Sujet + propositions de corrigé EAF séries technologiques 2023 Centres Etrangers Groupe 1 Contraction + essai : Olympe de Gouges

Sujet et corrigés Baccalauréat technologique [juin 2023 Centres Etrangers Groupe 1]

Œuvre : Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule »). Parcours : écrire et combattre pour l’égalité.

Contraction : Vous ferez la contraction de ce texte en 195 mots. Une tolérance de plus ou moins 10% est admise : les limites sont donc fixées à au moins 175 mots et au plus 215 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et vous indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu’elle comporte.

Essai : « Une chambre à soi, c’est aussi une fenêtre vers l’ailleurs », écrit Lucie Azéma. A-t-on besoin d’intimité et de solitude pour s’engager dans un combat pour l’égalité ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») d’Olympe de Gouges, sur le texte de l’exercice de la contraction (texte de Lucie Azéma) et sur ceux que vous avez étudiés dans l’année dans le cadre de l’objet d’étude « La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Texte : Lucie Azéma, Les femmes aussi sont du voyage, 2021.

___J’aime l’imprévisible du voyage, le frisson du dépaysement, l’adrénaline qui nous envahit lorsque l’on se plonge dans des environnements dont on ne maîtrise ni la langue, ni la culture, ni le climat. Ou, du moins, j’aime les aimer, parce qu’ils font écho aux livres d’aventures que j’ai dévorés, aux rêves que j’ai nourris en parcourant de longues distances sur les mappemondes à l’aide de mon simple index. En réalité, par bien des aspects, je ne suis pas une voyageuse. La traversée me semble moins séduisante que l’amarrage1, j’aime les arrivées beaucoup plus que les départs. Je cherche le temps long, sa densité, sa profondeur – la complexité du réel, celle qui n’est accessible que si l’on reste. Le voyage exige de s’attarder, de prendre refuge : s’acclimater, apprendre la langue, s’entourer de fenêtres pour mieux les traverser – et ainsi accéder à une chambre à soi.

___Le fait que les femmes aient traditionnellement été cantonnées à la sphère privée ne signifie pas qu’elles aient eu accès à une intimité – ni à elles-mêmes. Les interruptions constantes, liées aux obligations domestiques qui leur incombent, ainsi que leur dépendance financière, organisée par l’assignation2 à un travail non rémunéré, ont longtemps empêché l’esprit de liberté, d’invention et de créativité des femmes de se déployer. En 1929, Virginia Woolf3 livrait au monde la phrase qui deviendra la plus célèbre de toute son œuvre : « Il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une œuvre de fiction ». L’écrivaine soulignait ainsi l’absolue nécessité pour les femmes d’accéder à une certaine intimité, matérialisée par une pièce « dont la porte est pourvue d’une serrure » et à la liberté d’esprit, rendue possible grâce à un minimum d’argent personnel.

___Accéder à une chambre à soi permet d’appréhender l’intérieur, non plus comme le lieu de l’aliénation4 des femmes, mais comme celui où elles peuvent s’atteindre. Un espace dans lequel elles aménagent une oasis de solitude consentie, retranchée du monde, où elles peuvent écrire, lire, dormir ; un lieu qui donne sa place au silence, leur permettant de se dérober temporairement au monde extérieur pour mieux l’assimiler. La chambre à soi est celle qui se referme sur l’imagination et la rêverie, sur ce que Gaston Bachelard appelle « l’immensité de l’intime ». Grâce au voyage et à la solitude qu’il offre, les femmes se réapproprient non seulement le dehors, mais aussi le dedans, car il crée un aller-retour de l’un vers l’autre, et lie ces deux espaces jusqu’à les confondre et n’en former plus qu’un : le territoire intime de la voyageuse.

___Le monde est peuplé de chambres à soi : elles éclosent5 à la vue quand le train ralentit ou lorsque l’avion se met à descendre lentement. Elles sont là, fourmillantes, comme autant de petits points lumineux qui forment la constellation de nos intimités – maisons temporaires, alvéoles6 propices à laisser le temps se dilater et à vider des tasses de thé jusque tard dans la nuit. En voyage, la chambre à soi peut prendre la forme d’une auberge, d’une guest house, d’un ryokan japonais, d’une yourte kirghize, d’un bungalow dans la jungle, d’un caravansérail, d’un hôtel capsule, d’une cabine de bateau ou de train, etc. Certaines voyageuses se contentent de peu, d’une chambre vétuste7 et de quelques éléments qui leur suffisent à créer un sentiment d’appartenance au lieu : « Assez de lumière pour écrire, un feu, une couverture en peau de mouton, du raki8 – on n’a besoin de rien de plus ni de moins » écrit Schwarzenbach alors qu’elle séjourne à Konya, en Turquie. D’autres, au contraire, voient les choses en grand, comme Anne Brassey, qui, au XIXe siècle, transforma sa cabine de bateau en une véritable demeure flottante, ou bien à la manière d’Alexine Tinné, qui installait des campements gigantesques à chacune de ses étapes, et faisait transporter par ses domestiques une bibliothèque entière, un service à thé en porcelaine de Chine qu’elle aimait remplir de lait, un chevalet et des couleurs pour peindre.

___Si chaque voyageuse a ses préférences concernant la chambre qui va lui servir de port d’attache, toutes ont en commun d’avoir consacré plusieurs pages à décrire le bonheur d’accéder à une chambre à soi à l’autre bout du monde. « Logé partout mais enfermé nulle part, telle est la devise du rêveur de demeures », écrit Bachelard. […] Une chambre à soi,
c’est aussi une fenêtre vers l’ailleurs.
(778 mots)

1. Amarrage : fait d’attacher un bateau à un quai ou une rive.
2.
Assignation : ici, obligation de faire quelque chose.
3. Virginia Woolf : écrivaine britannique ; Gaston Bachelard, philosophe français ; Annemarie Schwarzenbach, écrivaine et aventurière suisse ; Annie Brassey, écrivaine et voyageuse anglaise ; Alexine Tinné, photographe et exploratrice néerlandaise.
4. Aliénation : ici, privation de liberté.
5. Éclosent : font leur apparition.
6. Alvéoles : ici, recoins, refuges.
7. Vétuste : qui est usée par le temps, qui n’est plus en bon état.
8. Raki : boisson consommée au Proche-Orient.

Corrigé de la contraction : mise en ligne dans les prochains jours.

Corrigé de l’essai

ESSAI : RAPPEL DU SUJET

 « Une chambre à soi, c’est aussi une fenêtre vers l’ailleurs », écrit Lucie Azéma. A-t-on besoin d’intimité et de solitude pour s’engager dans un combat pour l’égalité ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») d’Olympe de Gouges, sur le texte de l’exercice de la contraction (texte de Lucie Azéma) et sur ceux que vous avez étudiés dans l’année dans le cadre de l’objet d’étude « La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

 

___Dans Les Femmes sont aussi du voyage, essai publié en 2021, Lucie Azema dénonce la vision masculine de l’aventure : selon elle, le voyage est l’un des moyens les plus symboliques pour que les femmes s’affranchissent de leur condition. À ce titre, elle affirme : « Une chambre à soi, c’est aussi une fenêtre vers l’ailleurs ». De tels propos interrogent : a-t-on besoin d’intimité et de solitude pour s’engager dans un combat pour l’égalité ? Si, comme nous le verrons dans une première partie, la revendication de l’intimité est une condition essentielle dans le combat pour l’égalité, nous montrerons cependant en quoi écrire et combattre pour l’égalité nécessite l’engagement collectif.

