Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Sapho

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 5 août : Sapho (Danielle Ebguy). France/Maroc
Hier, vendredi 4 août : Raphael
Demain,  dimanche 6 août : Pierre Perret

Sapho :
« Petite fille veut le monde »

(2009)

Paroles et musique : Sapho (Danielle Ebguy)
Album : El Sol y la Luna, 2009
Label : EPM Musique

Site web : http://www.sapho.org/

 

 

a petite fille veut le monde
Mais son avenir est tout tracé.
On prépare un mari pour elle
Une maison pour l’encercler.
Lui il ira voir les filles
Et puis il boira du mescal.
Elle préparera les quésadilles
Et puis ce qu’il mange en général.

Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

 

Ça, les filles elles sont très libres
Mais on les regarde de travers.
Elles ont que leurs fesses pour vivre,
Elles n’ont plus ni père ni mère.
Leurs familles ne veulent plus d’elles,
Elles rient des hommes dans les bars,
Mais personne personne qui les aime.
C’est une autre misère noire.

Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

La petite fille veut le monde
Mais son avenir est tout tracé.
Sa mère va faire des ménages
C’est chez des touristes français.
Elle revient avec de la viande
Et des récits très luxueux.
La Señora est un peu folle,
Elle fait rien, elle dessine un peu.

Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

La petite fille veut le monde
Elle regarde la Señora.
Elle qui a l’air de l’avoir, le monde,
Elle est née ailleurs c’est pour ça.
La petite fille veut le monde
Son avenir est-il tout tracé ?
On prépare une maison pour elle,
Son temps sera encerclé.

Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

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Copyright © 2009, Sapho (Danielle Ebguy) / EPM Musique
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Crédit iconographique (lettrine) : © août 2017, Bruno Rigolt

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Raphael

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui vendredi 4 août : Raphael (Raphaël Haroche)
Hier, jeudi 3 août : La Grand Sophie
Demain,  samedi 5 août : Sapho

Raphael :
« Si jamais je nais demain »

(2015)

Paroles et musique  : Raphaël Haroche
Album : Somnambules, 2015
Label : Warner Music

Site web : https://www.raphael.fm

si jamais jamais je nais demain
Pas de nom, pas de jour 
Encore rien regardé 
Même pas appris à pleurer.
Si je voulais revenir en arrière,
Refermer un instant les paupières,
Si je n’avais jamais eu de mère,
Juste un peu de boue et de terre. 

Et si jamais jamais jamais je nais demain
Les plantes, les oiseaux et les jardins
Les hommes un cartable sur le dos
S’en vont en chantant jusqu’au tombeau.
De la pluie qui coule sur leurs dos
Sept jours sur la terre le royaume du mensonge
Les cœurs que l’amour ronge
Que l’amour ronge

Et si jamais jamais jamais je nais demain
Que je change d’avis en chemin
Dans la ruche, merveilleux, fragile comme des œufs
Comme une lumière s’éteint.
Sans pleurs et sans chagrin,
Les ailes des oiseaux nous pousseront dans le dos
Si jamais jamais je nais demain
Faites que je retrouve le chemin

Si jamais je meurs demain
Faites que je retrouve le chemin.

Pourquoi ? Pourquoi ne suis-je pas en 1837 ?
Les forêts de Paris
Pourquoi n’ai-je pas un arbre dans ma famille ?
On s’offrirait des fleurs,
On s’offrirait des fleurs…

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Copyright © 2015, Raphaël Haroche / Warner Music
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : La Grande Sophie

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 3 août : La Grande Sophie (Sophie Huriaux, dite)
Hier, mercredi 2 août : Georges Brassens
Demain,  vendredi 4 août : Raphaël

La Grande Sophie :
« Suzanne »

(2012)

Paroles et musique  : Sophie Huriaux
Album : La Place du fantôme, 2012
Label : Polydor Records

Site web : http://www.lagrandesophie.com.fr

egarde-moi, j’ai bien changé Suzanne,
J’ai viré de l’autre côté de mon nid,
Le volcan ne s’éteint pas Suzanne,
La mer est haute, rien n’est tranquille.

Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’attend ?
Qu’est-ce qui m’a pris ? Et quand j’y pense
Comment te dire ce que j’entends ?
Venu de nulle part, un autre vertige.

Qu’as-tu fait de mes étoiles, Suzanne ?
Au fond de mes yeux, les deux locataires.
Qu’as-tu vu dans la spirale, Suzanne ?
Le long de mes côtes, le bord de la terre.

Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’attend ?
Qu’est-ce qui m’a pris ? Et quand j’y pense 
Comment te dire ce que j’entends ?
Venu de nulle part, un autre vertige.

Je sais, tu n’existes pas Suzanne
Pourtant je te parle, pourtant je te parle,
Ton oreille, un coquillage Suzanne
Où j’entends la mer.

Quand je suis en ville,
Quand je suis en vie,
Réponds-moi Suzanne,
Réponds-moi Suzanne…

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Copyright © 2012, Sophie Huriaux / Polydor Records
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Georges Brassens

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 2 août : Georges Brassens
Hier, mardi 1er août : Emily Loizeau
Demain,  jeudi 3 août : La Grande Sophie

Georges Brassens :
« Les amoureux des bancs publics »

(1947, 1953¹)

Paroles et musique  : Georges Brassens
Album : Le Vent, 1953
Label : Polydor

es gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu’on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c’est une absurdité
Car à la vérité,
Ils sont là c’est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d’azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher.
Ils se voient déjà doucement
Ell’ cousant, lui fumant
Dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Quand la saint’ famill’ Machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell’ leur décoche hardiment des propos venimeux
N’empêch’ que tout’ la famille
Le pèr’, la mèr’, la fille
Le fils, le Saint-Esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s’conduir’ comme eux.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s’apercevront, émus,
Qu’ c’est au hasard des rues
Sur un d’ces fameux bancs
Qu’ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour.
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Copyright © 1953, Georges Brassens / Polydor
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1. Chanson composée en 1947 (titre original : « Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics »), enregistrée le 1er octobre 1953 avec pour titre définitif : « Les amoureux des bancs publics ».
 –

Crédit iconographique : Lettrine inédite créée à partir d’un dessin de Raymond Peynet (1908-1999).

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Emily Loizeau

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mardi 1er août : Emily Loizeau
Hier, lundi 31 juillet : Claude Nougaro
Demain,  mercredi 2 août : Georges Brassens

Emily Loizeau :
« Eaux sombres »

(2016)

Paroles et musique  : Emily Loizeau
Album : Mona, 2016
Label : Universal Music France (Division Polydor)

site web : http://www.emilyloizeau.fr

oi l’eau qui tombe
Qui coule sur ma fenêtre 
Qu’as-tu vu du monde ?
Qu’as-tu vu de la fête, cette fois ?
Elles défilaient les secondes
Dans ce manège de bois

Il y a des gens qui tombent
Et d’autres qui ont froid, je crois.
L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 

Love will take some, somewhere someday
Someday we’ll try¹

J’ai vu dans la rivière
Couler des galets plats 

Des pierres toutes rondes
Et même la terre parfois se noie.

Je nage dans une eau sombre
Où il y a longtemps déjà 

Ont coulé les décombres
D’un vieux navire de bois.
L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 

L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 
Love will take some somewhere someday
Someday we’ll try¹…
_
Copyright © 2016, Emily Loizeau / Universal Music France (Polydor)
_
_

1. L’amour prendra certains, quelque part un jour, un jour on essaiera

Crédit photographique : lettrine créée à partir d’une photographie d’Emily Loizeau (© Micky Clément). Source : Universal Music France.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Claude Nougaro

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui lundi 31 juillet : Claude Nougaro
Hier, dimanche 30 juillet : Christine and the Queens
Demain,  mardi 1er août : Emily Loizeau

Claude Nougaro :
« Toulouse »

(1967)

Paroles : Claude Nougaro.
Musique : C. Nougaro et Christian Chevallier.

45 T: « Toulouse », 1967
Label : Philips

 _
u’il est loin mon pays, qu’il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L’eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
_

Ô mon païs¹, ô Toulouse, ô Toulouse…

Je reprends l’avenue vers l’école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne

Ô mon païs, ô Toulouse…

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu’on se traite
Il y a de l’orage dans l’air et pourtant
_
L’église Saint-Sernin illumine le soir
D’une fleur de corail que le soleil arrose
C’est peut être pour ça malgré ton rouge et noir
C’est peut être pour ça qu’on te dit Ville Rose
_
Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?
_
Voici le Capitole, j’y arrête mes pas
Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J’entends encore l’écho de la voix de papa
C’était en ce temps-là mon seul chanteur de blues…
_
Aujourd’hui tes buildings grimpent haut
À Blagnac tes avions sont plus beaux²
Si l’un me ramène sur cette ville
Pourrais-je encore y revoir ma pincée de tuiles ?
_
Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse !
_
Copyright © 1967 Claude Nougaro, Christian Chevallier / Philips
_
_

