EAF Bac de Français éléments de corrigé Séries ES et S Correction de la question

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Corrigé de la question

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arrow.1242450507.jpg Rappel de la question :

Ces textes cherchent-ils seulement à nous dépayser ou ont-ils une autre visée ? Votre réponse se fondera sur quelques exemples précis. Elle devra être organisée et synthétique.

                 

La fin du Classicisme marque une crise de la conscience européenne, qui aboutira au mouvement des Lumières, remise en cause essentielle du « Grand Siècle » et de l’ethnocentrisme occidental. Le corpus présenté est caractéristique de cette mutation des idées : derrière l’atmosphère de rêverie exotique et de conte orientaliste qui marque les textes, peut se percevoir le principe d’une réhabilitation de la nature, ainsi qu’une profonde réflexion sur l’image et la conception du bonheur au dix-huitième siècle. Publiées en 1699, les Aventures de Télémaque est le titre d’un roman épique et didactique de Fénelon. Dans ce passage du septième livre, l’auteur met à profit les récits de voyageurs, pour entraîner ses lecteurs dans un rêve exotique : à bord du vaisseau qui le ramène en Ithaque, au sortir de l’île de Calypso, Télémaque écoute le Tyrien Adoam lui conter le voyage qu’il fit dans la Bétique. Ce pays utopique, qui « semble avoir conservé les délices de l’âge d’or », permet à Fénelon de livrer un profond message moral et politique, qui condamne implicitement la politique de guerres et de conquêtes menée par la France louis-quatorzienne. Les deux autres extraits présentés obligent également le lecteur à un décentrement de pensée : en situant son récit dans un cadre oriental, Montesquieu se livre à une savoureuse satire des mœurs et des jugements de son temps. Dans le passage présenté, l’auteur développe l’histoire du peuple des Troglodytes : c’est l’occasion pour lui de célébrer une société fondée sur les principes de vertu, de travail et de conscience communautaire. On retrouve sensiblement la même idée dans le chapitre trente par lequel s’achève le Candide de Voltaire : les héros, cherchant à s’organiser pour mener une vie heureuse, sont en admiration devant le bonheur simple d’un vieillard, qui travaille sa terre entouré de ses enfants. C’est l’occasion pour Voltaire de célébrer une vie simple et naturelle, fondée sur le travail et les valeurs de la terre, et où chacun pourra « cultiver son jardin ».

                     

Tous les textes se présentent d’abord comme une réhabilitation de la nature. La description entreprise par Fénelon semble en effet préfigurer ce que Rousseau appellera la « jeunesse du monde ». De fait, derrière les clichés pittoresques (« L’ardeur de l’été y est toujours tempérée par des zéphyrs rafraîchissants », « toute l’année n’est qu’un heureux hymen du printemps et de l’automne, qui semblent se donner la main », etc.), c’est fondamentalement l’idée d’une communion des hommes avec  la nature qui est mise en avant. On pourrait tout aussi bien évoquer ici la façon dont Montesquieu fait l’éloge d’une vie pastorale, à la fois simple et naturelle : l’auteur de l’Esprit des lois déploie ces aspects de façon très poétique, mais derrière le romanesque et l’épistolaire se cache surtout une profonde réflexion sur l’altruisme et le sens du partage (« ensuite des festins où la joie ne régnait pas moins que la frugalité. C’était dans ces assemblées que parlait la nature naïve ; c’est là qu’on apprenait à donner le cœur et à le recevoir… »). De même, nous comprenons que les descriptions exotiques du texte voltairien (« plusieurs sortes de sorbets […], du kaïmak piqué d’écorces de cédrat confit, des oranges, des citrons, des limons, des ananas, des pistaches, du café de Moka… ») n’ont d’autre but que d’amener le lecteur à s’interroger sur la dénaturation des hommes par la civilisation.

