BIENTÔT LE DEUXIÈME ÉCRIT BLANC FACULTATIF…

J’organiserai pour mes classes le deuxième entraînement à l’écrit du Bac de Français le mercredi 11 février 2009 à partir de 13h30 (horaire à confirmer).

Objet d’étude : l’argumentation

Candide (Voltaire) devra être connu dans ses grandes lignes uniquement (genre du conte philosophique, contextualisation, problématisation, progression narrative et thématique) ainsi que les principaux registres utilisés par Voltaire (réaliste, ironique, satirique). Vous devrez également savoir ce qu’a apporté la critique de la société entreprise par le Siècle des Lumières. Des aides, parfois très précieuses, sont disponibles en ligne : référez-vous au mois de janvier du cahier de texte pour en connaître le détail et voir les liens.

Comme pour le premier Bac blanc, les notes ne seront comptabilisées que si elles avantagent la moyenne de l’élève participant.

La citation de la semaine… Harold Pinter : dire l’indicible…

« I think that we communicate only too well, in our silence »

Je pense que nous ne communiquons que trop bien dans notre silence

Un enragé… engagé…

Dramaturge britannique (1930-2008), reconnu dans le monde entier par un prix Nobel de littérature en 2005, Harold Pinter s’est éteint la veille de Noël, le 24 décembre 2008 à l’âge de soixante-dipinter.1231821104.jpgx-huit ans, des suites d’une longue maladie. Né en 1930 dans le quartier populaire et malfamé (à l’époque) de l’East End de Londres où ses grands-parents juifs avaient immigré, Pinter a eu très tôt la réputation d’un rebelle enragé et engagé.  Hanté toute sa vie par la relation complexe entre la réalité et son dificile déchiffrement par le langage, Pinter a utilisé son théâtre mais aussi la poésie et le cinéma pour représenter les dérives du monde monderne dans toute leur cruauté. Cruauté de l’indifférence de la société, lâcheté et manipulation des hommes… Dans un célèbre discours prononcé au National Student Drama (Festival de Bristol) en 1962, l’auteur s’exclame : « I think that we communicate only too well, in our silence » (*) : « Je pense que nous ne communiquons que trop bien dans notre silence ». La phrase résume à elle seule la pensée de Pinter : quand les masques tombent, il ne reste plus que le silence, l’extrême nudité de la conscience de l’homme face à lui-même… En avançant dans l’âge, Pinter a radicalisé sa pensée dans des réquisitoires de plus en plus sévères à l’encontre des impérialismes (il n’est que d’évoquer sa critique sans appel de l’intervention américaine en Irak (2003) la qualifiant de « terrorisme d’État »)…

« Death » (1997)… Un poème déroutant

Je vous propose aujourd’hui de lire ce poème  intitulé « Death » (« Mort ») dont le sens est en fait très symbolique : rédigé en 1997 lors d’une visite de Pinter dans une morgue, le texte se présente comme une allégorie : les questionnements successifs, qui dérangent, heurtent pinter1.1231826481.jpgle lecteur au point de provoquer sa gêne, voire son dégoût, sont autant d’appels au secours que Pinter adresse à notre monde moderne, sourd à ce que les autres disent et qu’on n’entend pas, à ce qu’ils ont été, à ce qu’ils sont et qu’on ne voit pas. La syntaxe est d’autant plus percutante en Anglais (la traduction ne pose vraiment aucun problème) qu’elle est concise, brutale et directe ; d’où cette impression que derrière la transparence apparente de la scène décrite se cache un obstacle existentiel majeur : il n’y a que des questions sans réponse. Vous remarquerez la disparition des points d’interrogation à la fin du texte, comme si les questionnements successifs n’amenaient à aucun dialogue possible… Comment dès lors ne pas interpréter ce texte comme une parabole poétique sur la condition humaine? Au-delà de la scène décrite, c’est de l’absurdité de notre monde de guerre et de violence qu’il s’agit : parce qu’il se heurte à l’incommunicabilité, le langage de Pinter parvient en fait à son véritable but : questionner notre conscience au plus profond de nous-même.

