Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Sixième livraison

UAEP_chateau_Ecosse_6_colorisé_web_6Illustration : Bruno Rigolt
(Photomontage et peinture numérique)

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la sixième et dernière livraison de la saison 6 d’« Un automne en Poésie ». Pour ce millésime 2014, plus de cinquante poèmes ont été publiés, souvent de très grande qualité. Vous pouvez retrouver tous les textes de la saison 6 en cliquant sur les liens suivants :

 

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Apollinaire sur le sommet de son âme

par Sarah G. et Chloé M.
Classe de Seconde 1

 

Dans le soir sans être vêtus d’une veste ivre d’amour et de chagrin heureux et soyeux
Les KYO ont chanté en chœur comme des fleurs mélancoliques dictateurs sans cœur
Dans le soir bleu oranger avec des papillons albinos comme un matin rose ivre
La vie est diversifiée tout en chantant dans la forêt
Tirée vers le haut dans le matin bleu
Vu que les poissons sont apparus et qu’ils pondaient des œufs
C’est l’œuf qui est apparu
Avant la poule avant le soir avant les KYO

Oeuf_poule« Vu que les poissons sont apparus et qu’ils pondaient des œufs
C’est l’œuf qui est apparu
Avant la poule avant le soir avant les KYO… »

Illustration : BR (Photomontage)

            

                  

B.O.N.H.E.U.R.M.A.L.H.E.U.R.E.U.X.
Il fait trop froid dehors pour que les anges puissent voler

par Anissa D.
Classe de Seconde 8

              

Lèvres blanches. Visage pâle. Expirant
Dans les flocons de neige. Poumons brûlés. Goût amer.
Lumière éteinte. Le jour prend fin.
Luttant pour PAYER LE LOYER.

Les longues nuits et les hommes étranges.

Ils disaient qu’elle faisait partie des meilleures.
Coincée dans les drogues dures : BANG BANG BANG
Et dans ses rêves éveillés.
Mais dernièrement son visage semblait
DOUCEMENT SOMBRER.

Et ils criaient que les pires choses de la vie
Viennent crier librement à nous
Parce qu’elle était en dessous de ceux qui DIRIGENT.

Elle perdait le contrôle juste pour quelques
GRAMMES.

ELLE NE VEUT PAS SORTIR CE SOIR
En un rien de temps elle volait vers le PARADIS
Ou vendre de l’amour à un autre
HOMME.

Il fait trop froid dehors pour que les anges puissent voler
Gants déchirés. Manteau sur le dos.
Essayer de nager. Ne pas sombrer.
Vêtements trempés.
Pièces de monnaie. Billet de banque : UN.

Des yeux fatigués. Gorge sèche. Call girl sans téléphone.
Un ange va mourir. Espérer une vie meilleure.
AUCUNE ILLUSION.
Le feu passe au vert.

Bonheur_malheueux_uaep_2014_10« Lumière éteinte. Le jour prend fin… »

Illustration : Bruno Rigolt
Ombre au sol créée à partir d’une sculpture suspendue de Louise Bourgeois « L’Arc de l’hystérie » (1993)

_

_

Chaque seconde qui passe

par Maxence H.
Classe de Seconde 1

                  

Esprit nouveau sur la terre ancienne
Que de choses nouvelles soulèvent
Le temps qui coule
Les voiles sont levées
Chaque seconde qui passe est un voyage
D’âge en âge
Un bateau prend le large répandant des soleils
Quand d’autres font naufrage
Sous l’horizon des océans perdus

barques_Bretagne_1« Un bateau prend le large répandant des soleils
Quand d’autres font naufrage
Sous l’horizon des océans perdus
… »

Illustration : © Bruno Rigolt janvier 2015

          

La Solitude

par Aleyna F.
Classe de Seconde 8

                  

C’est comme si tu criais et que personne ne pouvait t’entendre
Tu te sens presque coupable que quelqu’un puisse être si important
Et que sans lui tu te sens vide
Légèrement vêtue de solitude.

Personne, personne ne comprend à quel point ça fait mal
Tu te sens désespérée
Et rien ne peut te sauver
Pas même les ombres des grands soleils endormis sur la mer.