1. païs : pays (en Occitan)
2 Variante : « À Blagnac tes avions ronflent gros ». C. Nougaro sur scène avait pris l’habitude de cette variante. Les dernières versions publiées de la chanson entérinent d’ailleurs cette variante. Cf. C. Nougaro, Nougaro sur paroles, Paris Flammarion, 1997, 2004.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Christine and the Queens

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui dimanche 30 juillet : Christine and the Queens
(Héloïse Letissier, dite)

Hier, samedi 29 juillet : Jean Ferrat
Demain, lundi 31 juillet : Claude Nougaro

Christine and the Queens :
« Christine »

(2014)

Paroles, musique, arrangements : Héloïse Letissier
Album : « Chaleur humaine », 2014
Label : Because Music

Site web : http://www.christineandthequeens.com/home/

 _
commence les livres par la fin 
Et j’ai le menton haut pour un rien 
Mon œil qui pleure c’est à cause du vent 
Mes absences c’est du sentiment
 –
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Ça ne tient pas debout 
Sous mes pieds le ciel revient
 –
Ils sourient rouge et me parlent gris 
Je fais semblant d’avoir tout compris 
Et il y a un type qui pleure dehors 
Sur mon visage de la poudre d’or
 –
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Ça ne tient pas debout 
Sous mes pieds le ciel revient
 –
Nous et la man on est de sortie
Pire qu’une simple moitié on compte à demi-demi
Pile sur un des bas côtés comme des origamis
Le bras tendu paraît cassé
Tout n’est qu’épis et éclis
Ces enfants bizarres
Crachés dehors comme par hasard
Cachant l’effort dans le griffoir
Et une creepy song en étendard qui fait :
« J’fais tout mon make-up au mercurochrome
Contre les pop-ups qui m’assurent le trône
J’fais tout mon make-up au mercurochrome
Contre les pop-ups qui m’assurent le trône »
 –
Je ne tiens pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Je ne tiens pas debout
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Je ne tiens pas debout
Sous mes pieds le ciel revient…
_
Copyright © 2014 Héloïse Letissier / Because Music
_

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Jean Ferrat

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 29 juillet : Jean Ferrat (Jean Tenenbaum, dit)
Hier, vendredi 28 juillet : Loane
Demain, dimanche 30 juillet : Christine and the Queens

Jean Ferrat :
« La femme est l’avenir de l’homme* »

(1975)

Paroles et musique : Jean Ferrat 
Album : « La femme est l’avenir de l’homme », 1975
Label : Teney / Barclay

 _
e poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Entre l’ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D’autres décrètent par la Bible
_
Le poète a toujours raison
Qui détruit l’ancienne oraison
L’image d’Ève et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du Moyen âge
Vos siècles d’infini servage
Pèsent encor** lourd sur la terre
_
Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D’autres amours en son royaume
Remet à l’endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D’une manière irréversible
_
Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Copyright © 1975, Jean Ferrat / Teney / Barclay
_
 _
* Dans Le Fou d’Elsa (Paris Gallimard, 1963), Aragon (1897-1982) écrit (dans le poème « Zadjal de l’avenir ») :
L’avenir de l’homme est la femme
Elle est la couleur de son âme
Elle est sa rumeur et son bruit
Et sans elle il n’est qu’un blasphème
Il n’est qu’un noyau sans le fruit
Sa bouche souffle un vent sauvage
Sa vie appartient aux ravages
Et sa propre main le détruit
_
Je vous dis que l’homme est né pour
la femme et né pour l’amour
Tout du monde ancien va changer
D’abord la vie et puis la mort
Et toutes choses partagées
Le pain blanc les baisers qui saignent
On verra le couple et son règne
Neiger comme les orangers.
** Encor : licence poétique pour encore. L’adverbe encore est en effet suivi d’une consonne, ce qui porterait atteinte à la régularité des octosyllabes.

_

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Loane

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui vendredi 28 juillet : Loane (Loane Rathier, dite)
Hier, jeudi 27 juillet : Jacques Brel
Demain, samedi 29 juillet : Jean Ferrat

Loane :
« Les trains de nuit »

(2011)

Paroles et musique : Loane (Loane Rathier)
Album : « Le lendemain », 2011
Label : EMI Music France

rêvé d’un autre voyage,
Par la fenêtre le soleil
Sous les nuages faisait tomber le ciel.
Sous les draps mon cœur transpirait,
Il fallait ne dire à personne
Qu’il était tard et que tu revenais.
 –
Confidentiels, rêves intimes
Des aveux nocturnes…
Les trains de nuit prenaient les sens interdits,
Tes yeux éclairaient le ciel.
Les trains de nuit nous plongeaient dans l’infini
Des souvenirs passionnels.

