Classe de Seconde 9
année scolaire 2012-2013

Espace élèves
Bienvenue à toutes et à tous dans cet Espace pédagogique offrant un support d’accès libre pour assimiler et enrichir l’enseignement du Français et de la littérature en classe de Seconde. Vous y trouverez de nombreuses ressources consultables en ligne qui complèteront le cours, ainsi qu’un descriptif des activités menées pendant l’année scolaire.

Activités et ressources…



  • Vendredi 7 septembre. Groupes
    – Liste des fournitures : 1 grand classeur (PAS de cahier), des intercalaires, des copies (à grands carreaux de préférence), des pochettes plastique (indispensable), 1 répertoire
    – Fonctionnement du cours. Cliquez ici si vous souhaitez davantage de précisions, en particulier pour ce qui concerne les modalités d’évaluation.
    Programme de l’enseignement commun de Français en classe de Seconde (Bulletin officiel spécial n°9 du 30 septembre 2010).

Le cours de Français au Lycée a été conçu pour développer les capacités de réflexion, d’analyse et d’expression écrite et orale qui sont nécessaires pour la formation de la sensibilité, de l’esprit critique et plus largement de la citoyenneté. Il obéit ainsi à une triple finalité :

  1. instruire et socialiser en approfondissant la formation d’une culture,
  2. donner à comprendre et qualifier par des méthodes de pensée et de travail,
  3. viser à une pratique raisonnée de la langue, apte à favoriser sur le plan conceptuel et pratique l’expression et la communication.

Cette mission suppose tout d’abord « l’acquisition d’une culture littéraire ouverte sur d’autres champs du savoir et sur la société« . L’appropriation de repères « permettant une mise en perspective historique des œuvres littéraires » passe ainsi par une sensibilisation des élèves aux mouvements culturels et esthétiques, aux débats d’idées et aux méthodes qui caractérisent la Littérature et son histoire. Son objectif est de montrer aux élèves la pérennité de l’héritage culturel, et donc le poids des leçons du passé pour mieux appréhender leur quotidien et plus largement le monde contemporain.

La mise en œuvre du programme passe par « une progression méthodique qui prend appui principalement sur la lecture et l’étude de textes majeurs de notre patrimoine« , permettant par ailleurs un approfondissement de la langue française, dans le prolongement de ce qui a été vu au collège : « il s’agit de consolider et de structurer les connaissances et les compétences acquises, et de les mettre au service de l’expression écrite et orale ainsi que de l’analyse des textes ». L’objectif est ainsi de doter les élèves d’outils linguistiques, méthodologiques et intellectuels nécessaires à la réussite de leur poursuite d’études.

 
Objets d’étude :
    1. La poésie du XIXème au XXème siècle : du Romantisme au Surréalisme
    2. Le roman et la nouvelle au XIXème siècle : Réalisme et Naturalisme
    3. La tragédie et la comédie au XVIIème siècle : le Classicisme
    4. Genres et formes de l’argumentation : XVIIème et XVIIIème siècle

Séquence introductive

Approches du texte littéraire

Texte support :
– Émile Zola, incipit/excipit de Germinal

Objectifs de la séquence :
Méthodes de pensée et de travail : approches de la lecture analytique
Formation d’une culture : Qu’est-ce qu’un texte « littéraire », le travail de l’écrivain : la question du style durassien, les contraintes stylistiques et formelles de la nouvelle.
Pratique raisonnée de la langue : les relations entre les mots, les éléments de la communication, les marques de l’énonciation

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  • Samedi 8 septembre.
    – Initiation à la lecture analytique. Texte support : incipit de Germinal
    – Apprendre à « problématiser » : formuler des hypothèses de lecture ; l’horizon d’attente du lecteur : la fonction sociale de la littérature.
    – Cours : Dénotation et Connotation.

TEXTE
Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.

L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche, à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.

Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques, et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point.

Alors, l’homme reconnut une fosse.

  • Mardi 11 septembre.
    – Lecture analytique de l’incipit de Germinal (suite)
    – Cours : Signifiant, Signifié, Arbitraire du signe.
  • Vendredi 14 septembre.
    Visite du CDI. Utilisation de BCDI.
  • Samedi 15 septembre.
    – La relation entre l’incipit et l’excipit. Texte support : excipit de Germinal (Zola). Notion vue : la métaphore filée.

TEXTE
Mais Étienne, quittant le chemin de Vandame, débouchait sur le pavé. A droite, il apercevait Montsou qui dévalait et se perdait. En face, il avait les décombres du Voreux, le trou maudit que trois pompes épuisaient sans relâche. Puis, c’étaient les autres fosses à l’horizon, la Victoire, Saint-Thomas, Feutry-Cantel ; tandis que, vers le nord, les tours élevées des hauts fourneaux et les batteries des fours à coke fumaient dans l’air transparent du matin. S’il voulait ne pas manquer le train de huit heures, il devait se hâter, car il avait encore six kilomètres à faire.

Et sous ses pieds, les coups profonds, les coups obstinés des rivelaines continuaient. Les camarades étaient tous là, il les entendait le suivre à chaque enjambée. N’était-ce pas la Maheude, sous cette pièce de betteraves, l’échine cassée, dont le souffle montait si rauque, accompagné par le ronflement du ventilateur ? A gauche, à droite, plus loin, il croyait en reconnaître d’autres, sous les blés, les haies vives, les jeunes arbres. Maintenant, en plein ciel, le soleil d’avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait. Du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. De toutes parts, des graines se gonflaient, s’allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d’un besoin de chaleur et de lumière.

Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s’épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s’ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l’astre, par cette matinée de jeunesse, c’était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre.

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  • Mardi 18 septembre.
    – Cours : la situation de communication, les objectifs de la communication (les fonctions du langage)

Travail à rendre par écrit le samedi 29 septembre 2012. (coefficient 1)

I Quelle(s) fonction(s) du langage vous paraissent exprimées dans ces textes ? Vous justifierez obligatoirement vos réponses. 5 points.

