Culture générale BTS : Sun Tzu et la stratégie du détour

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Thème BTS 2009-2010 : le Détour  

La stratégie du détour selon Sun Tzu

Cet article est destiné prioritairement à la section BTS PME-PMI deuxième année.

Dans un travail universitaire consacré au détour (*), Denis Boisseau remarque : « Le plus banal est de dire que faire un détour, c’est ne pas aller droit au but. Définition négative, le détour signerait l’échec d’une volonté droite ; le plus sommaire serait d’y voir un aveu de faiblesse, une preuve d’impuissance. » L’auteur explique un peu plus loin pourquoi une telle considération repose en fait sur l’illusion : « Si l’homme efficace va droit au but, ce n’est pas parce qu’il est surpuissant mais bien parce qu’il […] sait choisir le meilleur détour -et donc aussi le « meilleur » raccourci-, il invente une meilleure réponse, il ne va pas tout droit, mais il bifurque à temps. » Ces propos sont utiles pour comprendre ce qu’il convient de nommer la « stratégie du détour ».

Détour et stratégie militaire chez Sun Tzu

Empruntée au vocabulaire militaire, la notion de stratégie consiste à planifier, coordonner et conduire des actions en vue d’atteindre un objectif. Elle repose essentiellement sur la prise en considération, dans un même raisonnement, de variables comme l’anticipation ou la gestion de l’incertitude. Par définition, la stratégie est donc à situer au premier plan d’une réflexion qui se fonde sur la ruse, detour.1289662556.jpgle contournement de l’obstacle, la médiation et bien sûr le détour. A ce titre, on a beaucoup parlé de l’Art de la guerre du chinois Sun Tzu (ou Sun Zi selon les transcriptions, Cinquième siècle av. J.C.). Il s’agit du premier traité de stratégie militaire rédigé au monde (**). L’auteur y aborde la notion de stratégie indirecte, de discours de séduction et de tactique de détour. Lisez ce passage (article 1, « De l’évaluation ») :

« Si vos ennemis sont plus puissants et plus forts que vous, vous ne les attaquerez point, vous éviterez avec un grand soin ce qui peut conduire à un engagement général ; vous cacherez toujours avec une extrême attention l’état où vous vous trouverez. Il y aura des occasions où vous vous abaisserez, et d’autres où vous affecterez d’avoir peur. Vous feindrez quelquefois d’être faible afin que vos ennemis, ouvrant la porte à la présomption et à l’orgueil, viennent ou vous attaquer mal à propos, ou se laissent surprendre eux-mêmes et tailler en pièces honteusement. Vous ferez en sorte que ceux qui vous sont inférieurs ne puissent jamais pénétrer vos desseins. […] Toute campagne guerrière doit être réglée sur le semblant ; feignez le désordre, ne manquez jamais d’offrir un appât à l’ennemi pour le leurrer, simulez l’infériorité pour encourager son arrogance, sachez attiser son courroux pour mieux le plonger dans la confusion : sa convoitise le lancera sur vous pour s’y briser ».

Le détour comme médiation symbolique

L’extrait est particulièrement éclairant : plutôt que d’attaquer directement l’ennemi, Sun Tzu montre que ruser, biaiser, inventer, piéger, bref éviter l’affrontement direct est le but de tout stratége. Au face-à-face, l’auteur privilégie plus subtilement d’aborder de biais les problèmes grâce à un changement de code. C’est encore lui qui affirme dans l’Art de la guerre : « La meilleure stratégie est celle qui permet d’atteindre ses objectifs sans avoir à se battre ». De fait, alors que le réflexe immédiat serait celui de l’attaque directe, Sun Tzu suggère qu’elle serait vouée à l’échec du fait même qu’elle n’offre aucun recul. C’est donc sur le mode de l’indirect qu’il convient d’analyser le thème du détour. « D’un point de vue communicationnel par exemple, on peut affirmer de toute stratégie indirecte qu’elle est une relation dérivée du système guerrier à l’égard duquel elle se pose dans un rapport de métaconflictualité » (***). Par « métaconflictualité », il faut entendre une pratique de la guerre qui consiste à substituer la stratégie indirecte à l’attaque directe. Le métaconflit constitue en cela un terrain d’investigation privilégié, puisqu’à la base, il y a écart, déviance, transgression, contournement.

Il serait judicieux à ce titre de s’intéresser à la négociation, comme stratégie du détour. « Négocier signifie qu’entre systèmes de représentation peut prendre place le rapport de parole qui, introduisant le tiers fondateur du discours, se substitue au rapport de meurtre. Il s’agit en somme de déménager les enjeux de violence vers des métaphores de substitution, moyennant le sacrifice d’une part de soi, comme l’exige toute stratégie du détour (***) ». Comme on le voit ce thème introduit une autre sémiotique : la stratégie militaire, telle que la conçoit Sun Tzu par exemple, privilégie le métaconflit au sens où nous l’entendions, c’est-à-dire un rapport de médiation vis-à-vis du réel et de l’attaque directe en détournant la guerre vers des stratégies de substitution : la digression, l’oblique, l’attente, le semblant, le contretemps désiré… sont non seulement des moyens de cerner l’ennemi, mais des représentations figuratives du conflit, qui paradoxalement, ont permis de sauver l’essence même de la guerre en favorisant son déplacement métonymique dans l’ordre symbolique. Ainsi, le détour doit-il être analysé d’abord comme médiation symbolique, d’ailleurs assez proche de certaines figures de l’art littéraire ou pictural :

L’arabesque plutôt que la ligne droite ; le jeu, le « faire comme si », la mise en scène plutôt que l’attaque ; le figuré plutôt que le littéral, la métaphore, la périphrase ou l’euphémisme plutôt que la réalité, l’écart plutôt que la règle, la digression plutôt que la norme, le connoté plutôt que le dénoté, le style plutôt que le banal…

En ce sens, on peut parler d’une véritable esthétique du détour (****)…

_________________

(*)  Le Détour, collectif, éd. La Licorne, UFR Langues Littératures Poitiers, Maison des Sciences de l’Homme et de la Société, 2000.

(**) Sun Tzu, L’Art de la guerre, Flammarion « Champs, Essais » 2008. Il existe par ailleurs quelques éditions électroniques de l’ouvrage de Sun Tzu, disponibles en ligne gratuitement.

(***) Bruno Rigolt, Les Négociations soviéto-américaines dans la phase nucléaire et leurs implications pour la sécurité européenne (1990). Thèse de Doctorat couronnée par le Prix de la Chancellerie des Universités de Paris.

(****) Voir l’article intitulé Langage et Sémiotique du détour” : mise en ligne mercredi 25 février, 21:00

Concours d'expression orale… Entraînement n°3

L’organisation de l’exposé
Un problème qui se pose souvent aux candidat(e)s tient à l’organisation de l’exposé oral.  Avec le stress, et en cherchant à improviser, on fait moins attention à structurer le plan, de là certains discours qui partent dans tous les sens, sans suivre une logique de progression. Dès que vous aurez sélectionné votre sujet, et commencé à choisir vos idées, je vous conseille de vous poser les questions suivantes : « Qu’est-ce que je veux prouver exactement ? », « D’où est-ce que je vais partir… Pour parvenir où ? » Veillez à structurer votre parcours analytique ou argumentatif : oral ne veut pas dire désordre, bien au contraire ! Choisissez une idée directrice, c’est-à-dire le thème central à partir duquel vous organiserez votre démonstration. Evitez de trop multiplier les questionnements, qui risquent de faire perdre de vue le principe d’organisation logique de votre exposé. Pensez par ailleurs aux transitions quand vous enchaînez les idées entre elles. Concernant les citations, elles sont toujours utiles dans un exposé, à la condition de les choisir à bon escient et de ne pas les multiplier, afin d’éviter la lourdeur encyclopédique. D’expérience, j’ai constaté que de nombreux candidats avaient tendance à bâcler leur conclusion, sans doute par stress, émotion ou désir d’en finir ? Toujours est-il que c’est le meilleur moyen d’abaisser votre note. La conclusion se prépare dès l’élaboration du plan : elle ne consiste surtout pas à résumer le développement, ni à reproduire le plan annoncé : essayez de reformuler les idées en mettant en valeur l’évolution de votre pensée, et en élargissant si possible ou en proposant une « chute » originale. Vous devez soigner particulièrement la conclusion puisqu’elle est le dernier élément que le jury aura encore à l’esprit au moment d’évaluer votre exposé.
La stratégie de la « première minute »
Dans un exposé de 5 minutes, la première minute est déterminante. Dès votre introduction (qui doit être brève), soignez l’amorce : vous devez accrocher le jury, par exemple en utilisant une citation originale, une anecdote, un questionnement. Si vous avez choisi un sujet plaisant, pourquoi ne pas employer l’apostrophe qui consiste à interpeller : « C’est à toi que je m’adresse, Jury tout puissant ! » Le but étant de capter l’attention, sachez exploiter les figures de style. L’accumulation peut se révéler très utile quand on cherche à créer un effet d’insistance en multipliant les mots voisins : «  Chiffonné, brisé, maltraité, fracturé… Que dis-je : disloqué… Voilà bien le portrait de l’homo œconomicus  moderne. Primate prétendu rationnel, logique, normalisé, standardisé… ». L’accumulation des participes passés ou des adjectifs crée ici un effet d’insistance. Le procédé assez proche de l’anaphore est également intéressant dans un exposé oral, la répétition d’un même mot au début d’une série de phrases permettant de renforcer l’idée : « notre monde de guerres, notre monde de violence, de non-sens et de différences, notre monde pourrait-il être un autre monde, un véritable… « notre » monde… Tant il est vrai que la terre est ce que nous en faisons » Ici la répétition de l’expression « notre monde », et le jeu sur les correspondances sonores (violence/sens/différences ; autre/notre) amènent à un style assez lyrique qui peut convenir pour une conclusion par exemple. 
Exploitez vos connaissances scolaires
N’oubliez pas non plus certains procédés de détournement : le pastiche et surtout la parodie sont un moyen d’exploiter astucieusement vos connaissances scolaires. Voici deux exemples :

  1. Qui ne connaît pas cette envolée lyrique du général de Gaulle, aux premières heures de la libération de Paris, le 25 août 1944 : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! » Un détournement de cette gradation ternaire archi connue peut constituer une bonne accroche, en jouant sur l’anachronisme : « l’escargot de Bourgogne outragé ! l’escargot brisé ! l’escargot martyrisé ! Mais l’escargot libéré ! Fuyez : ail et persil, Hors de ma vue : beurre, poêle et cocottes ! »
  2. Deuxième exemple : un pastiche du fameux « Lac » de Lamartine : ce texte lyrique qui figure parmi les plus belles pages de la poésie se révèle du fait de sa célébrité très intéressant dans le cadre d’un pastiche : « Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, /Dans la nuit éternelle emportés sans retour, /Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges /Jeter l’ancre un seul jour ? »… « Ainsi, toujours poussés vers des travaux de Maths ou de Grammaire /Dans la nuit éternelle emportés sans retour, /Ne pourrons-nous jamais pendant l’année scolaire/ Poser la plume un seul jour ? » L’anachronisme, quand il est voulu, est donc un excellent moyen de capter l’attention si le sujet le permet.

Quatre sujets inédits
Je vous propose de vous entraîner cette semaine sur quatre sujets inédits :

  • Pensez-vous qu’il faille réinventer un nouveau modèle social pour notre monde ?
  • Le progrès… C’est bien quand ça s’arrête ?
  • Faire le tour du monde ou faire un tour ?
  • Faites votre éloge.

Entrainez-vous sur ces quatre sujets en exploitant tout ce qui a été dit jusqu’à présent : n’oubliez pas de reprendre aussi les autres entraînements à ce concours.

Concours d’expression orale… Entraînement n°3

L’organisation de l’exposé

Un problème qui se pose souvent aux candidat(e)s tient à l’organisation de l’exposé oral.  Avec le stress, et en cherchant à improviser, on fait moins attention à structurer le plan, de là certains discours qui partent dans tous les sens, sans suivre une logique de progression. Dès que vous aurez sélectionné votre sujet, et commencé à choisir vos idées, je vous conseille de vous poser les questions suivantes : « Qu’est-ce que je veux prouver exactement ? », « D’où est-ce que je vais partir… Pour parvenir où ? » Veillez à structurer votre parcours analytique ou argumentatif : oral ne veut pas dire désordre, bien au contraire ! Choisissez une idée directrice, c’est-à-dire le thème central à partir duquel vous organiserez votre démonstration. Evitez de trop multiplier les questionnements, qui risquent de faire perdre de vue le principe d’organisation logique de votre exposé. Pensez par ailleurs aux transitions quand vous enchaînez les idées entre elles. Concernant les citations, elles sont toujours utiles dans un exposé, à la condition de les choisir à bon escient et de ne pas les multiplier, afin d’éviter la lourdeur encyclopédique. D’expérience, j’ai constaté que de nombreux candidats avaient tendance à bâcler leur conclusion, sans doute par stress, émotion ou désir d’en finir ? Toujours est-il que c’est le meilleur moyen d’abaisser votre note. La conclusion se prépare dès l’élaboration du plan : elle ne consiste surtout pas à résumer le développement, ni à reproduire le plan annoncé : essayez de reformuler les idées en mettant en valeur l’évolution de votre pensée, et en élargissant si possible ou en proposant une « chute » originale. Vous devez soigner particulièrement la conclusion puisqu’elle est le dernier élément que le jury aura encore à l’esprit au moment d’évaluer votre exposé.

