Exposition « Transmutations, les chemins de l’invisible »… Klara A.

La classe de Première 5 et la classe de Première STMG1 du Lycée en Forêt présentent…

Transmutations : les chemins de l’invisible
15 décembre 2019 – 20 janvier 2020

« Extraordinaires banalités »… Une simple chaise, des cailloux, une palissade, un banal réverbère, quelques gouttes d’eau laissées sur un pare-brise, un quai de gare vide ou une photo ratée… Tels ont été les matériaux banals auxquels se sont intéressés les élèves, qui ont rédigé leur texte et l’ont illustré personnellement.

En somme, écrire un poème, n’est-ce pas apprendre à « se faire voyant » tel que l’affirmait Rimbaud pour faire naître du banal l’apparition ? Ainsi, l’ordinaire ouvre non seulement à la quête métaphysique mais aussi à un chemin initiatique : celui d’une élévation intérieure, et d’une poétique de l’invisible…

Pour lire le texte de présentation dans son intégralité, cliquez ici.
Chaque semaine, plusieurs textes seront publiés dans cet Espace pédagogique et rassemblés ultérieurement dans un recueil présenté lors de la journée portes ouvertes du lycée. Ce recueil sera ensuite consultable au CDI du lycée.

Crédit iconographique (affiche de l’exposition) : © Bruno Rigolt, décembre 2019

 

« Nuages touchés par le soleil… »

par Klara A.
Classe de Première STMG1

Scène banale n’est-ce pas ?

Mais elle a néanmoins attiré mon regard. N’est-il pas magnifique de voir des nuages touchés par le soleil ? Plus précisément les derniers rayons de la journée comme un adieu ou un bonsoir… Ne voyez-vous pas de la beauté et de l’élégance dans cette image ? Sur ces nuages ? Dans ce ciel couleur de voyage ?

Cieux visibles et pourtant inaccessibles…

Vaste espace proche et lointain à la fois, cieux visibles et pourtant inaccessibles… « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or »1 dit Baudelaire, et voici que j’ai pris une photo banale : des nuages touchés par le soleil. Tout est banal, mais tout est extraordinaire. Banals ces nuages que tout le monde voit tous les jours. Extraordinaire, ce ciel si l’on prend le temps de l’observer, de le contempler.

Voir, c’est ainsi rendre compte de la beauté du monde, c’est savoir lever la tête, c’est être capable, nous qui avons toujours les yeux rivés sur notre téléphone ou sur les horaires de bus, c’est être capable de détacher son regard. Regardez haut ! Admirez cette éphémère beauté, ces nuages touchés par le soleil et qui a leur tour ont su toucher votre cœur…

Sur la palette du ciel, regardez ces touches de couleurs différentes : le bleu qui transperce l’espace et illumine la vie, ces nuages de neige rose et orangée qui partent tout là-bas, loin de l’école vers d’autres rives. Je vois beaucoup d’harmonie dans ces formes : nous pouvons imaginer toutes sortes de choses en regardant ces « merveilleux nuages »2.

Voir les cieux, c’est ainsi se rapprocher de l’idéal, c’est donner du sens au banal, c’est voir la vie sous d’autres couleurs : nobles et éclatantes, tout en restant éphémères. Là réside pour moi la vraie beauté : immuable et fugitive à la fois…

1. « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or » : Baudelaire, « Ébauche d’un épilogue pour la deuxième édition des Fleurs du Mal » (1861).
2. Allusion au poème de Baudelaire « L’Étranger » : « — J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! »

« Ne voyez-vous pas de la beauté et de l’élégance dans cette image ?
Sur ces nuages ? Dans ce ciel couleur de voyage ?
 »

Illustration : © Klara A., 2019

Publié par

brunorigolt

Bruno Rigolt Docteur ès Lettres et Sciences Humaines, Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris. Diplômé d'Etudes approfondies en Littérature française et en Sociologie ; Maître de Sciences Politiques ; Professeur de Lettres Modernes et de Culture générale au Lycée en Forêt (Montargis, France).