Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Leny Escudero

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui, jeudi 10 août : Leny Escudero (fin de l’exposition 2017)
Hier, mercredi 9 août : Cœur de Pirate 

Leny Escudero :
« Vivre pour des idées »

(1973)

Paroles : Leny Escudero ; musique : Thierry Fervant (Mauley, dit)
Album : Vivre pour des isées, 1973
Label : Malypense

Site Web : http://www.lenyescudero.fr

 

était à Teruel et à Guadalajara,
Madrid aussi le vit
Au fond du Guadarrama.
Qui a gagné ? Qui a perdu ?
Nul ne le sait, nul ne l’a su,
Qui s’en souvient encore ?
Faudrait le demander aux morts.

J’étais pas gros, je vous le dis
Les yeux encore ensommeillés,
Mon père sur une chaise assis
Les pieds et les mains attachés,
Et j’avais peur, et j’avais froid,
Un homme m’a dit : « Calme-toi ! »
Un homme qui était différent
Sans arme mais il portait des gants,
Une cravache qui lui donnait un air…
Un peu de sang coulait sur la joue de mon père.

Et j’avais peur et j’avais froid,
L’homme m’a dit : « Ecoute-moi,
Je vais te poser une question
La vie de ton père en répond.
Dis-moi quelle est la capitale,
Voyons… de l’Australie Australe ? »
Je n’risquais pas de me tromper
On ne m’avait jamais parlé
Des grandes villes qui ont des noms si fiers,
Une larme coulait sur la joue de mon père.

Et j’avais peur et j’avais froid,
J’ai dû pleurer aussi je crois,
Mais l’homme a eu comme un sourire
Et puis je l’ai entendu dire :
« C’est un brave homme, coupez ses liens !
Ton enfant tu l’éduques bien,
Car tu as le sens du devoir,
Chacun son dû et son savoir »
Ils sont partis au petit matin clair,
J’ai couru me blottir dans les bras de mon père.

Il m’a serré fort contre lui
« J’ai honte tu sais mon petit,
Je me demandais, cette guerre
Pour quelle raison j’irais la faire ?
Mais maintenant je puis le dire :
Pour que tu saches lire et écrire. »
J’aurais voulu le retenir,
Alors mon père m’a dit : « Mourir
Pour des idées, ça n’est qu’un accident. »
Je sais lire et écrire et mon père est vivant.

Il était à Teruel et à Guadalajara
Madrid aussi le vit
Au fond du Guadarrama…

Copyright © 1973, Leny Escudro ; Thierry Fervant / Malypense
e Records_
 Crédit iconographique (lettrine) : Bruno Rigolt, d’après un détail de Guernica (Picasso, 1937, huile sur toile).
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Cœur de Pirate

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui, mercredi 9 août :
Cœur de Pirate (Béatrice Martin, dite). Canada (Québec)

Hier, mardi 8 août : Dick Annegarn
Demain,  jeudi 10 août (fin de l’exposition) : Lény Escudéro

Cœur de Pirate :
« Crier tout bas »

(2015)

Paroles et musique : Cœur de Pirate (Béatrice Martin)
Album : Roses, 2015
Labels : Dare To Care Records (Canada) ; Universal Music (Division Barclay)

Site Web : http://www.coeurdepirate.com

 

 

t’ai vu tracer le long du paysage
Une ligne des aimées qui détruisent ton langage
Et quand tu chantais plus fort dans ton silence
Je voyais les larmes couler toujours à contresens

Mais quand les saisons attendront ton retour
Ce s’ra le vent qui portera secours

Et si la terre est sombre et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble
Et si le jour n’vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas
Crier tout bas

J’ai voulu calmer ton souffle qui s’étouffait
Des courses vers le vide ton rire qui soupirait
Si tu mets le cap vers des eaux restant troubles
Je s’rai le phare qui te guidera toujours

Mais quand les saisons attendront ton retour
Ce s’ra le vent qui portera secours

Et si la terre est sombre et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble
Et si le jour n’vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas
Crier tout bas

Je t’ai vu tracer le long du paysage
Une ligne des aimées qui détruisent ton langage
Et quand tu chantais plus fort dans ton silence
Je voyais les larmes couler toujours à contresens

Et si la terre est sombre et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble
Et si le jour n’vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas

Et si la terre est sombre et si la pluie te noie
Raconte-moi qu’on puisse trembler ensemble
Et si le jour n’vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi qu’on puisse crier tout bas
Crier tout bas

Copyright © 2015, Cœur de Pirate (Béatrice Martin) / Dare To Care Records /Barclay
Dare To Care Records_
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Dick Annegarn

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui, mardi 8 août : Dick Annegarn
Hier, lundi 7 août : Rose
Demain,  mercredi 9 août : Cœur de Pirate