La stratégie de la « première minute »

Dans un exposé de 5 minutes, la première minute est déterminante. Dès votre introduction (qui doit être brève), soignez l’amorce : vous devez accrocher le jury, par exemple en utilisant une citation originale, une anecdote, un questionnement. Si vous avez choisi un sujet plaisant, pourquoi ne pas employer l’apostrophe qui consiste à interpeller : « C’est à toi que je m’adresse, Jury tout puissant ! » Le but étant de capter l’attention, sachez exploiter les figures de style. L’accumulation peut se révéler très utile quand on cherche à créer un effet d’insistance en multipliant les mots voisins : «  Chiffonné, brisé, maltraité, fracturé… Que dis-je : disloqué… Voilà bien le portrait de l’homo œconomicus  moderne. Primate prétendu rationnel, logique, normalisé, standardisé… ». L’accumulation des participes passés ou des adjectifs crée ici un effet d’insistance. Le procédé assez proche de l’anaphore est également intéressant dans un exposé oral, la répétition d’un même mot au début d’une série de phrases permettant de renforcer l’idée : « notre monde de guerres, notre monde de violence, de non-sens et de différences, notre monde pourrait-il être un autre monde, un véritable… « notre » monde… Tant il est vrai que la terre est ce que nous en faisons » Ici la répétition de l’expression « notre monde », et le jeu sur les correspondances sonores (violence/sens/différences ; autre/notre) amènent à un style assez lyrique qui peut convenir pour une conclusion par exemple. 

Exploitez vos connaissances scolaires

N’oubliez pas non plus certains procédés de détournement : le pastiche et surtout la parodie sont un moyen d’exploiter astucieusement vos connaissances scolaires. Voici deux exemples :

  1. Qui ne connaît pas cette envolée lyrique du général de Gaulle, aux premières heures de la libération de Paris, le 25 août 1944 : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! » Un détournement de cette gradation ternaire archi connue peut constituer une bonne accroche, en jouant sur l’anachronisme : « l’escargot de Bourgogne outragé ! l’escargot brisé ! l’escargot martyrisé ! Mais l’escargot libéré ! Fuyez : ail et persil, Hors de ma vue : beurre, poêle et cocottes ! »
  2. Deuxième exemple : un pastiche du fameux « Lac » de Lamartine : ce texte lyrique qui figure parmi les plus belles pages de la poésie se révèle du fait de sa célébrité très intéressant dans le cadre d’un pastiche : « Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, /Dans la nuit éternelle emportés sans retour, /Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges /Jeter l’ancre un seul jour ? »… « Ainsi, toujours poussés vers des travaux de Maths ou de Grammaire /Dans la nuit éternelle emportés sans retour, /Ne pourrons-nous jamais pendant l’année scolaire/ Poser la plume un seul jour ? » L’anachronisme, quand il est voulu, est donc un excellent moyen de capter l’attention si le sujet le permet.

Quatre sujets inédits

Je vous propose de vous entraîner cette semaine sur quatre sujets inédits :

  • Pensez-vous qu’il faille réinventer un nouveau modèle social pour notre monde ?
  • Le progrès… C’est bien quand ça s’arrête ?
  • Faire le tour du monde ou faire un tour ?
  • Faites votre éloge.

Entrainez-vous sur ces quatre sujets en exploitant tout ce qui a été dit jusqu’à présent : n’oubliez pas de reprendre aussi les autres entraînements à ce concours.

Spécial BTS Culture générale… Les métamorphoses de l'image : de Lascaux à Big Brother

bts2009.1232872062.jpgCet article est organisé selon les problématiques du thème BTS 2008-2009 « Faire voir : quoi? Comment? Pour quoi? »
Il est conçu pour entraîner les étudiant(e)s  de deuxième année à la confrontation d’idées et d’auteurs tout en permettant un enrichissement de leur culture personnelle.

____________________

Les Métamorphoses de l’image : de Lascaux à Big Brother

Résumé de l’article : Des origines jusqu’à nos jours, les civilisations ont multiplié les moyens de donner à voir par l’image : aux formes d’expression traditionnelle comme l’art, les médias nouveaux entraînés par les progrès techniques (télévision, cinéma, Internet) mettent en évidence la nécessité d’une réflexion éthique et d’un questionnement épistémologique quant aux finalités de l’image.
 
 
 
 
 

Le cheval de Lascaux…

lascaux.1232822504.jpgL’image est apparue bien avant l’écriture. À l’origine, elle avait une fonction essentiellement symbolique : religieuse ou sacrée. Mais c’est surtout son rôle métaphorique, c’est-à-dire de distanciation vis-à-vis du réel, qui a été l’une des conditions de développement du spirituel et du symbolique. Dès la Préhistoire par exemple, la représentation stylisée de la nature à travers le règne animal fournira les premielascaux1.1232826763.jpgrs motifs par lesquels commence l’histoire de l’art. Regardez ces chevaux de la Grotte de Lascaux : nous avons affaire ici à une véritable métaphore visuelle. La représentation iconique de l’animal esquisse le geste métaphorique : le cheval n’est pas la réalité mais une représentation stylisée, esthétisante de la nature. Soutenus par l’emportement des formes et l’éloquence de la couleur, les chevaux de Lascaux proposent le plus lyrique des dialogues entre la réalité et sa représentation iconique : traits, points, taches composent une véritable œuvre d’art. Les chevaux sont représentés sous une forme métaphorique qui rappelle la finalité première de l’image : sa fonction n’est-elle pas d’abord esthétique? C’est Balzac, qui dans Le Chef-d’œuvre inconnu affirmait : « la mission de l’art n’est pas de copier la nature mais de l’exprimer ». De fait, le cheval ne saurait être assimilé à l’animal qu’il représente : une signification symbolique lui est associée du fait qu’il est une représentation.

« La trahison des images »

On voit ainsi comment, à partir des peintures rupestres de Lascaux, nous pouvons réfléchir au rôle de l’image dans l’art. À cet égard, vous connaissez samagritte.1232822706.jpgns doute la toile célèbre du peintre Magritte, « La Trahison des images », exposée au County Museum of Art de Los Angeles. Le tableau est en effet révélateur du profond bouleversement introduit par l’art du vingtième siècle. Peint en 1929, il repose sur une véritable mystification : il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante : « Ceci n’est pas une pipe ». L’intention la plus évidente de Magritte est de montrer que, même peint de la manière la plus réaliste qui soit, un tableau qui représente une pipe n’est pas une pipe. Il n’en est que l’image, la représentation. Au-delà de l’humour évident, ce discours sur le rapport arbitraire du signifiant visuel au signifié s’inscrit évidemment dans le vaste mouvement critique et subversif de détournement des codes sociaux, qui a permis à l’art moderne de devenir un véritable ferment d’idées.

La fonction esthétique de l’image

Le thème « Faire voir » du BTS amène beaucoup à réfléchir à l’idée de manipulation par l’image. Reconnaissons que l’art, s’il est une manipulation de la réalité, est une manipulation positive, féconde, stimulante intellectuellement. Observez ce portrait de Picasso par le peintre espagnol Juan Gris : ce maître du Cubisme, en détachant son gris.1232822854.jpgportrait de la tradition de l’imitation, vient assigner une valeur symbolique à l’image : d’une part, le refus de la reproduction de la forme naturelle, et d’autre part la création d’un monde de formes loin des schémas connus et répétés de la « narration-représentation » émancipent le signe iconique : le visage semble métamorphosé par l’art, et l’espace conséquemment modifié. Ce renversement de la relation entre l’objet et la réalité sera d’ailleurs l’une des constantes de l’art du vingtième siècle, à commencer par le Cubisme. Le tableau de Picasso intitulé « Le Fauteuil rouge » est une parfaite illustration des remarques précédentes. En introduisant dans sa peinture des distorsions, des schématisations géométriques, des morcellements, le peintre provoque une remise en question des normfauteuilrouge.1232822873.jpges de beauté déjà instituées en Europe, et produit un renversement des goûts et des pensées. Dégagé de son contexte référentiel, le visage semble reprendre forme. Il faut ici faire remarquer combien, au-delà de la peinture de Picasso et du Cubisme, c’est tout l’art moderne qui a révolutionné notre rapport à la réalité. L’image devenant ainsi un instrument d’exploration et progressivement, de transgression sociale.

Image, contreculture et désublimation

Il n’est pas étonnant dès lors que la Contreculture et le Pop’Art se soient tant intéressés à partir des années Soixante à cette fonction contestataire du signe iconique. Mais en désacralisant l’image, et en la libérant du culte de la tradition, ces artistes en ont du même coup perdu le sens symbolique. Roy Lichtenstein ou Andy Warhol n’ont-ils pas en fait vidé l’image de son contenu sémantique? Dans la Société du spectacle (1967), Guy Debord, reprenant la critique marxienne du fétichisme de la marchandise, s’en prend au culte de l’objet de consommation à partir des Trente Glorieuses. Dans cette perspective, on pourrait dire que la société de consommation, en se réfèrant à un mode de reproduction basé sur la fabrication incessante d’objets et d’images selon une logique de standardisation et de vulgarisation, a désublimé la valeur intrinsèque de l’art, sous couvert d’une démocratisation de la culture. Regardez cette boîte de conserve Campbell’s Soup de Warhol ou le portrait de Marilyn Monroe reproduit « à l’identique » à des milliers d’exemplaires grâce au procédé de la sérigraphie : provocation? Transgression? Ce qui est sûr, c’est que cette approche volontairement non-picturale ouvre la voie à un processus de désublimation de l’image et de marchandisation de la culture. Conçues à l’origine pour dénoncer notre société de consommation,warhol.1232823033.jpg les sérigraphies de Warhol en deviennent malgré elles le signe d’appartenance : cette mise en abîme de la société de consommation par elle-même altère donc le fonctionnement symbolique de l’art et met en lumière la façon dont l’image peut nous manipuler implicitement.

L’effet anesthésiant des images

Non seulement, la circulation d’images ne cesse de s’accélérer mais elle a entraîné un phénomène de saturation et de banalisation : on pourrait parler d’un effet anesthésiant des images. Alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime, selon une logique individualiste et narcissique. La question qu’on peut se poser est donc celle-ci : dominée de plus en plus par la banalisation de l’image et le consumérisme, notre société semble avoir perdu sa relation au sens. On pourrait évoquer ici l’historien d’art René Huyghes qui dès 1955 dans son essai Dialogue avec le visible affirmait : « Notre vie s’organise autour de sensations élémentaires, sonnerie, feu rouge, ou vert, barre sur un disque coloré, etc., qui, par un incroyable dressage, commandent des actes appropriés. […] L’exposé de la pensée, parallèlement, perd ses caractères discursifs pour produire des effets plus soudains, plus proches de la sensation; il vise davantage au concentré pour parvenir à cette forme moderne, le slogan, où la notion incluse, à force de se ramasser, en arrive à imiter l’effet d’un choc sensoriel et son automatisme. La phrase glisse au heurt visuel. Stéréotypée, elle ne demande plus à être comprise, mais seulement reconnue. » Faut-il dès lors s’étonner que dans une publicité récente, un opérateur de téléphonie se serve implicitement de l’œuvre de Van Gogh pour vendre un forfait « tout compris »? Ou que l’artiste américain Jeff Koons suspende dans le salon de Mars du chateau de Versailles un homard géant, sous prétexte de faire de l’art? La modernité a largement dévalorisé le contenu sémantique de l’image : notre société actuelle en est saturée! De contre-culture dans les années 70, l’image est devenue culture de masse ; de représentation de l’objet, elle est devenue objet de consommation : elle s’est confondue avec ce qu’elle représente, c’est-à-dire le réel.

« Vu à la Télé »

Il faut ici s’intéresser à la télévision, en tant que phénomène de société. vualatele.1232823770.jpgVous avez toutes et tous remarqué sur les vitrines de certains magasins l’affiche « Vu à la télé », comme si l’image télévisuelle authentifiait le produit! La télévision constitue en effet un très bon exemple de cette marchandisation de la culture que j’évoquais à l’instant. C’est Bruno Frappat (Le Monde du 12 août 1992) qui remarquait très justement: « Le siège des émotions n’est plus le cerveau mais le téléviseur. Il est là pour nous alimenter en émotions positives ou négatives : rires, larmes, colère, tout y naît. La conséquence en est qu’à terme nous ne vivons plus directement dans le réel, mais par images interposées ». La télévision a ainsi dévalorisé l’image au point d’en faire une banale marchandise soumise au « marché », au profit et à la logique de l’audimat. Conséquence : des images de plus en plus spectaculaires afin de séduire le grand public. On vendra de « l’extraordinaire », du « jamais vu », de la « catastrophe ». Le romancier Georges Pérec faisait remarquer avec humour dans l’Infra-Ordinaire (1984) : « Ce qui nous parle, me semble-t-il, c’est toujours l’événement, l’insolite, l’extra-ordinaire […]. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu’ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n’accèdent à l’existence que lorsqu’ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes » ! Plus fondamentalement, cette spectacularisation de l’information liée à l’image tend à décrédibiliser l’information, au point de n’en faire qu’un spectacle. C’est cette emprise du support sur le signifié que résume la formule célèbre du sociologue canadien Marshall McLuhan (1911-1980) : « Le medium est le message » : vidée de son sens, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Il n’est donc pas étonnant que le « village global » de Mc Luhan soit devenu un immense champ de « politique spectacle », loin des normes esthétiques traditionnelles ou des conventions de la morale. Que dire de ces émissions de télé-réalité, secretstory.1232824036.jpgoù l’on vend les participants comme des produits !