___L’intimité et la solitude peuvent jouer un rôle important lorsque l’on s’engage dans un combat pour l’égalité.
___Tout d’abord, s’approprier un lieu pour soi, comme un territoire de liberté et d’autonomie, permet de prendre du recul, de réfléchir et d’explorer ses propres convictions et valeurs. Le repli sur soi correspondrait ainsi à une quête d’authenticité amenant à mieux comprendre les injustices et les inégalités. Dans Une chambre à soi, essai féministe écrit par Virginia Woolf en 1929, l’autrice insiste sur la nécessité pour les femmes d’avoir un espace personnel et une indépendance économique afin de pouvoir développer leur pensée et leur créativité face aux hommes. Woolf soutient que les femmes ont été historiquement exclues des opportunités et des ressources nécessaires pour se consacrer pleinement à l’écriture ou à d’autres formes d’expression artistique. Comme le rappelle l’autrice, « Il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une œuvre de fiction ». De tels propos mettent en évidence l’importance d’avoir un espace physique et psychologique où les femmes peuvent se retirer du monde extérieur et se concentrer sur leurs propres pensées et expériences.
___En outre, l’intimité et la solitude sont parfois nécessaires : combien de révoltés ont fait l’expérience de la solitude, et fait de cette solitude la source de leur combat ! Qu’elle soit subie ou volontaire, douloureuse ou sereine, la solitude permet l’affirmation du moi : Nelson Mandela est l’un des exemples les plus emblématiques du combat pour l’égalité, notamment pendant sa période de détention. Pendant 27 ans, Mandela a été emprisonné en raison de son rôle de leader dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Pendant sa captivité, il a utilisé son temps de solitude pour réfléchir, étudier et développer sa vision de l’égalité et de la justice. La solitude de sa cellule lui a offert un espace pour approfondir ses idées, renforcer sa détermination et cultiver son leadership. Il a également pu communiquer avec d’autres prisonniers politiques et militants, partageant des idées et des stratégies pour lutter contre l’oppression et promouvoir l’égalité. Loin des regards du public, Mandela a ainsi continué à être un symbole de résistance et d’espoir pour la population sud-africaine, ainsi que pour les citoyens du monde entier. 
___L’expérience de la solitude prend donc une forte dimension politique : la conquête de la liberté naît alors d’un refus des règles sociales imposées. C’est ainsi qu’Olympe de Gouges, dans sa défense acharnée de l’égalité entre les hommes et les femmes et dans son désir de promouvoir une nouvelle forme, plus juste, de « contrat social », a été souvent amenée à faire de sa solitude une marque d’affranchissement et de prise de conscience identitaire. Toute son œuvre est en effet marquée du sceau de l’autonomie et de l’anticonformisme. Sa pièce de théâtre, Zamore et Mirza ou L’Heureux Naufrage, dont le propos est de dénoncer l’esclavage des Noirs n’a ainsi pratiquement jamais été représentée tant les propriétaires d’esclaves ont fait pression pour l’interdire. Seule contre tous, Olympe de Gouges a également dû s’opposer à nombre de révolutionnaires, notamment Robespierre et Marat, pour promouvoir ses idées féministes. La conquête de la liberté naît donc d’un refus des règles sociales. Mais à quel prix ? Ainsi, l’isolement est souvent un très grand risque et amène l’individu à se mettre en marge de la société.

___Nous pouvons donc comprendre que l’engagement dans un combat pour l’égalité ne saurait se limiter à l’intimité et à la solitude. L’action collective, la solidarité et la collaboration avec d’autres personnes sont tout aussi cruciales pour promouvoir de réels changements sociaux.

___L’action individuelle, comme nous venons de le voir, est souvent limitée dans ses moyens et son application. Le collectif au contraire permet une meilleure organisation des forces individuelles.
___En premier lieu, l’implication dans une cause collective permet de repenser la citoyenneté et les rapports de pouvoir. La nécessité du collectif parcourt à ce titre toute l’œuvre d’Olympe de Gouges. Femme d’engagement et de conviction, ses appels à l’union et à la solidarité des femmes sont essentiels. Dans sa Déclaration, Olympe de Gouges ne lutte pas seulement pour les droits des femmes : elle les appelle aussi à s’éduquer contre les préjugés et à s’émanciper collectivement du sort dans lequel elles sont maintenues, afin d’en arriver à une nouvelle société plus juste, inspirée de la philosophie des Lumières : la lutte pour ces droits ne peut aboutir que si les femmes prennent conscience de leur déplorable sort et s’emparent de ces revendications afin de s’affranchir de la tutelle masculine. C’est ainsi que le postambule de la Déclaration élargit la destination du texte à l’ensemble des femmes : « Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir ». Les hommes eux-mêmes sont appelés à évoluer et à ne plus être de « serviles adorateurs rampant à [leurs] pieds ». 

___Comme nous le comprenons, la lutte pour l’égalité réussit d’autant mieux que les gens sont unis afin de faire entendre leurs voix. Le mouvement MeToo en tant que manifestation internationale de solidarité et de prise de parole des femmes victimes d’agressions sexuelles ou de harcèlement a permis à cet égard un véritable élan universel. Lancé en 2017 en réaction aux révélations d’abus sexuels dans l’industrie du cinéma, il s’est rapidement répandu à travers le monde et a permis à de nombreuses femmes de partager leurs expériences et de dénoncer les comportements prédateurs. MeToo a eu ainsi un impact considérable en suscitant des débats sur le consentement, l’égalité des sexes et la culture du silence entourant les agressions sexuelles. En favorisant également de nouvelles formes de sociabilité politique, le mouvement a encouragé des changements profonds dans plusieurs secteurs comme l’industrie du divertissement, la politique, etc. Il a mis en évidence l’ampleur du problème et a ouvert la voie à des avancées essentielles sur les violences sexistes et la nécessité d’un changement culturel pour faire bouger les consciences et agir sur la vie publique.
___Si la lutte pour l’égalité prend davantage d’importance quand elle est menée de manière collective, c’est enfin parce que s’associer, collaborer à un processus collectif, c’est passer d’un engagement militant personnel au soutien d’intérêts communautaires. En ce sens, le collectif façonne le lien social : la lutte contre les inégalités implique des actions nombreuses de sensibilisation, de mobilisation… Autant de luttes qui passent par le collectif et la force du groupe. Nous pourrions mentionner l’exemple de l’actrice Emma Watson, ambassadrice de bonne volonté à l’ONU. Dans un discours intitulé : « l’égalité des sexes est aussi votre problème ! » prononcé le 20 septembre 2014 à l’ONU dans le cadre de la campagne « HeForShe », mouvement mondial des Nations Unies pour l’égalité des sexes, Emma Waton interpelle les hommes en ces termes : « Messieurs, j’aimerais profiter de cette opportunité pour vous inviter formellement. L’égalité des sexes est aussi votre problème ». Comprenons qu’écrire et combattre pour l’égalité, plus qu’un engagement individuel, est surtout un engagement collectif. Par sa nature, l’humain est un être social : c’est en effet par le collectif qu’on peut transformer les normes sociétales et les stéréotypes qui perpétuent les inégalités, afin de promouvoir une société plus équitable et juste.

___Au terme de ce travail, il apparaît que le combat pour l’égalité nous engage à la fois individuellement et collectivement. Si la lutte pour l’égalité a pour fondement l’individualisme, elle place souvent l’individu en conflit avec la société comme le prouve le destin tragique d’Olympe de Gouges. Dans un autre registre, la série de films Hunger Games montre bien la difficulté du combat de Katniss Everdeen, la célèbre héroïne de la tétralogie : à la fois proche des masses populaires par ses origines sociales, elle est un moteur de l’action collective. Mais sa conduite transgressive, dominée par un individualisme exacerbé, rend bien souvent inefficace son action individuelle : même en voulant agir pour la communauté, elle apparaît souvent comme une rebelle fragile et solitaire. Cela montre bien qu’en travaillant ensemble, les personnes engagées dans la lutte collective pour l’égalité peuvent partager leurs expériences, renforcer leur voix, accroître leur influence et exercer une pression plus efficace sur les institutions et les décideurs. Cette solidarité est essentielle pour promouvoir un changement réel et durable vers plus d’égalité et de justice sociale.

