Concours d’expression orale 2010

Concours d’expression orale…

Entraînements et conseils

Pour la troisième année, le Lycée en Forêt en partenariat avec le Rotary International propose un concours d’art oratoire qui aura lieu début mars 2009. Si vous aimez prendre la parole, saisissez cette occasion unique de vous exprimer à l’oral face à un public (des professionnels et quelques profs du Lycée). Attention : le nombre de places étant limité, les inscriptions sont presque closes : ne tardez pas à rapporter vos bulletins d’inscription !
         
Le déroulement de l’épreuve…

Le jour de l’épreuve, vous aurez le choix entre 4 sujets imposés. Après avoir pris connaissance des sujets, vous n’en retiendrez qu’un seul, que vous préparerez sur place en 30 minutes exactement. Les sujets proposés portent sur des questions de culture générale (Économie et Société, littérature et philosophie, sciences et techniques, et pour la demi-finale des sujets “inclassables”, faisant davantage appel à vos capacités d’originalité).

Votre prestation doit durer 5 minutes au moins ! Le jury attend évidemment des exposés argumentés et réfléchis, ce qui n’empêche nullement l’improvisation : mettez-vous en scène, interpellez votre public un peu comme un acteur “qui fait son numéro”! Pourquoi pas du Slam si vous en avez le talent ? Rien n’est pire qu’un exposé lu de façon monocorde : surprenez le jury !

Le barème d’évaluation :
  1. L’art oratoire et l’éloquence (10 points);
  2. La rhétorique : l’art du “discours”, la qualité de vos arguments et de vos exemples (10 points).
  1. L’art oratoire touche à “l’art de bien parler”. Un orateur persuasif est celui qui sait s’exprimer avec aisance et clarté, moduler le son de sa voix afin d’éviter la monotonie par exemple. La capacité d’émouvoir, de persuader par la parole sont donc essentielles. Au niveau de l’évaluation, la diction est fondamentale puisque vous devez persuader d’abord par la parole! Ne négligez surtout pas le travail sur la langue : c’est ce qu’on appelle l’élocution, c’est-à-dire le choix du style. Par exemple, l’emploi de figures de rhétorique semble tout indiqué : métaphores, comparaisons, interpellation de votre auditoire, interrogations oratoires, etc.

  2. La rhétorique, c’est l’art du discours. Vous avez toutes et tous déjà travaillé sur l’écrit d’invention : cela va vous servir pour le concours ! L’invention, au sens étymologique (du latin “inventio”) est la capacité de savoir construire un projet, c’est-à-dire de convaincre en organisant votre propos. Vous serez donc noté sur la manière dont vous avez disposé vos idées, structuré votre parcours argumentatif. Pensez à utiliser les procédés propres au discours (choix des arguments, des exemples, des techniques de persuasion, techniques d’amplification, voire de dramatisation) en rapport avec le sujet.

Seize exemples de sujets entièrement inédits (dans l’esprit du Concours) :
  • Histoire et société : 1) Réussir sa vie, c’est être riche de… 2) La mondialisation : chance ou péril ? 3) Pensez-vous qu’il faut réinventer un nouveau modèle social pour notre monde ? 4) C’est quoi, un « faiseur d’histoire(s) » ?
  • Littérature et Philosophie : 1) C’est quoi, être libre ? 2) Quel est l’avantage d’apprendre le Français dans le monde contemporain ? 3) La violence est-elle une force ou une faiblesse ? 4) Et si le plus beau voyage était un voyage immobile ?
  • Sciences et Techniques : 1) Les robots “humanoïdes” sont de plus en plus répandus dans le monde : faut-il en avoir peur ? 2) Comment se dérouleront les cours au Lycée en 2050 ? 3) Le progrès… C’est mieux quand ça s’arrête ? 4) La morale est-elle l’ennemie du progrès ?
  • Sujets “atypiques” : 1) Pourquoi est-ce blanc plutôt que noir ? 2) C’est quoi un “po-aime” ? 3) Faites votre éloge. 4) Faire le tour du monde ou faire un tour ?

