La citation de la semaine… Assia Djebar…

Une écriture « contre » : le « contre » de l’opposition, de la révolte… mais c’est aussi tout contre… le besoin d’être auprès de…

Je ne me sais qu’une règle, apprise et éclaircie certes, peu à peu, dans la solitude et loin des chapelles littéraires : ne pratiquer qu’une écriture de nécessité. Une écriture de creusement, de poussée dans le noir et l’obscur ! Une écriture « contre » : le « contre » de l’opposition, de la révolte, quelquefois muette, qui vous ébranle et traverse votre être tout entier. Contre, mais c’est aussi tout contre, c’est-à-dire une écriture du rapprochement, de l’écoute, le besoin d’être auprès de…, de cerner une chaleur humaine, une solidarité, besoin sans doute utopique car je viens d’une société où les rapports entre hommes et femmes, hors les liens familiaux, sont d’une dureté, d’une âpreté qui vous laissent sans voix !

[…] Non, décidément, l’écriture – je veux dire, l’écrit de toute littérature, ainsi que la parole illuminante – n’est pas un faire-part de deuil ou de crime ; non, elle n’est pas une plaque funéraire bavarde, simplement projetée dans l’espace vide, le temps que circulent quelques milliers d’exemplaires de vos pattes de fourmi tracées sur papier, lancés comme un paquet-cadeau à la mort. Non, l’écriture à laquelle je me vouais dans ce malheur algérien […] est le dialogue suspendu avec l’ami sur lequel est tombée la hache, dans la tête de qui a sonné la balle, tandis que vous, vous survivez, tandis que vous, vous questionnez sur les tout petits détails, juste avant que celui – ou celle – que vous avez connu soit pétrifié en victime, en cadavre, en silence !

[…] Edmond Jabès, arraché de son Egypte natale, au milieu de son âge, remarquait : « Les chemins d’encre sont des chemins de sang ! » Il l’écrivait à Paris et je dirais, presque à voix basse. Seule cette force-là, si peu visible, si impalpable, si peu propice aux projecteurs, me semble-t-il, qui devrait me redresser : la seule force, transparente ou friable, de l’écriture. »

Assia Djebar (pseudonyme de Fatma-Zohra Imalhayène), écrivaine algérienne de langue française, élue à l'Académie française en juin 2005. 
À propos de cette citation…

En octobre 2000, Assia Djebar reçoit le « Prix pour la Paix » décerné par les éditeurs et libraires allemands. Elle prononce à cette occasion un discours célèbre intitulé « Idiome de l’exil et langue de l’irréductibilité ». Le texte, qui se présente sous la forme d’une autobiographie littéraire, est l’occasion pour l’auteure de rendre un vibrant hommage aux écrivains algériens victimes du terrorisme : le romancier Tahar Djaout, le poète Youssef Sebti, le dramaturge Abelkader Alloula, assassinés en 1993 et 1994. Ce vibrant plaidoyer invite aussi à réfléchir à la mission de l’écrivain, au statut de la femme algérienne et musulmane, et d’évoquer le contexte culturel mouvant, migratoire, ambivalent de la littérature algérienne de langue française, fortement marqué par la crise des identités.

Le site Remue.net propose le téléchargement de ce discours dans sa version intégrale et corrigée : vous pouvez télécharger le texte dans son intégralité. Les passages les plus significatifs du texte ont été repris par Le Monde du 26 octobre 2000 sous le titre « Le désir sauvage de ne pas oublier ». Pour lire l’article, cliquez ici. Assia Djebar possède un site Internet, pour y accéder, cliquez ici.

Crédit photographique : G.A.F.F. / SIPA

Bac blanc du 3 décembre… Rapport du jury…

bac.1234113552.jpgVoici le rapport que j’ai établi pour ce premier baccalauréat blanc, sur la base des remarques de ma collègue et de mes propres observations.

arrow.1242450507.jpg Voir également le rapport de correction pour le Bac blanc du 28 janvier 2010.
Un bilan mitigé