1.
« Omo Micro, tutti riquiqui, mais maousse costaud… »
(Slogan publicitaire pour la lessive Omo)

2.
C’était pas un chien de chasse, il savait pas chasser.
C’était pas un chien de garde,
Il savait pas garder
C’était pas un chien de berger,
Des moutons il s’en occupait pas.
Bon, alors euh… C’était un chien qui était bon à rien.

3.
« Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu’il faudrait appeler l’odeur de pension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance ; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements ; elle a le goût d’une salle où l’on a dîné ; elle pue le service, l’office, l’hospice. Peut-être pourrait-elle se décrire si l’on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu’y jettent les atmosphères catarrhales de chaque pensionnaire, jeune ou vieux. Eh bien, malgré ces plates horreurs, si vous le compariez à la salle à manger, qui lui est contiguë, vous trouveriez ce salon élégant et parfumé comme doit l’être un boudoir. Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd’hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d’assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. »
Honoré de Balzac, Le Père Goriot

4.
« Dépêchez-vous dépêchez-vous, c’est la saison des pêches ! »
(slogan publicitaire)

II Signifiant, signifié, arbitraire du signe…

En quoi cet idéogramme chinois et la légende qui l’accompagne vous paraissent-ils intéressants ? Vous expliquerez de façon très détaillée. 5 points

ideogramme-bonheur-chine.1254690811.jpgBonheur

Happiness

 

III Dénotation, Connotations…

Publicité pour un parfum pour femme (Guy Laroche). Slogan : « La femme est une île, Fidji est son parfum »

Question : En quoi ces messages (linguistique et iconique) sont-ils particulièrement connotés ? Vous répondrez dans un paragraphe argumenté. 10 points.

Restitution des travaux corrigés : Mardi 2 octobre.

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  • Samedi 6 octobre 2012. Évaluation : 1h00 (coefficient 2). Notions à réviser : Dénotation/Connotation ; Signifiant/Signifié/Arbitraire du signe ; Fonctions du langage ; Métaphore filée

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Approfondissement et entraînement à l’évaluation du samedi 6 octobre

Question possible : en vous aidant de vos connaissances du cours sur le signifiant et le signifié, quelles remarques pouvez-vous faire sur ce document ? →
Réponse : Ce document représente un signe appelé « pictogramme ». Un pictogramme est la réunion d’une image visuelle, appelée « signifiant » graphique, et d’une idée, d’un sens, appelé « signifié ». La fonction exprimée par ce pictogramme est la fonction référentielle (car il renvoie à un contexte précis et clairement défini). On peut évoquer aussi la fonction impressive (ou conative) car il pousse le récepteur à agir d’une certaine façon (ne pas fumer). Le lien qui unit le signifiant au signifié est le plus souvent « arbitraire » dans la mesure où il n’existe pas forcément de rapport logique entre l’image et le sens auquel elle est associée. Ainsi, le signifiant visuel « cigarette » est indépendant du signifié qu’il représente, à savoir l’action de fumer. C’est par convention qu’on comprend que le signifiant graphique renvoie à un signifié, admis de façon codée.

De même, imaginez un panneau représentant un « M » à Paris. On comprendrait que « M » est la première lettre du mot « Métro », mais c’est seulement dans un contexte urbain qu’on comprend ce « M ». Le même pictogramme en plein milieu de la forêt amazonienne deviendrait évidemment complètement décalé. Notez que l’humour ou la poésie peut jouer sur ces décalages de code (imaginez le même pictogramme en plein milieu de la mer…).

La relation entre chaque signifiant et son signifié est donc une relation arbitraire. Pourquoi un couteau et une fourchette signifieraient forcément un restaurant ? De même, c’est par habitude qu’on interprète un homme et une femme côte à côte comme désignant l’emplacement de toilettes mixtes. Mais il est évident que ce signifié pourrait être interprété bien différemment dans un autre contexte !

La compréhension du signe demande forcément la connaissance d’un code. Imaginons un Zoulou d’Afrique du sud, ou un Aborigène d’Australie apercevant pour la première fois ces pictogrammes… En quoi ces personnes pourraient-elles deviner si on ne le leur a pas déchiffré, qu’une voiture avec un insigne rectangulaire sur le toit signifie un taxi ? Ces signes peuvent en effet ne pas être compris par tout le monde, dans la mesure où les cultures sont différentes : chacun de nous est marqué, influencé par des codes, le plus souvent des codes sociaux et culturels.

L’arbitraire du signe : vous connaissez sans doute la toile célèbre du peintre Magritte, « La Trahison des images », exposée au County Museum of Art de Los Angeles. Le tableau est en effet révélateur du profond bouleversement introduit par l’art du vingtième siècle. Peint en 1929, il repose sur une véritable “mystification” : il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante : “Ceci n’est pas une pipe”. L’intention la plus évidente de Magritte est de montrer que, même peint de la manière la plus réaliste qui soit, un tableau qui représente une pipe n’est pas une pipe. Il n’en est que l’image, la représentation. Au-delà de l’humour évident, ce discours sur le rapport arbitraire du signifiant visuel au signifié s’inscrit évidemment dans le vaste mouvement critique et subversif de détournement des codes sociaux, qui a permis à l’art moderne de devenir un véritable ferment d’idées.

  • Vendredi 21 septembre. Méthodologie.
    Travail sur les fonctions du langage, et le signifié connoté. Exercice pratique : interprétation d’une publicité Panzani (1964). Connotations clés chez Roland Barthes : italianité, fraîcheur, authenticité.

Document complémentaire :

Roland Barthes « Rhétorique de l’image »
(
Communication, n°4, 1964, p. 41-42)

Voici une publicité Panzani : des paquets de pâtes, une boîte, un sachet, des tomates, un champignon, le tout sortant d’un filet à demi ouvert, dans des teintes jaunes et vertes sur fond rouge. Essayons d’ « écrémer » les différents messages qu’elle peut contenir.

