Exposition "Poèmes Symbolistes" par la classe de Première ES1 Première livraison

La classe de Première ES1 est fière de vous inviter à partager un moment poétique autour du Symbolisme. Préparée en décembre, cette exposition a été présentée pour la première fois lors de la journée Portes ouvertes du lycée, le samedi 20 mars 2010. Certains textes ont bénéficié de quelques remaniements depuis. Je vous invite à découvrir aujourd’hui ces écrits, dont certains sont d’une très grande force tant sur le plan littéraire qu’artistique.

Première livraison

Les poèmes seront mis en ligne progressivement.
Bonne lecture à toutes et à tous !

   Poèmes Symbolistes

par la classe de Première ES1

                               

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Prélude à ton sourire

par Anaïs M.

                  

J’ai voulu écrire un prélude à ton sourire

Mais l’inspiration ne me guidait plus.

Je me suis perdue dans la thérapie de la vie,

Dans le brouillard de mes pensées.

J’aime le froid de la solitude, tu sais :

Elle me colle à la peau quand mon chagrin

Est à marée haute.

J’ai embrassé le noir fond des ténèbres,

J’ai plongé dans des océans de lumière

Qui rongeaient peu à peu mon cœur de pierre.

Mon amour est un sable mouvant où s’enlise

Le moindre sentiment qui passe

Au rivage de mes lèvres.

Au tourbillon de la vie, mes larmes s’effacent ;

La poussière de mes pensées est une glace qui se brise

Dans la mer, bleue de larmes…

                

                  

Dans les chemins de la nuit

par Marie C.

                       

Une vague disparaît dans la mer : mon cœur s’est plongé dans le tien

L’écume de mes larmes est restée sur le rivage…

La lune tente de consoler le ciel moins bleu,

le vent est l’ennemi du soleil, le vent se lève.

 

Le soleil s’est échoué dans le désespoir de la vie

La lune apparaît, la nuit se crée.

Mon chagrin tombe goutte à goutte

Dans les chemins de la nuit…

         

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Rivage de la tristesse

par Pauline T.

                         

L’amour reposait sur un oreiller de vent,

Emporté par le sable au bord d’un naufrage.

L’enfant poussait dans le jardin du bonheur

Naissait à l’aube dans un clair brouillard.

 

L’amour additionnait le bonheur et les larmes

Provoquait le rivage de la tristesse d’une femme

Dans une vie remplie d’images désirables :

Des envies roses, le cœur d’une seule vague à prendre…

               

                   

 

Mes yeux s’ensablent vers le silence

par Fanny D.

                            

La lune chuchote l’avenir léger ; des astres allument

Les constellations enneigées.

Le ciel est bercé par la tristesse de l’inconnu

Le printemps est fané.

              

Mes yeux s’ensablent vers le silence

La nuit ouvre la clé rêveuse

D’un chemin perdu dans les dunes,

Empli de tristesse et de brumes…

                    

                          

Dans le solfège des rêves

par Margot G.

                   

La mort

Comme une musicalité…

Ses regrets naviguent

Dans le solfège des rêves

La mer pour elle comme

Le refrain du mal-être :

Puissante métamorphose rebelle

Dans les tempêtes noires

De la Liberté.

           

 

              

 

Ode à la mer

par Amélie R.

 

Sur la rive étoilée, une colombe arrêtée

Sur le sable.

Au loin, une route

À l’orée de la pluie

S’ouvre éperdument aux désirs enfuis

Vers des avenues d’étoiles.

L’amour du péché apparaît

Sur ce tapis stellaire

Comme un chagrin enfoui

Que la plume ne peut arrêter ;

Une femme emplie d’un plaisir solaire tente d’accéder

À la rose mortuaire.

Cris et pleurs déchéants

Rappellent le vent

Comme une ode à la mer !

                

           

Les néologismes de la lumière

par Marion M.

                 

Le pommier est tordu avec le temps

Tes yeux se figent pour m’anéantir

Les horloges ont terrassé l’amour doré d’une mélodie exaltante

 

La vie célèbre les néologismes de la lumière.

Le soleil me promet une voie lactée de ton sourire

Ma vie est teintée du son de ta voix

Elle envahit mes pensées, colore mon cœur d’arcs-en-ciel et d’oriflammes

 

La nature du mystère est grande comme l’épopée de l’amour

Mêle pénombres et clartés, parfois et toujours

Parmi l’eau fraîche de l’été…

                   

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La moisson des vents

par Charles G.

          

Envolé le cahier rose de l’élève

Pour des rivages plus froids

Moissonnés par les vents.

 

Le vélo transporte ses rancœurs

Et son envie de partir

Vers des mondes éphémères.

 

Les gratte-ciels s’effondrent

Comme à la plage des châteaux de sable

Emportés par la mer…

               

           

(Luna)

par Florence G.

                

Dans l’océan tourbillonnant

Ses yeux fatigués d’enfant

Voient s’éteindre le jour d’un coup de rame.

Les cendres du croissant d’argent

Embrumant l’embrumé signe de liberté

Idéalisant des mondes fantastiques dans le désir et l’oubli

Dans le froid de l’orage noué d’illusions

Prenant le temps

Le rouge recouvrant les larmes de son corps

Et le chagrin songeur se détournait du monde.