La moyenne générale obtenue pour ce premier bac blanc est de 9,38 pour la classe de 1ère ES4  (9,2 pour le correcteur 2) et de 8,97 pgraph.1230532778.JPGour la classe de 1ère S5 (correcteur 2 : 8,46). L’anonymat des copies ainsi que la double correction (effectuée « en aveugle ») ont permis une totale impartialité dans l’établissement des notes. Comme vous le voyez, il n’y a pas eu d’amplitude très significative, au niveau des scores, entre mes notes et celles du deuxième correcteur dans la plupart des cas (moins de 0,2 point en ES4 ; à noter cependant un écart plus important en Première S5 de l’ordre d’un demi-point en raison de quelques travaux posant problème). Concernant les résultats, sans être alarmant, le bilan reste cependant nuancé et devra amener certains élèves (en particulier en Première S5 : très décevante) à se mettre sérieusement en question. Un certain nombre d’élèves d’ailleurs sont sortis une heure avant la fin de l’épreuve, ce qui les a pénalisés quoi qu’ils en pensent (« l’enfer c’est les autres » c’est bien connu!). Partir avant, comme je l’avais d’ailleurs dit et répété (en classe et sur ce blog) est évidemment une chose à ne jamais faire, surtout lors d’un examen. Plus qu’une absence de sérieux, j’y vois davantage un manque de discernement : la difficulté en Français c’est en effet de travailler avec peu de consignes, ce qui déstabilise beaucoup d’élèves, habitués plus qu’ils ne l’imaginent, à être « dirigés », et guidés par les consignes : si vous regardez attentivement la question d’ensemble comme le travail d’écriture, vous verrez qu’ils vous amènent en fait à déterminer vous-même ce qu’il convient de faire : la marche à suivre étant davantage laissée à votre libre-arbitre, à votre appréciation personnelle, qu’à une succession de contraintes à respecter. Prenons comme exemple l’introduction du commentaire : je suis certain que si l’on avait dit : 1) vous ferez d’abord une introduction qui comprendra obligatoirement a) une amorce, puis b) la contextualisation du texte ainsi que c) sa problématisation, et enfin d) l’annonce du plan, certains élèves (qui n’ont rien fait de tout ça) auraient scrupuleusement exécuté ce qu’on leur disait de faire. Mais quand on leur dit seulement « Faites le commentaire », ces étudiants sont décontenancés parce que c’est à eux tout à coup à déterminer la marche à suivre, en s’adaptant de surcroît à un support textuel qu’ils ne connaissent pas. Ce sont ces mêmes élèves qui attendent en classe qu’on leur dise de prendre des notes en cours… Bref qui attendent qu’on leur donne des directives, incapables qu’ils sont d’être autonomes… En réalité, malgré leur absence apparente, les consignes sont bien là, mais elles sont implicites : vous êtes censés les connaître et les appliquer.

L’obligation de faire des fiches

C’est la raison pour laquelle je ne saurais trop vous recommander de vous constituer d’avance des « fiches de synthèse » sur les trois types d’exercices (commentaire, dissertation, invention) en notant dessus tout ce que vous devez faire, un peu comme une « check-liste » afin de vous créer des automatismes le jour de l’examen. Cela passe aussi par des entraînements personnels réguliers. À ce titre, j’ai été assez décontenancé de voir le peu d’élèves (surtout en 1ère S5) ayant accepté de venir avant le bac afin de s’entraîner. Quant à ceux qui sont venus, le travail de préparation n’a pas été souvent à la hauteur. Sachez que la préparation de l’EAF exige de votre part un investissement que certains n’imaginent pas. Qu’en sera-t-il de l’oral par exemple si vous ne préparez aucune fiche de synthèse sur les textes, les mouvements, les genres étudiés en classe ?

L’analyse du sujetgraphique-bac.1230296571.jpg

Le choix avait été fait par l’équipe pédagogique de proposer un corpus qui, par son caractère générique (la poésie) permettait d’évaluer les capacités d’apprentissage, d’analyse et les qualités littéraires des candidats. La question d’invention comme les trois sujets d’écriture ont en effet pour but de mesurer des compétences de fond, qui doivent être celles de tout lycéen. Pour le commentaire par exemple, les professeurs ont voulu prendre en compte l’adaptation aux spécificités et à l’intérêt du texte et la maîtrise des outils utilisés pour en approfondir l’étude. Pour tous les sujets, les correcteurs ont également tenu compte de la capacité des élèves à construire un travail selon une argumentation problématisée, soumise aux contraintes de la rédaction, de la cohérence du parcours argumentatif, et de la progressivité du propos : « D’où est-ce que je suis parti… pour parvenir où? » ; « Qu’est-ce que je veux prouver? » : telles sont les questions que tout candidat au Bac doit se poser lorsqu’il rédige son travail de Français.

La question d’ensemble : comprendre le choix des textes et leurs enjeux

La première chose que devrait faire chaque élève, c’est d’être sensible aux principes de cohérence qui ont guidé l’élaboration du corpus. Dites-vous que les documents ne sont évidemment jamais choisis au hasard. Vous devez donc chercher à en comprendre la teneur et les enjeux, c’est-à-dire la cohérence générique (le genre des textes) ou typologique (les types de discours en présence) ou historique (l’époque, le mouvement littéraire). Le corpus proposait quatre textes amenant à une réflexion sur la fonction allégorique de la poésie (l’animal comme métaphore du poète). La question préalable a été dans l’ensemble bien comprise (moyenne : 2,5/4). Il faut dire que nous avions pas mal travaillé en classe sur la condition et la mission du poète, et que « l’Albatros » de Baudelaire avait fait l’objet d’une lecture analytique… Quoi qu’il en soit, vous avez relevé la condition singulière du poète (sacrifice de sa vie par le pélican = souffrance du poète pour trouver l’inspiration ; maladresse piteuse de l’albatros = malédiction du poète « maudit », marginalisé dans la société, mais aspirant à l’élévation spirituelle ; chant cacophonique du crapaud, à l’image de l’écriture discordante du poète décadent qui semble ironiser sur sa condition, travail de la terre par le lombric évoquant le travail du langage par le poète). Il fallait évidemment mettre en relation les textes. Certains élèves ont encore traité les textes isolément. Sauf exception, c’est à ne jamais faire : vous êtes évalués sur votre capacité à confronter les documents et à en éclairer les contenus selon une démarche dialectique (ce qui oppose les textes) ou analogique (ce qui les rapproche) afin de mettre en lumière la problématique globale du corpus.