Image, « information-spectacle » et désinformation

Dans un essai très stimulant intitulé Sur la télévision (1996), le sociologue Pierre Bourdieu montre que par son pouvoir de déformation du champ informationnel, la télévision, au lieu de produire de la différence, va tout homogénéiser selon une logique démagogique de « marché » et de normalisation sociale : on ne montrera que ce qui « passe bien ». De là, les mêmes images, les mêmes reportages… Redondante, l’information devient surinformation régie par une logique de reproduction et d’uniformisation : « ils en ont parlé, il faut qu’on en parle aussi ». Mais cette pléthore d’images souligne en fait une rhétorique du simulacre : à travers elle s’impose la recherche de ce qui fait vendre, à commencer par « l’hyper-émotion », « l’information-spectacle ». On pourrait évoquer aussi le phénomène de la « politique spectacle »… balandier.1232824642.jpgApparue à partir des années 1990, cette expression désigne la médiatisation d’événements mettant en avant la personnalité et la vie privée des responsables politiques, transformés en véritables stars. Précisément, l’ethnologue et sociologue français Georges Balandier a publié en 2006 un essai passionnant intitulé Le Pouvoir sur scènes. L’auteur analyse le pouvoir politique selon une logique de « mise en scène ». Cette mise en scène du pouvoir politique est un véritable « faire voir ». Comme le disait Grégory Derville (Le Pouvoir des médias, mythes et réalités, 2005) : « Faire de la politique, et en particulier gouverner, ce n’est pas seulement « faire », mais c’est aussi « faire savoir ». D’où l’intérêt d’analyser le pouvoir politique comme un « rituel social » de théâtralisation : la médiatisation de la politique dans les démocraties contemporaines obéirait ainsi à une mise en scène du pouvoir. Roger-Gérard Schwartzenberg dans son livre l’Etat spectacle dénonce ce statut nouveau de l’homme politique, devenu vedette du fait des médias.

La « démocratie occulte » à l’heure de la postmodernité

Comme vous le voyez, toute réflexion sur l’image est indissociable d’une réflexion épistémologique sur le pouvoir : l’idée d’un possible contrôle de l’information, et donc la manière dont les médias pourraient être utilisés ou récupérés par les pouvoirs politiques est en effet un enjeu majeur pour nos démocraties. De par son aspect réifiant, l’image n’a pas besoin d’être prouvée : on la subit, on la croit d’autant plus facilement qu’elle impose son évidence. C’est ce qui explique d’ailleurs la propension des totalitarismes à en abuser largement dans un but d’agitation ou de propagande. Comme on le pressent, les changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image et les nouvelles technologies numériques doivent aussi nous interpeller surorwell.1232877093.jpg le plan éthique. Le « village global » de Mc Luhan semble bien préfigurer ce qu’on a appelé la « démocratie occulte », véritable Léviathan de la société post-industrielle. Le contrôle des medias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : « Big Brother » n’est pas seulement un roman d’anticipation ! L’œuvre magistrale qu’Orwell écrivit en 1948 nous impose une réflexion éthique et morale sur une possible défaite de la pensée : avec les avancées technologiques des médias, faut-il craindre dès lors la surabondance des images, et conséquemment la manipulation du réel qu’elle entraîne? Comme le remarquait justement Dominique Wolton (Internet et après ? Une théorie critique des nouveaux média), « La technique est moins importante que les hommes ou que la société, l’important, c’est le projet humain qui est derrière ». Le mythe d’une société mondialisée de l’hypercommunication est donc une sorte de roman d’anticipation dont nous commençons à peine à tourner les pages : faire voir, mais quoi ? Par quels moyens ? Dans quel but ? Autant de questions qui rivalisent avec les affirmations du progrès et que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire…

© Bruno Rigolt, janvier 2009 (Lycée en Forêt, Montargis)
Creative Commons License
NetÉtiquette : « Les métamorphoses de l’image : de Lascaux à Big Brother » par Bruno Rigolt est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source : http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/
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Bibliographie
  • René Huyghes, Dialogue avec le visible (1955)
  • Guy Debord, La Société du spectacle (1967)
  • Georges Pérec, L’Infra-Ordinaire (1984)
  • Pierre Bourdieu, Sur la télévision (1996)
  • Grégory Derville, Le Pouvoir des médias, mythes et réalités (2005)
  • Georges Balandier, Le Pouvoir sur scènes (2006)

Spécial BTS Culture générale… Les métamorphoses de l’image : de Lascaux à Big Brother

bts2009.1232872062.jpgCet article est organisé selon les problématiques du thème BTS 2008-2009 « Faire voir : quoi? Comment? Pour quoi? »
Il est conçu pour entraîner les étudiant(e)s  de deuxième année à la confrontation d’idées et d’auteurs tout en permettant un enrichissement de leur culture personnelle.

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Les Métamorphoses de l’image : de Lascaux à Big Brother

Résumé de l’article : Des origines jusqu’à nos jours, les civilisations ont multiplié les moyens de donner à voir par l’image : aux formes d’expression traditionnelle comme l’art, les médias nouveaux entraînés par les progrès techniques (télévision, cinéma, Internet) mettent en évidence la nécessité d’une réflexion éthique et d’un questionnement épistémologique quant aux finalités de l’image.
 
 
 
 
 

Le cheval de Lascaux…

lascaux.1232822504.jpgL’image est apparue bien avant l’écriture. À l’origine, elle avait une fonction essentiellement symbolique : religieuse ou sacrée. Mais c’est surtout son rôle métaphorique, c’est-à-dire de distanciation vis-à-vis du réel, qui a été l’une des conditions de développement du spirituel et du symbolique. Dès la Préhistoire par exemple, la représentation stylisée de la nature à travers le règne animal fournira les premielascaux1.1232826763.jpgrs motifs par lesquels commence l’histoire de l’art. Regardez ces chevaux de la Grotte de Lascaux : nous avons affaire ici à une véritable métaphore visuelle. La représentation iconique de l’animal esquisse le geste métaphorique : le cheval n’est pas la réalité mais une représentation stylisée, esthétisante de la nature. Soutenus par l’emportement des formes et l’éloquence de la couleur, les chevaux de Lascaux proposent le plus lyrique des dialogues entre la réalité et sa représentation iconique : traits, points, taches composent une véritable œuvre d’art. Les chevaux sont représentés sous une forme métaphorique qui rappelle la finalité première de l’image : sa fonction n’est-elle pas d’abord esthétique? C’est Balzac, qui dans Le Chef-d’œuvre inconnu affirmait : « la mission de l’art n’est pas de copier la nature mais de l’exprimer ». De fait, le cheval ne saurait être assimilé à l’animal qu’il représente : une signification symbolique lui est associée du fait qu’il est une représentation.

« La trahison des images »

On voit ainsi comment, à partir des peintures rupestres de Lascaux, nous pouvons réfléchir au rôle de l’image dans l’art. À cet égard, vous connaissez samagritte.1232822706.jpgns doute la toile célèbre du peintre Magritte, « La Trahison des images », exposée au County Museum of Art de Los Angeles. Le tableau est en effet révélateur du profond bouleversement introduit par l’art du vingtième siècle. Peint en 1929, il repose sur une véritable mystification : il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante : « Ceci n’est pas une pipe ». L’intention la plus évidente de Magritte est de montrer que, même peint de la manière la plus réaliste qui soit, un tableau qui représente une pipe n’est pas une pipe. Il n’en est que l’image, la représentation. Au-delà de l’humour évident, ce discours sur le rapport arbitraire du signifiant visuel au signifié s’inscrit évidemment dans le vaste mouvement critique et subversif de détournement des codes sociaux, qui a permis à l’art moderne de devenir un véritable ferment d’idées.

La fonction esthétique de l’image

Le thème « Faire voir » du BTS amène beaucoup à réfléchir à l’idée de manipulation par l’image. Reconnaissons que l’art, s’il est une manipulation de la réalité, est une manipulation positive, féconde, stimulante intellectuellement. Observez ce portrait de Picasso par le peintre espagnol Juan Gris : ce maître du Cubisme, en détachant son gris.1232822854.jpgportrait de la tradition de l’imitation, vient assigner une valeur symbolique à l’image : d’une part, le refus de la reproduction de la forme naturelle, et d’autre part la création d’un monde de formes loin des schémas connus et répétés de la « narration-représentation » émancipent le signe iconique : le visage semble métamorphosé par l’art, et l’espace conséquemment modifié. Ce renversement de la relation entre l’objet et la réalité sera d’ailleurs l’une des constantes de l’art du vingtième siècle, à commencer par le Cubisme. Le tableau de Picasso intitulé « Le Fauteuil rouge » est une parfaite illustration des remarques précédentes. En introduisant dans sa peinture des distorsions, des schématisations géométriques, des morcellements, le peintre provoque une remise en question des normfauteuilrouge.1232822873.jpges de beauté déjà instituées en Europe, et produit un renversement des goûts et des pensées. Dégagé de son contexte référentiel, le visage semble reprendre forme. Il faut ici faire remarquer combien, au-delà de la peinture de Picasso et du Cubisme, c’est tout l’art moderne qui a révolutionné notre rapport à la réalité. L’image devenant ainsi un instrument d’exploration et progressivement, de transgression sociale.

Image, contreculture et désublimation

Il n’est pas étonnant dès lors que la Contreculture et le Pop’Art se soient tant intéressés à partir des années Soixante à cette fonction contestataire du signe iconique. Mais en désacralisant l’image, et en la libérant du culte de la tradition, ces artistes en ont du même coup perdu le sens symbolique. Roy Lichtenstein ou Andy Warhol n’ont-ils pas en fait vidé l’image de son contenu sémantique? Dans la Société du spectacle (1967), Guy Debord, reprenant la critique marxienne du fétichisme de la marchandise, s’en prend au culte de l’objet de consommation à partir des Trente Glorieuses. Dans cette perspective, on pourrait dire que la société de consommation, en se réfèrant à un mode de reproduction basé sur la fabrication incessante d’objets et d’images selon une logique de standardisation et de vulgarisation, a désublimé la valeur intrinsèque de l’art, sous couvert d’une démocratisation de la culture. Regardez cette boîte de conserve Campbell’s Soup de Warhol ou le portrait de Marilyn Monroe reproduit « à l’identique » à des milliers d’exemplaires grâce au procédé de la sérigraphie : provocation? Transgression? Ce qui est sûr, c’est que cette approche volontairement non-picturale ouvre la voie à un processus de désublimation de l’image et de marchandisation de la culture. Conçues à l’origine pour dénoncer notre société de consommation,warhol.1232823033.jpg les sérigraphies de Warhol en deviennent malgré elles le signe d’appartenance : cette mise en abîme de la société de consommation par elle-même altère donc le fonctionnement symbolique de l’art et met en lumière la façon dont l’image peut nous manipuler implicitement.

L’effet anesthésiant des images

Non seulement, la circulation d’images ne cesse de s’accélérer mais elle a entraîné un phénomène de saturation et de banalisation : on pourrait parler d’un effet anesthésiant des images. Alors qu’avant, seul l’exceptionnel pouvait prétendre à être figuré, de nos jours n’importe quoi peut être saisi, y compris le banal ou l’intime, selon une logique individualiste et narcissique. La question qu’on peut se poser est donc celle-ci : dominée de plus en plus par la banalisation de l’image et le consumérisme, notre société semble avoir perdu sa relation au sens. On pourrait évoquer ici l’historien d’art René Huyghes qui dès 1955 dans son essai Dialogue avec le visible affirmait : « Notre vie s’organise autour de sensations élémentaires, sonnerie, feu rouge, ou vert, barre sur un disque coloré, etc., qui, par un incroyable dressage, commandent des actes appropriés. […] L’exposé de la pensée, parallèlement, perd ses caractères discursifs pour produire des effets plus soudains, plus proches de la sensation; il vise davantage au concentré pour parvenir à cette forme moderne, le slogan, où la notion incluse, à force de se ramasser, en arrive à imiter l’effet d’un choc sensoriel et son automatisme. La phrase glisse au heurt visuel. Stéréotypée, elle ne demande plus à être comprise, mais seulement reconnue. » Faut-il dès lors s’étonner que dans une publicité récente, un opérateur de téléphonie se serve implicitement de l’œuvre de Van Gogh pour vendre un forfait « tout compris »? Ou que l’artiste américain Jeff Koons suspende dans le salon de Mars du chateau de Versailles un homard géant, sous prétexte de faire de l’art? La modernité a largement dévalorisé le contenu sémantique de l’image : notre société actuelle en est saturée! De contre-culture dans les années 70, l’image est devenue culture de masse ; de représentation de l’objet, elle est devenue objet de consommation : elle s’est confondue avec ce qu’elle représente, c’est-à-dire le réel.