Dick Annegarn :
« Bruxelles »

(1972, 1974¹)

Paroles et musique : Dick Annegarn
Album : Sacré géranium, 1974
Label : Polydor

 

ruxelles, ma belle,
Je te rejoins bientôt,
Aussitôt que Paris me trahit
Et je sens que son amour est gris, et puis
Elle me soupçonne d’être avec toi le soir
Je reconnais c’est vrai
Tous les soirs dans ma tête
C’est la fête des anciens combattants
D’une guerre qui est toujours à faire

Bruxelles, attends moi j’arrive
Bientôt je prends la dérive

Michel, te rappelles-tu
De la détresse de la kermesse
De la gare du Midi ?
Te rappelles-tu de ta Sophie
Qui ne t’avait même pas reconnu ?
Les néons, les Léon, les nom de djeu²
Sublime décadence, la danse des panses,
Ministère de la bière, artère vers l’enfer,
Place de Brouckère.

Bruxelles, attends-moi j’arrive
Bientôt je prends la dérive

Cruel duel celui qui oppose
Paris névrose et Bruxelles abrutie
Qui se dit que bientôt
Ce sera fini
L’ennui de l’ennui
Tu vas me revoir Mademoiselle Bruxelles
Mais je ne serai plus tel que tu m’as connu
Je serai abattu courbatu combattu
Mais je serai venu.

Bruxelles, attends-moi j’arrive
Bientôt je prends la dérive

Paris je te laisse mon lit…

Copyright © 1974, Dick Annegarn / Columbia / Warner Chappell Music France
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  1. Chanson composée en 1972, au moment où Dick Annegarn, chanteur néerlandais d’expression essentiellement française (La Haye, Pays-Bas, 1952 – ), après avoir passé une douzaine d’années en Belgique, s’installe dans la Ville Lumière.  La chanson sort en 1974 dans le premier album de Dick Annegarn : Sacré Géranium (Polydor).
  2. Nom de djeu ou Nomdedjeu : Nom de Dieu (juron populaire)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Rose

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui, lundi 7 août : Røse (Keren Meloul, dite)
Hier, dimanche 6 août : Pierre Perret
Demain,  mardi 8 août : Dick Annegarn

Røse :
« Aux éclats je ris »

(2013)

Paroles et musique : Rose (Keren Meloul)
Album : Et puis juin, 2013
Label : Columbia

Site web : http://www.rose-lesite.fr/
Blog : http://www.rose-leblog.fr/

 

soir j’ai pas l’moral, c’est comme ça qu’on dit
Quand tout nous fait mal, mais ça pourrait êt’ pire.
On a la vie qui va, ça s’fait pas de l’ouvrir
Ça s’fait vraiment pas.

Ce soir j’ai pas l’sourire, c’est comme ça qu’on dit
Quand on s’ennuie à mourir, mais ça pourrait êt’ pire.
On a la vie jolie, ça s’fait pas de l’ouvrir,
C’est vraiment pas poli.

Mais parfois, oh ! comme je crève
De ce corps, de cette vie,
Je me mords les rêves
Et me tords les envies
C’est pas la mort, je me lève
Et aux éclats je ris.

Ce soir j’ai pas le cœur, c’est comme ça qu’on dit
Quand on rêve d’ailleurs et ça pourrait êt’ pire.
On a la vie qu’on peut, ça s’fait pas de l’ouvrir
C’est vraiment pas sérieux.

Mais parfois, oh ! comme je crève
De ce corps, de cette vie,
Je me mords les rêves
Et me tords les envies
C’est pas la mort, je me lève
Et aux éclats je ris.

Mais parfois, oh ! comme je crève
De ce corps, de cette vie,
Je me mords les rêves
Et me tords les envies
C’est pas la mort, je me lève
Et aux éclats je ris.

On a la vie qu’on a, à quoi ça sert de l’ouvrir ?
À quoi ça servira ?
À quoi ça servira ?
À quoi ça servira ?