Seule la plume ancrée du vent

Se meurt avec lui dans l’océan tourbillonnant

De ses yeux fatigués d’enfant..

(Luna)

              

              

Par delà les monts verts

par Maxime S.

            

L’amour noir de la lune

Pour les immenses fleurs marines

Et le foin orange des prairies.

L’âme arc-en-ciel évadée

D’amours rapides

Par delà les monts verts

Et les glaces enneigées de là-bas…

        

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Sur mes larmes

par Marie B.

 

Samedi, j’ai embrassé quelques chagrins et des orages superficiels

Qui m’ont fait rire de peine.

Dîner avec les larmes aux couleurs pastel,

Courir après l’inspiration aromatisée d’amertume,

Chercher la fragilité d’un soupir abattu de sourires…

La neige, elle, construisait sur mes larmes

La douceur de l’oreiller aussi piquante que des pétales de rose.

              

                 

L’écriture du poète

par Alexia L.

 

Comme les mers hantaient mes rêves cauchemardesques

Je vis soudain tous ces corps inhumains

Parfaitement dessinés au fer rouge de l’aurore

Balancés sur l’étendue brûlante de mon esprit noyé.

                   

Quand je repense aux rivages perdus de mes rancœurs amères

Je ne connais de différences plus séduisantes

Qu’un terrible artifice incendié

Confronté au réel d’innombrables mers.

                     

L’écriture du poète est comme ces peines perdues

Qui le poussent peu à peu vers l’inconnu de la solitude

Et l’eau douce de la vie, là où la mémoire commence,

Tourbillonne à la surface des eaux mouvantes du monde…

                       

                         

Ouragan d’un voyage tel l’oiseau

Fatimatabintou D.

 

Le soir, les étoiles reflètent la vérité

Une vague de repos s’installe sur la mer

Alors je rêve d’une pensée sans mémoire :

Corps d’un immense ciel

Et les souvenirs sombres d’un enfant

Espérant découvrir une lumière

À l’aide du chant comme œuvre :

Le livre ouvert, les mains rouges,

Mais ce n’est pas la couleur du sang…

                   

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Fin de la première livraison

Pour voir la suite de l’exposition, cliquez ici.
Crédit iconographique : © Bruno Rigolt (EPC/mai 2010)

              

Semaine internationale de la Francophonie… Slam balance pas mal au Lycée ! Avec la classe de Seconde 18. Aujourd’hui : Audrey !

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Le  jeu des ”Dix Mots” 2010…

               

Les 10 mots 2010 sont : “crescendo, remue-méninges, mobile, variante, galère, baladeur, cheval de Troie, mentor, escagasser, zapper“.

             

                 

Cheval de Troie

par Audrey G.

              

Son baladeur sur ON, le son en crescendo

Elle escagasse tout le monde

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Larmes contre terre.

Lorsqu’elle entend son mentor

C’est comme un remue-méninges

Alors elle zappe, autant que ça la frappe

Pourtant la vie est belle

Pourtant le soir est d’or

But she doesn’t care : elle oublie sa galère

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Face contre terre.

Il était son cheval de Troie

Un cadeau empoisonné

Sur son mobile immortalisé

Sa voix gravée

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Le cœur dans la poussière

Bonheur ou malheur,

Comme une variante de la vie

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant pour oublier hier…

Semaine internationale de la Francophonie… Slam balance pas mal au Lycée ! Avec la classe de Seconde 18. Aujourd'hui : Audrey !

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Le  jeu des ”Dix Mots” 2010…

               

Les 10 mots 2010 sont : “crescendo, remue-méninges, mobile, variante, galère, baladeur, cheval de Troie, mentor, escagasser, zapper“.

             

                 

Cheval de Troie

par Audrey G.

              

Son baladeur sur ON, le son en crescendo

Elle escagasse tout le monde

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Larmes contre terre.

Lorsqu’elle entend son mentor

C’est comme un remue-méninges

Alors elle zappe, autant que ça la frappe

Pourtant la vie est belle

Pourtant le soir est d’or

But she doesn’t care : elle oublie sa galère

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Face contre terre.

Il était son cheval de Troie

Un cadeau empoisonné

Sur son mobile immortalisé

Sa voix gravée

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant tête baissée

Le cœur dans la poussière

Bonheur ou malheur,

Comme une variante de la vie

But she doesn’t care : elle oublie sa galère.

But she doesn’t care, marchant pour oublier hier…

Exposition « Paroles menottées »… Ecriture et engagement… Nouveaux articles !

Découvrez les nouveaux articles de l’exposition « Paroles menottées » qui sera présentée lors de la Journée Portes Ouvertes du Lycée en Forêt le samedi 20 mars 2010.

yannis-ritsos-miniature.1268416857.jpgYannis Ritsos… Pierres, Répétitions, Barreaux…

par Rayan D.

nien-cheng-miniature.1268461427.jpgNien Cheng… Vie et mort à Shanghai…

par Charlotte B.

ruth-first-miniature.1268499164.jpgRuth First… 117 Days…

par Angélique M.

breyten-breytenbach_miniature.1268807326.jpgBreyten Breytenbach… Confession véridique d’un terroriste albinos…

par Maxime C.

