Exposition « Poèmes Symbolistes » par la classe de Première ES1 Première livraison

La classe de Première ES1 est fière de vous inviter à partager un moment poétique autour du Symbolisme. Préparée en décembre, cette exposition a été présentée pour la première fois lors de la journée Portes ouvertes du lycée, le samedi 20 mars 2010. Certains textes ont bénéficié de quelques remaniements depuis. Je vous invite à découvrir aujourd’hui ces écrits, dont certains sont d’une très grande force tant sur le plan littéraire qu’artistique.

Première livraison

Les poèmes seront mis en ligne progressivement.
Bonne lecture à toutes et à tous !

   Poèmes Symbolistes

par la classe de Première ES1

                               

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Prélude à ton sourire

par Anaïs M.

                  

J’ai voulu écrire un prélude à ton sourire

Mais l’inspiration ne me guidait plus.

Je me suis perdue dans la thérapie de la vie,

Dans le brouillard de mes pensées.

J’aime le froid de la solitude, tu sais :

Elle me colle à la peau quand mon chagrin

Est à marée haute.

J’ai embrassé le noir fond des ténèbres,

J’ai plongé dans des océans de lumière

Qui rongeaient peu à peu mon cœur de pierre.

Mon amour est un sable mouvant où s’enlise

Le moindre sentiment qui passe

Au rivage de mes lèvres.

Au tourbillon de la vie, mes larmes s’effacent ;

La poussière de mes pensées est une glace qui se brise

Dans la mer, bleue de larmes…

                

                  

Dans les chemins de la nuit

par Marie C.

                       

Une vague disparaît dans la mer : mon cœur s’est plongé dans le tien

L’écume de mes larmes est restée sur le rivage…

La lune tente de consoler le ciel moins bleu,

le vent est l’ennemi du soleil, le vent se lève.

 

Le soleil s’est échoué dans le désespoir de la vie

La lune apparaît, la nuit se crée.

Mon chagrin tombe goutte à goutte

Dans les chemins de la nuit…

         

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Rivage de la tristesse

par Pauline T.

                         

L’amour reposait sur un oreiller de vent,

Emporté par le sable au bord d’un naufrage.

L’enfant poussait dans le jardin du bonheur

Naissait à l’aube dans un clair brouillard.

 

L’amour additionnait le bonheur et les larmes

Provoquait le rivage de la tristesse d’une femme

Dans une vie remplie d’images désirables :

Des envies roses, le cœur d’une seule vague à prendre…

               

                   

 

Mes yeux s’ensablent vers le silence

par Fanny D.

                            

La lune chuchote l’avenir léger ; des astres allument

Les constellations enneigées.

Le ciel est bercé par la tristesse de l’inconnu

Le printemps est fané.

              

Mes yeux s’ensablent vers le silence

La nuit ouvre la clé rêveuse

D’un chemin perdu dans les dunes,

Empli de tristesse et de brumes…

                    

                          

Dans le solfège des rêves

par Margot G.

                   

La mort

Comme une musicalité…

Ses regrets naviguent

Dans le solfège des rêves

La mer pour elle comme

Le refrain du mal-être :

Puissante métamorphose rebelle

Dans les tempêtes noires

De la Liberté.

           

 

              

 

Ode à la mer

par Amélie R.

 

Sur la rive étoilée, une colombe arrêtée

Sur le sable.

Au loin, une route

À l’orée de la pluie

S’ouvre éperdument aux désirs enfuis

Vers des avenues d’étoiles.

L’amour du péché apparaît

Sur ce tapis stellaire

Comme un chagrin enfoui

Que la plume ne peut arrêter ;

Une femme emplie d’un plaisir solaire tente d’accéder

À la rose mortuaire.

Cris et pleurs déchéants

Rappellent le vent

Comme une ode à la mer !

                

           

Les néologismes de la lumière

par Marion M.

                 

Le pommier est tordu avec le temps

Tes yeux se figent pour m’anéantir

Les horloges ont terrassé l’amour doré d’une mélodie exaltante

 

La vie célèbre les néologismes de la lumière.

Le soleil me promet une voie lactée de ton sourire

Ma vie est teintée du son de ta voix

Elle envahit mes pensées, colore mon cœur d’arcs-en-ciel et d’oriflammes

 

La nature du mystère est grande comme l’épopée de l’amour

Mêle pénombres et clartés, parfois et toujours

Parmi l’eau fraîche de l’été…

                   

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La moisson des vents

par Charles G.

          

Envolé le cahier rose de l’élève

Pour des rivages plus froids

Moissonnés par les vents.

 

Le vélo transporte ses rancœurs

Et son envie de partir

Vers des mondes éphémères.

 

Les gratte-ciels s’effondrent

Comme à la plage des châteaux de sable

Emportés par la mer…

               

           

(Luna)

par Florence G.

                

Dans l’océan tourbillonnant

Ses yeux fatigués d’enfant

Voient s’éteindre le jour d’un coup de rame.

