Objectif EAF… Commentaire littéraire : Mallarmé « L’Azur ». Première partie : l’influence de Baudelaire dans « L’Azur » Corrigés élèves

Il y a quelques mois j’avais mis en ligne une explication détaillée de « Brise marine » de Mallarmé. Plus récemment, ce sont mes élèves de Seconde qui ont planché sur le difficile poème « l’Azur ». Le texte, préparé en classe, a donné lieu à l’élaboration collective d’un plan en trois parties. Les élèves avaient ensuite la rude tâche d’élaborer leur commentaire. Parmi tous les travaux qu’il m’a été donné de lire, quelques-uns, particulièrement remarquables, seront publiés dans l’Espace Pédagogique.

COMMENTAIRE DE « L’AZUR »
Stéphane Mallarmé, 1864

Je vous laisse découvrir aujourd’hui la première partie d’un impressionnant travail de recherche qu’ont réalisé mes élèves de Seconde 11 (promotion 2013-2014). Bravo en particulier à Maud, Juliette, Marianne, Maëlys, Charline, Bastien, Melvin, Héloïse, Marjorie, Camille et Cléa, pour leurs contributions vraiment remarquables.

  • Mise ne ligne de la deuxième partie « La quête de l’azur » : lundi 24 février 2014
  • Mise en ligne de la troisième partie « Symbolisme et idéalisation dans « L’Azur » : vendredi 28 février 2014.

TEXTE

De l’éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poète impuissant qui maudit son génie
A travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes,
Et bâtissez un grand plafond silencieux !

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor ! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Éteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon !

– Le Ciel est mort. – Vers toi, j’accours ! Donne, ô matière,
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
A ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,

Car j’y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur…

En vain ! l’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angélus !

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur !

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Introduction générale

C’est en 1864 que Stéphane Mallarmé rédige « l’Azur », poème hermétique extrait du recueil Poésies, et précurseur de la grave crise existentielle qui va l’ébranler en 1866.  Très caractéristique de la mouvance symboliste, ce texte aux accents baudelairiens traduit à la fois l’inadaptation sociale, le découragement d’un artiste redoutant la stérilité poétique ainsi qu’une quête élitiste de la beauté et de l’idéal : la création d’un poème qui constituerait l’absolu est en effet au cœur de la démarche poétique mallarméenne. Témoin, le motif de l’azur, particulièrement présent dans les écrits de 1862 à 1864 ; l’auteur se définit d’ailleurs comme un « mendieur d’azur » : quête difficile s’il en est, émanant d’une profonde souffrance intérieure comme en témoigne une lettre célèbre de Mallarmé à son ami Cazalis en janvier 1864 : « Je t’envoie enfin ce poème de l’Azur que tu semblais si désireux de posséder. Je l’ai travaillé, ces derniers jours, et je ne te cacherai pas qu’il m’a donné infiniment de mal, outre qu’avant de prendre la plume il fallait, pour conquérir un moment de lucidité parfaite, terrasser ma navrante Impuissance » |1|. C’est donc dans la douleur que s’est déroulée la rédaction de « l’Azur », œuvre caractéristique de cette impossible quête métaphysique du sens et de l’absolu qui nous paraît au cœur de l’écriture de Mallarmé.

Nous étudierons cette problématique selon une triple perspective. Après avoir insisté sur l’influence de Baudelaire et le climat spleenétique du poème (I), nous montrerons que la quête douloureuse et cruelle de l’Azur (II) débouche sur une réflexion essentielle quant au pouvoir de la poésie symboliste de réaliser le monde des réalités intemporelles que nous interpréterons comme la quête d’un nouvel idéal esthétique (III).