« Vu à la Télé »

Il faut ici s’intéresser à la télévision, en tant que phénomène de société. vualatele.1232823770.jpgVous avez toutes et tous remarqué sur les vitrines de certains magasins l’affiche « Vu à la télé », comme si l’image télévisuelle authentifiait le produit! La télévision constitue en effet un très bon exemple de cette marchandisation de la culture que j’évoquais à l’instant. C’est Bruno Frappat (Le Monde du 12 août 1992) qui remarquait très justement: « Le siège des émotions n’est plus le cerveau mais le téléviseur. Il est là pour nous alimenter en émotions positives ou négatives : rires, larmes, colère, tout y naît. La conséquence en est qu’à terme nous ne vivons plus directement dans le réel, mais par images interposées ». La télévision a ainsi dévalorisé l’image au point d’en faire une banale marchandise soumise au « marché », au profit et à la logique de l’audimat. Conséquence : des images de plus en plus spectaculaires afin de séduire le grand public. On vendra de « l’extraordinaire », du « jamais vu », de la « catastrophe ». Le romancier Georges Pérec faisait remarquer avec humour dans l’Infra-Ordinaire (1984) : « Ce qui nous parle, me semble-t-il, c’est toujours l’événement, l’insolite, l’extra-ordinaire […]. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu’ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n’accèdent à l’existence que lorsqu’ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes » ! Plus fondamentalement, cette spectacularisation de l’information liée à l’image tend à décrédibiliser l’information, au point de n’en faire qu’un spectacle. C’est cette emprise du support sur le signifié que résume la formule célèbre du sociologue canadien Marshall McLuhan (1911-1980) : « Le medium est le message » : vidée de son sens, l’image télévisuelle est subie par le téléspectateur : la culture devient consommation, la découverte voyeurisme ! Il n’est donc pas étonnant que le « village global » de Mc Luhan soit devenu un immense champ de « politique spectacle », loin des normes esthétiques traditionnelles ou des conventions de la morale. Que dire de ces émissions de télé-réalité, secretstory.1232824036.jpgoù l’on vend les participants comme des produits !

Image, « information-spectacle » et désinformation

Dans un essai très stimulant intitulé Sur la télévision (1996), le sociologue Pierre Bourdieu montre que par son pouvoir de déformation du champ informationnel, la télévision, au lieu de produire de la différence, va tout homogénéiser selon une logique démagogique de « marché » et de normalisation sociale : on ne montrera que ce qui « passe bien ». De là, les mêmes images, les mêmes reportages… Redondante, l’information devient surinformation régie par une logique de reproduction et d’uniformisation : « ils en ont parlé, il faut qu’on en parle aussi ». Mais cette pléthore d’images souligne en fait une rhétorique du simulacre : à travers elle s’impose la recherche de ce qui fait vendre, à commencer par « l’hyper-émotion », « l’information-spectacle ». On pourrait évoquer aussi le phénomène de la « politique spectacle »… balandier.1232824642.jpgApparue à partir des années 1990, cette expression désigne la médiatisation d’événements mettant en avant la personnalité et la vie privée des responsables politiques, transformés en véritables stars. Précisément, l’ethnologue et sociologue français Georges Balandier a publié en 2006 un essai passionnant intitulé Le Pouvoir sur scènes. L’auteur analyse le pouvoir politique selon une logique de « mise en scène ». Cette mise en scène du pouvoir politique est un véritable « faire voir ». Comme le disait Grégory Derville (Le Pouvoir des médias, mythes et réalités, 2005) : « Faire de la politique, et en particulier gouverner, ce n’est pas seulement « faire », mais c’est aussi « faire savoir ». D’où l’intérêt d’analyser le pouvoir politique comme un « rituel social » de théâtralisation : la médiatisation de la politique dans les démocraties contemporaines obéirait ainsi à une mise en scène du pouvoir. Roger-Gérard Schwartzenberg dans son livre l’Etat spectacle dénonce ce statut nouveau de l’homme politique, devenu vedette du fait des médias.

La « démocratie occulte » à l’heure de la postmodernité

Comme vous le voyez, toute réflexion sur l’image est indissociable d’une réflexion épistémologique sur le pouvoir : l’idée d’un possible contrôle de l’information, et donc la manière dont les médias pourraient être utilisés ou récupérés par les pouvoirs politiques est en effet un enjeu majeur pour nos démocraties. De par son aspect réifiant, l’image n’a pas besoin d’être prouvée : on la subit, on la croit d’autant plus facilement qu’elle impose son évidence. C’est ce qui explique d’ailleurs la propension des totalitarismes à en abuser largement dans un but d’agitation ou de propagande. Comme on le pressent, les changements techniques et fonctionnels qui accompagnent l’image et les nouvelles technologies numériques doivent aussi nous interpeller surorwell.1232877093.jpg le plan éthique. Le « village global » de Mc Luhan semble bien préfigurer ce qu’on a appelé la « démocratie occulte », véritable Léviathan de la société post-industrielle. Le contrôle des medias par des leaders d’opinion ou des groupes de pression pose en effet la question de la manipulation des masses : « Big Brother » n’est pas seulement un roman d’anticipation ! L’œuvre magistrale qu’Orwell écrivit en 1948 nous impose une réflexion éthique et morale sur une possible défaite de la pensée : avec les avancées technologiques des médias, faut-il craindre dès lors la surabondance des images, et conséquemment la manipulation du réel qu’elle entraîne? Comme le remarquait justement Dominique Wolton (Internet et après ? Une théorie critique des nouveaux média), « La technique est moins importante que les hommes ou que la société, l’important, c’est le projet humain qui est derrière ». Le mythe d’une société mondialisée de l’hypercommunication est donc une sorte de roman d’anticipation dont nous commençons à peine à tourner les pages : faire voir, mais quoi ? Par quels moyens ? Dans quel but ? Autant de questions qui rivalisent avec les affirmations du progrès et que devront se poser nos démocraties à l’aube du troisième millénaire…

© Bruno Rigolt, janvier 2009 (Lycée en Forêt, Montargis)
Creative Commons License
NetÉtiquette : « Les métamorphoses de l’image : de Lascaux à Big Brother » par Bruno Rigolt est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France. La diffusion publique est autorisée sous réserve d’indiquer le nom de l’auteur ainsi que la source : http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/
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Bibliographie
  • René Huyghes, Dialogue avec le visible (1955)
  • Guy Debord, La Société du spectacle (1967)
  • Georges Pérec, L’Infra-Ordinaire (1984)
  • Pierre Bourdieu, Sur la télévision (1996)
  • Grégory Derville, Le Pouvoir des médias, mythes et réalités (2005)
  • Georges Balandier, Le Pouvoir sur scènes (2006)

La citation de la semaine… Les élèves de Seconde 12 ! (1/2)

ecrire.1232563053.jpgUne fois n’est pas coutume, cette semaine et la semaine prochaine je proposerai des citations… d’adolescents, ceux de la classe de Seconde 12 de notre Lycée! Après avoir mené un important travail de recherche sur la fonction de l’écrivain, les jeunes ont souhaité proposer pour ce cahier de texte en ligne leur propre vision de l’écriture. Les propos, d’une grande densité intellectuelle parfois, résument non seulement leurs recherches précédentes, mais en redéfinissent les enjeux à la lumière d’un travail introspectif sur eux-mêmes : « c’est quoi écrire, pour un adolescent européen du vingt-et-unième siècle? »
Voici le premier volet des textes (les autres citations seront publiées mercredi prochain).
Bonne lecture… et bravo encore à toutes ces écrivaines et auteurs en herbe!
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Manon G***me

« Tous ces personnages que je m’invente tissent le fil de mon cocon. »

Lorsque j’écris, je me libère de moi-même : peu à peu les personnages que j’invente s’esquissent, se dessinent et prennent leur envol. En passant de ma vie à celle de l’un de mes personnages inventés, ce n’est pas seulement ma personnalité et ma perception du monde qui changent, c’est aussi mon rapport aux déterminismes, à commencer par le déterminisme physique : à travers mes personnages, je peux être plus petite ou plus grande, plus mince ou plus grosse ! L’écriture est donc une façon de me réinventer : tous ces personnages créés tissent les fils de mon cocon ; chacun apporte sa personnalité et à travers eux je me métamorphose pour prendre mon envol vers ma vie d’adulte, déjà riche de toutes ces vies imaginaires. »

Florine Da***

« Écrire, voilà la vraie parole libre, celle qui permet d’échapper à sa propre solitude. »

« Écrire, c’est quelque part se décrire, c’est-à-dire s’imaginer, se représenter différemment pour ne pas effacer ce que l’on est vraiment. C’est aussi une façon d’avancer sur le chemin pour continuer la vie et toujours se la rappeler. Quand j’écris, il me vient souvent cette impression d’être une prisonnière évadée de son cachot, en quête d’un monde inventé. Parler est parfois impossible, mais écrire, voilà la vraie parole libre, celle qui permet d’échapper à sa propre solitude ! »

Audrey Du***

« Cette présence à soi par l’intermédiaire du texte écrit… »

« Écrire, c’est laisser une marque de soi-même, c’est une façon de dire : « J’ai bel et bien existé ». Ce vécu passe par la graphie : c’est cette présence à soi par l’intermédiaire du texte écrit qui est la plus importante. En ce sens, l’écriture est un talent offert par Dieu qu’il faut utiliser et développer. Plus tard, quand je serai âgée, je relirai ce que j’ai noté et peut-être, en relisant ces mots anciens qui paraîtront soudainement neufs, me regarderai-je d’un œil nouveau? »

Kristina Sp***

« La page me laisse écrire ce que je veux, sans contraintes, comme un miroir de moi-même… »

« Quand j’écris, il y a seulement moi et le papier, il n’y a personne pour me demander quelque chose ou pour commenter ce que je fais : un papier ne peut pas répondre ; il existe seulement pour retenir et aspirer les mots, et à travers eux mes pensées. La page me laisse écrire ce que je veux, sans contraintes, comme un miroir de moi-même, comme une photographie qu’on aurait prise de soi, mais en mieux. Car un cliché photographique montre seulement un instant, un petit moment. Un texte montre un développement, un cheminement… »

Paul Va***

« Le malaise que je ressens aujourd’hui sera-t-il encore le leur? »

« Je ne pense pas devenir un grand écrivain mais je ne peux m’empêcher de penser que beaucoup de chefs-d’œuvre sont l’expression la plus humble de réflexions sur les write3.1232555087.jpgsentiments, les doutes de ceux qui les ont écrits. Et si je continue de rêver, peut-être qu’un jour lointain, mes petits enfants apprendront-ils ce que je ressentais à leur âge? Que sera la vie dans quarante ou cinquante ans? Malgré tous les changements matériels qui bouleverseront notre monde, le malaise que je ressens aujourd’hui et que tant d’autres écrivains ont ressenti bien avant moi, sera-t-il encore le leur? »

Seren Ap***

« Un monde dans lequel chaque homme est l’égal de son prochain »

« Écrire, c’est vivre une autre vie, meilleure que celle qu’on a : j’écris pour m’inventer cette vie que je n’ai pas et que je rêverais de vivre, une vie faite de possibles, où chaque chose peut prendre forme, sans limite ; un monde dans lequel chaque homme est l’égal de son prochain. La feuille blanche entre mes doigts commence alors à prendre forme, à acquérir de la valeur. Ma plume reflète mon cœur sur ce vaste territoire qui lui est dédié. Ce terrain m’est devenu un refuge : je peux m’y retrouver, retrouver la vraie Seren qui était en moi, et que la vie m’avait peut-être fait oublier… »

Fanny Dr***

« La plume file telle une pluie ruisselant sur la vitre. »

Écrire, c’est partir dans un monde à soi. Disparus, les problèmes et petits soucis du quotidien : la réalité n’est qu’une succession de contraintes. C’est dans l’imaginaire que tout est permis : libre d’exprimer sa pensée! La plume file telle une pluie ruisselant sur la vitre. Dans ce monde quelque peu insolite, l’intolérance est bannie : l’écriture devient plurielle. À quoi servirait d’être des milliards d’êtres humains sur terre, s’il n’y a qu’un modèle? Dans ce cas-là, autant n’être qu’un ! Place au farfelu et à l’inattendu. Place à de nouveaux horizons! »

Océane Fr***

« Écrire, c’est pleurer sans verser de larmes ! »

« L’une de mes grandes peurs est d’échouer. Je me rappelle le jour où j’ai ressenti cette peur : j’ai cherché un moyen d’y échapper. L’écriture a été l’un de ces moyens. Écrire c’est se créer un monde intime, un monde de rêve, de fantaisie et d’utopie. Écrire, c’est pleurer sans verser de larmes : c’est exprimer au fil de la plume les sentiments enfouis, ceux qui sont au plus profond du cœur de chacun d’entre nous… »

Charline Ga***

« La possibilité d’un voyage… »

« Je pense que l’écriture est la possibilité d’un voyage. Le plus merveilleux des voyages parce qu’il n’a pas de prix et parce qu’il vous appartient. Ce sentiment d’appartenance est immense : à ce moment-là, on ressent sur les autres, les cultures, le monde qui vous entoure, une impression de plénitude extraordinaire : l’écriture est le seul espace de liberté absolue! » 

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Concours d'expression orale… Entraînement n°2

Savoir prendre la parole en public… une exigence indispensable pour votre vie future.