Les cendres du croissant d’argent

Embrumant l’embrumé signe de liberté

Idéalisant des mondes fantastiques dans le désir et l’oubli

Dans le froid de l’orage noué d’illusions

Prenant le temps

Le rouge recouvrant les larmes de son corps

Et le chagrin songeur se détournait du monde.

Seule la plume ancrée du vent

Se meurt avec lui dans l’océan tourbillonnant

De ses yeux fatigués d’enfant..

(Luna)

              

              

Par delà les monts verts

par Maxime S.

            

L’amour noir de la lune

Pour les immenses fleurs marines

Et le foin orange des prairies.

L’âme arc-en-ciel évadée

D’amours rapides

Par delà les monts verts

Et les glaces enneigées de là-bas…

        

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Sur mes larmes

par Marie B.

 

Samedi, j’ai embrassé quelques chagrins et des orages superficiels

Qui m’ont fait rire de peine.

Dîner avec les larmes aux couleurs pastel,

Courir après l’inspiration aromatisée d’amertume,

Chercher la fragilité d’un soupir abattu de sourires…

La neige, elle, construisait sur mes larmes

La douceur de l’oreiller aussi piquante que des pétales de rose.

              

                 

L’écriture du poète

par Alexia L.

 

Comme les mers hantaient mes rêves cauchemardesques

Je vis soudain tous ces corps inhumains

Parfaitement dessinés au fer rouge de l’aurore

Balancés sur l’étendue brûlante de mon esprit noyé.

                   

Quand je repense aux rivages perdus de mes rancœurs amères

Je ne connais de différences plus séduisantes

Qu’un terrible artifice incendié

Confronté au réel d’innombrables mers.

                     

L’écriture du poète est comme ces peines perdues

Qui le poussent peu à peu vers l’inconnu de la solitude

Et l’eau douce de la vie, là où la mémoire commence,

Tourbillonne à la surface des eaux mouvantes du monde…

                       

                         

Ouragan d’un voyage tel l’oiseau

Fatimatabintou D.

 

Le soir, les étoiles reflètent la vérité

Une vague de repos s’installe sur la mer

Alors je rêve d’une pensée sans mémoire :

Corps d’un immense ciel

Et les souvenirs sombres d’un enfant

Espérant découvrir une lumière

À l’aide du chant comme œuvre :

Le livre ouvert, les mains rouges,

Mais ce n’est pas la couleur du sang…

                   

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Fin de la première livraison

Pour voir la suite de l’exposition, cliquez ici.
Crédit iconographique : © Bruno Rigolt (EPC/mai 2010)

              

Une Vie de Maupassant, Thérèse Desqueyroux de Mauriac : deux destins de femmes. Numérisation terminée !

Classes de Première : objet d’étude « Le roman »…

Support de cours : Une Vie de Maupassant, Thérèse Desqueyroux de Mauriac : deux destins de femmes

La numérisation est terminée !

Le support de cours consacré à l’étude comparée du roman de Maupassant Une Vie et du roman de Mauriac Thérèse Desqueyroux est entièrement consultable en ligne. Je vous conseille de le lire, particulièrement les deuxième et troisième parties. Pour les élèves intéressé(e)s, je veux bien consacrer une séance exceptionnelle (deux heures par exemple) en dehors de l’horaire normal de cours pour expliciter ensemble certains passages plus difficiles de cette étude.

Pour accéder à l’étude, cliquez ici.

_______________
NetÉtiquette : publication protégée par copyright (travail de recherche : Université de Paris-IV Sorbonne/EPC ; la diffusion publique de passages est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source : http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/

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© Bruno Rigolt (Université de Paris IV-Sorbonne ; EPC/Lycée en Forêt, Montargis, France), 1985-2010

Oraux blancs… à partir du lundi 17 mai 2010…

Oraux blancs 2010

Ce que vous devez réviser pour les oraux blancs :

  • Pour l’exposé, j’ai limité les textes à 2 séquences (soit 8 textes). L’ensemble des textes (textes, documents complémentaires, ressources) est accessible en cliquant ici. La liste de textes est volontairement brève pour ces oraux blancs : cela signifie que je prendrai en compte pour le calcul de la moyenne trimestrielle les notes obtenues lors de ces oraux blancs.
  • Pour l’entretien, la connaissance (dans leurs grandes lignes uniquement) des 6 lectures analytiques sur le roman Thérèse Desqueyroux de Mauriac est souhaitable. De même, il est fortement conseillé d’avoir lu (même de façon cursive) l’étude disponible en ligne : Une Vie de Maupassant, Thérèse Desqueyroux de Mauriac : deux destins de femmes.

Organisation pratique :

Jour et heure de convocation : pour connaître votre horaire de passage, cliquez ici.

Les élèves sont libérés de cours par créneau de deux heures selon l’horaire de convocation (par exemple, pour une convocation à 9h00, l’élève est libéré entre 8h00 et 10h00).

