Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Claude Nougaro

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui lundi 31 juillet : Claude Nougaro
Hier, dimanche 30 juillet : Christine and the Queens
Demain,  mardi 1er août : Emily Loizeau

Claude Nougaro :
« Toulouse »

(1967)

Paroles : Claude Nougaro.
Musique : C. Nougaro et Christian Chevallier.

45 T: « Toulouse », 1967
Label : Philips

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u’il est loin mon pays, qu’il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L’eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
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Ô mon païs¹, ô Toulouse, ô Toulouse…

Je reprends l’avenue vers l’école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne

Ô mon païs, ô Toulouse…

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu’on se traite
Il y a de l’orage dans l’air et pourtant
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L’église Saint-Sernin illumine le soir
D’une fleur de corail que le soleil arrose
C’est peut être pour ça malgré ton rouge et noir
C’est peut être pour ça qu’on te dit Ville Rose
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Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?
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Voici le Capitole, j’y arrête mes pas
Les ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J’entends encore l’écho de la voix de papa
C’était en ce temps-là mon seul chanteur de blues…
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Aujourd’hui tes buildings grimpent haut
À Blagnac tes avions sont plus beaux²
Si l’un me ramène sur cette ville
Pourrais-je encore y revoir ma pincée de tuiles ?
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Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse !
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Copyright © 1967 Claude Nougaro, Christian Chevallier / Philips
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1. païs : pays (en Occitan)
2 Variante : « À Blagnac tes avions ronflent gros ». C. Nougaro sur scène avait pris l’habitude de cette variante. Les dernières versions publiées de la chanson entérinent d’ailleurs cette variante. Cf. C. Nougaro, Nougaro sur paroles, Paris Flammarion, 1997, 2004.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Christine and the Queens

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui dimanche 30 juillet : Christine and the Queens
(Héloïse Letissier, dite)

Hier, samedi 29 juillet : Jean Ferrat
Demain, lundi 31 juillet : Claude Nougaro

Christine and the Queens :
« Christine »

(2014)

Paroles, musique, arrangements : Héloïse Letissier
Album : « Chaleur humaine », 2014
Label : Because Music

Site web : http://www.christineandthequeens.com/home/

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commence les livres par la fin 
Et j’ai le menton haut pour un rien 
Mon œil qui pleure c’est à cause du vent 
Mes absences c’est du sentiment
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Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Ça ne tient pas debout 
Sous mes pieds le ciel revient
 –
Ils sourient rouge et me parlent gris 
Je fais semblant d’avoir tout compris 
Et il y a un type qui pleure dehors 
Sur mon visage de la poudre d’or
 –
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Je ne tiens pas debout 
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout 
Le ciel coule sur mes mains 
Ça ne tient pas debout 
Sous mes pieds le ciel revient
 –
Nous et la man on est de sortie
Pire qu’une simple moitié on compte à demi-demi
Pile sur un des bas côtés comme des origamis
Le bras tendu paraît cassé
Tout n’est qu’épis et éclis
Ces enfants bizarres
Crachés dehors comme par hasard
Cachant l’effort dans le griffoir
Et une creepy song en étendard qui fait :
« J’fais tout mon make-up au mercurochrome
Contre les pop-ups qui m’assurent le trône
J’fais tout mon make-up au mercurochrome
Contre les pop-ups qui m’assurent le trône »
 –
Je ne tiens pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Je ne tiens pas debout
Le ciel coule sur…
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Ça ne tient pas debout
Le ciel coule sur mes mains
Je ne tiens pas debout
Sous mes pieds le ciel revient…
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Copyright © 2014 Héloïse Letissier / Because Music
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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Jean Ferrat

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui samedi 29 juillet : Jean Ferrat (Jean Tenenbaum, dit)
Hier, vendredi 28 juillet : Loane
Demain, dimanche 30 juillet : Christine and the Queens

Jean Ferrat :
« La femme est l’avenir de l’homme* »

(1975)

Paroles et musique : Jean Ferrat 
Album : « La femme est l’avenir de l’homme », 1975
Label : Teney / Barclay

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e poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
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Entre l’ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D’autres décrètent par la Bible
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Le poète a toujours raison
Qui détruit l’ancienne oraison
L’image d’Ève et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
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Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du Moyen âge
Vos siècles d’infini servage
Pèsent encor** lourd sur la terre
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Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D’autres amours en son royaume
Remet à l’endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
_
Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D’une manière irréversible
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Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme
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Copyright © 1975, Jean Ferrat / Teney / Barclay
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* Dans Le Fou d’Elsa (Paris Gallimard, 1963), Aragon (1897-1982) écrit (dans le poème « Zadjal de l’avenir ») :
L’avenir de l’homme est la femme
Elle est la couleur de son âme
Elle est sa rumeur et son bruit
Et sans elle il n’est qu’un blasphème
Il n’est qu’un noyau sans le fruit
Sa bouche souffle un vent sauvage
Sa vie appartient aux ravages
Et sa propre main le détruit
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Je vous dis que l’homme est né pour
la femme et né pour l’amour
Tout du monde ancien va changer
D’abord la vie et puis la mort
Et toutes choses partagées
Le pain blanc les baisers qui saignent
On verra le couple et son règne
Neiger comme les orangers.
** Encor : licence poétique pour encore. L’adverbe encore est en effet suivi d’une consonne, ce qui porterait atteinte à la régularité des octosyllabes.