Exposition "Paroles menottées"… Ecriture et engagement… Nouveaux articles !

Découvrez les nouveaux articles de l’exposition « Paroles menottées » qui sera présentée lors de la Journée Portes Ouvertes du Lycée en Forêt le samedi 20 mars 2010.
yannis-ritsos-miniature.1268416857.jpgYannis Ritsos… Pierres, Répétitions, Barreaux…
par Rayan D.
nien-cheng-miniature.1268461427.jpgNien Cheng… Vie et mort à Shanghai…
par Charlotte B.
ruth-first-miniature.1268499164.jpgRuth First… 117 Days…
par Angélique M.
breyten-breytenbach_miniature.1268807326.jpgBreyten Breytenbach… Confession véridique d’un terroriste albinos…
par Maxime C.

Semaine internationale de la Francophonie… Slam balance pas mal ! Avec la classe de Seconde 18 du Lycée en Forêt !

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Le  jeu des « Dix Mots » 2010…

  

Voici comment la France et l’Organisation internationale de la Francophonie présentent l’édition des « 10 mots » 2010 : « Reflet du monde en perpétuel mouvement, la langue française ne cesse de s’inventer et de s’adapter. Des mots se créent, des mots sont empruntés à d’autres langues, des mots prennent de nouveaux sens, pour faire évoluer notre langue. Les dix mots vous invitent à entrer dans la « fabrique des mots », c’est-à-dire à découvrir comment ils se transforment, se façonnent et entrent dans le langage courant.

Les 10 mots 2010 sont : « crescendo, remue-méninges, mobile, variante, galère, baladeur, cheval de Troie, mentor, escagasser, zapper« .

Pour fêter cet événement, l’Espace Pédagogique Contributif profitera de la Journée Portes Ouvertes au Lycée le samedi 20 mars 2010 pour lancer l’opération « Slam balance pas mal au Lycée! » avec la classe de Seconde 18. Découvrez en Avant-Première un premier texte proposé par Luiza, Thulaciga, Janyce et Deborah (Seconde 18), en hommage à la Journée internationale de la femme du 8 mars :

                   

Une femme après tout

par Luiza, Thulaciga, Janyce et Deborah

(Seconde 18)

          

Tu le sais très bien toi aussi
Ce qu’on fait aux filles aujourd’hui.
T’es libre de penser que t’es conne
Mais conne de penser que t’es libre
T’es qu’une femme après tout
Mais ça tout le monde s’en fout.

Pour toi c’est crescendo
Toujours le même tableau
Depuis que t’es née
On a fait que te zapper
L’homme c’est le Cheval de Troie
Qui te ronge au plus profond de toi.

T’es qu’une femme après tout
Mais ça tout le monde s’en fout
Des hauts, des bas
Une variante qui n’en finit pas
T’abrites une deuxième âme
Sauf que pour toi c’est le drame

Tous les jours c’est la galère
T’avais jamais prévu d’être mère
T’es qu’une femme après tout
Mais ça tout le monde s’en fout
Et tous ces hommes baladeurs
Qui payent pour une bonne heure

Eux ils sont mobiles
Toi t’es coincée dans ta ville
Pas la peine d’être escagassée
De toute façon tu peux rien y changer
T’es qu’une femme après tout
Et ça tout le monde s’en fout

T’as pas de mentor, t’as pas de modèle
Tu peux pas voler de tes propres ailes
T’as cherché pourtant, à t’en rendre dingue
Mais ta vie c’est qu’un sale remue-méninges.
T’es qu’une femme après tout,
        Au fond, le monde s’en fout.       

 

Jean Ferrat… La voix et les mots…

Avec Barbara, Georges Brassens, Léo Ferré, Juliette Gréco, Jacques Brel ou Claude Nougaro, Jean Ferrat (26 décembre 1930-13 mars 2010) a profondément marqué la scène culturelle et les grands changements politiques qui ont accompagné les Trente Glorieuses, à tel point qu’on peut dire de sa chanson qu’elle constitue un élément indissociable de la culture française. Le répertoire engagé, systématiquement privilégié par ce chanteur, permet de mieux appréhender le contexte social et les grandes revendications de l’après-guerre. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Louis Aragon a été le poète de prédilection du chanteur.

La plupart des chansons (« Nuit et brouillard », « La femme est l’avenir de l’homme », « La Montagne », etc.) sont non seulement inoubliables d’un point de vue vocal et musical, mais elles apparaissent rétrospectivement comme des témoignages marquants d’une génération qui, remettant en question les certitudes anciennes, entendait « refaire le monde ». Dans ses textes comme dans ses musiques, cet auteur-compositeur-interpréte était animé de très grandes exigences : le féminisme, la quête d’amour et de justice sociale, la fraternité. Si vous ne connaissez pas bien Ferrat, je vous conseille d’écouter ce petit florilège…

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Ecrire "édition 2010"… par les classes de Seconde 7 et Seconde 18… la suite !