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Première partie

L’influence de Baudelaire
dans « l’Azur » de Mallarmé

par Maud, Juliette, Marianne, Maëlys, Charline, Bastien, Melvin, Héloïse, Marjorie, Camille et Cléa

Classe de Seconde 11 Promotion 2013-2014, Lycée en Forêt (Montargis, France)

Il nous faut tout d’abord remarquer combien « L’Azur » reprend l’écriture et les motifs baudelairiens du spleen. Cette profonde crispation de l’écriture se ressent dans tout le texte. C’est en effet pendant la rédaction de ce poème que Mallarmé traverse une période de doute qui va l’affecter profondément. Dans une passionnante étude, Yvonne Goga décrit ce qu’aurait vécu l’auteur durant cette période : « Mallarmé a eu tout à coup la révélation du néant et s’est dès lors considéré comme un raté prédestiné » |2|. À cet égard, la découverte en février 1861 de la deuxième édition des Fleurs du Mal de Baudelaire lui donne l’impression d’avoir « lu tous les livres » (« Brise marine »). Cette sensation oppressante d’une perte d’inspiration, renforce son mal-être et sa difficulté à se percevoir au sein d’une société, dont il n’aura de cesse de dénoncer la bassesse et le matérialisme.

La vision spleenétique du monde dans « L’Azur »

Cette lassitude existentielle est particulièrement bien évoquée dans le texte, qui s’écoule sur un rythme plaintif. Mallarmé y affiche d’emblée le mal qui le hante en parlant au vers 3 du « poète impuissant qui maudit son génie ». Prisonnier de l’ennui, l’auteur cherche vainement à s’en échapper : « Où fuir ? Et quelle nuit hagarde/Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ? ». De même, la métaphore in presentia du « marais livide des automnes », qui connote autant la saleté d’une eau stagnante que la maladie, le deuil et peut-être une certaine décadence du monde, évoque une décomposition physique ainsi qu’un morcellement moral et spirituel de l’être comme en témoignent les termes « lambeaux » ou « haillons ».

Nous pourrions aussi évoquer le réseau lexical du spleen, qui parcourt tout le texte (« cendres monotones », « mépris navrant » ou encore « nuit hagarde »). Comme le note Lloyd James Austin, chez Mallarmé comme chez Baudelaire, ce spleen si présent résulte « d’un double mouvement : le rejet violent d’une réalité jugée laide et imparfaite, et l’aspiration ardente mais inefficace vers l’idéal » |3|, ainsi qu’en témoigne le premier vers du texte, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir plus longuement : « De l’éternel Azur la sereine ironie ».

Cette vision spleenétique du monde que nous dépeint Mallarmé, et qui n’est pas sans évoquer le « ciel ironique et cruellement bleu » du Cygne baudelairien |4|  est en effet intimement liée à l’auteur des Fleurs du mal, bien qu’on remarque une assez nette différence entre la conception que les deux artistes se font de l’azur. L’idéal accablant de « la beauté baudelairienne », cruel et pesant, s’oppose à la stérilité dans l’azur de Mallarmé. Si l’on compare par exemple « L’Azur » et « La Beauté » de Baudelaire, nous voyons combien à l’idéal chez Baudelaire (« Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre ») s’oppose la stérilité chez Mallarmé : « À travers un désert stérile de Douleurs ». De fait, si le poème de Baudelaire met en avant l’idéal, source du spleen (mais d’un spleen nécessaire au poète dont le mystère et la justification sont mis en avant par le rêve « éternel et muet »), chez Mallarmé au contraire, le spleen l’accable, au point de le hanter, ce qui cause sa malédiction.

Nous pourrions noter ici combien dans le texte, le désespoir se transforme peu à peu en une souffrance que rien ne semble soulager, comme le souligne le lexique : « douleur » (strophe 1), « cendres monotones » (strophe 3), « mourant » (strophe 5), « martyr » (strophe 6), « agonie » (strophe 9), « trépas » (strophe 7). Alors que chez Baudelaire, le spleen est nécessaire au poète, étant donné qu’il donne à la poésie sa justification et sa légitimité, chez Mallarmé au contraire, l’azur cause la malédiction et l’impuissance du poète. Cette problématique a d’ailleurs été théorisée dans l’article « Symphonie littéraire » paru le premier février 1865 dans L’Artiste (t.1, pp. 57-58), et dans lequel Mallarmé parle de « Muse moderne de l’impuissance », pour évoquer le sentiment douloureux d’une perte de l’inspiration.