© BR, juin 2023

  • Cet autre entraînement au Baccalauréat technologique (contraction + essai) pourrait également vous intéresser : sujet + corrigé)

Entraînement à l’épreuve de Culture générale et expression du BTS. Sujet type : Imaginaires portuaires. CORRIGÉS

BTS 2023-2024 « Invitation au voyage… »
Entraînement n°2 : synthèse + écriture personnelle
→ CORRIGÉS

Pour accéder au corpus, cliquez ici.


① La synthèse

Plan proposé

I) Les ports industriels sont des lieux qui attirent
a) Ils inspirent la création artistique
b) Même les ports les moins attrayants sont fascinants
II) Les ports sont une invitation au voyage
a) Ce sont des espaces à la fois clos et ouverts
b) Ils donnent envie de s’évader et de tout quitter
III) Les ports invitent à un déchiffrement symbolique
a) Il y a une forte dimension spirituelle dans les ports
b) Port et ressourcement personnel : le voyage comme révélation à soi-même.


____Terres d’accueil ou lieux d’embarquement vers des destinations lointaines, les ports ont toujours suscité l’envie de voyager. Telle est l’inspiration de ce dossier composé de quatre documents parus entre la fin du XIXème siècle et nos jours.
____Le premier document est un tableau célèbre de Claude Monet intitulé « Impressions, soleil levant » (1872). Par son travail sur les couleurs et les effets de lumière, le peintre nous fait imaginer le port industriel du Havre, un matin d’hiver. Largement dominé par l’idéalisation du réel, le document 2 est un poème intitulé « Le port de Palerme » publié en 1913 par Anna de Noailles dans le recueil Les Vivants et les morts. Quant au document 3, il reprend de larges extraits d’un article de fond, « Le port, un seuil pour l’imaginaire : la perception des espaces portuaires » publié en 1992 dans le n°55-56 des Annales de la recherche urbaine. L’architecte Aude Mathé réfléchit en particulier aux interactions entre le port, la ville et la mer et la perception des espaces portuaires par les artistes. Le dernier document est extrait d’un récit de voyage intitulé Le Goût du large (2016). Le journaliste Nicolas Delesalle y relate son voyage d’Anvers à Istanbul à bord d’un cargo porte-conteneurs. Le passage présenté décrit les sensations éprouvées au moment où le navire quitte le port d’Anvers.
____Nous étudierons à travers ces documents la fascination qu’exercent les ports industriels : non seulement ce sont des lieux qui attirent et inspirent la création artistique, mais ils sont également une invitation au voyage. Nous terminerons notre étude en montrant que le port, tel qu’il est perçu par les auteurs de ce corpus, devient matière à déchiffrement symbolique.

____En premier lieu, il ressort de ce corpus que le thème du port, particulièrement à partir de la Révolution industrielle, a constitué une puissante source d’attraction, notamment chez les artistes.
____Comme le note Aude Mathé, la peinture et la poésie nous rendent sensibles à ce qui, d’ordinaire, nous laisse indifférents : de fait, tous les ports évoqués dans ce dossier sont des lieux industriels. Ainsi, la célèbre toile de Claude Monet, « Impression, soleil levant » nous décrit le paysage portuaire du Havre. Représentation artistique d’un monde bouleversé par la société industrielle, le tableau met l’accent sur la face laborieuse du Havre : les grues, les docks et les cheminées d’usines. Cette impression se retrouve également dans le poème d’Anna de Noailles : femme de la haute aristocratie, l’autrice s’attache pourtant à retranscrire l’atmosphère populaire et industrieuse du port de Palerme. Comme dans le tableau de Monet, ce parti-pris très réaliste et assez inhabituel en poésie s’oppose aux stéréotypes de l’art qui utilise généralement un cadre plus idyllique.
____De plus, même les ports les plus inhospitaliers deviennent attirants car ils font surgir une multitude d’émotions et de sentiments. Anna de Noailles se plaît à décrire le vieux port « goudronné » dans toute sa pauvreté : l’autrice évoque ainsi son attirance pour la « rade noire et sa pauvre marine ». De même, Nicolas Delesalle décrit son départ du port d’Anvers à bord d’un cargo, loin du confort des croisières : au contraire, le journaliste ancre sa description dans une topographie maritime et portuaire, comme pour mieux percevoir des sensations nouvelles : les nombreux effets de réel renforcent le sentiment de dépaysement qui assaille le journaliste. Comme le fait remarquer Aude Mathé, si les ports attirent tant, c’est qu’ils parlent aux sens et à l’imaginaire. Nous retrouvons tout à fait cette impression dans le poème d’Anna de Noailles ou dans le tableau de Claude Monet qui fait surgir, au-delà du ciel pollué par l’activité industrielle et par la marine marchande, un lieu qui semble sortir de la réalité : les lignes de fuite du tableau nous plongent en effet en pleine rêverie.

____Le deuxième aspect qui ressort de ce corpus est que les ports sont une invitation au voyage.
____Selon Aude Mathé, le port a la particularité d’être un lieu d’échange entre ville et mer, espace à la fois clos et ouvert sur l’infini, protecteur et propice au dépaysement. Selon l’autrice, c’est ce mélange de clôture et d’expansion qui fait toute la valeur symbolique du port. Le tableau de Monet illustre parfaitement cette analyse : le peintre a accentué la vue sur le bassin du port du Havre, mais en même temps par touches impressionnistes, il nous invite au dépaysement : toute la toile baigne en effet dans une douce harmonie où se mêlent le gris-bleuté, l’oranger, le rose pâle créant un monde apaisé, propice à l’évasion. Pareillement, si à première vue le poème d’Anna de Noailles est une sorte de carte postale pittoresque centrée sur les activités manufacturières et marchandes quotidiennes, progressivement, le texte nous invite vers un au-delà de la réalité concrète : le réalisme laisse place au thème du voyage. Il n’est guère étonnant également que tous les termes techniques qui jalonnent le récit de Nicolas Delesalle nous fassent progressivement basculer du côté du dépaysement et de l’ailleurs.
____Comme le montre très bien le dossier, la particularité du port, c’est qu’il est en soi déjà voyage : sorte de passeport pour le rêve, le port donne envie de tout quitter sans forcément bouger. Ce paradoxe est longuement analysé par Aude Mathé : selon elle, on peut s’évader en imagination rien qu’en regardant les activités portuaires ou en admirant les bateaux dont les noms évoquent des destinations lointaines. Cette impression se retrouve dans le poème d’Anna de Noailles qui se laisse aller à l’évocation des « vaisseaux délabrés » : c’est en effet à travers leur contemplation que commence l’évasion vers l’imaginaire. Le port apparaît ainsi comme une sorte de voyage immobile. Aude Mathé explique cette attirance des artistes par un besoin d’idéalisation du réel. Qu’il s’agisse du Havre, de Palerme ou d’Anvers, le réel cède sa place à un ailleurs virtuel et fantasmé, porteur de rêves et d’aventure : la description des bateaux, des bâtiments et des quais est comme une invitation au voyage selon un axe allant du concret à l’immatériel.