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Pour la deuxième année consécutive (*), les élèves de mes classes sont fiers de vous présenter le fruit de leurs réflexions sur le rôle que revêt à leurs yeux l’écriture. Après avoir mené un important travail de recherche sur la fonction de l’écrivain, les jeunes ont souhaité mettre en ligne leur propre vision de l’écriture. Les propos, d’une grande densité intellectuelle parfois, résument non seulement leurs recherches précédentes, mais en redéfinissent les enjeux à la lumière d’un travail introspectif sur eux-mêmes : “c’est quoi écrire, pour un adolescent européen du vingt-et-unième siècle?”
(*) Voir en particulier les textes publiés le 21 janvier 2009  et le 29 janvier 2009 par la classe de Seconde 12 (année scolaire 2008-2009).
Pour voir les autres textes déjà publiés en 2010, cliquez ici.

              

Tiffany J*** (Seconde 7)

“En parlant, on dit tellement de paroles inutiles que les mots importants finissent par être noyés parmi tant d’autres… »

Le rôle premier de l’écriture, bien au-delà de sa fonction de communication, est d’échapper à un quotidien qu’on ne contrôle pas toujours. Le temps de quelques lignes et les problèmes s’en vont : on s’invente alors un univers nouveau : on rend réel des personnages. Chacun d’eux devient une facette du moi le plus intime, et l’on crée des mondes qui sont le reflet de nous-mêmes : alors nos problèmes et nos peurs disparaissent, et l’on prend du recul face aux difficultés de la vie. L’écriture me permet ainsi de m’évader dans mon propre univers, dont je détiens seule la clé. Il est parfois difficile de parler de ce que l’on ressent, au fond de nous. Tandis qu’avec l’écriture, je me retrouve dans ma bulle, coupée du monde et de ses peurs.

Je peux alors poser des mots sur la feuille : cela me permet d’éclaircir la situation. Il ne s’agit pas forcément pour moi d’écrire un journal intime ; non une histoire suffit, à travers des personnages fictifs et leur vie qui s’invente et se réinvente sous ma plume. Quand j’écris, je m’identifie à mes personnages, en les faisant évoluer : à travers la narration, j’essaie de les aider à résoudre leurs problèmes : en fait, on cherche des réponses à ses propres questions… Mais il y a un point qui me semble essentiel : quand on écrit, on doit se concentrer pour trouver le juste mot, celui qui exprime exactement ce que l’on veut dire. En parlant, on dit tellement de paroles inutiles que les mots importants finissent par être noyés parmi tant d’autres. L’écriture, elle, marque le mot d’une empreinte qui ne s’oublie jamais.

             

Émilie S*** (Seconde 7)

« C’est un peu comme si la pièce dans laquelle nous nous trouvons était aussi blanche que la feuille : sans fenêtre ni porte… »

Quand on écrit, on ne fait qu’un avec sa feuille, tout ce qu’il y a autour disparaît. Les sons, les bruits, les personnes, les objets … tout semble s’effacer, on est seul avec sa page blanche : on ne voit plus que la feuille et le crayon. C’est un peu comme si la pièce dans laquelle nous nous trouvons était aussi blanche que la feuille, sans fenêtre ni porte. Et puis, tout en écrivant, notre feuille prend de la couleur : le blanc du papier se colore de mots et de signes. La pièce se peuple d’objets, de personnages, de paysages qui en redessinent les murs à la mesure de notre imaginaire.

On est comme prisonnier dans notre histoire, on ne peut pas en sortir, mais c’est une capture stimulante : notre main ne s’arrête plus d’écrire, elle est en relation directe avec notre imagination ; elle semble écrire tout ce que peut lui dicter le cerveau. On est absorbé par ce qu’on raconte, par les personnages que l’on crée, on ressent même tous les sentiments que nos personnages éprouvent dans l’histoire. On s’invente ainsi un monde à soi, pour soi. On part en voyage dans des pays de signes et de lettres, à l’autre bout du monde… sans même bouger !

              

Angélique M*** (Seconde 7)

« C’est dans le silence de l’écriture que les sens du mot se réinventent, et qu’ils nous réinventent… »

Tout d’abord, l’écriture me permet d’exprimer mon côté créatif, moi qui serais bien incapable de peindre ou de sculpter, je peux grâce à l’écriture peindre des sentiments, sculpter des mots, des phrases ou des idées. Il n’y a pas de règles alors : je suis comme déconnectée, j’ai le pouvoir de créer un monde où rien n’est impossible. Je m’invente alors des personnages et dans leur virtualité je mets un peu de moi-même, de mon vécu et de mon réel. Mais ce voyage immobile est aussi plus facile à faire grâce aux mots écrits : la feuille est là, comme une confidente quand les mots seraient trop difficiles à prononcer.