Impuissance poétique et perte d’inspiration

À ce titre, plusieurs images dans « L’Azur » sont caractéristiques : la première strophe, qui symbolise le poète face à la page blanche, instaure dès le début l’image pathétique du « poète impuissant qui maudit son génie », en proie à un « désert stérile de Douleurs ». Comme l’a bien montré Éric Benoît, dans son essai Néant sonore : Mallarmé, ou la traversée des paradoxes , cette impossibilité d’écrire est au cœur de l’écriture mallarméenne : « c’est le phénomène de l’impuissance poétique, de l’impossibilité d’écrire, impuissance qui paradoxalement devient sujet d’écriture. » Ne permettant pas d’écrire et de créer, la vie se résume donc à la Douleur (ici personnifiée par une majuscule), de devoir accepter ce mal être. Comme le note remarquablement Albert Thibaudet : « ce tourment, chez Mallarmé, est un tourment littéraire autant qu’un tourment humain »|5|. L’angoisse de la page blanche affectera profondément Mallarmé, qui évoquera en 1865 dans « Brise Marine » « La clarté déserte de [la] lampe sur le vide papier que la blancheur défend ». À ce propos, Georges Emmanuel Clancier fait remarquer combien «  La blessure de Stéphane Mallarmé est celle, perpétuelle, qu’inflige la pressante, chaude impureté de ce qui existe à un être hanté par la froide, dédaigneuse pureté du néant, où, plus strictement, sa seule blessure est d’être » |6|.

« Le bétail heureux des hommes »…

Semblable à un huis-clos, le monde apparaît au poète maudit sous les traits d’une « errante prison » : ainsi, se sent-il dans la société comme un prisonnier en sa cellule, incapable de s’échapper de cet espace, trop petit pour son « génie » : il s’y sent oppressé, étouffé. Comment dès lors s’échapper de cette captivité ? « Où fuir ? » (v. 7). Telle est l’oppressant questionnement qui accable le poète, condamné à vivre parmi le vulgaire. Nous pourrions ici noter combien dans la strophe 5, le champ lexical du monde industriel (« tristes cheminées », « fument », « suie » « noires traînées ») peut se lire comme un refus de tout ancrage référentiel.

Mallarmé, comme beaucoup d’autres poètes maudits (à commencer par Baudelaire) reprochait en effet au Réalisme, et plus encore au Naturalisme, de réduire l’art à une espèce de parodie du monde, n’amenant à aucun déchiffrement de la part du lecteur. D’où cette aversion de l’auteur envers la masse et son mépris du vulgaire, du « bétail heureux des hommes », « couché[s] » dans une « litière », satisfaits de leur sort et de leur vie « paisible » parmi les « noires traînées » de la révolution industrielle. Par opposition, seul le poète semble capable de comprendre ce que le commun des mortels ne fait qu’entrevoir. Comme le dit si bien Mallarmé, évoquant dans un article de l’Artiste de septembre 1862 le travail d’édition des Fleurs du mal : «  Que les masses lisent la morale, mais de grâce ne leur donnez pas notre poésie à gâter » ; et de conclure sur cette sentence sans appel : «  Ô poètes, vous avez toujours été orgueilleux, soyez plus, devenez dédaigneux ».