NB : Les élèves convoqués à 8h00 et 13h00 sont priés de se rendre en vie scolaire où ils seront accueillis pour les 30 minutes de préparation, ils rejoindront leur professeur examinateur à l’issue de cette préparation.

L’épreuve vous mobilisera une heure environ (30 minutes de préparation + 10 minutes d’exposé, et 10 minutes d’entretien. Un bilan rapide (note et conseils) vous sera communiqué à la fin de votre passage. À ce titre, je vous rappelle que la liste de textes étant volontairement brève, je prendrai en compte les notes obtenues lors de ces oraux blancs pour le calcul de la moyenne trimestrielle.

Déroulement de l’épreuve :

Je ne saurais trop vous recommander de regarder les articles déjà publiés dans cet Espace Pédagogique (cliquez sur les liens hypertexte) :

Bon courage à toutes et à tous : je compte sur votre implication et votre sérieux !

              

NB : tous les liens hypertexte sont opérationnels (cliquez sur ces liens pour accéder aux séquences, aux textes, aux ressources multimedia, etc.)

                        

Séquence 1

Objet d’étude : la poésie

« Déchirement et Révélation dans la poésie symboliste »

  • Problématique : l’inspiration poétique entre désillusion et tâche spirituelle

  • Perspective d’étude dominante : étude de l’histoire littéraire et culturelle
  • Perspectives d’étude secondaires : étude de l’intertextualité et de la singularité des textes, formes et registres poétiques

______

  
Lectures analytiques :

  1. Charles Baudelaire «L’Albatros» : l’albatros comme allégorie du poète maudit
  2. Arthur Rimbaud «Le bateau ivre» : le rejet de la civilisation et l’exaltation de la nature sauvage
  3. Stéphane Mallarmé «Brise marine» : le conflit entre la vie et l’art
  4. Paul Claudel «Deuxième ode» (début) : le rôle de « l’image » en poésie

______

  
Lectures complémentaires :

  • Rimbaud : Lettre à Paul Demeny (15 mai 1871) « le poète voyant ». Problématique : la réflexion sur l’esthétique poétique.
  • Lecture cursive : Les Fleurs du mal (Baudelaire)

Lecture de l’image : Caspar David Friedrich « Le voyageur au-dessus d’une mer de nuages »

Travaux collectifs (exposés) :

  • le contexte culturel du romantisme (Problématiques: les relations du poète avec le monde et avec lui-même; le lyrisme poétique: souffrance et aspiration à l’au-delà)
  • Poésie et « mal du siècle »

Travaux de recherche :

Travail individuel :

  • Atelier d’écriture: rédaction de poèmes à la manière des Symbolistes et des Surréalistes.
  • Réalisation d’une anthologie personnelle (entre 15 et 20 poèmes) et de la préface qui l’accompagne (2 à 3 pages dactylographiées)
    • Thèmes possibles (liste non exhaustive) :
      • L’amour
      • La mort
      • Mal du siècle et mélancolie
      • Révolte et Société
      • L’infini et le néant
      • La nuit
      • La rêverie
      • L’Orient
      • Le voyage
      • etc.

 

Séquence 2

Objets d’étude : Le théâtre, texte et représentation

« Les Théâtres de l’absurde dans la France de l’après-guerre »

  • Problématique : le questionnement de l’homme

  • Perspective d’étude dominante: étude de l’intertextualité et de la singularité des textes
  • Perspective d’étude secondaires: étude de l’histoire littéraire et culturelle

______

 

Lectures analytiques :

  1. Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve, acte I, scène 1 (extrait): parodie du langage et détournement du sens
    Depuis «MONSIEUR SMITH, toujours dans son journal, -Tiens, c’est écrit que Bobby Watson est mort.» jusqu’à «MONSIEUR SMITH. – De quel Bobby Watson parles-tu?»
  2. Samuel Beckett, En attendant Godot, scène d’exposition : insignifiance et attente
    Depuis «Route à la campagne, avec arbre. Soir. » jusqu’à «ESTRAGON : Il n’y à rien à voir. »
  3. Jean-Paul Sartre, Huis Clos, scène d’exposition (extrait) : le mélange des tons et des genres
    Depuis «GARCIN, redevenant sérieux tout à coup. Où sont les pals?» jusqu’à «GARCON, Dame!»
  4. Albert Camus, Caligula, acte I, scène 8 (extrait) : Depuis «Ecoute bien. Premier temps: » jusqu’à «S’il le faut, je commencerai par toi » Problématique : de la morale du surhumain à la morale de l’inhumain

______

Lecture cursive :

  • Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve (réalisation d’une fiche de lecture).
  • Vous pourrez également écouter avec profit ce cours de l’Université de Bordeaux 3 sur Ionesco (utile pour resituer l’œuvre dans le contexte social et littéraire de l’époque).

Travaux collectifs (recherche) :

Travail individuel (écriture) :

  • Les élèves ont inventé une pièce répondant aux caractéristiques de l’absurde.
     
