75 minutes BTS « Cette part de rêve que chacun porte en soi » Rêve et bovarysme : de l’idéal aux clichés romanesques

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Le « 75 minutes », c’est quoi ?

Pour vous aider dans vos révisions, je vous propose 1 à 2 fois par semaine jusqu’à l’épreuve, un « 75 minutes » sur l’un des deux thèmes proposés à l’examen. Obligez-vous à respecter le timing : 1h15 pas plus, pour confronter trois documents, faire une fiche de synthèse à partir de la problématique abordée, et vous entraîner en temps limité sur quelques sujets-type. Bien entendu, rien ne vous empêche ensuite d’approfondir un ou plusieurs aspects, mais obligez-vous la première fois à travailler dans le temps imparti : 75 minutes ! Chronométrez-vous en n’oubliant pas qu’un temps limité est toujours mieux utilisé !

Révisions Thème 2
Cette part de rêve que chacun porte en soi…

Voir aussi : « BTS : Rêve et Publicité… Étude de l’image »
→ Support de cours. Pour accéder au document, cliquez ici.

Problématique de ce « 75 Minutes » : rêve et bovarysme

mots clés : Rêve ; Idéal ; Bovarysme ; romanesque ; clichés

Le terme bovarysme dérive du célèbre roman de Gustave Flaubert, Madame Bovary, publié en 1856 et c’est à Jules de Gauthier (1911) que l’on doit le concept de bovarysme. On désigne sous ce terme un état d’insatisfaction affective et sociale amenant à rêver à un bonheur souvent illusoire et inaccessible. Le Petit Larousse (2000) propose ainsi la définition suivante : « comportement qui consiste à fuir dans le rêve l’insatisfaction éprouvée dans la vie ». 

Mais le terme de bovarysme se double également d’un autre sens, proche du premier, et qui le complète utilement : c’est celui de mettre en dérision le rêve, et plus particulièrement les clichés romanesques voire romantiques qui s’y trouvent : ainsi, dans le premier document, Flaubert relate de façon assez ironique et quelque peu caricaturale les rêveries d’Emma, qui, malheureuse dans sa vie de couple, rêve d’une lune de miel. Loin d’être personnel, son discours est une succession de lieux communs de lecture.

Le deuxième extrait tiré du roman de Maupassant Une Vie accentue plus encore ce bovarysme : l’héroïne Jeanne vient de sortir du couvent où son père (un vieux baron adepte de Rousseau) l’a tenue enfermée, moins par conformisme religieux, que pour l’écarter des vices du monde. Le passage que je vous présente se situe à la fin du premier chapitre : de retour au château familial et ne parvenant pas à trouver le sommeil tant elle est excitée d’avoir quitté « pour toujours » le couvent, la jeune fille se met à « rêver d’amour »…

Quant au troisième document, il n’est pas non plus éloigné de ce bovarysme amoureux que j’évoquais à l’instant. Regardez par exemple les cœurs ! Il y en a de partout : le collier, le pendentif, la bague, et bien sûr le produit lui-même ainsi que les traits qui encadrent le flacon. Tous ces cœurs figurent une plongée dans la rêverie, et sont autant d’invitations au voyage fictionnel dans un conte amoureux, qui n’est pas loin d’évoquer une certaine image d’Épinal de la féminité. 

Bruno Rigolt

Étape 1  : la prise de notes (45 minutes) : Documents 1 à 3 : 15 minutes par document. Lisez les deux textes en relevant les informations vous paraissant les plus utiles au traitement de la problématique : relevez synthétiquement le thème précis, la thèse de l’auteur ou l’enjeu posé, ainsi que quelques arguments ou exemples représentatifs. Pour le document 3, aidez-vous de l’analyse d’image publiée sur ce site. Ne rentrez pas dans les détails : allez toujours vers l’interprétation textuelle GLOBALE

1. Gustave Flaubert, Madame Bovary (1856). Deuxième partie, chapitre 12

Dans ce passage, Flaubert relate de façon assez ironique et quelque peu caricaturale les rêveries d’Emma qui, malheureuse dans sa vie de couple avec Charles (le type même de l’homme ordinaire), rêve d’une « lune de miel ». Loin d’être personnel, son discours qui est une succession de lieux communs, « représente l’attente et le fantasme romantique de trouver le prince charmant conforme aux clichés des œuvres littéraires de l’époque » (L. Schmitt).

Emma ne dormait pas, elle faisait semblant d’être endormie ; et, tandis qu’il s’assoupissait à ses côtés, elle se réveillait en d’autres rêves.

Au galop de quatre chevaux, elle était emportée depuis huit jours vers un pays nouveau, d’où ils ne reviendraient plus. Ils allaient, ils allaient, les bras enlacés, sans parler. Souvent, du haut d’une montagne, ils apercevaient tout à coup quelque cité splendide avec des dômes, des ponts, des navires, des forêts de citronniers et des cathédrales de marbre blanc, dont les clochers aigus portaient des nids de cigognes. On marchait au pas, à cause des grandes dalles, et il y avait par terre des bouquets de fleurs que vous offraient des femmes habillées en corset rouge. On entendait sonner des cloches, hennir les mulets, avec le murmure des guitares et le bruit des fontaines, dont la vapeur s’envolant rafraîchissait des tas de fruits, disposés en pyramide au pied des statues pâles, qui souriaient sous les jets d’eau. Et puis ils arrivaient, un soir, dans un village de pêcheurs, où des filets bruns séchaient au vent, le long de la falaise et des cabanes. C’est là qu’ils s’arrêteraient pour vivre ; ils habiteraient une maison basse, à toit plat, ombragée d’un palmier, au fond d’un golfe, au bord de la mer. Ils se promèneraient en gondole, ils se balanceraient en hamac ; et leur existence serait facile et large comme leurs vêtements de soie, toute chaude et étoilée comme les nuits douces qu’ils contempleraient. Cependant, sur l’immensité de cet avenir qu’elle se faisait apparaître, rien de particulier ne surgissait ; les jours, tous magnifiques, se ressemblaient comme des flots ; et cela se balançait à l’horizon, infini, harmonieux, bleuâtre et couvert de soleil. Mais l’enfant se mettait à tousser dans son berceau, ou bien Bovary ronflait plus fort, et Emma ne s’endormait que le matin, quand l’aube blanchissait les carreaux et que déjà le petit Justin, sur la place, ouvrait les auvents de la pharmacie.