Je peux aussi relire et corriger mon texte ! Alors les mots se réinventent, contrairement à la parole qui, une fois prononcée, ne peut plus être modifiée, tout juste déformée. De plus, un mot écrit contient souvent plus de mots que toutes les paroles réunies : c’est dans le silence de l’écriture que les sens du mot se réinventent donc, et nous réinventent : quand les choses sont confuses dans ma tête, je livre mes souvenirs à la feuille, je lui confie mes incompréhensions et mes doutes, mes émotions, mes manques : l’écriture donne un sens à la vie…

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Clémentine G*** (Seconde 7)

« Une écriture «à soi-même», «pour soi-même», serait dénuée d’intérêt : l’écriture est d’abord une forme de partage… »

Écrire, c’est refus d’oublier… L’oubli me fait peur, c’est pourquoi je ressens le besoin de mettre mes souvenirs sur le papier, pour qu’ils existent vraiment : le papier ne connaît pas l’oubli : il devient ma mémoire et mon esprit, en plus simple et plus compréhensible. Les pensées sont souvent un labyrinthe difficile à cerner, à expliquer, à comprendre. Mais les mots eux, sont visibles. Quand ils sont bien placés, ils expriment tellement d’émotions ! Et puis l’écriture, c’est l’évasion : cette écriture si simple, et pourtant si belle quand elle est maîtrisée : même la fiction peut nous amener d’ailleurs à des questionnements ; on s’identifie par exemple à un personnage, celui qui nous ressemble le plus, celui qu’on aurait aimé être.

Cette écriture qui se passe ailleurs, dans un autre monde, permet à chacun de voir différemment ce monde, puisque c’est un monde différent pour chacun : le monde de notre imaginaire. Là où sont « stockés » nos rêves et nos secrets, un monde que jamais personne ne saurait expliquer. Personnellement, j’aime écrire cet imaginaire et le confier aux autres, ce qui m’amène à l’idée de partage : une écriture « à soi-même », « pour soi-même », serait dénuée d’intérêt, tant il est vrai que l’écriture est d’abord une forme de partage : on invite les autres à sa table : on partage des sentiments, des émotions, on donne ses impressions, et on attend ainsi celles des autres en retour. Sans cet échange, l’écrit perd de son sens.

        

Samuel B*** (Seconde 7)

« L’écrivain est un bâtisseur de rêve… Chaque livre est un millier de rêves, un millier de départs, d’exils et de retours… »

L’écrivain est un bâtisseur de langage. Tout comme le bâtisseur choisit ses matériaux, l’écrivain choisit ses personnages qu’il situe dans un temps, un lieu, des actions. Son chantier est immense : il les modèle pour bâtir une histoire. Parfois, l’écriture peut naître d’un rêve : le rêve est fugitif alors que l’écriture permet de le construire : elle élève les fondations du rêve pour en garder la trace, elle construit les murs de l’histoire, et ouvre des fenêtres sur le monde pour partager avec les lecteurs.

Mais l’écrivain est aussi un bâtisseur de rêve. Il ouvre au lecteur la porte de l’évasion en l’emmenant au cœur de son imaginaire : chaque livre est un millier de rêves, un millier de départs, d’exils et de retours. Car l’écriture permet aussi un retour à la réalité : c’est-à-dire dans le monde que l’auteur s’est créé, mais cette réalité inventée par l’auteur, le lecteur la fera sienne : alors elle n’appartiendra plus à l’auteur. Il aura bâti la maison, et d’autres l’habiteront…

           

Johanna H*** (Seconde 7)

« Écrire, en prenant conscience qu’on écrit, est essentiel : l’écriture est une pensée. »

Tout a commencé avec de la terre et des pierres… Ces dessins sur les parois des cavernes ou des grottes sont la base même de l’écriture. Ou plutôt des écritures : la diversité des alphabets est telle selon les civilisations et les situations géographiques que de simples mots : lettres, dessins, symboles, idéogrammes… nous aident à comprendre notre propre histoire. L’évolution des langues nous a ainsi permis de découvrir la diversité de notre monde, c’est-à-dire son sens. Écrire, c’est donner du sens, sans ça, le monde serait profondément nihiliste : il ne se baserait que sur une seule et même façon de voir, de penser.

Les variations de l’écriture au fil des âges ont également un sens profond : on écrit d’abord pour montrer qu’on existe, pour se rappeler aussi d’où nous venons. Si la parole a un pouvoir indéniable, l’écriture est encore plus puissante parce qu’elle est une justification de notre présence aux autres, mais aussi à soi-même : écrire pour soi-même, c’est aussi écrire pour se soulager et se découvrir « autre ». Il y a tellement de façons d’écrire que cela pourrait presque en devenir banal : nous écrivons tellement « sans réfléchir » ! Sauf qu’il n’y a pas de banalité dans l’écriture : écrire, en prenant conscience qu’on écrit —par le seul fait de se sentir vivant— est essentiel : l’écriture est une pensée. Le simple fait d’écrire relève d’un acte conscient. Mais une fois posée la question « Pourquoi écrire », en vient une autre : « comment écrire » ? La réponse est enfouie au plus profond de nous…

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Aurélie V*** (Seconde 7)

« L’écriture détruit les barrières de la vie. Il n’y a plus de classes sociales avec les mots… Écrire est une délivrance. »

Écrire ce que l’on a sur le cœur, au plus profond de soi, écrire nos espoirs, nos désespoirs… Voilà le sens premier de l’écriture. Paradoxalement, il est parfois plus facile d’écrire que de parler : l’écriture est une parole différée. À l’oral par exemple, on ne réfléchit pas toujours, alors que l’écrit nous oblige à un travail sur les mots, sur la phrase, sur la syntaxe… Et ce travail amène à partager ses émotions : l’écriture détruit ainsi les barrières de la vie. Il n’y a plus de classes sociales avec les mots.