L’image nous livre tout de suite un premier message, dont la substance est linguistique : les supports en sont la légende, marginale, et les étiquettes, qui, elles, sont insérées dans le naturel de la scène, comme « en abyme » : le code dans lequel est prélevé ce message n’est autre que celui de la langue française ; pour être déchiffré, ce message n’exige d’autre savoir que la connaissance de l’écriture et du Français. À vrai dire, ce message peut encore se décomposer, car le signe Panzani ne livre pas seulement le nom de la firme, mais aussi, par son assonance, un signifié supplémentaire qui est, si l’on veut, l’« italianité ».[…]

Le message linguistique mis de côté, il reste l’image pure (même si les étiquettes en font partie à titre anecdotique). Cette image livre aussitôt une série de signes discontinus. Voici d’abord (cet ordre est indifférent, car ces signes ne sont pas linéaires), l’idée qu’il s’agit, dans la scène représentée, d’un retour de marché ; ce signifié implique lui-même deux valeurs euphoriques : celle de la fraîcheur des produits et celle de la préparation purement ménagère à laquelle ils sont destinés ; son signifiant est le filet entrouvert qui laisse s’épandre les provisions sur la table, comme « au déballé ». Pour lire ce premier signe, il suffit d’un savoir en quelque sorte implanté dans les usages d’une civilisation très large, où « faire soi-même son marché » s’oppose à l’approvisionnement expéditif (conserve, frigidaire) d’une civilisation plus « mécanique ». Un second signe est à peu près aussi évident ; son signifiant est la réunion de la tomate, du poivron et de la teinte tricolore (jaune, vert, rouge) de l’affiche ; son signifié est l’Italie, ou plutôt l’italianité ; ce signe est dans un rapport de redondance avec le signe connoté du message linguistique (l’assonance italienne du nom Panzani) ; le savoir mobilisé par ce signe est déjà plus particulier : c’est un savoir proprement « français » […] fondé sur une connaissance de stéréotypes linguistiques. Continuant d’explorer l’image (ce qui ne veut pas dire qu’elle soit entièrement claire du premier coup), on y découvre sans peine au moins deux autres signes ; dans l’un, le rassemblement serré d’objets différents transmet l’idée d’un service culinaire total, comme si d’une part Panzani fournissait tout ce qui est nécessaire à un plat composé, et comme si d’autre part le concentré de la boîte égalait les produits naturels qui l’entourent, la scène faisant le pont en quelque sorte entre l’origine des produits et leur dernier état ; dans l’autre signe, la composition, évoquant le souvenir de tant de peintures alimentaires, renvoie à un signifié esthétique : c’est la « nature morte » ou comme il est mieux dit dans d’autres langues, le « still life » ; le savoir nécessaire est ici fortement culturel.

  • Samedi 22 septembre. Bilan de la séquence introductive : la langue comme « fait social ». En tant qu’institution humaine, le langage a un rapport étroit avec les codes sociaux : par exemple, le « bien parler », le verlan ou l’argot permettent de mieux comprendre le rapport du locuteur à une norme identitaire : rapport d’inclusion, de différenciation voire de transgression.

Section 1 : du Romantisme au Surréalisme

(référence manuel : p. 221-299)

Séquence 1 : des Lumières au Romantisme

  • Mardi 25 septembre.
    – Le contexte culturel et social du Romantisme.
    – Des Lumières au Romantisme : Lecture analytique : Dumarsais, article « Philosophe » : la fonction sociale du philosophe ; la condamnation du moi ; l’éloge du rationalisme.

TEXTE
Le philosophe est une machine humaine comme un autre homme ; mais c’est une machine qui, par sa constitution mécanique, réfléchit sur ses mouvements. Les autres hommes sont déterminés à agir sans sentir ni connaître les causes qui les font mouvoir, sans même songer qu’il y en ait.Le philosophe, au contraire, démêle les causes autant qu’il est en lui, et souvent même les prévient, et se livre à elles avec connaissance : c’est une horloge qui se monte, pour ainsi dire, quelquefois elle-même. Ainsi il évite les objets qui peuvent lui causer des sentiments qui ne conviennent ni au bien-être, ni à l’être raisonnable, et cherche ceux qui peuvent exciter en lui des affections convenables à l’état où il se trouve. […]

Les autres hommes sont emportés par leurs passions, sans que les actions qu’ils font soient précédées de la réflexion ; ce sont des hommes qui marchent dans les ténèbres, au lieu que le philosophe, dans ses passions même, n’agit qu’après la réflexion ; il marche la nuit, mais il est précédé d’un flambeau.

Le philosophe forme ses principes sur une infinité d’observations particulières ; le peuple adopte le principe sans penser aux observations qui l’ont produit : il croit que la maxime existe, pour ainsi dire, par elle-même ; mais le philosophe prend la maxime dès sa source ; il en examine l’origine, il en connaît la propre valeur, et n’en fait que l’usage qui lui convient

De cette connaissance que les principes ne naissent que des observations particulières, le philosophe en conçoit de l’estime pour la science des faits ; il aime à s’instruire des détails et de tout ce qui ne se devine point. Ainsi il regarde comme une maxime très opposée au progrès des lumières de l’esprit, que de se borner à la seule méditation, et de croire que l’homme ne tire la vérité que de son propre fonds.

  • Vendredi 28 septembre. Groupes
    Lecture de l’image : Caspar David Friedrich, « Le Voyageur contemplant une mer de nuages »
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Notions vues :
– dénotation/connotation
– Lyrisme ; épanchement ; pathétique
– Mal du siècle
– Culte du moi
  
  • Samedi 29 septembre.
    Lecture analytique du « lac » de Lamartine (Manuel, page 226)

Pour le mardi 2 octobre, préparer au brouillon la lecture analytique de « L’Isolement » de Lamartine en centrant vos réflexions sur :

– le décor
– l’importance du moi (lyrisme et tonalité élégiaque)
– la dimension mystique du paysage.

Pour aller plus loin…

Lisez « L’Isolement » dans une édition exceptionnelle des Méditations poétiques de Lamartine et téléchargez gratuitement l’ouvrage (édition de 1823, exemplaire conservé à la New York Public Library).