2. Guy de Maupassant, Une Vie, 1883. Chapitre 1

Dans ce passage, qui se situe à la fin du premier chapitre, l’héroïne Jeanne vient de sortir du couvent où son père (un vieux baron adepte de Rousseau) l’a tenue enfermée, moins par conformisme religieux, que pour l’écarter des vices du monde.  De retour au château familial et ne parvenant pas à trouver le sommeil tant elle est excitée d’avoir quitté « pour toujours » le couvent, la jeune fille se met à « rêver d’amour »…

La jeune fille s’abandonna au bonheur de respirer ; et le repos de la campagne la calma comme un bain frais.
Toutes les bêtes qui s’éveillent quand vient le soir et cachent leur existence obscure dans la tranquillité des nuits, emplissaient les demi-ténèbres d’une agitation silencieuse. De grands oiseaux qui ne criaient point fuyaient dans l’air comme des taches, comme des ombres ; des bourdonnements d’insectes invisibles effleuraient l’oreille ; des courses muettes traversaient l’herbe pleine de rosée ou le sable des chemins déserts.
Seuls quelques crapauds mélancoliques poussaient vers la lune leur note courte et monotone.
Il semblait à Jeanne que son cœur s’élargissait, plein de murmures comme cette soirée claire, fourmillant soudain de mille désirs rôdeurs, pareils à ces bêtes nocturnes dont le frémissement l’entourait. Une affinité l’unissait à cette poésie vivante ; et dans la molle blancheur de la nuit, elle sentait courir des frissons surhumains, palpiter des espoirs insaisissables, quelque chose comme un souffle de bonheur.
Et elle se mit à rêver d’amour.
L’amour ! Il l’emplissait depuis deux années de l’anxiété croissante de son approche. Maintenant elle était libre d’aimer ; elle n’avait plus qu’à le rencontrer, lui !
Comment serait-il ? Elle ne le savait pas au juste et ne se le demandait même pas. Il serait lui, voilà tout.
Elle savait seulement qu’elle l’adorerait de toute son âme et qu’il la chérirait de toute sa force. Ils se promèneraient par les soirs pareils à celui-ci, sous la cendre lumineuse qui tombait des étoiles. Ils iraient, les mains dans les mains, serrés l’un contre l’autre, entendant battre leurs cœurs, sentant la chaleur de leurs épaules, mêlant leur amour à la simplicité suave des nuits d’été, tellement unis qu’ils pénétreraient aisément, par la seule puissance de leur tendresse, jusqu’à leurs plus secrètes pensées.
Et cela continuerait indéfiniment, dans la sérénité d’une affection indescriptible.

3. Publicité pour le parfum « Princess » (Vera Wang)
→ Pour accéder à l’analyse d’image, cliquez ici.

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→ Étape 2  : le réinvestissement des notes (30 minutes)

  • Essayez d’abord de répondre très brièvement aux questions suivantes en vous obligeant à réinvestir vos notes pour chacune de vos réponses, qui seront structurées autour d’un argument, illustré par un exemple précis.

– Le bovarysme a été défini comme un comportement consistant à fuir dans le rêve. Trouvez deux exemples (dans la publicité ou dans certaines émissions de télé-réalité) illustrant ce concept.
– Montrez que les aventures des deux héroïnes dans les textes de Flaubert et de Maupassant reposent sur un romantisme « à l’eau de rose ».
– À la lecture des documents, commentez ces paroles de la chanson « Foule sentimentale » d’Alain Souchon (1993) : « On a soif d’idéal/Attirés par les étoiles, les voiles/Que des choses pas commerciales ».
– Le poète Gérard de Nerval dit du rêve qu’il « est une seconde vie » (Aurélia, voir ce « 75 minutes » : Comprendre les rêves : 1/2) : opposez la conception du rêve dont parle Gérard de Nerval au bovarysme : si le rêve permet aux héroïnes d’accéder à « une seconde vie », quels sont néanmoins les dangers de cette pathologie de l’imaginaire ?
– Dans quelle mesure la publicité pour le parfum « Princess » (doc. 3) peut-elle être interprétée comme une réécriture des contes de fée ?
– Dans quelle mesure pourrait-on reprocher à certains magazines féminins à grand tirage leur bovarysme ?
– Peut-on dire de la télé-réalité et plus particulièrement des émissions people que c’est un bovarysme « à grande échelle » ?
– Pourrait-il y avoir un bovarysme réussi et positif ?

  • Enfin, choisissez l’un de ces questionnements et essayez de construire un plan d’écriture personnelle en 15 minutes.

Bon courage à toutes et à tous pour l’examen !

75 minutes BTS « Cette part de rêve que chacun porte en soi » Rêve et bovarysme : de l'idéal aux clichés romanesques

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Le « 75 minutes », c’est quoi ?

Pour vous aider dans vos révisions, je vous propose 1 à 2 fois par semaine jusqu’à l’épreuve, un « 75 minutes » sur l’un des deux thèmes proposés à l’examen. Obligez-vous à respecter le timing : 1h15 pas plus, pour confronter trois documents, faire une fiche de synthèse à partir de la problématique abordée, et vous entraîner en temps limité sur quelques sujets-type. Bien entendu, rien ne vous empêche ensuite d’approfondir un ou plusieurs aspects, mais obligez-vous la première fois à travailler dans le temps imparti : 75 minutes ! Chronométrez-vous en n’oubliant pas qu’un temps limité est toujours mieux utilisé !

Révisions Thème 2
Cette part de rêve que chacun porte en soi…

Voir aussi : « BTS : Rêve et Publicité… Étude de l’image »
→ Support de cours. Pour accéder au document, cliquez ici.

Problématique de ce « 75 Minutes » : rêve et bovarysme

mots clés : Rêve ; Idéal ; Bovarysme ; romanesque ; clichés

Le terme bovarysme dérive du célèbre roman de Gustave Flaubert, Madame Bovary, publié en 1856 et c’est à Jules de Gauthier (1911) que l’on doit le concept de bovarysme. On désigne sous ce terme un état d’insatisfaction affective et sociale amenant à rêver à un bonheur souvent illusoire et inaccessible. Le Petit Larousse (2000) propose ainsi la définition suivante : « comportement qui consiste à fuir dans le rêve l’insatisfaction éprouvée dans la vie ». 

Mais le terme de bovarysme se double également d’un autre sens, proche du premier, et qui le complète utilement : c’est celui de mettre en dérision le rêve, et plus particulièrement les clichés romanesques voire romantiques qui s’y trouvent : ainsi, dans le premier document, Flaubert relate de façon assez ironique et quelque peu caricaturale les rêveries d’Emma, qui, malheureuse dans sa vie de couple, rêve d’une lune de miel. Loin d’être personnel, son discours est une succession de lieux communs de lecture.

Le deuxième extrait tiré du roman de Maupassant Une Vie accentue plus encore ce bovarysme : l’héroïne Jeanne vient de sortir du couvent où son père (un vieux baron adepte de Rousseau) l’a tenue enfermée, moins par conformisme religieux, que pour l’écarter des vices du monde. Le passage que je vous présente se situe à la fin du premier chapitre : de retour au château familial et ne parvenant pas à trouver le sommeil tant elle est excitée d’avoir quitté « pour toujours » le couvent, la jeune fille se met à « rêver d’amour »…

Quant au troisième document, il n’est pas non plus éloigné de ce bovarysme amoureux que j’évoquais à l’instant. Regardez par exemple les cœurs ! Il y en a de partout : le collier, le pendentif, la bague, et bien sûr le produit lui-même ainsi que les traits qui encadrent le flacon. Tous ces cœurs figurent une plongée dans la rêverie, et sont autant d’invitations au voyage fictionnel dans un conte amoureux, qui n’est pas loin d’évoquer une certaine image d’Épinal de la féminité. 