Quelques élèves ont délibérément choisi de ne pas traiter la question d’ensemble. C’est un parti-pris très risqué. Contrairement à la représentation qu’ils semblent s’en faire, la question préalable est essentielle car elle guide l’élève pour le travail d’écriture, en lui permettant de voir les nuances, les positions explicites ou implicites sous-tendues par les différents textes, en lui proposant des pistes de réflexion.

Les difficultés les plus rencontrées

Ma collègue et moi-même avons regretté le caractère superficiel, voire indigent des développements de certains travaux, particulièrement pour les écrits d’invention (moyenne : 7/20) et la dissertation (moyenne 8,5/20). C’est d’abord la méconnaissance des principes de l’exercice qui a été le plus pénalisant : comment imaginer par exemple une dissertation littéraire ne comportant qu’un seul exemple? Ou des parties ne présentant aucun paragraphe (donc sans parcours argumentatif). Au niveau du commentaire, ce qui nous a gênés a été souvent l’incapacité de beaucoup d’élèves à dégager la problématique du texte ; voire la non-compréhension des données clés du texte : le commentaire amenait à souligner bien entendu la problématique typiquement romantique de la souffrance comme moteur de la création littéraire ; la nature tourmentée du poète s’accordant bien avec le registre pathétique et le symbolisme sentimental de cette scène allégorique.

Nous avons en outre souvent déploré la paraphrase du texte dans de trop nombreuses copies ou bien la substitution à l’exercice du commentaire d’un exposé sur un texte plus ou moins proche de celui abordé par le texte proposé : par exemple quelques copies substituant au commentaire du « Pélican » celui de « l’Albatros » (sous prétexte que le texte avait été étudié en classe), d’où un taux élevé de passages « hors sujet ».

Soulignons enfin, dans de trop nombreux devoirs, l’application mécanique de certaines notions apprises en cours qui étaient, en l’occurrence, inopérantes : quel est l’intérêt de « recracher » ses connaissances sur le Romantisme ou la poésie si ce qu’on écrit n’a pas de rapport étroit avec la problématique ? Nous avons voulu être « indulgents » car ces copies représentent à l’évidence un profil d’élève « sérieux » mais ce genre de méprise ne passera pas au prochain examen blanc. Que les candidats au Bac se persuadent que l’épreuve suppose de savoir traiter intelligemment l’information. Comme vous le savez, « trop d’information tue l’information » : cela passe donc par une prise en compte de ce qui fait l’intérêt du ou des textes composant le corpus et donc par la capacité à déterminer les orientations de votre travail, à sélectionner les informations pertinentes, à les hiérarchiser, etc. Tout dire ne sert à rien si cela n’a pas de rapport avec ce qui est demandé.

Oserais-je évoquer ici certains travaux ne dépassant pas une page… Pour un bac? Ce n’est même pas ce qui est demandé au Brevet… où un minimum de deux pages est requis! Ecrire trente lignes, c’est une façon de dire au correcteur : « je me f… complètement de l’épreuve ». Ou alors, c’est d’une suffisance telle qu’on peut supposer que le candidat, si sûr de son « génie », ne daigne pas à s’abaisser à rédiger davantage. Dans tous les cas, la note est évidemment faible : car il est tout bonnement inconcevable de construire une réflexion structurée et argumentée en une page!

Orthographe et syntaxe

Vous avez été nombreux à faire attention à l’orthographe : c’est une nouvelle encourageante: seulement 9% des travaux de ES et 15% en S présentaient des fautes graves répétées. Ce sont les accords (genre, nombre, participes passés, etc.) qui constituent les fautes les plus fréquemment commises : des erreurs relevant du programme de… Primaire (l’entrée en Sixième pour être optimiste) : ne vous attendez à aucune indulgence dans ce cas-là. C’est inadmissible. Une maîtrise minimale du discours écrit est donc un pré-requis minimal pour qui se destine à passer le Baccalauréat. Nous avons relevé parfois, rien qu’au niveau de la présentation de la copie, des énormités stupéfiantes, qu’un élève de Sixième, plus habitué « à faire attention » n’oserait même pas imaginer : absence de majuscules, de ponctuation, d’alinéas, relâchement total de l’écriture, etc. Sachez-le : les copies qui ont une écriture, un style et une présentation laissant à désirer sont presque toujours de mauvaises copies. Nous avons constaté avec consternation le niveau de langue parfois catastrophique de certaines copies qui ne sont que de l’oralité, de piètre qualité d’ailleurs, transcrite tant bien que mal. Je me permets de citer ici une « perle » : « les poètes i (sic) veulent faire comprendre que la poésie c’est d’être marginal, ils se sentent comme Dieu parce que Baudelaire est un albatros il aime le ciel ». J’ai évidemment renoncé à transcrire les fautes d’orthographe… Mais la question que je me pose est la suivante : qu’est-ce que ce texte veut dire? Suis-je censé le déchiffrer? Tout cela donne trop souvent l’impression d’une rédaction au fil de la plume, relâchée et confuse qui transforme le travail de correction en véritable calvaire. Il ne s’agit évidemment pas de sanctionner systématiquement la moindre erreur d’orthographe ou de syntaxe, mais de pénaliser la répétition de défaillances graves manifestant à l’évidence d’inadmissibles lacunes dans la maîtrise de la langue. Voici quelques fautes qui m’agacent personnellement : « loing » au lieu de « loin », « tout les auteurs » au lieu de « tous les auteurs », confusion de « quand » et de « quant », « language » au lieu de « langage », « ou » et « où », accords du participe passé, noms d’auteurs mal orthographiés (« Beaudelaire » au lieu de Baudelaire, etc.).