Cette deuxième idée est essentielle. Fénelon par exemple s’attarde sur « les habitants, simples et heureux dans leur simplicité, [qui] ne daignent pas seulement compter l’or et l’argent parmi leurs richesses : ils n’estiment que ce qui sert véritablement aux besoins de l’homme ». Ainsi, les valeurs sont inversées : s’il y a bien des mines d’or et d’argent, elles ne sont pas considérées comme richesse, puisque ces minerais sont employés aux mêmes usages que le fer, pour fabriquer des socs de charrue. Comme nous le voyons, le refus de la propriété privée, la disparition de la monnaie et du luxe permet aux habitants de l’idéale Bétique d’échapper à la servitude de l’argent, et de tirer leur sagesse de la nature, dans une sorte de communisme agraire originel, caractéristique de la littérature utopique. Ce texte est aussi l’occasion pour Fénelon, avant tout théologien et moraliste, de faire réfléchir le lecteur à ses propres actions : les hommes « ne sont-ils pas « rongés par une lâche et noire envie, toujours agités par l’ambition, par la crainte, par l’avarice, incapables des plaisirs purs et simples, puisqu’ils sont esclaves de tant de fausses nécessités dont ils font dépendre tout leur bonheur » ? Hostiles à toute forme de commerce, les habitants de la Bétique, échappant ainsi aux besoins artificiels, célèbrent une sorte de retour à « l’âge d’or » de l’innocence primitive.

Comme Fénelon et Voltaire, Montesquieu insiste  sur la valeur du travail : « Le soir, lorsque les troupeaux quittaient les prairies, et que les bœufs fatigués avaient ramené la charrue, ils s’assemblaient, et, dans un repas frugal, ils chantaient les injustices des premiers Troglodytes et leurs malheurs [… ], ils décrivaient ensuite les délices de la vie champêtre et le bonheur d’une condition toujours parée de l’innocence. Bientôt ils s’abandonnaient à un sommeil que les soins et les chagrins n’interrompaient jamais. La nature ne fournissait pas moins à leurs désirs qu’à leurs besoins. » Comment ne pas comparer le passage avec cet extrait du chapitre trente de Candide, par lequel se clôt le conte philosophique éponyme. Le « bon vieillard turc » affirme en effet que « le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin », seuls remèdes contre l’ennui ou le mal. On peut voir tout d’abord dans cet extrait un éloge du travail, à la fois comme facteur de production, mais surtout comme moyen d’aspiration individuelle, d’accomplissement de soi et corollairement d’épanouissement collectif. Le texte est porteur d’une charge culpabilisante nettement perceptible, à l’encontre du système monarchique, accusé implicitement de ne pas valoriser les vertus philosophiques et sociales du travail.

Le texte voltairien, qui est sans doute le moins utopique des trois, agit ainsi comme une espèce d’anti Eldorado puisqu’il amène le lecteur à une sorte de philosophie morale pratique :  l’homme qui sait s’écarter du monde, de ses tentations et de ses dangers (« ceux qui se mêlent des affaires publiques périssent quelquefois misérablement, et qu’ils le méritent »), peut vivre paisiblement des produits de la terre (« Je n’ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants »). Il lui appartient de refuser le « superflu » et les « fausses nécessités » qu’évoquait Fénelon dans son texte. Nous aurions pu tout aussi bien rappeler combien chez Montesquieu la vie naturelle et responsable des Troglodytes l’amenait à célébrer les vertus des Lumières : c’est par le travail et le partage équitable que l’homme peut prétendre au bonheur. Ainsi, derrière ces récits de voyage peut se lire un message politique : les textes recèlent un enseignement qui consacre le triomphe de l’action sur la parole. Voltaire ne disait-il pas d’ailleurs qu’il écrivait « pour agir » ? À l’opposé de la curiosité vaine de Pangloss (« aussi curieux que raisonneur »), la sagesse du vieillard conduit à s’interroger sur la véritable fonction de l’utopie : loin de valoriser le repli sur soi, l’irréalité et l’égoïsme, elle célèbre davantage un jardin symbolique à cultiver.

          

Comme nous l’avons vu, derrière l’idéale Bétique, derrière le cadre oriental des Lettres persanes ou l’utopie du jardin turc, peuvent se lire une recherche du bonheur, et plus largement les fondements d’une société idéale qui passe par la remise en cause profonde de la « chose publique », et des valeurs traditionnelles. Loin de cantonner le lecteur à un optimisme béat, ces utopies narratives fonctionnent davantage comme des apologues : tantôt figuration du rêve de communion harmonieuse avec la nature, tantôt figuration d’une société idéale, placée sous le signe de l’altruisme, du partage et de la quête de l’accomplissement de soi.

© Bruno Rigolt, juin 2010
Voyez aussi cette proposition de corrigé sur Études littéraires.

EAF Bac de Français sujets et corrigés Séries ES et S

Voici en ligne le sujet national proposé pour la session 2010 à l’Épreuve Anticipée de Français (séries ES/S). Une analyse du sujet ainsi que les corrigés seront mis en lignes prochainement.