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un œil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire ;
Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

 
  • Mardi 2 octobre. La séance se déroulera en intégralité au CDI.
    – Restitution des DM (du 29 septembre). Résultats sur Pronote. Remédiation possible : les travaux de rattrapage seront disponibles à partir du vendredi 5 octobre (à rendre le samedi 20 octobre : délai de rigueur à respecter).
    – Méthodologie de la fiche de lecture.
    – Choix de livres pour la constitution d’une fiche de lecture, qui sera à rendre le samedi 17 novembre 2012. Attention : aucun délai supplémentaire accordé.
  • Vendredi 5 octobre.
    Lecture rapide d’une fiche de synthèse sur le Romantisme. Cette fiche sera à apprendre, ainsi que toutes les notes de cours pour le samedi 20 octobre (évaluation).
    – Lecture de l’image : Charles-Édouard Crespy Le Prince « Julie et Saint-Preux sur le lac de Léman » (1824), page 227 du manuel.

  Charles-Édouard Crespy Le Prince (1784-1850),
© Montmorency, musée Jean-Jacques Rousseau, © Direction des musées de France, 2007 Crédit photographique © Robin Laurence

Présentation

Peint en 1824, ce tableau de Charles Edouard Crespy Le Prince évoque un épisode célèbre du roman épistolaire Julie ou la Nouvelle Héloïse (¹). Rédigée en 1761 par Jean-Jacques Rousseau, l’histoire participe déjà à la sensibilité romantique : Julie une jeune noble, et son précepteur Saint-Preux, roturier issu d’un milieu modeste, vont tomber amoureux mais la différence sociale empêche toute officialisation de leur amour. Au moment où se déroule cette scène, Saint-Preux revient d’un long voyage durant lequel il n’a cessé d’écrire à la vertueuse Julie, mariée depuis à monsieur de Wolmar. La jeune femme est malheureuse car elle aime toujours Saint-Preux malgré la fidélité qu’elle porte à l’époux que son père lui a choisi ; « […] une sombre mélancolie s’empare bientôt de Saint-Preux, qui de Meillerie, sur le bord du lac Léman, fait part à Julie de son désespoir » (²) lors d’une promenade en barque, empreinte tout à la fois de lyrisme et de pathétique.

Les dénotations de l’image

Le premier plan est occupé en majeure partie par la petite embarcation dans laquelle, effleurant la rive et main dans la main, Julie et Saint-Preux glissent lentement sur le lac. Elle, vêtue d’une longue robe blanche et d’un châle négligemment jeté sur l’épaule ; lui d’un costume sombre ; ils semblent se regarder avec tendresse et gravité. Vers l’avant de la barque, le batelier se charge de diriger l’embarcation, qui progresse silencieusement : on aperçoit dans la clarté lunaire le sillage marqué d’une trainée de lumière. Derrière eux, remplissant presque la totalité du tableau, un paysage à la fois sublime et inquiétant arrête le regard : on ne peut qu’être saisi par une espèce de vertige devant la masse imposante du lac, qui semble s’étendre à perte de vue.

De part et d’autre, les coteaux abrupts plongent leurs pieds dans l’abîme, et les hautes montagnes apparaissent comme des masses sombres au caractère menaçant : on devine sur la rive sud les rochers de la Meillerie, aujourd’hui disparus. La lune, dernier refuge des amants malheureux, dévoile cette scène mystérieuse, solennelle et secrète, comme cachée du reste du monde. Admirez combien le scintillement de l’astre frémit à la surface argentée de l’eau, et contraste avec la profondeur sans fin du lac : pas une seule bâtisse à l’horizon qui viendrait troubler la quiétude de la scène. Sur la droite, aux pieds des coteaux, nous pouvons distinguer ce qui ressemble à des flammes jaillissant du sol, pareilles à une éruption. Elles atténuent quelque peu les tonalités froides du tableau. Enfin, à l’arrière-plan, nous apercevons la lune, se montrant seulement par endroits à travers le voile dense des nuages jaunes et gris, dont le déplacement confère à la scène son aspect dramatique et sauvage.

Les connotations de l’image

Ce qui apparaît au premier abord, c’est bien la dimension romantique de cette scène. Comme on le sait, le lac de Genève incarne chez Rousseau le bonheur, mais un bonheur tantôt euphorique, tantôt mélancolique. Dans un paragraphe bien connu des Confessions, il décrit avec émotion l’effet que produit en lui la contemplation de l’eau : « j’ai toujours aimé l’eau passionnément, et sa vue me jette dans une rêverie délicieuse, quoique souvent sans objet déterminé ». On comprend mieux pourquoi l’auteur des Rêveries a choisi que les deux amants se retrouvent sur le Léman : le fait que le lac semble interminable accentue l’idée que le temps s’est arrêté ; il s’agit en effet d’un moment unique où chacun revoit l’être cher dans un cadre propice à la rêverie et à l’épanchement lyrique.

« Meillerie » Photographie extraite de l’ouvrage de Guillaume Fatio et Frédéric Boissonnas, Autour du Lac Léman, Genève 1902

Cette expression des sentiments est magnifiquement exprimée par le peintre. De fait, l’immensité horizontale du lac évoque l’évasion et l’ailleurs. Sa contemplation, mêlée au murmure apaisant des rames glissant sur l’eau, plonge le spectateur dans la méditation et le recueillement. Cependant, ce spectacle grandiose connote aussi le pathétique tragique, car Julie et Saint-Preux ne peuvent vivre leur amour. Quant à la profondeur du lac, elle laisse présager un destin funeste, suggérant que le bonheur est à jamais perdu. Le paysage, typiquement romantique, symbolise donc à la fois le dépaysement, l’immensité, l’infini, mais par contraste le désordre des sentiments, les orages du cœur, les tempêtes de l’amour… Plus qu’un paysage qui fait rêver, on devine les déchirements de Julie et de Saint-Preux, on imagine combien nos deux amoureux seront voués à la souffrance !

N’oublions pas en effet ce contraste caractéristique du Romantisme, qui présente systématiquement des personnages déchirés, tourmentés, dont le bonheur pourtant à portée de main semble impossible à atteindre. Dans le tableau, on voit nettement ces antithèses. Les mouvements d’ombre et de lumière donnent à ce titre une dimension presque apocalyptique à la scène. On retrouve par ailleurs ce contraste avec les montagnes qui par leur verticalité, dirigent les regards vers le ciel et l’aspiration à la plénitude, à l’infini (trans-ascendance), mais créent pareillement un sentiment de vertige et de dangerosité (trans-descendance) : les flammes qui s’en échappent, outre qu’elles confèrent un côté irréel et fantastique à la scène, évoquent une longue descente vers la tentation et le mal.