Ce sentiment de supériorité, ce besoin non partagé d’idéal lui fait mépriser cette masse « heureuse » des hommes qui ne ressentent pas la souffrance liée à la quête impossible de l’idéal. Relevons d’ailleurs que pour Mallarmé, il n’y a pas de renouveau possible, il n’y a que du passé à retrouver selon le credo primitiviste |7|. À cet égard, si le monde contemporain, dominé par le matérialisme, est inacceptable pour l’auteur, c’est qu’il recherche une sorte d’éden perdu qui amènerait à une idée pure, une perfection qui le ramènerait en arrière. Mais cette « voyance » pour reprendre un terme cher à Rimbaud, a une contrepartie douloureuse : enfermé en lui-même, ne pouvant s’échapper, l’auteur semble prisonnier d’un insupportable enfermement, comme le montrent les termes « nuit hagarde » et « âme vide », au vers 7, ou « cervelle vidée » au vers 25. Nous pourrions ici rappeler également l’expression « désert stérile de Douleurs » dont l’exagération (un désert est naturellement stérile) hyperbolise le vide présent en permanence dans l’âme du poète (cf. « âme vide » au vers 7).

Crise poétique, crise de la foi

Mallarmé semble s’interroger ici sur sa foi, particulièrement quand il affirme : «  Le ciel est mort », expression proche de la déréliction. À ce titre, la question oratoire « Où fuir ? » semble accentuer l’inanité même de la vie incapable de se dépasser vers l’ultime vérité de l’idéal, qui seul en permet la sublimation. Ainsi le rêve poétique apparaît-il comme une échappatoire : en tenant « lui-même lieu de religion » |8|. De même, c’est à dessein que l’auteur évoque les « bleus angélus » ainsi que les « grands trous bleus que font méchamment les oiseaux » dans le ciel.

Comme le remarque Étienne Brunet, ce n’est point un hasard si dans l’œuvre pourtant assez mince de Mallarmé, ce terme d’azur apparaît près de quarante fois : véritablement « hanté, aspiré et inspiré par les profondeurs de l’azur » |9|, Mallarmé cherche à en égaler la perfection. Il s’accusait de ne pas avoir « l’insensibilité des pierres et de l’azur », d’être en quelque sorte limité. Alors que l’azur « est » de toute éternité, l’homme, prisonnier de la contingence et du matérialisme, n’est rien, perdu qu’il est entre la « bête », incapable de s’élever de la « litière/Où le bétail heureux des hommes est couché », et « le poète impuissant qui maudit son génie |10|.

Conclusion partielle

Comme nous avons essayé de le montrer dans la première partie de notre étude consacrée à « L’Azur », ce poème est bien celui de la crise existentielle. Mais si ce thème est commun chez de nombreux poètes du XIXème siècle, s’ajoute chez Mallarmé une dimension proprement spirituelle et métaphysique liée, ainsi que nous l’avons vu, à son refus de percevoir le monde objectivement. Plus encore que chez Baudelaire sans doute, le poème apparaît comme l’incarnation d’une forme extrême de la subjectivité, que l’artiste doit découvrir et exprimer par un langage qui, exorcisant le réel, doit ouvrir les portes de l’au-delà.

Mais cette quête intérieure et spirituelle s’accomplit dans l’angoisse. Comme nous le verrons dans la deuxième partie de notre étude, le poème de Mallarmé exprime donc l’obsédante angoisse que procure la recherche de l’azur. C’est à travers le spleen que l’auteur décrit un rapport conflictuel, une quasi lutte avec l’idéal. Loin d’être une complaisance sur soi-même, la poésie est souffrance, elle revêt un caractère sacré, obligatoire : si elle engage tout l’être dans sa quête idéiste d’une œuvre pure « qui cède l’initiative aux mots »|11|, Mallarmé l’évoque surtout dans ce texte dans on aspect le plus négatif . Terminons par ces remarques profondes de Monic Robillard : « L’œuvre de Mallarmé racontera inlassablement ce désastre qu’est la chute du Rêve dans le corps de la matière, et la mise en crise d’un orgueil qui doit consentir à sa défaite ». |12|

Maud, Juliette, Marianne, Maëlys, Charline, Bastien, Melvin, Héloïse, Cléa
© Espace Pédagogique Contributif, février 2014.