 

Sujet national séries ES/S

Objet d’étude : L’argumentation

Convaincre, persuader et délibérer

Corpus

  • Texte A : Fénelon, Les Aventures de Télémaque (1699), septième livre

  • Texte B : Montesquieu, Lettres persanes (1721), lettre XII

  • Texte C : Voltaire, Candide (1759), chapitre XXX

 

  • Texte A : Fénelon, Les Aventures de Télémaque
Télémaque et son précepteur Mentor sont de retour aux abords de l’île de Calypso. Ils rencontrent un capitaine de navire dont le frère Adoam leur livre les dernières nouvelles et leur dépeint un pays extraordinaire, la Bétique.

Le fleuve Bétis coule dans un pays fertile et sous un ciel doux, qui est toujours serein. Le pays a pris le nom du fleuve, qui se jette dans le grand Océan, assez près des Colonnes d’Hercule (¹) et de cet endroit où la mer furieuse, rompant ses digues, sépara autrefois la terre de Tharsis (²) d’avec la grande Afrique. Ce pays semble avoir conservé les délices de l’âge d’or. Les hivers y sont tièdes, et les rigoureux aquilons (³) n’y soufflent jamais. L’ardeur de l’été y est toujours tempérée par des zéphyrs (4) rafraîchissants, qui viennent adoucir l’air vers le milieu du jour. Ainsi toute l’année n’est qu’un heureux hymen du printemps et de l’automne, qui semblent se donner la main. La terre, dans les vallons et dans les campagnes unies, y porte chaque année une double moisson. Les chemins y sont bordés de lauriers, de grenadiers, de jasmins et d’autres arbres toujours verts et toujours fleuris. Les montagnes sont couvertes de troupeaux, qui fournissent des laines fines recherchées de toutes les nations connues. Il y a plusieurs mines d’or et d’argent dans ce beau pays ; mais les habitants, simples et heureux dans leur simplicité, ne daignent pas seulement compter l’or et l’argent parmi leurs richesses : ils n’estiment que ce qui sert véritablement aux besoins de l’homme. Quand nous avons commencé à faire notre commerce chez ces peuples, nous avons trouvé l’or et l’argent parmi eux employés aux mêmes usages que le fer, par exemple, pour des socs de charrue. Comme ils ne faisaient aucun commerce au-dehors, ils n’avaient besoin d’aucune monnaie. Ils sont presque tous bergers ou laboureurs. On voit en ce pays peu d’artisans : car ils ne veulent souffrir que les arts qui servent aux véritables nécessités des hommes ; encore même la plupart des hommes en ce pays, étant adonnés à l’agriculture ou à conduire des troupeaux, ne laissent pas d’exercer les arts nécessaires pour leur vie simple et frugale. [ … ]

Quand on leur parle des peuples qui ont l’art de faire des bâtiments superbes, des meubles d’or et d’argent, des étoffes ornées de broderies et de pierres précieuses, des parfums exquis, des mets délicieux, des instruments dont l’harmonie charme, ils répondent en ces termes : « Ces peuples sont bien malheureux d’avoir employé tant de travail et d’industrie à se corrompre eux-mêmes ! Ce superflu amollit, enivre, tourmente ceux qui le possèdent : il tente ceux qui en sont privés de vouloir l’acquérir par l’injustice et par la violence. Peut-on nommer bien un superflu qui ne sert qu’à rendre les hommes mauvais ? Les hommes de ces pays sont-ils plus sains et plus robustes que nous ? Vivent-ils plus longtemps ? Sont-ils plus unis entre eux ? Mènent-ils une vie plus libre, plus tranquille, plus gaie ? Au contraire, ils doivent être jaloux les uns des autres, rongés par une lâche et noire envie, toujours agités par l’ambition, par la crainte, par l’avarice, incapables des plaisirs purs et simples, puisqu’ils sont esclaves de tant de fausses nécessités dont ils font dépendre tout leur bonheur ».

1. Ainsi sont appelées, dans l’Antiquité, les montagnes qui bordent, du côté de l’Europe et du côté de l’Afrique, le détroit de Gibraltar, aux limites du monde connu.
2. la terre de Tharsis : dans l’Antiquité, nom donné à la péninsule ibérique.
3. nom poétique des vents du nord.
4. vents d’ouest, doux, tièdes et agréables.
                       
