. Dans ce poème, le rêve que j’ai voulu évoquer est ainsi celui qui me permet d’avoir mon monde à moi, celui que je contrôle, avec ma bonté, mes courroux, mes projets. C’est ce rêve qui nous permet de savoir et de connaître véritablement, de devenir « omniscient » ! De même que Rimbaud affirmant « Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir », la poésie me permet de m’inventer un monde parfait.
R. S.

           

                            

Infiniment petit

par Mathéo C.
Classe de Seconde 11

                      

Là où le monde  a commencé
Où les cinq sens ne servent à rien
Le silence de mon cri
Hurle l’aveuglement de mes yeux :

Millions de paillettes dans ce noir si ténébreux !
Ce vide de mon âme met mon excitation
À son paroxysme. Grondement de l’infini,
Ce cœur ardent qui veille sur ma vie,

Ce cœur froid qui égaye mes absences
Dans le désert noir des âmes en fuite.
Au croisement de l’invisible et du visible
J’atteins cette lueur et je m’éteins à jamais.

« Au croisement de l’invisible et du visible
J’atteins cette lueur et je m’éteins à jamais
.
.. »

Illustration : © Bruno Rigolt

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Ciel bleu et sombre bonheur

par Nathan B. et Hugo C.
Classe de Seconde 11

                  

Le doux son de la nuit m »apaise
D’une profonde tristesse
Les oiseaux s’envolent dans la pluie
Un nuage d’acier flotte dans l’eau

Ciel bleu et sombre bonheur
Disparaît le vide dans le néant
L’or du matin rouille à la chaleur
Les fleurs au parfum amer.

La glace détruira les ténèbres joyeuses
Je vois des étoiles aspirées par l’infini
La ville noire et sa fantastique faiblesse
Et des voitures qui s’envolent vers la voie lactée…

« … La ville noire et sa fantastique faiblesse
Et des voitures qui s’envolent vers la voie lactée
 »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt, décembre 2018

           

                            

LUNE

par Kathleen R.
Classe de Seconde 11

                      

Devant le reflet de sa brillance éternelle
À l’écoute du fantôme de son miroir,
La lune
Jouant de sa beauté immortelle
Dans le ciel, entre les portes de son sourire

La lune de son puissant voile de lumière
Éclaire de sa peau Blanche-Neige
Le ciel
Tandis que ses yeux ténébreux plongent
Dans les profondeurs du néant.

« Devant le reflet de sa brillance éternelle
À l’écoute du fantôme de son miroir,
La lune
.
.. »

Illustration : Crédit iconographique : Bruno Rigolt, d’après Caspar David Friedrich « Meeresufer im Mondschein »
(« Rivage au clair de lune »), 1835-36, Kunsthalle, Hambourg (Allemagne)

                 

La numérisation de la deuxième livraison  de textes est terminée.
Troisième mise en ligne de textes : mercredi 19 décembre 2018…

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Un Automne en Poésie Saison 9 (2018-2019) Première livraison

Lancement de l’exposition « Un Automne en Poésie »
— Saison 9 —


Maquette graphique : © Bruno Rigolt, novembre 2018

Les élèves de Seconde 11 sont fiers de vous présenter l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Voici la première livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 30 décembre 2018 (dernière livraison).

Prochaine livraison : dimanche 9 décembre 

  

Douceur de l’eau

par Dorian L.-B.
Classe de Seconde 11


Douceur de l’eau,
Bercement des vagues,
Le puits profond de mon cœur
Me ramène à cette question :
« Où est ma perle rare ? »

Douceur d’un nuage,
Enchantement de la mer
À la peau douce…
Au fond de moi je crois être
Parti dans l’inédit de mon âme…

« Douceur d’un nuage
Enchantement de la mer
À la peau douce..
. »

 Illustration : Georges Lacombe (1868-1916), « Marine bleue, effet de vagues » (vers 1893)
Peinture à l’œuf sur toile. Rennes, Musée des Beaux-Arts 

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Rêves inachevés

par Tiffany T.
Classe de Seconde 11

              

Les saveurs bleues de l’enfance
Parsèment avec nostalgie mon cœur
La lune du passé
Évoque un mythe de solitude :
Mélancolie immortelle
D’un enfant dépourvu de plaisir.