Et quand c’est terminé, quand tout est fini
Quand le jour s’évapore
Tu souhaites presque que toutes ces mauvaises choses reviennent
Pour que lui aussi…

Harrison« Pas même les ombres des grands soleils endormis sur la mer… »

Illustration : Alexander Harrison (1853-1930), « Marée basse en Bretagne »
Huile sur toile (détail). c. 1890 (coll. privée)

                   

De l’aube au crépuscule

par Marie P.
Classe de Seconde 8

                 

Sous la lumière de la pleine lune qui borde la nuit
Je ferme les paupières et me laisse bercer par le bruit pâle
De la pluie et je pars vers des rêves merveilleux.
Mais au réveil, le bonheur se fissure, il faut partir

Cartable en main dans la brume transparente
Du matin : la vraie vie reprend son chemin de larmes
Et d’encre rouge où le respect de chacun n’existe
Point. La journée terminée, je prends un peu de liberté :

Dans le creux de ma main je pose une fleur couleur
Du jour qui s’envole, une fleur couleur de l’été
Et je m’évade sur les chemins de la terre
Comme lorsque j’étais petite.

La nuit revient me chercher : elle m’emmène
Dans un profond sommeil répandant de grands soleils
Sur le rivage de mes yeux. Plus rien ne m’atteint,
Quel bonheur de ne pas penser à demain !

Nature-morte-aux-roses-et-vase-de-Clichy_2« Dans le creux de ma main je pose une fleur couleur
Du jour qui s’envole, une fleur couleur de l’été… »

Illustration : Bruno Rigolt
(photographie aquarellée et retouchée numériquement)

J’ai gardé en moi

par Lou C.
Classe de Seconde 8

                      

j’ai gardé en moi
ce mensonge cristallin
qui m’aveuglait
lorsque le crépuscule sculptait
les feuilles de mon âme

Arbre_Lou_5« Crépuscule »

Illustration : Lou C.

L’Ombre blanche

par Émile T.
Classe de Seconde 1

                      

Je regarde ce mur sombre mais éclairci
Dans mon cœur d’une fleur qui vibre de vivre
Sans l’ombre d’un doute je peux vous décrire
Cette silhouette blanche aperçue
Encore hier : mon passé si beau, si joyeux
Le présent si sombre, si désert parfois
Et demain ? Quelle sera la couleur de mon âme ?
Rouge, je l’espère, comme une fleur
Pourpre d’éclore.

rose_pourpre« Et demain ? Quelle sera la couleur de mon âme ?
Rouge, je l’espère, comme une fleur
Pourpre d’éclore
… »

Illustration : BR

_

La forêt

par Gabriel F.
Classe de Seconde 8

La forêt est grande comme l’horizon
Elle palpite de secrets et de brumes écloses
Ou de mystères fanés.
On a envie d’y rester jusqu’à la fin des jours
Mû par les présages d’obscurs chemins,
Libéré de notre poids de solitude
Au plus profond de notre âme
Qui semble un regard bleu du ciel
Vers d’immenses contrées…

potémont_forêt_détail« Mû par les présages d’obscurs chemins… »

Illustration : Martial Potémont, « Paysage de forêt tropicale (gouache), détail.
Saint-Denis de La Réunion), Musée Léon Dierx.

                       

                   

L.O.V.E.

par Annik L.
Classe de Seconde 8

De haut en bas
À droite sur le milieu jusqu’à gauche
Dans tous les sens
Des trucs pas possibles :
Des visions bizarres et

Des pensées comme les vagues de la mer
Ou les chemins du vent.

Les souffles des genoux
Les cœurs vivants chuchotent dans le vin
Du chocolat tranchant
L’ordinateur tire les nuages du ciel
Des personnes raniment leur corps avec

Des pensées comme les vagues de la mer
De faible chair.

Tout ça, ce sont les pensées
Des cerveaux
Dans le sol
Comme une abeille qui mange
Les cerf-volants carnivores

Et les vagues de la mer
Pour écrire  dans le ciel : « LOVE »

Annik_2014Illustration : © Annik L. 2014

Doux regrets devant l’immensité

par Lucie B.
Classe de Seconde 8

                 

Le sable me rappelle tristement
Les souvenirs d’un amour enflammé.
Je tourbillonne dans le néant,
Rien ne consolera mon âme éplorée.

Immobile et impuissante devant la mer,
Je suis bercée par une brise légère.
Cette vaste étendue de paillettes dorées
Encercle mon corps et mon esprit tourmenté.

Je me perds, je me noie et je meurs !
Reviens à moi espoir que j’ai abandonné,
Tu m’aideras à retrouver joie et sérénité.
Ainsi la passion renaîtra dans mon cœur.