  • Texte B : Montesquieu, Lettres persanes
Les Troglodytes sont un peuple imaginaire dépeint dans trois lettres successives. Le texte ci-dessous est un extrait de la deuxième.

Qui pourrait représenter ici le bonheur de ces Troglodytes ? Un peuple si juste devait être chéri des dieux. Dès qu’il ouvrit les yeux pour les connaître, il apprit à les craindre, et la Religion vint adoucir dans les moeurs ce que la Nature y avait laissé de trop rude.

Ils instituèrent des fêtes en l’honneur des dieux : les jeunes filles ornées de fleurs, et les jeunes garçons les célébraient par leurs danses et par les accords d’une musique champêtre. On faisait ensuite des festins où la joie ne régnait pas moins que la frugalité. C’était dans ces assemblées que parlait la nature naïve ; c’est là qu’on apprenait à donner le cœur et à le recevoir ; c’est là que la pudeur virginale faisait en rougissant un aveu surpris, mais bientôt confirmé par le consentement des pères ; et c’est là que les tendres mères se plaisaient à prévoir de loin une union douce et fidèle.

On allait au temple pour demander les faveurs des dieux ; ce n’était pas les richesses et une onéreuse abondance : de pareils souhaits étaient indignes des heureux Troglodytes ; ils ne savaient les désirer que pour leurs compatriotes. Ils n’étaient au pied des autels que pour demander la santé de leurs pères, l’union de leurs frères, la tendresse de leurs femmes, l’amour et l’obéissance de leurs enfants. Les filles y venaient apporter le tendre sacrifice de leur cœur, et ne leur demandaient d’autre grâce que celle de pouvoir rendre un Troglodyte heureux.

Le soir, lorsque les troupeaux quittaient les prairies, et que les bœufs fatigués avaient ramené la charrue, ils s’assemblaient, et, dans un repas frugal, ils chantaient les injustices des premiers Troglodytes et leurs malheurs, la vertu renaissante avec un nouveau peuple, et sa félicité. Ils célébraient les grandeurs des dieux, leurs faveurs toujours présentes aux hommes qui les implorent, et leur colère inévitable à ceux qui ne les craignent pas ; ils décrivaient ensuite les délices de la vie champêtre et le bonheur d’une condition toujours parée de l’innocence. Bientôt ils s’abandonnaient à un sommeil que les soins et les chagrins n’interrompaient jamais.

La nature ne fournissait pas moins à leurs désirs qu’à leurs besoins. Dans ce pays heureux, la cupidité était étrangère : ils se faisaient des présents où celui qui donnait croyait toujours avoir l’avantage. Le peuple troglodyte se regardait comme une seule famille ; les troupeaux étaient presque toujours confondus ; la seule peine qu’on s’épargnait ordinairement, c’était de les partager.

D’Erzeron, le 6 de la lune de Gemmadi 2, 1711.

 

  • Texte C : Voltaire, Candide
Nous sommes dans le dernier chapitre du conte de Voltaire et pour obtenir les réponses définitives aux questions qu’il se pose, Candide décide de rendre visite à un sage oriental et de l’interroger.

Pendant cette conversation, la nouvelle s’était répandue qu’on venait d’étrangler à Constantinople deux vizirs (¹) du banc et le muphti (²), et qu’on avait empalé plusieurs de leurs amis. Cette catastrophe faisait partout un grand bruit pendant quelques heures. Pangloss (³), Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d’orangers. Pangloss, qui était aussi curieux que raisonneur, lui demanda comment se nommait le muphti qu’on venait d’étrangler. « Je n’en sais rien, répondit le bonhomme, et je n’ai jamais su le nom d’aucun muphti ni d’aucun vizir. J’ignore absolument l’aventure dont vous me parlez ; je présume qu’en général ceux qui se mêlent des affaires publiques périssent quelquefois misérablement, et qu’ils le méritent ; mais je ne m’informe jamais de ce qu’on fait à Constantinople ; je me contente d’y envoyer vendre les fruits du jardin que je cultive. » Ayant dit ces mots, il fit entrer les étrangers dans sa maison : ses deux filles et ses deux fils leur présentèrent plusieurs sortes de sorbets qu’ils faisaient eux-mêmes, du kaïmak piqué d’écorces de cédrat confit, des oranges, des citrons, des limons, des ananas, des pistaches, du café de Moka qui n’était point mêlé avec le mauvais café de Batavia et des îles. Après quoi les deux filles de ce bon musulman parfumèrent les barbes de Candide, de Pangloss et de Martin.
« Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique terre ? – Je n’ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin ».