Un parfum de douceur
Rappelle un amour maternel inexistant
Menant le cœur martyr d’un génie condamné
Dans les flammes du néant.

Derrière l’horizon,
L’œuvre d’une détresse inavouée
Ramène à une symphonie de feu
L’innocence d’un enfant.

Le soir de silence
Exporte le bleu de la nuit.
Naissance d’une espérance nouvelle
Dont les sentiments de l’aube
Annoncent une vague de souvenirs noircis
Par les rêves d’un enfant…

« Mélancolie immortelle
D’un enfant dépourvu de plaisir… »

Illustration : Madeleine Mirbeau, « Enfant sous le soleil » (1990).
Huile sur toile. Collection particulière.

PORT DE GÊNES, 19 HEURES

par Marius D.
Classe de Seconde 11

Vagabonde vapeur qui ternit les cieux
Par la conception d’un hydromel
Industriel.

Port de Gênes, zone industrielle,

C’est le criminel de l’architecture naturelle.
L’eau noire vide les filets des pêcheurs
Et vide le ciel

Brouillé par une fumée ardente.

La nostalgie d’un horizon Égée
S’enfuit dans un miroir profond
Là-bas, là-bas où des parfums irisés

Plongeaient vers l’été.

« Vagabonde vapeur qui ternit les cieux
Par la conception d’un hydromel
Industriel…
 »

Crédit iconographique : © Bruno Rigolt

            

                  

Solitude

par Maëlys G.
Classe de Seconde 11

              

Mon imaginaire emporte le vent
Jusqu’aux nuages.
La pluie coule sur ses joues.
L’orage a envahi son cœur
D’un jardin d’illusions.

Ma feuille renferme toute douleur
J’écris des mots
Pour ensuite former une phrase
Qui ait du sens :
Bataille entre l’arme et la plume

Semblant charmer le paradis noir
De l’enfance
Comme un chant d’oiseau
Évoque un voyage
En solitaire.


« Comme un chant d’oiseau
Évoque un voyage
En solitaire… »

Crédit iconographique : BR

Abscisse du moi 

par Carlota M.-P.
Classe de Seconde 11

              

Soit la fonction ardente de mes désirs :
J’invente des formules
Pour te soustraire de ma vie,
De mon destin, de mes étoiles…
Et dans l’intervalle de la nuit et du jour
Je simplifie 2x-x : toi + moi
À égale distance du centre de gravité.

« Je simplifie 2x-x : toi + moi
À égale distance du centre de gravité… »

Illustration : BR

La mer est une clef

par Louise C.
Classe de Seconde 11

                  

Comme un lustre balançant
Flottant au-dessus des mondes,
La mer est une clef
Qui enferme le rêve.

Les flots dansent le jour durant
Et le soir venu, ils retombent
Dans l’oubli,
Éclairé par un œil.

« La mer est une clef
Qui enferme le rêve
… »

Crédit iconographique : BR, d’après Magritte

       

                              

Aube du Couchant

par Anouk G.
Classe de Seconde 11

                 

La liesse éphémère des colombes danse le hasard,
Voici l’heure où les parfums de pluie chaude
Enivrent les cauchemars et les idées barbares
Envahissent les esprits. Tout là-bas,
Un nuage pleure les souvenirs des matelots

Qui se perdent parmi cette prairie bleue mouvante.
L’Œuvre des dieux demeure remplie d’inconscience,
Quand l’aube du couchant réveille les âmes.
Les couleurs se daltonisent dans les rêves de la peur,
Et les bâtisses de l’ailleurs s’effondrent.

« La liesse éphémère des colombes danse le hasard… »

Crédit iconographique : © novembre 2018, Bruno Rigolt

           

                            

Je voulais te dire

par Anaïs T. et Léa C.
Classe de Seconde 11

                      

Je voulais te dire que
Ma maladie est de fêtes.

Comme ces fleurs qui tombent sur la vie,
Mes silences coulent roses sur ta tombe.

Je voulais te dire que mon sourire automnal
Rêve d’abandon.

Mon regard colérique
Pleure de solitude.

Ton visage hyperbole
Tous les sourires que je n’ai pas pu te dire.