Savoir prendre la parole en public… une exigence indispensable pour votre vie future

Au-delà de ce concours, vous verrez combien votre vie scolaire (à commencer par l’oral du Bac) vous amènera de plus en plus à devoir prendre la parole en public. Un très grand nombre de formations (BTS, DUT, Grandes Écoles de Commerce ou d’Administration, licences, masters…) conditionnent l’inscription définitive (outre les résultats scolaires) à la réussite d’un entretien de sélection dans lequel la motivation mais aussi la prise de parole en public sont déterminants. Certains oraux, comme celui d’HEC par exemple, se passent non seulement devant un public, mais dans le cadre d’un entretien à plusieurs : le candidat retenu étant celui qui aura su imposer son leadership et son charisme face à d’autres étudiants ! 

Quant à la vie professionnelle, vous verrez que les entreprises multiplient les occasions de devoir prendre la parole en public : beaucoup d’entretiens d’embauche sont en fait des entretiens de groupe ! Cas de figure classique : plusieurs candidats sont réunis ensemble autour d’un recruteur qui observe les réactions : untel qui aura du leadership saura se mettre en avant… Tel autre parlera pour ne rien dire… Celui-ci saura gérer son capital émotionnel tandis qu’un autre répondra correctement mais ne maîtrisera pas sa voix…

Les compétences requises pour le concours…

La prise de parole en public requiert plusieurs compétences. Voici quelques conseils pour affronter l’épreuve…

  1. Commencez d’abord à vous préparer “physiquement” à la prise de parole. Choisissez avec soin votre tenue ce jour-là : certes, ce n’est pas un défilé de mode, mais vous parlerez d’autant mieux que vous vous sentirez à l’aise dans vos vêtements. N’oubliez pas non plus que la principale difficulté… C’est vous : donc inutile de vous mettre trop la pression avant! Soyez sûr(e) de vous : partez gagnant(e) en vous disant que de toute façon vous n’avez strictement rien à perdre. Dès que vous rentrez, pensez aussi à dire Bonjour ! Cela paraît évident mais parfois, avec le trac…
  2. Regardez votre public. N’oubliez pas non plus que même si une personne du jury ne semble pas faire attention à votre présence quand vous parlez, cela ne veut rien dire : elle donnera un avis sur vous juste après votre départ. Donc regardez tout le monde (et pas seulement une seule personne parce qu’elle vous aura regardé(e) avec bienveillance ou parce que vous la connaissez (votre prof par exemple). Veillez également à vous tenir correctement : inutile de se raidir, mais il ne faut pas non plus être avachi !

  3. Improviser… Mais pas trop ! Bien sûr, le concours exige une certaine part d’improvisation, mais n’en faites pas trop non plus, car cela risquerait de vous entraîner sur un terrain parfois glissant, en particulier au niveau de la maîtrise du non-verbal (la gestuelle) : quand on improvise, on a tendance à “théâtraliser” un peu trop parfois : en libérant la parole, on libère trop ses gestes et on en arrive à “gesticuler”. Donc, gardez toujours une certaine distance en essayant d’articuler au mieux le geste et les registres de langue que vous allez employer (didactique, comique, lyrique, etc.)