J’ai rêvé d’un autre aujourd’hui,
Troublante arrivée d’un orage
Quand les visages reviennent sans bruit.
À côté de moi mon amour
Dormait sans craindre ton retour
Mais tes oiseaux ont traversé la nuit.

Confidentiels, rêves intimes
Des aveux nocturnes…
Les trains de nuit retombaient dans la folie,
Tes yeux éclairaient le ciel.
En train de nuit, je m’endormais en sursis
Sous les couteaux passionnels.
Et je remonte éblouie
Dans les wagons en sommeil.
Tous les oiseaux endormis
Ont traversé le tunnel
Brûlant mes larmes au soleil
Des remontées passionnelles.
Les trains de nuit
Retombaient dans l’infini
De tes yeux couleur du ciel.
Les trains de nuit
Nous plongeaient dans l’infini
Des souvenirs passionnels…

Copyright © 2011, Loane / EMI Music France

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Jacques Brel

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 27 juillet : Jacques Brel (Belgique)
Hier, mercredi 26 juillet : Juliette
Demain, vendredi 28 juillet : Loane

Jacques Brel :
« Le plat pays »

(1962)

Paroles et musique : Jacques Brel
Album : « Bijoux & Babioles », 2008
Éditions : S.E.M.I. et Pouchenel.

vec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l’est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu
Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité
Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu
Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s’écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien
Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien

Copyright © 1962, S.E.M.I. et Pouchenel.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Juliette

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 26 juillet : Juliette (Juliette Noureddine)
Hier, mardi 25 juillet : Serge Gainsbourg
Demain, jeudi 27 juillet : Jacques Brel

 

Juliette :
« Aller sans retour »

(2008)

Paroles et musique : Juliette Noureddine
Album : « Bijoux & Babioles », 2008
Label : Polydor

e que j’oublierai c’est ma vie entière,
La rue sous la pluie, le quartier désert,
La maison qui dort, mon père et ma mère
Et les gens autour, noyés de misère…
En partant d’ici
Pour quel paradis 
Ou pour quel enfer ?
J’oublierai mon nom, j’oublierai ma ville,
J’oublierai même que je pars pour l’exil.
_
Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée.
Au fond de la poche, un peu d’argent pour
Un ticket de train aller sans retour,
Aller sans retour.
J’oublierai cette heure où je crois mourir
Tous autour de moi se forcent à sourire
L’ami qui plaisante, celui qui soupire,
J’oublierai que je ne sais pas mentir.
Au bout du couloir,
J’oublierai de croire
Que je vais revenir.
J’oublierai même si ce n’est pas facile
D’oublier la porte qui donne sur l’exil.
_
Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée.
Au fond de la poche un peu d’argent pour
Un ticket de train aller sans retour,
Aller sans retour.
_
Ce que j’oublierais… si j’étais l’un d’eux
Mais cette chanson n’est qu’un triste jeu
Et quand je les vois passer dans nos rues
Étranges étrangers, humanité nue,
Quoi qu’ils aient fui
La faim le fusil,
Quoi qu’ils aient vendu…
Je ne pense qu’à ce bout de couloir,
Une valise posée en guise de mémoire.

Copyright © 2008, Juliette/ Polydor.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Serge Gainsbourg

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mardi 25 juillet : Serge Gainsbourg (Lucien Ginsburg, dit)
Hier, lundi 24 juillet : Axelle Red
Demain, mercredi 26 juillet : Juliette

 

Serge Gainsbourg :
« La chanson de Prévert »*

(1960)

Paroles et musique : Serge Gainsbourg (Lucien Ginsburg, dit).
Album : « L’Étonnant Serge Gainsbourg », 1961
Label : Mercury

Je voudrais tant que tu te souviennes »
Cette chanson était la tienne
C’était ta préférée
Je crois
Qu’elle est de Prévert
Et Kosma.
Et chaque fois « Les feuilles mortes »
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour, les amours mortes
N’en finissent pas de mourir.
Avec d’autres bien sûr je m’abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m’indiffère
À cela il n’est rien à faire
_
 Car chaque fois « Les feuilles mortes »
Te rappellent à mon souvenir.
Jour après jour, les amours mortes
N’en finissent pas de mourir.
 –
Peut-on jamais savoir par où commence
Et quand finit l’indifférence ?
Passe l’automne vienne l’hiver
Et que la chanson de Prévert
Cette chanson, « Les feuilles mortes »,
S’efface de mon souvenir
Et ce jour-là, mes amours mortes
En auront fini de mourir.
Et ce jour-là, mes amours mortes
En auront fini de mourir…

Copyright © 1960, Serge Gainsbourg / 1961 Mercury.