Un aspect non moins essentiel concerne les symboles utilisés par l’artiste pour rendre compte de l’amour qui unit Julie à Saint-Preux : l’eau, la terre, l’air et le feu renforcent en effet la symbolique romantique de la scène. Occupant la moitié du tableau, l’eau est ambivalente ; à la fois refuge elle est le lieu (ou plutôt le « non-lieu ») de l’asile des deux amants. Force vitale donc, mais aussi élément de mort : on ne peut que songer ici au mythe de Charon, le nocher des enfers conduisant la barque, et passant les âmes de la vie à la mort. Ne pourrait-on également interpréter le feu, aux pieds de la montagne, comme la flamme de l’amour se consumant dans le cœur des deux amoureux ? Enfin, à travers la présence de la lune, nous retrouvons un symbole cosmique fondamental chez les Romantiques : par son pouvoir mystérieux de suggestion, la « reine des ombres » n’évoque-t-elle pas les clartés mouvantes du rêve ?

Ce cadre intimiste, favorable à l’exotisme primitiviste, invite aussi à la communion avec la nature, à la fois consolatrice et inspiratrice, mais aussi enjeu de connaissance puisqu’elle ramène au moi profond. On comprend dès lors pourquoi la description de la nature chez de nombreux Romantiques et particulièrement dans ce tableau, ne se sépare jamais d’une réflexion sur l’intériorité, le détour dans l’imaginaire et un certain refus social, qui s’épanouira dans ce qu’on appellera le « culte du moi » et la volonté de trouver dans une nature fusionnelle et dans l’exil vers l’ailleurs sentimental une réponse au vide existentiel. Cette omniprésence du moi est particulièrement sensible dans l’œuvre : le bateau dans lequel se trouvent Julie et Saint Preux est au premier plan et au centre du tableau.

Les deux amants sont donc mis en avant à travers une esthétique des sentiments et de l’amour, mais un amour exprimé sous une forme platonicienne, un amour idéal mêlé de sentiment religieux où la contemplation de la nature, en participant à l’intériorité de l’homme, ouvre sur la révélation mystique et « où la passion amoureuse est dépassée pour céder la place à la renonciation sublimée » (³). Ainsi, cette ultime rencontre de « Julie et Saint-Preux sur le lac de Léman » est-elle un témoignage de l’héroïsme sublime, tel que le conçoit la sensibilité romantique, partagée entre le désir, la loi morale, et le repentir comme forme d’abnégation la plus sublime…

_____________

(1) Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la nouvelle Héloïse, Livre IV, Lettre XVII, à Milord Edouard :
« Après le souper, nous fûmes nous asseoir sur la grève en attendant le moment du départ. Insensiblement la lune se leva, l’eau devint plus calme, et Julie me proposa de partir. Je lui donnai la main pour entrer dans le bateau ; et, en m’asseyant à côté d’elle, je ne songeai plus à quitter sa main. Nous gardions un profond silence. Le bruit égal et mesuré des rames m’excitait à rêver. Le chant assez gai des bécassines, me retraçant les plaisirs d’un autre âge, au lieu de m’égayer, m’attristait. Peu à peu je sentis augmenter la mélancolie dont j’étais accablé. Un ciel serein, les doux rayons de la lune, le frémissement argenté dont l’eau brillait autour de nous, le concours des plus agréables sensations, la présence même de cet objet chéri, rien ne put détourner de mon cœur mille réflexions douloureuses. »
(2) Marjorie Philibert, Jean-Jacques Rousseau, La nouvelle Héloïse, Bréal Paris 2002, page 28.
(3) Wikipedia

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Pour aller plus loin…

  • Jeu test « Découvrez votre profil romantique » : amusez-vous en apprenant ! Pour faire le test, cliquez ici.
  • Découvrez cette vidéo très bien faite (montage à partir de plusieurs tableaux du peintre Friedrich).

Vous pouvez lire avec profit cette fiche (utilisez les flêches pour centrer et faire défiler le texte). Si les pages du livre ne se chargent pas, réactualisez la page.

Découvrez la musique romantique grâce au lecteur intégré… Ne manquez surtout la célébrissime Sonate pour piano n° 14 en do dièse mineur, opus 27 n° 2 dite « Sonate au clair de lune », de Beethoven. Composée en 1801, elle très représentative de la sensibilité romantique (notez la tonalité lyrique et pathétique).

  • Samedi 6 octobre.
    Évaluation : 1 heure. L’évaluation initialement prévue est reportée au mardi 9 octobre (Durée : 1h15). Résultats consultables sur Pronote dès le vendredi 12 octobre.
    – Atelier d’écriture « Poésie ». Définition des contraintes éditoriales en vue de la préparation de l’exposition « Un Automne en Poésie« .
  • Mardi 9 ocotobre.
    – Évaluation : 1 heure 15. Éléments de correction.
  • Vendredi 12 octobre.
    – Restitution et correction des évaluations.
    – Présentation des activités cultuelles et concours auxquels la classe de Seconde 9 est inscrite :
     1. Dispositif national et international (classe organisatrice + concours) Francophonie « Dix-moi dix mots »
    2. Concours national « Défense et Illustration de la langue française »
    3. Concours international « Poésie en Liberté »
 
  • Samedi 20 octobre.
    – Atelier d’écriture « Poésie » n°2.
    – Les textes exploiteront obligatoriement la technique de la métaphore.
  • Lundi 22 octobre-vendredi 26 ocobre.
    – Rimbaud : « Lettre du Voyant » (à Paul Demeny, 15 mai 1871) ;
    – « Le bateau ivre » : le rejet de la civilisation et l’exaltation de la nature sauvage
    – Bilan sur le Romantisme
    – Évaluation sur le Romantisme le mardi 13 novembre.