1. vizir : ministre de l’empire ottoman.
2. muphti : homme de loi attaché à une mosquée qui donne des avis sur des questions juridiques et religieuses.
3. compagnon de voyage et précepteur de Candide, tenant de la philosophie de l’optimisme.
4. compagnon de voyage de Candide, et philosophe contradicteur de Pangloss.

 

I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez à la question suivante (4 points) :

Ces textes cherchent-ils seulement à nous dépayser ou ont-ils une autre visée ? Votre réponse se fondera sur quelques exemples précis. Elle devra être organisée et synthétique. Pour lire le corrigé de la question, cliquez ici.

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants C (16 points) :

  • Commentaire
    Vous commenterez le texte de Fénelon (texte A).

  • Dissertation
    En quoi l’évocation d’un monde très éloigné du sien permet-elle de faire réfléchir le lecteur sur la réalité qui l’entoure ?
    Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres que vous avez étudiées en classe et celles que vous avez lues.

  • Invention
    Vous avez séjourné en Bétique. Déçu, vous décidez de partir. Ecrivez le discours d’adieu que vous prononcez devant les habitants.

Exposition "Poèmes Symbolistes" par la classe de Première ES1 Deuxième livraison

La classe de Première ES1 est fière de vous inviter à partager un moment poétique autour du Symbolisme. Préparée en décembre, cette exposition a été présentée pour la première fois lors de la journée Portes ouvertes du lycée, le samedi 20 mars 2010. Certains textes ont bénéficié de quelques remaniements depuis. Je vous invite à découvrir aujourd’hui ces écrits, dont certains sont d’une très grande force tant sur le plan littéraire qu’artistique. Pour accéder à la première partie de l’exposition, cliquez ici.

Deuxième et dernière livraison

Bonne lecture à toutes et à tous !

    Poèmes Symbolistes

(suite)

par la classe de Première ES1

                               

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Se révèle obscurité l’enfance

par Deborah P.

                   

Clé du bonheur au mal-être

Nous emprisonne perpétuellement

Tout est-il déterminé par l’ambiance du berceau ?

Etre gai, malheureux… C’est l’héritage des parents

L’ambiance familiale

Qui définit le mental

Une route, un carrefour : à droite ? A gauche ?

La conséquence enfantine agira sur toute la vie…

Se révèle obscurité l’enfance

Dans la route devenue dépendance…

             

                

L’Avant

par Astrid P.

                      

A-t-on vraiment rêvé de vivre les souvenirs ?

S’il se pouvait encore que rien n’ait réveillé

La solitude encrée par la plume du temps.

S’il se pouvait que tes yeux soient plus limpides

Que les clartés d’après la pluie.

                 

Mais le temps est la douce perfection comme des mots d’adieu

C’est là que la fin a commencé ;

Je me suis endormie dans la mort à demi

Là où la naïveté de l’azur

Explore d’éternelles gloires faussées…

               

                   

Parfums de l’été

par Rosanne C.

               

Parfums de l’été comme une rose éclose à peine

Été dans lequel débutait le périple des baroudeurs :

La vie semblait atteindre d’extrêmes grandiosités

Rappelant le chant d’une ode pianotée… 

Sans connaître la direction ni la route nous allions

De lieux en lieux vers l’inconnu

Découvrant le miel de la vie…

                   

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L’océan s’envole

par Émeline H.

              

Souvent l’inconscient fait sombrer la mémoire

Quand l’océan s’envole vers des milliards d’étoiles.

Je navigue à travers des poissons rougeoyants

Ma volonté bleuie face à l’élégance du soleil.

Ma solitude s’enfonçait dans des brises légères…

             

                       

De tristesse et de vent

par Maxime S.

                   

Les azurs somptueux

S’élèvent des cimetières dans un rayon de soleil

Pour continuer de vivre par delà les fossoyeurs

Comme des dragons aux couperets d’acier

Chantent et dansent

Comme des marguerites ivres

De tristesse et de vent.

                 

                       

Anaphore de l’eau

par marie B.

                 

L’anaphore de l’eau construite à partir d’un ruisseau

Réveille le côté fruité des galets.

La violence des regrets reste le plus beau voyage…

                    

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Dans le lointain proche de l’espoir

par Fanny B.