Au-delà de ce concours, vous verrez combien votre vie scolaire (à commencer par l’oral du Bac) vous amènera de plus en plus à devoir prendre la parole en public. Un très grand nombre de formations (BTS, DUT, Grandes Écoles de Commerce ou d’Administration, licences, masters…) conditionnent l’inscription définitive (outre les résultats scolaires) à la réussite d’un entretien de sélection dans lequel la motivation mais aussi la prise de parole en public sont déterminants. Certains oraux, comme celui d’HEC par exemple, se passent non seulement devant un public, mais dans le cadre d’un entretien à plusieurs : le candidat retenu étant celui qui aura su imposer son leadership et son charisme face à d’autres étudiants ! 
Quant à la vie professionnelle, vous verrez que les entreprises multiplient les occasions de devoir prendre la parole en public : beaucoup d’entretiens d’embauche sont en fait des entretiens de groupe ! Cas de figure classique : plusieurs candidats sont réunis ensemble autour d’un recruteur qui observe les réactions : untel qui aura du leadership saura se mettre en avant… Tel autre parlera pour ne rien dire… Celui-ci saura gérer son capital émotionnel tandis qu’un autre répondra correctement mais ne maîtrisera pas sa voix…

Les compétences requises pour le concours…

La prise de parole en public requiert plusieurs compétences. Voici cette semaine quelques conseils pour affronter l’épreuve…

  1. Commencez d’abord à vous préparer « physiquement » à la prise de parole. Choisissez avec soin votre tenue ce jour-là : certes, ce n’est pas un défilé de mode, mais vous parlerez d’autant mieux que vous vous sentirez à l’aise dans vos vêtements. N’oubliez pas non plus que la principale difficulté… C’est vous : donc inutile de vous mettre trop la pression avant! Soyez sûr(e) de vous : partez gagnant(e) en vous disant que de toute façon vous n’avez strictement rien à perdre. Dès que vous rentrez, pensez aussi à dire Bonjour ! Cela paraît évident mais parfois, avec le trac…
  2. Regardez votre public. N’oubliez pas non plus que même si une personne du jury ne semble pas faire attention à votre présence quand vous parlez, cela ne veut rien dire : elle donnera un avis sur vous juste après votre départ. Donc regardez tout le monde (et pas seulement une seule personne parce qu’elle vous aura regardé(e) avec bienveillance ou parce que vous la connaissez (votre prof par exemple). Veillez également à vous tenir correctement : inutile de se raidir, mais il ne faut pas non plus être avachi !
  3. Improviser… Mais pas trop ! Bien sûr, le concours exige une certaine part d’improvisation, mais n’en faites pas trop non plus, car cela risquerait de vous entraîner sur un terrain parfois glissant, en particulier au niveau de la maîtrise du non-verbal (la gestuelle) : quand on improvise, on a tendance à « théâtraliser » un peu trop parfois : en libérant la parole, on libère trop ses gestes et on en arrive à « gesticuler ». Donc, gardez toujours une certaine distance en essayant d’articuler au mieux le geste et les registres de langue que vous allez employer (didactique, comique, lyrique, etc.)
  4. S’entraîner avec… une glace et un MP3 ! Voici un excellent exercice qui vous permettra de vérifier que vous maîtrisez votre voix et votre respiration lors de la prise de parole : chez vous, essayez en vous regardant obligatoirement devant une glace (une grande : celle de la salle de bain fera l’affaire!) de parler HAUT et FORT. L’exercice d’entraînement que je vous propose consiste à lire un texte neutre (une définition de cours par exemple, comme ça vous ne perdez pas de temps) en regardant le moins possible votre support et en vous fixant le plus possible dans la glace. Relisez plusieurs fois votre texte en variant l’intonation (neutralité, colère, joie, rire, émotion, interpellation, etc.). Si possible, enregistrez-vous avec un MP3 et écoutez ce que ça donne afin de corriger les petits problèmes (placement de la voix par exemple).
Rappel : dans l’entraînement n°1, il y a 8 sujets inédits sur lesquels vous pouvez vous entraîner!
Bonne chance à toutes et à tous !

Concours d’expression orale… Entraînement n°2

Savoir prendre la parole en public… une exigence indispensable pour votre vie future.

Au-delà de ce concours, vous verrez combien votre vie scolaire (à commencer par l’oral du Bac) vous amènera de plus en plus à devoir prendre la parole en public. Un très grand nombre de formations (BTS, DUT, Grandes Écoles de Commerce ou d’Administration, licences, masters…) conditionnent l’inscription définitive (outre les résultats scolaires) à la réussite d’un entretien de sélection dans lequel la motivation mais aussi la prise de parole en public sont déterminants. Certains oraux, comme celui d’HEC par exemple, se passent non seulement devant un public, mais dans le cadre d’un entretien à plusieurs : le candidat retenu étant celui qui aura su imposer son leadership et son charisme face à d’autres étudiants ! 

Quant à la vie professionnelle, vous verrez que les entreprises multiplient les occasions de devoir prendre la parole en public : beaucoup d’entretiens d’embauche sont en fait des entretiens de groupe ! Cas de figure classique : plusieurs candidats sont réunis ensemble autour d’un recruteur qui observe les réactions : untel qui aura du leadership saura se mettre en avant… Tel autre parlera pour ne rien dire… Celui-ci saura gérer son capital émotionnel tandis qu’un autre répondra correctement mais ne maîtrisera pas sa voix…

Les compétences requises pour le concours…

La prise de parole en public requiert plusieurs compétences. Voici cette semaine quelques conseils pour affronter l’épreuve…

  1. Commencez d’abord à vous préparer « physiquement » à la prise de parole. Choisissez avec soin votre tenue ce jour-là : certes, ce n’est pas un défilé de mode, mais vous parlerez d’autant mieux que vous vous sentirez à l’aise dans vos vêtements. N’oubliez pas non plus que la principale difficulté… C’est vous : donc inutile de vous mettre trop la pression avant! Soyez sûr(e) de vous : partez gagnant(e) en vous disant que de toute façon vous n’avez strictement rien à perdre. Dès que vous rentrez, pensez aussi à dire Bonjour ! Cela paraît évident mais parfois, avec le trac…
  2. Regardez votre public. N’oubliez pas non plus que même si une personne du jury ne semble pas faire attention à votre présence quand vous parlez, cela ne veut rien dire : elle donnera un avis sur vous juste après votre départ. Donc regardez tout le monde (et pas seulement une seule personne parce qu’elle vous aura regardé(e) avec bienveillance ou parce que vous la connaissez (votre prof par exemple). Veillez également à vous tenir correctement : inutile de se raidir, mais il ne faut pas non plus être avachi !
  3. Improviser… Mais pas trop ! Bien sûr, le concours exige une certaine part d’improvisation, mais n’en faites pas trop non plus, car cela risquerait de vous entraîner sur un terrain parfois glissant, en particulier au niveau de la maîtrise du non-verbal (la gestuelle) : quand on improvise, on a tendance à « théâtraliser » un peu trop parfois : en libérant la parole, on libère trop ses gestes et on en arrive à « gesticuler ». Donc, gardez toujours une certaine distance en essayant d’articuler au mieux le geste et les registres de langue que vous allez employer (didactique, comique, lyrique, etc.)
  4. S’entraîner avec… une glace et un MP3 ! Voici un excellent exercice qui vous permettra de vérifier que vous maîtrisez votre voix et votre respiration lors de la prise de parole : chez vous, essayez en vous regardant obligatoirement devant une glace (une grande : celle de la salle de bain fera l’affaire!) de parler HAUT et FORT. L’exercice d’entraînement que je vous propose consiste à lire un texte neutre (une définition de cours par exemple, comme ça vous ne perdez pas de temps) en regardant le moins possible votre support et en vous fixant le plus possible dans la glace. Relisez plusieurs fois votre texte en variant l’intonation (neutralité, colère, joie, rire, émotion, interpellation, etc.). Si possible, enregistrez-vous avec un MP3 et écoutez ce que ça donne afin de corriger les petits problèmes (placement de la voix par exemple).
Rappel : dans l’entraînement n°1, il y a 8 sujets inédits sur lesquels vous pouvez vous entraîner!
Bonne chance à toutes et à tous !

EAF… Tout sur l'épreuve orale au Bac…

Voir aussi cet article : Oral du Bac, les questions les plus fréquemment posées.
 

Prérequis

Commencez à planifier vos révisions… et lisez impérativement cet article qui fait le point sur l’oral. Pour vous préparer à l’épreuve, j’insiste sur l’absolue nécessité de vous constituer des fiches de synthèse sur :
  1. les objets d’étude (par exemple, la poésie) ;
  2. les mouvements littéraires et culturels abordés ;
  3. les textes étudiés.

Concernant les fiches sur les textes, vous pouvez d’abord noter quelques points essentiels sur l’auteur (époque, mouvement, œuvres principales), le texte et le contexte (contextualisation, problématisation). Mentionnez évidemment les axes principaux en détaillant si besoin les aspects les plus importants ou les plus difficiles. N’oubliez pas d’accorder une grande importance à l’analyse textuelle GLOBALE : vos remarques de détail sont évidemment essentielles mais elles n’ont d’intérêt que si elles permettent à votre lecteur ou à votre auditeur de saisir le sens global du texte (de même que le texte doit être rattaché à l’œuvre, l’œuvre au mouvement, le mouvement à l’époque. Il faut toujours aller du particulier au général, du concret à l’abstrait).

  La préparation à l’oral dure 30 minutes le jour de l’épreuve. Votre exposé sur le texte doit durer 10 minutes environ. Il sera suivi d’un entretien de 10 minutes qui fera le point sur vos connaissances et l’ensemble des activités que vous aurez menées. Il pourra parfois être élargi à des questionnements plus larges de culture générale.

L’exposé…

La première partie de l’épreuve orale est consacrée à la lecture analytique d’un texte. Les instructions officielles indiquent nettement l’esprit de cet exercice : il s’agit en 10 minutes environ d’explorer de façon organisée un texte en répondant à une problématique précisée au départ. Cette épreuve vise pour l’examinateur à s’assurer de la bonne compréhension du texte, de la culture littéraire, de l’aptitude à construire la réflexion, en privilégiant des outils spécifiques de stylistique, d’expression et de communication.

Le travail de préparation…

Quand vous allez préparer votre exposé, ayez toujours à l’esprit que la lecture analytique est un processus de construction du sens : elle correspond au travail d’approche que vous pourriez faire pour un commentaire littéraire.

Avant toute chose, il convient donc d’avoir à l’esprit plusieurs éléments :

  • en premier lieu, n’oubliez pas que tout texte est le résultat d’un acte d’énonciation par un auteur donné, à un moment donné, en un lieu donné. Ces différents paramètres définissent un cadre essentiel pour l’explication : c’est la position de l’énonciateur vis-à-vis d’un « contexte » : ce contexte est essentiel pour comprendre le cadre culturel et social qui entoure le texte à étudier.
  • Vous devez y ajouter 2 éléments : à qui est destiné le texte? et quelle est l’intention de l’auteur? Ces différentes observations doivent vous amener à répondre aux questions suivantes : Quelle est l’idée directrice du texte? Quels sont les moyens essentiels utilisés pour servir cette idée?

Cette première approche globale du texte va vous conduire à la deuxième étape : la lecture détaillée.

La lecture détaillée est essentielle. C’est elle qui vous permettra de proposer une observation précise par diverses approches afin de dégager les centres d’intérêt du texte. Soyez attentif tout d’abord à l’organisation du texte (sa structuration thématique), aux mots clés : l’analyse des réseaux lexicaux et thématiques permet bien souvent de guider l’analyse pour la définition des axes de lecture. Mais vous devrez privilégier par ailleurs d’autres outils d’analyse : les registres de langue, l’emploi des temps, l’étude des figures de style, des connotations, etc.

La « positive » attitude !

La connaissance du cours ne suffit pas… Si votre connaissance du cours est évidemment essentielle, vous réussirez exam.1232268815.jpgd’autant mieux cette épreuve que vous adopterez face à l’examinateur une attitude positive, si vous êtes convaincant (et convaincu !). Comment voulez-vous qu’on croie en vous si vous apparaissez penaud, peu sûr, vaincu d’avance? Votre réussite dépend de votre motivation et de votre implication : ce sont vos réactions personnelles de lecteur, votre sensibilité face au texte, votre intérêt et votre motivation qui prouveront que vous possédez les aptitudes pour atteindre les objectifs fixés par l’épreuve. C’est un détail, mais il est essentiel : tenez-vous droit et ne soyez pas nonchalant, avachi sur la table! Votre but, c’est de faire valoir votre culture et votre personnalité. N’importe quel examinateur (moi le premier!) serait agacé par l’attitude désinvolte ou relâché(e) d’un candidat.

Le déroulement de l’exposé

  • L’introduction

Contextualisation : dans votre introduction, vous devez d’abord situer brièvement le passage en portant votre attention sur les éléments qui permettent de le contextualiser dans l’œuvre ou dans le mouvement culturel.

Problématisation : puis vous en présentez brièvement le sujet (c’est-à-dire le problème posé qui correspond souvent à l’idée directrice). Votre problématique doit donc rendre compte de l’essentiel du texte, c’est-à-dire votre hypothèse de lecture que vous allez vérifier tout au long de votre exposé. La présentation doit aussi situer le texte ou le passage (par rapport à l’œuvre), de manière à permettre à l’examinateur de suivre l’explication en lui fournissant tous les éléments qui ne figurent pas dans le texte et sont nécessaires à sa compréhension. Elle doit en même temps être concise : inutile de tout dire : n’oubliez pas qu’on évalue l’aptitude de l’élève à sélectionner dans ses connaissances les éléments pertinents et à hiérarchiser les informations (aptitude à l’esprit de synthèse).

L’annonce du plan : annoncez le plus clairement votre plan : axes d’étude ou plan du texte dans le cas d’une étude linéaire : pensez à bien poser vos axes de lecture. Evitez les formules du style : « Nous verrons l’apparition de thèmes », « d’abord, je dirai…, puis je dirai ensuite… » particulièrement lourdes

  • La lecture du texte

Puis vous lisez le texte en y mettant de l’enthousiasme : adoptez par exemple un timbre de voix vivant. Si vous avez une voix monocorde et plutôt faible, efforcez-vous de corriger ces défauts. Votre lecture en effet doit à la fois être expressive et posée. Elle vise à montrer que le texte est compris : le ton que vous employez est important dans l’évaluation que l’on fait de votre lecture. N’oubliez pas de marquer des pauses. Elles sont importantes non seulement pour mettre en valeur les mots porteurs de sens, mais aussi afin de déstresser le jour de l’examen (vous reprenez votre respiration pendant les pauses). Dernière remarque : en poésie, le respect de la versification est bien entendu déterminant.