« Death » (1997)

Where was the body found? Où a été trouvé le corps mort?
Who found the dead body? Qui a trouvé le corps mort?
Was the dead body dead when found? Le corps mort était-il mort quand on l’a trouvé?
How was the dead body found? Comment le corps mort a-t-il été trouvé?

Who was the dead body? Qui était le corps mort?

Who was the father or daughter or brother Qui était le père ou la fille ou le frère
Or uncle or sister or mother or son Ou l’oncle ou la sœur ou la mère ou le fils
Of the dead and abandoned body? Du corps mort et abandonné?
Was the body dead when abandoned? Le corps était-il mort quand on l’a abandonné?
Was the body abandoned? Le corps était-il abandonné?
By whom had it been abandoned? Par qui a-t-il été abandonné?

Was the dead body naked or dressed for a journey? Le corps mort était-il nu ou vêtu pour un voyage?

What made you declare the dead body dead? Pour quelle raison avez-vous déclaré la mort du corps mort?
Did you declare the dead body dead? Avez-vous déclaré comme mort le corps mort?
How well did you know the dead body? Connaissiez-vous bien le corps mort?
How did you know the body was dead? Comment saviez-vous que le corps mort était mort?

Did you wash the dead body Avez-vous lavé le corps mort
Did you close both its eyes Avez-vous refermé ses deux yeux
Did you bury the body Avez-vous enterré le corps
Did you leave it abandoned L’avez-vous laissé abandonné
Did you kiss the dead body Avez-vous embrassé le corps mort

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(*) Pour lire le discours dans son intégralité en Anglais (qui n’est pas très difficile à traduire), allez sur la page du Guardian en cliquant ici.)
 

Concours d’expression orale… Entraînement n°1

Le déroulement de l’épreuve…

Dans moins d’un mois (*) vous aurez affronté la demi-finale! Il s’agit donc de ne pas tarder et de vous entraîner dès maintenant. Le jour de l’épreuve, vous aurez le choix entre 4 sujets imposés. Après avoir pris connaissance des sujets, vous n’en retiendrez qu’un seul, que vous préparerez sur place en 30 minutes exactement. Les sujets proposés portent sur des questions de culture générale (Économie et Société, littérature et philosophie, sciences et techniques, et pour la demi-finale des sujets « inclassables », faisant davantage appel à vos capacités d’originalité).

Huit exemples de sujets inédits (dans l’esprit du Concours) :
  • Histoire et société : 1) Réussir sa vie, c’est être riche de… 2) La mondialisation : chance ou péril?
  • Littérature et Philosophie : 1) C’est quoi, être libre? 2) Quel est l’avantage d’apprendre le Français dans le monde contemporain?
  • Sciences et Techniques : 1) Les robots « humanoïdes » sont de plus en plus répandus dans le monde : faut-il en avoir peur? 2) Comment se dérouleront les cours au Lycée en 2050?
  • Sujets « atypiques » : 1) Pourquoi est-ce blanc plutôt que noir? 2) C’est quoi un « po-aime »?

Votre prestation doit durer 5 minutes au moins ! Le jury attend évidemment des exposés argumentés et réfléchis, ce qui n’empêche nullement l’improvisation : mettez-vous en scène, interpellez votre public un peu comme un acteur « qui fait son numéro »! Pourquoi pas du Slam si vous en avez le talent? Rien n’est pire qu’un exposé lu de façon monocorde : surprenez le jury!

Comprendre le barème d’évaluation :
  1. L’art oratoire et l’éloquence (10 points);
  2. La rhétorique : l’art du « discours », la qualité de vos arguments et de vos exemples (10 points).
  1. L’art oratoire touche à « l’art de bien parler ». Un orateur persuasif est celui qui sait s’exprimer avec aisance et clarté, moduler le son de sa voix afin d’éviter la monotonie par exemple. La capacité d’émouvoir, de persuader par la parole sont donc essentielles. Au niveau de l’évaluation, la diction est fondamentale puisque vous devez persuader d’abord par la parole! Ne négligez surtout pas le travail sur la langue : c’est ce qu’on appelle l’élocution, c’est-à-dire le choix du style. Par exemple, l’emploi de figures de rhétorique semble tout indiqué : métaphores, comparaisons, interpellation de votre auditoire, interrogations oratoires, etc.
  2. La rhétorique, c’est l’art du discours. Vous avez toutes et tous déjà travaillé sur l’écrit d’invention : cela va vous servir pour le concours ! L’invention, au sens étymologique (du latin « inventio ») est la capacité de savoir construire un projet, c’est-à-dire de convaincre en organisant votre propos. Vous serez donc noté sur la manière dont vous avez disposé vos idées, structuré votre parcours argumentatif. Pensez à utiliser les procédés propres au discours (choix des arguments, des exemples, des techniques de persuasion, techniques d’amplification, voire de dramatisation) en rapport avec le sujet.