____Enfin, les ports industriels invitent à un voyage qui est surtout un voyage spirituel.
____Tout d’abord, ainsi que le remarque Aude Mathé à partir d’une citation de Joseph Conrad, le port témoigne d’une forte dimension symbolique qui apparaît comme une métaphore de la quête de la pureté. Prélude à une sorte de ressourcement spirituel, le voyage entrepris par Nicolas Delesalle apparaît ainsi comme une échappatoire au monde consumériste pour rechercher seulement « l’océan, le silence et le vent… l’horizon infini ». Pareillement, il ne faut pas regarder le tableau de Claude Monet comme une simple peinture d’un lieu industriel : toute l’organisation de la toile invite à la transfiguration du réel et l’idéalisation du banal. Cette impression est plus nette encore dans le poème d’Anna de Noailles où de simples citernes deviennent des « citernes du rêve » : par cet oxymore, l’autrice passe de la dimension réaliste à la dimension onirique, sorte d’alchimie poétique qui transfigure l’univers le plus matériel en univers spirituel.
____En outre, tous les textes mettent l’accent sur le voyage comme révélation à soi-même. Aude Mathé note le déchiffrement spirituel qui est à la base de la symbolique portuaire. De même, chez Anna de Noailles, le port invite à une forte dimension de ressourcement intime. Plus qu’un lieu, c’est un moment de départ et d’accomplissement « ineffable » permettant de goûter une plénitude intérieure. La description réaliste du port de Palerme, par une idéalisation et une allégorie du concret, s’est donc transformée peu à peu en un univers imaginaire, qui est celui du rêve, mais plus fondamentalement, en une quête existentielle. Nicolas Delesalle évoque également son besoin de renaissance à travers une expression frappante : « je vais bientôt naître à la mer », qui signifie tout à la fois le ressourcement spirituel et la célébration d’une quête du sens. La description du port s’élargit ainsi à la construction d’un paysage métaphysique qui doit amener à une nouvelle naissance grâce à la mer.

____Pour conclure, le corpus que nous avons synthétisé invite à interroger à travers la symbolique du port le sens du voyage dans le monde moderne. Entre réel, imaginaire et symbolique, les ports apparaissent bien comme des lieux de passage de l’espace urbain vers des horizons lointains. En définitive, comme le suggère Aude Mathé, le voyage imaginaire que l’on rêve en regardant les bateaux dans le port ne serait-il pas supérieur au voyage que l’on pourrait faire réellement ?

© Bruno Rigolt, février 2023.

BTS 2023-2024. Migrants, exilés, réfugiés : de l’invitation au voyage à l’errance

Entraînement n°3
Thème au programme : Invitation au voyage
Sujet complet conforme au BTS

Migrants, exilés, réfugiés :
de l’invitation au voyage à l’errance

Bruno Catalano, « Les Voyageurs » (bronze).
Statue exposée en 2013 au port de Marseille.

___Les progrès des modes de locomotion depuis la Révolution industrielle ont mis le voyage à la portée de tous. Les chemins de fer, les grands paquebots, l’aviation ont ainsi entraîné des expériences inédites du voyage. Pourtant, à côté de cette dimension artistique et touristique marquée par le dépaysement et le désir d’aventure, le voyage a pris, particulièrement à partir de la deuxième moitié du XXème siècle, un caractère nouveau.

___Le recours à l’immigration massive, liée aux nécessités du développement économique, l’appel à la main d’œuvre étrangère, la destruction des équilibres traditionnels et la question du droit d’asile entraînent, particulièrement en ce début du XXIème siècle, un nouveau rapport à la frontière et au territoire. Chassés par la tragédie des guerres et de la misère, des milliers de réfugiés et de demandeurs d’asile entreprennent le voyage vers l’Europe pour obtenir aide et protection.

___Migrations, exils, errances : par leur ampleur et leur durée, ces flux migratoires en provenance du Moyen-Orient et des pays subsahariens bouleversent et inquiètent : les récits de voyage entrepris au XIXème siècle ont laissé place à une réalité dramatique qui fait la Une de l’actualité : tel est l’enjeu de ce corpus, centré sur les rapports entre voyage, immigration et clandestinité ; entre déracinement, nostalgie du pays natal et quête d’un impossible Eldorado…

Activités d’écriture : 

♦ Synthèse : Vous réaliserez une synthèse concise, ordonnée et objective des documents suivants :

  1. Document 1 : Marguerite Yourcenar, « Gares d’émigrants : Italie du sud », 1934
  2. Document 2 : Laurent Gaudé, Eldorado, 2006
  3. Document 3 : Valérie de Graffenried, « Voyage avec des migrants », Le Temps, 23 janvier 2015
  4. Document 4 : Nash Paresh, « Human trafficking », 2015

♦ Écriture personnelle (sujet au choix) :

  1. Dans quelle mesure notre expérience du voyage change-t-elle notre représentation du monde ?
  2. Selon vous, quel rôle joue le voyage dans la connaissance de l’autre ?

Vous répondrez d’une façon argumentée en vous appuyant sur les documents du corpus, vos lectures de l’année et vos connaissances personnelles.

 

Document 1 : Marguerite Yourcenar, « Gares d’émigrants : Italie du sud », 1934.

Gares d’émigrants : Italie du sud

[su_tooltip text= »lanterne, signal. »]Fanal[/su_tooltip] rouge, œil sanglant des gares ;

Entre les ballots mis en tas,
Longs [su_tooltip text= »appels d’une voix forte »]hélements[/su_tooltip], sanglots, bagarres ;
Emigrants, fuyards, [su_tooltip text= »apostat : celui qui trahit une cause, un parti. Ici le mot désigne ceux qui, étant émigrés, semblent avoir renié leur pays d’origine et sont abandonnés de toute part. »]apostats[/su_tooltip],
Sans patrie entre les états ;
Rails qui se brouillent et s’égarent.

Buffet : trop cher pour y manger ;
Brume sale sur la portière ;
Attendre, obéir, se ranger ;
Douaniers ; à quoi sert la frontière ?
Chaque riche a la terre entière ;
Tout misérable est étranger.

Masques salis que les pleurs lavent,
Trop las pour être révoltés ;
Etirement des faces [su_tooltip text= »hâve : amaigri, blafard, maladif et pâle. »]hâves[/su_tooltip] ;
Le travail pèse ; ils sont [su_tooltip text= »bâté : qui porte un bât, c’est-à-dire un dispositif que l’on attache sur le dos de certaines bêtes de somme pour leur faire porter une charge. Ici, les réfugiés sont comparés à des animaux qu’on aurait bâtés. « ]bâtés[/su_tooltip] ;
Le vent disperse ; ils sont jetés.
Ce soir la cendre. À quand les laves ?

Tantôt l’hiver, tantôt l’été ;
Froid, soleil, double violence ;
L’accablé, l’amer, l’hébété ;
Ici plainte et plus loin silence ;
Les deux plateaux d’une balance.
Et pour fléau la pauvreté.

Express, lourds, sectionnant l’espace,
Le fer, le feu, l’eau, les charbons
Traînent dans la nuit des wagons
Des dormeurs de première classe.
Ils bondissent, les vagabonds.
Peur, stupeur ; le rapide passe.

Bétail fourbu, corps épuisés,
Blocs somnolents que la mort rase,
[su_tooltip text= »‘ils se signent’ : ils font le signe de croix. »]Ils se signent[/su_tooltip], terrorisés.
Cri, juron, œil fou qui s’embrase ;
Ils redoutent qu’on les écrase,
Eux, les éternels écrasés.

Marguerite Yourcenar, 1934. Les Charités d’Alcippe, Gallimard NRF, 1956, 1984. 

  • Document 2 : Laurent Gaudé, Eldorado, 2006.

Laurent Gaudé (né en 1972) raconte dans Eldorado (Prix des lycéens de l’Euregio 2010) l’épopée dramatique de migrants africains épris de paix et de liberté qui rêvent de meilleures conditions de vie en Europe. Dans ce passage, Soleiman et Jamal, deux frères soudanais, font route vers la Libye afin de tenter la traversée pour l’Europe…

[Actes Sud, 2006, « J’ai lu », p. 88-91. De : « Dans ce paysage que nous ne connaissions pas », p. 88 à « Elles blessent toutes », p. 91]

____Dans ce paysage que nous ne connaissions pas, le guide nous mène jusqu’à une route. Une voiture nous y attend. J’aurais voulu qu’elle ne soit pas là. J’aurais voulu qu’il faille marcher pendant des heures, des jours même, pour parvenir à l’atteindre. Mais elle est là.