Questions possibles pour un contrôle : – En quoi « le Bateau ivre » vous paraît-il illustrer cette affirmation de Rimbaud dans la « Lettre du Voyant » : « Je est un autre » ? – Quelle mission Rimbaud assigne-t-il à la poésie dans la « Lettre du Voyant » ?

La lecture du « Bateau ivre » est difficile. Je vous recommande d’écouter très attentivement la lecture magistrale qu’a effectuée Gérard Philippe de ce poème :

________________

  • Lundi 12 novembre.
    – DS Romantisme (1h50)
  • Vendredi 16 novembre.
    Groupes : du Romantisme au Symbolisme. Analyse d’image : Alexandre Séon, « Le Récit » : cliquez ici pour accéder à l’analyse d’image que j’ai proposée.

Pour aller plus loin…

Les élèves les plus curieux pourront lire les supports de cours suivants :

Ouvrages à consulter utilement au CDI…

– A. Chassang, Ch. Senninger, Recueil de textes littéraires français, quatrième partie « Idéalisme et Symbolisme », p. 452 et suivantes. COTE CDI : 840 « 18 » CHA
Dominique Rincé, Bernard Lecherbonnier, Littérature XIXème siècle, Textes et Documents, « La constellation symboliste », p. 517 et suivantes, Nathan 1986. COTE CDI : 840 « 18 » RIN
– I. Merlin, Poètes de la révolte de Baudelaire à Michaux, Alchimie de l’être et du verbe, éd. de l’École, Paris 1971. COTE CDI : 840 « 18/19 » MER

Samedi 17 novembre.
– Initiation au commentaire littéraire. Texte support : Mallarmé, « Brise marine ».

  • Mardi  20 novembre. Restitution des DS. Première partie du commentaire littéraire : Repérage (questionnement du texte, formulation des hypothèses de lecture)

La chair est triste, hélas! et j’ai lu tous les livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux!
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature!
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs!

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots!

  • Vendredi 23 novembre. Groupes : méthodologie du commentaire.
  • Samedi 24 novembre.
    Lecture analytique de « Brise marine » (suite)
  • Vendredi 30 novembre.
    Le Symbolisme (Support de cours : « Symbolisme, esprit nouveau« ).
  • Samedi 1er décembre.
    Entraînement au commentaire littéraire : « Brise marine ». Rédaction du développement (suite).
  • Mardi 4 décembre.
    Corrigé des évaluations (DS Romantisme) : élaboration du tableau par documents puis du plan de synthèse.
  • Mardi 11 décembre.

    Fin du cours sur la métaphore (in praesentia, in absentia, filée) + exercices d’application (comparaison, métaphore, allégorie, personnification).
    Synthèse sur le Symbolisme (entraînement au plan de commentaire à travers le poème d’Anna de Noailles « le Port de Palerme« 
    Pour consulter un exemple d’excellent commentaire d’élève rédigé l’an passé, cliquez ici.

  • Vendredi 13 décembre.

Le Surréalisme

Né dans l’entre-deux-guerres, le Surréalisme est un mouvement littéraire, artistique mais aussi politique prônant la surréalité et faisant  largement appel à l’inconscient.

 Dans Le Manifeste du Surréalisme (1924), André Breton, qui devient le chef de file de ce mouvement, le définit ainsi : « SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. »

1. La faillite d’une société : la jeunesse entre révolte et espoirs révolutionnaires.

  • Site Internet : le Surréalisme sur Site-Magister.com
  • La poésie futuriste...

    Les mots à la « sauce italienne« 

    Source du document : http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/2010/01/02/objectif-culture-generale-je-decouvre-marinetti-et-le-futurisme-italien/ Article protégé par copyright).

    Filippo Tommaso Marinetti, « Irredentismo », 1914 (collage, Lugano, coll. privée) © Tous droits réservés.

    Le vingtième siècle est le siècle des avant-gardes artistiques et littéraires : « Art nouveau », Cubisme, Expressionnisme, Surréalisme, Futurisme, Théâtres de l’Absurde, Existentialisme, Nouveau Roman… Autant de mouvances culturelles qui ont profondément remis en question l’ordre établi ainsi que les structures sociales et politiques. Comme le Surréalisme dont il est assez proche par certains aspects, le Futurisme affichera un goût prononcé pour l’expérimentation de tout ce qui est nouveau : « Changer le monde », faire table rase du passé. marinetti_analogie_dessinee.1262188679.jpgComme le dit Noëmi Blumenkranz-Onimus, avec le Futurisme, « la subversion de l’écriture, l’éclatement du langage deviennent alors un fait littéraire » (*). Mais jamais à la différence d’autres courants artistiques, le futurisme ne deviendra un mouvement structuré : c’est plutôt une sensibilité artistique, faite d’abord de provocation et d’illogisme.

    Filippo Tommaso Marinetti, “Analogie dessinée”
    (Zang Tumb Tumb), 1914

     

    Filippo Tommaso Marinetti : “la Caffeina dell’Europa”

    La figure centrale du Futurisme est le poète italien Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944). Celui qui se surnommera lui-même “la caféine de l’Europe” est à la fois un anarchiste réfractaire à toute forme de morale et un fervent nationaliste (assez populiste au demeurant), qui revendique haut et fort son “italianité”. Le 20 février 1909 il choisit pourtant Le Figaro pour publier son Manifeste du futurisme, texte provocateur qui fit scandale : Marinetti y faisait entre autres l’apologie de la violence, de la guerre et entendait faire table rase du passé : Marinetti prônait par exemple la destruction des musées et des académies. Au-delà des excès et de son exubérance verbale, ce texte a profondément marqué l’histoire des idées au vingtième siècle.