  4. S’entraîner avec… une glace et un MP3 ! Voici un excellent exercice qui vous permettra de vérifier que vous maîtrisez votre voix et votre respiration lors de la prise de parole : chez vous, essayez en vous regardant obligatoirement devant une glace (une grande : celle de la salle de bain fera l’affaire!) de parler HAUT et FORT. L’exercice d’entraînement que je vous propose consiste à lire un texte neutre (une définition de cours par exemple, comme ça vous ne perdez pas de temps) en regardant le moins possible votre support et en vous fixant le plus possible dans la glace. Relisez plusieurs fois votre texte en variant l’intonation (neutralité, colère, joie, rire, émotion, interpellation, etc.). Si possible, enregistrez-vous avec un MP3 et écoutez ce que ça donne afin de corriger les petits problèmes (placement de la voix par exemple). Prenez ensuite un sujet au hasard : accordez-vous 20 minutes de préparation et lancez-vous, sans lire vos notes (vous pouvez même vous entraîner dans les transports en commun pour la recherche des arguments) : essayez de trouver des idées créatives, originales, et faites si possible votre exposé devant d’autres personnes : des copains ou des copines, la famille, etc. afin de vous confronter à un public. Si vous êtes seul chez vous, mettez-vous devant une glace et parlez HAUT et FORT en vous obligeant à parler tout en vous regardant.

L’organisation de l’exposé

Un problème qui se pose souvent aux candidat(e)s tient à l’organisation de l’exposé oral.  Avec le stress, et en cherchant à improviser, on fait moins attention à structurer le plan, de là certains discours qui partent dans tous les sens, sans suivre une logique de progression. Dès que vous aurez sélectionné votre sujet, et commencé à choisir vos idées, je vous conseille de vous poser les questions suivantes : “Qu’est-ce que je veux prouver exactement ?”, “D’où est-ce que je vais partir… Pour parvenir où ?” Veillez à structurer votre parcours analytique ou argumentatif : oral ne veut pas dire désordre, bien au contraire ! Choisissez une idée directrice, c’est-à-dire le thème central à partir duquel vous organiserez votre démonstration. Evitez de trop multiplier les questionnements, qui risquent de faire perdre de vue le principe d’organisation logique de votre exposé.

Pensez par ailleurs aux transitions quand vous enchaînez les idées entre elles. Concernant les citations, elles sont toujours utiles dans un exposé, à la condition de les choisir à bon escient et de ne pas les multiplier, afin d’éviter la lourdeur encyclopédique. D’expérience, j’ai constaté que de nombreux candidats avaient tendance à bâcler leur conclusion, sans doute par stress, émotion ou désir d’en finir ? Toujours est-il que c’est le meilleur moyen d’abaisser votre note. La conclusion se prépare dès l’élaboration du plan : elle ne consiste surtout pas à résumer le développement, ni à reproduire le plan annoncé : essayez de reformuler les idées en mettant en valeur l’évolution de votre pensée, et en élargissant si possible  ou en proposant une “chute” originale. Vous devez soigner particulièrement la conclusion puisqu’elle est le dernier élément que le jury aura encore à l’esprit au moment d’évaluer votre exposé.

La stratégie de la “première minute”

N’oubliez pas d’introduire votre discours par une accroche susceptible d’attirer l’attention de l’audience : particulièrement dans un exposé court (5 minutes) l’entrée en matière est capitale : vous devez donc amener le sujet de manière originale, inattendue. Dès votre introduction (qui doit être brève), essayez d’accrocher le jury, par exemple en utilisant une citation originale, une anecdote, un questionnement. Si vous avez choisi un sujet plaisant, pourquoi ne pas employer l’apostrophe qui consiste à interpeller : “C’est à toi que je m’adresse, Jury tout puissant !” Le but étant de capter l’attention, sachez exploiter les figures de style. L’accumulation peut se révéler très utile quand on cherche à créer un effet d’insistance en multipliant les mots voisins : «  Chiffonné, brisé, maltraité, fracturé… Que dis-je : disloqué… Voilà bien le portrait de l’homo œconomicus  moderne. Primate prétendu rationnel, logique, normalisé, standardisé… ». L’accumulation des participes passés ou des adjectifs crée ici un effet d’insistance. Le procédé assez proche de l’anaphore est également intéressant dans un exposé oral, la répétition d’un même mot au début d’une série de phrases permettant de renforcer l’idée : “notre monde de guerres, notre monde de violence, de non-sens et de différences, notre monde pourrait-il être un autre monde, un véritable… “notre” monde… Tant il est vrai que la terre est ce que nous en faisons” Ici la répétition de l’expression “notre monde”, et le jeu sur les correspondances sonores (violence/sens/différences ; autre/notre) amènent à un style assez lyrique qui peut convenir pour une conclusion par exemple. 