Copyright © 2013, Røse (Keren Meloul) / Columbia
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Crédit iconographique (lettrine) : © août 2017, Bruno Rigolt (photomontage, peinture numérique)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Pierre Perret

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui dimanche 6 août : Pierre Perret
Hier, samedi 5  août : Sapho
Demain,  lundi 7 août : Rose

Pierre Perret :
« Femmes battues »

(2010)

Paroles et musique : Pierre Perret
Album : La Femme grillagée, 2010
Label : Naïve Records /Éditions Adèle

Site web : http://pierreperret.fr/

abassée à mort par amour
Paraît qu’ c’est courant de nos jours
Le métier d’épouse n’est pas sûr
Quand on est la femme d’un vrai dur
Mais celle qu’il appelle sa traînée
D’infidélité soupçonnée
A pourtant aimé ce débris
Qui la frappe à bras raccourcis

Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson

Au commissariat du quartier
La femme tuméfiée et l’époux
Sont debout devant l’brigadier
Qui soupire et dit encore vous
Vot’ mari présent chère madame
Prétend qu’ vous l’avez bien cherché
Pourquoi faire alors tout un drame
Vous n’êt’s pas tell’ment amochée

Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson

Il prétend qu’ vous êtes économe
Du tissu qui cache vos rondeurs
En vous corrigeant c’est en somme
Qu’il apaise un peu sa rancœur
Rentrez tous les deux vous coucher
Ça va s’ régler sur l’oreiller
Les voisins n’ vont pas protester
En d’vinant pourquoi vous criez

Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson

Tant qu’ les voies de fait sont bénignes
Des blessures ouvertes ou des bleus
Pour nous policiers la consigne
C’est de n’ pas sévir pour si peu
S’il vous étouffait sous la couette
S’il vous étranglait de ses mains
Nous pourrions ouvrir une enquête
Vous n’ seriez pas morte pour rien

Oui c’est à toutes les femmes battues
Qui jusqu’à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con
Que je dédie cette chanson

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Copyright © 2010, Pierre Perret / Naïve Records / Éditions Adèle
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Crédit iconographique (lettrine) : © août 2017, Bruno Rigolt (photomontage, peinture numérique)

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Sapho

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 5 août : Sapho (Danielle Ebguy). France/Maroc
Hier, vendredi 4 août : Raphael
Demain,  dimanche 6 août : Pierre Perret

Sapho :
« Petite fille veut le monde »

(2009)

Paroles et musique : Sapho (Danielle Ebguy)
Album : El Sol y la Luna, 2009
Label : EPM Musique

Site web : http://www.sapho.org/

 

 

a petite fille veut le monde
Mais son avenir est tout tracé.
On prépare un mari pour elle
Une maison pour l’encercler.
Lui il ira voir les filles
Et puis il boira du mescal.
Elle préparera les quésadilles
Et puis ce qu’il mange en général.

Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

 

Ça, les filles elles sont très libres
Mais on les regarde de travers.
Elles ont que leurs fesses pour vivre,
Elles n’ont plus ni père ni mère.
Leurs familles ne veulent plus d’elles,
Elles rient des hommes dans les bars,
Mais personne personne qui les aime.
C’est une autre misère noire.

Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ouah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

La petite fille veut le monde
Mais son avenir est tout tracé.
Sa mère va faire des ménages
C’est chez des touristes français.
Elle revient avec de la viande
Et des récits très luxueux.
La Señora est un peu folle,
Elle fait rien, elle dessine un peu.

Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

La petite fille veut le monde
Elle regarde la Señora.
Elle qui a l’air de l’avoir, le monde,
Elle est née ailleurs c’est pour ça.
La petite fille veut le monde
Son avenir est-il tout tracé ?
On prépare une maison pour elle,
Son temps sera encerclé.

Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop
Ah, la petite fille veut le monde
Ouh, c’est trop

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Copyright © 2009, Sapho (Danielle Ebguy) / EPM Musique
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Crédit iconographique (lettrine) : © août 2017, Bruno Rigolt

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Raphael

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui vendredi 4 août : Raphael (Raphaël Haroche)
Hier, jeudi 3 août : La Grand Sophie
Demain,  samedi 5 août : Sapho

Raphael :
« Si jamais je nais demain »

(2015)

Paroles et musique  : Raphaël Haroche
Album : Somnambules, 2015
Label : Warner Music

Site web : https://www.raphael.fm

si jamais jamais je nais demain
Pas de nom, pas de jour 
Encore rien regardé 
Même pas appris à pleurer.
Si je voulais revenir en arrière,
Refermer un instant les paupières,
Si je n’avais jamais eu de mère,
Juste un peu de boue et de terre. 

Et si jamais jamais jamais je nais demain
Les plantes, les oiseaux et les jardins
Les hommes un cartable sur le dos
S’en vont en chantant jusqu’au tombeau.
De la pluie qui coule sur leurs dos
Sept jours sur la terre le royaume du mensonge
Les cœurs que l’amour ronge
Que l’amour ronge

Et si jamais jamais jamais je nais demain
Que je change d’avis en chemin
Dans la ruche, merveilleux, fragile comme des œufs
Comme une lumière s’éteint.
Sans pleurs et sans chagrin,
Les ailes des oiseaux nous pousseront dans le dos
Si jamais jamais je nais demain
Faites que je retrouve le chemin

Si jamais je meurs demain
Faites que je retrouve le chemin.