Bruno Rigolt

Étape 1  : la prise de notes (45 minutes) : Documents 1 à 3 : 15 minutes par document. Lisez les deux textes en relevant les informations vous paraissant les plus utiles au traitement de la problématique : relevez synthétiquement le thème précis, la thèse de l’auteur ou l’enjeu posé, ainsi que quelques arguments ou exemples représentatifs. Pour le document 3, aidez-vous de l’analyse d’image publiée sur ce site. Ne rentrez pas dans les détails : allez toujours vers l’interprétation textuelle GLOBALE

1. Gustave Flaubert, Madame Bovary (1856). Deuxième partie, chapitre 12

Dans ce passage, Flaubert relate de façon assez ironique et quelque peu caricaturale les rêveries d’Emma qui, malheureuse dans sa vie de couple avec Charles (le type même de l’homme ordinaire), rêve d’une « lune de miel ». Loin d’être personnel, son discours qui est une succession de lieux communs, « représente l’attente et le fantasme romantique de trouver le prince charmant conforme aux clichés des œuvres littéraires de l’époque » (L. Schmitt).

Emma ne dormait pas, elle faisait semblant d’être endormie ; et, tandis qu’il s’assoupissait à ses côtés, elle se réveillait en d’autres rêves.

Au galop de quatre chevaux, elle était emportée depuis huit jours vers un pays nouveau, d’où ils ne reviendraient plus. Ils allaient, ils allaient, les bras enlacés, sans parler. Souvent, du haut d’une montagne, ils apercevaient tout à coup quelque cité splendide avec des dômes, des ponts, des navires, des forêts de citronniers et des cathédrales de marbre blanc, dont les clochers aigus portaient des nids de cigognes. On marchait au pas, à cause des grandes dalles, et il y avait par terre des bouquets de fleurs que vous offraient des femmes habillées en corset rouge. On entendait sonner des cloches, hennir les mulets, avec le murmure des guitares et le bruit des fontaines, dont la vapeur s’envolant rafraîchissait des tas de fruits, disposés en pyramide au pied des statues pâles, qui souriaient sous les jets d’eau. Et puis ils arrivaient, un soir, dans un village de pêcheurs, où des filets bruns séchaient au vent, le long de la falaise et des cabanes. C’est là qu’ils s’arrêteraient pour vivre ; ils habiteraient une maison basse, à toit plat, ombragée d’un palmier, au fond d’un golfe, au bord de la mer. Ils se promèneraient en gondole, ils se balanceraient en hamac ; et leur existence serait facile et large comme leurs vêtements de soie, toute chaude et étoilée comme les nuits douces qu’ils contempleraient. Cependant, sur l’immensité de cet avenir qu’elle se faisait apparaître, rien de particulier ne surgissait ; les jours, tous magnifiques, se ressemblaient comme des flots ; et cela se balançait à l’horizon, infini, harmonieux, bleuâtre et couvert de soleil. Mais l’enfant se mettait à tousser dans son berceau, ou bien Bovary ronflait plus fort, et Emma ne s’endormait que le matin, quand l’aube blanchissait les carreaux et que déjà le petit Justin, sur la place, ouvrait les auvents de la pharmacie.

2. Guy de Maupassant, Une Vie, 1883. Chapitre 1

Dans ce passage, qui se situe à la fin du premier chapitre, l’héroïne Jeanne vient de sortir du couvent où son père (un vieux baron adepte de Rousseau) l’a tenue enfermée, moins par conformisme religieux, que pour l’écarter des vices du monde.  De retour au château familial et ne parvenant pas à trouver le sommeil tant elle est excitée d’avoir quitté « pour toujours » le couvent, la jeune fille se met à « rêver d’amour »…

La jeune fille s’abandonna au bonheur de respirer ; et le repos de la campagne la calma comme un bain frais.
Toutes les bêtes qui s’éveillent quand vient le soir et cachent leur existence obscure dans la tranquillité des nuits, emplissaient les demi-ténèbres d’une agitation silencieuse. De grands oiseaux qui ne criaient point fuyaient dans l’air comme des taches, comme des ombres ; des bourdonnements d’insectes invisibles effleuraient l’oreille ; des courses muettes traversaient l’herbe pleine de rosée ou le sable des chemins déserts.
Seuls quelques crapauds mélancoliques poussaient vers la lune leur note courte et monotone.
Il semblait à Jeanne que son cœur s’élargissait, plein de murmures comme cette soirée claire, fourmillant soudain de mille désirs rôdeurs, pareils à ces bêtes nocturnes dont le frémissement l’entourait. Une affinité l’unissait à cette poésie vivante ; et dans la molle blancheur de la nuit, elle sentait courir des frissons surhumains, palpiter des espoirs insaisissables, quelque chose comme un souffle de bonheur.
Et elle se mit à rêver d’amour.
L’amour ! Il l’emplissait depuis deux années de l’anxiété croissante de son approche. Maintenant elle était libre d’aimer ; elle n’avait plus qu’à le rencontrer, lui !
Comment serait-il ? Elle ne le savait pas au juste et ne se le demandait même pas. Il serait lui, voilà tout.
Elle savait seulement qu’elle l’adorerait de toute son âme et qu’il la chérirait de toute sa force. Ils se promèneraient par les soirs pareils à celui-ci, sous la cendre lumineuse qui tombait des étoiles. Ils iraient, les mains dans les mains, serrés l’un contre l’autre, entendant battre leurs cœurs, sentant la chaleur de leurs épaules, mêlant leur amour à la simplicité suave des nuits d’été, tellement unis qu’ils pénétreraient aisément, par la seule puissance de leur tendresse, jusqu’à leurs plus secrètes pensées.
Et cela continuerait indéfiniment, dans la sérénité d’une affection indescriptible.

3. Publicité pour le parfum « Princess » (Vera Wang)
→ Pour accéder à l’analyse d’image, cliquez ici.

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→ Étape 2  : le réinvestissement des notes (30 minutes)

  • Essayez d’abord de répondre très brièvement aux questions suivantes en vous obligeant à réinvestir vos notes pour chacune de vos réponses, qui seront structurées autour d’un argument, illustré par un exemple précis.

– Le bovarysme a été défini comme un comportement consistant à fuir dans le rêve. Trouvez deux exemples (dans la publicité ou dans certaines émissions de télé-réalité) illustrant ce concept.
– Montrez que les aventures des deux héroïnes dans les textes de Flaubert et de Maupassant reposent sur un romantisme « à l’eau de rose ».
– À la lecture des documents, commentez ces paroles de la chanson « Foule sentimentale » d’Alain Souchon (1993) : « On a soif d’idéal/Attirés par les étoiles, les voiles/Que des choses pas commerciales ».
– Le poète Gérard de Nerval dit du rêve qu’il « est une seconde vie » (Aurélia, voir ce « 75 minutes » : Comprendre les rêves : 1/2) : opposez la conception du rêve dont parle Gérard de Nerval au bovarysme : si le rêve permet aux héroïnes d’accéder à « une seconde vie », quels sont néanmoins les dangers de cette pathologie de l’imaginaire ?
– Dans quelle mesure la publicité pour le parfum « Princess » (doc. 3) peut-elle être interprétée comme une réécriture des contes de fée ?
– Dans quelle mesure pourrait-on reprocher à certains magazines féminins à grand tirage leur bovarysme ?
– Peut-on dire de la télé-réalité et plus particulièrement des émissions people que c’est un bovarysme « à grande échelle » ?
– Pourrait-il y avoir un bovarysme réussi et positif ?

  • Enfin, choisissez l’un de ces questionnements et essayez de construire un plan d’écriture personnelle en 15 minutes.

Bon courage à toutes et à tous pour l’examen !