Exploitez vos connaissances scolaires

N’oubliez pas non plus certains procédés de détournement : le pastiche et surtout la parodie sont un moyen d’exploiter astucieusement vos connaissances scolaires. Voici deux exemples :

  1. Qui ne connaît pas cette envolée lyrique du général de Gaulle, aux premières heures de la libération de Paris, le 25 août 1944 : “Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !” Un détournement de cette gradation ternaire archi connue peut constituer une bonne accroche, en jouant sur l’anachronisme : “l’escargot de Bourgogne outragé ! l’escargot brisé ! l’escargot martyrisé ! Mais l’escargot libéré ! Fuyez : ail et persil, Hors de ma vue : beurre, poêle et cocottes !”

  2. Deuxième exemple : un pastiche du fameux « Lac » de Lamartine : ce texte lyrique qui figure parmi les plus belles pages de la poésie se révèle du fait de sa célébrité très intéressant dans le cadre d’un pastiche : “Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, /Dans la nuit éternelle emportés sans retour, /Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges /Jeter l’ancre un seul jour ?”… “Ainsi, toujours poussés vers des travaux de Maths ou de Grammaire /Dans la nuit éternelle emportés sans retour, /Ne pourrons-nous jamais pendant l’année scolaire/ Poser la plume un seul jour ?” L’anachronisme, quand il est voulu, est donc un excellent moyen de capter l’attention si le sujet le permet.

Quelques conseils pour terminer…
  1. D’abord, essayez de traiter chaque jour un sujet.
  2. Restez “cool” : contrairement aux idées reçues, ce n’est pas en stressant que vous réussirez mieux, bien au contraire !
  3. Le jour de l’épreuve, choisissez avec soin votre sujet. Attention aux thèmes qui vous paraissent “faciles” : on a tendance souvent à les choisir car ils paraissent proches de nos préoccupations. Or, on n’a pas forcément grand chose à dire sur un thème qui nous plaît… Donc soyez vigilants! Un sujet qui semble ardu au départ est parfois plus facile à traiter qu’il n’y paraît!

  4. Dès que vous avez choisi votre sujet, identifiez précisément le Thème, la Problématique, les Limites du sujet (il ne faut pas vous en écarter) ainsi que les Consignes qui vous sont demandées. Rappelez-vous ces quatre lettres pendant que vous préparez : TPLC (Thème, Problématique, Limites, Consigne).

  5. Soyez « psychologue » : essayez de percevoir pendant que vous préparez ce qu’on attend de vous. Dites-vous : “en me voyant et en m’écoutant, qu’est-ce qu’on appréciera chez moi?”, et ”À quoi faut-il que je fasse attention?”

  6. Pas d’erreur de casting : adoptez une tenue dans laquelle vous vous sentez le plus à l’aise !

  7. Parlez HAUT et FORT : inutile d’ameuter le CDI certes, mais attention aux discours inaudibles, à un débit trop rapide, etc. Rien de pire pour abaisser une note !

  8. Sachez vous “vendre”. Vous n’avez rien à perdre de toute façon, alors donnez le maximum ! Mettez-vous en valeur ! Soyez fier(e) de vous ! Ne vous diminuez pas (vous êtes au Lycée en Forêt non? Alors !)

  9. Regardez TOUS les interlocuteurs, et pas seulement une personne que vous connaissez : multipliez vos regards vers toute l’assistance !

  10. Ne renoncez jamais ! Allez jusqu’au bout de l’épreuve !

Bonne chance à toutes et à tous !

Publié par

brunorigolt

Bruno Rigolt Docteur es Lettres et Sciences Humaines Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris Professeur de Lettres Modernes et de Culture générale au Lycée en Forêt (Montargis, France).