____Notre guide a salué le conducteur. Mon frère s’approche. Il parle à l’homme. Je n’entends pas ce qu’ils disent mais je vois mon frère sortir de l’argent et le lui tendre. C’est mon passage qu’il paie. Cet argent qu’il donne est celui qui lui manquera pour s’acheter des médicaments. Je voudrais lui crier de reprendre les billets mais je ne le fais pas. Je suis épuisé. C’est comme un peu de sa vie qu’il donne à cet homme. Il se condamne à la douleur pour moi. ·

____Je sais que maintenant les choses vont aller très vite. C’est ce que veut Jamal. Que je sois happé par le rythme du voyage. Le conducteur va vouloir que j monte et il démarrera sans attendre. Je veux un peu de temps. Je repense au thé que nous avons bu chez Fayçal. Je croyais que nous faisions nos adieux à la ville mais Jamal savait, lui, qu’il reviendrait. C’est à moi qu’il disait adieu. Cette tristesse dans ses yeux, c’était celle d’avoir à quitter son frère.

____Notre guide vient me saluer. Il me recommande à Dieu et ajoute, avant de faire trois pas en arrière : « Si tout va bien, tu seras à Al-Zuwarah dans deux jours. » Je regarde mon frère. Je suis perdu.
____— Où est-ce que je vais, Jamal ?
____Je ne sais même pas où je pars. Il voit mon trouble. Alors, encore une fois, il s’approche de moi et m’entoure de son calme. Il m’explique qu’il a payé pour tout, que je n’ai plus à me soucier de rien, simplement me concentrer sur mes forces et aller jusqu’au bout. La voiture m’emmène à Al-Zuwarah, sur la côte libyenne. Elle me déposera dans un appartement où les passeurs viendront me cher¬cher. Je paierai la deuxième moitié à ce moment-là, pour la traversée. Jamal parle lentement. Il a tout calculé. Tout prévu. Il me demande si j’ai bien compris. Je ne parviens pas à penser que je vois mon frère pour la dernière fois. La tête me tourne. J’ai besoin d’appui. […] Je me remplis de lui pour ne jamais oublier le visage qu’il a à cet instant.

____Je monte à l’arrière de la voiture qui démarre d’un coup, Jamal et le guide me font signe, un temps, de la main, puis me tournent le dos et reprennent leur marche en sens inverse. Je suis loin de chez moi. Cette voiture poussiéreuse m’arrache à ma vie. Ce sera ainsi désormais. Je vais devoir faire confiance à des gens que je ne connais pas. Je ne suis plus qu’une ombre. Juste une ombre qui laisse derrière elle un petit filet de poussière.

____Nous roulons sans cesse. De jour comme de nuit. Toujours vers la mer. Je me perds dans des terres que je ne connais pas. J’imagine Jamal en train de faire la route dans l’autre sens. li repasse la frontière, sans joie cette fois, sans embrassade, retrouvant sa vie laide d’autrefois. Comme une bête qui, après s’être échappée, retourne de son propre chef à l’étable.

____Je me suis trompé. Aucune frontière n’est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. Nous avons cru pouvoir passer sans sentir la moindre difficulté, mais il faut s’arracher la peau pour quitter son pays. Et qu’il n’y ait ni fils barbelés ni poste frontière n’y change rien. J’ai laissé mon frère derrière moi, comme une chaussure que l’on perd dans la course. Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes.

Laurent Gaudé, Eldorado, Actes Sud, 2006, « J’ai lu », p. 88-91.
Edition numérique : https://www.google.fr/books/edition/Eldorado/C_QJL_AA3OwC?hl=fr&gbpv=1&dq=Laurent+Gaud%C3%A9+Eldorado&printsec=frontcover

Document 3 : Valérie de Graffenried, « Voyage avec des migrants », Le Temps*, 23 janvier 2015.
https://www.letemps.ch/voyage-clandestins-syriens-echoues-europe
* Le Temps est un quotidien suisse édité à Genève.

[…] Gagner l’Allemagne, c’est le vœu de Tariq. Mais pas seul : il voyage avec son bout de chou de neuf ans, Maher, qui trotte menu derrière lui malgré les dangers, le froid et la précarité. Ensemble, ils ont quitté la Syrie il y a plus de deux mois et ont rallié d’autres réfugiés syriens, migrants clandestins, qui tous veulent rejoindre le nord de l’Europe, par n’importe quel moyen.

Après l’enfer de la guerre, ils sont tombés aux mains de trafiquants sans scrupules qui les ont entassés à fond de cale pour traverser la Méditerranée, ont été secourus par les garde-côtes italiens, placés dans des camps de fortune, puis ils ont repris leur progression obstinée vers le nord, en s’arrêtant à Milan, le passage obligé vers lequel toutes les routes, légales et illégales, convergent.
[…]
Deux ou trois volontaires, selon l’heure, accueillent, conseillent et orientent les exilés syriens. Chaque matin, ils disposent une table à l’entresol du hall central […]. Les Syriens ne manquent pas d’arriver, petit à petit en fin de matinée, pour ce qui est devenu le rendez-vous informel des clandestins.
[…]
Tariq et Samir ont déboursé 6000 dollars chacun pour traverser la Méditerranée. Ils sont désormais à sec. Trois jours plus tôt, ils ont payé 400 dollars la place à un passeur pour qu’il les conduise en voiture jusqu’à Munich. «Tout était réglé, nous devions payer une partie au départ, le solde à l’arrivée.» Les détails sont arrangés par un compatriote syrien, un intermédiaire. Le conducteur, un Égyptien résidant en Allemagne, les pousse dans son minibus. « Après huit heures de route, il nous a débarqués précisant que nous étions à Munich », raconte Tariq. Ils étaient en fait retournés à la case départ, la gare de Milan.

En plus de Tariq et d’Afran, quatre autres passagers avaient pris place à bord du van. Tous ont été floués.
Aucun des pigeons n’osera porter plainte, explique Tariq: « Que dire au commissariat ? Que j’essayais de passer illégalement en Allemagne ? Je dois récupérer mon argent pour continuer le voyage ! » Tariq n’a pas perdu espoir, il reste en contact téléphonique avec son voleur qui, jour après jour, lui promet de le rembourser.
[…]
La nuit est tombée depuis longtemps, mais ce n’est encore que le début de la soirée. Pour Tariq, Afran, Samir, Moncef, Abou Leyla et Maher, c’est l’heure du couvre-feu : ils logent dans un centre d’hébergement d’urgence situé en périphérie et doivent rentrer avant 20 heures. Le trajet prend une heure. Dans la zone industrielle où se trouve l’abri, via Corelli, le paysage devient gris et l’éclairage public anémique. Le centre se trouve derrière murs et grillages, en contrebas d’une bretelle d’autoroute. « Il y a une majorité de Syriens», explique le directeur: « Ils se répartissent dans six centres, dont celui-ci. En automne, il y en avait quatre de plus. Les réfugiés ne restent pas longtemps. Ils filent rapidement vers d’autres cieux.»

L’Italie ne figure pas au rang des pays d’accueil que choisissent, quand ils le peuvent, les réfugiés, commente Samir: « Il n’y a rien pour nous ici. Pas de travail, ni de perspectives. Les Italiens ne veulent pas de Syriens chez eux. En revanche, en Allemagne, en Suède et en Norvège, c’est facile d’obtenir un permis de résidence. En Suède, tu reçois même de l’argent.» Abdallah tient cela de contacts, cousins et amis, qui ont fait le voyage avant lui. Il a fait son choix: Stockholm. Est-il sûr de l’accueil qui lui sera réservé ? « Après ce qu’on a traversé, tout semblera doux comme du miel. En plus, j’ai de la famille là-bas. »

Le lendemain, un mercredi, dès le matin les trafics s’organisent à la gare de Milan. A l’entrée, un rabatteur a réuni une demi-douzaine de candidats au voyage, probablement aussi des Syriens. Le Tunisien rencontré la veille apparaît et récolte discrètement des billets de banque, un rendez-vous est pris. Malgré les filouteries, la voiture est réputée plus sûre que le train où les contrôles des douaniers sont de plus en plus stricts.