Entraînement BTS 2014-15… La Californie : entre rêve et réalité

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Entraînement BTS
Thème 2014-2015 : 
Cette part de rêve que chacun porte en soi

La Californie :
Entre rêve et réalité…

« La Californie nous semble familière, comme un paradis des vacances qui défraie périodiquement la chronique : le soleil, Hollywood, le surf sur les plages, Los Angeles, les orangers, le gouverneur Arnold Schwarzenegger, Yosemite, le « Big One » qui devrait éclipser le tremblement de terre de 1906, la Silicon Valley, San Francisco et les mariages gays. De façon récurrente, les médias nous affirment que là est notre futur, et on pourrait croire que certains vont y chercher l’inspiration. Pourtant, à y regarder de plus près, on se fait beaucoup d’idées fausses sur la Californie. C’est une terre de contrastes et de contradictions, d’où la dualité devenue cliché entre rêve et cauchemar. »

Annick Foucrier, Antoine Coppolan, La Californie : périphérie ou laboratoire ?
Paris L’Harmattan, « Introduction », page 7

Ces propos d’Annick Foucrier et d’Antoine Coppolan nous amènent à la problématique développée dans ce corpus. État mythique de la Côte Ouest, la Californie est l’un des symboles du rêve américain : plus encore qu’une success story, elle accueille depuis toujours tous ceux qui ont rêvé de liberté et de richesse. Lieu éveilleur d’espérances, la Californie est aussi un territoire de migrations vers lequel affluent, parfois dramatiquement, tous les damnés de la terre.

Dans les années 1930, elle attire les paysans ruinés du Middle West… C’est cette histoire que raconte magnifiquement John Steinbeck dans Les Raisins de la colère. Mais cette ruée vers l’or se révélera illusoire : à leur arrivée, les familles ne trouveront que misère et dénuement. Plus prés de nous, l’immigration clandestine en provenance du Mexique a fait de la Californie le théâtre d’un rêve mais aussi de nombreuses désillusions. Tel est l’objet de ce corpus totalement inédit.

Bruno Rigolt, avril 2014

frise image_2

 

Corpus :

  • Document 1 : Julien Clerc, « La Californie » (paroles d’Étienne Roda Gil), 1969
  • Document 2 : Le Petit futé, Californie, « Country guide » 2014-2015
  • Document 3 : John Steinbeck, Les Raisins de la colère, (Grapes of Wrath), 1939
  • Document 4 : France Farago, Christine Lamotte, La Justice : Prépas scientifiques Programme 2011-2012, 2011
  • Document 5 : Geneviève Fabre, Parcours identitaires, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1993

Activités d’écriture :

  1. Synthèse (40 points) : Vous réaliserez une synthèse concise, ordonnée et objective de ce corpus.
  2. Écriture personnelle (20 points) : Selon vous, le compromis est-il préférable au rêve ?

frise image_2

 

 

  • Document 1. Julien Clerc, « La Californie » (1969).
    paroles d’Étienne Roda Gil, musique de Julien Clerc

La Californie (chœurs, x4)

La Californie
Se dore près de la mer
Et ne connaît pas l’été de la mer.
La Californie
Est une frontière
Entre mer et terre,
Le désert et la vie.

La Californie (x2)
La Californie (chœurs, x2)

Les palétuviers dorment sous le vent,
La cannelle fauve embaume ton temps.
La Californie est une frontière
Entre mer et terre,
Le désert et la vie.

La Californie (x2)
La Californie (chœurs, x2)

Près des orangers
C’est là que t’attend,
Au fond de tes rêves
Ton prince charmant…

La Californie (x2)
La Californie (chœurs, x2)

Mais la Californie
Est si près d’ici,
Qu’en fermant les yeux
Tu pourrais la voir
Du fond de ton lit…

La Californie (x2)
La Californie (chœurs, x2)
La Californie (x2)
La Californie (chœurs, x4)

  • Document 2. Le Petit futé (Collectif), Californie, 2014

    Collectif (Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette…) 
    Le Petit futé, Californie, Arizona, Nevada, Utah 
    « Country guide » 2014-2015, page 9
le rêve californien_2014

Publiés en 1939, dix ans après la faillite de Wall Street qui marquera les débuts de la « grande dépression », et ne cessera plus de hanter la conscience collective américaine, les Raisins de la colère racontent l’épopée tragique d’une famille de métayers, les Joad, dépossédés de leur terre par la mécanisation de l’agriculture et l’inhumanité du grand capital face à la petite propriété.

Victimes de prospectus alléchants dont la propagande leur fait miroiter un salaire élevé en échange d’un travail dans les vergers de Californie, les Joad, comme des centaines de milliers d’autres « Okies » (les habitants pauvres de l’Oklahoma), se jettent sur la route 66 pour émigrer d’est en ouest vers la Californie, nouvelle « terre promise »… Mais cette ruée vers l’or se révélera illusoire : à leur arrivée, les familles ne trouveront que misère et dénuement. (B. R.). Pour une présentation plus exhaustive, cliquez ici.

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  • Document 5 : Geneviève Fabre, Parcours identitaires, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1993.
    Depuis la page page 25 (« Plaque tournante du Pacifique » troisième ligne, haut de page) jusqu’à la page 27 (« et non comme simple lieu de travail » haut de la page).

BTS : Rêve et Publicité… Etude de l’image

  
Le rêve est au cœur de la publicité. En s’appuyant souvent sur un imaginaire qui réactive l’inconscient collectif et le fantasme, le discours publicitaire crée en effet du rêve, mais un rêve orienté, contrôlé par la volonté et les principes de la société de consommation. Il est donc essentiel de réfléchir à l’élaboration symbolique et verbale de la publicité quand on aborde le thème proposé jusqu’en 2015 au BTS : « Cette part de rêve que chacun porte en soi ». À ce titre, la publicité pour le parfum « Princess » de Vera Wang véhicule une symbolique complexe, qui se fonde sur l’exploitation du rêve et les frustrations du consommateur,  qu’il est intéressant d’étudier.

            

Rêve et Imaginaire publicitaire

BTS Epreuve d’Expression et de Culture Générale
Thème : « Cette part de rêve que chacun porte en soi »

                          

Introduction

Les Instructions Officielles rappellent combien « dans un monde soumis à l’efficacité et à la rentabilité immédiates », « la part de rêve que chacun porte en soi semble pouvoir libérer de réalités douloureuses, monotones ou ennuyeuses et aider ainsi à orienter autrement sa vie, à la redessiner dans un ailleurs et un futur plus ou moins proches. Le rêve stimule l’individu qui ne se satisfait pas de ce qu’il est et de ce qu’il a. Il élargit les possibles ». À ce titre, le rêve occupe une place privilégiée dans l’imaginaire publicitaire, et plus particulièrement dans ce qu’on a appelé le discours publicitaire mythique par opposition par exemple à la publicité référentielle |1|.

                    

De la réalité au rêve…

De fait, si elle joue un rôle informatif, la fonction première de la publicité est bien sûr d’inciter à l’achat en créant des processus de symbolisation et d’identification proches du rêve. Gilles Lugrin |2| rappelle très justement le positionnement de Jacques Séguéla, selon qui la publicité « doit effacer l’ennui de l’achat quotidien en habillant de rêve des produits qui, sans elle, ne seraient que ce qu’ils sont ». En investissant le produit de mythe et de légende, la publicité se présente alors comme un parcours initiatique qui satisfait notre désir d’oublier les dissonances entre l’identité sociale, souvent décevante, et l’identité rêvée.

