Exposition de poésies… 1ère ES2 : Dis-moi un « poaime ». Aujourd’hui, la contribution de Lou


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La classe de Première ES2 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter une exposition exceptionnelle : « Dis-moi un Po-aime »… Plusieurs fois par semaine, les élèves vous inviteront à partager l’une de leurs créations poétiques…
Bonne lecture !

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Aujourd’hui, jeudi 23 juin, la contribution de Lou
Précédentes publications : vendredi 20 mai, Agatha et Léa ; dimanche 15 mai : Furkan ; samedi 14 mai : Céline ; mardi 10 mai : Alyssa et Ninon ; dimanche 8 mai, Aymmy ; vendredi 6 mai, Aymeric ;
Prochaines publications de la semaine : Lou, Lucie, Melinda.

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« Dans le voyage heureux de l’horizon »

par Lou C.
Classe de Première ES2

Ô lumière australienne douce comme un sourire d’enfant :
Les baisers argentés de l’humanité sont la beauté nue
De la main du soleil de Perth

Ô montagnes mielleuses d’un voyage douloureux :
C’est l’océan Indien rubis qui submerge ma tête
Remplie de souvenirs

Dans le tombeau de la mer, mes yeux fragiles plongent
Dans le voyage heureux de l’horizon
J’ai perdu dans ses flux majestueux

L’éternel pouvoir inconnu  de l’amour,
Et à la tombée de l’envie,
J’apprend la douceur splendide de la nuit !


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Illustration choisie par Lou : Broome (région de Kimberley, en Australie occidentale).
Source : Lara Dunston |wanderlust.co.uk|

Le point de vue de l’auteure…

Depuis toute petite, ces immenses contrées de la Westralie m’ont toujours fait rêver : l’Australie occidentale évoque en effet à mes yeux, bien plus qu’un immense territoire, une histoire où tout semble possible… Avant d’être un poème, mon texte est donc d’abord un voyage au cœur du Kimberley  : les mots semblent avoir traversé un océan de poussière rouge, comme en témoigne l’allusion à « l’océan Indien rubis ». Tout le texte invite dès lors à une plongée « dans le voyage heureux de l’horizon », au milieu de plages à perte de vue et de reliefs spectaculaires.

On voit en outre dans ce poème une nette inspiration romantique, empreinte de lyrisme. Cet aspect est largement développé dans le texte par tout un imaginaire du voyage, qui peut faire penser à la fois à l’orientalisme, avec tout ce qui relève du primitivisme et la quête d’une nature vierge (notamment les vastes étendues de sable blanc de la région de Kimberley en Australie Occidentale, avec leurs eaux turquoise, et leur nature éblouissante), mais aussi l’exaltation de la passion comme en témoigne l’allusion à Perth, capitale de l’État d’Australie Occidentale.

Terre d’explorateurs, de voyageurs, pays presque mythique, sorte d’Eldorado… Voilà pour moi ce qu’est l’Australie. J’ai voulu rendre compte de cette attirance par le travail stylistique que j’ai opéré, notamment les métaphores, et les jeux sur les connotations ; l’hypallage du dernier vers (envie à la place de nuit) résume à lui seul mon attirance pour la terre australe : attirance qui invite presque au déchiffrement. En ce sens, le poème est initiatique : il amène, comme l’aurait dit Rimbaud, à se faire « voyant » : la poésie apparaît ainsi comme un art du déchiffrement, du voyage métaphysique.

Ce rêve australien n’est donc pas qu’un voyage vers un ailleurs infini et rêvé, c’est aussi une quête poétique : quête fiévreuse d’un au-delà du langage, voyage métaphorique qui plonge le lecteur dans la connaissance presque mystérieuse, riche en connotations multiples, d’un pays enchanteur et fascinant. Porteuse d’imaginaire et de symboles qui embrassent un passé immémorial, l’Australie suscite ainsi des sensations multiples, et à la façon d’un rêve, elle m’invite l’espace d’un instant, à voyager vers un univers inconnu, qui est autant un questionnement qu’une réponse…

© Lou C., classe de Première ES2 (promotion 2015-2016), juin 2016.
Espace Pédagogique Contributif

Exposition de poésies… 1ère ES2 : Dis-moi un « poaime ». Aujourd’hui, la contribution de Noémie et d'Emma


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La classe de Première ES2 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter une exposition exceptionnelle : « Dis-moi un Po-aime »… Plusieurs fois par semaine, les élèves vous inviteront à partager l’une de leurs créations poétiques…
Bonne lecture !

frise_1

Aujourd’hui, jeudi 23 juin, la contribution de Noémie et d’Emma
Précédentes publications : vendredi 20 mai, Agatha et Léa ; dimanche 15 mai : Furkan ; samedi 14 mai : Céline ; mardi 10 mai : Alyssa et Ninon ; dimanche 8 mai, Aymmy ; vendredi 6 mai, Aymeric ;
Prochaines publications de la semaine : Lou, Lucie, Melinda.