Le petit groupe de migrants avec quelques sacs pour tout bagage est ramené vers une salle d’attente à l’intérieur. La pièce est chauffée, mais l’odeur d’urine et de relents d’alcool infâme. Une heure d’attente avant qu’un comparse ne rapplique pour prendre en charge la troupe, qui quitte les abords de la gare en faisant de prudents détours puis disparaît dans un immeuble.

Retour à la gare. Tariq, que nous avons quitté la veille, arrive le premier, vers midi. Il a veillé une partie de la nuit, pour imaginer une solution, en vain: il est tributaire d’un virement hypothétique. Samir suit, il veut partir au plus vite, et pourrait avancer une partie de l’argent du voyage à Tariq et à Afran, qui refusent d’abord. Sur les bancs de marbre de l’entresol, la discussion bat son plein. L’impatience et la peur alternent : partir ou attendre encore ? Afran et Tariq penchent pour différer le départ, Samir et Abou Leyla ont tranché, ils partent. Moncef ne sait pas. […]

  • Document 4 : Nath Paresh*, « Human trafficking »** (2015). 

* Nath Paresh est un dessinateur travaillant pour le quotidien Khaleej Times, publié en anglais à Dubaï et aux Emirats Arabes Unis depuis 2005. Il a également dessiné dans le Herald Tribune en Inde de 1990 à 2005. Il a remporté le prix de l’ONU en 2000 et 2001. Ses dessins sont publiés dans diverses publications internationales à travers le monde : le New York Times, International Herald Tribune (Paris ), Los Angeles Times, World Press Review, The Guardian, Ouest France, Time, Courrier International… 

** Traite d’êtres humains. « Reach Europe at a low price » : « Rejoignez l’Europe à faible coût ».

« Human trafficking » publié le 27 avril 2015 par Nath Paresh dans The Khaleej Times (Émirats Arabes Unis).
(https://politicalcartoons.com/cartoon/163161/human-trafficking)
Dessin de presse reproduit dans l’ouvrage Tous migrants, 60 dessins de presse (préface de Benjamin Stora), Gallimard 2017, page 40.
___

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Clémence G.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Clémence G. (Classe de 1ère G7)
Lundi 5 décembre : Manoa T. (Classe de 1ère G7)

  

Martinique

par Clémence G.
Classe de Première G7

              

De mes doigts de sable, je dessine le calme
De ton paysage mêlé à l’horizon.
Ici, là-bas, les libres frégates flottent dans les nuages.

La clarté du crépuscule jaillit des cieux éblouissants
De tes yeux ; les dernières étincelles de l’étoile enflammée
Ont colorié les nuées. Je viens toucher le soir de mes mains.

Martinique, je ne peux m’empêcher de penser à toi
Ô, éternel paysage des îles comme autant de voyages gravés dans mon cœur
Tous ces instants passés échoués dans le bleu de mes larmes…

« Martinique, je ne peux m’empêcher de penser à toi
Ô, éternel paysage des îles comme autant de voyages gravés dans mon cœur… »

Illustration : © Clémence G., décembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Manoa T.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Manoa T. (Classe de 1ère G7)
Dimanche 4 décembre : Voldie N. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 7 décembre : Clémence G. (Classe de 1ère G7)

  

Lumière acquise avec le temps

par Manoa T.
Classe de Première G7

              

Un vieil arbre seul, sa face livide voyant le soir
Rêvant des jours glorieux qu’il vivait…
Un vieil arbre seul parmi les graviers et la pierraille,
Ses branches noueuses, les rides de son écorce
Cachant l’âge des mauvaises herbes pures.

Un vieil homme seul, porteur de savoir et d’expérience
Abandonné aux profondeurs du soir…
Un vieil homme seul débordant de la sagesse du temps,
Ses mains noueuses touchant la pierre,
Ses mains qui saignent.

J’avance vers vous, dans la lumière acquise avec le vent
Ma marche sera complète lorsque j’aurai touché vos rides
Elles portent l’histoire du monde, de la Terre et du Ciel !
Et ma jeunesse a fait de vous des génies vivants.
J’avance vers vous dans la lumière acquise avec le temps…

« Un vieil arbre seul, sa face livide voyant le soir
Rêvant des jours glorieux qu’il vivait… »

Illustration : © Bruno Rigolt, décembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Voldie N.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Voldie N. (Classe de 1ère G7)
Samedi 3 décembre : Loïs O.-N. (Classe de 1ère STMG3)
Lundi 5 décembre : Manoa T. (Classe de 1ère G7)

  

Mon chemin c’est la mer

par Voldie N.
Classe de Première G7

              

Quand au matin apparaît l’aube
L’espoir renaît autour du globe
Comme érigé par le vent
Il nous a toujours mené vers l’avant.

J’ai fait le rêve d’un monde meilleur
Où la tristesse tombe
Et se noie au fond des océans
Emportant avec elle nos peines et nos douleurs.

Le vent rude qui souffle sur l’azur
Nous apporte le calme et nous rassure
Souffle et balaie les nuages obscurs
Et ne perdure que la lumière qu’il nous procure.

Non, mon chemin n’est pas un simple chemin
Je m’y dirige comme tirée par la main
Mon chemin c’est la mer
J’aime la mer. La mer comme une mémoire de voyage…

« Mon chemin c’est la mer
J’aime la mer. La mer comme une mémoire de voyage… »

Illustration : Voldie N., 2022

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Loïs O.-N.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Loïs O.-N. (Classe de 1ère STMG3)
Vendredi 2 décembre : Enzo R. (Classe de 1ère STMG3)
Dimanche 4 décembre : Voldie N. (Classe de 1ère G7)

  

Crépuscule

par Loïs O.-N.
Classe de Première STMG3

              

Viennent les ténèbres
Et avec elles, le crépuscule vient
Armé de sa faux, mettre fin à mes jours d’été.
L’astre de ma vie, englouti par l’horizon,
Provoque autour de moi folie et chaos.

Pourquoi le chagrin s’empare-t-il de ceux
Qui voient les dernières lueurs de leur vie
Disparaitre derrière l’horizon infini ?
Ils pleurent, ils hurlent,
Comme des loups à la Lune, leur mort inévitable.

Dans le champ de blé infini de la vie,
Au lieu de courir, de sauter et de rire,
Ils se lamentent sur leur triste existence.
Ainsi, seulement quand la Lune apparait,
Ils trouvent enfin la Paix.

« Viennent les ténèbres
Et avec elles, le crépuscule vient
Armé de sa faux, mettre fin à mes jours d’été… »

Illustration : 

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Enzo R.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Enzo R. (Classe de 1ère STMG3)
Jeudi 1er décembre : Michelle T. (Classe de 1ère G7)
Samedi 3 décembre : Loïs O.-N. (Classe de 1ère STMG3)

  

Dans le crépuscule pâle

par Enzo R.
Classe de Première STMG3

              

Sorti de nulle part,
Le bus s’est arrêté comme à chaque disparition de lune
Chose banale
De tous les jours, comme d’habitude
Dans le crépuscule pâle
C’est étrange : silence intérieur, ni mots ni sons,
Seul le bruit des pneus qui crissent sur l’asphalte.
J’ai vu les stations défiler.
Je voulais voir la fin, mais la foule me retenait.
(Sont-ils aussi vides que moi ?)
L’habitude est ma muse,
J’ai sorti mon stylo, mais il était comme mon cœur : vide
En un long cauchemar la page reste blanche,
Rien n’est sorti, le stylo était sec,
Comme en un cauchemar la page reste blanche,
J’étais paralysé, les mains gelées dans mes manches…
Le terminus arrive.