    PREMIERE PARTIE : En une trentaine de lignes environ, ils ont précisé l’idée de la pièce (synopsis + problématisation) et lui ont donné un titre.
     
    DEUXIEME PARTIE : les élèves ont rédigé intégralement une scène (2 à 3 pages) représentative de la pièce dans son ensemble (scène d’exposition, scène de clôture par exemple). En tant qu’auteur, leur but était d’amener le lecteur/spectateur à des questionnements. En tant que metteur en scène de leur pièce, les élèves pouvaient également imaginer des accessoires ou des situations, en expliquant le rapport avec l’axe de leur pièce.

Document sonore :

  • Ionesco lisant La Cantatrice chauve (La Voix de l’auteur LVA 11. 33 1/3 rpm, 30cm. Les Chefs-d’œuvre du théâtre. Pièce lue par l’auteur pour ses amis. Enregistré à Paris par Véga, 1961). Pour télécharger la pièce au format .mp3, cliquez ci-dessous : 

________________

RAPPEL Jour et heure de convocation : pour connaître votre horaire de passage, cliquez ici.
Dernière mise à jour : samedi 15 mai 2010, 06:44

Mise en ligne des supports de cours

Voici le calendrier prévisionnel de mise en ligne des supports de cours :

  • Sections BTS : corrigé de l’épreuve de CGE (Culture générale et Expression) session 2010 (Synthèse + écriture personnelle) : dimanche 16 mai 2010, 22 heures.
  • Sections de Première :
    • EAF/Oral blanc (conseils pour le passage de l’épreuve) : jeudi 13 mai 2010, 19 heures.
    • Bac blanc écrit : Rapport de correction + corrigés de l’épreuve : à partir du lundi 17 mai 2010, 22 heures.

Classes de Première EAF 2010. Objet d'étude : le roman et ses personnages, vision de l'homme et du monde. "Une Vie" de Maupassant, "Thérèse Desqueyroux" de Mauriac : deux destins de femmes

Les étudiants de Première S3 et ES1 dont j’ai la charge cette année ont été amenés à travailler sur le roman Thérèse Desqueyroux de F. Mauriac (lecture d’une œuvre intégrale dans l’optique de l’oral de l’EAF. Il leur a été proposé un travail sur l’intertextualité à partir de la lecture cursive d’Une Vie, de Maupassant. Je leur propose d’élargir leurs questionnements grâce à cette étude, extrêmement riche et complète, qui leur permettra de confronter les deux romans.
Le texte, très dense et complet (80 pages), est en cours de numérisation. Cliquez sur les liens hypertexte afin d’accéder aux parties, ou chapitres correspondants.

Une Vie de Maupassant,

Thérèse Desqueyroux de Mauriac :

deux destins de femmes

          

Table des matières

INTRODUCTION          

PREMIERE PARTIE : Destin et Comédie   

Chapitre I Conscience et Vie
Chapitre II La maîtrise existentielle

DEUXIEME PARTIE : Destin et Drame 

Chapitre III La Société et le refus du projet d’être 
Chapitre IV La Mort au monde
Chapitre V Destins de femmes, destins de classes : la mort du monde

TROISIEME PARTIE : Destin et Tragédie

Chapitre VI L’aliénation au temps, la mort temporelle
Chapitre VII La mort romanesque
Chapitre VIII Deux romans anti-psychologiques ?

CONCLUSION 

Les deux romans sont accessibles gratuitement en ligne (cliquez sur chaque titre) : Une Vie ; Thérèse Desqueyroux
_______________
NetÉtiquette : publication protégée par copyright (travail de recherche : Université de Paris-IV Sorbonne/EPC ; la diffusion publique est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source : http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/

cdr_bouton.1265104317.gif epc_miniature.1264961676.jpg

© Bruno Rigolt (Université de Paris IV-Sorbonne ; EPC/Lycée en Forêt, Montargis, France), 1985-2010

Classes de Première EAF 2010. Objet d’étude : le roman et ses personnages, vision de l’homme et du monde. « Une Vie » de Maupassant, « Thérèse Desqueyroux » de Mauriac : deux destins de femmes

Les étudiants de Première S3 et ES1 dont j’ai la charge cette année ont été amenés à travailler sur le roman Thérèse Desqueyroux de F. Mauriac (lecture d’une œuvre intégrale dans l’optique de l’oral de l’EAF. Il leur a été proposé un travail sur l’intertextualité à partir de la lecture cursive d’Une Vie, de Maupassant. Je leur propose d’élargir leurs questionnements grâce à cette étude, extrêmement riche et complète, qui leur permettra de confronter les deux romans.

Le texte, très dense et complet (80 pages), est en cours de numérisation. Cliquez sur les liens hypertexte afin d’accéder aux parties, ou chapitres correspondants.