Il me semble utile à cet égard de citer les propos bien connus d’Ignacio Ramonet |3| : « La publicité promet toujours la même chose : le bien-être, le confort, l’efficacité,  le bonheur et la réussite. Elle fait miroiter une promesse de satisfaction. Elle vend du rêve, propose des raccourcis symboliques pour une rapide ascension sociale. Elle fabrique des désirs et présente un  monde en vacances perpétuelles, détendu, souriant et insouciant, peuplé  de personnages heureux et possédant enfin le produit miracle qui les  rendra beaux, propres, libres, sains, désirés, modernes… La publicité vend de tout à tous indistinctement, comme si la société de masse était une société sans classe, sans pays sous-développés, sans guerres […] ».

Je vous conseille enfin de regarder ce court passage de l’ouvrage de Michèle Jouve, Communication : théories et pratiques, Bréal Paris 2000 [ Google livres, page 248] :


Exercice pratique

Analyse de publicité

Vera Wang, « Princess »

206_ai_verawang_all.1288156093.jpg

                   

Le contexte

Ce n’est pas un hasard si cette publicité est parue dans des magazines pour jeunes lectrices. Public cible : les 15-25 ans, un lectorat très courtisé par les annonceurs. Publiée en page de droite sur un papier semi-glacé, cette publicité a de quoi attirer les jeunes filles 206_ai_verawang_3.1288156663.jpg(la cible visée). Le slogan « Born to Rule » (Née pour régner) évoque irrésistiblement le désir de conquête et les rêves de séduction propres à l’adolescence et à la jeunesse. Le fait que le mannequin (Camilla Belle) porte une couronne accentue d’ailleurs cette impression de séduction et de pouvoir, ce « [rêve] d’une identité autre, plus belle, plus forte, plus grande » (Instructions Officielles). On notera aussi le plan assez rapproché, qui accentue l’intimité (on a d’autant plus l’impression de sentir le parfum que le haut du buste est dénudé), ainsi que le regard focalisé sur celui du lecteur, comme pour le provoquer et l’interpeller.

Comme il a été très justement montré, le regard est important dans ce type de publicité car il « introduit une perspective, une atmosphère voluptueuse, une profondeur, et le plus souvent une participation du toucher qui individualise le sensoriel, qui aussi introduit la sensualité, le plaisir. Dès lors, le spectateur entre dans le parfum, s’identifie à lui et ressent l’appel d’une aura parfumée, sensuelle, sans limite qui viendrait dilater son image » |4|.

                     

Du rêve d’émancipation au kitsch romantique

Cette captation imaginaire que produit le rêve n’est pas très éloignée d’un certain bovarysme amoureux. Regardez par exemple les cœurs ! Il y en a de partout : le collier, le pendentif, la bague, et bien sûr le produit lui-même ainsi que les traits qui encadrent le flacon. Tous ces cœurs figurent une plongée dans la rêverie, et sont autant d’invitations au voyage fictionnel dans un conte amoureux, qui n’est pas loin d’évoquer une certaine image d’Épinal de la féminité. Avez-vous remarqué qu’on a l’impression que le slogan et le cœur autour du flacon ont été dessinés par une ado avec son « Blanco »? Petit détail certes mais qui a son importance : n’oublions pas que le correcteur blanc, en tant que substance volatile, est souvent interdit à l’école dans les listes de fournitures : il y a comme un parfum de transgression ici qui renvoie à la relation affective entre le jeune et l’adulte. À travers cette espèce de bovarysme moderne, c’est donc avant tout le « style jeune » et le stéréotype romantique qui sont valorisés face à la moralité « bien-pensante ».

Les cheveux volontairement décoiffés sont à l’opposé de l’ordre et des normes, ils sont dans le « move » et non dans le statique : 206_ai_verawang_4.1288157179.jpgle mouvement évoque l’ailleurs, le voyage, la fuite… mais aussi « les élans incontrôlés et passionnés du comportement romanesque » |5|. La marque du parfum (Vera Wang) traduit enfin une double connotation : « Vera » est comme une idéalisation de l’authentique, du « pacte » amoureux et sacré (« à la vie, à la mort », « croix de bois », etc.) une recherche émancipatoire du vrai par opposition à une réalité bien souvent décevante. Quant au mot « Wang », par sa prononciation très douce et sa connotation exotique, il traduit bien l’idéalisation des tiédeurs de l’Asie pour une jeune fille occidentale qui s’ennuie sur les bancs du lycée ou de la fac et qui rêve de romanesque et d’aventure dans un cadre idyllique, qui acquiert donc une dimension métaphorique. Le parfum conjugue ainsi la volonté de trouver dans une nature fusionnelle et authentique (« Vera ») et dans le voyage vers l’ailleurs (« Wang ») une réponse à un certain vide existentiel ainsi qu’un idéal porté par le rêve.

Les couleurs sont également caractéristiques. De fait, la couleur et l’éclairage ont sur le spectateur un effet psychologique indéniable. Leur interprétation est essentiellement culturelle. Ici, les couleurs sont dites « chaudes » : elles évoquent l’été, les vacances, et au niveau plus symbolique la douceur et la rencontre amoureuse dans un lieu poétisé… Bref, toute une symbolique sentimentale qui investit plus encore le produit de sens et de valeur. À ce titre, l’attitude très étudiée de la main droite est intéressante à observer. D’abord, le bras levé attire vers le regard, 206_ai_vera-wang_princess_main.1288516683.jpget la main qui soulève le collier est comme une sorte de dévoilement pudique, d’offrande de soi suggérée métaphoriquement d’une part, par le collier de cœurs qui frôle la bouche (à peine entrouverte) et d’autre part, par la bague portée à l’annulaire |6|.

Symboliquement la bague à l’annulaire évoque le pacte, l’alliance et par association le mariage. Ici on en est à la rencontre amoureuse, et au fantasme de beaucoup d’adolescentes ou de jeunes filles d’être (enfin !) reconnues comme une femme. Mais comme le suggère la pose de la main et le geste très juvénile de la jeune fille, la séduction reste « évanescente » : fantasmée et idéalisée. Ce n’est pas un hasard si les ongles sont courts et à peine nacrés. On est bien dans la sensualité nubile et non dans le mythe de la femme fatale ! Princesse Oui ! Tigresse Non !

                       

Une réécriture des contes de fées

Fondamentale est ici la notion de passage de l’univers référentiel et contingent à l’utopie du conte. Cette fonction émotive de la publicité est en effet véhiculée par un mot clé du titre : « Princess », qui accentue le positionnement actantiel de l’acheteuse, clairement « Sujet » revendiquant et conquérant. Le mot « Princess », en tant qu’archétype de la féminité, possède un pouvoir symbolique fort qui se rapporte aux codes du merveilleux et de l’expression des sentiments : il renvoie à l’univers quelque peu régressif et utopique des contes ainsi qu’au fantasme du prince charmant venu délivrer sa princesse. En célébrant un idéal d’amour et de féminité, ainsi qu’une certaine démiurgie initiatique à l’opposé des codes normatifs, cette publicité se fonde donc sur une réécriture du mythe : il ne reste plus qu’au prince charmant potentiel, par la magie d’un baiser (potentiel), à réveiller la princesse endormie qui sommeille dans le cœur de chaque jeune fille !