choixsujets.1230302336.jpg

L’écrit d’invention : des exigences mal perçues…

Selon les textes officiels : « L’écriture d’invention contribue […] à tester l’aptitude du candidat à lire et comprendre un texte, à en saisir les enjeux, à percevoir les caractères singuliers de son écriture. […] L’exercice se fonde […] sur une lecture intelligente et sensible du corpus, et exige du candidat qu’il se soit approprié la spécificité des textes dont il dispose (langue, style, pensée), afin d’être capable de les reproduire, de les prolonger, de s’en démarquer ou de les critiquer ». Comme vous le voyez, l’exercice est exigeant! Or, il faut bien le reconnaître : beaucoup de candidats croient s’en tirer à bon compte en choisissant l’écrit d’invention faute de préparation rigoureuse. Je dois, et fort malheureusement, faire un constat globalement négatif à propos du niveau général des élèves ayant choisi cet exercice ; sauf quelques bonnes (même très bonnes) copies, le manque de préparation, aussi bien stylistique que culturelle, des candidats est inquiétant. On a l’impression que certains choisissent cet exercice, tout simplement parce qu’ils n’ont rien appris : sur deux classes, une dizaine de copies est inférieure à 5 ! parmi ces copies, aucun candidat n’aurait simplement l’aptitude à réussir le… Brevet des collèges si l’on appliquait les consignes à la lettre! Tant l’accumulation des fautes les plus élémentaires est au-delà de ce qui se peut concevoir : aucune référence culturelle, alors que les consignes mentionnaient explicitement l’exploitation des connaissances apprises en cours sur les mouvements littéraires et le genre poétique. 

De rares élèves n’avaient, semble-t-il, aucune connaissance, fût-ce minimale, du contexte historique ou culturel du Romantisme qui leur aurait pourtant permis de saisir le sens de l’exercice attendu d’eux : de là quelques écrits désolants : nous avons eu droit par exemple dans deux devoirs à un exposé sur la vie des animaux, et leur mode d’alimentation!)… Par ailleurs, beaucoup d’élèves, pourtant sérieux, ont oublié d’exploiter leurs connaissances pour ce sujet : ils se sont sans doute « cassé » la tête à chercher un animal et à en faire le portrait, au lieu de partir d’abord de leurs acquis scolaires : par exemple, l’individualisme, le lyrisme, la sensibilité, le goût pour la solitude et le voyage, etc. Autant de caractéristiques du Romantisme que l’on pouvait facilement mettre en évidence dans la description de l’animal. Une description qui devait évidemment s’inscrire dans la perspective allégorique du corpus. N’oubliez pas que le correcteur vous juge d’abord sur des connaissances (le fond) et la manière dont vous allez les exploiter au niveau rédactionnel (la forme). Nous ne saurions trop vous rappeler que cet exercice exige, tout comme le commentaire et la dissertation, de la méthode. Un écrit d’invention ne s’improvise pas : cela passe d’abord par un strict respect des contraintes imposées par le sujet et par un entraînement personnel.

Le commentaire…

Que ce soit en ES ou en S, le choix du commentaire a été majoritaire : vous l’avez privilégié à plus de 45%! Le sujet vous a sans doute paru plus familier, en raison de la fréquence de l’entraînement à l’analyse de textes courts pour l’oral de l’EAF. Attention toutefois à ne pas faire du commentaire une « valeur-refuge » car cet exercice impose des contraintes strictes. Cela dit, le texte support était assez accessible : vous avez généralement bien compris la dimension dialogique du poème (la Muse tentant de donner du courage au poète). En revanche, l’aspect allégorique n’a pas été toujours bien problématisé : l’image du pélican qui se sacrifie pour ses enfants était pourtant essentielle ici. À travers cette allégorie, la Muse montre au poète qu’il ne doit pas prétexter de sa douleur pour ne pas écrire mais au contraire l’utiliser comme source d’inspiration et de sublimation : il y avait donc une visée didactique dans le texte que certains élèves ont très bien cernée : nous avons fortement encouragé de tels devoirs.