Une Vie de Maupassant,

Thérèse Desqueyroux de Mauriac :

deux destins de femmes

          

Table des matières

INTRODUCTION          

PREMIERE PARTIE : Destin et Comédie   

Chapitre I Conscience et Vie

Chapitre II La maîtrise existentielle

DEUXIEME PARTIE : Destin et Drame 

Chapitre III La Société et le refus du projet d’être 

Chapitre IV La Mort au monde

Chapitre V Destins de femmes, destins de classes : la mort du monde

TROISIEME PARTIE : Destin et Tragédie

Chapitre VI L’aliénation au temps, la mort temporelle

Chapitre VII La mort romanesque

Chapitre VIII Deux romans anti-psychologiques ?

CONCLUSION 

Les deux romans sont accessibles gratuitement en ligne (cliquez sur chaque titre) : Une Vie ; Thérèse Desqueyroux
_______________
NetÉtiquette : publication protégée par copyright (travail de recherche : Université de Paris-IV Sorbonne/EPC ; la diffusion publique est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source : http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/

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© Bruno Rigolt (Université de Paris IV-Sorbonne ; EPC/Lycée en Forêt, Montargis, France), 1985-2010

Classes de Première… Entraînements facultatifs à l'oral 2010…

Oraux blancs facultatifs

La première session des entraînements facultatifs à l’oral de l’Épreuve Anticipée de Français va commencer ce mercredi 24 mars 2010. Elle se poursuivra chaque mercredi (2 heures le matin pour la classe de Première S3 et 4 heures l’après-midi pour la classe de Première ES1 et la classe de première S3) jusqu’au 21 avril. Dans la mesure où l’organisation de ces épreuves est très lourde pour moi (puisqu’elle se déroule le matin et l’après-midi du mercredi, ajoutée à un emploi du temps particulièrement chargé), je demande aux élèves engagés dans le dispositif de respecter scrupuleusement leurs horaires de convocation. Par ailleurs, même s’il s’agit d’une épreuve facultative, un minimum de préparation est requis, et je compte sur votre sérieux.

Je ne saurais trop vous recommander de regarder les articles déjà publiés dans cet Espace Pédagogique :

Bon courage !

Classes de Première… Entraînements facultatifs à l’oral 2010…

Oraux blancs facultatifs

La première session des entraînements facultatifs à l’oral de l’Épreuve Anticipée de Français va commencer ce mercredi 24 mars 2010. Elle se poursuivra chaque mercredi (2 heures le matin pour la classe de Première S3 et 4 heures l’après-midi pour la classe de Première ES1 et la classe de première S3) jusqu’au 21 avril. Dans la mesure où l’organisation de ces épreuves est très lourde pour moi (puisqu’elle se déroule le matin et l’après-midi du mercredi, ajoutée à un emploi du temps particulièrement chargé), je demande aux élèves engagés dans le dispositif de respecter scrupuleusement leurs horaires de convocation. Par ailleurs, même s’il s’agit d’une épreuve facultative, un minimum de préparation est requis, et je compte sur votre sérieux.

Je ne saurais trop vous recommander de regarder les articles déjà publiés dans cet Espace Pédagogique :

Bon courage !

Semaine internationale de la Francophonie… Slam balance pas mal au Lycée ! Avec la classe de Seconde 18. Aujourd'hui : Audrey !

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Le  jeu des ”Dix Mots” 2010…

               

Les 10 mots 2010 sont : “crescendo, remue-méninges, mobile, variante, galère, baladeur, cheval de Troie, mentor, escagasser, zapper“.

             

                 

Cheval de Troie

par Audrey G.

              

Son baladeur sur ON, le son en crescendo

Elle escagasse tout le monde

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Larmes contre terre.

Lorsqu’elle entend son mentor

C’est comme un remue-méninges

Alors elle zappe, autant que ça la frappe

Pourtant la vie est belle

Pourtant le soir est d’or

But she doesn’t care : elle oublie sa galère

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Face contre terre.

Il était son cheval de Troie

Un cadeau empoisonné

Sur son mobile immortalisé

Sa voix gravée

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Le cœur dans la poussière

Bonheur ou malheur,

Comme une variante de la vie

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant pour oublier hier…

Semaine internationale de la Francophonie… Slam balance pas mal au Lycée ! Avec la classe de Seconde 18. Aujourd’hui : Audrey !

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Le  jeu des ”Dix Mots” 2010…

               

Les 10 mots 2010 sont : “crescendo, remue-méninges, mobile, variante, galère, baladeur, cheval de Troie, mentor, escagasser, zapper“.

             

                 

Cheval de Troie

par Audrey G.

              

Son baladeur sur ON, le son en crescendo

Elle escagasse tout le monde

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Larmes contre terre.

Lorsqu’elle entend son mentor

C’est comme un remue-méninges

Alors elle zappe, autant que ça la frappe

Pourtant la vie est belle

Pourtant le soir est d’or

But she doesn’t care : elle oublie sa galère

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Face contre terre.