L’entraînement…

Commencez d’ores et déjà à vous entraîner sur les quelques sujets proposés ici. Accordez-vous 15 à 20 minutes de préparation et lancez-vous, sans lire vos notes (vous pouvez même vous entraîner dans les transports en commun pour la recherche des arguments) : essayez de trouver des idées créatives, originales, et faites si possible votre exposé devant d’autres personnes : des copains ou des copines, la famille, etc. afin de vous confronter à un public. Si vous êtes seul chez vous, mettez-vous devant une glace et parlez HAUT et FORT en vous regardant : c’est un excellent exercice souvent pratiqué dans les écoles de Communication. N’oubliez pas d’introduire votre discours par une introduction susceptible d’attirer l’attention de l’audience : l’accroche (ou amorce) est importante car elle va amener le sujet de manière originale, inattendue. N’oubliez pas non plus pour votre développement qu’on vous évaluera sur votre capacité à produire un texte original, et non à vous contenter de commenter une citation ou une expression. Sachez trouver le ton, les mots qui conviennent : évitez absolument l’interchangeable, le « prêt-à-porter » linguistique. Quant à votre conclusion, elle devra être percutante. Ne vous contentez pas de résumer vos arguments, privilégiez l’effet de « chute »!

Rappel : Réunion d’information pour les élèves inscrits : le mardi 20 janvier 2009 à 14h30 à l’amphithéâtre (*).
Les demi-finales auront lieu en février : Pour les classes de Première (*) : mardi 3 février (de 13h30 à 17h30). Pour les classes de Seconde (*) : mardi 10 février, le matin (à partir de 10 heures) ET l’après-midi. La finale aura lieu le mardi 10 mars (*) le matin et l’après-midi.

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(*) Les dates et horaires sont donnés à titre indicatif, sous réserve d’erreurs typographiques ou de modifications ultérieures.

Exposition : la poésie du Symbolisme au Surréalisme. Au CDI du 12 au 26 janvier 2009

Les classes de Première S5 et ES4 vous invitent à l’exposition qu’elles organisent au CDI sur le thème : la poésie du Symbolisme au Surréalisme. Plus de soixante poèmes inédits seront exposés, associant l’art poétique et l’image. De par leur qualité, les textes présentés reflètent la vivacité de la création poétique actuelle. Venez nombreux.

Et sur ce site…

Accédez à l’exposition virtuelle tournante : menu en haut à gauche « Les classes exposent » (*)…

Chaque semaine, de nouveaux textes seront exposés !

(*) Afin de protéger l’anonymat des auteurs mineurs sur Internet, les noms de famille ont été partiellement masqués. Merci de votre compréhension. Enfin, malgré leur qualité, certains textes sont difficilement publiables sur Internet, en raison de la taille trop volumineuse des fichiers graphiques, et de la capacité de stockage limitée du serveur. Vous pouvez bien sûr les voir sur place, puis à la journée « Portes Ouvertes » du damedi 21 mars, et enfin au Salon du Livre du Montargois, où toutes mes classes exposeront.

Concours d’expression orale… Du nouveau !

  • Réunion d’information pour les élèves inscrits : le mardi 20 janvier 2009 à 14h30 à l’amphithéâtre (*).
  • Le concours 2009 se déroulera au Lycée (CDI) en 2 étapes :
    • Les demi-finales auront lieu en février
      • Pour les classes de Première (*) : mardi 3 février (de 13h30 à 17h30)
      • Pour les classes de Seconde (*) : mardi 10 février, le matin (à partir de 10 heures) ET l’après-midi.
    • La finale aura lieu le mardi 10 mars (*) le matin et l’après-midi.