Peu d’élèves ont pensé à problématiser le texte par rapport au « mal du siècle » propre aux Romantiques : c’était pourtant évident. Je ne comprends pas pourquoi vous avez été si nombreux à situer ce poème dans le Symbolisme alors qu’il date de… 1835! C’est une erreur incroyable : nous avons été indulgents pour la correction, mais reconnaissez tout de même que c’est navrant! Certains élèves se sont justifiés en arguant du fait que l’auteur n’ayant pas été étudié, il leur était diffcile de bien le contextualiser… Mais voilà toute la différence entre un collégien et un lycéen! En Première, on attend de vous un investissement personnel. Si vous êtes allés sur les sites que j’ai conseillés sur ce cahier de texte en ligne, vous ne pouviez pas ignorer que Musset est un poète très représentatif des Romantiques. 

En outre, j’ai regretté pour ma part le peu de candidats ayant pensé à réfléchir à partir de ce texte à la condition du poète (un être à part de la société) et sa mission : sublimer sa souffrance par un appel à l’idéal ; recherche dans la nature d’une échappatoire à la souffrance (physique et morale) par un appel à la divinité. Les élèves ayant bien appris leur lecture analytique sur « l’Albatros » ou « Fonction du poète » n’ont eu aucun mal à organiser leurs axes : l’assimilation stylistique entre le poète et l’animal ayant déjà été travaillée chez Baudelaire ; quant au poème de Hugo, les nombreuses images du sacrifice christique (transfiguration de la douleur en particulier), la visée didactique du texte, etc. devaient vous fournir des pistes de réflexion pertinentes.

La dissertation

Vous avez été peu nombreux à choisir la dissertation : à peine 20%. Ce faible pourcentage s’explique moins par le sujet (qui n’était pas si difficile que cela) que par la crainte de ne pas être à la hauteur faute d’une pratique suffisante. Je ne peux que vous conseiller de vous familiariser avec l’exercice en vous entraînant davantage : à part deux excellents devoirs, et quelques travaux certes plus moyens mais acceptables, la plupart des copies présentaient des lacunes méthodologiques ou culturelles parfois préoccupantes. Je crois utile de rappeler ici les principes qui régissent cet exercice. Le sujet de dissertation doit permettre à des candidats (qui se sont obligatoirement préparés) de mettre en valeur leurs connaissances littéraires. Certains élèves ne semblent toujours pas bien comprendre ce qu’on attend d’eux et traitent cet exercice exigeant comme une sorte de vague paragraphe argumentatif… Le premier travail à faire consistait à analyser le sujet : n’oubliez pas que la différence entre les copies s’opère essentiellement au moment clé de l’analyse du sujet. Un parcours trop superficiel de la citation et des consignes, qui consiste uniquement à repérer quelques éléments permettant d’utiliser des développements tout préparés ne permet pas de satisfaire aux exigences de la dissertation mais aboutit à un collage de considérations sans grand intérêt.

Vous deviez donc commencer par reformuler le sujet. L’idée énoncée était la suivante : pour produire des poèmes qui touchent les lecteurs, le poète doit puiser son inspiration dans sa souffrance. On voit bien ici la problématique suggérée : la souffrance est-elle nécessaire à la création poétique? Le libellé du sujet vous a amenés à un plan le plus souvent dialectique : 1) la souffrance, source nécessaire de l’inspiration ; 2) on ne peut pas réduire l’inspiration à la seule souffrance. La citation a semblé gêner, voire déstabiliser certains élèves qui se sont perdus dans de longs commentaires, souvent hors sujet sur la poésie, mélangeant allègrement des bribes de lectures analytiques à des jugements personnels, au détriment d’une problématique organisée. Pensez à bien lire le sujet qui proposé. Si les bonnes copies témoignent d’une maturité intellectuelle et d’une préparation solide, beaucoup de travaux en revanche ont été beaucoup trop superficiels, témoignant d’un apprentissage déficient : que dire des candidats ne citant aucun texte, alors que c’est l’essentiel du travail? Quant à la forme… Certains élèves n’ont même pas rédigé d’introduction ou de conclusion!

Le respect de la forme de la dissertation, loin d’être un pur formalisme, se révèle en fait une aide structurante permettant la mise en ordre raisonnée d’une pensée personnelle étayée par l’exploitation du corpus et de la culture littéraire. En particulier, j’ai apprécié les élèves cherchant à exploiter leurs connaissances. Les dissertations bien construites, avec un plan annoncé (et respecté!), comportant une introduction, des parties structurées autour de paragraphes, des transitions, et une conclusion, écrites dans un français syntaxiquement correct, sont toujours des copies qui font nettement la différence. En revanche, nous avons sanctionné les travaux accumulant les banalités : quand je dis que la dissertation doit privilégier la réflexion personnelle, cela ne signifie nullement que vous devez raconter votre vie! Voici un exemple édifiant : « En cours, nous avons fait de l’écriture automatique, ça consiste à mettre des mots au hasard, alors pour exprimer la souffrance, ce n’est pas la peine d’être triste »… Affligeant n’est-ce pas? À l’inverse, attention à ne pas transformer votre travail en exposé : nous avons eu droit parfois à des collages de notes de cours sans aucun discernement. Une telle accumulation gratuite de connaissances est malheureusement le signe ou bien d’un manque de méthode, ou bien le reflet d’un manque de pensée personnelle, ce qui est beaucoup plus grave.