Il était son cheval de Troie

Un cadeau empoisonné

Sur son mobile immortalisé

Sa voix gravée

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Le cœur dans la poussière

Bonheur ou malheur,

Comme une variante de la vie

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant pour oublier hier…

Exposition "Paroles menottées"… Ecriture et engagement… Nouveaux articles !

Découvrez les nouveaux articles de l’exposition « Paroles menottées » qui sera présentée lors de la Journée Portes Ouvertes du Lycée en Forêt le samedi 20 mars 2010.
yannis-ritsos-miniature.1268416857.jpgYannis Ritsos… Pierres, Répétitions, Barreaux…
par Rayan D.
nien-cheng-miniature.1268461427.jpgNien Cheng… Vie et mort à Shanghai…
par Charlotte B.
ruth-first-miniature.1268499164.jpgRuth First… 117 Days…
par Angélique M.
breyten-breytenbach_miniature.1268807326.jpgBreyten Breytenbach… Confession véridique d’un terroriste albinos…
par Maxime C.

Exposition « Paroles menottées »… Ecriture et engagement… Nouveaux articles !

Découvrez les nouveaux articles de l’exposition « Paroles menottées » qui sera présentée lors de la Journée Portes Ouvertes du Lycée en Forêt le samedi 20 mars 2010.

yannis-ritsos-miniature.1268416857.jpgYannis Ritsos… Pierres, Répétitions, Barreaux…

par Rayan D.

nien-cheng-miniature.1268461427.jpgNien Cheng… Vie et mort à Shanghai…

par Charlotte B.

ruth-first-miniature.1268499164.jpgRuth First… 117 Days…

par Angélique M.

breyten-breytenbach_miniature.1268807326.jpgBreyten Breytenbach… Confession véridique d’un terroriste albinos…

par Maxime C.

Semaine internationale de la Francophonie… Slam balance pas mal ! Avec la classe de Seconde 18 du Lycée en Forêt !

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Le  jeu des « Dix Mots » 2010…

  

Voici comment la France et l’Organisation internationale de la Francophonie présentent l’édition des « 10 mots » 2010 : « Reflet du monde en perpétuel mouvement, la langue française ne cesse de s’inventer et de s’adapter. Des mots se créent, des mots sont empruntés à d’autres langues, des mots prennent de nouveaux sens, pour faire évoluer notre langue. Les dix mots vous invitent à entrer dans la « fabrique des mots », c’est-à-dire à découvrir comment ils se transforment, se façonnent et entrent dans le langage courant.

Les 10 mots 2010 sont : « crescendo, remue-méninges, mobile, variante, galère, baladeur, cheval de Troie, mentor, escagasser, zapper« .

Pour fêter cet événement, l’Espace Pédagogique Contributif profitera de la Journée Portes Ouvertes au Lycée le samedi 20 mars 2010 pour lancer l’opération « Slam balance pas mal au Lycée! » avec la classe de Seconde 18. Découvrez en Avant-Première un premier texte proposé par Luiza, Thulaciga, Janyce et Deborah (Seconde 18), en hommage à la Journée internationale de la femme du 8 mars :

                   

Une femme après tout

par Luiza, Thulaciga, Janyce et Deborah

(Seconde 18)

          

Tu le sais très bien toi aussi
Ce qu’on fait aux filles aujourd’hui.
T’es libre de penser que t’es conne
Mais conne de penser que t’es libre
T’es qu’une femme après tout
Mais ça tout le monde s’en fout.

Pour toi c’est crescendo
Toujours le même tableau
Depuis que t’es née
On a fait que te zapper
L’homme c’est le Cheval de Troie
Qui te ronge au plus profond de toi.

T’es qu’une femme après tout
Mais ça tout le monde s’en fout
Des hauts, des bas
Une variante qui n’en finit pas
T’abrites une deuxième âme
Sauf que pour toi c’est le drame

Tous les jours c’est la galère
T’avais jamais prévu d’être mère
T’es qu’une femme après tout
Mais ça tout le monde s’en fout
Et tous ces hommes baladeurs
Qui payent pour une bonne heure

Eux ils sont mobiles
Toi t’es coincée dans ta ville
Pas la peine d’être escagassée
De toute façon tu peux rien y changer
T’es qu’une femme après tout
Et ça tout le monde s’en fout

T’as pas de mentor, t’as pas de modèle
Tu peux pas voler de tes propres ailes
T’as cherché pourtant, à t’en rendre dingue
Mais ta vie c’est qu’un sale remue-méninges.
T’es qu’une femme après tout,
        Au fond, le monde s’en fout.       

 

Jean Ferrat… La voix et les mots…

Avec Barbara, Georges Brassens, Léo Ferré, Juliette Gréco, Jacques Brel ou Claude Nougaro, Jean Ferrat (26 décembre 1930-13 mars 2010) a profondément marqué la scène culturelle et les grands changements politiques qui ont accompagné les Trente Glorieuses, à tel point qu’on peut dire de sa chanson qu’elle constitue un élément indissociable de la culture française. Le répertoire engagé, systématiquement privilégié par ce chanteur, permet de mieux appréhender le contexte social et les grandes revendications de l’après-guerre. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Louis Aragon a été le poète de prédilection du chanteur.