              

Étrange sensation d’obscurité

D’où me venait la lumière de ton histoire :

Une distance noire remplie de déception

M’enivrait jusqu’à la solitude.

               

Je restais seule chaque soir

Dans le lointain proche de l’espoir

Un choix d’expression autre que le regard

Me portait sur la musique de l’âme

               

Comprendras-tu ce que tu ne penses toi-même

Ce que tu n’oses faire :

Oublier la déception flagrante

Des musiques trop entendues.

                        

                           

Comme un hiver sans phrase

par Noémie B.

              

Je me souviens encore de l’enfance

Comme un hiver sans phrase

Le passé joyeux de l’enfant

Une humeur vagabonde et d’invisibles morts

Soudain, je repense aux souvenirs en loque de la vérité

À la magie féérique dans ce miroir brisé…

                 

                          

Sourire à la mer

par Agathe B.

                                

La poésie de l’Adieu est la peine du souvenir…

Oublier l’orage pour sourire à la mer,
Marcher avec la joie et manger la peur

Chanter la mort, comme un au-revoir à la vie
Un cœur rempli de bonheur aux portes du paradis

Un passé bleu, tant aimé
La photographie d’un sourire, émerveillé de soleil

Des souvenirs arc-en-ciel
Un homme rose pulmonaire disparu gentiment…

La clarté du soleil embrassait l’océan
Et le chant de la solitude éveillait mes larmes…

          

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J’espère te revoir

par Alexandrine L.

                

Un accident qui arrive et la vie devenue noire

L’amie dans le coma dévisagée

Mes larmes coulent dans la mer

Le caractère effacé oublié

Mes pensées s’assombrissent dans l’obscurité

Mes sentiments sont incrustés en toi…

J’espère te revoir…

                    

                      

Une chanson de tragédie

par Éléonore G.

                

Le mystère des feuilles tranquilles est la clé

De l’hémisphère de l’amour hypnotique

Et la solution de l’élément Lumière.

Énigmatique comme

La symphonie de l’amour,

Le voyage sacré de l’eau

L’ironie de la bulle…

Mais la musique du navire était une chanson de tragédie

Et les rouges rayures de l’écume

Envolaient la pulsion des vents.

              

                 

Son visage est de ciel

par Jordan P.

                       

Une déesse paraît sous mon âme

Son regard éclaircit l’horizon,

Son visage est de ciel.

Ses cheveux de soleil transcendent mon cœur

D’un indicible bonheur.

La déesse emporte dans son sourire

La vie et les ciels impuissants

Et les lunes et les hivers et les vents…

            

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Comme une envie de partir…

par Deborah P.

                       

La sombre nuit dangereuse comme une envie de partir

Dans la clarté des paradis

Immenses comme ces mers bleues du sud de la France.

Là-haut, de belles étoiles

Sans surprise

Des lendemains où lâche prise

Le cours de la vie…

                     

                     

Musicalité du soir

par Johanna D.

                        

La musicalité du soir est mélancolique

Sans son bien aimé.

Sa souffrance est d’une beauté suprême :

Un mal-être rebelle se met à lui parler.

Quand elle voit ce soleil encore vivant,

Un amour triste envahit son cœur ;

La puissance de ses sentiments

La fait voyager

Intensément…

                

                   

 Le poème sourit au vent

par Marie B.

                   

L’ébullition bleue du désert hante la blondeur du soleil

Et fait pétiller les clartés furtives du poème.

Le poème sourit au vent…

             

             

Amour friable

par Émeline H.

              

Le rideau se lève sur une vague étrange

Le feuillage des étoiles tombe de la lune

L’amour friable s’effrite sur l’astre amer

Les larmes enchantées sont prisonnières du rivage

Le cœur argenté de la nuit fait tomber le voile de l’innocence

Les vents se brisent

La clé de l’amour ouvre la porte.

                   

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Parfums d’une chanson

par Éléonore G.

             

Il faut vivre les saisons

Comme un mystère qui refuse de se taire

Comme les parfums d’une chanson

Qui jamais ne finirait,

Comme une mélodie ensorcelée par ton regard,

Comme la flamme du soleil

Éblouie de ton sourire énigmatique et tranquille.

            

               

Dans le turquoise du soleil

par Louis de B.