Les vagues se rapprochent et me charment,
L’humidité de l’océan vient troubler mes rêveries.
Alors, mes yeux remplis de larmes
Guident mon regard perdu, vers l’infini…

« Regarde-moi » Photomontage d'après Man Ray "Tears", 1933
Photomontage d’après Man Ray, « Tears », 1933

« Alors, mes yeux remplis de larmes
Guident mon regard perdu, vers l’infini… »

Vie d’un enfant évidence

par Anaïs P.
Classe de Seconde 1

                 

Les extrémités strictement graduées
De la vie d’un enfant évidence
Jouant dans un jeu précédent
La vie, la misère, la délinquance

Un ensemble contraire à des solutions
De sa vie adaptées aux valeurs éclatantes
Des extrémités strictement graduées
De cette vie fragile, fragile

Les affirmations existentielles
Du cœur de cet enfant évidence
Torturé par une probabilité
De ne pas vivre l’Enfance

Expliquée par une équation contraire
À la vie, au bonheur : la pauvreté, la guerre
Évidemment ce cœur joue un rôle déterminé
Pourquoi ? Pourquoi ?

coeur-volant.1285865387.jpg« Les affirmations existentielles du cœur de cet enfant évidence
Torturé par une probabilité de ne pas vivre l’Enfance… »

La numérisation de la sixième livraison de textes est presque terminée.
Prochain rendez-vous « Un Automne en Poésie » : octobre 2015 (saison 7)

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

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Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Cinquième livraison

UAEP2015_new6Illustration : BR

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la cinquième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif jusqu’au 29 décembre 2014 (dernière livraison).

Dernière livraison : lundi 29 décembre 2014

________________

Envolés comme le ciel

par Bastien S.
Classe de Seconde 1

 

J’admire cette nuit indienne
En regardant les nuances de soir
Qui marchent le long de mon corps.

Je vois ces plaines
Écrites le long de la mer
Qui se sépare en un chemin interdit.

Je fixe au loin une femme :
Avec son âme
Elle me donne les raisons de l’aimer.

L’embouchure de son corps est une frontière
Puis je perçois ses yeux,
envolés comme le ciel…

femme_soir_BR_3« Puis je perçois ses yeux,
envolés comme le ciel… »

Illustration : © Bruno Rigolt, décembre 2014
(Photomontage et peinture numérique)

            

                  

Bouquet de voyage

par Anissa D.
Classe de Seconde 8

              

Lève l’ancre pour le dahlia
Et la rose lointaine

Pour des fleurs à pétales bien rangés
La nuit, le jour.

Dans l’obscurité, à demi transportée
Et ne plus revenir
Et m’envoler

Pour un bouquet de voyage.

henri-matisse-roses« … Et m’envoler pour un bouquet de voyage… »

Henri Matisse, « Roses devant une fenêtre » 
(coll. privée), 1925

_

_

Bruyante vérité de la vie

par Sinatou B.-R.
Classe de Seconde 1

                  

Le rôle obscur de la vie
Éclaire la céleste pensée :
Dans le silence, la tristesse s’illumine
Le film de l’espoir se dessine.

La joie quant à elle s’endort.
Des jugements raisonnent
Au milieu de l’obscurité,
La douleur se construit.

Dans la sombre lumière,
Le désespoir colore le noir
Assourdissant de silence.
La conquête de la saison s’innove

Et voici que l’immensité du soir s’agrandit :
La bruyante vérité de la vie retentit d’un peut-être
La riche morosité s’appauvrit  à presque l’infini !
La dépression négocie le bien-être.

Picasso_femme_bras_croisés_détail« Dans la sombre lumière,
Le désespoir colore le noir
Assourdissant de silence… »

Illustration choisie par Sinatou : 
Pablo Picasso, « Femme aux bras croisés » (c. 1901-1902)
Huile sur toile (détail), collection privée

          

Je me souviens de l’été

par Nikita S. – J.
Classe de Seconde 8

                  

La porte entre-ouverte de mon esprit
Laisse passer la brume de nos souvenirs :
Immense danger ou  simple bonheur,
Je me laisse emporter au passage de l’été.

Soudain, la porte de mon cœur se referme
Comme mes yeux ! Là sans comprendre
S’ouvre le cadenas de mes regrets
Comme la plaie de tes émotions épanchées.

Je sais ta souffrance couleur d’ombre
Et je laisse couler des larmes
Comme la clef de ton silence
Qui s’effeuille entre mes doigts.