« Comme ces fleurs qui tombent sur la vie,
Mes silences coulent roses sur ta tombe.
.. »

Illustration : Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), « Roses trémières, raisins et lori cramoisi », 1836
Aquarelle sur vélin (détail). Paris, Musée du Louvre

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Sur les pupilles du monde

par Mattéo S.
Classe de Seconde 11

                  

L’amour règne dans l’irréel éternel.
Loin dans mon cœur, une perle pleure
Et dans la nuit, j’écoute les mots de l’automne,
Les mots chanteurs

Partis en voyage
Parmi de grands oiseaux blancs.
Cet hiver, une beauté impressionnante régnera
Sur les pupilles du monde.

« … Les mots chanteurs
Partis en voyage
Parmi de grands oiseaux blancs…
 »

Crédit iconographique : Bruno Rigolt

                 

La numérisation de la première livraison  de textes est terminée.
Deuxième mise en ligne de textes : jeudi 6 décembre 2018…

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Bientôt « Un automne en Poésie », saison 9 !

La classe de Seconde 11 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter…

la saison 9 d’Un Automne en Poésie
jeudi 29 novembre — dimanche 30 décembre 2018

C’est la classe de Seconde 11 dont j’ai la charge cette année, qui travaille à l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. Pour la neuvième année, cette manifestation d’art entend marquer de son empreinte la création littéraire au Lycée en Forêt : plus de quarantaine textes, tous inédits, sont en cours de finalisation et seront progressivement mis en ligne jusqu’à la fin du mois de décembre.

La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Thématique de l’édition 2018-2019 :

Architextures poétiques
des Mots et Merveilles

bruno_rigolt_joconde_2016_web2Rendez-vous à partir du jeudi 29 novembre 2018 !

Bientôt "Un automne en Poésie", saison 9 !

La classe de Seconde 11 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter…

la saison 9 d’Un Automne en Poésie
jeudi 29 novembre — dimanche 30 décembre 2018

C’est la classe de Seconde 11 dont j’ai la charge cette année, qui travaille à l’édition 2018-2019 d’Un automne en poésie. Pour la neuvième année, cette manifestation d’art entend marquer de son empreinte la création littéraire au Lycée en Forêt : plus de quarantaine textes, tous inédits, sont en cours de finalisation et seront progressivement mis en ligne jusqu’à la fin du mois de décembre.

La thématique retenue cette année invitera à réfléchir au rapport intime qui existe entre le réel et la manière dont la poésie parvient à transcender la réalité pour faire naître du banal et de l’ordinaire ce qui n’est pas, et qui pourtant est : la poésie, c’est le jeu de la métamorphose et du voyage des mots : voyage extraordinaire, voyage lointain vers des mondes où l’écriture donne sens à la Vie…

Thématique de l’édition 2018-2019 :

Architextures poétiques
des Mots et Merveilles

bruno_rigolt_joconde_2016_web2Rendez-vous à partir du jeudi 29 novembre 2018 !

EAF Écrit d’invention : « Il faut réinventer l’Homme ! », par Roxane C. (Classe de Première S1)

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  • Entraînement à l’Épreuve Anticipée de Français : classes de Première
  • Corpus : Olympe de Gouges, George Sand, Colette, Annie Leclerc

Écrit d’invention

Rappel du sujet d’invention. Le texte d’Annie Leclerc se termine sur cette question : « Inventer, est-ce possible ? » À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme célébrée chaque année le 8 mars, vous prononcez un discours intitulé : « Il faut réinventer l’Homme ! ». Votre texte ne comportera pas moins de 3 pages.

par Roxane C.
Classe de Première S1, promotion 2017-2018

 

Parmi tous les travaux qu’il m’a été donné de lire en Première S1, souvent de grande qualité, j’ai distingué quelques devoirs dont celui de Roxane. Bravo à elle et à tous mes étudiants pour leur implication. 


____

Il faut réinventer l’Homme !