Mais pour bien écrire, il faut prendre du plaisir au mots et au texte. Écrire sous la contrainte, c’est ne pas donner du sens à l’écriture, et alors le récit sera mauvais. Mais si l’on aime écrire, alors le voyage commence : si le travail ne nous plait pas, ce n’est pas grave, on recommence : il y a d’infinis possibles dans l’écriture. Écrire, c’est ainsi réinventer les mots, et au-delà des mots, c’est réinventer la vie, donc se réinventer. Écrire est une délivrance…

         

Florian C*** (Seconde 7)

« Écrire, c’est s’inventer des mondes, créer la vie, faire évoluer tout un univers comme Dieu qui pendant six jours créa la terre… »

S’inventer des mondes, voilà le sens profond de l’écriture : s’inventer des mondes, créer la vie, faire évoluer tout un univers comme Dieu qui pendant six jours créa la terre, les mers et océans ainsi que les animaux et les végétaux : on est presque Dieu par l’écriture, on fait vivre nos personnages ou on les fait mourir, tuer, aimer, évoluer. On a ainsi un vrai pouvoir sur eux comme un roi sur ses terres en son royaume. Écrire permet ainsi de réinventer la vie réelle : je peux inventer une ou plusieurs vies, dans une ou plusieurs époques, dans un ou plusieurs lieux…

          

Lucie L*** (Seconde 7)

« L’écrivain doit immortaliser par les mots tous ces moments qui sans lui seraient perdus dans l’oubli… »

Écrire est la clé pour accéder à limaginaire. C’est un moyen de changer le monde, de le façonner selon ses désirs. Comme un peintre qui exposerait sa toile, ou un musicien qui chercherait à traduire ses sentiments avec des notes, l’écrivain crée son univers et le fait partager au lecteur. Il l’amène ainsi à se libérer des contraintes, des peurs et des dangers de la vie, en réinventant son monde : choisir un livre dans une bibliothèque ou une librairie, c’est ainsi choisir une destination, un univers.

Et c’est découvrir un nouveau monde : le lecteur se retrouve parfois sur une planète lointaine à vivre des aventures fantastiques créées de toutes pièces par la magie du langage, l’entrechoquement des mots et des phrases. L’écriture est donc pour moi un moyen de graver des événements, de sculpter des pensées. Comme l’artiste, il lui appartient d’immortaliser par les mots tous ces moments qui sans lui seraient perdus dans l’oubli…

Les autres textes seront publiés prochainement.
© Les auteur(e)s, LEF/EPC (mars 2010)

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Ecrire « édition 2010″… par les classes de Seconde 7 et Seconde 18… la suite !

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Pour la deuxième année consécutive (*), les élèves de mes classes sont fiers de vous présenter le fruit de leurs réflexions sur le rôle que revêt à leurs yeux l’écriture. Après avoir mené un important travail de recherche sur la fonction de l’écrivain, les jeunes ont souhaité mettre en ligne leur propre vision de l’écriture. Les propos, d’une grande densité intellectuelle parfois, résument non seulement leurs recherches précédentes, mais en redéfinissent les enjeux à la lumière d’un travail introspectif sur eux-mêmes : “c’est quoi écrire, pour un adolescent européen du vingt-et-unième siècle?”
(*) Voir en particulier les textes publiés le 21 janvier 2009  et le 29 janvier 2009 par la classe de Seconde 12 (année scolaire 2008-2009).
Pour voir les autres textes déjà publiés en 2010, cliquez ici.

              

Tiffany J*** (Seconde 7)

“En parlant, on dit tellement de paroles inutiles que les mots importants finissent par être noyés parmi tant d’autres… »

Le rôle premier de l’écriture, bien au-delà de sa fonction de communication, est d’échapper à un quotidien qu’on ne contrôle pas toujours. Le temps de quelques lignes et les problèmes s’en vont : on s’invente alors un univers nouveau : on rend réel des personnages. Chacun d’eux devient une facette du moi le plus intime, et l’on crée des mondes qui sont le reflet de nous-mêmes : alors nos problèmes et nos peurs disparaissent, et l’on prend du recul face aux difficultés de la vie. L’écriture me permet ainsi de m’évader dans mon propre univers, dont je détiens seule la clé. Il est parfois difficile de parler de ce que l’on ressent, au fond de nous. Tandis qu’avec l’écriture, je me retrouve dans ma bulle, coupée du monde et de ses peurs.

Je peux alors poser des mots sur la feuille : cela me permet d’éclaircir la situation. Il ne s’agit pas forcément pour moi d’écrire un journal intime ; non une histoire suffit, à travers des personnages fictifs et leur vie qui s’invente et se réinvente sous ma plume. Quand j’écris, je m’identifie à mes personnages, en les faisant évoluer : à travers la narration, j’essaie de les aider à résoudre leurs problèmes : en fait, on cherche des réponses à ses propres questions… Mais il y a un point qui me semble essentiel : quand on écrit, on doit se concentrer pour trouver le juste mot, celui qui exprime exactement ce que l’on veut dire. En parlant, on dit tellement de paroles inutiles que les mots importants finissent par être noyés parmi tant d’autres. L’écriture, elle, marque le mot d’une empreinte qui ne s’oublie jamais.