 

Départ, envol, espoir et renouveau

Illusion et véritable chemin de vent

Le désir n’est que déroute, recherche éperdue

Parfois imaginée au travers d’une fenêtre :

Alors soudain le turquoise du soleil

Reflète l’or de la mer

Soudain, la rapide échappée d’instants ressuscités

Soudain, une éphémère liberté

Conditionnelle

 

        

Retour au passé

par Fatimatabintou D.

                

L’image de mes paupières

Formant un chemin tel une muraille

En direction de ce visage heureux…

Le regard tourné vers les plaines ;

L’histoire d’une foudre de cris

Perdus au milieu des trottoirs

Rejoignant les autres cartes

Dans l’oubli des noms,

Dans les mémoires délaissées…

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la numérisation des textes est terminée.

Crédit iconographique : © B. R. (EPC/juin 2010)

Exposition « Poèmes Symbolistes » par la classe de Première ES1 Deuxième livraison

La classe de Première ES1 est fière de vous inviter à partager un moment poétique autour du Symbolisme. Préparée en décembre, cette exposition a été présentée pour la première fois lors de la journée Portes ouvertes du lycée, le samedi 20 mars 2010. Certains textes ont bénéficié de quelques remaniements depuis. Je vous invite à découvrir aujourd’hui ces écrits, dont certains sont d’une très grande force tant sur le plan littéraire qu’artistique. Pour accéder à la première partie de l’exposition, cliquez ici.

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Bonne lecture à toutes et à tous !

    Poèmes Symbolistes

(suite)

par la classe de Première ES1

                               

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Se révèle obscurité l’enfance

par Deborah P.

                   

Clé du bonheur au mal-être

Nous emprisonne perpétuellement

Tout est-il déterminé par l’ambiance du berceau ?

Etre gai, malheureux… C’est l’héritage des parents

L’ambiance familiale

Qui définit le mental

Une route, un carrefour : à droite ? A gauche ?

La conséquence enfantine agira sur toute la vie…

Se révèle obscurité l’enfance

Dans la route devenue dépendance…

             

                

L’Avant

par Astrid P.

                      

A-t-on vraiment rêvé de vivre les souvenirs ?

S’il se pouvait encore que rien n’ait réveillé

La solitude encrée par la plume du temps.

S’il se pouvait que tes yeux soient plus limpides

Que les clartés d’après la pluie.

                 

Mais le temps est la douce perfection comme des mots d’adieu

C’est là que la fin a commencé ;

Je me suis endormie dans la mort à demi

Là où la naïveté de l’azur

Explore d’éternelles gloires faussées…

               

                   

Parfums de l’été

par Rosanne C.

               

Parfums de l’été comme une rose éclose à peine

Été dans lequel débutait le périple des baroudeurs :

La vie semblait atteindre d’extrêmes grandiosités

Rappelant le chant d’une ode pianotée… 

Sans connaître la direction ni la route nous allions

De lieux en lieux vers l’inconnu

Découvrant le miel de la vie…

                   

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L’océan s’envole

par Émeline H.

              

Souvent l’inconscient fait sombrer la mémoire

Quand l’océan s’envole vers des milliards d’étoiles.

Je navigue à travers des poissons rougeoyants

Ma volonté bleuie face à l’élégance du soleil.

Ma solitude s’enfonçait dans des brises légères…

             

                       

De tristesse et de vent

par Maxime S.

                   

Les azurs somptueux

S’élèvent des cimetières dans un rayon de soleil

Pour continuer de vivre par delà les fossoyeurs

Comme des dragons aux couperets d’acier

Chantent et dansent

Comme des marguerites ivres

De tristesse et de vent.

                 

                       

Anaphore de l’eau

par marie B.

                 

L’anaphore de l’eau construite à partir d’un ruisseau

Réveille le côté fruité des galets.

La violence des regrets reste le plus beau voyage…

                    

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Dans le lointain proche de l’espoir

par Fanny B.

              

Étrange sensation d’obscurité

D’où me venait la lumière de ton histoire :

Une distance noire remplie de déception

M’enivrait jusqu’à la solitude.

               

Je restais seule chaque soir

Dans le lointain proche de l’espoir

Un choix d’expression autre que le regard

Me portait sur la musique de l’âme

               

Comprendras-tu ce que tu ne penses toi-même

Ce que tu n’oses faire :

Oublier la déception flagrante

Des musiques trop entendues.

                        

                           

Comme un hiver sans phrase

par Noémie B.