« Comme en un cauchemar la page reste blanche,
J’étais paralysé, les mains gelées dans mes manches…
Le terminus arrive… »

Illustration choisie par Enzo.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Michelle T.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Michelle T. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 30 novembre : Luca M. (Classe de 1ère STMG3)
Vendredi 2 décembre : Enzo R. (Classe de 1ère STMG3)

  

Douloureuse existence

par Michelle T.
Classe de Première G7

              

Tellement libre en apparence
Mon paysage renferme un triste sourire
Rempli de désespoir et d’angoisse
Qui guide mes pas vers la lumière.

Périlleux parcours pour mener une vie de rêve
Parfois la tornade en emporte certains
Les entraîne vers le fond
Agrandit ma peine

Jusqu’au coucher du soleil
Une profonde douleur me déchire le coeur
Face à la tristesse quotidienne
Qui hante mes nuits.

Douces larmes tranchantes comme des lames
Qui laissent de profondes blessures
Tue notre sommeil, éveille notre stress
La nuit n’est plus qu’insomnie

Seule entre quatre murs étroits
Je rêve de nuages éclairés
Que le masque peut enfin tomber
Face à personne pour me juger.

« Seule entre quatre murs étroits
Je rêve de nuages éclairés… »

Illustration : Bruno Rigolt, d’après Man Ray « Tears », 1933.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Luca M.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Luca M. (Classe de 1ère STMG3)
Mardi 29 novembre : Mona S. (Classe de 1ère G7)
Jeudi 1er décembre : Michelle T. (Classe de 1ère G7)

  

Triste sphère de plastique

par Luca M.
Classe de Première STMG3

              

Triste sphère de plastique
Échouée quelque part dans la boue.
Et voici qu’émerge
Cette rancœur, telle une parole
De clarté tardive :
« Je m’en vais ! » Déclare-t-elle.

Aussitôt, ce ballon rond
Qui rêvait de victoires
D’argent et d’or
Traversa le fleuve sale
Pollué de malice.
Frontière dépassée,

Environnement si triste.
Ballon fatigué, épuisé ;
Le courant le mène vers un lieu
Où le temps est beau
Et le bonheur permis :
Verdure et joie, plaisir et infini…

« Triste sphère de plastique
Échouée quelque part dans la boue… »

Illustration : © Luca M., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Mona S.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Mona S. (Classe de 1ère G7)
Lundi 28 novembre : Mélissa J. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 30 novembre : Luca M. (Classe de 1ère STMG3)

  

Cet oiseau

par Mona S.
Classe de Première G7

              

Sous les foudre froides qui vont vers l’aube
Sous l’écume des vagues, sur le sable
J’ai vu un majestueux oiseau
Les ailes au vent, le plumage éclatant

Ses yeux étaient aussi foudroyants que l’orage
Sous des vagues de larmes, je vis la sienne
Envahie d’un tourbillon de sensations
Dans mon ventre, j’ai senti des bouquets de papillons

L’oiseau s’envola sans m’attendre
D’un œil triste je continuais à le chercher
Dans la pluie claire, seule dans mon monde
Je pleurais de désespoir de le revoir

« Sous l’écume des vagues, sur le sable
J’ai vu un majestueux oiseau
Les ailes au vent, le plumage éclatant… »

Illustration : © Bruno RIGOLT

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Mélissa J.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Mélissa J. (Classe de 1ère G7)
Dimanche 27 novembre : Emma D. (Classe de 1ère STMG3)
Mardi 29 novembre : Mona S. (Classe de 1ère G7)

  

Automne, saison des couleurs

par Mélissa J.
Classe de Première G7

              

Automne, saison des couleurs !
Dans le froid humide, les feuilles dorées
Se laissent tomber sur le sol givré
Et dépérissent en un cimetière d’or.

Feuilles oubliées dans le passé,
Les plus belles de l’été,
Le feuillage roux des arbres s’envola,
Pour un voyage dans l’au-delà.

En dessous de l’arbre dévêtu par la saison,
Je les ai trouvées là, écrasées par les enfants
Entre les cris et les ébats, ou mises en tas.
Comme j’admirais cette feuillaison !

L’hiver venu, les arbres seront à nu,
Et l’on se souviendra de leurs bras touffus.
Pendant tout ce temps, j’attendrai les beaux jours,
Pour voir enfin leur grand retour !

« Le feuillage roux des arbres s’envola,
Pour un voyage dans l’au-delà… »

Illustration : © Mélissa J., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Emma D.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Emma D. (Classe de 1ère STMG3)
Samedi 26 novembre : Stacy L. (Classe de 1ère G7)
Lundi 28 novembre : Mélissa J. (Classe de 1ère G7)

  

J’ai fait le rêve d’un monde…

par Emma D.
Classe de Première STMG3

              

Au sein de la terre, l’aube se couche,
Elle se mourrait si calme.
Le seuil du soir se creuse au-dessus du vent
Enchantant mon âme dans la solitude

Le soir brille en paix dans une mélancolie de silence.
Le ciel aussi s’est taché de rêve,
Libre comme un feu, le soleil se couche
Derrière les rues de la ville mêlées à l’horizon.

Tombant comme le soir, la ville s’assoupit
À la lumières des âmes lointaines.
Le soleil de la nuit grandira libre,
La blessure de la vie s’épanouira

Sous la lumière du vent,
Le long des remparts du soir.
J’ai fait le rêve d’un monde qui scintille
Parmi les plaines désertes de la vie…

« J’ai fait le rêve d’un monde qui scintille
Parmi les plaines désertes de la vie… »

Illustration : © Emma D., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Stacy L.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Stacy L. (Classe de 1ère G7)
Vendredi 25 novembre : Léane B.-E. (Classe de 1ère G7)
Dimanche 27 novembre : Emma D. (Classe de 1ère STMG3)

  

Ma plume sur le papier

par Stacy L.
Classe de Première G7

              

Nous avons passé dix jours ténébreux
À nous dévisager, silencieux.
La clarté de ma lampe éclaire jusqu’à l’aube
Ton teint pâle cerné d’encre bleue.

Le brouillard s’emparant de mon être, transforme
Mon inspiration en une chose lointaine ;
Et bien que toute gracieuse,
Ma plume sur le papier reste silencieuse.

Depuis dix soirées brumeuses
J’endure les tourments enragés
Que me cause cette infinie traînée
Aussi livide que le bleu nocturne de mon âme.

Ces dix nuits de calme désespérant
Ont endormi la flamme de mon cœur ;
Mais mon Être, têtu et persévérant ,
Trouvera l’inspiration, dans l’idéal ou le néant.

« La clarté de ma lampe éclaire jusqu’à l’aube
Ton teint pâle cerné d’encre bleue… »

Illustration : © Stacy L., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Léane B.-E.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Léane B.-E. (Classe de 1ère G7)
Jeudi 24 novembre : Antonin E.-B. (Classe de 1ère G7)
Samedi 26 novembre : Stacy L. (Classe de 1ère G7)

  

Enfance perdue
Mon cœur est un voyage de souvenirs

par Léane B.-E.
Classe de Première G7

              

Cette image d’enfant
Chantant sous la lumière de la lune verte,
Libre comme un feu, aussi pur qu’un ange,
Me revient sans cesse.

Nous avons tant à perdre en perdant l’enfance,
Et tant l’ont déjà perdue en arrachant leurs racines.
Revenir à cette époque pleine de merveilles
Est un rêve sortant de mon cœur.

Contre ma fenêtre, le long des remparts du vent,
Mon corps tremble à travers des battements de larmes,
Un profond chagrin parvient à moi,
Sous une mélancolie de silence.

Mon cœur est un voyage de souvenirs
Quand je pense à l’enfant parmi les rires à vous serrer le cœur,
Ce n’est pas le regret qui s’impose mais un sentiment plus mortel.
Je ferai en sorte de ne jamais l’oublier.