____

 

____Mesdames, Messieurs,

D

epuis des siècles, l’Homme n’a cessé d’être réinventé et redéfini. Si l’on en croit le philosophe de l’Antiquité grecque Platon, l’Homme serait un « animal dépourvu d’ailes, bipède, et dont les ongles sont plats ; celui qui, seul de tous les êtres, est apte à recevoir une connaissance ». Pareille définition fait de l’Homme avec une majuscule le principe de toute chose : c’est l’Honnête homme des humanistes, l’Homme des Droits de l’Homme, le grand Homme du fronton du Panthéon et des manuels d’Histoire…

____Et la femme dans tout cela ? C’est contre ce sexisme ordinaire que réagit violemment la philosophe Annie Leclerc, dans Parole de femme (1974) : « l’Homme c’est ce dont l’homme a accouché. Nous avons fait les enfants, et eux, ils ont fait l’Homme ». J’aimerais prolonger ici ces propos en rappelant que l’Homme est d’abord l’association d’un homme et d’une femme. Annie Leclerc disait justement qu’il fallait inventer la femme. En écho à ses propos, je voudrais affirmer qu’il faut réinventer l’Homme !

Il faut dépasser les préjugés, débattre des stéréotypes, questionner les inégalités…  

____Réinventer l’Homme et la société qu’il a créée, réinventer les Lois, réécrire les vieux alphabets, redessiner nos rêves ! L’Homme ne peut s’enrichir qu’en grandissant humainement et qu’en acquérant des connaissances l’aidant à évoluer dans la société et à la faire évoluer. Réinventer l’Homme, c’est donc réinventer l’Histoire pour entreprendre et reconstruire l’avenir ; c’est aussi accepter l’idée qu’il faut dépasser les préjugés, débattre des stéréotypes, questionner les inégalités, et les discriminations dont sont victimes tant de minorités culturelles…

____Oui, réinventer l’Homme, c’est selon moi redéfinir un nouveau courant de pensée visant à une transformation en profondeur du monde, c’est aussi questionner la place de l’homme ainsi que celle de la femme dans la société, dans la culture, dans les livres, dans les manuels… C’est redéfinir une égalité pour l’ajuster au réel. Pendant des siècles en effet, l’homme était perçu comme l’être capable de tout : omniscient, il avait réponse à tout, il était le « Docteur sait tout » placé au centre du monde pour mieux le penser à sa mesure. Il inventait, songeait et diffusait ses idées. Mais la femme ? Où était-elle, la femme ? Et qu’était-elle pour l’homme ?

____Selon moi, la femme était réduite à la fonction d’appareil reproducteur. Comme le dit sèchement Annie Leclerc, « nous avons fait les enfants, et eux, ils ont fait l’Homme ». L’Homme était le géniteur auréolé de gloire ! Quant à la femme, elle n’était que la matrice, seul moyen qu’ait trouvé l’homme pour soulager son désir et perpétuer le monde inégal qu’il avait construit. Quoi de plus injuste que cette expression de « femme au foyer » qui, selon les hommes et leur bonne conscience était un poste tout à fait convenable pour une femme. « Fée du logis », « ménagère accomplie », « jeune fille rangée »… Tant de qualificatifs basés sur la subordination de la femme.

____

C

ontre ces préjugés de la discrimination, j’affirme qu’il ne faut pas oublier que l’Homme est la réunion de deux êtres : comme le disait Condorcet, l’homme ne saurait priver « tranquillement la moitié du genre humain » des droits qu’il s’est lui-même arrogés ! La construction du monde se base sur la rencontre d’un homme et d’une femme ; pas sur l’exclusion. Réinventer l’Homme, c’est réinventer le sens que l’on donne à l’humain : que serait l’évolution du monde l’un sans l’autre ?

____Oui vraiment, en ce jour du 8 mars 2018, j’affirme qu’il ne saurait y avoir un monde d’hommes sans droits des femmes, sans paroles des femmes, sans émotions des femmes. Sans cette force qu’ont les femmes d’inclure dans les discours « rationnels » masculins, un discours plus spécifiquement féminin valorisant la sensibilité, l’attention portée aux individus et au particulier. On connaît les propos de Jean Ferrat inspirés d’Aragon : « La femme est l’avenir de l’Homme » : que serait le monde sans elle ? 