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« Là-bas, où commence la mer »

par Noémie H. et Emma M.
Classe de Première ES2

Voici
L’enfant jadis perdu
Dans l’exquis parfum de l’Occident
Voici
l’enfant qui marche
Dans un désert inconnu
Parmi les déséquilibres de l’Orient.

Aujourd’hui ses aventures ne sont que vagues nuances
Lire, écrire… Tenter de vivre
Quotidiennes souffrances

Monde de présence
Billets bleus d’absence

Alors l’enfant prit sa barque

Pour aller haut là-bas

Où commence la mer…
enfant noémie_emma_7 © juin 2016, Noémie, Emma. Retouches numériques : Bruno Rigolt

Le point de vue des auteures…

Dans ce poème, nous avons voulu exploiter le thème du handicap en évoquant un enfant analphabète. La problématique du handicap nous semble en effet un sujet grave et il nous a paru à ce titre important de parler des enfants qui ont peu ou n’ont pas de langage, et dont l’accès au savoir est rendu difficile. L’enfant en situation de handicap qui vient à l’école bouscule à ce point le milieu dans lequel il arrive qu’il se sent parfois rejeté. Une telle situation est suggérée dans le texte par la métaphore de « l’enfant qui marche dans un désert inconnu ».

Ce « désert inconnu » est en réalité le système social et ses multiples obstacles : La peur et l’indifférence qui surgissent fréquemment, lorsqu’il s’agit d’approcher des personnes handicapées, sont évoquées à travers une série de termes s’inscrivant dans le champ lexical de l’isolement : « désert inconnu », « déséquilibres », « vagues nuances », « quotidiennes souffrances »…

D’une manière générale, le devenir scolaire d’un enfant handicapé demeure très incertain, ce qui explique les connotations que nous avons choisies : la traversée du désert suggère bien l’idée qu’il est très difficile pour les enfants de faire des projets à long terme. Pour l’enfant, l’école est une souffrance, une angoisse : il a vraiment peur d’y aller, à cause de ce handicap qui le enfant noémie_emma_5traumatise, malgré le « monde de présence » des adultes prêts à l’aider. Un peu comme si l’enfant ne voyait plus le système éducatif qu’à travers les « billets bleus d’absences », référence directe aux retards possibles, mais allusion plus implicite au thème de la fugue.

La fin du texte résonne en effet comme un élément de résolution : face à ces « quotidiennes souffrances » que constitue l’acte de « lire, écrire », l »enfant ne pense qu’à s’évader : l’image de la barque, qui fait penser aux fugues de Rimbaud décrites dans « Le bateau ivre », est comme un voyage métaphorique « pour aller haut là-bas, où commence la mer… ». Nous comprenons qu’entre désir suicidaire et envie de partir, le voyage est associé à une quête identitaire : c’est « haut là-bas » que l’enfant cherche à donner du sens à sa vie, d’où les points de suspension qui suggèrent un espace métaphorique, fait de non-dits, espace infiniment plus vaste que le « dit ».

Les derniers mots du texte sont un hommage aux grands poètes comme Baudelaire ou Mallarmé. Cet enfant, c’est presque « l’étranger » de Baudelaire, dans sa contemplation des « merveilleux nuages ». Prisonnier d’un système spleenétique révélant la discrimination et face à toutes les restrictions auxquelles il doit se plier, l’enfant est en quête d’un idéal qu’il ne peut trouver qu’en prenant sa barque frêle pour aller « haut là-bas où commence la mer ». Nous avons aussi songé à Mallarmé quand il s’exclame : « fuir ! Là-bas fuir ! » dans « Brise marine ». La barque suggère ainsi un voyage vers un ailleurs indéfini, envisagé dans la perspective d’une douloureuse quête de soi…

© Noémie H., Emma M., classe de Première ES2 (promotion 2015-2016), juin 2016.
Espace Pédagogique Contributif

Exposition de poésies… 1ère ES2 : Dis-moi un « poaime ». Aujourd’hui, la contribution de Noémie et d’Emma


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La classe de Première ES2 du Lycée en Forêt est fière de vous présenter une exposition exceptionnelle : « Dis-moi un Po-aime »… Plusieurs fois par semaine, les élèves vous inviteront à partager l’une de leurs créations poétiques…
Bonne lecture !

frise_1

Aujourd’hui, jeudi 23 juin, la contribution de Noémie et d’Emma
Précédentes publications : vendredi 20 mai, Agatha et Léa ; dimanche 15 mai : Furkan ; samedi 14 mai : Céline ; mardi 10 mai : Alyssa et Ninon ; dimanche 8 mai, Aymmy ; vendredi 6 mai, Aymeric ;
Prochaines publications de la semaine : Lou, Lucie, Melinda.