    Filippo Tommaso Marinetti
    “Manifeste du Futurisme”
    Le Figaro

    1. Nous voulons chanter l’amour du danger, l’habitude de l’énergie et de la témérité.
    2. Les éléments essentiels de notre poésie seront le courage, l’audace, et la révolte.
    3. La littérature ayant jusmarinetti.1262202056.jpgqu’ici magnifié l’immobilité pensive, l’extase et le sommeil, nous voulons exalter le mouvement agressif, l’insomnie fiévreuse, le pas gymnastique, le saut périlleux, la gifle et le coup de poing.
    4. Nous déclarons que la splendeur du monde s’est enrichie d’une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l’haleine explosive… une automobile rugissante, qui a l’air de courir sur de la mitraille, est plus belle que la Victoire de Samothrace.
    5. Nous voulons chanter l’homme qui tient le volant dont la tige idéale traverse la terre, lancée elle-même sur le circuit de son orbite… C’est en Italie que nous lançons ce manifeste de violence culbutante et incendiaire, par lequel nous fondons aujourd’hui le Futurisme parce que nous voulons délivrer l’Italie de sa gangrène d’archéologues, de cicérones et d’antiquaires…

    Pour lire le texte complet, cliquez ici.

    De fait, en tant que mouvement d’avant-garde, le Futurisme apparaît à une époque de profonds bouleversements idéologiques dans la culture européenne. Le culte du progrès et du scientisme, largement célébré dans la poésie futuriste, débouche donc sur l’affirmation d’un renouvellement des idées dans la ligne de l’héritage révolutionnaire et idéaliste du Risorgimento italien. La thématique des poèmes mêle à la fois l’expérience de la “voyance” (le poète est « inspiré », cf. Rimbaud), et une apologie de la violence, de la vitesse et de la machine. Témoin ces vers extraits d’un poème d’Enrico Cavacchioli : “Sia maledetta la luna” (”Que soit maudite la lune”) :

    “Si tu veux vivre, crée un beau cœur mécanique […] / Tu dois faire de la vie un rêve automatique / tourmenté de leviers, de contacts et de fils […] / l’homme sera demain le roi de la machine brute, / dominateur de toutes les choses finies et infinies ! / Que soit maudite la lune !

    Cette réflexion esthétique et l’expérience de la guerre va pousser les Futuristes à élaborer un vaste programme théorique. En 1912 Marinetti rédigera le Manifeste technique de la littérature futuriste, texte très intéressant d’un point de vue artistique et sociologique, suivi d’un long supplément quelques mois plus tard. Son auteur y joint un poème (”Bataille Poids + Odeur”) écrit avec la “technique des Mots en Liberté”. Très révolutionnaires tant du point de vue de la forme que des idées, les poèmes de Marinetti se proposent de créer des “analogies dessinées”, sortes de métaphores visuelles qui vont profondément transformer les règles de l’écriture poétique. Sa théorie des “Mots en Liberté” est basée d’abord sur la destruction de la syntaxe : à commencer par l’abolition de la ponctuation et de la structure grammaticale (déjà mise en pratique par des poètes français comme Mallarmé).

    “Les mots en liberté” ou l’art de libérer le langage

    Pour délivrer le langage de ses règles, Marinetti va forger l’expression de “Mots en liberté” : il s’agit pour lui d’”intégrer à la poésie les récentes conquêtes de la peinture futuriste : la simultanéité et le dynamisme” (**). D’un point de vue typographique, ces “tableaux-poèmes” sont particulièrement intéressants à étudier. Regardez par exemple ce poème au très long titre : “Le soir, couchée sur son lit, elle relit la lettre de son artilleur” (Les Mots en Liberté futuriste, 1919). marinetti_-le-soir.1262172419.jpgIci la surcharge graphique ou au contraire les “blancs” ménagés avec art, l’utilisation des signes, des symboles, des onomatopées, les tailles des polices de caractère, les disproportions typographiques, etc. concourent à créer pour le lecteur une nouvelle expérience de la lecture de poème.

    Jean Weisgerber parle à ce titre d’”une redynamisation de la peinture en tant qu’écriture et de la peinture en tant qu’écriture” (***). Cette révolution typographique amène à une sorte de transformation du langage lui-même : l’importance des onomatopées, les déformations de mots ont pour but d’offrir au lecteur une perception globale et synthétique, à la différence de la lecture “linéaire”. Assez proches de certains collages cubistes, les poèmes de Marinetti sont donc intéressants à découvrir et constituent une approche originale des mouvements artistiques avant-gardistes de la première moitié du vingtième siècle.

    Crise et déclin du mouvement

    Le mouvement initié par Marinetti ne survivra pas à la formation du Dadaïsme et surtout du Surréalisme en France. De plus, le Futurisme va s’orienter à partir des années Vingt vers des solutions radicales (les dérives fascistes en particulier) qui vont l’affaiblir puis le discréditer. Reste une initiative originale et novatrice d’un point de vue littéraire et artistique, qui préfigure la poésie visuelle contemporaine ou certains mouvements de Contreculture comme le Ready made ou le Pop’art, mouvements qui ont revendiqué à leur tour cette fonction contestataire du signe iconique ou linguistique. En désacralisant le mot et “la signification langagière traditionnelle des gestes d’écriture et de graphisme” (****), et en les libérant du culte de la tradition, le Futurisme a du même coup transformé l’acte de lecture du texte : ce n’est plus la lecture linéaire qui importe mais une lecture “spatiale” dominée par la simultanéité : lecture beaucoup plus suggestive et “plurielle” qui permet une multitude d’approches du fait qu’elle renferme une richesse sémantique et symbolique inouïe.

    _______________

    (*) Noëmi Blumenkranz-Onimus, La Poésie Futuriste italienne, éd. Klincksieck, Paris 1984, page 8.
    (**) ibid. p. 25
    (***) Jean Weisgerber, Les Avant-gardes littéraires au XXe siècle (Université libre de Bruxelles. Centre d’étude des avant-gardes littéraires, Bruxelles 1984), page 23.
    (****) Noëmi Blumenkranz-Onimus, déjà citée, p. 200.