Une remarque s’impose ici quant aux notes dominantes du parfum Princess de Vera Wang et que la marque présente ainsi : « nénuphar, pomme d’api, mandarine, abricot, meringue, goyave, fleur de tiaré, tubéreuse, chocolat noir, beurre rose, vanille, ambre, bois ». Tous ces mots évoquent aussi bien l’univers préservé de l’enfance qui invite à la gourmandise (« pomme d’api, abricot, meringue, chocolat noir, beurre rose ») que le mystère, le romanesque, l’aventure et la transgression d’un interdit (« nénuphar, fleur de tiaré, tubéreuse, ambre, bois »).

De plus, au niveau de la symbolique des couleurs, le mauve du flacon de parfum suggère le mystère. Né de la fusion du rouge (l’amour passion) et du bleu (le rêve et la nuit), le mauve est une couleur plus évanescente et implicite, qui connote le secret, le non-dit, la mélancolie et la recherche d’idéal : De même, la forme du flacon en cœur, évoque la personnalité du parfum : il en constitue l’identification visuelle. La figure du cœur est en effet très suggestive de par sa connotation sensuelle, qui reste essentiellement affective, émotionnelle, pulsionnelle. Elle suggère un « plaisir interdit », ici une relation « tactile » qui accentue la sensualité et le désir de rapprochement : on a envie de « toucher » ce cœur. Autant d’éléments caractéristiques d’une certaine « culture-jeune », sensible au stéréotype romantique et aux clichés sentimentaux d’une jeune femme aspirant à séduire.

De par sa puissance projective, ce type de publicité permet donc d’influencer l’inconscient et les stéréotypes de séduction. Comme nous le voyons, du conte de fée à la publicité, il n’y a qu’un pas : le mythe de la princesse passe aussi par le parfum ! Cette publicité constitue presque une initiation à la séduction : c’est un peu comme si l’acheteuse potentielle 206_ai_verawang_6.1288159930.jpgs’imaginait sous les traits d’une belle jeune fille (la princesse) dans l’attente d’un beau jeune homme (le prince rêvé) qui, un jour, viendrait la prendre dans ses bras et la « délivrer » de l’autorité parentale ! La transmission visuelle des sensations et de l’émoi provoqués par le parfum (et la possible rencontre amoureuse) est suggérée indirectement par certains éléments : ainsi les couleurs qui sont celles d’une chaleur d’été, les cheveux éparpillés, la couronne déplacée… Ces signes peuvent être compris comme des indices d’un enlacement voluptueux, et mettent en évidence, sous forme de métaphore visuelle l’aspect « performant » d’un parfum qui se veut authentique et sensuel.

                                         

Le rêve d’être une autre : entre identification et sublimation

Le flacon joue presque ici le rôle d’un filtre amoureux : les gouttes de parfum connotant de façon plus symbolique le passage de l’innocence (adolescence) à la révélation amoureuse (la « première fois ») et à l’ancrage identitaire (l’affirmation de soi en tant que « femme »). Comme nous le notions en début d’analyse, la publicité se présente alors comme un parcours initiatique : socialement, la seule façon d’accéder au statut d’adulte et de devenir femme passe donc par le parfum qui joue un rôle à la fois émancipatoire et intégrateur. Cette approche psychologique du consommateur accorde donc une large place à la connotation et à la « métaphore visuelle » : l’image suggère plus qu’elle n’explique, elle fait davantage appel aux sens et au merveilleux qu’au rationnel.

Sur le plan projectif, on peut estimer avec la psychanalyste Gisèle Harrus-Révidi |7| qu’en se juxtaposant à la personnalité de celle qui le porte, le parfum lui assure une identité physique et une présence incontestables : un parfum « qui a du corps » donne souvent un corps rêvé, idéalisé et fantasmé à celle qui ne revendique pas encore complètement son propre corps ! En donnant de ce fait l’illusion d’une émancipation générée par la consommation, le parfum devient une échappatoire, un cocon, un refuge, qui habille de sens et de valeur l’objet de consommation.

Éveilleuse de rêve, la publicité joue ainsi le rôle d’une sorte d’utopie de proximité : le produit semblant à la fois proche et lointain, accessible et inaccessible… Si le rêve, comme parcours initiatique, constitue donc le thème central de tant de publicités, c’est parce que, promettant un monde qui ne peut exister, il redonne une identité et un idéal contre les déceptions du temps présent. En véhiculant cette image d’un bonheur impossible à atteindre, la publicité semble ainsi nous dire : « Croyez aux contes de fées »…

© Bruno Rigolt
Espace Pédagogique Contributif/Lycée en Forêt (Montargis, France), septembre 2013

                       

NOTES

1. Voir en particulier : Gilles Lugrin, Généricité et intertextualité dans le discours publicitaire de presse écrite, Éditions Peter Lang, Berne 2006, pages 170-171.
2. Propos cités par Gilles Lugrin, op. cit. page 171.
3. Ignacio Ramonet, « La fabrique des désirs », Le Monde diplomatique, mai 2001.
4. Hélène Faivre, Odorat et humanité en crise à l’heure du déodorant parfumé. Pour une reconnaissance de l’intelligence du sentir. L’Harmattan, Paris 2001, page 90.
5.
Mariette Julien, L’Image publicitaire des parfums : communication olfactive. L’Harmattan, Paris 1997, page 45.
6. Le recours aux légendes, aux symboles, à l’imaginaire collectif, aux fantasmes est courant dans la publicité mythique. Témoin ce spot pour la gamme « Premier Parfum » de Lolita Lempicka qui peut se lire comme un véritable parcours initiatique :

7. Voir en particulier cette page.


Crédits

Nettiquette : article protégé par copyright ; la diffusion publique est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source (URL de la page).
Copyright : toutes les marques citées dans cette étude sont déposées. Les publicités et les différents éléments qui les composent (logos, messages linguistiques et iconiques) sont la propriété de leurs détenteurs respectifs. Merci à eux d’en permettre l’exploitation à des fins pédagogiques.

© Bruno Rigolt, (EPC/Lycée en Forêt, Montargis, France), février 2008—septembre 2013

BTS : Rêve et Publicité… Etude de l'image

  
Le rêve est au cœur de la publicité. En s’appuyant souvent sur un imaginaire qui réactive l’inconscient collectif et le fantasme, le discours publicitaire crée en effet du rêve, mais un rêve orienté, contrôlé par la volonté et les principes de la société de consommation. Il est donc essentiel de réfléchir à l’élaboration symbolique et verbale de la publicité quand on aborde le thème proposé jusqu’en 2015 au BTS : « Cette part de rêve que chacun porte en soi ». À ce titre, la publicité pour le parfum « Princess » de Vera Wang véhicule une symbolique complexe, qui se fonde sur l’exploitation du rêve et les frustrations du consommateur,  qu’il est intéressant d’étudier.