 * Jacques Prévert rédige en 1945 le texte « Les Feuilles mortes » en s’inspirant d’une musique de Joseph Kosma. À l’origine, cette chanson devait constituer le générique d’un film de Maurice Carné : Les Portes de la nuit. Finalement, seules quelques bribes de la chanson sont fredonnées dans le film qui est un échec commercial. Mais en quelques années à peine, la chanson fera le tour du monde…

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Axelle Red

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui lundi 24 juillet : Axelle Red (Belgique)
Hier, dimanche 23 juillet : Guy Béart
Demain, mardi 25 juillet : Serge Gainsbourg

Axelle Red :
« Rester femme »

(1996)

Paroles et musique : Axelle Red (Fabienne Demal, dite).
Album : « À tâtons », 1996
Label : EMI

aisse-moi rester femme
Laisse-moi rester femme
Je ferai tout pour t’encourager,
Ne pas t’étouffer,
Pour que tu m’aimes.
J’te donnerai tout le temps qu’il faudra,
Je porterai plus que mes bas noirs,
Je n’te demanderai plus de m’appeler
Quand tu rentres tard,
Et même, si je voulais savoir
Où tu es et qui tu vois, qui te sépare de moi,
Je ferai semblant de croire tes mensonges
Et j’aime autant fuir les gens que ça dérange.
Mais laisse-moi rester femme
 
Ne fût-ce qu’en larmes…
 
J’abandonnerai mes séries à savon
Je ne te comparerai plus
Aux héros de mes pulp fictions
Oh non, non
Mes discours de sécurité
Appartiennent au passé.
Et même si je voulais savoir
Où tu es et qui tu vois, qui te sépare de moi,
Je ferai semblant de croire tes mensonges
Et j’aime autant fuir les gens que ça dérange.
Mais laisse-moi, rester femme !
Laisse-moi rester femme !
 
Sans arme
Sans flamme, sans charme, en larmes*…
 
Rester, rester femme, femme, femme…
 
Laisse-moi rester femme
Laisse-moi rester femme
Je ferai tout pour t’encourager,
Ne pas t’étouffer,
Pour que tu m’aimes.
Pour que tu m’aimes.
Pour que tu m’aimes…
 
* Ajout de texte dans la très belle version acoustique : album The Songs (Acoustic), 2015 (Warner Music _Benelux).
_À écouter par exemple sur Deezer.

Copyright © 1996, Axelle Red / EMI.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Guy Béart

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui dimanche 23 juillet : Guy Béart
Hier, samedi 22 juillet : Brigitte Fontaine
Demain, lundi 24 juillet : Axelle Red

Guy Béart :
« Les couleurs du temps »

(1957, 1973)

Paroles et musique : Guy Béart (1957).
Initialement composée en 1957, la chanson a été reprise en 1973 où elle rencontra un succès immédiat.
Album : « Les Couleurs du temps », 1973
Labels : Espace Éditions, 1957. Disques Temporel/RCA, 1973.

a mer est en bleu entre deux rochers bruns,
Je l’aurais aimée en orange
Ou même en arc-en-ciel comme les embruns
Étranges.

Je voudrais changer les couleurs du temps,
Changer les couleurs du monde,
Le soleil levant, la rose des vents,
Le sens où tournera ma ronde.
Et l’eau d’une larme, et tout l’océan
Qui gronde.

J’ai brossé les rues et les bancs,
Paré les villes de rubans,
Peint la Tour Eiffel rose chair,
Marié le métro à la mer.

Le ciel est de fer entre deux cheminées,
Je l’aurais aimé violine.
Ou même en arc-en-ciel comme les fumées
De Chine.

Je voudrais changer les couleurs du temps,
Changer les couleurs du monde,
Le soleil levant, la rose des vents,
Le sens où tournera ma ronde.
Et l’eau d’une larme, et tout l’océan
Qui gronde…

Je suis de toutes les couleurs,
Et surtout de celles qui pleurent.
La couleur que je porte c’est
Surtout celle qu’on veut effacer.