Retrouvez sur ce site dès le lundi 12 janvier des exemples de questions et deux sujets commentés chaque semaine + des tas de conseils pratiques pour vous préparer au mieux à l’épreuve !

(*) Les dates et horaires sont donnés à titre indicatif, sous réserve d’erreurs typographiques ou de modifications ultérieures.

La citation de la semaine… Assia Djebar…

Une écriture « contre » : le « contre » de l’opposition, de la révolte… mais c’est aussi tout contre… le besoin d’être auprès de…

Je ne me sais qu’une règle, apprise et éclaircie certes, peu à peu, dans la solitude et loin des chapelles littéraires : ne pratiquer qu’une écriture de nécessité. Une écriture de creusement, de poussée dans le noir et l’obscur ! Une écriture « contre » : le « contre » de l’opposition, de la révolte, quelquefois muette, qui vous ébranle et traverse votre être tout entier. Contre, mais c’est aussi tout contre, c’est-à-dire une écriture du rapprochement, de l’écoute, le besoin d’être auprès de…, de cerner une chaleur humaine, une solidarité, besoin sans doute utopique car je viens d’une société où les rapports entre hommes et femmes, hors les liens familiaux, sont d’une dureté, d’une âpreté qui vous laissent sans voix !

[…] Non, décidément, l’écriture – je veux dire, l’écrit de toute littérature, ainsi que la parole illuminante – n’est pas un faire-part de deuil ou de crime ; non, elle n’est pas une plaque funéraire bavarde, simplement projetée dans l’espace vide, le temps que circulent quelques milliers d’exemplaires de vos pattes de fourmi tracées sur papier, lancés comme un paquet-cadeau à la mort. Non, l’écriture à laquelle je me vouais dans ce malheur algérien […] est le dialogue suspendu avec l’ami sur lequel est tombée la hache, dans la tête de qui a sonné la balle, tandis que vous, vous survivez, tandis que vous, vous questionnez sur les tout petits détails, juste avant que celui – ou celle – que vous avez connu soit pétrifié en victime, en cadavre, en silence !

[…] Edmond Jabès, arraché de son Egypte natale, au milieu de son âge, remarquait : « Les chemins d’encre sont des chemins de sang ! » Il l’écrivait à Paris et je dirais, presque à voix basse. Seule cette force-là, si peu visible, si impalpable, si peu propice aux projecteurs, me semble-t-il, qui devrait me redresser : la seule force, transparente ou friable, de l’écriture. »

Assia Djebar (pseudonyme de Fatma-Zohra Imalhayène), écrivaine algérienne de langue française, élue à l'Académie française en juin 2005. 
À propos de cette citation…

En octobre 2000, Assia Djebar reçoit le « Prix pour la Paix » décerné par les éditeurs et libraires allemands. Elle prononce à cette occasion un discours célèbre intitulé « Idiome de l’exil et langue de l’irréductibilité ». Le texte, qui se présente sous la forme d’une autobiographie littéraire, est l’occasion pour l’auteure de rendre un vibrant hommage aux écrivains algériens victimes du terrorisme : le romancier Tahar Djaout, le poète Youssef Sebti, le dramaturge Abelkader Alloula, assassinés en 1993 et 1994. Ce vibrant plaidoyer invite aussi à réfléchir à la mission de l’écrivain, au statut de la femme algérienne et musulmane, et d’évoquer le contexte culturel mouvant, migratoire, ambivalent de la littérature algérienne de langue française, fortement marqué par la crise des identités.

Le site Remue.net propose le téléchargement de ce discours dans sa version intégrale et corrigée : vous pouvez télécharger le texte dans son intégralité. Les passages les plus significatifs du texte ont été repris par Le Monde du 26 octobre 2000 sous le titre « Le désir sauvage de ne pas oublier ». Pour lire l’article, cliquez ici. Assia Djebar possède un site Internet, pour y accéder, cliquez ici.

Crédit photographique : G.A.F.F. / SIPA