  • Le développement

Vous devrez proposer des pistes d’étude à la fois pertinentes (permettant de commenter l’essentiel de ce qui fait l’intérêt du texte, et distinctes (attention aux redites). Pensez à distinguer les éléments essentiels des idées secondaires, qui ne servent qu’à mettre en valeur les points importants, en les illustrant. Annoncez au fur et à mesure les phases d’exploration que vous allez conduire. Pensez à mettre en avant les transitions permettant de suivre le fil de l’exposé. Après chaque analyse, tirez un bref bilan (déduction) avant de poursuivre votre exploration du texte.

Le fond et la forme : l’explication du texte doit associer (sans les dissocier surtout) l’étude du style (remarques précises et variées avec maîtrise des notions et des termes spécifiques) et du sens afin de permettre un repérage et une interprétation efficaces. Ne séparez jamais le fond de la forme : de fait, la forme elle-même contribue au sens. Pour y parvenir, le candidat doit ainsi mettre en œuvre des savoir-faire et utiliser des outils propres à l’examen d’un texte court : c’est également sur la pertinence de leur choix et la qualité de leur utilisation qu’il sera jugé (remarques placées au bon endroit, remarques en cohérence avec l’axe annoncé, remarques ordonnées (progression).

L’examinateur s’assurera par exemple que le candidat va à l’essentiel pour exprimer ce qui fait à ses yeux l’intérêt du passage en s’appuyant sur des sources pertinentes. Vos différentes remarques sur le texte doivent être fondées sur des références précises : quand vous citez le texte, n’oubliez pas de justifier toujours le lien entre l’affirmation que vous proposez et la citation retenue.

Enfin, rappelez-vous que l’examinateur note la manière dont vous serez capable de structurer et d’orienter vos remarques en fonction des conclusions partielles et de la conclusion générale à laquelle vous voulez aboutir : c’est le parcours analytique. La question que se pose un examinateur est celle-ci : un candidat est-il apte à passer du stade de l’observation de détail à celui de l’interprétation en fonction de perspectives plus larges, plus abstraites par exemple ?

  • La conclusion

Pensez à rappeler brièvement vos axes d’étude et proposez un bilan global permettant d’élargir la problématique étudiée vers un point de vue qui englobe le texte et dépasse le cadre de celui-ci. Vous pouvez par exemple élargir au groupement de textes dans votre conclusion, au mouvement culturel, à une autre œuvre étudiée, etc.

L’entretien…

C’est l’occasion par excellence de prouver que vous avez le « physique de l’emploi ». Cherchez à mettre en avant votre capacité à dialoguer : l’aisance dans la communication, l’utilisation pertinente des notes, la valorisation de votre culture générale sont des critères importants. En outre, l’emploi d’un lexique précis, d’une langue correcte, et la connaissance du vocabulaire de l’analyse littéraire, constituent des critères importants de l’évaluation orale. Personnellement, quand je fais passer l’oral du Bac, j’apprécie particulièrement qu’un(e) candidat(e) défende son point de vue sur une problématique de lecture, à la condition que ce point de vue soit fondé bien entendu! Je vous conseille en outre d’être très attentif aux questions posées : certains candidats par exemple n’écoutent pas bien les questions, ce qui les conduit à répondre de façon erronée ou allusive. Rappelez-vous aussi que la nervosité ne sert à rien : mieux vous aurez préparé l’épreuve, plus vous devriez être calme. Enfin, soyez toujours « positif » : ne critiquez pas les textes, encore moins les choix de votre professeur. Lors de la session 2008, un candidat m’a dit : « Notre prof, elle est un peu bizarre : ce texte est ultra ch… » Sans commentaire !

Pour l’entraînement…

Pensez à travailler dans 2 directions :

  1. tout d’abord, entraînez-vous à 2 ou 3 par exemple. Interrogez-vous à tour de rôle dans les conditions de l’examen (20 à 25 minutes de préparation et le même temps d’entretien : 2 camarades interrogeant afin de varier l’axe des questions). Utilisez le barème de notation ci-dessous pour vous auto-évaluer !

  2. De plus, essayez d’élargir vos connaissances sur les courants littéraires et les contextes historiques ou culturels afin de pouvoir enrichir vos analyses.

 

Exemple de barème d’évaluation

(source : Académie de Rouen. Cliquez ici pour accéder  à la page).

Exposé : 10 points

 

Critères

Explication

Barème

Expression et

communication

•  Lecture correcte et expressive•  Correction de la langue•  Engagement, conviction

3 points

Réflexion et analyse

(pertinence)

•  Compréhension du texte•  Élaboration d’un projet de lecture en réponse à la question posée•  Validité des références au texte en relation au projet

5 points

Connaissances

•  Contextualisation•  Utilisation du vocabulaire relatif aux objets d’étude et aux perspectives•  L’utilisation pertinente du vocabulaire de l’analyse littéraire est valorisée

2 points

 

Entretien : 10 points

 

Critères

Explication

Barème

Expression et

Communication

•  Aptitude au dialogue : prise en compte de la parole d’autrui et volonté d’entrer dans le dialogue•  Engagement, conviction•  Maîtrise de soi et de son langage 

3 points

Réflexion et analyse

(pertinence)

•  Compréhension des questions posées•  Aptitude à justifier les réponses et à se référer aux documents pour les illustrer

3 points

Connaissances

•  Références aux contenus du descriptif (lectures cursives, activités de classe, etc.)•  Connaissance de l’objet ou des objets d’étude et des perspectives

4 points

EAF… Tout sur l’épreuve orale au Bac…

Voir aussi cet article : Oral du Bac, les questions les plus fréquemment posées.
 

Prérequis

Commencez à planifier vos révisions… et lisez impérativement cet article qui fait le point sur l’oral. Pour vous préparer à l’épreuve, j’insiste sur l’absolue nécessité de vous constituer des fiches de synthèse sur :
  1. les objets d’étude (par exemple, la poésie) ;
  2. les mouvements littéraires et culturels abordés ;
  3. les textes étudiés.

Concernant les fiches sur les textes, vous pouvez d’abord noter quelques points essentiels sur l’auteur (époque, mouvement, œuvres principales), le texte et le contexte (contextualisation, problématisation). Mentionnez évidemment les axes principaux en détaillant si besoin les aspects les plus importants ou les plus difficiles. N’oubliez pas d’accorder une grande importance à l’analyse textuelle GLOBALE : vos remarques de détail sont évidemment essentielles mais elles n’ont d’intérêt que si elles permettent à votre lecteur ou à votre auditeur de saisir le sens global du texte (de même que le texte doit être rattaché à l’œuvre, l’œuvre au mouvement, le mouvement à l’époque. Il faut toujours aller du particulier au général, du concret à l’abstrait).

  La préparation à l’oral dure 30 minutes le jour de l’épreuve. Votre exposé sur le texte doit durer 10 minutes environ. Il sera suivi d’un entretien de 10 minutes qui fera le point sur vos connaissances et l’ensemble des activités que vous aurez menées. Il pourra parfois être élargi à des questionnements plus larges de culture générale.

L’exposé…

La première partie de l’épreuve orale est consacrée à la lecture analytique d’un texte. Les instructions officielles indiquent nettement l’esprit de cet exercice : il s’agit en 10 minutes environ d’explorer de façon organisée un texte en répondant à une problématique précisée au départ. Cette épreuve vise pour l’examinateur à s’assurer de la bonne compréhension du texte, de la culture littéraire, de l’aptitude à construire la réflexion, en privilégiant des outils spécifiques de stylistique, d’expression et de communication.

Le travail de préparation…

Quand vous allez préparer votre exposé, ayez toujours à l’esprit que la lecture analytique est un processus de construction du sens : elle correspond au travail d’approche que vous pourriez faire pour un commentaire littéraire.

Avant toute chose, il convient donc d’avoir à l’esprit plusieurs éléments :

  • en premier lieu, n’oubliez pas que tout texte est le résultat d’un acte d’énonciation par un auteur donné, à un moment donné, en un lieu donné. Ces différents paramètres définissent un cadre essentiel pour l’explication : c’est la position de l’énonciateur vis-à-vis d’un « contexte » : ce contexte est essentiel pour comprendre le cadre culturel et social qui entoure le texte à étudier.
  • Vous devez y ajouter 2 éléments : à qui est destiné le texte? et quelle est l’intention de l’auteur? Ces différentes observations doivent vous amener à répondre aux questions suivantes : Quelle est l’idée directrice du texte? Quels sont les moyens essentiels utilisés pour servir cette idée?

Cette première approche globale du texte va vous conduire à la deuxième étape : la lecture détaillée.

La lecture détaillée est essentielle. C’est elle qui vous permettra de proposer une observation précise par diverses approches afin de dégager les centres d’intérêt du texte. Soyez attentif tout d’abord à l’organisation du texte (sa structuration thématique), aux mots clés : l’analyse des réseaux lexicaux et thématiques permet bien souvent de guider l’analyse pour la définition des axes de lecture. Mais vous devrez privilégier par ailleurs d’autres outils d’analyse : les registres de langue, l’emploi des temps, l’étude des figures de style, des connotations, etc.

La « positive » attitude !

La connaissance du cours ne suffit pas… Si votre connaissance du cours est évidemment essentielle, vous réussirez exam.1232268815.jpgd’autant mieux cette épreuve que vous adopterez face à l’examinateur une attitude positive, si vous êtes convaincant (et convaincu !). Comment voulez-vous qu’on croie en vous si vous apparaissez penaud, peu sûr, vaincu d’avance? Votre réussite dépend de votre motivation et de votre implication : ce sont vos réactions personnelles de lecteur, votre sensibilité face au texte, votre intérêt et votre motivation qui prouveront que vous possédez les aptitudes pour atteindre les objectifs fixés par l’épreuve. C’est un détail, mais il est essentiel : tenez-vous droit et ne soyez pas nonchalant, avachi sur la table! Votre but, c’est de faire valoir votre culture et votre personnalité. N’importe quel examinateur (moi le premier!) serait agacé par l’attitude désinvolte ou relâché(e) d’un candidat.

Le déroulement de l’exposé

  • L’introduction

Contextualisation : dans votre introduction, vous devez d’abord situer brièvement le passage en portant votre attention sur les éléments qui permettent de le contextualiser dans l’œuvre ou dans le mouvement culturel.

Problématisation : puis vous en présentez brièvement le sujet (c’est-à-dire le problème posé qui correspond souvent à l’idée directrice). Votre problématique doit donc rendre compte de l’essentiel du texte, c’est-à-dire votre hypothèse de lecture que vous allez vérifier tout au long de votre exposé. La présentation doit aussi situer le texte ou le passage (par rapport à l’œuvre), de manière à permettre à l’examinateur de suivre l’explication en lui fournissant tous les éléments qui ne figurent pas dans le texte et sont nécessaires à sa compréhension. Elle doit en même temps être concise : inutile de tout dire : n’oubliez pas qu’on évalue l’aptitude de l’élève à sélectionner dans ses connaissances les éléments pertinents et à hiérarchiser les informations (aptitude à l’esprit de synthèse).

L’annonce du plan : annoncez le plus clairement votre plan : axes d’étude ou plan du texte dans le cas d’une étude linéaire : pensez à bien poser vos axes de lecture. Evitez les formules du style : « Nous verrons l’apparition de thèmes », « d’abord, je dirai…, puis je dirai ensuite… » particulièrement lourdes

  • La lecture du texte

Puis vous lisez le texte en y mettant de l’enthousiasme : adoptez par exemple un timbre de voix vivant. Si vous avez une voix monocorde et plutôt faible, efforcez-vous de corriger ces défauts. Votre lecture en effet doit à la fois être expressive et posée. Elle vise à montrer que le texte est compris : le ton que vous employez est important dans l’évaluation que l’on fait de votre lecture. N’oubliez pas de marquer des pauses. Elles sont importantes non seulement pour mettre en valeur les mots porteurs de sens, mais aussi afin de déstresser le jour de l’examen (vous reprenez votre respiration pendant les pauses). Dernière remarque : en poésie, le respect de la versification est bien entendu déterminant.

  • Le développement

Vous devrez proposer des pistes d’étude à la fois pertinentes (permettant de commenter l’essentiel de ce qui fait l’intérêt du texte, et distinctes (attention aux redites). Pensez à distinguer les éléments essentiels des idées secondaires, qui ne servent qu’à mettre en valeur les points importants, en les illustrant. Annoncez au fur et à mesure les phases d’exploration que vous allez conduire. Pensez à mettre en avant les transitions permettant de suivre le fil de l’exposé. Après chaque analyse, tirez un bref bilan (déduction) avant de poursuivre votre exploration du texte.

Le fond et la forme : l’explication du texte doit associer (sans les dissocier surtout) l’étude du style (remarques précises et variées avec maîtrise des notions et des termes spécifiques) et du sens afin de permettre un repérage et une interprétation efficaces. Ne séparez jamais le fond de la forme : de fait, la forme elle-même contribue au sens. Pour y parvenir, le candidat doit ainsi mettre en œuvre des savoir-faire et utiliser des outils propres à l’examen d’un texte court : c’est également sur la pertinence de leur choix et la qualité de leur utilisation qu’il sera jugé (remarques placées au bon endroit, remarques en cohérence avec l’axe annoncé, remarques ordonnées (progression).

L’examinateur s’assurera par exemple que le candidat va à l’essentiel pour exprimer ce qui fait à ses yeux l’intérêt du passage en s’appuyant sur des sources pertinentes. Vos différentes remarques sur le texte doivent être fondées sur des références précises : quand vous citez le texte, n’oubliez pas de justifier toujours le lien entre l’affirmation que vous proposez et la citation retenue.