La plupart des chansons (« Nuit et brouillard », « La femme est l’avenir de l’homme », « La Montagne », etc.) sont non seulement inoubliables d’un point de vue vocal et musical, mais elles apparaissent rétrospectivement comme des témoignages marquants d’une génération qui, remettant en question les certitudes anciennes, entendait « refaire le monde ». Dans ses textes comme dans ses musiques, cet auteur-compositeur-interpréte était animé de très grandes exigences : le féminisme, la quête d’amour et de justice sociale, la fraternité. Si vous ne connaissez pas bien Ferrat, je vous conseille d’écouter ce petit florilège…

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La citation de la semaine… Nien Cheng… par Charlotte B. (Seconde 7)

« La petite araignée devint ma compagne, rompant le désespoir de l’isolement… »

Du fond de ma sinistre cellule, je passais des heures à étudier les livres de Mao, lisant jusqu’à ce que ma vue se brouille à cause du manque de lumière. Un jour où mes yeux refusaient de lire une ligne de plus, je les tournai vers la fenêtre et je vis une petite araignée très occupée à tisser sa toile. Elle semblait savoir exactement ce qu’elle devait faire et menait sa tâche à bien sans hésitation, sans erreur, sans hâte […].

Je m’attachai à cette petite créature maintenant que je l’avais observée et que je connaissais ses activités et ses habitudes. Dès le réveil, tout au long de la journée et le soir au coucher, je vérifiais qu’elle était toujours là, et j’en étais rassurée. La petite araignée devint ma compagne, rompant le désespoir de l’isolement, même si nous ne pouvions communiquer.

Novembre arriva avec son vent du nord-ouest. Chaque jour de pluie faisait baisser un peu la température. Je regardais l’araignée avec anxiété, hésitant à fermer la vitre entre elle et moi. Mais un matin la toile était déchirée et l’araignée partie. J’en fus triste et je laissai la fenêtre ouverte dans l’espoir de la voir revenir. Mais je la vis bientôt au centre d’une nouvelle toile dans un coin du plafond. Je fermai la fenêtre sur nous-deux, heureuse que ma petite amie ne m’ait pas abandonnée…

Nien Cheng, Vie et mort à Shanghai, 1987

Traduit de l’anglais par Dominique Dill. Texte extrait de l’anthologie Écrivains en prison (Labor & Fides, 1997). Pour lire l’intégralité du texte, cliquez ici. Pour accéder aux parties librement consultables de l’ouvrage sur Google-livres, cliquez ici.
Nien Cheng (1915-2009) est une figure emblématique de la résistance au collectivisme communiste. Fille de grands propriétaires terriens, elle est arrêtée en 1966 sur ordre de Mao Zedong et emprisonnée près de sept ans dans la maison d’arrêt numéro 1 de Shanghai, d’où elle ne sortira que le 27 mars 1973. Sept ans d’un véritable calvaire : souvent menottée, privée de nourriture, elle doit survivre dans une cellule glaciale l’hiver, suffocante l’été. Alors que résonnent en Occident les sirènes de la « Révolution culturelle », elle n’en entendra que le glas : condamnée à être « rééduquée », elle doit lire le Petit livre rouge, et avouer ses « fautes », confesser ses « crimes » nien-cheng2.1268459930.jpgdans des séances publiques d’autocritique. Son tort ? Aimer « l’ancienne culture », être bourgeoise et vivre à l’occidentale. Mais elle refusera toujours de se prêter à ce jeu sordide. « En prison, confiera-t-elle en 1987 dans un entretien au Los Angeles Times, je me suis senti humiliée par le fait que l’on puisse m’accuser, moi qui aimais mon pays, d’être une espionne. Je ne pouvais pas l’accepter, je devais me battre ».
Véritable icône de la Chine contemporaine, Nien Cheng est surtout connue de nos jours pour son best-seller Vie et mort à Shanghai (Albin Michel, 1987), récit poignant —à la fois témoignage autobiographique et mémoires— dans lequel elle dépeint l’horreur de la prison, la solitude, les tortures et les harcèlements répétés des geôliers. C’est aussi une sorte d’appel à témoins contre le silence, l’indifférence et la lâcheté. Maniant une écriture simple mais efficace, elle permet d’appréhender les difficiles conditions de vie des prisonniers politiques : « Du fond de ma sinistre cellule, je passais des heures à étudier l’œuvre de Mao, lisant jusqu’à ce que ma vue se brouille à cause du manque de lumière ».
Dans cet extrait, l’attachement de Nien Cheng à une araignée, animal que la plupart des gens considèrent comme « nuisible », est un signe de la plus profonde solitude : alors que cette femme aura passé plus de six années à subir des tortures, des interrogatoires, transparaît dans ce passage une peine plus grande encore que les douleurs physiques : l’isolement. Scène terrible donc, mais décrite avec des mots si banals, qu’ils résonnent comme des hurlements : c’est lors d’un jour comme tous les autres, dans une cellule comme tant d’autres, c’est dans cette banalité humiliante, que Nien Cheng découvre par hasard cette petite araignée, animal qu’elle va observer et dont la compagnie va apaiser quelque peu sa solitude : malgré elle, l’araignée devient un « compagnon de cellule »… 
© Charlotte B. Classe de Seconde 7, Lycée en Forêt (Montargis, France, mars 2010)