En conclusion, nous ne saurions trop vous rappeler que la dissertation est un exercice exigeant sur le plan de la forme et de la méthode, qui répond à des règles précises et qui nécessite un apprentissage rigoureux. 

La citation de la semaine… Raymond Devos…

« Rien… ce n’est pas rien. La preuve c’est qu’on peut le soustraire : rien moins rien = moins que rien! »

« Mesdames et Messieurs … je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.

Oh! Je sais! Vous pensez : « S’il n’a rien à dire… Il ferait mieux de se taire! » Évidemment! Mais c’est trop facile! C’est trop facile! Vous voudriez que je fasse comme tous ceux qui n’ont rien à dire et qui le gardent pour eux? Eh! bien, non! Mesdames et Messieurs, moi, lorsque je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache! Je veux en faire profiter les autres!

Et si, vous-mêmes, Mesdames et Messieurs, vous n’avez rien à dire, eh! bien, on en parle, on en discute! Je ne suis pas ennemi du colloque. devos.1229453560.jpg« Mais, me direz-vous, si on parle pour ne rien dire, de quoi  allons-nous parler? » Eh! bien, de rien! De rien!

Car rien… ce n´est pas rien. La preuve c’est qu´on peut le soustraire. Exemple : rien moins rien = moins que rien! Si l’on peut trouver moins que rien c’est que rien vaut déjà quelque chose! On peut acheter quelque chose avec rien! En le multipliant : une fois rien… c’est rien. Deux fois rien… ce n´est pas beaucoup! Mais trois fois rien? Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose … et pour pas cher! »

Raymond Devos, extrait du sketch « Parler pour ne rien dire »

_____________

Raymond Devos (1922-2006), humoriste français et véritable magicien du langage. Son style irrationnel, poétique et parfois clownesque est le résultat d’un travail approfondi sur la langue, la polysémie des mots, le mime, et une combinaison subtile d’éléments visuels ou sonores qui ont fait de ses shows un « spectacle total ». Les sketches de Raymond Devos, fondés sur l’absurde, sont une invitation à la quête du sens. L’humoriste s’est en effet joué des conventions de la logique et du langage pour mieux mettre en scène l’absurdité de la condition humaine. Vous pouvez visionner sur Youtube ou Dailymotion quelques sketches célèbres. De nombreux éditeurs les ont également édités sous forme de DVD.

Recrutement… Grandes Écoles… Classes Prépa… BTS… C’est la culture générale qui fait la différence !

Cela paraît évident… Comment départager des candidats qui ont la même formation, le même diplôme, les mêmes mentions, si ce n’est par la culture générale? Or en voyant travailler les élèves ou les étudiants, il apparaît qu’une majorité d’entre eux ne comprend pas bien le parti qu’ils pourraient tirer d’une meilleure exploitation de leur culture générale. Voici quelques conseils pour vous aider à surmonter cette difficulté…

Lancement d’une nouvelle rubrique : « Objectif Culture générale »

Vous savez ce qu’on appelle en Français l’intertextualité : c’est la mise en relation des textes entre eux. Or, c’est la même démarche qui doit présider dans votre méthode d’apprentissage. Privilégiez l’interculturalité, c’est-à-dire la confrontation des savoirs et des pratiques culturelles. einstein.1229260469.jpgC’est la raison pour laquelle je lance à partir d’aujourd’hui une nouvelle rubrique : « Objectif Culture générale » : chaque semaine, j’aborderai un sujet mettant en valeur la transdisciplinarité dans la littérature et permettant d’aborder une problématique selon plusieurs points de vue. Prenez par exemple le nouvel article de la rubrique Objectif Culture générale (« Le chien de Pavlov« ) : le problème est envisagé selon différents angles : psychologique, sociologique, comportementaliste, littéraire, politique, éthique… C’est cette mise en relation de points de vue différents qui permet de mieux comprendre la complexité d’un problème.

Les guides de culture générale…

Je ne saurais trop vous conseiller par ailleurs d’acquérir dès la classe de Première un guide de culture générale. C’est fortement recommandé pour les étudiants, et indispensable si vous envisagez une classe Prépa ou une Grande école. N’attendez pas : comme vous le savez maintenant si vous lisez régulièrement les articles de ce manuel électronique, plus vous anticipez et plus vous avez de chances de réussir. Cela commence par lire dès maintenant les sujets proposés aux concours : cela vous permettra d’orienter votre travail selon une logique de réussite précise. N’oubliez pas que si vous attendez de passer le concours pour travailler votre culture générale, ce sera malheureusement trop tard : vous aurez pris des habitudes qui ne vous permettront pas de vous adapter à de nouvelles méthodes, et vous ne parviendrez pas à franchir l’écueil des sélections. En commençant tôt en revanche, vous n’aurez aucun mal à maîtriser l’interdisciplinarité qui est à la base de tous les gands concours de recrutement et des examens de haut niveau.