            

Rêve et Imaginaire publicitaire

BTS Epreuve d’Expression et de Culture Générale
Thème : « Cette part de rêve que chacun porte en soi »

                          

Introduction

Les Instructions Officielles rappellent combien « dans un monde soumis à l’efficacité et à la rentabilité immédiates », « la part de rêve que chacun porte en soi semble pouvoir libérer de réalités douloureuses, monotones ou ennuyeuses et aider ainsi à orienter autrement sa vie, à la redessiner dans un ailleurs et un futur plus ou moins proches. Le rêve stimule l’individu qui ne se satisfait pas de ce qu’il est et de ce qu’il a. Il élargit les possibles ». À ce titre, le rêve occupe une place privilégiée dans l’imaginaire publicitaire, et plus particulièrement dans ce qu’on a appelé le discours publicitaire mythique par opposition par exemple à la publicité référentielle |1|.

                    

De la réalité au rêve…

De fait, si elle joue un rôle informatif, la fonction première de la publicité est bien sûr d’inciter à l’achat en créant des processus de symbolisation et d’identification proches du rêve. Gilles Lugrin |2| rappelle très justement le positionnement de Jacques Séguéla, selon qui la publicité « doit effacer l’ennui de l’achat quotidien en habillant de rêve des produits qui, sans elle, ne seraient que ce qu’ils sont ». En investissant le produit de mythe et de légende, la publicité se présente alors comme un parcours initiatique qui satisfait notre désir d’oublier les dissonances entre l’identité sociale, souvent décevante, et l’identité rêvée.

Il me semble utile à cet égard de citer les propos bien connus d’Ignacio Ramonet |3| : « La publicité promet toujours la même chose : le bien-être, le confort, l’efficacité,  le bonheur et la réussite. Elle fait miroiter une promesse de satisfaction. Elle vend du rêve, propose des raccourcis symboliques pour une rapide ascension sociale. Elle fabrique des désirs et présente un  monde en vacances perpétuelles, détendu, souriant et insouciant, peuplé  de personnages heureux et possédant enfin le produit miracle qui les  rendra beaux, propres, libres, sains, désirés, modernes… La publicité vend de tout à tous indistinctement, comme si la société de masse était une société sans classe, sans pays sous-développés, sans guerres […] ».

Je vous conseille enfin de regarder ce court passage de l’ouvrage de Michèle Jouve, Communication : théories et pratiques, Bréal Paris 2000 [ Google livres, page 248] :


Exercice pratique

Analyse de publicité

Vera Wang, « Princess »

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Le contexte

Ce n’est pas un hasard si cette publicité est parue dans des magazines pour jeunes lectrices. Public cible : les 15-25 ans, un lectorat très courtisé par les annonceurs. Publiée en page de droite sur un papier semi-glacé, cette publicité a de quoi attirer les jeunes filles 206_ai_verawang_3.1288156663.jpg(la cible visée). Le slogan « Born to Rule » (Née pour régner) évoque irrésistiblement le désir de conquête et les rêves de séduction propres à l’adolescence et à la jeunesse. Le fait que le mannequin (Camilla Belle) porte une couronne accentue d’ailleurs cette impression de séduction et de pouvoir, ce « [rêve] d’une identité autre, plus belle, plus forte, plus grande » (Instructions Officielles). On notera aussi le plan assez rapproché, qui accentue l’intimité (on a d’autant plus l’impression de sentir le parfum que le haut du buste est dénudé), ainsi que le regard focalisé sur celui du lecteur, comme pour le provoquer et l’interpeller.

Comme il a été très justement montré, le regard est important dans ce type de publicité car il « introduit une perspective, une atmosphère voluptueuse, une profondeur, et le plus souvent une participation du toucher qui individualise le sensoriel, qui aussi introduit la sensualité, le plaisir. Dès lors, le spectateur entre dans le parfum, s’identifie à lui et ressent l’appel d’une aura parfumée, sensuelle, sans limite qui viendrait dilater son image » |4|.

                     

Du rêve d’émancipation au kitsch romantique

Cette captation imaginaire que produit le rêve n’est pas très éloignée d’un certain bovarysme amoureux. Regardez par exemple les cœurs ! Il y en a de partout : le collier, le pendentif, la bague, et bien sûr le produit lui-même ainsi que les traits qui encadrent le flacon. Tous ces cœurs figurent une plongée dans la rêverie, et sont autant d’invitations au voyage fictionnel dans un conte amoureux, qui n’est pas loin d’évoquer une certaine image d’Épinal de la féminité. Avez-vous remarqué qu’on a l’impression que le slogan et le cœur autour du flacon ont été dessinés par une ado avec son « Blanco »? Petit détail certes mais qui a son importance : n’oublions pas que le correcteur blanc, en tant que substance volatile, est souvent interdit à l’école dans les listes de fournitures : il y a comme un parfum de transgression ici qui renvoie à la relation affective entre le jeune et l’adulte. À travers cette espèce de bovarysme moderne, c’est donc avant tout le « style jeune » et le stéréotype romantique qui sont valorisés face à la moralité « bien-pensante ».

Les cheveux volontairement décoiffés sont à l’opposé de l’ordre et des normes, ils sont dans le « move » et non dans le statique : 206_ai_verawang_4.1288157179.jpgle mouvement évoque l’ailleurs, le voyage, la fuite… mais aussi « les élans incontrôlés et passionnés du comportement romanesque » |5|. La marque du parfum (Vera Wang) traduit enfin une double connotation : « Vera » est comme une idéalisation de l’authentique, du « pacte » amoureux et sacré (« à la vie, à la mort », « croix de bois », etc.) une recherche émancipatoire du vrai par opposition à une réalité bien souvent décevante. Quant au mot « Wang », par sa prononciation très douce et sa connotation exotique, il traduit bien l’idéalisation des tiédeurs de l’Asie pour une jeune fille occidentale qui s’ennuie sur les bancs du lycée ou de la fac et qui rêve de romanesque et d’aventure dans un cadre idyllique, qui acquiert donc une dimension métaphorique. Le parfum conjugue ainsi la volonté de trouver dans une nature fusionnelle et authentique (« Vera ») et dans le voyage vers l’ailleurs (« Wang ») une réponse à un certain vide existentiel ainsi qu’un idéal porté par le rêve.

Les couleurs sont également caractéristiques. De fait, la couleur et l’éclairage ont sur le spectateur un effet psychologique indéniable. Leur interprétation est essentiellement culturelle. Ici, les couleurs sont dites « chaudes » : elles évoquent l’été, les vacances, et au niveau plus symbolique la douceur et la rencontre amoureuse dans un lieu poétisé… Bref, toute une symbolique sentimentale qui investit plus encore le produit de sens et de valeur. À ce titre, l’attitude très étudiée de la main droite est intéressante à observer. D’abord, le bras levé attire vers le regard, 206_ai_vera-wang_princess_main.1288516683.jpget la main qui soulève le collier est comme une sorte de dévoilement pudique, d’offrande de soi suggérée métaphoriquement d’une part, par le collier de cœurs qui frôle la bouche (à peine entrouverte) et d’autre part, par la bague portée à l’annulaire |6|.

Symboliquement la bague à l’annulaire évoque le pacte, l’alliance et par association le mariage. Ici on en est à la rencontre amoureuse, et au fantasme de beaucoup d’adolescentes ou de jeunes filles d’être (enfin !) reconnues comme une femme. Mais comme le suggère la pose de la main et le geste très juvénile de la jeune fille, la séduction reste « évanescente » : fantasmée et idéalisée. Ce n’est pas un hasard si les ongles sont courts et à peine nacrés. On est bien dans la sensualité nubile et non dans le mythe de la femme fatale ! Princesse Oui ! Tigresse Non !