Et tes cheveux noirs étouffés par la nuit,
Je les voudrais multicolores
Comme un arc-en-ciel qui enflamme la pluie
D’aurore.

Je voudrais changer les couleurs du temps, 
Changer les couleurs du monde,
Les mots que j’entends seront éclatants 
Et nous danserons une ronde,
Une ronde brune, rouge et safran
Et blonde.

Copyright © 1957, Guy Béart / 1957, Espace Éditions  / 1973, Disques Temporel/RCA.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Brigitte Fontaine

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 22 juillet : Brigitte Fontaine
Hier, vendredi 21 juillet : Stromae
Demain, dimanche 23 juillet : Guy Béart

 

Brigitte Fontaine :
« La femme à barbe »

(1995)

Texte : Brigitte Fontaine ; musique : Jacques Higelin ; arrangements : Aresky Belgacem
Album : « Genre humain », 1995
Label : Virgin

a nuit est une femme à barbe
La nuit d’lspahan ou de Tarbes
La nuit est une femme à barbe
La nuit…

Le matin est l’épée de Dieu
Lancée pour nous crever les yeux
Le soleil est un fauve en rut
Qui ne manque jamais son but

La terre est un os disparu
Dont rêvent les chiens dans les rues
Les astres sont les bijoux d’or
Oubliés par la Castafiore

Les buildings sont des petits cons
Pleins de croutons et de lardons
Et les magasins sont des forges
Tenues par Saint Jean et Saint Georges

La nuit est une femme à barbe
Venue d’lspahan ou de Tarbes
La nuit est une femme à barbe
La nuit…

Les rochers sont les réfectoires
Où les loups vont manger et boire
La mer est un repas de noces
Servi par des vierges féroces

Les arbres sont des messagers
Venus d’un royaume étranger
Et les nuages sont les songes
Des octopus et des éponges

Le ciel est un orchestre blanc
Aux vacarmes assourdissants
Le ciel est un orchestre noir
Allumant les amours d’un soir

La nuit est une femme à barbe
Venue d’lspahan ou de Tarbes
La nuit est une femme à barbe
La nuit…

Nous sommes des nids de poussière
De lune et d’étoile polaire
Nous sommes les fils du Phénix
Égarés dans la série X

Copyright © Virgin (1995)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Stromae

 

Auteurs  et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui vendredi 21 juillet : Stromae (Paul van Haver, dit)
Hier, jeudi 20 juillet : Anne Sylvestre
Demain, samedi 22 juillet : Brigitte Fontaine

Stromae :
« Alors on danse »

(2009)

Paroles et musique : Stromae (Paul Van Haver), Belgique
Album : « Cheese », 2010
Édition : Because Éditions, Kilomaître Productions, Mosaert
Label : Universal  / Mercury

lors on danse,
Alors on danse,
Alors on danse

Qui dit études dit travail
Qui dit taf te dit les thunes
Qui dit argent dit dépenses
Et qui dit crédit dit créance
Qui dit dette te dit huissier
Et lui dit assis dans la merde
Qui dit amour dit les gosses
Dit toujours et dit divorce

Qui dit proches te dit deuils
Car les problèmes ne viennent pas seuls
Qui dit crise te dit monde,
Dit famine et dit tiers-monde
Et qui dit fatigue dit réveil
Encore sourd de la veille

Alors on sort pour oublier tous les problèmes
Alors on danse

Et là tu t’dis que c’est fini
Car pire que ça ce serait la mort
Quand tu crois enfin que tu t’en sors
Quand y’en a plus eh ben y’en a encore
Ecstasy dit problèmes,
Les problèmes ou bien la musique
Ça t’prend les tripes
Ça t’ prend la tête
Et puis tu pries pour que ça s’arrête
Mais c’est ton corps c’est pas le ciel
Alors tu t’bouches plus les oreilles
Et là tu cries encore plus fort et ça persiste
Alors on chante
Lalalalalala, Lalalalalala
Alors on chante
Lalalalalala, Lalalalalala

Alors on chante, alors on chante
Et puis seulement quand c’est fini
Alors on danse, alors on danse
Alors on danse, alors on danse
Alors on danse, alors on danse
Alors on danse, alors on danse
Eh ben y’en a encore,
Eh ben y’en a encore
Eh ben y’en a encore

Copyright © Stromae / Universal / Mercury (2009)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Anne Sylvestre

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 20 juillet : Anne Sylvestre
Hier, mercredi 19 juillet : Léo Ferré
Demain, vendredi 21 juillet : Stromae