Enfin, rappelez-vous que l’examinateur note la manière dont vous serez capable de structurer et d’orienter vos remarques en fonction des conclusions partielles et de la conclusion générale à laquelle vous voulez aboutir : c’est le parcours analytique. La question que se pose un examinateur est celle-ci : un candidat est-il apte à passer du stade de l’observation de détail à celui de l’interprétation en fonction de perspectives plus larges, plus abstraites par exemple ?

  • La conclusion

Pensez à rappeler brièvement vos axes d’étude et proposez un bilan global permettant d’élargir la problématique étudiée vers un point de vue qui englobe le texte et dépasse le cadre de celui-ci. Vous pouvez par exemple élargir au groupement de textes dans votre conclusion, au mouvement culturel, à une autre œuvre étudiée, etc.

L’entretien…

C’est l’occasion par excellence de prouver que vous avez le « physique de l’emploi ». Cherchez à mettre en avant votre capacité à dialoguer : l’aisance dans la communication, l’utilisation pertinente des notes, la valorisation de votre culture générale sont des critères importants. En outre, l’emploi d’un lexique précis, d’une langue correcte, et la connaissance du vocabulaire de l’analyse littéraire, constituent des critères importants de l’évaluation orale. Personnellement, quand je fais passer l’oral du Bac, j’apprécie particulièrement qu’un(e) candidat(e) défende son point de vue sur une problématique de lecture, à la condition que ce point de vue soit fondé bien entendu! Je vous conseille en outre d’être très attentif aux questions posées : certains candidats par exemple n’écoutent pas bien les questions, ce qui les conduit à répondre de façon erronée ou allusive. Rappelez-vous aussi que la nervosité ne sert à rien : mieux vous aurez préparé l’épreuve, plus vous devriez être calme. Enfin, soyez toujours « positif » : ne critiquez pas les textes, encore moins les choix de votre professeur. Lors de la session 2008, un candidat m’a dit : « Notre prof, elle est un peu bizarre : ce texte est ultra ch… » Sans commentaire !

Pour l’entraînement…

Pensez à travailler dans 2 directions :

  1. tout d’abord, entraînez-vous à 2 ou 3 par exemple. Interrogez-vous à tour de rôle dans les conditions de l’examen (20 à 25 minutes de préparation et le même temps d’entretien : 2 camarades interrogeant afin de varier l’axe des questions). Utilisez le barème de notation ci-dessous pour vous auto-évaluer !

  2. De plus, essayez d’élargir vos connaissances sur les courants littéraires et les contextes historiques ou culturels afin de pouvoir enrichir vos analyses.

 

Exemple de barème d’évaluation

(source : Académie de Rouen. Cliquez ici pour accéder  à la page).

Exposé : 10 points

 

Critères

Explication

Barème

Expression et

communication

•  Lecture correcte et expressive•  Correction de la langue•  Engagement, conviction

3 points

Réflexion et analyse

(pertinence)

•  Compréhension du texte•  Élaboration d’un projet de lecture en réponse à la question posée•  Validité des références au texte en relation au projet

5 points

Connaissances

•  Contextualisation•  Utilisation du vocabulaire relatif aux objets d’étude et aux perspectives•  L’utilisation pertinente du vocabulaire de l’analyse littéraire est valorisée

2 points

 

Entretien : 10 points

 

Critères

Explication

Barème

Expression et

Communication

•  Aptitude au dialogue : prise en compte de la parole d’autrui et volonté d’entrer dans le dialogue•  Engagement, conviction•  Maîtrise de soi et de son langage 

3 points

Réflexion et analyse

(pertinence)

•  Compréhension des questions posées•  Aptitude à justifier les réponses et à se référer aux documents pour les illustrer

3 points

Connaissances

•  Références aux contenus du descriptif (lectures cursives, activités de classe, etc.)•  Connaissance de l’objet ou des objets d’étude et des perspectives

4 points

BIENTÔT LE DEUXIÈME ÉCRIT BLANC FACULTATIF…

J’organiserai pour mes classes le deuxième entraînement à l’écrit du Bac de Français le mercredi 11 février 2009 à partir de 13h30 (horaire à confirmer).

Objet d’étude : l’argumentation

Candide (Voltaire) devra être connu dans ses grandes lignes uniquement (genre du conte philosophique, contextualisation, problématisation, progression narrative et thématique) ainsi que les principaux registres utilisés par Voltaire (réaliste, ironique, satirique). Vous devrez également savoir ce qu’a apporté la critique de la société entreprise par le Siècle des Lumières. Des aides, parfois très précieuses, sont disponibles en ligne : référez-vous au mois de janvier du cahier de texte pour en connaître le détail et voir les liens.

Comme pour le premier Bac blanc, les notes ne seront comptabilisées que si elles avantagent la moyenne de l’élève participant.

La citation de la semaine… Harold Pinter : dire l'indicible…

« I think that we communicate only too well, in our silence »
Je pense que nous ne communiquons que trop bien dans notre silence
Un enragé… engagé…

Dramaturge britannique (1930-2008), reconnu dans le monde entier par un prix Nobel de littérature en 2005, Harold Pinter s’est éteint la veille de Noël, le 24 décembre 2008 à l’âge de soixante-dipinter.1231821104.jpgx-huit ans, des suites d’une longue maladie. Né en 1930 dans le quartier populaire et malfamé (à l’époque) de l’East End de Londres où ses grands-parents juifs avaient immigré, Pinter a eu très tôt la réputation d’un rebelle enragé et engagé.  Hanté toute sa vie par la relation complexe entre la réalité et son dificile déchiffrement par le langage, Pinter a utilisé son théâtre mais aussi la poésie et le cinéma pour représenter les dérives du monde monderne dans toute leur cruauté. Cruauté de l’indifférence de la société, lâcheté et manipulation des hommes… Dans un célèbre discours prononcé au National Student Drama (Festival de Bristol) en 1962, l’auteur s’exclame : « I think that we communicate only too well, in our silence » (*) : « Je pense que nous ne communiquons que trop bien dans notre silence ». La phrase résume à elle seule la pensée de Pinter : quand les masques tombent, il ne reste plus que le silence, l’extrême nudité de la conscience de l’homme face à lui-même… En avançant dans l’âge, Pinter a radicalisé sa pensée dans des réquisitoires de plus en plus sévères à l’encontre des impérialismes (il n’est que d’évoquer sa critique sans appel de l’intervention américaine en Irak (2003) la qualifiant de « terrorisme d’État »)…

« Death » (1997)… Un poème déroutant

Je vous propose aujourd’hui de lire ce poème  intitulé « Death » (« Mort ») dont le sens est en fait très symbolique : rédigé en 1997 lors d’une visite de Pinter dans une morgue, le texte se présente comme une allégorie : les questionnements successifs, qui dérangent, heurtent pinter1.1231826481.jpgle lecteur au point de provoquer sa gêne, voire son dégoût, sont autant d’appels au secours que Pinter adresse à notre monde moderne, sourd à ce que les autres disent et qu’on n’entend pas, à ce qu’ils ont été, à ce qu’ils sont et qu’on ne voit pas. La syntaxe est d’autant plus percutante en Anglais (la traduction ne pose vraiment aucun problème) qu’elle est concise, brutale et directe ; d’où cette impression que derrière la transparence apparente de la scène décrite se cache un obstacle existentiel majeur : il n’y a que des questions sans réponse. Vous remarquerez la disparition des points d’interrogation à la fin du texte, comme si les questionnements successifs n’amenaient à aucun dialogue possible… Comment dès lors ne pas interpréter ce texte comme une parabole poétique sur la condition humaine? Au-delà de la scène décrite, c’est de l’absurdité de notre monde de guerre et de violence qu’il s’agit : parce qu’il se heurte à l’incommunicabilité, le langage de Pinter parvient en fait à son véritable but : questionner notre conscience au plus profond de nous-même.

« Death » (1997)

Where was the body found? Où a été trouvé le corps mort?
Who found the dead body? Qui a trouvé le corps mort?
Was the dead body dead when found? Le corps mort était-il mort quand on l’a trouvé?
How was the dead body found? Comment le corps mort a-t-il été trouvé?

Who was the dead body? Qui était le corps mort?
Who was the father or daughter or brother Qui était le père ou la fille ou le frère
Or uncle or sister or mother or son Ou l’oncle ou la sœur ou la mère ou le fils
Of the dead and abandoned body? Du corps mort et abandonné?
Was the body dead when abandoned? Le corps était-il mort quand on l’a abandonné?
Was the body abandoned? Le corps était-il abandonné?
By whom had it been abandoned? Par qui a-t-il été abandonné?

Was the dead body naked or dressed for a journey? Le corps mort était-il nu ou vêtu pour un voyage?
What made you declare the dead body dead? Pour quelle raison avez-vous déclaré la mort du corps mort?
Did you declare the dead body dead? Avez-vous déclaré comme mort le corps mort?
How well did you know the dead body? Connaissiez-vous bien le corps mort?
How did you know the body was dead? Comment saviez-vous que le corps mort était mort?

Did you wash the dead body Avez-vous lavé le corps mort
Did you close both its eyes Avez-vous refermé ses deux yeux
Did you bury the body Avez-vous enterré le corps
Did you leave it abandoned L’avez-vous laissé abandonné
Did you kiss the dead body Avez-vous embrassé le corps mort

____________

(*) Pour lire le discours dans son intégralité en Anglais (qui n’est pas très difficile à traduire), allez sur la page du Guardian en cliquant ici.)
 

La citation de la semaine… Harold Pinter : dire l’indicible…

« I think that we communicate only too well, in our silence »

Je pense que nous ne communiquons que trop bien dans notre silence

Un enragé… engagé…

Dramaturge britannique (1930-2008), reconnu dans le monde entier par un prix Nobel de littérature en 2005, Harold Pinter s’est éteint la veille de Noël, le 24 décembre 2008 à l’âge de soixante-dipinter.1231821104.jpgx-huit ans, des suites d’une longue maladie. Né en 1930 dans le quartier populaire et malfamé (à l’époque) de l’East End de Londres où ses grands-parents juifs avaient immigré, Pinter a eu très tôt la réputation d’un rebelle enragé et engagé.  Hanté toute sa vie par la relation complexe entre la réalité et son dificile déchiffrement par le langage, Pinter a utilisé son théâtre mais aussi la poésie et le cinéma pour représenter les dérives du monde monderne dans toute leur cruauté. Cruauté de l’indifférence de la société, lâcheté et manipulation des hommes… Dans un célèbre discours prononcé au National Student Drama (Festival de Bristol) en 1962, l’auteur s’exclame : « I think that we communicate only too well, in our silence » (*) : « Je pense que nous ne communiquons que trop bien dans notre silence ». La phrase résume à elle seule la pensée de Pinter : quand les masques tombent, il ne reste plus que le silence, l’extrême nudité de la conscience de l’homme face à lui-même… En avançant dans l’âge, Pinter a radicalisé sa pensée dans des réquisitoires de plus en plus sévères à l’encontre des impérialismes (il n’est que d’évoquer sa critique sans appel de l’intervention américaine en Irak (2003) la qualifiant de « terrorisme d’État »)…

« Death » (1997)… Un poème déroutant

Je vous propose aujourd’hui de lire ce poème  intitulé « Death » (« Mort ») dont le sens est en fait très symbolique : rédigé en 1997 lors d’une visite de Pinter dans une morgue, le texte se présente comme une allégorie : les questionnements successifs, qui dérangent, heurtent pinter1.1231826481.jpgle lecteur au point de provoquer sa gêne, voire son dégoût, sont autant d’appels au secours que Pinter adresse à notre monde moderne, sourd à ce que les autres disent et qu’on n’entend pas, à ce qu’ils ont été, à ce qu’ils sont et qu’on ne voit pas. La syntaxe est d’autant plus percutante en Anglais (la traduction ne pose vraiment aucun problème) qu’elle est concise, brutale et directe ; d’où cette impression que derrière la transparence apparente de la scène décrite se cache un obstacle existentiel majeur : il n’y a que des questions sans réponse. Vous remarquerez la disparition des points d’interrogation à la fin du texte, comme si les questionnements successifs n’amenaient à aucun dialogue possible… Comment dès lors ne pas interpréter ce texte comme une parabole poétique sur la condition humaine? Au-delà de la scène décrite, c’est de l’absurdité de notre monde de guerre et de violence qu’il s’agit : parce qu’il se heurte à l’incommunicabilité, le langage de Pinter parvient en fait à son véritable but : questionner notre conscience au plus profond de nous-même.

« Death » (1997)

Where was the body found? Où a été trouvé le corps mort?
Who found the dead body? Qui a trouvé le corps mort?
Was the dead body dead when found? Le corps mort était-il mort quand on l’a trouvé?
How was the dead body found? Comment le corps mort a-t-il été trouvé?

Who was the dead body? Qui était le corps mort?

Who was the father or daughter or brother Qui était le père ou la fille ou le frère
Or uncle or sister or mother or son Ou l’oncle ou la sœur ou la mère ou le fils
Of the dead and abandoned body? Du corps mort et abandonné?
Was the body dead when abandoned? Le corps était-il mort quand on l’a abandonné?
Was the body abandoned? Le corps était-il abandonné?
By whom had it been abandoned? Par qui a-t-il été abandonné?

Was the dead body naked or dressed for a journey? Le corps mort était-il nu ou vêtu pour un voyage?