Dans la serrure, je distingue
Ton visage au ciel changeant
La poignée tourne tout doucement,
Je me souviens de l’été.

mer_onirique_11« La poignée tourne tout doucement,
Je me souviens de l’été… »

Composition originale : Bruno Rigolt

                   

Rosée du matin

par Maxence H.
Classe de Seconde 1

                 

Dans la lumière du soir arrivaient la nuit
Et l’obscurité d’un silence étoilé de brouillard

Et les nuages transparents
Qui surplombaient la lune
Qui éclairaient ces moments sombres de la vie

Qui n’attendaient que la nuit effacée
Et la rosée du matin

lumière_du_soir« Et les nuages transparents
Qui surplombaient la lune
… »

Illustration : BR

Quand une étoile monte sur terre

par Annik L.
Classe de Seconde 8

                      

Quand une étoile monte sur terre
C’est pour beaucoup de personnes
Le moment où les désirs étaient vrais.

Quand une étoile monte sur terre
C’est pour un peu d’adolescents
Le moment où s’est arrêté le temps.

Quand une étoile monte sur terre
C’est pour tous les enfants
Le moment de partir en voyage et se taire.

Quand une étoile monte sur terre
C’est pour moi le moment où le ciel s’enfonce
Dans un jeu de couleurs

Un jeu de douleurs. C’est une fragmentation
De la vie. Un petit soleil vermeil
Que le désir de vivre abandonne.

Delvaux_Solitude_1956_1

« Quand une étoile monte sur terre
C’est pour tous les enfants
Le moment de partir en voyage et se taire…. »

Illustration : Paul Delvaux, « Solitude » (huile sur panneau de bois, 1955)
Mons,
 Musée des Beaux Arts

Joie éphémère

par Idriss B.
Classe de Seconde 1

                      

Au fur et à mesure du temps,
La frise chronologique se dirige vers
Le monde déterminé par le bruit des téléphones :

Les civils heurtés sans cesse au vent des SMS
Si loin de la vieille âme des lettres
Qui ne servent plus à rien, juste à se remémorer
Dans les manuels le temps des guerres.

Le nouveau tourbillon de circonstances familières
Montre toujours le monde qui court :
Textos abandonnés au vent des douleurs,
Trente glorieuses qui jonchent le sol

De souvenirs futiles
Le vent du loisir ne touchant plus notre peau
S’adapte à la solitude.

SMS_UAEP2014_5_BR« Les civils heurtés sans cesse au vent des SMS
Si loin de la vieille âme des lettres
… »

Illustration : BR

_

Suivre le vent

par Théo R. et Patrick S.
Classe de Seconde 8

La vie est comme une feuille blanche
Que l’on efface, réécrit, efface encore.
Les mots de notre enfance
Se fanent comme cette eau de silence
Qui s’écoule de mes yeux.

Mon cœur risque de s’éclipser comme cette feuille blanche
Risque de se briser comme l’horloge
Tictaque lointaine.
La nature est aveugle et méchante
Les âmes deviendront blanches dans la tombe.

Comme cette feuille blanche inexorablement
Que je remplis avec des larmes de joie, des sourires,
Et puis le crépuscule de tes yeux.
Suivre le vent est une ambition
De feuille morte…

secretdumonde_1« Comme cette feuille blanche inexorablement
Que je remplis avec des larmes de joie, des sourires,
Et puis le crépuscule de tes yeux… 
»

Illustration : © Bruno Rigolt

                       

                   

Words of Silence
(Haïkus contemporains rédigés en langue anglaise)

par Murielle N. et Louise L.
Classe de Seconde 1

The arch of my mind pierces the desert of my eyes
As when the wind
drawing the night

frise fleurs horizontale_couleur_modifié-2

Sharks slept on the surface of paradise
Awaiting the down of the peace
on weeping willow trees

Tous mes secrets pour toi

par Aymie K.
Classe de Seconde 8

Ton regard de couleur suprême
Étincelle l’ombre de ma peine.
Mon cœur enduit de soir se fracture
Le souffle du vent m’emporte vers toi
Et à ce moment même les larmes d’argent
De mon cœur s’enflamment dans l’oubli de ma peine
Comme l’azur se fissure dans le miroir de la mer…

oiseau_mer_azur_3« Comme l’azur se fissure dans le miroir de la mer… »

Illustration : © Bruno Rigolt

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La numérisation de la cinquième livraison  de textes est terminée.
Sixième et dernière publication de textes : lundi 29 décembre 2014…

Licence Creative CommonsNetiquette : comme pour l’ensemble des textes publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif, les poèmes des étudiant(e)s sont protégés par copyright. Ils sont mis à disposition des internautes selon les termes de la licence Creative Commons Paternité (Pas d’utilisation privée ou commerciale, pas de modification). La diffusion publique est autorisée sous réserve de mentionner le prénom de l’auteur, l’initiale de son nom, la classe, l’établissement ainsi que la référence complète du poème cité (URL de la page).