              

Je me souviens encore de l’enfance

Comme un hiver sans phrase

Le passé joyeux de l’enfant

Une humeur vagabonde et d’invisibles morts

Soudain, je repense aux souvenirs en loque de la vérité

À la magie féérique dans ce miroir brisé…

                 

                          

Sourire à la mer

par Agathe B.

                                

La poésie de l’Adieu est la peine du souvenir…

Oublier l’orage pour sourire à la mer,
Marcher avec la joie et manger la peur

Chanter la mort, comme un au-revoir à la vie
Un cœur rempli de bonheur aux portes du paradis

Un passé bleu, tant aimé
La photographie d’un sourire, émerveillé de soleil

Des souvenirs arc-en-ciel
Un homme rose pulmonaire disparu gentiment…

La clarté du soleil embrassait l’océan
Et le chant de la solitude éveillait mes larmes…

          

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J’espère te revoir

par Alexandrine L.

                

Un accident qui arrive et la vie devenue noire

L’amie dans le coma dévisagée

Mes larmes coulent dans la mer

Le caractère effacé oublié

Mes pensées s’assombrissent dans l’obscurité

Mes sentiments sont incrustés en toi…

J’espère te revoir…

                    

                      

Une chanson de tragédie

par Éléonore G.

                

Le mystère des feuilles tranquilles est la clé

De l’hémisphère de l’amour hypnotique

Et la solution de l’élément Lumière.

Énigmatique comme

La symphonie de l’amour,

Le voyage sacré de l’eau

L’ironie de la bulle…

Mais la musique du navire était une chanson de tragédie

Et les rouges rayures de l’écume

Envolaient la pulsion des vents.

              

                 

Son visage est de ciel

par Jordan P.

                       

Une déesse paraît sous mon âme

Son regard éclaircit l’horizon,

Son visage est de ciel.

Ses cheveux de soleil transcendent mon cœur

D’un indicible bonheur.

La déesse emporte dans son sourire

La vie et les ciels impuissants

Et les lunes et les hivers et les vents…

            

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Comme une envie de partir…

par Deborah P.

                       

La sombre nuit dangereuse comme une envie de partir

Dans la clarté des paradis

Immenses comme ces mers bleues du sud de la France.

Là-haut, de belles étoiles

Sans surprise

Des lendemains où lâche prise

Le cours de la vie…

                     

                     

Musicalité du soir

par Johanna D.

                        

La musicalité du soir est mélancolique

Sans son bien aimé.

Sa souffrance est d’une beauté suprême :

Un mal-être rebelle se met à lui parler.

Quand elle voit ce soleil encore vivant,

Un amour triste envahit son cœur ;

La puissance de ses sentiments

La fait voyager

Intensément…

                

                   

 Le poème sourit au vent

par Marie B.

                   

L’ébullition bleue du désert hante la blondeur du soleil

Et fait pétiller les clartés furtives du poème.

Le poème sourit au vent…

             

             

Amour friable

par Émeline H.

              

Le rideau se lève sur une vague étrange

Le feuillage des étoiles tombe de la lune

L’amour friable s’effrite sur l’astre amer

Les larmes enchantées sont prisonnières du rivage

Le cœur argenté de la nuit fait tomber le voile de l’innocence

Les vents se brisent

La clé de l’amour ouvre la porte.

                   

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Parfums d’une chanson

par Éléonore G.

             

Il faut vivre les saisons

Comme un mystère qui refuse de se taire

Comme les parfums d’une chanson

Qui jamais ne finirait,

Comme une mélodie ensorcelée par ton regard,

Comme la flamme du soleil

Éblouie de ton sourire énigmatique et tranquille.

            

               

Dans le turquoise du soleil

par Louis de B.

 

Départ, envol, espoir et renouveau

Illusion et véritable chemin de vent

Le désir n’est que déroute, recherche éperdue

Parfois imaginée au travers d’une fenêtre :

Alors soudain le turquoise du soleil

Reflète l’or de la mer

Soudain, la rapide échappée d’instants ressuscités

Soudain, une éphémère liberté

Conditionnelle

 

        

Retour au passé

par Fatimatabintou D.

                

L’image de mes paupières

Formant un chemin tel une muraille

En direction de ce visage heureux…

Le regard tourné vers les plaines ;

L’histoire d’une foudre de cris

Perdus au milieu des trottoirs

Rejoignant les autres cartes

Dans l’oubli des noms,

Dans les mémoires délaissées…

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la numérisation des textes est terminée.

Crédit iconographique : © B. R. (EPC/juin 2010)