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Voir aussi l’exposition « Paroles menottées : écriture et engagement« 

Entraînement BTS… Culture Gé… "Génération(s)" : les âges de la vie perturbés

bts2011.1284135182.jpgEntraînement BTS : « Génération(s) » + corrigé

           

Devenir adulte… Rester jeune…

« Génération Tanguy » : l’interminable « adulescence »

                  

Ce n’est pas un hasard si le terme « adulescent(e) », forgé par le psychanalyste Tony Anatrella, figure avec cent cinquante autres néologismes, dans l’édition 2010 du Petit Larousse. Voici la définition qui est donnée de ces adultes « pas grandis » ou « adolescents attardés » :
adulescent (e), n. et adj. (de adulte et adolescent). Jeune adulte qui continue à avoir un comportement comparable à celui qu’ont généralement les adolescents.
De fait, un constat s’impose : notre société serait devenue « adolescentrique », pour reprendre une expression de Tony Anatrella. Entre « syndrome Tanguy », « soirées Casimir » ou chat sur Internet, le problème est que la société des adultes, particulièrement depuis mai 68, a mal grandi, ou qu’elle a refusé de grandir, mettant en crise sa propre légitimité dans une République où les valeurs, devenues vacillantes, condamnent les adolescents à le rester. Comme le remarquait avec justesse Alain Borredon (Une jeunesse dans la crise : les nouveaux acteurs lycéens, L’Harmattan, Paris 1995, p. 194), « les enfants et les adolescents sont en train de devenir les pères et les mères de leurs parents. […] Les relations sont brouillées. La relation éducative peut s’en trouver perturbée puisque l’identité de chacun par rapport à l’autre reste vague. Un peu comme si n’existaient que des enfants ou des adolescents sans la dimension de la parenté, mais dans celle d’une monogénération : nous sommes tous frères, copains ou potes. Cette transgression de la différence des générations qui trouve son origine dans la dénégation de la parenté et de la filiation conduit à se situer tous comme des enfants dans la vie ou comme de grands adolescents ».
Dans un contexte de crise et d’instabilité sociétales, ce refus de grandir ne peut aller qu’en s’accentuant dans la mesure où, inconsciemment, grandir c’est « mourir un peu » en se soumettant à des obligations et en se dépossédant de soi. Particulièrement dans le système postindustriel qui est le nôtre, la surprotection du moi, le retranchement dans l’individualisme ou les micro-groupes et la montée en puissance de l’informatique et de la robotique ont pour corollaire la féminisation de la société et son « adulescence » : signes tangibles d’une génération pour qui l’âge adulte et a fortiori le modèle masculin de la virilité, symbolisent d’abord le spectre de la guerre, de la violence, du vieillissement et de la mort. Refuser de grandir, c’est refuser l’identité adulte ; c’est donc refuser d’accepter sa propre temporalité pour se prémunir de ses angoisses face au monde, face à soi-même, et pour rester en vie plus longtemps : « Les femmes et les enfants d’abord » pourrait-on dire ! De là l’idéofantasme du « relooking », du rajeunissement à tout prix, de la nostalgie générationnelle, si bien exploitée par le marketing (doc. 5). Refuser de grandir, c’est ainsi refuser de « risquer sa vie » par peur d’affronter le monde.
Tel est donc l’enjeu de cet entraînement ardu, tout à fait dans l’optique de l’examen, que je vous conseille de préparer très rigoureusement malgré sa difficulté : il y a certes beaucoup de documents (5 au lieu de 4 traditionnellement), et l’un est particulièrement long (le document 3) : c’est un choix délibéré de ma part, afin de s’obliger à lire rapidement et à ne sélectionner que les informations pertinentes par rapport à la problématique.
Bruno Rigolt

           

Corpus

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  • Document 5 : Petit Bateau, campagne publicitaire transgénérationnelle « Les mois » sur le thème : « Petit Bateau pour toujours« , 2009 [Pour aller plus loin : lisez impérativement l’analyse marketing (positionnement et ciblage) de la campagne sur pressemagazine.com].

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arrow.1242450507.jpg Corrigé…

  • Pour accéder au corrigé de la synthèse, cliquez ici.

arrow.1242450507.jpg Écriture personnelle

  • Être « de son temps », est-ce être « de sa génération » ?

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arrow.1242450507.jpg Documents complémentaires