 

Un Automne en Poésie Saison 6 (2014-2015) Quatrième livraison

Poursuite de l’exposition « Un Automne en Poésie »

Les élèves de Seconde 8 et moi-même souhaitons dédier
cette édition d’« Un Automne en Poésie » à Sarah L. (†).

affiche_uaep_2014_4_gIllustration : Bruno Rigolt

Les élèves de Seconde 1 et de Seconde 8 du Lycée en Forêt sont fiers de vous présenter l’édition 2014—2015 d’« Un automne en Poésie », événement désormais incontournable qui marque comme chaque année l’actualité littéraire lycéenne. Puisant leur inspiration dans le message du Romantisme et du Symbolisme, les jeunes étudiant(e)s ont souhaité mettre en avant l’écriture poétique comme exercice de la liberté : liberté du rêve, des grands infinis ; liberté du cœur et des sentiments ; liberté aussi des jeux sur l’image et le non-dit, l’inexprimable, l’ineffable du mot…

Voici la quatrième livraison de textes.
Chaque semaine, de nouveaux textes seront publiés dans l’Espace Pédagogique Contributif jusqu’au 21 décembre 2014 (dernière livraison).

Prochaine livraison : dimanche 14 décembre 2014

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L’homme aux marguerites

par Noémie G.
Classe de Seconde 8

 

L’homme aux marguerites
Fumait la pipe.
Par sa fenêtre il voyait tout Paris
Et Paris regardait la Seine

Transparente de solitude.

La Seine, la Seine…
Très loin des bords du monde
Partie sur une île
Trouver l’amour…

Signac« La Seine, partie sur une île
Trouver l’amour… »

Paul Signac (Paris 1863-1935), « L’Île de la Cité », 1912
Essen (Allemagne), Museum Folkwang

            

                  

Distance

par Quentin C.
Classe de Seconde 1

              

Toujours dans les nuages ton nom
Comme une carte avec des points
Qui représente à mes yeux une profonde
Déchirure.

L’espace amplifie ce vide interminable
La tristesse augmente l’impossible rêve
Et cette rupture représente à mes yeux
Les variations de ton cœur.

La distance est un désert interminable :
Larmes sans toi, givrure sans toi
Sans pouvoir avancer. La clarté du soleil
Porte l’éclat de ta peau.

Quand pourrai-je enfin franchir ce vide
Pour raviver la flamme évanescente :
Relancer notre amour et pouvoir enfin te dire
Ces mots trouvés dans la poussière du rêve…

Paysage_bleu_Chagall_a« … et pouvoir enfin te dire
Ces mots trouvés dans la poussière du rêve…
 »

Marc Chagall, « Le Paysage bleu » 1949
(Gouache sur papier, Wuppertal, Von der Heydt Museum)

        

Piano romantique

par Basile L.
Classe de Seconde 1

                  

Ce jour-là, tu brillais de mille feux
En notes égrenées d’instants merveilleux
A cappella tu chantais d’une voix si pure
Un demi-soupir clôturait la mesure

L’heure de refaire les gammes sonna
Mais le vent t’emmena si loin de moi
Le cœur du métronome ne battait plus
Il comprenait que l’octave était trop aiguë

Reprendre encore cette valse en si mineur
D’en haut tu me regardes et je sais la valeur
De ton silence. Perdu dans mes rêves tragiques,
Je fredonne ce doux bercement de musique

piano_romantique« L’heure de refaire les gammes sonna
Mais le vent t’emmena si loin de moi… »

Illustration : Bruno Rigolt

–           

Soleil de Barcelone

par Mélissa G.
Classe de Seconde 8

                  

Le soleil de Barcelone est un anneau d’or
Qui caresse les douces vagues.
J’écoute la voix bleue de la mer :
C’est une fleur au bord du ciel.