L’Homme disait ; les femmes se taisaient. Et puis les femmes ont fait. Elles ont osé s’affirmer…  

____Moi, en tant que femme, j’écris cet article pour vous les femmes du XXIe siècle, et pour vous les hommes : oui, j’écris aujourd’hui pour remettre les choses en place. Et je repose ma question : « Que deviendrait l’Homme sans la femme ? » Celle-ci a bien trop souvent été sous-estimée pendant des siècles, et elle-même s’est sous-estimée. L’Homme disait ; les femmes se taisaient. Et puis les femmes ont fait. Elles ont osé s’affirmer : que l’on songe à Olympe de Gouges, à Marguerite Durand, à Madeleine Pelletier, Pauline Roland, Simone de Beauvoir et tant d’autres…

____De jour en jour la femme a osé montrer ses idées sans craindre les discours passéistes.

____De jour en jour, elle a montré la voie : elle est entrée dans la vie sociale et politique.

____De jour en jour, elle a brisé ses chaînes, elle a bousculé les barrières, elle a incarné la résistance populaire, elle a construit des barricades. Elle n’a plus eu peur. Nous n’avons plus peur. La parole de la femme se libère et c’est comme un grand vent de liberté qui agite l’ancien monde. Liberté de parole, liberté de briser les chaînes : je songe ici à ces femmes du monde du spectacle qui osent parler publiquement des agressions sexuelles dont elles ont été victimes. Elles n’ont plus peur !

____

C’

est ça la réinvention de l’Homme de nos jours : c’est la nécessaire évolution de la femme dans la société. Le féminisme est bien la condition de l’Humanisme ! Pour moi, lorsqu’on réinvente l’Homme, on réinvente également une égalité de pensée. Qu’il y a-t-il de plus vrai lorsque Annie Leclerc affirme dans Parole de femme « Ils ont dit que la vérité n’avait pas de sexe. Ils ont dit que l’art, la science et la philosophie étaient vérités pour tous. […] Pourquoi la Vérité sortirait-elle de la bouche des hommes ? »… 

____Nous avons lutté et nous luttons toujours pour l’égalité des salaires… Des femmes se sont battues pour avoir enfin l’opportunité d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari et elles y sont parvenues. Nous avons bataillé ferme ce droit au bonheur qu’on croyait réservé aux seuls hommes. Et moi je dis que rien n’est impossible. Dans une société nouvelle, rien ne devrait être impossible puisque tout est nouveau !

Aujourd’hui la Femme c’est Simone Veil, Malala. C’est également Angelina Jolie, Olympe de Gouges, Benoîte Groult, c’est moi, c’est vous, c’est toi !  

____Pour ma part, la femme est le contrepoids de l’homme, je veux dire qu’elle est la mesure de l’humain. Dans ce nouvel humanisme que j’appelle de mes vœux, nous aurons toujours besoin de la femme pour équilibrer l’homme et donc créer cette égalité manquante. Ainsi, réinventer l’Homme c’est naître avec les mêmes droits et la même égalité : point de Droits de l’Homme sans l’exigence de la parité. La femme doit être complémentaire de l’homme et l’homme complémentaire de la femme : point d’égalité sans ce principe de complémentarité.

____D’année en année, la femme est parvenue à se faire une place dans la société. De nos jours, elle est de plus en plus reconnue par ses actes dans l’Histoire. Aujourd’hui la Femme c’est Simone Veil, Malala. C’est également Angelina Jolie, Olympe de Gouges, Benoîte Groult, c’est moi, c’est vous, c’est toi… Le nouvel homme ou plutôt dirais-je, la nouvelle femme, ce sont nous toutes et nous tous réunis dans l’Humain. Oui vraiment, en ce jeudi 8 mars 2018, le monde n’est plus la parole de l’homme ; le monde est aussi la parole de la femme.

____C’est ça l’Homme d’aujourd’hui : c’est l’Humain d’une parole commune, d’une culture en partage…

____Tout réinventer, tout réinventer !

___

Roxane C., février 2018
Classe de Première S1 (Promotion 2017-2018)

Relecture du manuscrit, correctifs et ajouts éventuels : Bruno Rigolt
© février 2018, Ilana A. / Bruno Rigolt/Espace Pédagogique Contributif


Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, cet article est protégé par copyright. Il est mis à disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le nom de l’auteur ainsi que la référence complète de l’article cité (URL de la page).