OBJECTIF CULTURE GÉNÉRALE… Problématique de la semaine : du « chien de Pavlov » au « Meilleur des mondes » d’Huxley

___________________________________________________________________________________________________________________________

Chaque semaine, retrouvez une notion-clé de culture générale, utile au Bachelier comme à l’étudiant de BTS… 

Cette semaine : Du chien de Pavlov au Meilleur des Mondes d’Huxley

__________________

L’expérience de Pavlov

Prenez un savantL\\\\\\\\\'expérience de Pavlov (Ivan Petrovich PAVLOV, 1849-1936), ajoutez un chien, accommodez le tout à la sauce « Soviet », et vous obtenez l’une des plus célèbres expériences de Psychologie. Elle donnera naissance à la « théorie des réflexes conditionnés ».

Explication…

L’expérience la plus connue de Pavlov consistait à présenter de la nourriture à un chien en même temps que retentissait un stimulus (*) quelconque : sonnerie, sifflet, clochette, etc. (oui, tout à fait : un peu comme quand vous sentez l’odeur des frites au même moment que retentit la sonnerie de 12h30!). Que se passait-t-il? La vision de la nourriture déclenchait chez le chien une salivation… Puis au bout d’un certain temps Pavlov fit simplement retentir la sonnerie sans donner de nourriture (imaginez que vous entendez la sonnerie mais vous ne sentez plus l’odeur des frites…) : il constata alors que la seule sonnerie provoquait chez le chien le processus de salivation. Pavlov démontra ainsi qu’il est possible de déclencher, par un processus d’apprentissage répétitif un réflexe « conditionné », qui s’apparente à un « dressage ».

Le conditionnement publicitaire

À la suite de Pavlov, de nombreux chercheurs en psychologie sociale, et plus particulièrement en « comportement du consommateur » étendirent ses recherches à l’homme afin de réfléchir à l’influence du conditionnement publicitaire sur les individus. Cpavlov2.1229244874.jpgomme vous le voyez, on est donc tous plus ou moins « le chien de Pavlov » : les théoriciens de la persuasion publicitaire, en particulier les « Behavioristes » (*) se sont en effet beaucoup servis des travaux de ce savant russe : certains « jingles », les logos, les slogans, etc. déclenchent en nous des réflexes « conditionnés », c’est-à-dire des réponse comportementales associées au stimulus ! tel jingle dans une pub va déclencher de notre part une réponse adaptée, telle musique dans une émission de télé-réalité va provoquer une émotion précise (joie, tristesse, etc.). ! La sonnerie de 17h25 provoque ainsi un irrépressible réflexe de sortie !

« Un incroyable dressage »

Plus fondamentalement, l’écrivain et philosophe René Huyghe s’est interrogé sur le conditionnement dont nous sommes victime dans un texte célèbre (**) : « Notre vie, écrit-il, s’organise autour de sensations élémentaires, sonnerie, feu rouge, ou vert, barre sur un disque coloré, etc., qui, par un incroyable dressage, commandent des actes appropriés. » Selon René Huyghe, de par leur simplification excessive, les slogans publicitaires n’amèneraient plus à réfléchir mais à « réagir » à des signaux.  L’auteur ajoute : « L’exposé de la pensée, parallèlement, perd ses caractères discursifs (***) pour produire des effets plus soudains, plus proches de la sensation ; il vise davantage au concentré pour parvenir à cette forme moderne, le slogan, où la notion incluse, à force de se ramasser, en arrive à imiter l’effet d’un choc sensoriel et son automatisme. La phrase glisse au heurt visuel. Stéréotypée, elle ne demande plus à être comprise, mais seulement reconnue ».

De Pavlov au « Meilleur des Mondes »…

Ainsi, les normes sociales, la culture dominante, la propagande sont d’importants facteurs de conditionnement. Le but de toutemeilleurdesmondes.1229238467.jpg propagande idéologique en effet n’est pas qu’on comprenne les slogans mais qu’on les retienne : c’est la différence entre l’apprentissage et le « dressage », l’éducation et l’endoctrinement, la démocratie et la dictature! Le roman célèbre d’Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes, rédigé quelques années avant la mort de Pavlov (en 1931) est une terrible dystopie (****) qui fait réfléchir à la manière dont le conditionnement peut manipuler les individus : dans ce « meilleur des mondes », l’éducation est remplacée par un conditionnement strict selon la place sociale qu’occuperont les enfants dans la hiérarchie sociale. C’est donc bien par antiphrase qu’il faut comprendre Le Meilleur des mondes. Entièrement manipulés, les individus vivent dans un système unifié et totalitaire  qui contrôle entièrement leurs processus mentaux, leurs comportements, jusqu’à leurs loisirs ou leurs goûts : par exemple, personne ne doit aimer les fleurs! Car n’engendrant pas d’activité économique, les fleurs sont inutiles. Ce beau roman, de plus facile à lire, est une réflexion toujours très actuelle sur les dérives possibles des systèmes politiques. Avec 1984 d’Orwell, c’est un classique de la littérature d’anticipation.

