La classe de Première STMG4 du Lycée en Forêt vous invite à son atelier d’écriture…

 Atelier d’écriture…

« Les mots qui s’évadent… »
Hommage au Surréalisme

Par la classe de Première STMG4
— Promotion 2011-2012 —

     La classe de Première STMG4 du Lycée en Forêt a souhaité rendre hommage à travers cet atelier d’écriture au Surréalisme. Né dans l’entre-deux guerres, ce mouvement littéraire, artistique et social a en effet bouleversé de fond en comble la vision de l’homme et du monde au vingtième siècle, et plus particulièrement les rapports entre la pensée et le langage poétique.

← la définition de l’écriture automatique dans le premier Manifeste (1924).

     Apparenté au rêve, voire au « dérèglement de tous les sens » pour reprendre une formule chère à Rimbaud dans sa fameuse « Lettre du Voyant », le surréalisme a été défini par Breton lui-même dans son premier Manifeste comme un « Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ».

     Cette définition, fortement influencée par la théorie freudienne de l’inconscient, met ainsi en avant la pratique de l’écriture automatique : le but de la poésie selon Breton serait donc de libérer l’esprit (**) des censures rationnelles, esthétiques ou morales exercées par la raison, afin de permettre la production d’images et de phrases novatrices, même si elles semblent absurdes. Mais, comme il a été justement noté, « afin que l’image poétique soit surréaliste, il faut qu’entre les termes de la métaphore, il existe une tension telle que l’image ne soit ni purement absurde, ni tout à fait réductible aux signifiés courants. Il faut un surplus de sens […] » (*). Ce « surplus de sens », la classe de Première STMG4 l’a assurément amené. Je vous laisse découvrir cette semaine les premiers textes créés dans l’atelier d’écriture « Les mots qui s’évadent ».

(*) Timo Kaitaro, Le Surréalisme : Pour un réalisme sans rivage, éd. L’Harmattan, Paris 2008, pages 31-32
(**) Voir à ce sujet la « Citation de la semaine » consacrée à René Crevel.

Prochaine livraison :  samedi 5 mai.

Grandeur étoilée
par Marie G.

Je connais l’horizon amoureux des nuages évadés
Agités par le vent
Et la nostalgie irréelle des mots
Se regardant dans l’attente d’un monde
Clair où palpitait la membrane d’une larme :

Sentiment étincelant  qui brûle au-delà du ciel…
Le temps exporte cette crainte noire,
Quitte ce coucher de soleil au clair de la brume
Loin de toute illusion.
Loin d’une chance artificielle s’ennuyait un sourire triste…

« Loin de toute illusion. Loin d’une chance artificielle s’ennuyait un sourire triste… »
(Ill. d’après Pablo Picasso, « Femme aux bras croisés »)

 

Portrait de la nuit
par Léna W.

Et la beauté de la nature provoque une jouissance
Perpendiculaire à l’axe du ciel.
L’extraordinaire semblable aux étoiles
Prend son envol entre le vent
Couleur de bruit
Et le soir à la crinière brune.
Les émeraudes épuisées transmettent leurs troubles
Envolés par l’ailleurs…

 

 Sous le regard du ciel
par Camille L-M.

La liberté qui s’évade sous le soleil
Et cette fille superficielle
Sous le regard du ciel :
Deux années qui s’envolent
Loin du cœur et des éclats.

Larmes et palpitantes étincelles
Roses ; désir et pureté
D’où l’on observe
Des wagons de pluie
Ainsi que la souffrance du rire…

Désespoir de lumière « classée sensible »
par Aude D.

Trompé par la pitoyable dépendance enlacée
L’enfant violent trop souvent couvé fleurit
Le long des murs
Dans les effets immédiats d’un désespoir de lumière
Classée sensible.
Chagrin : source de fragilité enfantine,
Inspiration rythmée par l’harmonie des larmes
Traquée par cette supportable pression de reconnaissance
Provenant de la fabuleuse source de lumière
Rendant chaque histoire fondée aux épines du cœur.
Instance de peur magistrale
Bercée par ce rythme chauve et seul.
Absence absurde emportée par le vent…

Maintenant flots pourpres
par Sofia K.

Angoisse de la lenteur des vagues effacées de cendre,
Merveille idéale, clarté des dieux
Venus s’asseoir
Au creux du monde.

Mon cœur vaste et fluide
Attire la foudre, scelle la pureté dorée du temps
Aux heures fléchissantes.
Maintenant flots pourpres…

 « Aux heures fléchissantes. Maintenant flots pourpres… »
Vladimir Kush, « Bound to Distant Shores » |Source de l’image|

Chemin utopique
des prairies

par Teddy B.

J’ai marché le long des arbres
De nulle part. Le voyage du vent
Écrivait des mots sur les sables du temps.

Chute du souvenir de la cascade
De nuages. Montagne solitaire et libre,
Chemin utopique des prairies

Construit par l’heureuse douleur
D’un cœur perdu dans le soir qui saigne
Couleur des pleurs.

Le corps bouillonnant
De la neige qui tape
Ainsi qu’un jour utopique à tire d’ailes…

La mise en ligne de la première livraison est terminée. Prochaine livraison : dimanche 29 avril.

NetÉtiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

Publié par

brunorigolt

Bruno Rigolt Docteur es Lettres et Sciences Humaines Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris Professeur de Lettres Modernes et de Culture générale au Lycée en Forêt (Montargis, France).