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(fin de la première partie)

La deuxième partie consacrée à « la quête de l’azur » sera mise en ligne le lundi 24 février 2014.

NOTES DE LA PREMIÈRE PARTIE

1. Le 7 janvier 1864, Stéphane Mallarmé envoie à son ami Henri Cazalis  la lettre suivante, dont nous citons un passage très caractéristique : « Je t’envoie enfin ce poème de l’Azur que tu semblais si désireux de posséder. Je l’ai travaillé, ces derniers jours, et je ne te cacherai pas qu’il m’a donné infiniment de mal, outre qu’avant de prendre la plume il fallait, pour conquérir un moment de lucidité parfaite, terrasser ma navrante Impuissance. Il m’a donné beaucoup de mal, parce que bannissant mille gracieusetés lyriques et beaux vers qui hantaient incessamment ma cervelle, j’ai voulu rester implacablement dans mon sujet. Je te jure qu’il n’y a pas un mot qui ne m’ait coûté plusieurs heures de recherche, et que le premier mot, qui revêt la première idée, outre qu’il tend par lui-même à l’effet général du poème, sert encore à préparer le dernier. L’effet produit, sans une dissonance, sans une fioriture, même adorable, qui distraie, voilà ce que je cherche. Je suis sûr, m’étant lu les vers à moi-même, deux cents fois peut-être, qu’il est atteint . »
2. Yvonne Goga, 
Formes de l’auto-réflexivité mallarméenne dans Un homme qui dort de Georges Perec », page 127. Dans : Écrire l’énigme. Textes réunis par Christelle Reggiani et Bernard Magné. Presses de l’Université Paris-Sorbonne, Paris 2007.
3. Lloyd James Austin, Essais sur Mallarmé, Manchester University Press, 1995. Page 24.
4. ibid. page 27.
5. Albert Thibaudet, La Poésie de Stéphane Mallarmé, Paris, Gallimard NRF 1926, page 33.
6. Georges Emmanuel Clancier, De Rimbaud au Surréalisme, page 84. Cité par Françoise Poitras, L’Angoisse existentielle chez Mallarmé (mémoire de maîtrise), page 29.
7. Contrairement à Baudelaire qui lui souhaite «  plonger au fond du gouffre, Enfer ou ciel, qu’importe ? Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ».
8. Cette expression est empruntée  à Salah Oueslati, Le Lecteur dans les Poésies de Stéphane Mallarmé, Bruylant-Academia, Louvain-La-Neuve (Belgique), 2009, page 103.
9. Voir cette page.
10. Mallarmé affirme d’ailleurs : «  la distinction du corps et de l’esprit est une expression de mes limites ; mais ni comme corps ni comme esprit je ne puis m’opposer à l’univers, je ne puis me distinguer en lui ma propre nature ». Ici encore on sent cette détresse de l’auteur, perdu dans la société et qui cherche à s’en distinguer, à incarner son idéal. Cf. également la première strophe : « De l’éternel Azur la sereine ironie/Accable, belle indolemment comme les fleurs,/Le poète impuissant qui maudit son génie/À travers un désert stérile de Douleurs. » Le désespoir du poète est donc lié non seulement à la monotonie de sa vie quotidienne mais également à son impuissance d’égaler l’Azur.
11. Mallarmé, dans « Crise de vers« .
12. Monic Robillard, Le Désir de la Vierge, Hérodiade chez Mallarmé, Droz, Genève 1993, pages 47-48.

 

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Publié par

brunorigolt

Bruno Rigolt Docteur ès Lettres et Sciences Humaines, Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris. Diplômé d'Etudes approfondies en Littérature française et en Sociologie ; Maître de Sciences Politiques ; Professeur de Lettres Modernes et de Culture générale au Lycée en Forêt (Montargis, France).