La mer est nue quand le soir
A fermé ses paupières dans l’obscurité.
La mer est nue quand on se lasse du ciel d’été
Quand le temps n’a plus d’importance…

Degouve de Nuncques_2« J’écoute la voix bleue de la mer : c’est une fleur au bord du ciel... »

William Degouve de Nuncques (1867-1935)
« Côte aux Baléares » (Majorque, Cala San Vicente)

Collection privée

                   

Éternité fluctuante

par Paul R.
Classe de Seconde 1

                 

Enchaîné mon cœur ne peut plus t’enlacer.
Et les gardiens de mon âme éternisent
Le soleil triste de mon esprit.

Ma vie sans toi est comme une éternité fluctuante.
L’onde lumineuse traverse éperdument mon corps
Qu’elle ne cesse de dis-fractionner.

L’amour est plus fort que jamais
Et je cherche, distillant mes émotions une à une
La solution à ta présence estompée.

Fernand_Léger_Joconde_aux_clés« Et je cherche, distillant mes émotions une à une
La solution à ta présence estompée
… »

Fernand Léger, « La Joconde aux clés » (huile sur toile), 1930
Biot (Alpes-Maritimes), Musée national Fernand Léger

© ADAGP, Paris 2014 © cliché RMN Gérard Blot |source|

 

              

Pauvre petite Alison

par Zina Z.
Classe de Seconde 1

                      

Ceci n’est pas un film. C’est la petite Alison qui court
Essayant d’appeler au secours
Sous les pavés les cris : sans réponse
Qui pouvait l’entendre ? Personne.
Et comme sa voix est faible
Et comme personne ne peut l’aider
Un jour il finira par la tuer
Cette pauvre petite Alison.

Il s’approche
Dans les rayons du soleil déclinant
Ce père de plus en plus proche
Elle essaye malgré tout de s’échapper
N’importe où les escaliers, un porche
Elle est là au sol.
Elle entend les cris de la mère
Les pleurs des sœurs

Mais à quoi servent les cris ?
C’est trop tard. Son père savait
Donner le coup fatal. Il faut tourner la page
Sans un baiser. Sans un adieu.
Alison s’approche de la fin car sa voix est faible.
Car personne ne peut l’aider.
Mais elle sait que c’est le début
Du bonheur sans fin.

Alison_7

« … car sa voix est faible. Car personne ne peut l’aider.
Mais elle sait que c’est le début
Du bonheur sans fin
… »

Illustration : © Bruno Rigolt (Photomontage et peinture numérique)

Silence de l’automne

par Thomas G. et Nicolas B.
Classe de Seconde 8

                      

Le vent argenté chante doucement
L’horlogerie de la solitude
En faisant tomber les feuilles
Sur le sol ensanglanté de l’automne.

Saison naissante, saison mourante
Dans la brume du soir sans fin
Les temps se fanent et la lumière se brise
Laissant couler l’ombre

Parmi les nuées assombries par les malheurs
De l’aube. Demain reviendra la nuit
Aux yeux de triste jour

Jusqu’à ce que la mort et la vie
S’allient heurtant leurs ombres claires
D’un feuillage de poème

Charnay Soirée d'aautomne sur la terrasse« Dans la brume du soir sans fin
Les temps se fanent et la lumière se brise
… »

Illustration : Armand Charnay (1844-1915), « Soirée d’automne sur la terrasse » (détail)
Fin 19e, premier quart du 20e siècle. Charlieu, musée Hospitalier. Crédit photographique : Emma Artige

 

Dans le ciel obscur

par João M.
Classe de Seconde 1

Dans le soir de lumière déclinante
Là où s’épanouit la lumineuse lune,
Les étoiles aux yeux de soleil
Enflamment le grand ciel.

Mais les édifices des hommes affadissent
Ce paysage. Leurs routes vibrant de rage
Et de métal déchiqueté
Ont pour seul refuge l’amertume.

La nuit est comme la nostalgie du penseur :
Farouchement marginale, éprise de liberté.
Auront-ils encore un germe de sourire
Dans ce monde au toit d’acier dénaturé ?

cite_nuit_3« Leurs routes vibrant de rage et de métal déchiqueté… »

Illustration : © Bruno Rigolt

                       

                   

La seule ombre au tableau
(Haïku)

par Lucie B.
Classe de Seconde 8

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En cette nuit glacée,
Une ombre transparente,
Seule et abandonnée,
Tristement arpente,
Le doux sol argenté.

Composition d’après Caspar David Friedrich : pinceau et sépia sur dessin au crayon (détail, 1826) Hamburger Kunsthalle, Hambourg        
   

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La numérisation de la quatrième livraison  de textes est terminée.
Cinquième publication de textes : dimanche 14 décembre 2014…

 

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