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Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Loane

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui vendredi 28 juillet : Loane (Loane Rathier, dite)
Hier, jeudi 27 juillet : Jacques Brel
Demain, samedi 29 juillet : Jean Ferrat

Loane :
« Les trains de nuit »

(2011)

Paroles et musique : Loane (Loane Rathier)
Album : « Le lendemain », 2011
Label : EMI Music France

rêvé d’un autre voyage,
Par la fenêtre le soleil
Sous les nuages faisait tomber le ciel.
Sous les draps mon cœur transpirait,
Il fallait ne dire à personne
Qu’il était tard et que tu revenais.
 –
Confidentiels, rêves intimes
Des aveux nocturnes…
Les trains de nuit prenaient les sens interdits,
Tes yeux éclairaient le ciel.
Les trains de nuit nous plongeaient dans l’infini
Des souvenirs passionnels.

J’ai rêvé d’un autre aujourd’hui,
Troublante arrivée d’un orage
Quand les visages reviennent sans bruit.
À côté de moi mon amour
Dormait sans craindre ton retour
Mais tes oiseaux ont traversé la nuit.

Confidentiels, rêves intimes
Des aveux nocturnes…
Les trains de nuit retombaient dans la folie,
Tes yeux éclairaient le ciel.
En train de nuit, je m’endormais en sursis
Sous les couteaux passionnels.
Et je remonte éblouie
Dans les wagons en sommeil.
Tous les oiseaux endormis
Ont traversé le tunnel
Brûlant mes larmes au soleil
Des remontées passionnelles.
Les trains de nuit
Retombaient dans l’infini
De tes yeux couleur du ciel.
Les trains de nuit
Nous plongeaient dans l’infini
Des souvenirs passionnels…

Copyright © 2011, Loane / EMI Music France

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Jacques Brel

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui jeudi 27 juillet : Jacques Brel (Belgique)
Hier, mercredi 26 juillet : Juliette
Demain, vendredi 28 juillet : Loane

Jacques Brel :
« Le plat pays »

(1962)

Paroles et musique : Jacques Brel
Album : « Bijoux & Babioles », 2008
Éditions : S.E.M.I. et Pouchenel.

vec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l’est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir
Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu
Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité
Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu
Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s’écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien
Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien

Copyright © 1962, S.E.M.I. et Pouchenel.

Un été en chansons… Auteurs et compositeurs francophones… 12 juillet-10 août 2017. Aujourd’hui : Juliette

 

Auteurs et compositeurs francophones

Le millésime 2017 d’« Un été en Poésie » rend hommage à la chanson d’expression française. D’une richesse poétique inégalée, cet héritage exprime à la fois un certain nombre d’enjeux identitaires et culturels ainsi que l’exceptionnel pluralisme linguistique et musical de la francophonie.
À suivre du 12 juillet au 10 août.


Aujourd’hui mercredi 26 juillet : Juliette (Juliette Noureddine)
Hier, mardi 25 juillet : Serge Gainsbourg
Demain, jeudi 27 juillet : Jacques Brel

 

Juliette :
« Aller sans retour »

(2008)

Paroles et musique : Juliette Noureddine
Album : « Bijoux & Babioles », 2008
Label : Polydor

e que j’oublierai c’est ma vie entière,
La rue sous la pluie, le quartier désert,
La maison qui dort, mon père et ma mère
Et les gens autour, noyés de misère…
En partant d’ici
Pour quel paradis 
Ou pour quel enfer ?
J’oublierai mon nom, j’oublierai ma ville,
J’oublierai même que je pars pour l’exil.
_
Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée.
Au fond de la poche, un peu d’argent pour
Un ticket de train aller sans retour,
Aller sans retour.
J’oublierai cette heure où je crois mourir
Tous autour de moi se forcent à sourire
L’ami qui plaisante, celui qui soupire,
J’oublierai que je ne sais pas mentir.
Au bout du couloir,
J’oublierai de croire
Que je vais revenir.
J’oublierai même si ce n’est pas facile
D’oublier la porte qui donne sur l’exil.
_
Il faut du courage pour tout oublier
Sauf sa vieille valise et sa veste usée.
Au fond de la poche un peu d’argent pour
Un ticket de train aller sans retour,
Aller sans retour.
_
Ce que j’oublierais… si j’étais l’un d’eux
Mais cette chanson n’est qu’un triste jeu
Et quand je les vois passer dans nos rues
Étranges étrangers, humanité nue,
Quoi qu’ils aient fui
La faim le fusil,
Quoi qu’ils aient vendu…
Je ne pense qu’à ce bout de couloir,
Une valise posée en guise de mémoire.

Copyright © 2008, Juliette/ Polydor.