             

Émilie S*** (Seconde 7)

« C’est un peu comme si la pièce dans laquelle nous nous trouvons était aussi blanche que la feuille : sans fenêtre ni porte… »

Quand on écrit, on ne fait qu’un avec sa feuille, tout ce qu’il y a autour disparaît. Les sons, les bruits, les personnes, les objets … tout semble s’effacer, on est seul avec sa page blanche : on ne voit plus que la feuille et le crayon. C’est un peu comme si la pièce dans laquelle nous nous trouvons était aussi blanche que la feuille, sans fenêtre ni porte. Et puis, tout en écrivant, notre feuille prend de la couleur : le blanc du papier se colore de mots et de signes. La pièce se peuple d’objets, de personnages, de paysages qui en redessinent les murs à la mesure de notre imaginaire.

On est comme prisonnier dans notre histoire, on ne peut pas en sortir, mais c’est une capture stimulante : notre main ne s’arrête plus d’écrire, elle est en relation directe avec notre imagination ; elle semble écrire tout ce que peut lui dicter le cerveau. On est absorbé par ce qu’on raconte, par les personnages que l’on crée, on ressent même tous les sentiments que nos personnages éprouvent dans l’histoire. On s’invente ainsi un monde à soi, pour soi. On part en voyage dans des pays de signes et de lettres, à l’autre bout du monde… sans même bouger !

              

Angélique M*** (Seconde 7)

« C’est dans le silence de l’écriture que les sens du mot se réinventent, et qu’ils nous réinventent… »

Tout d’abord, l’écriture me permet d’exprimer mon côté créatif, moi qui serais bien incapable de peindre ou de sculpter, je peux grâce à l’écriture peindre des sentiments, sculpter des mots, des phrases ou des idées. Il n’y a pas de règles alors : je suis comme déconnectée, j’ai le pouvoir de créer un monde où rien n’est impossible. Je m’invente alors des personnages et dans leur virtualité je mets un peu de moi-même, de mon vécu et de mon réel. Mais ce voyage immobile est aussi plus facile à faire grâce aux mots écrits : la feuille est là, comme une confidente quand les mots seraient trop difficiles à prononcer.

Je peux aussi relire et corriger mon texte ! Alors les mots se réinventent, contrairement à la parole qui, une fois prononcée, ne peut plus être modifiée, tout juste déformée. De plus, un mot écrit contient souvent plus de mots que toutes les paroles réunies : c’est dans le silence de l’écriture que les sens du mot se réinventent donc, et nous réinventent : quand les choses sont confuses dans ma tête, je livre mes souvenirs à la feuille, je lui confie mes incompréhensions et mes doutes, mes émotions, mes manques : l’écriture donne un sens à la vie…

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Clémentine G*** (Seconde 7)

« Une écriture «à soi-même», «pour soi-même», serait dénuée d’intérêt : l’écriture est d’abord une forme de partage… »

Écrire, c’est refus d’oublier… L’oubli me fait peur, c’est pourquoi je ressens le besoin de mettre mes souvenirs sur le papier, pour qu’ils existent vraiment : le papier ne connaît pas l’oubli : il devient ma mémoire et mon esprit, en plus simple et plus compréhensible. Les pensées sont souvent un labyrinthe difficile à cerner, à expliquer, à comprendre. Mais les mots eux, sont visibles. Quand ils sont bien placés, ils expriment tellement d’émotions ! Et puis l’écriture, c’est l’évasion : cette écriture si simple, et pourtant si belle quand elle est maîtrisée : même la fiction peut nous amener d’ailleurs à des questionnements ; on s’identifie par exemple à un personnage, celui qui nous ressemble le plus, celui qu’on aurait aimé être.

Cette écriture qui se passe ailleurs, dans un autre monde, permet à chacun de voir différemment ce monde, puisque c’est un monde différent pour chacun : le monde de notre imaginaire. Là où sont « stockés » nos rêves et nos secrets, un monde que jamais personne ne saurait expliquer. Personnellement, j’aime écrire cet imaginaire et le confier aux autres, ce qui m’amène à l’idée de partage : une écriture « à soi-même », « pour soi-même », serait dénuée d’intérêt, tant il est vrai que l’écriture est d’abord une forme de partage : on invite les autres à sa table : on partage des sentiments, des émotions, on donne ses impressions, et on attend ainsi celles des autres en retour. Sans cet échange, l’écrit perd de son sens.

        

Samuel B*** (Seconde 7)

« L’écrivain est un bâtisseur de rêve… Chaque livre est un millier de rêves, un millier de départs, d’exils et de retours… »

L’écrivain est un bâtisseur de langage. Tout comme le bâtisseur choisit ses matériaux, l’écrivain choisit ses personnages qu’il situe dans un temps, un lieu, des actions. Son chantier est immense : il les modèle pour bâtir une histoire. Parfois, l’écriture peut naître d’un rêve : le rêve est fugitif alors que l’écriture permet de le construire : elle élève les fondations du rêve pour en garder la trace, elle construit les murs de l’histoire, et ouvre des fenêtres sur le monde pour partager avec les lecteurs.