Pourquoi ? Pourquoi ne suis-je pas en 1837 ?
Les forêts de Paris
Pourquoi n’ai-je pas un arbre dans ma famille ?
On s’offrirait des fleurs,
On s’offrirait des fleurs…

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Copyright © 2015, Raphaël Haroche / Warner Music
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : La Grande Sophie

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 3 août : La Grande Sophie (Sophie Huriaux, dite)
Hier, mercredi 2 août : Georges Brassens
Demain,  vendredi 4 août : Raphaël

La Grande Sophie :
« Suzanne »

(2012)

Paroles et musique  : Sophie Huriaux
Album : La Place du fantôme, 2012
Label : Polydor Records

Site web : http://www.lagrandesophie.com.fr

egarde-moi, j’ai bien changé Suzanne,
J’ai viré de l’autre côté de mon nid,
Le volcan ne s’éteint pas Suzanne,
La mer est haute, rien n’est tranquille.

Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’attend ?
Qu’est-ce qui m’a pris ? Et quand j’y pense
Comment te dire ce que j’entends ?
Venu de nulle part, un autre vertige.

Qu’as-tu fait de mes étoiles, Suzanne ?
Au fond de mes yeux, les deux locataires.
Qu’as-tu vu dans la spirale, Suzanne ?
Le long de mes côtes, le bord de la terre.

Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’attend ?
Qu’est-ce qui m’a pris ? Et quand j’y pense 
Comment te dire ce que j’entends ?
Venu de nulle part, un autre vertige.

Je sais, tu n’existes pas Suzanne
Pourtant je te parle, pourtant je te parle,
Ton oreille, un coquillage Suzanne
Où j’entends la mer.

Quand je suis en ville,
Quand je suis en vie,
Réponds-moi Suzanne,
Réponds-moi Suzanne…

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Copyright © 2012, Sophie Huriaux / Polydor Records
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Georges Brassens

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 2 août : Georges Brassens
Hier, mardi 1er août : Emily Loizeau
Demain,  jeudi 3 août : La Grande Sophie

Georges Brassens :
« Les amoureux des bancs publics »

(1947, 1953¹)

Paroles et musique  : Georges Brassens
Album : Le Vent, 1953
Label : Polydor

es gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu’on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c’est une absurdité
Car à la vérité,
Ils sont là c’est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d’azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher.
Ils se voient déjà doucement
Ell’ cousant, lui fumant
Dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Quand la saint’ famill’ Machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell’ leur décoche hardiment des propos venimeux
N’empêch’ que tout’ la famille
Le pèr’, la mèr’, la fille
Le fils, le Saint-Esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s’conduir’ comme eux.
_
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s’apercevront, émus,
Qu’ c’est au hasard des rues
Sur un d’ces fameux bancs
Qu’ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour.
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’foutant pas mal du r’gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics,
En s’disant des « Je t’aim’ » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’s bien sympathiques.
_
Copyright © 1953, Georges Brassens / Polydor
_
_
1. Chanson composée en 1947 (titre original : « Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics »), enregistrée le 1er octobre 1953 avec pour titre définitif : « Les amoureux des bancs publics ».
 –

Crédit iconographique : Lettrine inédite créée à partir d’un dessin de Raymond Peynet (1908-1999).

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Emily Loizeau

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mardi 1er août : Emily Loizeau
Hier, lundi 31 juillet : Claude Nougaro
Demain,  mercredi 2 août : Georges Brassens

Emily Loizeau :
« Eaux sombres »

(2016)

Paroles et musique  : Emily Loizeau
Album : Mona, 2016
Label : Universal Music France (Division Polydor)

site web : http://www.emilyloizeau.fr

oi l’eau qui tombe
Qui coule sur ma fenêtre 
Qu’as-tu vu du monde ?
Qu’as-tu vu de la fête, cette fois ?
Elles défilaient les secondes
Dans ce manège de bois

Il y a des gens qui tombent
Et d’autres qui ont froid, je crois.
L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 

Love will take some, somewhere someday
Someday we’ll try¹

J’ai vu dans la rivière
Couler des galets plats 

Des pierres toutes rondes
Et même la terre parfois se noie.

Je nage dans une eau sombre
Où il y a longtemps déjà 

Ont coulé les décombres
D’un vieux navire de bois.
L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 

L’amour nous emportera un jour
Peut être ce soir 
Love will take some somewhere someday
Someday we’ll try¹…
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Copyright © 2016, Emily Loizeau / Universal Music France (Polydor)
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1. L’amour prendra certains, quelque part un jour, un jour on essaiera

Crédit photographique : lettrine créée à partir d’une photographie d’Emily Loizeau (© Micky Clément). Source : Universal Music France.