(*) Stimulus (pluriel stimuli) : désigne tout ce qui est de nature à entraîner une réaction de la part de l’individu. Les Behavioristes (« behaviour » = comportement en Anglais) ont voulu étudier « scientifiquement » le comportement humain. Selon eux, nos comportements ne seraient que des « réponses » apprises à des stimuli externes. L’apprentissage des normes sociales conditionnerait donc nos comportements selon un schéma « stimulus-réponse ». (**) René Huyghe, Dialogue avec le visible, éd. Flammarion, Paris 1955. (***) Discursif : qui a le caractère de la pensée réfléchie et organisée. (****) Dystopie : le contraire d’une utopie (voir aussi cette page sur Wikipedia).

Emploi du temps… Apprendre à planifier son travail…

La réussite scolaire passe d’abord par une bonne maîtrise de la planification des tâches… Explication…

Du temps linéaire…

Je suis assez surpris de voir que des élèves de Première ne parviennent toujours pas (à 6 mois de l’épreuve anticipée…) à planifier leur emploi du temps. De là des retards parfois importants et préjudiciables au bon déroulement de votre scolarité. La raison tient au fait que beaucoup d’élèves ont pris la (mauvaise) habitude d’utiliser (comme dans les « petites classes ») un agenda ou un cahier de texte qui est une méthode de planification du travail assez sommaire. Explication : la représentation du temps sur un agenda est « linéaire » : elle ne permet pas de visualiser le temps dans son ensemble. De là une vision à très court terme, qui n’offre ni anticipation, ni projection, ni planification.

… au temps stratégique

Ce « temps linéaire » est donc un temps partiel, hérité de la petite école ou du collège : on regarde le lundi ce qu’il y a à faire pour le mardi, le mercredi ce qu’il y a à rendre le jeudi ou le vendredi, etc. Tout fonctionne à peu près bien quand la charge de travail est minime. En revanche, dès que le rythme et la densité des exercices augmentent, la méthode ne marche plus, pour la simple raison que ce n’est pas une méthode de travail. Je vous propose un processus qui a fait ses preuves à 100% à haut niveau : il consiste à gérer son temps de façon « stratégique », c’est-à-dire à visualiser les activités sur une longue période. Au lieu de regarder les activités jour après jour, on les visualise dans leur intégralité selon un principe de planification stratégique. Regardez comment ça marche…

Une méthode efficace et simple

Prenez une grande copie double et faites-vous un calendrier sur un mois (très rapidement… Ne passez pas 10 heures dessus évidemment!). calendrier.1289676143.jpgEnsuite, dès que vous notez un travail à faire, une leçon à apprendre dans votre agenda, prenez l’habitude de reporter le travail à faire sur votre tableau : affichez-le près de votre bureau chaque jour afin de bien visualiser l’ensemble des tâches à accomplir.

Très important : prenez l’habitude de « hiérarchiser » les activités en utilisant des codes de couleur : par exemple, préparer une dissertation de français à la maison demande au moins six heures : j’attribue donc un code rouge! J’attribuerai le rouge à tous les exercices nécessitant un lourd investissement. On peut attribuer le code « bleu » aux exercices nécessitant moins de temps (2 à 3 heures par exemple) et le code « vert » aux travaux qu’on peut effectuer encore plus rapidement.

Savoir anticiper…

Si vous regardez attentivement le calendrier, vous voyez que les quinze premiers jours du mois sont « relativement » calmes. En revanche, tout s’accélère ensuite. Sur un agenda traditionnel, la visualisation linéaire empêche une bonne planification. En revanche ici, vous pouvez d’avance préparer certains exercices afin d’éviter les retards : dans cet exemple, le contrôle d’histoire-géo le 20loupecalendrier.1289676206.jpg, le commentaire de Français le 22, le DST en LV1 le 23 et la prépa de Maths doivent évidemment être planifiés avant : si vous attendez, bonjour la catastrophe !

Pour ce qui me concerne, j’ai été ahuri de voir des élèves de Première affirmer le plus tranquillement du monde qu’ils n’avaient pas eu le temps en 3 semaines de consacrer ne serait-ce que trois heures à préparer une dissertation… Plutôt qu’un relâchement, je préfère voir un gros problème lié à l’organisation du temps de travail. C’est la raison pour laquelle je vous propose cette méthode de planification stratégique. Si vous la suivez, vous n’aurez aucun mal à vous organiser. Je l’ai utilisée même quand j’étais en Doctorat, je l’utilise toujours quand j’ai beaucoup d’activités à finaliser : elle garantit la réussite à 100%. De plus, elle vous amène (plus tard, professionnellement) à mieux vous organiser en améliorant votre efficience afin de favoriser l’atteinte de vos objectifs, à gérer votre travail selon une logique « d’entreprise » en vous fixant des objectifs de réussite. L’avantage du calendrier que je vous propose est qu’il offre en effet une bonne adaptation à la fois à l’environnement externe (les travaux qu’on vous donne, les tâches que vous devez accomplir) et à vos ressources et vos compétences internes (votre capacité et votre rythme de travail) : en planifiant, vous êtes sûr(e) d’y arriver!