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« Là-bas, où commence la mer »

par Noémie H. et Emma M.
Classe de Première ES2

Voici
L’enfant jadis perdu
Dans l’exquis parfum de l’Occident
Voici
l’enfant qui marche
Dans un désert inconnu
Parmi les déséquilibres de l’Orient.

Aujourd’hui ses aventures ne sont que vagues nuances
Lire, écrire… Tenter de vivre
Quotidiennes souffrances

Monde de présence
Billets bleus d’absence

Alors l’enfant prit sa barque

Pour aller haut là-bas

Où commence la mer…
enfant noémie_emma_7 © juin 2016, Noémie, Emma. Retouches numériques : Bruno Rigolt

Le point de vue des auteures…

Dans ce poème, nous avons voulu exploiter le thème du handicap en évoquant un enfant analphabète. La problématique du handicap nous semble en effet un sujet grave et il nous a paru à ce titre important de parler des enfants qui ont peu ou n’ont pas de langage, et dont l’accès au savoir est rendu difficile. L’enfant en situation de handicap qui vient à l’école bouscule à ce point le milieu dans lequel il arrive qu’il se sent parfois rejeté. Une telle situation est suggérée dans le texte par la métaphore de « l’enfant qui marche dans un désert inconnu ».

Ce « désert inconnu » est en réalité le système social et ses multiples obstacles : La peur et l’indifférence qui surgissent fréquemment, lorsqu’il s’agit d’approcher des personnes handicapées, sont évoquées à travers une série de termes s’inscrivant dans le champ lexical de l’isolement : « désert inconnu », « déséquilibres », « vagues nuances », « quotidiennes souffrances »…

D’une manière générale, le devenir scolaire d’un enfant handicapé demeure très incertain, ce qui explique les connotations que nous avons choisies : la traversée du désert suggère bien l’idée qu’il est très difficile pour les enfants de faire des projets à long terme. Pour l’enfant, l’école est une souffrance, une angoisse : il a vraiment peur d’y aller, à cause de ce handicap qui le enfant noémie_emma_5traumatise, malgré le « monde de présence » des adultes prêts à l’aider. Un peu comme si l’enfant ne voyait plus le système éducatif qu’à travers les « billets bleus d’absences », référence directe aux retards possibles, mais allusion plus implicite au thème de la fugue.

La fin du texte résonne en effet comme un élément de résolution : face à ces « quotidiennes souffrances » que constitue l’acte de « lire, écrire », l »enfant ne pense qu’à s’évader : l’image de la barque, qui fait penser aux fugues de Rimbaud décrites dans « Le bateau ivre », est comme un voyage métaphorique « pour aller haut là-bas, où commence la mer… ». Nous comprenons qu’entre désir suicidaire et envie de partir, le voyage est associé à une quête identitaire : c’est « haut là-bas » que l’enfant cherche à donner du sens à sa vie, d’où les points de suspension qui suggèrent un espace métaphorique, fait de non-dits, espace infiniment plus vaste que le « dit ».

Les derniers mots du texte sont un hommage aux grands poètes comme Baudelaire ou Mallarmé. Cet enfant, c’est presque « l’étranger » de Baudelaire, dans sa contemplation des « merveilleux nuages ». Prisonnier d’un système spleenétique révélant la discrimination et face à toutes les restrictions auxquelles il doit se plier, l’enfant est en quête d’un idéal qu’il ne peut trouver qu’en prenant sa barque frêle pour aller « haut là-bas où commence la mer ». Nous avons aussi songé à Mallarmé quand il s’exclame : « fuir ! Là-bas fuir ! » dans « Brise marine ». La barque suggère ainsi un voyage vers un ailleurs indéfini, envisagé dans la perspective d’une douloureuse quête de soi…

© Noémie H., Emma M., classe de Première ES2 (promotion 2015-2016), juin 2016.
Espace Pédagogique Contributif