Mais l’écrivain est aussi un bâtisseur de rêve. Il ouvre au lecteur la porte de l’évasion en l’emmenant au cœur de son imaginaire : chaque livre est un millier de rêves, un millier de départs, d’exils et de retours. Car l’écriture permet aussi un retour à la réalité : c’est-à-dire dans le monde que l’auteur s’est créé, mais cette réalité inventée par l’auteur, le lecteur la fera sienne : alors elle n’appartiendra plus à l’auteur. Il aura bâti la maison, et d’autres l’habiteront…

           

Johanna H*** (Seconde 7)

« Écrire, en prenant conscience qu’on écrit, est essentiel : l’écriture est une pensée. »

Tout a commencé avec de la terre et des pierres… Ces dessins sur les parois des cavernes ou des grottes sont la base même de l’écriture. Ou plutôt des écritures : la diversité des alphabets est telle selon les civilisations et les situations géographiques que de simples mots : lettres, dessins, symboles, idéogrammes… nous aident à comprendre notre propre histoire. L’évolution des langues nous a ainsi permis de découvrir la diversité de notre monde, c’est-à-dire son sens. Écrire, c’est donner du sens, sans ça, le monde serait profondément nihiliste : il ne se baserait que sur une seule et même façon de voir, de penser.

Les variations de l’écriture au fil des âges ont également un sens profond : on écrit d’abord pour montrer qu’on existe, pour se rappeler aussi d’où nous venons. Si la parole a un pouvoir indéniable, l’écriture est encore plus puissante parce qu’elle est une justification de notre présence aux autres, mais aussi à soi-même : écrire pour soi-même, c’est aussi écrire pour se soulager et se découvrir « autre ». Il y a tellement de façons d’écrire que cela pourrait presque en devenir banal : nous écrivons tellement « sans réfléchir » ! Sauf qu’il n’y a pas de banalité dans l’écriture : écrire, en prenant conscience qu’on écrit —par le seul fait de se sentir vivant— est essentiel : l’écriture est une pensée. Le simple fait d’écrire relève d’un acte conscient. Mais une fois posée la question « Pourquoi écrire », en vient une autre : « comment écrire » ? La réponse est enfouie au plus profond de nous…

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Aurélie V*** (Seconde 7)

« L’écriture détruit les barrières de la vie. Il n’y a plus de classes sociales avec les mots… Écrire est une délivrance. »

Écrire ce que l’on a sur le cœur, au plus profond de soi, écrire nos espoirs, nos désespoirs… Voilà le sens premier de l’écriture. Paradoxalement, il est parfois plus facile d’écrire que de parler : l’écriture est une parole différée. À l’oral par exemple, on ne réfléchit pas toujours, alors que l’écrit nous oblige à un travail sur les mots, sur la phrase, sur la syntaxe… Et ce travail amène à partager ses émotions : l’écriture détruit ainsi les barrières de la vie. Il n’y a plus de classes sociales avec les mots.

Mais pour bien écrire, il faut prendre du plaisir au mots et au texte. Écrire sous la contrainte, c’est ne pas donner du sens à l’écriture, et alors le récit sera mauvais. Mais si l’on aime écrire, alors le voyage commence : si le travail ne nous plait pas, ce n’est pas grave, on recommence : il y a d’infinis possibles dans l’écriture. Écrire, c’est ainsi réinventer les mots, et au-delà des mots, c’est réinventer la vie, donc se réinventer. Écrire est une délivrance…

         

Florian C*** (Seconde 7)

« Écrire, c’est s’inventer des mondes, créer la vie, faire évoluer tout un univers comme Dieu qui pendant six jours créa la terre… »

S’inventer des mondes, voilà le sens profond de l’écriture : s’inventer des mondes, créer la vie, faire évoluer tout un univers comme Dieu qui pendant six jours créa la terre, les mers et océans ainsi que les animaux et les végétaux : on est presque Dieu par l’écriture, on fait vivre nos personnages ou on les fait mourir, tuer, aimer, évoluer. On a ainsi un vrai pouvoir sur eux comme un roi sur ses terres en son royaume. Écrire permet ainsi de réinventer la vie réelle : je peux inventer une ou plusieurs vies, dans une ou plusieurs époques, dans un ou plusieurs lieux…

          

Lucie L*** (Seconde 7)

« L’écrivain doit immortaliser par les mots tous ces moments qui sans lui seraient perdus dans l’oubli… »

Écrire est la clé pour accéder à limaginaire. C’est un moyen de changer le monde, de le façonner selon ses désirs. Comme un peintre qui exposerait sa toile, ou un musicien qui chercherait à traduire ses sentiments avec des notes, l’écrivain crée son univers et le fait partager au lecteur. Il l’amène ainsi à se libérer des contraintes, des peurs et des dangers de la vie, en réinventant son monde : choisir un livre dans une bibliothèque ou une librairie, c’est ainsi choisir une destination, un univers.

Et c’est découvrir un nouveau monde : le lecteur se retrouve parfois sur une planète lointaine à vivre des aventures fantastiques créées de toutes pièces par la magie du langage, l’entrechoquement des mots et des phrases. L’écriture est donc pour moi un moyen de graver des événements, de sculpter des pensées. Comme l’artiste, il lui appartient d’immortaliser par les mots tous ces moments qui sans lui seraient perdus dans l’oubli…

Les autres textes seront publiés prochainement.
© Les auteur(e)s, LEF/EPC (mars 2010)

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