Anne Sylvestre :
« Berceuse de Bagdad * »

(2003)

Paroles et musique : Anne Sylvestre (Anne-Marie Beugras)
Album : « Les Chemins du vent », 2003
Label : EPM Musique

* Allusion aux femmes irakiennes qui ont accouché avant terme par césarienne juste avant les bombardements américains du 20 mars 2003, qui ont marqué les débuts de la guerre du Golfe.

on petit, le monde brûle
Et dans ta vie minuscule
Tu te croyais à l’abri.
Tu ne l’es plus aujourd’hui.
Pardon de t’avoir fait naître
Mais je voulais te connaître
Avant la foudre et le feu.
Est-ce donc que d’être deux
Nous rendra moins vulnérables
Sous le déluge implacable ?
Nous pourrons nous tenir chaud
Quand la mort viendra d’en haut.

Tu bois la peur avec mon lait,
J’aurais voulu, mon agnelet,
Te donner des prairies
Pour qu’un jour tu souries.

Mon petit, mon espérance,
Voici qu’on t’a fait violence
Et qu’on t’a sorti de moi
Sans attendre tes neuf mois.
Je te vois dans ta couveuse
Et au lieu d’en être heureuse
J’espère, le cœur tremblant,
Que tu vives assez longtemps
Pour me reprocher ce geste.
Et si tout en moi proteste
Je voulais te faire beau
Tant qu’il nous reste de l’eau.

Tu bois la peur avec mon lait,
J’aurais voulu, mon agnelet,
Te donner des prairies
Pour qu’un jour tu souries.

Mon petit, quel est ce monde
Où des sirènes répondent
Aux premiers cris d’un enfant
Étonné d’être vivant ?
Déjà sur ta peau si tendre
Je vois se poser des cendres
Qui demain nous couvriront.
Qui sait même où nous serons ?
Si à la mort je t’arrache
Il faudra que tu le saches
Qu’on se soucie peu de nous
Et que les hommes sont fous.

Tu bois la peur avec mon lait,
J’aurais voulu, mon agnelet,
Te donner des prairies
Pour qu’un jour tu souries.

Copyright © Anne Sylvestre / EPM Musique (2003)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Léo Ferré

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 19 juillet : Léo Ferré
Hier, mardi 18 juillet : Camille
Demain, jeudi 20 juillet : Anne Sylvestre

Léo Ferré :
« À Saint-germain des Prés »

(1950)

Paroles et musique : Léo Ferré (1950)
Album : « Chansons de Léo Ferré interprétées par Léo Ferré », 1954.
Label : Le Chant du Monde

‘habite à Saint-Germain-des-Prés
Et chaque soir j’ai rendez-vous
Avec Verlaine
Ce vieux Pierrot n’a pas changé
Et pour courir le guilledou
Près de la Seine

Souvent on est flanqué
D’Apollinaire
Qui s’en vient musarder
Chez nos misères
C’est bête, on voulait s’amuser,
Mais c’est raté
On était trop fauchés

Regardez-les tous ces voyous
Tous ces poètes de deux sous
Et leur teint blême
Regardez-les tous ces fauchés
Qui font semblant de ne jamais
Finir la s’maine

Ils sont riches à crever
D’ailleurs ils crèvent,
Tous ces rimeurs fauchés
Font bien des rêves.

Quand même,
Ils parlent le latin
Et n’ont plus faim
À Saint-Germain-des-Prés

Si vous passez rue de l’Abbaye
Rue Saint-Benoît, rue Visconti
Près de la Seine
Regardez l’monsieur qui sourit
C’est Jean Racine ou Valéry
Peut-êtr’ Verlaine

Alors vous comprendrez,
Gens de passage,
Pourquoi ces grands fauchés
Font du tapage.

C’est bête,
Il fallait y penser,
Saluons-les.
À Saint-Germain-des-Prés…

Copyright © Léo Ferré (1950), Le Chant du Monde (1954)

Robert Doisneau, La place Saint-Germain-des-Prés, de la terrasse d’un café. Vers 1950. Explorez l’univers artistique de Robert Doisneau

 

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Camille

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mardi 18 juillet : Camille
Hier, lundi 17 juillet : MC Solaar
Demain, mercredi 19 juillet : Léo Ferré

Camille
« Fontaine de lait »
(2017)

Paroles et musique : Camille (Camille Dalmais)
Album : « OUÏ »*, 2017. Éditeur : Because Music