    Ce qu’il faut retenir…

    • Pays : Italie (1909-1924) et influences en Russie. Auteur représentatif : Filippo Tommaso Marinetti (Manifeste du futurisme, 1909).
    • Définition : Mouvement littéraire et artistique qui rejette la tradition esthétique et exalte le monde moderne, en particulier la civilisation urbaine, les machines et la vitesse (source : Wikipedia).
    • Sur le plan poétique, le Futurisme remet en cause la syntaxe et la typographie traditionnelles. Rejetant toute lecture “linéaire” des textes, cette révolution artistique amène à une sorte de transformation du langage lui-même : l’importance des onomatopées, les déformations de mots ont pour but d’offrir au lecteur une perception globale et synthétique, assez proche de certains collages cubistes.
    • Place dans l’Histoire : rejetant tout concept moral, le mouvement sera confronté à plusieurs dérives idéologiques (le Fascisme en particulier) et ne résistera pas à l’ampleur et à l’importance sur le plan des idées du Surréalisme en France. L’influence du Futurisme sur le plan artistique est néanmoins considérable.

    marinetti_dunes_1914.1262212984.jpg
    Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944), Dunes 1914.
    Source : Johanna Drucker, The Visible Word : Experimental Typography and Modern Art, 1909-1923. University of Chicago Press, 1994.

    boccioni_primavera.1262080166.jpg
    Umberto Boccioli (1882-1916), Primavera, poème édité par Zeno Birolli in Umberto Boccioni, 1972 (Umberto Boccioni, Altri inediti e apparati critici. A cura di Zeno Birolli,
    1972).
    Illustration reproduite par Noëmi Blumenkranz-Onimus, La Poésie Futuriste italienne, éd. Klincksieck, Paris 1984, page 41.

    marinetti_montage_1915.1262081229.jpg
    Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944), “Montage + Vallate + Strade x Joffre”, 1915

    cangiullo_poesia_pentagrammata_1923.1262082480.jpg
    Francesco Cangiullo (1884-1977) Poesia Pentagrammata (couverture), 1923

    cangiullo_poesia_pentagrammata_1923_texte.1262181319.jpg

    marinetti_futurisme_livre.1266426250.jpg

    Cliquez sur la couverture pour feuilleter les pages dans Google-livres
    (Giovanni Lista, Marinetti et le Futurisme, éd. L’Âge d’Homme, Paris 1977)

    Page 62Page 62Page 62Page 62

    • Antonin Artaud,  Le Théâtre et son double
      (préface : « Le théâtre et la culture »), Gallimard, Paris 1938

    « Toutes nos idées sur la vie sont à reprendre à une époque où rien n’adhère plus à la vie… »

    Jamais, quand c’est la vie elle-même qui s’en va, on n’a autant parlé de civilisation et de culture. Et il y a un étrange parallélisme entre cet effondrement généralisé de la vie qui est à la base de la démoralisation actuelle et le souci d’une culture qui n’a jamais coïncidé avec la vie, et qui est faite pour régenter la vie. Avant d’en revenir à la culture, je considère que le monde a faim, et qu’il ne se soucie pas de la culture ; et que c’est artificiellement que l’on veut ramener vers la culture des pensées qui ne sont tournées que vers la faim. artaud.1240988374.jpgLe plus urgent ne me paraît pas tant de défendre une culture dont l’existence n’a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre et d’avoir faim, que d’extraire de ce que l’on appelle la culture, des idées dont la force vivante est identique à celle de la faim.

    Man Ray, Photographie d’Antonin Artaud, 1926 →
    (Epreuve aux sels d’argent contrecollée sur papier. Marseille, Musée Cantini. © Man Ray Trust/ADAGP)

    [..] Si le signe de l’époque est la confusion, je vois à la base de cette confusion une rupture entre les choses, et les paroles, les idées, les signes qui en sont la représentation. [..] On juge un civilisé à la façon dont il se comporte, et il pense comme il se comporte ; mais déjà sur le mot de civilisé il y a confusion ; pour tout le monde un civilisé cultivé est un homme renseigné sur des systèmes, et qui pense en systèmes, en formes, en signes, en représentations. [..] Toutes nos idées sur la vie sont à reprendre à une époque où rien n’adhère plus à la vie. Et cette pénible scission est cause que les choses se vengent, et la poésie qui n’est plus en nous et que nous ne parvenons plus à retrouver dans les choses ressort, tout à coup, par le mauvais côté des choses ; et jamais on n’aura vu tant de crimes, dont la bizarrerie gratuite ne s’explique que par notre impuissance à posséder la vie. »

    Antonin Artaud, Le Théâtre et son double
    (préface : « Le théâtre et la culture »), Gallimard, Paris 1938

     

    Prémonitoires et révolutionnaires : à coup sûr ces mots d’Antonin Artaud (1896-1948) résonnent comme une provocation dans le Paris de l’avant-guerre et semblent préfigurer les heures les plus sombres de notre histoire. Sa poésie, qu’on connaît moins, le range du côté de Lautréamont, cet autre « anti-poète » exilé du monde, ennemi des normes et de la tradition. Le texte présenté ici est la préface du Théâtre et son double, une œuvre majeure qui vise à redéfinir de fond en comble la dramaturgie. Animée d’un souffle épique et parfois délirant (il arrive à l’auteur de s’égarer dans d’interminables diatribes contre l’Occident), sa prose atteint néanmoins une sorte de grandeur quand il définit ce qu’il nomme le « théâtre total », un théâtre qui sonne le glas des conventions de mise en scène et de jeu des acteurs jusque-là admises.

    Antonin Artaud, « Autoportrait » (décembre 1948)
    Crayon sur papier. Paris, Musée national d’Art moderne.

    C’est à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931 qu’Artaud découvrira le « gamelan » balinais : un ensemble de gongs et de tambours indonésiens dont la chorégraphie, à l’opposé des canons de la danse occidentale, va lui révéler la puissance transgressive du geste théâtral. C’est ce « bain constant de lumière, d’images, de mouvement et de bruits » qu’il cherchera à recréer dans ses mises en scène. Largement incomprises du public de l’époque car trop avant-gardistes et iconoclastes, la pensée et l’œuvre d’Antonin Artaud n’en ont pas moins bouleversé la littérature dans son ensemble en faisant éclater la notion même de division par genres, responsable d’une séparation des émotions, et en criant l’impérieuse nécessité d’un théâtre libéré des contingences de la scène « à l’italienne », qui va influencer toutes les dramaturgies contemporaines.

    Je vous conseille vivement de consulter en ligne le dossier de presse, très documenté et richement illustré, sur l’exposition que la Bibliothèque nationale de France (BNF) a consacrée à Antonin Artaud du 7 novembre 2006 au 4 février 2007.