                       

Une réécriture des contes de fées

Fondamentale est ici la notion de passage de l’univers référentiel et contingent à l’utopie du conte. Cette fonction émotive de la publicité est en effet véhiculée par un mot clé du titre : « Princess », qui accentue le positionnement actantiel de l’acheteuse, clairement « Sujet » revendiquant et conquérant. Le mot « Princess », en tant qu’archétype de la féminité, possède un pouvoir symbolique fort qui se rapporte aux codes du merveilleux et de l’expression des sentiments : il renvoie à l’univers quelque peu régressif et utopique des contes ainsi qu’au fantasme du prince charmant venu délivrer sa princesse. En célébrant un idéal d’amour et de féminité, ainsi qu’une certaine démiurgie initiatique à l’opposé des codes normatifs, cette publicité se fonde donc sur une réécriture du mythe : il ne reste plus qu’au prince charmant potentiel, par la magie d’un baiser (potentiel), à réveiller la princesse endormie qui sommeille dans le cœur de chaque jeune fille !

Une remarque s’impose ici quant aux notes dominantes du parfum Princess de Vera Wang et que la marque présente ainsi : « nénuphar, pomme d’api, mandarine, abricot, meringue, goyave, fleur de tiaré, tubéreuse, chocolat noir, beurre rose, vanille, ambre, bois ». Tous ces mots évoquent aussi bien l’univers préservé de l’enfance qui invite à la gourmandise (« pomme d’api, abricot, meringue, chocolat noir, beurre rose ») que le mystère, le romanesque, l’aventure et la transgression d’un interdit (« nénuphar, fleur de tiaré, tubéreuse, ambre, bois »).

De plus, au niveau de la symbolique des couleurs, le mauve du flacon de parfum suggère le mystère. Né de la fusion du rouge (l’amour passion) et du bleu (le rêve et la nuit), le mauve est une couleur plus évanescente et implicite, qui connote le secret, le non-dit, la mélancolie et la recherche d’idéal : De même, la forme du flacon en cœur, évoque la personnalité du parfum : il en constitue l’identification visuelle. La figure du cœur est en effet très suggestive de par sa connotation sensuelle, qui reste essentiellement affective, émotionnelle, pulsionnelle. Elle suggère un « plaisir interdit », ici une relation « tactile » qui accentue la sensualité et le désir de rapprochement : on a envie de « toucher » ce cœur. Autant d’éléments caractéristiques d’une certaine « culture-jeune », sensible au stéréotype romantique et aux clichés sentimentaux d’une jeune femme aspirant à séduire.

De par sa puissance projective, ce type de publicité permet donc d’influencer l’inconscient et les stéréotypes de séduction. Comme nous le voyons, du conte de fée à la publicité, il n’y a qu’un pas : le mythe de la princesse passe aussi par le parfum ! Cette publicité constitue presque une initiation à la séduction : c’est un peu comme si l’acheteuse potentielle 206_ai_verawang_6.1288159930.jpgs’imaginait sous les traits d’une belle jeune fille (la princesse) dans l’attente d’un beau jeune homme (le prince rêvé) qui, un jour, viendrait la prendre dans ses bras et la « délivrer » de l’autorité parentale ! La transmission visuelle des sensations et de l’émoi provoqués par le parfum (et la possible rencontre amoureuse) est suggérée indirectement par certains éléments : ainsi les couleurs qui sont celles d’une chaleur d’été, les cheveux éparpillés, la couronne déplacée… Ces signes peuvent être compris comme des indices d’un enlacement voluptueux, et mettent en évidence, sous forme de métaphore visuelle l’aspect « performant » d’un parfum qui se veut authentique et sensuel.

                                         

Le rêve d’être une autre : entre identification et sublimation

Le flacon joue presque ici le rôle d’un filtre amoureux : les gouttes de parfum connotant de façon plus symbolique le passage de l’innocence (adolescence) à la révélation amoureuse (la « première fois ») et à l’ancrage identitaire (l’affirmation de soi en tant que « femme »). Comme nous le notions en début d’analyse, la publicité se présente alors comme un parcours initiatique : socialement, la seule façon d’accéder au statut d’adulte et de devenir femme passe donc par le parfum qui joue un rôle à la fois émancipatoire et intégrateur. Cette approche psychologique du consommateur accorde donc une large place à la connotation et à la « métaphore visuelle » : l’image suggère plus qu’elle n’explique, elle fait davantage appel aux sens et au merveilleux qu’au rationnel.

Sur le plan projectif, on peut estimer avec la psychanalyste Gisèle Harrus-Révidi |7| qu’en se juxtaposant à la personnalité de celle qui le porte, le parfum lui assure une identité physique et une présence incontestables : un parfum « qui a du corps » donne souvent un corps rêvé, idéalisé et fantasmé à celle qui ne revendique pas encore complètement son propre corps ! En donnant de ce fait l’illusion d’une émancipation générée par la consommation, le parfum devient une échappatoire, un cocon, un refuge, qui habille de sens et de valeur l’objet de consommation.

Éveilleuse de rêve, la publicité joue ainsi le rôle d’une sorte d’utopie de proximité : le produit semblant à la fois proche et lointain, accessible et inaccessible… Si le rêve, comme parcours initiatique, constitue donc le thème central de tant de publicités, c’est parce que, promettant un monde qui ne peut exister, il redonne une identité et un idéal contre les déceptions du temps présent. En véhiculant cette image d’un bonheur impossible à atteindre, la publicité semble ainsi nous dire : « Croyez aux contes de fées »…

© Bruno Rigolt
Espace Pédagogique Contributif/Lycée en Forêt (Montargis, France), septembre 2013

                       

NOTES

1. Voir en particulier : Gilles Lugrin, Généricité et intertextualité dans le discours publicitaire de presse écrite, Éditions Peter Lang, Berne 2006, pages 170-171.
2. Propos cités par Gilles Lugrin, op. cit. page 171.
3. Ignacio Ramonet, « La fabrique des désirs », Le Monde diplomatique, mai 2001.
4. Hélène Faivre, Odorat et humanité en crise à l’heure du déodorant parfumé. Pour une reconnaissance de l’intelligence du sentir. L’Harmattan, Paris 2001, page 90.
5.
Mariette Julien, L’Image publicitaire des parfums : communication olfactive. L’Harmattan, Paris 1997, page 45.
6. Le recours aux légendes, aux symboles, à l’imaginaire collectif, aux fantasmes est courant dans la publicité mythique. Témoin ce spot pour la gamme « Premier Parfum » de Lolita Lempicka qui peut se lire comme un véritable parcours initiatique :

7. Voir en particulier cette page.


Crédits

Nettiquette : article protégé par copyright ; la diffusion publique est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source (URL de la page).
Copyright : toutes les marques citées dans cette étude sont déposées. Les publicités et les différents éléments qui les composent (logos, messages linguistiques et iconiques) sont la propriété de leurs détenteurs respectifs. Merci à eux d’en permettre l’exploitation à des fins pédagogiques.

© Bruno Rigolt, (EPC/Lycée en Forêt, Montargis, France), février 2008—septembre 2013