What made you declare the dead body dead? Pour quelle raison avez-vous déclaré la mort du corps mort?
Did you declare the dead body dead? Avez-vous déclaré comme mort le corps mort?
How well did you know the dead body? Connaissiez-vous bien le corps mort?
How did you know the body was dead? Comment saviez-vous que le corps mort était mort?

Did you wash the dead body Avez-vous lavé le corps mort
Did you close both its eyes Avez-vous refermé ses deux yeux
Did you bury the body Avez-vous enterré le corps
Did you leave it abandoned L’avez-vous laissé abandonné
Did you kiss the dead body Avez-vous embrassé le corps mort

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(*) Pour lire le discours dans son intégralité en Anglais (qui n’est pas très difficile à traduire), allez sur la page du Guardian en cliquant ici.)
 

Concours d'expression orale… Entraînement n°1

Le déroulement de l’épreuve…

Dans moins d’un mois (*) vous aurez affronté la demi-finale! Il s’agit donc de ne pas tarder et de vous entraîner dès maintenant. Le jour de l’épreuve, vous aurez le choix entre 4 sujets imposés. Après avoir pris connaissance des sujets, vous n’en retiendrez qu’un seul, que vous préparerez sur place en 30 minutes exactement. Les sujets proposés portent sur des questions de culture générale (Économie et Société, littérature et philosophie, sciences et techniques, et pour la demi-finale des sujets « inclassables », faisant davantage appel à vos capacités d’originalité).

Huit exemples de sujets inédits (dans l’esprit du Concours) :
  • Histoire et société : 1) Réussir sa vie, c’est être riche de… 2) La mondialisation : chance ou péril?
  • Littérature et Philosophie : 1) C’est quoi, être libre? 2) Quel est l’avantage d’apprendre le Français dans le monde contemporain?
  • Sciences et Techniques : 1) Les robots « humanoïdes » sont de plus en plus répandus dans le monde : faut-il en avoir peur? 2) Comment se dérouleront les cours au Lycée en 2050?
  • Sujets « atypiques » : 1) Pourquoi est-ce blanc plutôt que noir? 2) C’est quoi un « po-aime »?

Votre prestation doit durer 5 minutes au moins ! Le jury attend évidemment des exposés argumentés et réfléchis, ce qui n’empêche nullement l’improvisation : mettez-vous en scène, interpellez votre public un peu comme un acteur « qui fait son numéro »! Pourquoi pas du Slam si vous en avez le talent? Rien n’est pire qu’un exposé lu de façon monocorde : surprenez le jury!

Comprendre le barème d’évaluation :
  1. L’art oratoire et l’éloquence (10 points);
  2. La rhétorique : l’art du « discours », la qualité de vos arguments et de vos exemples (10 points).
  1. L’art oratoire touche à « l’art de bien parler ». Un orateur persuasif est celui qui sait s’exprimer avec aisance et clarté, moduler le son de sa voix afin d’éviter la monotonie par exemple. La capacité d’émouvoir, de persuader par la parole sont donc essentielles. Au niveau de l’évaluation, la diction est fondamentale puisque vous devez persuader d’abord par la parole! Ne négligez surtout pas le travail sur la langue : c’est ce qu’on appelle l’élocution, c’est-à-dire le choix du style. Par exemple, l’emploi de figures de rhétorique semble tout indiqué : métaphores, comparaisons, interpellation de votre auditoire, interrogations oratoires, etc.
  2. La rhétorique, c’est l’art du discours. Vous avez toutes et tous déjà travaillé sur l’écrit d’invention : cela va vous servir pour le concours ! L’invention, au sens étymologique (du latin « inventio ») est la capacité de savoir construire un projet, c’est-à-dire de convaincre en organisant votre propos. Vous serez donc noté sur la manière dont vous avez disposé vos idées, structuré votre parcours argumentatif. Pensez à utiliser les procédés propres au discours (choix des arguments, des exemples, des techniques de persuasion, techniques d’amplification, voire de dramatisation) en rapport avec le sujet.

L’entraînement…
Commencez d’ores et déjà à vous entraîner sur les quelques sujets proposés ici. Accordez-vous 15 à 20 minutes de préparation et lancez-vous, sans lire vos notes (vous pouvez même vous entraîner dans les transports en commun pour la recherche des arguments) : essayez de trouver des idées créatives, originales, et faites si possible votre exposé devant d’autres personnes : des copains ou des copines, la famille, etc. afin de vous confronter à un public. Si vous êtes seul chez vous, mettez-vous devant une glace et parlez HAUT et FORT en vous regardant : c’est un excellent exercice souvent pratiqué dans les écoles de Communication. N’oubliez pas d’introduire votre discours par une introduction susceptible d’attirer l’attention de l’audience : l’accroche (ou amorce) est importante car elle va amener le sujet de manière originale, inattendue. N’oubliez pas non plus pour votre développement qu’on vous évaluera sur votre capacité à produire un texte original, et non à vous contenter de commenter une citation ou une expression. Sachez trouver le ton, les mots qui conviennent : évitez absolument l’interchangeable, le « prêt-à-porter » linguistique. Quant à votre conclusion, elle devra être percutante. Ne vous contentez pas de résumer vos arguments, privilégiez l’effet de « chute »!

Rappel : Réunion d’information pour les élèves inscrits : le mardi 20 janvier 2009 à 14h30 à l’amphithéâtre (*).
Les demi-finales auront lieu en février : Pour les classes de Première (*) : mardi 3 février (de 13h30 à 17h30). Pour les classes de Seconde (*) : mardi 10 février, le matin (à partir de 10 heures) ET l’après-midi. La finale aura lieu le mardi 10 mars (*) le matin et l’après-midi.

___________

(*) Les dates et horaires sont donnés à titre indicatif, sous réserve d’erreurs typographiques ou de modifications ultérieures.

Concours d’expression orale… Entraînement n°1

Le déroulement de l’épreuve…

Dans moins d’un mois (*) vous aurez affronté la demi-finale! Il s’agit donc de ne pas tarder et de vous entraîner dès maintenant. Le jour de l’épreuve, vous aurez le choix entre 4 sujets imposés. Après avoir pris connaissance des sujets, vous n’en retiendrez qu’un seul, que vous préparerez sur place en 30 minutes exactement. Les sujets proposés portent sur des questions de culture générale (Économie et Société, littérature et philosophie, sciences et techniques, et pour la demi-finale des sujets « inclassables », faisant davantage appel à vos capacités d’originalité).

Huit exemples de sujets inédits (dans l’esprit du Concours) :
  • Histoire et société : 1) Réussir sa vie, c’est être riche de… 2) La mondialisation : chance ou péril?
  • Littérature et Philosophie : 1) C’est quoi, être libre? 2) Quel est l’avantage d’apprendre le Français dans le monde contemporain?
  • Sciences et Techniques : 1) Les robots « humanoïdes » sont de plus en plus répandus dans le monde : faut-il en avoir peur? 2) Comment se dérouleront les cours au Lycée en 2050?
  • Sujets « atypiques » : 1) Pourquoi est-ce blanc plutôt que noir? 2) C’est quoi un « po-aime »?

Votre prestation doit durer 5 minutes au moins ! Le jury attend évidemment des exposés argumentés et réfléchis, ce qui n’empêche nullement l’improvisation : mettez-vous en scène, interpellez votre public un peu comme un acteur « qui fait son numéro »! Pourquoi pas du Slam si vous en avez le talent? Rien n’est pire qu’un exposé lu de façon monocorde : surprenez le jury!

Comprendre le barème d’évaluation :
  1. L’art oratoire et l’éloquence (10 points);
  2. La rhétorique : l’art du « discours », la qualité de vos arguments et de vos exemples (10 points).
  1. L’art oratoire touche à « l’art de bien parler ». Un orateur persuasif est celui qui sait s’exprimer avec aisance et clarté, moduler le son de sa voix afin d’éviter la monotonie par exemple. La capacité d’émouvoir, de persuader par la parole sont donc essentielles. Au niveau de l’évaluation, la diction est fondamentale puisque vous devez persuader d’abord par la parole! Ne négligez surtout pas le travail sur la langue : c’est ce qu’on appelle l’élocution, c’est-à-dire le choix du style. Par exemple, l’emploi de figures de rhétorique semble tout indiqué : métaphores, comparaisons, interpellation de votre auditoire, interrogations oratoires, etc.
  2. La rhétorique, c’est l’art du discours. Vous avez toutes et tous déjà travaillé sur l’écrit d’invention : cela va vous servir pour le concours ! L’invention, au sens étymologique (du latin « inventio ») est la capacité de savoir construire un projet, c’est-à-dire de convaincre en organisant votre propos. Vous serez donc noté sur la manière dont vous avez disposé vos idées, structuré votre parcours argumentatif. Pensez à utiliser les procédés propres au discours (choix des arguments, des exemples, des techniques de persuasion, techniques d’amplification, voire de dramatisation) en rapport avec le sujet.

L’entraînement…

Commencez d’ores et déjà à vous entraîner sur les quelques sujets proposés ici. Accordez-vous 15 à 20 minutes de préparation et lancez-vous, sans lire vos notes (vous pouvez même vous entraîner dans les transports en commun pour la recherche des arguments) : essayez de trouver des idées créatives, originales, et faites si possible votre exposé devant d’autres personnes : des copains ou des copines, la famille, etc. afin de vous confronter à un public. Si vous êtes seul chez vous, mettez-vous devant une glace et parlez HAUT et FORT en vous regardant : c’est un excellent exercice souvent pratiqué dans les écoles de Communication. N’oubliez pas d’introduire votre discours par une introduction susceptible d’attirer l’attention de l’audience : l’accroche (ou amorce) est importante car elle va amener le sujet de manière originale, inattendue. N’oubliez pas non plus pour votre développement qu’on vous évaluera sur votre capacité à produire un texte original, et non à vous contenter de commenter une citation ou une expression. Sachez trouver le ton, les mots qui conviennent : évitez absolument l’interchangeable, le « prêt-à-porter » linguistique. Quant à votre conclusion, elle devra être percutante. Ne vous contentez pas de résumer vos arguments, privilégiez l’effet de « chute »!

Rappel : Réunion d’information pour les élèves inscrits : le mardi 20 janvier 2009 à 14h30 à l’amphithéâtre (*).
Les demi-finales auront lieu en février : Pour les classes de Première (*) : mardi 3 février (de 13h30 à 17h30). Pour les classes de Seconde (*) : mardi 10 février, le matin (à partir de 10 heures) ET l’après-midi. La finale aura lieu le mardi 10 mars (*) le matin et l’après-midi.

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(*) Les dates et horaires sont donnés à titre indicatif, sous réserve d’erreurs typographiques ou de modifications ultérieures.

Exposition : la poésie du Symbolisme au Surréalisme. Au CDI du 12 au 26 janvier 2009

Les classes de Première S5 et ES4 vous invitent à l’exposition qu’elles organisent au CDI sur le thème : la poésie du Symbolisme au Surréalisme. Plus de soixante poèmes inédits seront exposés, associant l’art poétique et l’image. De par leur qualité, les textes présentés reflètent la vivacité de la création poétique actuelle. Venez nombreux.

Et sur ce site…

Accédez à l’exposition virtuelle tournante : menu en haut à gauche « Les classes exposent » (*)…

Chaque semaine, de nouveaux textes seront exposés !

(*) Afin de protéger l’anonymat des auteurs mineurs sur Internet, les noms de famille ont été partiellement masqués. Merci de votre compréhension. Enfin, malgré leur qualité, certains textes sont difficilement publiables sur Internet, en raison de la taille trop volumineuse des fichiers graphiques, et de la capacité de stockage limitée du serveur. Vous pouvez bien sûr les voir sur place, puis à la journée « Portes Ouvertes » du damedi 21 mars, et enfin au Salon du Livre du Montargois, où toutes mes classes exposeront.

Concours d'expression orale… Du nouveau !

  • Réunion d’information pour les élèves inscrits : le mardi 20 janvier 2009 à 14h30 à l’amphithéâtre (*).
  • Le concours 2009 se déroulera au Lycée (CDI) en 2 étapes :
    • Les demi-finales auront lieu en février
      • Pour les classes de Première (*) : mardi 3 février (de 13h30 à 17h30)
      • Pour les classes de Seconde (*) : mardi 10 février, le matin (à partir de 10 heures) ET l’après-midi.
    • La finale aura lieu le mardi 10 mars (*) le matin et l’après-midi.

Retrouvez sur ce site dès le lundi 12 janvier des exemples de questions et deux sujets commentés chaque semaine + des tas de conseils pratiques pour vous préparer au mieux à l’épreuve !

(*) Les dates et horaires sont donnés à titre indicatif, sous réserve d’erreurs typographiques ou de modifications ultérieures.

Concours d’expression orale… Du nouveau !

  • Réunion d’information pour les élèves inscrits : le mardi 20 janvier 2009 à 14h30 à l’amphithéâtre (*).
  • Le concours 2009 se déroulera au Lycée (CDI) en 2 étapes :
    • Les demi-finales auront lieu en février
      • Pour les classes de Première (*) : mardi 3 février (de 13h30 à 17h30)
      • Pour les classes de Seconde (*) : mardi 10 février, le matin (à partir de 10 heures) ET l’après-midi.
    • La finale aura lieu le mardi 10 mars (*) le matin et l’après-midi.

Retrouvez sur ce site dès le lundi 12 janvier des exemples de questions et deux sujets commentés chaque semaine + des tas de conseils pratiques pour vous préparer au mieux à l’épreuve !

(*) Les dates et horaires sont donnés à titre indicatif, sous réserve d’erreurs typographiques ou de modifications ultérieures.