« Contre ma fenêtre, le long des remparts du vent,
Mon corps tremble à travers des battements de larmes… »

Illustration : © Léane B.-E., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Antonin E.-B.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Antonin E.-B. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 23 novembre : Marwa A. (Classe de 1ère STMG3)
Vendredi 25 novembre : Léane B.-E. (Classe de 1ère G7)

  

Passage vers l’au-delà

par Antonin E.-B.
Classe de Première G7

              

Le Piéton est semblable au messager de l’au-delà
Qui s’envole en quête de paroles nouvelles.
Et le passage piéton est l’intermédiaire albe ;
L’escalier bâti par les mains de Dieu.

Tel un messie je distingue une lueur au loin
Qui m’appelle, au bout de ce passage,
L’Ange, vert de confiance me fait signe d’avancer.
Je me mets à piétiner ces dalles nuageuses…

Pendant mon ascension je regarde avec mépris
Le spectacle assourdissant des créatures noires
Lançant des cris de haine
Devant la flamme qui les éblouit tant.

Je rejoins enfin la terre des anciens,
Prêts à m’accueillir comme leur enfant.
Sous les nuages, l’ange effrayé s’envole
Et fait place à son frère déchu.

« Le Piéton est semblable au messager de l’au-delà
Qui s’envole en quête de paroles nouvelles… »

Illustration : © Antonin E.-B. novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Marwa A.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Marwa A. (Classe de 1ère STMG3)
Mardi 22 novembre : Lola B. (Classe de 1ère STMG3)
Jeudi 24 novembre : Antonin E.-B. (Classe de 1ère G7)

  

Le vent là-bas…

par Marwa A.
Classe de Première STMG3

              

Dans la forêt, un banc. J’aime m’y asseoir
Quand la solitude règne, quand le cœur saigne,
Le vent là-bas chante une mélodie radieuse,
Le monde tourne dans le ciel.

Dans la forêt, un banc. J’aime m’y asseoir
Ses bois fissurés laissent entrevoir les larmes du temps
Et pourtant le soleil passe à travers les arbres abîmés,
Et pourtant mon cœur est fendu comme un arbre.

Dans la forêt, un banc. Les multitudes d’étoiles
Chantent une chanson de pluie et d’automne,
Merveilleuse harmonie désaccordée

Perdue entre le cœur et la raison.

Dans la forêt, un banc. L’espoir s’avance
Vers le cœur p
alpitant du monde.

Le silence appelle le bruit. Le bruit appelle les larmes
Et la solitude s’est transformée en une poussière de feuilles mortes…

« Dans la forêt, un banc. J’aime m’y asseoir
Quand la solitude règne, quand le cœur saigne
… »

Illustration : © Marwa A., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Lola B.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Lola B. (Classe de 1ère STMG3)
Dimanche 20 novembre : Alice D. (Classe de 1ère G7)
Mercredi 23 novembre : Marwa A. (Classe de 1ère STMG3)

  

Tes yeux le soir…

par Lola B.
Classe de Première STMG3

              

Tes yeux le soir me donnent accès à l’espérance
Je sens ton âme qui chavire sur cette route
À la lueur du vent. Je marche
Sous des battements de larmes ;

La nuit en longs vêtements d’étoiles
Chevauche les multitudes lointaines,
Déclare les bruits des pluies de l’été
Du haut du ciel illuminé par ta véritable identité.

Tes pupilles tachées de bleu
Nageant dans les tourments du vent
Éclairent l’espoir des cieux
Où les ombres me regardent innocemment.

Face au miroir ruisselant
De la lune bleue de tes yeux,
Ta voix me parvient sous la lumière du réverbère
Et ma voix rêve d’un voile qui scintille dans la nuit…

« Ta voix me parvient sous la lumière du réverbère
Et ma voix rêve d’un voile qui scintille dans la nuit…
»

Illustration : © Lola B., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème d’Alice D.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème d’Alice D. (Classe de 1ère G7)
Vendredi 18 novembre : Timëa D. (Classe de 1ère G7)
Mardi 22 novembre : Lola B. (Classe de 1ère STMG3)

  

Voici la mer

par Alice D.
Classe de Première G7

              

Bouillonnant de mystère, le ciel d’écume
Brille dans le soir.
Des multitudes d’étoiles traversées par la vie
Semblent s’émouvoir.

Et soudain, dans le silence assourdissant,
Un murmure.
Cette voix nocturne qui m’appelle,
Enchantant mon âme en ses profondeurs :

Voici la mer.

Le temps s’évanouit,
parsemé de gouttes de sable…
Laissant tressaillir le monde par ce charme,
Comblant le silence de l’âme.

La nuit calme les déchirures,
Dessine mélodieusement un passage
Dans le velours des vagues,
Invitant mon cœur à y séjourner…

« Le temps s’évanouit,
parsemé de gouttes de sable…
»

Illustration : © Alice D., novembre 2022.

 

Un Automne en Poésie… Saison 12… Aujourd’hui le poème de Timëa D.

Rêvélation
14 novembre 2022 – 17 décembre 2022

« Rêves et Révélation »
maquette graphique : Bruno Rigolt, © octobre 2022
(Peinture numérique et Photomontage à partir de Bansky (2005).

Les élèves de Première G7 et de Première STMG3 du Lycée en Forêt (Montargis) sont fiers de vous présenter la douzième saison de l’exposition « Un Automne en Poésie », manifestation d’art qui entend marquer de son empreinte la création littéraire lycéenne.

Les créations artistiques des élèves seront publiées
du lundi 14 novembre 2022 au samedi 17 décembre 2022.

Rêvélation ou la transmutation du visible vers l’invisible…

La thématique retenue pour cet atelier d’écriture invite à entrer dans les coulisses de la fabrication poétique. Parce qu’elle est associée au Ciel, c’est-à-dire à un processus de révélation, la poésie est l’art de la transmutation de la boue en or grâce au pouvoir des mots : au sein de leurs œuvres, et dans le sillage des Fleurs du Mal de Baudelaire, les élèves ont cherché à réenchanter et à réinventer le monde pour le rendre plus idéal… Ainsi comprise, la poésie devient quête spirituelle par laquelle s’opère la métamorphose de la boue en or, du banal vers l’extraordinaire, du visible vers l’invisible…

Plusieurs textes seront publiés chaque semaine, dans l’Espace Pédagogique Contributif
jusqu’au 17 décembre 2022 (dernière livraison).

Découvrez aujourd’hui le poème de Timëa D. (Classe de 1ère G7)
Hier, 17 novembre : Chloé A. (Classe de 1ère STMG3)
Dimanche 20 novembre : Alice D. (Classe de 1ère G7)

  

Bourrasques enflammées

par Timëa D.
Classe de Première G7

              

Le peuple des feuilles tombe
Tel le roulement des vagues maritimes
Étésien pourtant, le ciel automnal devient agressif, électrique,
Un souffle de chaleur et de rancœur : la plage s’attriste
Elle n’aura plus les souvenirs qui la faisaient vibrer,
Effacés par une simple bourrasque…

Le coquillage me fait entendre la forêt enflammée.
Les oiseaux enneigés repartent
Pour une virée sableuse et voyageuse.
Errant sans but, divaguant, attendant,
L’hiver viendra et l’été s’oubliera
Je ne veux pas les laisser partir, je ne peux pas.

Me voilà, dansant dans les tornades envoûtantes,
Ces pétales de couleurs, par milliers s’envolent
Orange, rouge et jaune deviennent l’hymne du vent.
Bercée par cette capacité onirique et nostalgique,
Ma perception s’embrouille de cette volupté
Et se laisse emporter dans ce puits de beauté.

« Me voilà, dansant dans les tornades envoûtantes,
Ces pétales de couleurs, par milliers s’envolent
Orange, rouge et jaune deviennent l’hymne du vent…
»

Illustration : © Timëa D., novembre 2022.