* « Je voulais faire un disque protestataire, je voulais dire « non ». Et voilà que je dis « OUÏ ». Dans OUÏ, il y a tout : la rondeur du O, l’ouverture du U, la droiture du Ï. Tout ce que je souhaite dire, être et devenir. Aucun obstacle au chant des voyelles, au battement du cœur, du OU au Ï, de l’obscurité à la lumière, du grave à l’aïgu, de la terre aux nues, du tambour à la voix, de lui à moi. Et au bout du labeur : le Ï tout OUÏ, et ses deux poings levés vers le ciel. » (Camille)

_

ù va l’eau ? Où va l’âme ?
Et la sève, et les larmes
Évanouies ?
Aller où ? Aller là
Alléluia
Aller où il est où oui lui

Et voilà que je fais
Une fontaine de lui
Et voilà que je suis
Une fontaine de lait

Et l’avale éblouie
Sous les arbres du lit
L’oiseau jouit
À l’aval, Oh ! L’envie !
Lave pâle eau de vie !
Opale ! Oh ! Oui !

Et voilà que je fais
Une fontaine de lui
Et voilà que je suis
Une fontaine de lait…

Copyright © Camille / Because Music 2017

NB : la chanson étant très récente, veuillez noter que la transcription des paroles peut contenir des erreurs.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : MC Solaar

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui lundi 17 juillet : MC Solaar (Claude M’Barali, dit)
Hier, dimanche 16 juillet : Véronique Sanson
Demain, mardi 18 juillet : Camille

MC Solaar
« Nouveau western »
(1994)

Paroles et musique : MC Solaar (Claude M’Barali)
Album : « Prose Combat », 1994. Éditeur : Polydor

_

e vent souffle en Arizona
Un état d’Amérique dans lequel Harry zona
Cow-boy dingue du beng beng du flingue
De l’arme, du cheval et de quoi faire la bringue.
Poursuivi par Smith & Wesson,
Colt, Derringer, Winchester & Remington
Il erre dans les plaines, fier, solitaire
Son cheval est son partenaire.

Parfois, il rencontre des Indiens
Mais la ruée vers l’or est son seul dessein
Sa vie suit un cours que l’on connaît par cœur :
La Rivière sans retour d’Otto Preminger
Tandis que John Wayne est looké à la Lucky Luke
Propre comme un archiduc, Oncle Sam me dupe
Hollywood nous berne, (Hollywood berne !)
Dans la vie de tous les jours comme dans
Les nouveaux westerns.

On dit « gare au gorille », mais gare à Gary Cooper
Le western moderne est installé dans le secteur
Quand la ville dort, les trains ne sifflent pas.
Les sept mercenaires n’ont pas l’once d’un combat
Harry désormais est proche de gare de l’Est
Il saute les époques et les lieux pour un nouveau Far West.

Les saloons sont des bistrots, on y vend des clopes
Pas de la chique, du top ! Du CinemaScope
Il entre dans le bar, commande un Indien
Scalpe la mousse, boit, repose le verre sur le zinc
Une 2 CV se parque, saouls, des types se beignent
Pour des motifs futiles comme dans
Les nouveaux westerns.

Les States sont une sorte de multinationale
Elle exporte le western et son modèle féodal
Dicte le bien, le mal, Lucky Luke et les Dalton
Sont camouflés en Paul Smith et Weston
On dit que ce qui compte c’est le décor
L’habit ne fait pas l’moine dans La Ruée vers l’or.

Dès lors, les techniques se perfectionnent :
La carte à puce remplace le Remington
Mais Harry à Paris n’a pas eu de chance :
On le stoppe sur le périph’ avec sa diligence.
Puis on le place à Fresnes pour que Fresnes le freine
Victime des directives de ce que l’on appelle
Le nouveau western

Le nouveau western

Parfois la vie ressemble à une balle perdue
Dans le système moderne se noie l’individu
Pour rester lucide il s’abreuvait de Brandy
Désormais on brandit télé, shit et baby
Blanche est La Chevauchée Fantastique
Toujours à contre-jour, c’est bien moins héroïque
Dans le monde du rêve on termine par un happy end
Est-ce aussi le cas dans ce que l’on nomme
Le nouveau western ?

Le nouveau western… Le nouveau western…

Moderne… Sitting BullCochiseCalamity Jane
James West
Jane…
Les squaws… Les scalps… Tomahawk…
Le nouveau western…
Moderne… Miguelito Loveless

Copyright © MC Solaar / Polydor 1994